Les States sauvent le monde – Independence Day (Roland Emmerich, 1996)

Très chers lecteur des Mondes de Blanche,

J’espère que vous allez tous bien, que vous vivez une reprise sans heurt et que vous profitez de la rentrer des enfants pour vous retourner un peu à la maison. Bref, si vous n’avez pas encore lu mon bilan de l’été et ma première chronique de septembre, je vous souhaite une excellente rentrée. Pour ma part, profitant en ce moment d’un repos bien mérité en décalé, j’ai décidé, outre mes occupations du moment, de bloguer un peu, car j’ai quelques idées de chroniques un peu sympathiques, et de lectures.😉

Aussi j’ai décidé aujourd’hui, de nous transporter à nouveau dans les divines nineties, avec un film spectaculaire comme on tente désespérément d’en faire mais comme on ne sait plus du tout en faire depuis bien longtemps: Independence Day, sorti sur nos écrans en 1996 et annoncé à grands renforts de bandes-annonces absolument impressionnantes. Aussi, je vous amène, encore une fois, auprès des héros américains qui se battent contre les méchants aliens… Continuer la lecture de Les States sauvent le monde – Independence Day (Roland Emmerich, 1996)

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Un introuvable en librairie pour fans de « Star Trek » – « Star Trek: Le Retour »

Très chers lecteurs,

Nouveaux arrivants sur ce blog,

Je profite d’un jour de congé pour revenir avec un  véritable article de fond un peu long qui, je l’espère, vous ravira, pour peu que vous vous soyez intéressé à la science-fiction ou à la culture populaire.

Une fois n’est pas coutume, cette chronique mêlera à la fois culture dite « geek », télévision, cinéma et si j’ose dire « littérature ». Si vous aimez la science-fiction et si vos parents regardaient des rediffusions à la télé (à l’époque où il n’y avait que les six chaînes hertziennes et où le câble ne vous donnait accès qu’à vingt chaînes), vous avez au moins entendu parler de la franchise Star Trek. Série culte avec William Shatner portant des cache-coeur dans le rôle du capitaine Kirk, elle a également été déclinée en films et plusieurs spin-offs. Dont le Star Trek original, Star Trek: The Next Generation, ainsi que Deep Space Nine et Voyager. Et si j’ai bonne mémoire, Entreprise, que je n’ai jamais regardé. Les deux premières moutures ont fait l’objet de plusieurs films dont certains, à mon humble avis, très bons – question d’âge, j’ai adoré Star Trek: Generations, Premier Contact et Nemesis (issus de la « next generation« ) ou encore Retour sur Terre (avec les baleines!) avec Kirk et Spock qui voyagent dans le San Francisco des années 1980 (surtout quand Kirk raconte, pour expliquer le look de Spock, que celui-ci est en fait un soixante-huitard qui aurait abusé de certaines substances…).

La série a également fait l’objet de déclinaisons écrites, de nombreux romans qui étoffent l’univers de la série, mettent en valeur tel ou tel personnage, qui « prolongent » les aventures des héros de Star Trek. C’est de l’un de ces livres, Star Trek: Le Retour, écrit par le capitaine Kirk lui-même – son interprète, William Shatner – dont je souhaite parler aujourd’hui.

Mais sachant qu’il fait le lien entre plusieurs films, je vais tout d’abord présenter la chose… pour ceux qui n’auraient jamais regardé, ou ceux qui l’ont fait par le passé, mais et aurait besoin d’avoir la mémoire rafraichie. En effet, je tiens à vous donner toutes les clés pour comprendre le livre!

  • Star Trek, de la télévision au grand écran
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Logo de la série originale – Source: Wikipedia

Star Trek est d’abord une série créée par Gene Roddenberry, diffusée de 1966 à 1969 aux Etats-Unis. Dans un futur relativement lointain, la Terre a été débarrassée de tous ses maux – épidémies, famine, argent – et plusieurs planètes se sont regroupées en une Fédération, qui dispose d’une immense flotte spatiale – Starfleet – véritable vivier d’officiers de talents originaires de mondes divers, d’explorateurs et d’aventuriers. Ainsi, la série des années 1960 relate les aventures du Capitaine Kirk (William Shatner), et de son équipage, à bord d’un vaisseau au design mythique, l’USS Entreprise. Parmi ses plus fidèles compagnons, on trouve le légendaire Vulcain Spock (Leonard Nimoy, qui nous a malheureusement quittés cette année), le très sanguin docteur McCoy (DeForest Kelley) toujours prêt à prendre le contrepied de ce que dit Spock, l’officier Scott… Et n’oublions pas la belle Uura, Chekov et Sulu qui complètent cet équipage aussi international qu’interplanétaire.

