Histoire des géants du ciel – Zeppelin (Gérard A. Jaeger)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens ce week-end avec une autre chronique livre (deux dans la semaine, c’est qu’on deviendrait presque un vrai blog littéraire par ici! 😉 ) un peu particulière, puisqu’il s’agit d’une petite parenthèse historique. En effet, je l’avais évoqué il y a quelques temps déjà, mais je voudrais mettre en ligne des chroniques sur des sujets historiques, des essais littéraires ou autres, consacrés à des thèmes en rapport avec la ligne éditoriale du blog.

À la lumière de quelques publications du blog, comme des romans Steampunk, ou encore un article thématique consacré au zeppelin il y a un peu plus d’un an maintenant, j’ai pensé qu’il serait sympathique de vous parler d’un vrai ouvrage dédié à cette baleine des airs: Zeppelin – Ou l’incroyable histoire des dirigeables géants de Gérard A. Jaeger. Offert par mes grand-parents il y a quelques jours, je l’ai pris pour la traduction d’un ouvrage de cet auteur, lu il y a six ans pour mon mémoire… Mais en fait, je me suis trompée: c’est un livre récent mais comme il recoupe les divers écrits de Jaeger que j’ai lus en allemand à cette époque, cela m’a « confusionnée ». 🙂

Je vous invite donc, le temps d’une courte chronique, à décoller avec moi au bord de ces fabuleux dirigeables!

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Steampunk à la prussienne – Smog of Germania (Marianne Stern)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous avez passé un excellent week-end votre semaine débute! De mon côté, je reviens aujourd’hui avec une nouvelle chronique livresque. Comme d’habitude, je vous gratifie d’un ouvrage issu des littératures de l’imaginaire, avec Smog of Germania.

Ce petit bouquin, paru en poche il y a peu dans la Collection Hélios chez Mnémos, m’a fait de l’œil un moment avant que je ne me décide à me l’offrir, malgré ma PAL déjà très épaisse: il faut dire que situer une intrigue Steampunk dans l’Empire allemand du début du XXe siècle ne pouvait que me séduire… Je n’ai donc  pas résisté bien longtemps avant d’entamer cette lecture, très intriguée par ce qui m’attendait…

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La suite tant attendue d’une BD! – Zeppelin’s War, Tome 2: Opération Raspoutine (Nolane, Villagrasa)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

81f2batkl8lTout d’abord je souhaite m’excuser de ne pas avoir souhaité la bienvenue aux derniers abonnés du blog. C’est que j’ai été un peu préoccupée et que certaines choses me sont un peu passées au-dessus de la tête! 🙂 Merci de suivre ce blog, et j’espère que vous y passerez de bons moments! 🙂 Je n’avais pas prévu que je pourrais lire ce week-end, mais j’ai finalement décidé un « break graphique » car je suis réellement épuisée. Que dis-je, épuisée… Littéralement siphonnée de mon énergie! 🙂 J’en ai donc profité pour rattraper un peu ma PAL BD, d’où cette chronique!

Pour ceux d’entre vous qui n’étiez pas encore abonnés au blog l’an dernier, j’avais déjà chroniqué le premier volume de Zeppelin’s War, Les raiders de la nuit, à l’époque de la « Lecture du Dimanche ». Cette uchronie prend place durant la Première Guerre mondiale, alors que les zeppelins dominent le ciel, que le jeune capitaine Hitler est en passe de faire une brillante carrière militaire, que l’as français Guynemer s’est juré de vaincre son alter ego allemand Hermann Goering et qu’à l’Est, Raspoutine tente de mettre la main sur le « Vril », la source d’un très grand pouvoir qui pourrait faire basculer le cours de la Guerre…

Que peut-il bien se passer ensuite?

