Un O.V.N.I. du cinéma – Vampires en toute intimité (Waititi/Clement, 2014)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je dois avouer que je ne suis pas très assidue ces jours derniers, aussi bien sur mon blog que sur les vôtres, et je m’en excuse. J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur, et je vous remercie au passage pour vos nombreux passages sur le blog depuis le début du mois. De mon côté, je me remets doucement de ma dernière lecture de Stephen King – tout en hésitant sur ce que je vais lire prochainement – et continue mon livre sur Les Magiciens fous de Hitler, tandis que je peste au sujet de l’écriture et de mon prochain anniversaire (je ne veux pas avoir 31 ans, pas dans ces conditions!). J’essaie donc de ne pas me laisser abattre, aussi j’ai décidé de vous présenter une petite comédie vampirique…

Aujourd’hui, vous ferez donc connaissance avec Vampires en toute intimité (What we do in the shadows), sorti en 2014. Ce film fantastique néo-zélandais avait attiré mon attention il y a quelques temps, lors d’un passage sur le câble, de par son parti pris narratif quelque peu atypique. Je vous parle tout de suite, dans cette petite chronique, de cet O.V.N.I. à l’humour noir débordant…

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Des Morts-Vivants chez Jane Austen – « Orgueil et Préjugés et Zombies », Seth Grahame-Smith

Très chers lecteurs de ce blog,

Pour commencer cette semaine en beauté, je continue de surfer sur la vague « loufoque » initiée avec ma critique d’Iron Sky

Je vous propose une lecture pour le moins rigolote… puisau’il s’agit d’une ré-écriture, entre le parodique et le fantastique, du chef d’oeuvre de Jane Austen Orgueil et Préjugés, ré-écrit par Seth Grahame-Smith, à qui l’on doit aussi Abraham Lincoln – Chasseur de Vampires (je ne l’ai pas lu, et j’avoue avoir eu du mal à regarder le film, perturbée par une ressemblance troublante entre l’interprète principal et Gaspard Proust). Je vous emmène donc dans une Angleterre fin XVIIIe, dévastée par des hordes de zombies…

  •  Les Benett et Darcy, pourfendeurs de macchabées mangeurs de cervelle

De quoi s’agit-il? Certains d’entre vous, ont peut-être goûté les classiques de la littérature anglaise à un moment ou à un autre. Outre Oscar Wilde, Charles Dickens ou encore William Makepeace (vous parlez d’un nom!) Thackeray, vous n’avez pu éviter l’oeuvre de Jane Austen, abondamment adaptée pour la télévision (on retiendra la scène de la chemise mouillée plaquée au corps de Darcy, interprété par le jeune Colin Firth pour la BBC en 1995) ou le cinéma, avec divers degrés de réussite.

Tout d’abord, retour obligé sur Orgueil et Préjugé. Ce roman psychologique, social et aussi sentimental, retrace l’histoire des filles Bennett, que la mère cherche à bien marier car elles ne peuvent hériter le domaine de Netherfield, près bourg campagnard de Meryton, et risquent de se retrouver sans rien si leur père, le caustique Monsieur Bennett, venait à mourir. Nous suivons principalement les pérégrinations des deux aînées, la douce et belle Jane, et la très spirituelle et charmante Elizabeth dite Lizzie. Leur routine vole en éclats lorsqu’un jeune gentleman, Monsieur Bingley, affable et enthousiaste de tout, vient s’installer dans un manoir voisin, et apparaît lors d’un bal de campagne, flanqué de ses soeurs et de son très sombre et arrogant ami, Monsieur Darcy. Si Bingley et Jane se plaisent instantanément, Darcy et Elizabeth font forte impression l’un sur l’autre. Mais pas une impression des plus agréables, et ils passeront tout une partie du roman à se provoquer mutuellement et à se lancer de véritables horreurs à la figure, alimentées par leur orgueil et les préjugés quant à la classe sociale de l’autre. Cependant les affaires de Jane et Lizzie seront contrariées par les interventions répétées des soeurs Bingley prêtes à tout pour les éloigner de leur frère, et par l’arrivée inopinée de Monsieur Collins, leur cousin, révérend de son état, qui décide d’épouser l’une des filles Bennett…

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Couverture de l’édition poche

Eh bien le fil conducteur d’Orgueil et Préjugées et Zombies est sensiblement le même – à savoir les romances des deux soeurs, contrariées par les familles de leurs soupirants respectifs et par la leur – il faut dire que leur mère est très mal élevée! A ceci près que l’Angleterre connaît un étrange fléau: une maladie transformant les Britanniques en zombies, transmissible par morsure, sévit et les « Innommables », comme on les appelle, arpentent les routes. Dans toutes les familles un peu aisées, dont les Benett, les demeures comprennent un dojo pour s’entraîner aux arts guerriers, et les enfants, filles comme garçons, sont envoyés en Asie pour étudier les Arts guerriers auprès de maîtres orientaux. Alors que dans les salons on débat de la meilleure façon de se débarrasser des zombies ou des mérites des maitres japonais et chinois, et qu’on ne sort pas sans un bon pistolet ou un sabre, les filles Bennett sont réputées être les meilleures combattantes de morts-vivants du pays. Leur père a veillé à leur éducation, mais malheureusement, celles-ci ne pouvant hériter de sa demeure à sa mort, elles doivent faire de bons mariages pour se mettre à l’abri du besoin – quand bien même Lizzie songe à offrir ses services de guerrière contre rémunération.

