Un O.V.N.I. du cinéma – Vampires en toute intimité (Waititi/Clement, 2014)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je dois avouer que je ne suis pas très assidue ces jours derniers, aussi bien sur mon blog que sur les vôtres, et je m’en excuse. J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur, et je vous remercie au passage pour vos nombreux passages sur le blog depuis le début du mois. De mon côté, je me remets doucement de ma dernière lecture de Stephen King – tout en hésitant sur ce que je vais lire prochainement – et continue mon livre sur Les Magiciens fous de Hitler, tandis que je peste au sujet de l’écriture et de mon prochain anniversaire (je ne veux pas avoir 31 ans, pas dans ces conditions!). J’essaie donc de ne pas me laisser abattre, aussi j’ai décidé de vous présenter une petite comédie vampirique…

Aujourd’hui, vous ferez donc connaissance avec Vampires en toute intimité (What we do in the shadows), sorti en 2014. Ce film fantastique néo-zélandais avait attiré mon attention il y a quelques temps, lors d’un passage sur le câble, de par son parti pris narratif quelque peu atypique. Je vous parle tout de suite, dans cette petite chronique, de cet O.V.N.I. à l’humour noir débordant…

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Le squelette qui croyait au Père Noël – L’Étrange Noël de Monsieur Jack (Tim Burton, 1994)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

La semaine thématique Les Enfants d’Halloween va se clore aujourd’hui, et je souhaitais la terminer en beauté avec une œuvre cultissime qui part d’Halloween pour nous emmener doucement vers Noël. Je suis très heureuse de vous l’offrir aujourd’hui.

Jack Skellington découvrant la pureté de la neige – Source: Imdb.com

Je conclus donc cette thématique d’abord imprévue avec un film que certains d’entre vous attendiez peut-être de voir enfin passer sur ce blog. J’ai nommé, un véritable chef d’œuvre, un monument de l’animation: L’Étrange Noël de Monsieur Jack. Je l’ai vu pour la première fois lors de sa sortie en vidéo en France, et il est devenu depuis l’un de mes films cultes, faisant partie de ceux que je regarde à peu près à chaque fin d’année. C’est avec un grand plaisir que je vais maintenant vous le présenter. 🙂 Je vais donc pousser la porte et vous emmener, comme le dit l’introduction du film, « dans un univers dont les enfants rêvaient »…

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Cinéma – Mon top 10 des scènes SFFF les plus fascinantes

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour vos si gentils commentaires concernant mon dernier post, dédié à mon voyage à Vienne sur les traces du roman. C’était quelque chose qui me tenait à cœur et votre accueil m’a fait très plaisir.

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Scène extraite d’Excalibur

Comme vous l’avez constaté, je n’ai pas été très régulière au niveau de mes chroniques ces derniers temps – la raison: la fatigue de mes neurones due à une activité graphique et à une angoisse terrible quant à l’avenir – et j’espère bientôt rattraper ça, d’autant plus que ma lecture du moment est SUPER. Mais en attendant de prochaines présentations de films, j’ai choisi de reparler cinoche, avec un petit top des scènes SFFF que je trouve les plus fascinantes. Et oui, il existe des tas de scènes, que l’on trouve magnifique, ou qui, à défaut, nous hypnotisent, qui nous marquent. Ce sont peut-être pas les mêmes scènes pour vous que pour moi, mais voilà, cela faisait un certain temps que j’y pensais… alors je vous embarque dans un voyage cinématographique à travers quelques opus étranges!

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Un grand classique fantastique – Dracula (Tod Browning, 1931)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

dracula_movie_poster_style_fRessortez les capes noires et les dents pointues! Non, non, ce n’est pas Halloween, mais l’un des plus grands mythes de la littérature s’invite à nouveau sur le blog, à savoir celui de Dracula, cet aristocrate valache devenu vampire sous la plume de Bram Stocker à la fin du XIXe siècle! Non pas avec un livre, mais cette fois-ci avec un film, l’une de ses premières adaptations vraiment culte: le Dracula de Tod Browning, sorti en 1931, avec en vedette le fameux Bela Lugosi dans le rôle-titre!

C’est que depuis la semaine thématique dédiée à Frankenstein, cela faisait un bail que je n’avais pas dédié de chronique à un si vieux coucou! Et vous en verrez quelques uns dans les semaines à venir car je viens de me faire une véritable cure de vieux fantastiques (des années 30 aux années 50) produits par les studios Universal! Nous allons donc inaugurer ce petit cycle très marqué par l’histoire du cinéma… avec du vampire!