On y voit souvent les fortes personnalités de Kirk, McCoy et la logique imparable de Spock se télescoper, mais ils finissent toujours par faire front uni contre l’adversité. De plus, on découvre plusieurs civilisations extraterrestres aux coutumes exotiques et aux divers degrés de raffinement. Par exemple, les Vulcains, dont Spock fait partie (Spock est définitivement mon préféré de tous!) vivent pour la logique et refoulent leurs émotions. Les Romuliens, cousins des Vulcains, vivent en revanche pour suivre leurs instincts et leurs émotions. Ce sont les ennemis jurés de la Fédération. On fait aussi la connaissance des Klingons, des guerriers et guerrières chevelus avec une crête osseuse sur le visage qui ont une forme d’honneur bien à eux. L’univers de Star Trek est bien plus complexe et étendu que ce que j’ai exposé ici, mais il me faudrait écrire un article complet pour chaque civilisation, voire pour chaque personnage, ce qui n’est pas le but.

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Affiche de Star Trek: Le Film, dans lequel nous redécouvrons un pan de notre propre histoire spatiale, mais je ne dirai rien de plus! – Source: Wikipedia

Le succès a été au rendez-vous, et comme nous pouvons en témoigner aujourd’hui, la série est devenue culte. Née dans les années 1980, j’ai des parents fans de science-fiction qui regardaient les rediffs de Star Trek d’abord sur les chaînes hertziennes le week-end, puis sur le câble. Je me suis régalée à voir l’Entreprise flotter dans le cosmos et voyager de planète en planète, à suivre les aventures de Kirk et surtout de Spock dont le « look » me fascinait. Je chantonnais même le mythique générique de la série signé Alexander Courage!

Dès les années 1970, la série a été déclinée en films qui poursuivent la narration des aventures de Kirk et qui étoffent l’univers de Star Trek, ainsi que le caractère des personnages. Si la série reste, dans mes souvenirs, un bijou d’utopie kitsch maintes fois parodié, j’ai récemment revu les films lors de rediffusion sur CinéFX et j’ai noté qu’il y avait eu un gros travail sur les décors et les costumes. Ceux-ci ont une dimension un peu plus sombre qui n’est pas pour me déplaire. De plus, on y retrouve les mêmes personnages et interprètes que l’on voit peu à peu changer et vieillir, et même prendre du galon (si je me souviens bien, Kirk a même été pendant un temps amiral…) tout en conservant leur capital sympathie, bien sûr!

  • Star Trek: Next Generation

Mais la saga du vaisseau Entreprise ne s’est pas arrêtée avec Kirk, Spock et consort. En effet, l’histoire se poursuit au XXIVe siècle, alors que la paix a été signée avec les Klingons. Le tout nouvel équipage est commandé par un officier raffiné, cultivé, bref plus « cérébral » que Kirk, d’origine française (cocorico!) interprété par le GRAND et so british Patrick Stewart, le capitaine Jean-Luc Picard. Il est lui aussi entouré d’une galerie de personnages typés, comme son second William Riker (Jonathan Frakes), le lieutenant klingon Worf (Micheal Dorn), l’ingénieur aveugle Geordi LaForge (LeVar Burton), le docteur Beverly Crusher qui sera également le love interest du capitaine (Gates McFadden), la mystérieuse conseillère télépathe Deana Troï de Betazède (Marina Sirtis) et l’attachant Data (Brent Spinner), un androïde à la quête de sa propre humanité.

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Logo de Star Trek: The Next Generation – Source: Wikipedia

Diffusées entre 1987 et 1994, les sept saisons ont été depuis régulièrement rediffusées sur le câble, ce qui m’a permis de faire connaissance avec cet équipage très attachant. Certes, on pourrait reprocher les bons sentiments de Picard et Riker, mais l’aventure est toujours au rendez-vous. Bien que l’action à base de coups de points dans la figure, de bagarres et de jolies filles sauvées par le capitaine soit beaucoup moins présente, on découvre un univers beaucoup plus complexe,  où les tensions entre civilisations sont rampantes. Donc, la Nouvelle Génération, si elle compte encore des explorateurs, est surtout une génération de diplomates et d’intellos faits pour les tables de négociation. Même si cela est arrivé à Kirk, on voit plus souvent notre ami Picard derrière son bureau ou en salle de réception, qu’en train de faire sa fête à un méchant extraterrestre et de sauver une minette en tenue légère! Il n’en reste pas moins que si le côté utopique de la série prête aujourd’hui à sourire, tout comme les couleurs flashy et les cache-coeurs de la génération précédente, la qualité du scénario est bel et bien là, sachant que différents thèmes sont abordés au fil des épisodes (trahison, émotion, humanité, solitude, traumatisme, pression familiale, etc. …) à travers les parcours personnels des différents protagonistes.

On y retrouve des civilisations comme les alliés klingons et vulcains, des ennemis acharnés comme les Romuliens. Les nouvelles civilisations sont nombreuses – comme les Bétazoïdes, un peuple de télépathes dont fait partie la très zen Deana Troï, l’atout charme de la série, ou des marchands aux grandes oreilles connus sous le nom de Ferengis. Mais la Fédération compte – et c’est important de le mentionner pour la suite, car ils apparaissent dans le livre que je vais vous présenter – aussi un nouvel ennemi juré, très puissant: les Borgs, abréviation de cyborg. Ceux-ci, alliage des corps organiques des ethnies vaincues et de composants électroniques, forment un « collectif » où l’individu ne compte pas, où tous sont reliés psychiquement les uns aux autres et obéissent à une reine, à l’image des abeilles. C’est cette grande cohésion, couplée à leur rapide adaptabilité aux environnements où ils évoluent, qui  les rend si dangereux. Au cours de la série, les Borgs vont enlever le capitaine Picard pour « l’assimiler » – c’est-à-dire en faire l’un des leurs sous le nom de Locutus, souvenir traumatisant au possible pour le capitaine.