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La petite histoire d’un chouchou du « Steampunk » – Le Zeppelin

Très chers Lecteurs des Mondes de Blanche,

Bau des Luftschiffes "Graf Zeppelin" in Friedrichshafen a/Bodensee.
Chantier de construction du Graf Zeppelin à Friedrichshafen sur le Lac de Constance – Source: Bundesarchiv, Wikipedia

C’est avec un immense plaisir que je reviens vers vous avec, comme c’est le cas parfois, un article thématique.

Celui que je vous présente aujourd’hui est un peu particulier, car plus que dans la S.F., il fait une incursion dans le monde merveilleux de l’Histoire. Et pas n’importe laquelle, celle d’un objet que j’affectionne particulièrement et que les amateurs de steampunk connaissent bien: le Zeppelin, modèle de dirigeable développé à la fin du XIXe siècle par le comte allemand Ferdinand von Zeppelin (1838-1917), officier de cavalerie passionné d’aéronautique.

En effet, qu’il s’agisse d’illustrations ou de romans d’inspiration steampunk avec cette mise en avant de la mode et des technologies de la Belle Époque, ledit dirigeable est souvent là: Napoléon III a une flotte de zeppelins dans La Trilogie de la Lune, roman uchronique de Johann Heliot), les gamines de Sucker Punch (qui m’a plus ennuyée qu’autre chose), ils participent également à l’esthétique particulière d’Avril et le monde truqué… Mais au fond, si l’on connaît bien sa silhouette si particulière et son revêtement métallique étincelant au soleil, sait-on vraiment de quoi il s’agit?…

En effet, le terme de « zeppelin » tend à être employé pour les dirigeables en général, alors qu’en fait, à l’époque de Ferdinand von Zeppelin, il existait différents types de ballons ou d' »aéronats », comme on aimait le dire à l’époque. Il n’a donc pas inventé le dirigeable. la France, pionnière de l’aéronautique n’était pas en reste avec des records de vitesse en vole et des ballons à batterie électrique, tandis qu’en Allemagne, les inventeurs du Parsefal font de la concurrence à Zeppelin pour attirer l’intérêt de l’empereur allemand et de son armée… Dans cet article, quand je dirai « zeppelin », ce sera exclusivement le dirigeable inventé par Ferdinand von Zeppelin, avec ses caractéristiques, et son design si particulier, car c’est bien cette silhouette oblongue caractéristique que l’on reconnaît dans la plupart des décors steampunk, entre autre ballons plus fantaisistes. 🙂

Mais pour l’instant, je vais vous raconter, le plus brièvement possible, comment est née cette machine…

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Délaissons la fiction un instant – On a tous une PAL, mais avez-vous une « PAL sérieuse »?

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Mes trois nouveaux livres… À croire que je me suis prise de passion pour les poulpes…

Avant de me remettre sérieusement au boulot avec ce devoir graphique que j’ai voulu « Steampunk » et qui m’a causé pas mal de souci (mais je pense avoir trouvé une solution!), je reviens avec un petit état de ma PAL, qui s’est enrichie de trois nouveaux pensionnaires, et avec une question pour vous: avez-vous, vous aussi, une « PAL sérieuse »?

Qu’entends-je par ce terme?… Eh bien, tout ce qui n’est pas de la fiction. Je ne dis pas, bien sûr, que lire de la fiction ne soit pas sérieux. C’est même devenu un passe-temps très sérieux, ainsi qu’une question de vie et de mort pour moi. En effet, après des années d’études universitaires que j’ai finies à l’âge canonique de 26 ans, après avoir englouti des tonnes de livres « sérieux » – beaucoup d’essais, d’articles et de Wissenschaftliche Jahrbücher de la maison Zeppelin pour l’histoire germanique, et de même en géopolitique en enlevant Zeppelin mais en ajoutant les revues d’intelligence économique et les sites d’actualité spatiale (je suis fatiguée rien qu’à l’écrire!) – j’ai eu longtemps une panne de lecture. En gros, je n’arrivais plus à me concentrer sur le moindre livre, ce que le job et l’emploi du temps de ministre que j’ai eus entretemps n’a pas arrangé (j’en étais à un stade où je dessinais dans le train…). Finalement, je suis peu à peu revenue à la fiction, même si je ne lis pas encore autant que je le voudrais… avant de recouvrer mon intérêt pour certaines choses.