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Faites pas chier le Bourbon Kid – Le Livre sans Nom

« Première leçon: à Santa Mondega, quand quelqu’un tient des propos un peu délirants, il y a fort à parier que c’est vrai. »

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Enfin, enfin une chronique livre, après ce looooooong moment sans!

Je reviens cette semaine, et brièvement, avec un opus que plusieurs d’entre vous devez déjà connaître, à savoir… Le Livre sans Nom. Ma mère, qui avait beaucoup apprécié, m’en avait parlé à plusieurs reprises… Et quelque chose m’a plus ou moins obligée à le lire: on me l’a offert! 🙂 En effet, lors du pot de départ qui a clôturé mon précédent stage (ah qu’ils me manquent) en décembre dernier, mes collègues m’ont offert cet ouvrage, avec deux de ces suites.

J’étais très curieuse, malgré mon appréhension car on m’avait souvent comparé ce livre à des films de Tarentino – et franchement, à part une ou deux exception, je ne suis pas du tout une inconditionnelle de Tarentino dont les auto-clins d’œil ont plutôt tendance à me gonfler. Mais bon! 🙂 Je me devais tout de même d’y jeter un coup d’œil, car on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise… La chronique sera brève, car si j’ai bien aimé (je n’écris jamais sur ce que je n’aime pas…), je ne pense pas que cet ouvrage se prête à une véritable analyse. D’autant plus que l’auteur est anonyme et qu’il est difficile de savoir quelles sont ses motivations, quelle interprétation donner à son texte.

Suivez-moi donc à Santa Mondega, pour boire un verre au Tapioca, servi par Sanchez…

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Le classique parmi les classiques – « Dracula » (Bram Stocker)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Nouveaux venus sur le blog,

Me voici de retour pour une chronique littérature dédiée à un véritable monument de la littérature fantastique, un classique. Après Le Portrait de Dorian Gray du brillant Oscar Wilde et les Histoires Extraordinaires du tourmenté Edgar Poe, laissez-moi vous présenter l’oeuvre qui popularisa le mythe du vampire: Dracula, de Bram Stocker (1897), maintes fois adapté sur grand écran depuis l’invention du cinéma. On en a vu des versions de plus ou moins bonne facture (personnellement, je ne trouve pas que le Nosferatu de Werner Herzog mérite les louanges qu’on en a faites, car l’histoire n’a ni queue ni tête et tout y sonne creux… d’autant plus que les libertés prises avec l’histoire originale font vraiment mal! Ce n’est que mon avis!), axées sur la poursuite du monstre, sur l’érotisme ou la romance.

Mais comme depuis quelques années, entre Anne Rice et Stephenie Meyer – et autres joyeusetés, les vampires semblent avoir le vent en poupe, il me paraissait intéressant de revenir sur cet ouvrage qui a marqué des générations.

  • L’histoire

Vers la fin du XIXe siècle, le jeune Jonathan Harker, clerc de notaire, quitte son bureau en Angleterre pour s’enfoncer au fin fond de l’Europe de l’Est, dans des contrées sombres et sauvages où l’on entend les loups hurler et dont les habitants semblent effrayés par quelque force obscure. Son but: se rendre au chateau du compte Dracula, pour signer la vente d’une vieille demeure sur le domaine de Carfax. D’abord fasciné, Jonathan est peu à peu inquiété par le propriétaire des lieux qui, il en a l’impression, le retient prisonnier. Livré à lui-même dans cette immense demeure, il y fait de sombres découvertes qui dépassent son entendement, alors que le comte se prépare pour un voyage vers l’Angleterre…

Pendant ce temps, en Angleterre, sa fiancée Wilhelmina dite Mina Murray, institutrice, tente de mener une vie sereine et insouciante, auprès de sa riche amie Lucy Westenra, la coqueluche de tous les hommes qui l’entourent – en particulier son fiancé lord Goldaming, le Texan Quincey P. Morris et un amoureux malheureux, le docteur John Seward qui dirige un asile d’aliénés. L’intelligente Mina se fait du souci pour son fiancé dont elle n’a plus de nouvelles, d’étranges événements suivent l’arrivée du navire Demeter en Angleterre. La belle Lucy tombe gravement malade, tandis que l’un des patients de Seward, Monsieur Renfield, montre de plus en plus de signes d’agitation – il annonce la venue d’un maître, d’un comte qu’il adore et qu’il faut craindre. Désespéré par l’état et déconcerté par les symptômes de celle qu’il aime, John Seward fait appel à un confrère renommé, le Docteur Abraham Van Helsing. Celui-ci, hargneux et déterminé à se battre contre les forces du mal, découvre qu’en Lucy s’opère une étrange transformation qui fait d’elle une créature abominable, du fait du légendaire comte Dracula: un vampire. Pour mettre fin aux agissements dangereux de la jeune femme, Van Helsing, Seward, Goldaming et Quincey se voient obligés de l’éliminer.