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Affiche de Star Trek: Premier Contact – Source: Wikipedia

Cette série à elle aussi fait l’objet de plusieurs films dès les années 1990. Certains sont réellement intéressants et rendent les personnages encore plus attachants. Les décors y sont travaillés de manière remarquable – je pense notamment à Star Trek: Premier Contact, sorti en 1996, quand j’étais petite et à fond dans le délire (et mes parents aussi à fond que moi…), qui voit les Borgs voyager dans le temps pour empêcher le premier contact des humains avec des Vulcains, où l’Entreprise, occupée par les Borgs, est complètement dévastées, envahie de divers câbles et déchets. De même, dans le tout dernier opus, Star Trek: Nemesis, le « méchant » est un clone de Picard plein de rancoeur, créé pour remplacer le capitaine et de détruire Starfleet de l’intérieur, est élevé dans une prison rémienne – civilisation asservie par les Romuliens – après abandon du programme. Outre ses costumes impressionnants, une grave maladie génétique l’oblige à vivre dans la pénombre… d’où des scènes visuellement fortes. A ceux qui pourraient reprocher à la série son manque d’action pure, le cinéma comble très bien cette lacune, puisqu’on y voit enfin Picard en mode warrior, et même se bastonnant en marcel pour aller arracher Data des griffes de la reine borg… Jouissif!

De même, il pourrait sembler qu’hormis le nom du vaisseau, il n’existe aucun lien entre les équipages de la série originale et du spin-off. Pourtant, un film a bel et bien permis d’assister à la « passation de pouvoir »… Je me lance et attention aux spoilers, malheureusement obligatoires pour le livre!

  • Quand les équipages se « rencontrent » – Star Trek: Generations

Car les équipages qui existent pourtant à soixante-dix ans d’écart, se croisent bel et bien!

Cet opus, sorti en 1994, commence alors que Kirk, Scotty et Chekov, grisonnants – voire bedonnants – et à la retraite, sont les invités d’honneur à l’inauguration d’un nouveau vaisseau Entreprise. La réception tourne mal quand le navire reçoit un appel de détresse: des navettes de réfugiés d’El-Aurian qui fuient les Borgs, sont happés par une étrange tempête énergétique au milieu de l’espace. L’équipage parvient à sauver plusieurs personnes, dont un scientifique, Tolian Soran (interprété par le GRAND Malcom McDowell)… mais Kirk est porté disparu quand la tempête emporte une partie de l’Entreprise.

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Affiche de Star Trek: Generations – Source: Wikipedia

Soixante-dix ans plus tard, le nouvel équipage commandé par Picard sauve à nouveau d’une catastrophe le même Tolian Soran. Celui-ci, allié à des Klingons dissidents, décide de tout faire pour retourner dans le Nexus: c’est le nom donné à la tempête du début,  qui s’avère être non seulement un long ruban énergétique, mais aussi une porte vers une nouvelle dimension où la réalisation de tous ses désirs est possible. Soran décide donc de faire exploser l’étoile du système de Véridian. L’énergie colossale dégagée par l’explosion devrait attirer le Nexus droit sur le scientifique fou pour l’empoter. Mais cet acte doit tuer des millions de personnes, dont l’équipage de l’Entreprise, englouti par la supernova. Jean-Luc Picard se lance alors dans une course folle pour empêcher ce massacre… et comprendre ce qui captive tant Soran dans le Nexus. En chemin #SpoilerDeFolie il va également trouver une aide inattendue de Kirk, ressurgi du Nexus où il était piégé depuis soixante-dix ans!

Bien évidemment, cela paraît un brin tiré par les cheveux – un comble pour le brushing ahurissant de Picard, mais l’histoire est très bien ficelée. Elle compte également des subplots intéressants, qui explorent des thèmes comme la transmission par le sang ou la mémoire – on apprend notamment au début que Picard, dernier homme de sa famille et sans enfant, vient de perdre son frère et son jeune neveu dans un incendie sur Terre – ou par la mémoire – l’enjeu de la rencontre entre Picard et Kirk. Par ailleurs, on y voit Data, notre androïde préféré, se faire installer par Geordi LaForge, son « meilleur ami » s’il pouvait avoir ce sentiment, sa puce d’émotivité. La gestion de ces nouvelles émotions, parfois violentes, place Data dans des situations tour à tour difficiles et comiques qui apportent un peu de piquant à l’histoire.

J’ai un peu regretté de ne pas revoir Spock ou McCoy, mais les acteurs n’avaient soit aucun intérêt pour le scénario, soit de graves problèmes de santé – DeForest Kelley alias « Bones » est en effet mort en 1999 des suites d’un cancer. Mais dans l’ensemble, le film se tenait et permettait une transition très sympathique entre les deux générations d’explorateurs spatiaux, qui aurait cependant pu être développée… et ce qui a été fait dans Star Trek: Le Retour.

