Meurtres en musique – Opéra (Dario Argento, 1987)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous allez bien! Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour vos réactions très positives aux premiers articles de l’Autumn of Antique, une thématique dédiée à l’histoire ancienne que j’ai lancée il y a quelques jours sur le blog. Je ne m’attendais pas à susciter autant d’intérêt, et j’espère que la suite de la saga « égypto-hittite » vous plaira tout autant! Car l’automne verra encore bien des présentations de livre sur l’une et l’autre de ces civilisations, ainsi qu’une ou deux vidéos de synthèse sur Instagram.

Affche – Source: DVDClassik

Mais en attendant, j’ai eu envie de parler à nouveau de cinéma… avec un petit opus visionné début juin, si je me souviens bien, et que j’avais totalement oublié – parce qu’il y a eu une période où j’ai bouffé tellement de cinéma que certaines œuvres me sont sorties de la tête. Mouais, si j’ai oublié, vous vous attendez sans doute à un film qui craint, mais pas tout à fait. Je dirais plutôt qu’il s’agit d’un film bien WTF, parce que ce n’est ni plus ni moins qu’une variation du Fantôme de l’Opéra signée Dario Argento… Opéra, sorti en 1987. Mais commençons par le début: de quoi ça cause? Continuer la lecture de Meurtres en musique – Opéra (Dario Argento, 1987)

Une IA traquée – Le Projet K (Douglas Preston)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous allez tous bien cette semaine, et que tout roule pour vous! Contre toute attente, alors que je me croyais mal barrée pour pondre une chronique décente cette semaine, par manque de temps et parce que je pensais dormir dans le train au lieu de lire… Eh bien non, j’ai enchaîné les pages et j’ai achevé, en allant au boulot, ce petit ouvrage qui dormait doucement dans ma PAL depuis plus d’un an!

Avec Le Projet K, signé Douglas Preston,   j’ai lu mon premier Preston (qui a écrit d’autres thrillers avec Lincoln Child que mes parents dévorent!), je me suis légèrement écartée de ma ligne éditoriale, avec thriller aux vagues relents de SF qui traite d’espace et d’intelligence artificielle. Laissez-moi vous présenter Dorothée, un étrange programme initialement dédié à l’exploration spaciale, qui développe une conscience…

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Les Mondes de Blanche – Petites (et bonnes) news d’écriture: une interview sur les ondes!

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Très chers lecteurs et potentiels lecteurs du Sang des Wolf (ben oui, hein, pourquoi pas? 😉 ),

Vous allez sans doute finir par me trouver un brin narcissique concernant l’écriture, surtout depuis quelques semaines où je loupe mes chroniques… Mais comme vous le savais, je suis très, très occupée. 😦

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Je souhaite vous faire part de quelque chose de très positif concernant l’écriture et le roman en particulier. Non, je ne suis pas (encore 😉 ) publiée, mais j’ai reçu il y a quelques temps sur Twitter un très gentil message de Marie-Laure, artiste peintre et responsable du site Ecrivons un livre, un projet d’écriture collaborative, qui souhaitait m’interviewer pour son blog, ainsi que dans le cadre d’une émission dédiée à la création qu’elle anime sur une radio locale (j’y reviendrai en fin d’article! 😉 ) …

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Faites pas chier le Bourbon Kid – Le Livre sans Nom

« Première leçon: à Santa Mondega, quand quelqu’un tient des propos un peu délirants, il y a fort à parier que c’est vrai. »

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Enfin, enfin une chronique livre, après ce looooooong moment sans!

Je reviens cette semaine, et brièvement, avec un opus que plusieurs d’entre vous devez déjà connaître, à savoir… Le Livre sans Nom. Ma mère, qui avait beaucoup apprécié, m’en avait parlé à plusieurs reprises… Et quelque chose m’a plus ou moins obligée à le lire: on me l’a offert! 🙂 En effet, lors du pot de départ qui a clôturé mon précédent stage (ah qu’ils me manquent) en décembre dernier, mes collègues m’ont offert cet ouvrage, avec deux de ces suites.

J’étais très curieuse, malgré mon appréhension car on m’avait souvent comparé ce livre à des films de Tarentino – et franchement, à part une ou deux exception, je ne suis pas du tout une inconditionnelle de Tarentino dont les auto-clins d’œil ont plutôt tendance à me gonfler. Mais bon! 🙂 Je me devais tout de même d’y jeter un coup d’œil, car on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise… La chronique sera brève, car si j’ai bien aimé (je n’écris jamais sur ce que je n’aime pas…), je ne pense pas que cet ouvrage se prête à une véritable analyse. D’autant plus que l’auteur est anonyme et qu’il est difficile de savoir quelles sont ses motivations, quelle interprétation donner à son texte.

Suivez-moi donc à Santa Mondega, pour boire un verre au Tapioca, servi par Sanchez…

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Lecture d’été: Le Sang Des Wolfs, Blanche Montclair

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

C’est promis, après ça, je vous laisse tranquilles tout ce week-end avec Le Sang des Wolf. Mais je souhaitais attendre la fin de la semaine avant de re-blogger cet article!