Commence alors une lutte sans merci contre Dracula, à travers l’Angleterre et l’Europe, dont Van Helsing, Seward, Quincey, Goldaming, Jonathan Harker revenu de son « exil » en Translyvanie, et Mina qu’il épouse à son retour et qui est pistée par le vampire, sont les principaux acteurs. Continuer la lecture de Le classique parmi les classiques – « Dracula » (Bram Stocker)

Sacrilège pour « briller » en société: « Non, ‘Twilight’ n’est pas si nul! »

« Dire qu’un livre est moral ou immoral n’a pas de sens, un livre est bien ou mal écrit c’est tout. »
Oscar Wilde

Voilà une sagesse à méditer, venant de l’un des plus brillants esprits d’Angleterre – ce cher Oscar Wilde, auteur du brillant Portrait de Dorian Gray déjà présenté sur ce blog. Pour compléter cette maxime, si un livre est bien ou mal écrit « et c’est tout », j’ajouterais qu’un livre, surtout s’il s’agit d’une fiction, n’est donc ni bon ni mauvais, mais qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, et qu’il peut être bien ou mal écrit.

Qu’en est-il donc de cette saga que se sont arrachée adolescents (oui, parce que même s’ils ne l’assument pas nécessairement, des garçons l’ont lu…) et adultes curieux, j’ai nommé Twilight? Tour à tour encensé et bousillé, il est difficile de ce faire une opinion sur une saga, voire sur un phénomène, qui ont déchainé tant de passions. « Romantique », « Bien imaginé », « Niais », « Crétin », « pour les midinettes »… On aura tout entendu, et le sujet semble épuisé. Aussi je souhaite revenir sur ces quatre livres, avec le recul des années. Il ne s’agit pas de raconter l’histoire, mais de revenir sur quelques thèmes abordés dans la série.

  • Pourquoi je l’ai lu?

parallon-le-nouveau-twilightIl y a cinq ans, alors que les premiers films étaient déjà sortis, j’ai mis à profit un intersemestre pour lire les quatre volumes – Fascination, Tentation, Hésitation et Révélation (respectivement Twilight, New Moon, Eclipse et Breaking dawn en V.O.). En effet j’avais constaté que plusieurs personnes de mon entourage lançaient des critiques acerbes sur le travail de Stephenie Meyer, sans pour autant l’avoir lu. La meilleure étant que ces livres étaient « cons », « tartes » ou « pour les midinettes » – de la part de personne se prenant pour de grands penseurs et aimant la « vraie » littérature et pas des inepties pour pré-pubères avides de sensations. J’ai donc décidé de me faire mon propre avis sur la question, alors qu’à la base, je ne suis pas très fan d’histoire de vampires.

Petit rappel, bref, car la plupart d’entre vous connaissez déjà l’histoire. Il s’agit donc d’une romance entre Bella, une jeune fille assez solitaire et introvertie, qui arrive à Forks pour vivre chez son père, et Edward, un « jeune » (à peine plus de cent ans, ce n’est rien à l’échelle de l’éternité) vampire installé dans les environs avec sa famille. L’affaire se transforme en triangle amoureux avec la mise en avant de Jacob, un jeune Indien de la réserve d’à côté, descendant d’une lignées de loups-garou et proche ami de Bella. Au fur et à mesure, des complications apparaissent avec les Volturi, ancienne famille de vampires soucieux du respect des lois vampiriques, qui voient d’un mauvais oeil la relation d’Edward avec une fille de « l’extérieur »…

N.B. : Je tiens d’abord à préciser qu’hormis Dracula de Bram Stocker que j’aime beaucoup, les histoires de vampire ne me fascinent pas plus que ça. Je n’ai pas lu l’oeuvre d’Ann Rice, pas plus que la série des True Blood – j’ai arrêté l’adaptation télé au bout de deux épisodes car je n’aimais pas l’héroïne et trouvais ces vampires dépravés plus comiques que glamour. Et comme je préfère les histoires de loup-garou, adolescente, j’ai lâché Buffy contre les vampires quand Oz est parti, à l’époque où toutes mes copines fantasmaient sur cet emmerdeur de Spike…