  • Star Trek: Le Retour – Un livre pour la suite d’un film
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Couverture de mon exemplaire… qui a pas mal voyagé, il faut bien le dire!

Et nous arrivons enfin à ce qui nous intéresse! 🙂

Aujourd’hui quasiment introuvable en librairie, The return, écrit par William Shatner lui-même avec la collaboration de Garfield et Judith Reeves-Stevens, est publié en 1996, avant de paraître en France un an plus tard chez Fleuve Noir, sous le tire du Retour.  Dès les première lignes, j’ai compris qu’il s’agissait de la suite directe de Generations.

De quoi s’agit-il? Quelle suite trouver à cette histoire?

Sur la planète Veridian III où l’Entreprise s’est écrasée lors de la poursuite de Soran, Picard et Spock, toujours relativement jeune pour un Vulcain et venu pour l’occasion, assistent aux funérailles officielles de Kirk, mort au cours de l’affrontement avec Soran à la fin du film (désolée pour le spoiler!). Mais une nuit, alors qu’il médite près de la tombe de son ami, Spock assiste à un phénomène particulier: le corps de Kirk disparait! Ce qui bien sûr, est « illogique »!

Il s’avère que le corps de Kirk a été volé par des Romuliens, qui alliés aux Borgs désireux d’écarter la Fédération, seul obstacle à une assimilation complète des peuples de la galaxie, usent d’une technologie particulière pour ramener l’ancien capitaine à la vie. Une puce lui est alors implantée dans le cerveau, pleine de faux souvenirs censés susciter en lui une haine terrible de la Fédération et de Picard en particulier. Manipulé par une séduisante mais vénéneuse Romulienne, il se lance à la poursuite de Picard, et de ses officiers qu’il tente de tuer un à un. Mais peu à peu, il réalise qu’il est incapable de les éliminer. Comme si quelque chose, une force supérieure indéfinissable, l’en empêchait…

De plus, il a beau chercher, il ne sait pas où est Picard. Pas plus que Worf alors en permission sur sa planète, LaForge et Data en pleine mission archéologique sur une planète glaciale, ou Riker qu’il interroge de manière plutôt musclée. Pour cause, tout le monde ignore où est passé le capitaine! Car dans le plus grand secret, celui-ci a été envoyé avec le docteur Beverly Crusher infiltrer une colonie borg pour déchiffrer les intentions de leur gouvernement, de nouveau très actif dans la galaxie. Ses souvenirs d’ancien assimilés sont un atout précieux pour cette mission… Mais arrivera-t-il à mettre à jour l’alliance avec les Romuliens et à préserver son équipage, tout en sauvant la galaxie au passage?

Concernant le livre en lui-même, je l’ai relu l’été dernier. Je l’avais lu au collège et j’avais complètement oublié de quoi il s’agissait. Par curiosité, et surtout pour lire quelque chose de « léger », j’ai rouvert ces pages. Ce que j’y ai redécouvert m’a fait immensément plaisir, car j’ai eu la surprise de trouver un texte agréable à lire – du fait de la traduction, ou des plumes de Shatner et de ses collaborateurs, malheureusement, je l’ignore – et une intrigue très bien développée, menée grand train par une galerie de personnages hauts en couleurs, issus des différentes séries Star Trek – on y retrouve Kirk et Spock, mais aussi McCoy, devenu un véritable croulant de presque cent-quarante ans, au corps plein d’organes synthétiques, mais toujours aussi fort en gueule.

Quant à l’atmosphère, j’ai apprécié ce mélange entre la civilisation romulienne et celle des Borgs, qui donne une vision assez effrayante de ce que pourrait être l’univers sous la férule des deux plus grands ennemis de la Fédération… Si au final, le monde utopique et vaguement kitsch de la saga peut encore nous faire sourire, cet apport un peu plus noir lui donne plus de consistance. Quant aux autres aspects « anthropologiques » et coutumes des autres civilisations extraterrestres, ils ne sont en rien négligés (j’ai d’ailleurs appris qu’avant de se donner corps et âme à la logique, les Vulcains ont droit à deux années de débauche la plus extrême… ce qui m’a donné à réfléchir quant à la sexualité vulcaine… ). Ainsi, des lecteurs qui n’auraient pas suivi toute la saga de A à Z mais qui la connaissent un petit peu peuvent s’y retrouver. En revanche, il sera OBLIGATOIRE d’avoir vu le film Star Trek: Generations pour en saisir les tenants et les aboutissants.

  • Conclusion

Séries, films, livres, produits dérivés et autres figurines, il n’en reste pas moins que Star Trek peut avoir l’image d’une pompe à fric « attrape-geek ». Mais pour bien des fans, c’est plus que ça. Tout d’abord, je pense que ç’a dû être énorme à l’époque de sa première diffusion. D’autres séries comme La Quatrième Dimension avaient déjà popularisé la science-fiction, mais sous un angle beaucoup plus sombre et dramatique, quand bon nombre de film hollywoodiens nous montraient des aliens cruels et avides de destruction ou de belles extra-terrestres exotiques qui faisaient fantasmer les explorateurs spatiaux – naturellement des messieurs! Malgré la présence de belles plantes en tenue légère et aux cheveux savamment brushés,  Star Trek montrait un autre possible. Un possible auquel n’était jamais parvenu aucune civilisation ou idéologie sur Terre: la fin des conflits, des maladies et des famines, qui laisserait à l’humanité le temps et les ressources pour aller voir autre chose et s’accomplir personnellement. Non pas par obligation, mais par goût de la découverte, parce qu’on en aura eu envie. Il y a tout de même de quoi faire rêver, vous ne trouvez pas?