Avant le week-end, je trouvais amusant de revenir sur ce qui m’amène, et sur ce qui vous amène vous aussi, à délaisser parfois la fiction. Qu’à cela ne tienne, je vous présente les nouveaux venus de ma PAL, et ma « PAL sérieuse »…

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Entre humour noir et mauvais goût assumé – « Iron Sky » (2012)

Titre: Iron Sky
Année de production: 2012
Réalisation: Timo Vuorensola
Origine: Finlande, Allemagne, Australie
Durée: 1h29
Distribution: Julia Dietze, Götz Otto, Christopher Kirby…

Très chers lecteurs,

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Affiche – Source: Allociné.fr

Ma chronique cinéma de cette semaine, a pour objet un film pour le moins curieux que m’a fait découvrir mon frère il y a environ deux ans, quand je suis rentrée d’Angleterre. Il est vrai que l’un de nos hobbies, quand nous sommes ensemble, consiste à regarder toute sorte de films, du péplum au film de SF en passant parfois par de gros nanars. Ainsi, connaissant mon intérêt pour l’histoire germanique et mon sens de l’humour très sombre, il m’a un soir proposé de regarder Iron Sky, une sorte de comédie d’anticipation où les Nazis revenaient de la Lune pour prendre leur revanche et régner sur le monde…

Avez-vous entendu parler de ces théories fumeuses selon lesquelles les dirigeants nazis, au lieu d’avoir été anéantis à la fin de la Seconde Guerre mondiale, n’avaient que disparu pour préparer en secret leur revanche sur le monde?… En vérité, je me renseigne régulièrement sur les théories du complot, histoire d’avoir matière à des écrits de SF, ou seulement pour me détendre les neurones (quoique j’aime assez celle du « facteur exogène »). N’en déduisez pas que je méprise les « complotistes » – il faut bien que les gens se posent des questions, et j’admire assez ceux qui vont jusqu’au bout pour y répondre. Ceci dit, vous avez peut-être eu vent des « secrets » nazis.

J’ai beaucoup lu dessus pendant que je faisais des recherches pour mon roman: selon « certaines sources », les Nazis auraient ainsi créé des sortes soucoupes volantes, autopropulsées et émettant des lumières colorées, qu’ils auraient cachées dans une base secrète en Antarctique… Un peu flippant quand on y pense. Mais imaginez qu’ils aient pu s’en servir pour partir sur la Lune et y installer une base secrète, où leur communauté aurait pu s’épanouir et leur idéologie se radicaliser davantage (si c’est encore possible!), et puiser leur énergie dans l’Hélium 3 présent sur l’astre… en attendant leur grand retour sur Terre. C’est le postulat sur lequel repose Iron Sky, la comédie de science-fiction finlandaise réalisée par Timo Vuorensola en 2012.

  • Le pitch

Tout commence en 2018, quand une expédition est envoyée sur la lune, pour sonder le sol à la recherche de gisements d’hélium 3 (il s’agit d’un isotope, d’une « variante » instable de l’hélium, qui pourrait effectivement devenir une source d’énergie si nous décidions d’exploiter le sol lunaire). Mais tout ne va pas comme prévu, quand l’équipe est décimée pour avoir approché de trop près une étrange base en forme de svastika géant. Le seul survivant du groupe, James Washington (Christopher Kirby), fait face à toute une cité de Nazis avec un calme admirable… Un calme d’autant plus étonnant que Washington est afro-américain – déjà moi, avec tronche qui ne trahit ABSOLUMENT RIEN de mes origines allemandes, je n’aimerais pas rencontrer des Nazis, mais j’ose à peine imaginer si j’avais un teint d’ébène! Bref. James essaie de s’échapper, pourchassé par une troupe menée par un officier très blond du nom de Klaus Adler (Götz Otto). Mais il est sauvé de justesse d’une évasion périlleuse et sans espoir de survie par la jeune et jolie Renate Richter (Julia Dietze), une idéaliste élevée dans le « dogme » nazi, qui enseigne l’idéologie aux enfants de la colonie. C’est également une spécialiste de la Terre, et James Washington, qui en vient, la fascine. Elle l’emmène à son père, le Docteur Richter (Tilo Brückner), et le soumet aux étranges lubies du savant. Celui-ci découvre avec enthousiasme le téléphone portable de Washington, une technologie qui manque au Quatrième Reich – à savoir la cybernétique – pour permettre l’envol du vaisseau de guerre le Götterdämmerung (« Le Crépuscule des dieux », comme l’opéra de Wagner). Mais le pire reste à venir: il teste sur le pauvre astronaute un traitement censé le rendre… blanc et blond.