  • Ce que j’en ai pensé, finalement…
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Un petit conseil, si je peux me permettre: ne pas regarder les films avant de lire les livres…

J’ai eu une période de rejet, environ deux-trois ans après la lecture de Twilight, sans doute quand je me suis décidée à regarder le premier film – que j’ai détesté. À mon humble avis, il y avait des erreurs de casting en cascades, et le choix pour l’héroïne d’une actrice que je trouve aussi expressive qu’une douzaine d’huîtres. Certains effets, comme la peau scintillante des vampires, rendent vraiment très mal à l’écran, et les cheveux de la famille vampirique ne sont pas sans rappeler des versions blondes de ces perruques dont on affublait les acteurs de films d’arts martiaux hong-kongais des années 60 et 70.

Et pourtant, j’ai passé un agréable moment en lisant ces lignes. Et le plaisir de voir des regards méprisants quand je me baladais, avec mes vêtements noirs de poupée gothique, et le livre en évidence dans le métro parisien, n’était pas des moins. C’était vraiment intéressant du point de vue de l’étude de l’attitude humaine. Certains de mes amis, et même les deux ados auxquelles je donnais des cours d’allemand à cette époque, se sont ouvertement moqués de moi, arguant que je lisais de la merde alors qu’eux-mêmes n’avaient pas même ouvert ces pages! Et alors quand en plus je disais que ce n’était pas le torchon que j’attendais et que ce n’était pas si mal, j’ai vu bien des visages se décomposer.

Je pense avoir eu accès à une bonne traduction, car j’ai trouvé l’histoire relativement bien écrite. J’ai bien sûr apprécié certains personnages – au début, j’aimais bien Jacob aussi, mais sa jalousie et son amertume m’a très vite saoulée. C’est le problème des amis masculins, dans les fictions… L’histoire d’amour est bien sûr l’enjeu central de cette histoire, mais il y en a d’autres – ne pas révéler sa nature au grand jour, lutter contre ses pulsions de prédateur, être bloqué entre une communauté exigeante et son propre bonheur, la rivalité entre vampires et loups, l’épée de Damoclès des Volturi qui peuvent décider à tout moment que Bella est une nuisance. Somme toute, cette histoire a un bon potentiel, même si j’ai regretté quelques baisses de rythme qui l’ont rendue un peu « molle du genoux », et un certain manque d’humour.

Bien sûr, il ne faut pas oublier que ces ouvrages s’adressent avant tout à la jeunesse, et à une génération qui comme nous n’avait pas vu Buffy contre les Vampires ou Entretien avec un vampire, et les dépravations vampiriques qui vont avec.

  • L’effort d’imagination sur des vieux mythes

Mais toutes les idées de Stephenie Meyer ne sont pas bonnes à jeter, loin s’en faut, et j’ai moi-même eu quelques surprises.

Et la première n’était pas des moindres: où étaient passés ces vampires tout de sombre vêtus qui se terrent dans des cryptes et dorment dans des cercueils? Cette noirceur m’a un peu manqué, mais l’auteur a tout de même brisé un sacré cliché en faisant de la fratrie Cullen des ados presque comme les autres, si l’on exclut leur fascinante beauté et le fait qu’il soient riches, qui portent des couleurs claires et vivent dans une maison ouverte sur l’extérieur par de grandes baies vitrées. Il est clair que cette famille modèle de vampires a quelque chose d’agaçant dans sa perfection, mais ils ne me semblaient pas plus grotesques que l’archétype du vampire juste méchant qui prend plaisir à tuer ses victimes. Le vampire est devenu fréquentable, et tout à fait capable de maîtriser ses instincts de prédateur pour vivre parmi les humains, voire pour aimer un être humain.

Autre variation du mythe du vampire: cette peau marmoréenne qui à la lumière brille comme les veines de certaines pierres – et qui malheureusement n’est pas du tout bien rendue à l’écran – et cette idée de prédation. Le vampire est un prédateur, génétiquement parlant, comme l’est un lion, un requin ou un serpent: il est attirant pour mieux attraper ses proies, émet des phéromones et transforme sa victime grâce au venin sécrété par des glandes près de ses canines. La victime se transforme donc si elle ne s’est pas vidée de son sang. Par ailleurs, les gens qui avaient des prédispositions particulières en tant qu’humains en trouvent ces capacités décuplées en devant vampire – la télépathie d’Edward, la clairvoyance d’Alice… C’est un peu tiré par les cheveux, mais après tout, pourquoi pas. On a déjà lu plus étrange.