C’est très certainement l’un des ingrédients du succès de Star Trek – cette envie d’aller voir ailleurs qui existe bel et bien chez les humains qui a permis de mettre au point les programmes spatiaux, par exemple (vous savez, ces gars qui lancent des fusées qui ne « servent à rien », mais sans lesquelles nous n’aurions pas les satellites et internet!). L’autre ingrédient, c’est cette imagination des scénaristes, qui ont créé, outre des personnages attachants, un univers où tout reste encore à découvrir, et où la fraternité entre peuples de la Terre et peuples de la Galaxie est possible. Il y existe toujours des tensions, mais une instance interplanétaire veillera toujours! Et ce grâce à Kirk ou à Picard, et à leurs compagnons.

Star Trek: Le Retour m’a fait redécouvrir ce monde – j’ai même vu que des économistes commençaient à s’intéresser à l’univers de cette grande saga qui a marqué la culture populaire, et pas seulement les « trekkies » qui souvent passent pour de pauvres décérébrés sans une once de vie sociale qui n’ont que ça pour rêver. Il aurait par ailleurs fait un film génial, qui aurait permis de dire « au revoir » à des personnages mythiques comme Kirk, Spock et le Docteur McCoy, ainsi qu’à leurs interprètes, et de voir l’équipe suivante reprendre véritablement le flambeau en payant sa dette à celui qui un jour sauva la galaxie… le capitaine James T. Kirk.

« Trekky » ou pas, j’espère que cette longue, longue chronique vous aura permis de faire une vraie découverte, qu’il s’agisse de Star Trek en soi ou du livre cité, si vous connaissez déjà la série, et vous donnera l’envie d’en savoir plus.

En vous souhaitant à tous un bon après-midi!

Blanche Mt.-Cl.

Entre humour noir et mauvais goût assumé – « Iron Sky » (2012)

Titre: Iron Sky
Année de production: 2012
Réalisation: Timo Vuorensola
Origine: Finlande, Allemagne, Australie
Durée: 1h29
Distribution: Julia Dietze, Götz Otto, Christopher Kirby…

Très chers lecteurs,

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Affiche – Source: Allociné.fr

Ma chronique cinéma de cette semaine, a pour objet un film pour le moins curieux que m’a fait découvrir mon frère il y a environ deux ans, quand je suis rentrée d’Angleterre. Il est vrai que l’un de nos hobbies, quand nous sommes ensemble, consiste à regarder toute sorte de films, du péplum au film de SF en passant parfois par de gros nanars. Ainsi, connaissant mon intérêt pour l’histoire germanique et mon sens de l’humour très sombre, il m’a un soir proposé de regarder Iron Sky, une sorte de comédie d’anticipation où les Nazis revenaient de la Lune pour prendre leur revanche et régner sur le monde…

Avez-vous entendu parler de ces théories fumeuses selon lesquelles les dirigeants nazis, au lieu d’avoir été anéantis à la fin de la Seconde Guerre mondiale, n’avaient que disparu pour préparer en secret leur revanche sur le monde?… En vérité, je me renseigne régulièrement sur les théories du complot, histoire d’avoir matière à des écrits de SF, ou seulement pour me détendre les neurones (quoique j’aime assez celle du « facteur exogène »). N’en déduisez pas que je méprise les « complotistes » – il faut bien que les gens se posent des questions, et j’admire assez ceux qui vont jusqu’au bout pour y répondre. Ceci dit, vous avez peut-être eu vent des « secrets » nazis.

J’ai beaucoup lu dessus pendant que je faisais des recherches pour mon roman: selon « certaines sources », les Nazis auraient ainsi créé des sortes soucoupes volantes, autopropulsées et émettant des lumières colorées, qu’ils auraient cachées dans une base secrète en Antarctique… Un peu flippant quand on y pense. Mais imaginez qu’ils aient pu s’en servir pour partir sur la Lune et y installer une base secrète, où leur communauté aurait pu s’épanouir et leur idéologie se radicaliser davantage (si c’est encore possible!), et puiser leur énergie dans l’Hélium 3 présent sur l’astre… en attendant leur grand retour sur Terre. C’est le postulat sur lequel repose Iron Sky, la comédie de science-fiction finlandaise réalisée par Timo Vuorensola en 2012.