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Renate Richter, James Washington (après « traitement ») et Klaus Adler de retour sur Terre – Source: Allôciné.fr

Un problème survient cependant: quand Richter présente le mobile de Washington au Führer en exercice Wolfgang Kortzfleisch (Udo Kier), la batterie se décharge, ce qui retarde encore le lancement du Götterdämmerung et l’invasion de la Terre. Des mesures draconiennes sont alors prises. Le gouvernement nazi décide d’envoyer sur Terre, Klaus Adler – destiné à épouser Renate et rêvant en secret de devenir le nouveau Fürhrer – pour collecter des batteries de Smartphone (!). Il se dirige alors vers la Terre avec Washington, censé le guider une fois arrivés, dans une vieille soucoupe volante. Renate se joint clandestinement au voyage. Quant à Adler, il voudrait que Washington, choisi personnellement par la Présidente des Etats-Unis pour aller sur la Lune, la lui présente. Mais le pauvre astronaute, dévasté lorsqu’il réalise qu’il est devenu blanc et blond, prend la fuite. Ce qui n’empêche pas les deux Nazis de la Lune de joindre la Présidente (Stephanie Paul) par le biais de sa responsable comm’, Vivian Wagner (Peta Sergeant). Adler décide alors de se faire un allié des Etats-Unis, en offrant son aide pour faire ré-élire la présidente, pour assassiner le Führer lors de sa prochaine visite sur Terre et devenir le leader sur la Lune.

Quant à Renate, elle finit par retrouver James Washington, devenu SDF. Les convictions de la jeune femme, déjà ébranlées par un visionnage du Dictateur de Chaplin, vacillent quand elle tombe en pleine rue sur un groupe de néo-Nazis… Elle se lie d’amitié avec Washington, et commence alors une véritable course pour sauver le monde de la destruction…

  • L’humour

Lorsque j’ai visionné Iron Sky, je ne m’attendais pas, et je ne voulais surtout pas voir un film « intello ». Je savais qu’il s’agissait avant tout d’une comédie sur un sujet très, très sombre. La question est donc: peut-on rire de tout? Personnellement, je pense que oui, mais pas avec tout le monde. Donc, un film à prendre avec précaution et à ne pas regarder avec tout le monde, tant certains ressorts comiques reposent sur de véritables clichés. Quelques exemples: James Washington nous est dépeint comme l’Afro-Américain décontracté et empreint de « cool-attitude » qui ne se démonte jamais quelle que soit la situation, Renate est une jeune idéaliste naïve qui croit dure comme fer que le nazisme est une idéologie de paix et d’amour (après tout peut-être, si on ne reste qu’entre blondinets et que l’on peut prouver une ascendance germanique sur plusieurs générations), Klaus Adler un fanatique, le Docteur Richter un fêlé en puissance qui met son savoir au service d’une cause discutable. Quant à la Présidente, c’est un quasi-sosie de Sarah Palin, une caricature de républicaine partisane de la libre circulation des armes à feux, avec son bureau envahi par des bestioles empaillées qu’elle a zigouillées pendant des parties de chasse, et son assistante Vivian Wagner est juste un cliché de salope carriériste en tailleur moulant. Il faut dire que les femmes sont particulièrement insupportables, et qu’il n’y a pas de juste milieu entre une oie blanche comme l’est Renate et une poufiasse comme la Wagner.