57794085Concernant les loups-garou. J’adore les loups-garous, pour diverses raisons que j’étofferai plus tard sur ce blog et parce que j’ai fait de la lycanthropie l’un des enjeux de mes écrits de fiction. Si j’avais déjà vu la métamorphose « homme-loup » liée aux Amérindiens dans la série Wolf Lake, j’ai aimé découvrir dans le second volume de Twilight que certains habitants de la réserve indienne en étaient. Même si cela peut paraître clichesque, qui mieux que les Indiens, dont on sait que leur culture les porte vers le respect et la compréhension de la nature qui les entoure et des animaux, pouvaient être des loups-garous?… Et cela donne un souffle nouveau à Tentation qui commençait méchamment à trainer en longueur. Evidemment, mon enthousiasme a été quelque peu émoussé par les crises de jalousie de Jacob, son amertume et son attitude détestable envers Edward. A sa décharge, il semble génétiquement déterminé à le détester, il n’y peut rien… en même temps, ce déterminisme a quelque chose de très dérangeant quand on y pense. Avec le recul, je me rend compte que l’auteur a aussi dépeint un mode de vie influencé par ce penchant pour la vie de meute Jacob, de ses amis et de ses cousins qui rappellent parfois ces images de louveteaux en train de batifoler en pleine nature. En ce sens, la « société » de ces « loups » est intéressante et surprenante.

Enfin, les trouvailles se poursuivent avec les lois vampiriques incarnées par les Volturi, toute cette législation liée à la « création » de vampires à un âge beaucoup trop jeune – je parle de « vampiriser » des enfants, par exemple. Elle sert bien sûr de prétexte à l’affrontement du quatrième opus, lui donnant un souffle nouveau, plus noir et un peu plus mâture.

  • Un roman moralisateur, réducteur, aseptisé et édulcoré?

J’en arrive aux critiques un peu plus « intellectualisantes » que j’ai connues, notamment en ce qui concerne l’image de la femme et la sexualité. Attention, attention… Pour ma part, je trouve que Bella est un brin passive, surtout dans les trois premiers tomes où son père, Edward et Jacob passent leur temps à la couver. Quant à sa dépression suite à la rupture avec Edward… Ma foi… Si la tristesse de la jeune fille est palpable, quel exemple affreux pour les ados faisant face à un chagrin d’amour! Est-ce à mettre sur le compte de sa jeunesse et de sa vulnérabilité? Mystère. Seule l’auteure pourrait nous en dire plus. Il n’en reste pas moins que de nombreuses jeunes filles manquant d’assurance – être un héros est tout de même très difficile! – pourraient s’identifier à Bella. Ce qui est déjà capital pour qu’une histoire fonctionne.

Qui plus est, j’ai entendu plusieurs jeunes adultes exprimer leur frustration quant à l’absence d’érotisme jusqu’au mariage de Bella et Edward dans le quatrième opus. J’ai moi-même été un peu frustrée sur ce point. Certains ont pointé l’appartenance de Stephenie Meyer à la mouvance mormonne pour en faire une méchante conservatrice transmettant l’image de la jeune fille soumise à sa famille et aux hommes obligée de rester sage et pure jusqu’à ses noces… Paradoxalement, celles – j’ai surtout abordé cette question avec des femmes – qui formulent cette critique sont aussi celles qui disent que les hommes ne sont que de gros pervers avec qui ils ne faut pas coucher… et qui rient de celles qui justement ne couchent pas car elles les pensent incapables de se faire plaisir (ou trop moches pour attirer un mec). Donc là, il y a double standard dans la pensée de certaines de mes contemporaines.

S’il est claie que Stephenie Meyer nous offre une image fort romancée et un brin vieillotte de l’accouplement comme ultime preuve d’amour après l’officialisation par le mariage, elle n’en ignore pas moins la sexualité et le désir dans les trois premiers opus. Plusieurs fois l’héroïne en ressent. Elle est frustrée et ne se prive pas de le faire savoir à son compagnon, et j’ai souvenir d’une scène où les deux tourtereaux échangent des papouilles sur un lit et où elle invite clairement Edward à coucher avec elle. Bella Swan est une jeune femme de chair et de sang, qui éprouve du désir, ce n’est pas une bonne soeur. Confirmation lors du voyage de noces lorsqu’elle fait tout pour allumer Edward qui après leur première nuit ne veut plus rien faire avec elle avant sa transformation, de peur de la blesser. Donc Bella n’est pas totalement niaise. Elle révèle d’ailleurs des ressources insoupçonnées dans le quatrième opus, en devenant une jeune femme forte et capable d’initiative. C’est une évolution sur le long terme.