  • Le pitch

Tout commence en 2018, quand une expédition est envoyée sur la lune, pour sonder le sol à la recherche de gisements d’hélium 3 (il s’agit d’un isotope, d’une « variante » instable de l’hélium, qui pourrait effectivement devenir une source d’énergie si nous décidions d’exploiter le sol lunaire). Mais tout ne va pas comme prévu, quand l’équipe est décimée pour avoir approché de trop près une étrange base en forme de svastika géant. Le seul survivant du groupe, James Washington (Christopher Kirby), fait face à toute une cité de Nazis avec un calme admirable… Un calme d’autant plus étonnant que Washington est afro-américain – déjà moi, avec tronche qui ne trahit ABSOLUMENT RIEN de mes origines allemandes, je n’aimerais pas rencontrer des Nazis, mais j’ose à peine imaginer si j’avais un teint d’ébène! Bref. James essaie de s’échapper, pourchassé par une troupe menée par un officier très blond du nom de Klaus Adler (Götz Otto). Mais il est sauvé de justesse d’une évasion périlleuse et sans espoir de survie par la jeune et jolie Renate Richter (Julia Dietze), une idéaliste élevée dans le « dogme » nazi, qui enseigne l’idéologie aux enfants de la colonie. C’est également une spécialiste de la Terre, et James Washington, qui en vient, la fascine. Elle l’emmène à son père, le Docteur Richter (Tilo Brückner), et le soumet aux étranges lubies du savant. Celui-ci découvre avec enthousiasme le téléphone portable de Washington, une technologie qui manque au Quatrième Reich – à savoir la cybernétique – pour permettre l’envol du vaisseau de guerre le Götterdämmerung (« Le Crépuscule des dieux », comme l’opéra de Wagner). Mais le pire reste à venir: il teste sur le pauvre astronaute un traitement censé le rendre… blanc et blond.

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Renate Richter, James Washington (après « traitement ») et Klaus Adler de retour sur Terre – Source: Allôciné.fr

Un problème survient cependant: quand Richter présente le mobile de Washington au Führer en exercice Wolfgang Kortzfleisch (Udo Kier), la batterie se décharge, ce qui retarde encore le lancement du Götterdämmerung et l’invasion de la Terre. Des mesures draconiennes sont alors prises. Le gouvernement nazi décide d’envoyer sur Terre, Klaus Adler – destiné à épouser Renate et rêvant en secret de devenir le nouveau Fürhrer – pour collecter des batteries de Smartphone (!). Il se dirige alors vers la Terre avec Washington, censé le guider une fois arrivés, dans une vieille soucoupe volante. Renate se joint clandestinement au voyage. Quant à Adler, il voudrait que Washington, choisi personnellement par la Présidente des Etats-Unis pour aller sur la Lune, la lui présente. Mais le pauvre astronaute, dévasté lorsqu’il réalise qu’il est devenu blanc et blond, prend la fuite. Ce qui n’empêche pas les deux Nazis de la Lune de joindre la Présidente (Stephanie Paul) par le biais de sa responsable comm’, Vivian Wagner (Peta Sergeant). Adler décide alors de se faire un allié des Etats-Unis, en offrant son aide pour faire ré-élire la présidente, pour assassiner le Führer lors de sa prochaine visite sur Terre et devenir le leader sur la Lune.

Quant à Renate, elle finit par retrouver James Washington, devenu SDF. Les convictions de la jeune femme, déjà ébranlées par un visionnage du Dictateur de Chaplin, vacillent quand elle tombe en pleine rue sur un groupe de néo-Nazis… Elle se lie d’amitié avec Washington, et commence alors une véritable course pour sauver le monde de la destruction…

  • L’humour

Lorsque j’ai visionné Iron Sky, je ne m’attendais pas, et je ne voulais surtout pas voir un film « intello ». Je savais qu’il s’agissait avant tout d’une comédie sur un sujet très, très sombre. La question est donc: peut-on rire de tout? Personnellement, je pense que oui, mais pas avec tout le monde. Donc, un film à prendre avec précaution et à ne pas regarder avec tout le monde, tant certains ressorts comiques reposent sur de véritables clichés. Quelques exemples: James Washington nous est dépeint comme l’Afro-Américain décontracté et empreint de « cool-attitude » qui ne se démonte jamais quelle que soit la situation, Renate est une jeune idéaliste naïve qui croit dure comme fer que le nazisme est une idéologie de paix et d’amour (après tout peut-être, si on ne reste qu’entre blondinets et que l’on peut prouver une ascendance germanique sur plusieurs générations), Klaus Adler un fanatique, le Docteur Richter un fêlé en puissance qui met son savoir au service d’une cause discutable. Quant à la Présidente, c’est un quasi-sosie de Sarah Palin, une caricature de républicaine partisane de la libre circulation des armes à feux, avec son bureau envahi par des bestioles empaillées qu’elle a zigouillées pendant des parties de chasse, et son assistante Vivian Wagner est juste un cliché de salope carriériste en tailleur moulant. Il faut dire que les femmes sont particulièrement insupportables, et qu’il n’y a pas de juste milieu entre une oie blanche comme l’est Renate et une poufiasse comme la Wagner.