Car je tiens beaucoup à remercier Sev (encore une fois! 🙂 ), fidèle lectrice de (presque 😉 ) toujours, qui a eu plusieurs fois la gentillesse de dédier des chroniques à mes écrits sur son blog tout entier dédié à la lecture. Son enthousiasme me va encore droit au cœur, d’autant plus que je suis dans une période de gros doute. Surtout quand ça fait plus de deux ans que vous avez un peu peiné à trouver des lecteurs – peut-être du fait de ne pas avoir blogué de suite en français, et de ne pas avoir attendu d’avoir un solide noyau d’abonnés comme ici (merci à tous et à toutes pour votre fidélité! 😉 ).

Comme souvent quand on prend un risque, qu’on s’expose à la critique ou même à l’indifférence, comme c’est le cas maintenant que je poste les chapitres sur Les Mondes de Blanche, d’habitude plus axés sur ce que je lis que sur ce que j’écris, quand certaines personnes qui vous connaissent depuis l’adolescence et voient qu’à presque trente ans vous n’avez rien publié vous serinent: « Ton roman, ça marchera jamais, les filles comme toi, ça a pas de chance… » ou « De toutes les façons, tu sais pas te vendre alors ça marchera pas… » Bref, je « flippe ma grand-mère », et ce malgré les gentils commentaires de certains d’entre vous! 🙂 Que voulez-vous, quand on n’est pas de nature zen, on ne se refait pas! 😉

En tout cas, je remercie encore Sev, le plus beau remerciement serait sans doute de publier ce foutu roman pour qu’elle en ait un exemplaire! 🙂 Et je vous encourage à jeter un œil sur son charmant blog car elle dévore tout type de roman.

Et je vous souhaite de vous éclater autant qu’elle à la lecture de ce modeste ouvrage (numérique) qu’est Le Sang des Wolf… que j’espère un jour voir publié, et trônant sur vos bibliothèques! 🙂

Bonne lecture, et bonne découverte!

Excellent week-end à vous tous! 💗

Blanche Mt.-Cl.

La bibliothèque de Sev

CouvertureSWDevantLe Sang Des Wolfs et moi, c’est une histoire qui dure. Je suis fidèle en amitié, et les bouquins sont mes meilleurs amis… vous voyez où je veux en venir!

J’ai déjà publié plusieurs articles consacrés à ce roman, dont je vous mettrai les liens en fin d’article.

Aujourd’hui je voudrais réitérer mon enthousiasme pour cette auteure et son oeuvre, et vous la recommander en lecture d’été.

Il s’agit d’un mix entre romance, policier et un chouïa de surnaturel, sans oublier une dimension historique très présente (l’intrigue se passe de nos jours mais de nombreux flash backs lors de la seconde guerre mondiale nous éclairent sur les évènements du présent).

Je trouve que c’est une super lecture d’été: il y a pas mal de suspense, c’est bien écrit, ça se lit vite et le rythme se tient.

Zoé, l'héroïne française qui étudie en AutricheLe roman était publié originellement sur un site dédié, mais Blanche Montclair, son…

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Une nouvelle chronique dédiée à mes écrits sur « Lectures Familiales » – Merci Magali!

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Potentiels lecteurs du Sang des Wolf, 🐺

Comme vous le savez si vous fréquentez le blog depuis quelques temps, je suis également auteur aspirant, et j’ai mis mon roman Le Sang des Wolf en ligne sous forme de blog. Le texte est complet et remis à jour, et j’ai, en milieu de semaine dernière, mis en ligne une nouvelle issue de l’univers de ce texte, La Nuit de Wolf. Si je vous ai annoncé hier la présence d’une chronique dédiée sur La Bibliothèque de Sev, la semaine se termine également en beauté avec une nouvelle chronique…

L'évadé aux yeux de loup

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Bâtisseurs de rêves – « Inception » (Christopher Nolan, 2010)

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Logo du film – Source: Wikipedia

Titre: Inception
Année de sortie: 2010
Réalisation: Christopher Nolan
Origine: Etats-Unis, Royaume-Uni
Durée: 2h28
Distribution: Leonardo DiCaprio, Joseph Gordon-Levitt, Ken Watanabe, Michael Caine, Ellen Page, Tom Hardy, Cillian Murphy, Tom Berenger, Marion Cotillard…

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Me voici de retour avec la chronique cinéma de la semaine qui va vous plonger en plein rêve… Vous l’avez deviné, il s’agit bien sûr de l’un des plus gros succès cinématographiques de ces dernières années, Inception. J’avais déjà fait la connaissance de Christopher Nolan quelques temps auparavant grâce à Batman: Begins (ben oui, Batman et Christian Bale dans le même film, vous ne croyiez quand même pas que j’allais résister!) et Memento.