Bref, hormis Washington, finalement assez sympa du fait qu’il se trouve pris dans cette histoire alors qu’il n’a rien demandé, ils sont tous assez ridicules. Leurs motivations sont grandioses mais la façon dont ils les mettent en oeuvre sont pathétiques – franchement, récolter des batteries de portable! Finalement, on se moque plus de ces archétypes en eux-même et de leur caractère prévisible que du reste. Pour peu que l’on soit capable de second degré – ce n’est pas le cas de tout le monde, je connais des personnes qui pourraient trouver ce film carrément immonde et offensant – on peut s’amuser des situations absurdes dans lesquelles se mettent les personnages, et des proportions que prend la farce à l’échelle mondiale. Ce n’est donc pas un film d’une finesse extrême, les insultes et les gros mots pleuvent, les bagarres qui tournent de manière inattendue, et même un des personnages qui aura une mort stupide à souhait.

Mais ce qui prête vraiment à sourire, ce sont les « références » culturelles. Pour ma part, je ne suis pas sûre que je me serais autant amusée si je n’avais pas, en plus d’un humour parfois douteux, un solide background de germaniste et une bonne connaissance de l’histoire germanique. Cela m’a probablement aidée à faire preuve de second degré et d’avoir un recul que d’autres spectateurs n’auraient pas forcément. Ce qui est dommage, car l’histoire recèle un réel potientiel.

  •  Des questions pertinentes
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Vaisseaux de guerre au design rappelant des Zeppelins se dirigeant vers la Terre – Source: Allôciné.fr

En effet, tout n’est pas à jeter au milieu de ce fouillis. Quand bien même vous ne seriez pas friand de théories de complot, il était intéressant de partir sur les bases d’un repli des Nazis pour débuter une bonne histoire de science-fiction. Il n’est par ailleurs pas si insensé que cela d’imaginer qu’ils auraient pu se retrancher dans l’espace, puisque comme je le disais dans le post consacré à la BD uchronique Space Reich, les programmes spatiaux des années 1950 et 60 découlent directement des travaux de pionniers de la balistique allemands tels Wernher von Braun. Certains historiens des sciences et techniques, versés dans les réflexions uchroniques, s’accordent à dire que les Allemands auraient sans doute été les premiers sur la Lune s’ils avaient gagné la guerre… Ces théories ont donc un très grand potentiel en termes d’uchronie.

Et puis si nous aimons la SF, c’est parce que nous aimons aussi nous faire peur. Avouez! Elle nous met en garde en dépeignant le plus souvent des futurs effrayants – alors pourquoi pas le retour des Nazis? De plus, on pourrait être curieux de voir quelle réaction auraient les chefs d’Etat vis-à-vis de cela…

Partir dans les méandres de la communication politique était une pure bonne idée, puisque le spectateur contemporain peut s’y retrouver. A notre époque où médias et médias sociaux sont omniprésents, nous vivons déjà un peu dans Iron Sky. Nous faisons tous les jours l’expérience de la dictature de l’image et du paraître, du matraquage médiatique permanent,. Quant aux dirigeants d’états démocratiques, ils mettent le paquet pour communiquer et tenter de nous rallier à leurs vues – avec succès ou non, avec plus ou moins de ridicule que les Etats totalitaires, cela est une autre histoire. Nous voyons sans arrêt des présidents et des ministres condamner l’action de tel ou tel dictateur dans un pays lointain, ce qui ne les empêche pas d’accueillir en grande pompe lesdits « monstres », de s’exhiber fièrement avec eux lors de la signature d’un accord ou d’un contrat juteux, ou de leur vendre des armes. Donc… sans vouloir faire trop de politique, force nous est de constater, que nous entendons en permanence un double discours. Qu’en serait-il s’il y avait sur Terre si apparaissait un pouvoir aussi inquiétant que celui des Nazis (n’oublions pas que quand Hitler a commencé à ré-armer la Ruhr, puis à réclamer des territoires, nul chef d’Etat européen n’a, à cette époque, bougé le petit doigt!) avec des moyens colossaux pour se faire entendre? Nos dirigeants seraient-ils assez burnés pour les envoyer paître en face, ou se rallieraient-ils par intérêt comme la Présidente, avec les terribles conséquences que cela implique? Bien que nous n’ayons pas affaire à un film d’auteur ou à une oeuvre de reflexion, il n’en reste pas moins que la question mérite tout de même d’être posée.