Bref, hormis Washington, finalement assez sympa du fait qu’il se trouve pris dans cette histoire alors qu’il n’a rien demandé, ils sont tous assez ridicules. Leurs motivations sont grandioses mais la façon dont ils les mettent en oeuvre sont pathétiques – franchement, récolter des batteries de portable! Finalement, on se moque plus de ces archétypes en eux-même et de leur caractère prévisible que du reste. Pour peu que l’on soit capable de second degré – ce n’est pas le cas de tout le monde, je connais des personnes qui pourraient trouver ce film carrément immonde et offensant – on peut s’amuser des situations absurdes dans lesquelles se mettent les personnages, et des proportions que prend la farce à l’échelle mondiale. Ce n’est donc pas un film d’une finesse extrême, les insultes et les gros mots pleuvent, les bagarres qui tournent de manière inattendue, et même un des personnages qui aura une mort stupide à souhait.

Mais ce qui prête vraiment à sourire, ce sont les « références » culturelles. Pour ma part, je ne suis pas sûre que je me serais autant amusée si je n’avais pas, en plus d’un humour parfois douteux, un solide background de germaniste et une bonne connaissance de l’histoire germanique. Cela m’a probablement aidée à faire preuve de second degré et d’avoir un recul que d’autres spectateurs n’auraient pas forcément. Ce qui est dommage, car l’histoire recèle un réel potientiel.

  •  Des questions pertinentes
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Vaisseaux de guerre au design rappelant des Zeppelins se dirigeant vers la Terre – Source: Allôciné.fr

En effet, tout n’est pas à jeter au milieu de ce fouillis. Quand bien même vous ne seriez pas friand de théories de complot, il était intéressant de partir sur les bases d’un repli des Nazis pour débuter une bonne histoire de science-fiction. Il n’est par ailleurs pas si insensé que cela d’imaginer qu’ils auraient pu se retrancher dans l’espace, puisque comme je le disais dans le post consacré à la BD uchronique Space Reich, les programmes spatiaux des années 1950 et 60 découlent directement des travaux de pionniers de la balistique allemands tels Wernher von Braun. Certains historiens des sciences et techniques, versés dans les réflexions uchroniques, s’accordent à dire que les Allemands auraient sans doute été les premiers sur la Lune s’ils avaient gagné la guerre… Ces théories ont donc un très grand potentiel en termes d’uchronie.

Et puis si nous aimons la SF, c’est parce que nous aimons aussi nous faire peur. Avouez! Elle nous met en garde en dépeignant le plus souvent des futurs effrayants – alors pourquoi pas le retour des Nazis? De plus, on pourrait être curieux de voir quelle réaction auraient les chefs d’Etat vis-à-vis de cela…

Partir dans les méandres de la communication politique était une pure bonne idée, puisque le spectateur contemporain peut s’y retrouver. A notre époque où médias et médias sociaux sont omniprésents, nous vivons déjà un peu dans Iron Sky. Nous faisons tous les jours l’expérience de la dictature de l’image et du paraître, du matraquage médiatique permanent,. Quant aux dirigeants d’états démocratiques, ils mettent le paquet pour communiquer et tenter de nous rallier à leurs vues – avec succès ou non, avec plus ou moins de ridicule que les Etats totalitaires, cela est une autre histoire. Nous voyons sans arrêt des présidents et des ministres condamner l’action de tel ou tel dictateur dans un pays lointain, ce qui ne les empêche pas d’accueillir en grande pompe lesdits « monstres », de s’exhiber fièrement avec eux lors de la signature d’un accord ou d’un contrat juteux, ou de leur vendre des armes. Donc… sans vouloir faire trop de politique, force nous est de constater, que nous entendons en permanence un double discours. Qu’en serait-il s’il y avait sur Terre si apparaissait un pouvoir aussi inquiétant que celui des Nazis (n’oublions pas que quand Hitler a commencé à ré-armer la Ruhr, puis à réclamer des territoires, nul chef d’Etat européen n’a, à cette époque, bougé le petit doigt!) avec des moyens colossaux pour se faire entendre? Nos dirigeants seraient-ils assez burnés pour les envoyer paître en face, ou se rallieraient-ils par intérêt comme la Présidente, avec les terribles conséquences que cela implique? Bien que nous n’ayons pas affaire à un film d’auteur ou à une oeuvre de reflexion, il n’en reste pas moins que la question mérite tout de même d’être posée.

Par ailleurs, nous voyons se jouer dans Iron Sky une énorme farce à échelle mondiale, quand les Nations Unies s’entredéchirent et se disputent le monopole de l’exploitation de l’hélium 3 sur la Lune une fois le projet d’invasion nazie sur la Terre éventé. Finalement, alors qu’ils devraient faire front uni face à une terrible menace, ils ne pensent chacun qu’à leurs propres intérêts. Constat amer et sans appel, quand on sait par exemple que dans le monde réel, à l’heure du réchauffement climatique qui nous concerne tous, certains Etats refusent de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre, arguant que cela freinerait leur développement et en jetant à la figure des autres qu’ils souhaitent ainsi les garder dans une position subalterne sur la scène internationale. Donc là encore, le film met en lumière une certaine hypocrisie de ceux qui ont le pouvoir et la bassesse humaine, sur fond de guerre pour les matériaux rares.

Sachant cela, mon jugement sur la « bêtise » du film est plus nuancé. D’autant plus qu’il a un autre atout: son atmosphère.