Les choses se corsent quand arrivent Charles Bingley, piètre combattant adepte du « vivre-ensemble » avec les zombies, et son ami Fitzwilliam Darcy, qui lui, pourfend avec adresse le moindre mangeur de cervelle avec ses katanas. Charles et Jane se plaisent, mais si Lizzie et Fitzwilliam ne s’aiment pas, ils doivent faire contre mauvaise fortune bon coeur et combattre côte à côte quand les morts-vivants s’introduisent dans les maisons et perturbent les bals de Meryton et Longwood… Et Lizzie se voit bien obligée, si elle n’apprécie que moyennement la mollesse de Bingley, de reconnaître les talents et la valeur de Darcy au combat…

  • Détails amusants

Ce contexte particulier crée quelques détails incongrus dans l’histoire, qui prêtent à sourire.

Pas un trajet entre Netherfield et Meryton sans une bonne petite attaque zombie. Quoi de tel qu’un petit bain de sang avant l’heure du thé après tout? Nous voyons dans ce livre des gentlemen gentiment guindés qui sans état d’âme réduisent en bouillie le moindre zombie importun, tout comme de jeunes femmes que l’on imagine délicates se mettre en formation de combat et découper en rondelles leurs adversaires. Il n’en reste pas moins que Miss Lizzie Bennett est une brute épaisse, qui a un sens de l’honneur bien particulier et qui rêve plus d’une fois de trancher la gorge de Darcy… Tant est si bien que la mythique scène de mariage devient un véritable pugilat au cours de laquelle le très cher Darcy manque de se casser le nez sur le manteau d’une cheminée en marbre! Quant aux personnages, ils ont des hobbies particuliers – comme la tante de Darcy, Lady Catherine de Bourgh qui essaie de mettre au point un sérum anti-zombie et qui, grosse dondon anglaise, excelle dans les arts guerriers et défie régulièrement Lizzie. Quant à la meilleure amie de Lizzie, Charlotte, celle-ci a une raison bien particulière de vouloir épouser Collins et quitter Meryton… Il est également marrant de s’imaginer les grandes demeures de Darcy et de sa famille décorées à la japonaise.

Mais cela, c’est à découvrir dans le livre…

  • Conclusion

Ainsi, Orgueil et Préjugés et Zombie est une petite lecture assez sympathique et divertissante, à défaut d’être surprenante, à la fois pour les amateurs de Jane Austen – peut-être même un peu décevant pour ceux qui connaissent l’oeuvre originale. Pour ma part, je n’ai pas le temps de lire autant que je le voudrais, et j’ai parfois besoin, pour décompresser, de petites bêtises de ce genre qui se lisent vite, pour ne pas perdre la main. En revanche, si vous alignez les lectures, je vous conseille cet ouvrage pour une transition légère entre deux lectures plus consistantes (pour ma part, j’ai entamé Les Contes de Crimes peu après). Vous passerez un bon moment, et certains passages incongrus dignes de films de sabre japonais, vous feront très certainement sourire.

La seule chose qui me chagrine réellement, c’est cette impression que l’effort d’imagination n’a pas été assez poussé, et que les zombies et les arts martiaux ne sont qu’en arrière-plan, un simple prétexte pour ré-écrire un classique au demeurant excellent à la base. Pour preuve: l’histoire a été reprise telle quelle, reproduisant des passages entiers du livre original ou des dialogues entiers de la série BBC de 1995… Or si l’humour est au rendez-vous et sicertains twists sont amusants (je ne vais pas vous spoiler les aventures de Collins avec son épouse « infectée »…), j’aurais préféré que cela affecte un peu plus l’histoire – un peu à la manière de l’arrivée d’Amanda Price, Londonienne du XXIe siècle, dans l’univers de son roman préféré, qui chamboule complètement les destinées de Jane, Lizzie et autres dans la mini-série Orgueil et Quiproquos. Je regrette donc le manque de surprise de cet ouvrage, que j’aurais aimé traité avec plus de noirceur, peut-être. Quand bien même il est plaisant à lire, ce ne sera pas forcément un must dans votre bibliothèque.

Titre: Orgueil et Préjugés et Zombies

Auteur: Seth Grahame-Smith

Editions: Pocket

Collection: Pocket Science-Fiction

348 p.

Parution: Janvier 2014 (Pour l’édition poche)

Prix: 7,70 €