Par ailleurs, nous voyons se jouer dans Iron Sky une énorme farce à échelle mondiale, quand les Nations Unies s’entredéchirent et se disputent le monopole de l’exploitation de l’hélium 3 sur la Lune une fois le projet d’invasion nazie sur la Terre éventé. Finalement, alors qu’ils devraient faire front uni face à une terrible menace, ils ne pensent chacun qu’à leurs propres intérêts. Constat amer et sans appel, quand on sait par exemple que dans le monde réel, à l’heure du réchauffement climatique qui nous concerne tous, certains Etats refusent de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre, arguant que cela freinerait leur développement et en jetant à la figure des autres qu’ils souhaitent ainsi les garder dans une position subalterne sur la scène internationale. Donc là encore, le film met en lumière une certaine hypocrisie de ceux qui ont le pouvoir et la bassesse humaine, sur fond de guerre pour les matériaux rares.

Sachant cela, mon jugement sur la « bêtise » du film est plus nuancé. D’autant plus qu’il a un autre atout: son atmosphère.

  • L’esthétique
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L’atmosphère confinée du laboratoire de Richter sur la Lune – Source: Allôciné.fr

S’il est une chose que j’ai appréciée dans Iron Sky, c’est son esthétique, son ambiance. L’atmosphère confinée et sombre de cette base lunaire qui, vue du bord du cratère où Washington et son équipe la découvrent, a la forme d’un svastika géant, m’a carrément emballée tant elle pouvait faire froid dans le dos. Il semble que tous les efforts des metteurs et scènes et décorateurs aient été faits pour donner à l’ensemble un air « germanique » et « dictatorial ». Il n’y a qu’à voir les uniformes sombres et inquiétant des troupes d’assaut, avec leurs soldats dont on ne voit pas les visages, dissimulés derrière des masques à gaz. Il semble que parmi ces Nazis exilés volontairement sur la lune, le temps se soit arrêté sur un décor pour le moins rétro-futuriste: les lignes des vaisseaux spatiaux rappellent celles des zeppelins géants des années 1930, et sur la base, des câbles trainent dans tous les sens pour maintenir des machineries et des mécanismes de survie complexes occupant des pans de mur entiers, et on écrit à la craie sur des tableaux noir en classe… Alors qu’entretemps, sur Terre, on vit à l’heure de la miniaturisation et du Smartphone. Autre petit détail vintage savoureux: Renate écoute du Wagner sur un grammophone. (D’ailleurs, avez-vous noté que dans les films se passant durant la Seconde Guerre mondiale et impliquant les Nazis, ceux-ci écoutent toujours, soit de la musique de fanfare, soit du Wagner?)

Transition pour en arriver à un point que je trouve particulièrement réussi: l’utilisation de la musique. Les morceaux de Wagner ont été ré-arrangés de manière parfois surprenante mais toujours seyante. J’ai souvenir d’un extrait (en revanche impossible de me rappeler de quel opéra il s’agissait) joué au saxophone lors d’une scène un peu hot impliquant Klaus Adler et Vivian Wagner. Mais si vous aimez Wagner – le compositeur, pas l’autre poufe du film – vous pourrez aisément reconnaître le prélude de Perceval arrangé au piano lors des séquences romantiques impliquant Renate. Et vous reconnaîtrez sans doute la « Marche funèbre de Siegfried » extraite du Crépuscule des Dieux lorsque la base est découverte au début du film. Vous savez, le morceau que l’on entend au début, puis à la fin d’Excalibur, quand Perceval rend l’épée à la Dame du Lac après la mort du roi Arthur (tiens, tiens, une idée de film à présenter prochainement)…