  • L’esthétique
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L’atmosphère confinée du laboratoire de Richter sur la Lune – Source: Allôciné.fr

S’il est une chose que j’ai appréciée dans Iron Sky, c’est son esthétique, son ambiance. L’atmosphère confinée et sombre de cette base lunaire qui, vue du bord du cratère où Washington et son équipe la découvrent, a la forme d’un svastika géant, m’a carrément emballée tant elle pouvait faire froid dans le dos. Il semble que tous les efforts des metteurs et scènes et décorateurs aient été faits pour donner à l’ensemble un air « germanique » et « dictatorial ». Il n’y a qu’à voir les uniformes sombres et inquiétant des troupes d’assaut, avec leurs soldats dont on ne voit pas les visages, dissimulés derrière des masques à gaz. Il semble que parmi ces Nazis exilés volontairement sur la lune, le temps se soit arrêté sur un décor pour le moins rétro-futuriste: les lignes des vaisseaux spatiaux rappellent celles des zeppelins géants des années 1930, et sur la base, des câbles trainent dans tous les sens pour maintenir des machineries et des mécanismes de survie complexes occupant des pans de mur entiers, et on écrit à la craie sur des tableaux noir en classe… Alors qu’entretemps, sur Terre, on vit à l’heure de la miniaturisation et du Smartphone. Autre petit détail vintage savoureux: Renate écoute du Wagner sur un grammophone. (D’ailleurs, avez-vous noté que dans les films se passant durant la Seconde Guerre mondiale et impliquant les Nazis, ceux-ci écoutent toujours, soit de la musique de fanfare, soit du Wagner?)

Transition pour en arriver à un point que je trouve particulièrement réussi: l’utilisation de la musique. Les morceaux de Wagner ont été ré-arrangés de manière parfois surprenante mais toujours seyante. J’ai souvenir d’un extrait (en revanche impossible de me rappeler de quel opéra il s’agissait) joué au saxophone lors d’une scène un peu hot impliquant Klaus Adler et Vivian Wagner. Mais si vous aimez Wagner – le compositeur, pas l’autre poufe du film – vous pourrez aisément reconnaître le prélude de Perceval arrangé au piano lors des séquences romantiques impliquant Renate. Et vous reconnaîtrez sans doute la « Marche funèbre de Siegfried » extraite du Crépuscule des Dieux lorsque la base est découverte au début du film. Vous savez, le morceau que l’on entend au début, puis à la fin d’Excalibur, quand Perceval rend l’épée à la Dame du Lac après la mort du roi Arthur (tiens, tiens, une idée de film à présenter prochainement)…

  • Conclusion
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Les troupes de choc – Source: Allôciné.fr

La plupart des critiques d’Iron Sky ont été assez, voire très mauvaises, décrivant le film comme un véritable nanar à regarder seulement après avoir bu plusieurs litres de bières. Pour ma part, je dirais qu’il faut effectivement être en conditions pour le regarder – en bonne compagnie, surtout. Pour ma part, je l’ai regardé avec mon frère et un saladier rempli de M&M’s, et en prenant la chose avec humour. Je ne vais pas prétendre être une intello qui n’aime que les films d’auteur et qui intellectualise autour du moindre film fantastique un peu chiant en le qualifiant de « cinéma de genre », et honnêtement, j’ai donc passé un très bon moment en regardant Iron Sky. J’ai beaucoup ri, je le reconnais. En revanche, même si sa connerie et son mauvais goût assumé confinent presque au génie, je ne dirais pas qu’il soit très bon.

Je m’explique. Il y a de très bons points dans le postulat de départ et dans l’histoire, dans l’ambiance créée et dans la critique assez acerbe du monde qui nous entoure. Mais Iron Sky m’a laissé une impression mitigée. En effet, si la première heure du film voit nombre de gags et de situations loufoques à la South Park, la fin du film – ALERTE spoiler – prend une tournure vraiment sombre. Voire très sombre, car si les personnages principaux s’en sortent, le sort de la Terre est peu enviable. Aussi, j’y vois un certain manque de cohérence qui me laisse penser qu’un tel sujet aurait pu être traité autrement. Soit en assumant jusqu’au bout le côté comédie avec un joyeux bordel final, soit en ayant fait du film quelque chose de sombre dès le début. D’ailleurs, je pense que si la réalisation avait pris le parti d’un vrai film de science-fiction, sans la dimension parodique, et en étoffant les personnages, il y avait de quoi créer un univers réellement fascinant et s’attacher à certains protagonistes. Et peut-être de quoi faire un film culte et vraiment dérangeant.

Je vous le recommande tout de même si vous passez une soirée entre amis ou en famille (j’entends frangins, frangines et cousins, cousines), parce que je trouve que l’ambiance vaut à elle seule le déplacement et parce que rire ne fait pas de mal. Et si vous avez un jour encore du temps, figurez-vous qu’une suite est en cours de préparation, Iron Sky: The Coming Race. Je ne vois pas ce qu’on pourrait raconter de plus, mais je suis tout de même assez curieuse. Et qui sait si ce second opus ne nous réservera pas une agréable surprise?

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse méditer sur le sujet et vous souhaite une agréable séances, si le coeur vous en dit!

Blanche Mt.-Cl.