Twilight-hesitationBien que je trouve moi aussi cette approche du sexe dans le mariage très réductrice, je ne suis pas du tout choquée par le fait que l’héroïne soit encore vierge – elle fait ce qu’elle veut de son corps, merde! De plus, si Edward n’a pas voulu coucher avec Bella, il tenait aussi à elle de « le faire » avec Jacob derrière son dos. Or, elle n’en a rien fait (Je sais, c’est peut-être aussi l’idéal mormon de l’auteure qui parle…) – alors qu’entre nous, il serait plus tentant de partager son lit avec un loup-garou au corps chaud et au coeur palpitant qu’avec un vampire dont la température corporelle doit avoisiner les 11°C. Si tant est qu’un vampire puisse « mécaniquement » être capable de cela. (J’ai une théorie sur la question, dans une réponse humoristique à Twilight dans le Chapitre IX de mon roman Le Sang des Wolf…) De plus, quand bien même un peu d’érotisme n’aurait pas nui, il ne s’agissait pas d’un livre érotique et l’abondance de scènes crues et détaillées n’aurait rien apporté à l’histoire.

Et pour information, la saga reste dans l’air du temps, puisqu’on a une cougar dans Twilight. Il s’agit de Renée, la mère de Bella, qui après un mariage désastreux avec le père de sa vie, partage sa vie avec un homme plus jeune qui la rend heureuse. C’est un point de détail, mais si ce n’est pas un personnage important, ça n’en fait pas une femme de moins de valeur car Bella aime tendrement sa mère.

  • Un petit divertissement sympathique

Je ne vais pas vous mentir, ce n’est peut-être pas mon livre préféré, et entretemps, j’ai lu d’autres ouvrages qui m’ont réellement transportée et autrement marquée. Il souffre de quelques faiblesses, quand bien même il peut faire passer un bon moment à qui le lit. Mais je voulais vraiment revenir sur ce phénomène car encore maintenant, dans la bouche de beaucoup, la comparaison à Twilight sonne comme une insulte. Alors que la plupart des gens qui la profèrent n’ont même pas lu la saga, comme une personne qui a, après un seul chapitre comparé mon roman l’oeuvre de Stephenie Meyer (puisse mes écrits remporter autant de succès, je touche du bois!) sans savoir de quoi il retournait et sans se dire que j’essayais peut-être de brouiller les pistes. Surtout qu’elle est très différente et comporte de nombreux enjeux absents de la série vampirique, et que le surnaturel n’y est pas aussi « hollywoodien ».

J’ai rarement vu une histoire autant décriée que celle de Twilight, et il est devenu de bon ton de la mépriser. Au fond, je pense qu’avant de juger sans savoir, il convient de prendre cette saga pour ce qu’elle est: une romance destinée à de très jeunes lecteurs. Et se souvenir que certains d’entre nous ont rêvé de vivre un amour absolu comme celui-ci.

On pourrait dire que l’histoire est stéréotypée, mais à bien y regarder, c’est un peu ce qui a remis le vampire à la mode ces dernières années, donc il n’est pas étonnant que livres pour la jeunesse et séries reprennent les mêmes ingrédients, puisque c’est devenu très vendeur.

Pour ma part, je ne trouve pas l’histoire de Bella et Edward plus grotesque que ces vampires qui passent leur temps à copuler à tort et à travers dans chaque extrait de True Blood sur lequel j’ai zappé par hasard en dernière partie de soirée (alors que bon… il suffit de se souvenir de ses cours de biologie du collège pour savoir qu’un vampire ne peut, en théorie, pas avoir d’érection!). Un peu d’érotisme n’aurait pas été du luxe, mais il n’y avait pas besoin d’en faire des caisses à ce niveau non-plus. Qui plus est, outre l’amour, d’autres thèmes y sont abordés, comme la différence, le rapport à l’autre – qui il est vrai, auraient mérité un traitement plus en profondeur.

Mais essayez un soir pour voir. 🙂 Essayez de placer, dans une conversation lecture avec des proches ou des amis, que vous avez, apprécié Twilight à l’époque où vous l’avez lu. Et je peux vous garantir que vous allez voir des visages s’allonger et des narines se pincer! 😉

Sur ce, je vous souhaite un bon dimanche.

Blanche Mt.-Cl.