  • Conclusion
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Les troupes de choc – Source: Allôciné.fr

La plupart des critiques d’Iron Sky ont été assez, voire très mauvaises, décrivant le film comme un véritable nanar à regarder seulement après avoir bu plusieurs litres de bières. Pour ma part, je dirais qu’il faut effectivement être en conditions pour le regarder – en bonne compagnie, surtout. Pour ma part, je l’ai regardé avec mon frère et un saladier rempli de M&M’s, et en prenant la chose avec humour. Je ne vais pas prétendre être une intello qui n’aime que les films d’auteur et qui intellectualise autour du moindre film fantastique un peu chiant en le qualifiant de « cinéma de genre », et honnêtement, j’ai donc passé un très bon moment en regardant Iron Sky. J’ai beaucoup ri, je le reconnais. En revanche, même si sa connerie et son mauvais goût assumé confinent presque au génie, je ne dirais pas qu’il soit très bon.

Je m’explique. Il y a de très bons points dans le postulat de départ et dans l’histoire, dans l’ambiance créée et dans la critique assez acerbe du monde qui nous entoure. Mais Iron Sky m’a laissé une impression mitigée. En effet, si la première heure du film voit nombre de gags et de situations loufoques à la South Park, la fin du film – ALERTE spoiler – prend une tournure vraiment sombre. Voire très sombre, car si les personnages principaux s’en sortent, le sort de la Terre est peu enviable. Aussi, j’y vois un certain manque de cohérence qui me laisse penser qu’un tel sujet aurait pu être traité autrement. Soit en assumant jusqu’au bout le côté comédie avec un joyeux bordel final, soit en ayant fait du film quelque chose de sombre dès le début. D’ailleurs, je pense que si la réalisation avait pris le parti d’un vrai film de science-fiction, sans la dimension parodique, et en étoffant les personnages, il y avait de quoi créer un univers réellement fascinant et s’attacher à certains protagonistes. Et peut-être de quoi faire un film culte et vraiment dérangeant.

Je vous le recommande tout de même si vous passez une soirée entre amis ou en famille (j’entends frangins, frangines et cousins, cousines), parce que je trouve que l’ambiance vaut à elle seule le déplacement et parce que rire ne fait pas de mal. Et si vous avez un jour encore du temps, figurez-vous qu’une suite est en cours de préparation, Iron Sky: The Coming Race. Je ne vois pas ce qu’on pourrait raconter de plus, mais je suis tout de même assez curieuse. Et qui sait si ce second opus ne nous réservera pas une agréable surprise?

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse méditer sur le sujet et vous souhaite une agréable séances, si le coeur vous en dit!

Blanche Mt.-Cl.

B.D. Science-Fiction et Uchronie – « Zeppelin’s War – Tome 1: Les Raiders de la Nuit »

Me voici de retour avec ce qui est en passe de devenir la « Chronique Lecture du Dimanche », pour vous présenter… une BD. Et oui, car il s’agit de lecture également! 🙂 Et les histoires captivantes sont à prendre partout! J’ai donc l’honneur de revenir sur le premier tome d’une BD  relativement récente, puisque parue l’an dernier: Zeppelin’s War – Tome 1: Les Raiders de la Nuit.

On y retrouve un genre qui m’intéresse beaucoup: l’uchronie, c’est-à-dire la réécriture de l’histoire telle qu’elle ne s’est jamais déroulée. Celle-ci se déroule sur fond de Première Guerre mondiale, alors que l’on assiste à l’essor de l’aviation et de la guerre aérienne. Dans ce 1916 « parallèle » si j’ose dire, la guerre s’est enlisée et Paris subit les raids incessants d’escadrons de zeppelins, devenus de véritables forteresses volantes et des porte-avions des airs. Parmi les officiers gradés de ces escadres, on retrouve des personnages historiques tels qu’Adolf Hitler et Hermann Goering, dont l’un rêve de domination du monde, et l’autre de la victoire sur l’as français Guynemer – qui lui aussi a existé. Mais pendant que ceux-ci se préoccupent de leurs rivalités, le destin du monde se joue dans un empire russe en pleine déliquescence, Raspoutine fait une découverte qui pourrait faire basculer le cours de la guerre….

Avec le centenaire de la Première Guerre Mondiale l’an dernier, le moins que l’on puisse dire est que je m’en sui donné à coeur joie entre les livres et revues consacrées au sujet, et qui m’ont fait redécouvrir ma passion de l’histoire, et de cette période en particulier. Plus précisément en ce qui concerne l’aviation – comme vous l’avez vu dans la présentation de ce blog, je suis littéralement FOLLE des zeppelins dont je connais assez bien l’histoire (dans une « vie précédente », j’ai rédigé un mémoire de fin d’étude sur la technologie dans la perception de la « menace allemande » avant la Première Guerre mondiale, avec pour exemple… le Zeppelin). Il faut savoir que ces dernières années, plusieurs BD ont été consacrées à l’aviation, souvent sur fond de Première ou Deuxième Guerre mondiale (je pense au Pilote à l’Edelweiss qui m’a passionnée, notamment). Pour le coup, je me concentrerai plus sur le sujet que sur l’illustration. Le dessin est, en effet, de facture assez « classique », quoiqu’assez expressif.

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Couverture de Zeppelin’s War

L’univers et ce contexte technologique revisité, m’ont passionnée. J’ai ADORÉ les Zeppelins de cette histoire, de véritables forteresses volantes qui servent de porte-avion (le système d’arrimage d’avions a bel et bien existé, les pilotes devant viser pour s’accrocher au vol en-dessous du dirigeable, mais plus tard. Et des plans existaient pour faire des dirigeables de véritables cuirassés du ciel… avant que les dirigeables, jugés trop fragiles, ne soient tous affecté à la Marine pour le bombardement des côtes anglaises!).
L’avantage est que, contrairement à d’autres uchronies – c’est un défaut qui est propre à ce genre, Zeppelin’s War n’est pas élitiste. Nul besoin d’en connaître un rayon sur la Première Guerre mondiale, puisque la plupart d’entre nous savons qu’il y avait un tsar en Russie, qui étaient Raspoutine, qui étaient Hitler et Goering et la façon dont ils ont par la suite pesé dans l’histoire du monde. Je concède que pour Guynemer, on ne sait pas forcément qu’il ait pu exister et qu’il fut un « as ». Mais on n’est pas trop perdu dans l’histoire et il est possible à un profane de faire la différence entre ce qui a été ou non.
Il y est également question des prémisses de l’idéologie nazie, avec les « trips ésotériques » du jeune Hitler… Sans compter qu’en parallèle, avec le personnage de Raspoutine, on entre dans le surnaturel. Magnétiseur et guérisseur auprès du jeune prince Alexis, hémophile, Raspoutine est à la recherche d’un mystérieux objet…
Ce premier volume se termine donc sur une image forte, mais en dire plus serait un spoiler… et je ne tiens pas à en dire trop à ce sujet, je vous laisse le plaisir de la découverte! Et j’espère que cet article, un peu plus court que ceux auxquels je vous ai habitués, vous donnera l’envie d’y voir d’un peu plus près!

Titre: Zeppelin’s War – Tome 1: Les Raiders de la Nuit
Auteurs: Richard D. Nolane et Vicenç Villagrasa Jovensà
Editions: Soleil
Collection: SOL.AVENTURES
56 p.
Parution: Juin 2014
Prix: 14,50 €

Blanche Mt.-Cl.