Très fan de sa puissante ré-interprétation du mythe de Batman, et subjuguée par les bande-annonces, j’ai décidé d’aller le voir au cinéma à sa sortie. Suivez-moi au royaume des rêves, dans une autre réalité, celle de l’esprit, où absolument TOUT est possible…

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Écriture – Une nouvelle chronique dédiée à mon roman « Le Sang des Wolf »!

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Et peut-être futurs lecteurs du Sang des Wolf,

swch11001Je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous ma joie! En effet, lafontmagali, rédactrice du blog Lectures Familiales, un blog livresque où elle nous livre ses coups de coeur, m’a fait l’honneur d’une chronique dédiée à mon roman en ligne Le Sang des Wolf.

Je l’en remercie de tout coeur. Et ce d’autant plus que ce blog, hormis une ou deux amies à moi, avait peiné à trouver des lecteurs jusqu’à il y a quelques mois. C’est au hasard de la blogosphère que ces lectrices ont trouvé leur chemin vers mon « oeuvre », et je suis très heureuse qu’elle leur ait fait passer un bon moment, et de constater qu’elles ont pris autant de plaisir à lire cette histoire que moi à l’écrire.

Aussi je vous invite à jeter un oeil à la chronique de lafontmagali. Non seulement parce que vous pourriez peut-être bien succomber à la tentation de découvrir mes écrits et les aventures de mes personnages, mais aussi pour découvrir un blog au principe sympathique tenu par une rédactrice qui semble d’une grande gentillesse, et qui a la bonne humeur communicative.

Bonne nuit à vous tous, et bonne lecture!

Blanche Mt.-Cl.

Une enquête dans l’Allemagne nazie des années 60 – « Fatherland » (Robert Harris)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens ce lundi avec une chronique express consacrée à un roman que j’ai lu pendant un été, à l’époque où j’étais en fac d’allemand. Vous comprendrez pourquoi à cette époque il m’avait beaucoup intriguée… J’ai donc fait l’acquisition, par curiosité, de cet ouvrage mélangeant policier et uchronie: Fatherland. Initialement publié en 1992 sous le titre Le sous-marin noir en français, il est rédigé par l’auteur britannique Robert Harris, connu pour ses thrillers et romans historiques (dont le très sympathique Pompéi qui m’a agréablement surprise) avant de reprendre son titre original lors d’une réédition.

C’est la toute première uchronie que j’aie lue, alors que je ne connaissais pas le concept, D’abord curieuse, je me suis très vite laissée prendre par l’ambiance et l’intrigue de ce livre…

  • Un monde où les Nazis ont gagné la guerre

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Couverture de l’édition de poche – Source: Amazon.fr

Berlin ou plutôt Germania, 1964. L’Allemagne nazie a gagné la Seconde Guerre mondiale. Le Reich s’apprête à célébrer en grande pompe l’anniversaire du vieil Hitler, toujours Führer, par une visite du président Kennedy – Joseph, le père de John – qui a pour but de mettre fin à la Guerre Froide qui oppose les deux nations. Les journalistes du monde entier se pressent dans la capitale allemande pour couvrir cet événement historique. C’est dans ce contexte que Xavier March, inspecteur de la Kriminal Polizei – la « Kripo » – est chargé d’enquêter sur l’assassinat d’un grand dignitaire nazi, Josef Bühler.

Mais alors qu’il progresse et réalise que Bühler n’est qu’un membre important du parti parmi d’autres à être tué, la Gestapo décide de l’écarter et de prendre le relais. Suite à sa rencontre avec la journaliste d’investigation américaine Charlie Maguire, elle aussi désireuse d’en savoir plus sur ces assassinats, March comprend que l’on cherche à effacer des indices capitaux, afin d’effacer toute trace de l’un des plus grands crimes de l’histoire, à l’heure où le Reich est sous le feu des projecteurs… Et il découvre des vérités qui l’horrifient. C’est une course contre la montre qui s’engage en compagnie de Charlie pour révéler au monde ce que le gouvernement du Reich tente de cacher…

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Vengeance et secrets dans l’Angleterre du XIXe – « La Nuit de l’Infamie » (Michael Cox)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens aujourd’hui avec, une fois n’est pas coutume, un livre qui n’appartient pas à la littérature de l’imaginaire, mais qui par son histoire et son ambiance fascinantes qui peuvent ravir les amateurs de fantastique et de thriller. Il s’agit de La Nuit de l’Infamie, où l’on suit Edward Glyver dans ses pérégrinations entre le brouillard de Londres et la magnificence des manoirs campagnards. Comme je l’ai dit dans mon précédent post, j’essaie, pour la régularité, d’être un peu plus concise.

Vous êtes prêts? Tout commence avec un coup de poignard…

  • Vengeance

Par une sombre nuit de 1854, quand dans une ruelle de Londres, un homme est froidement assassiné par un inconnu. Le défunt a eu la malchance de servir de test à Edward Glyver qui, par ce geste, souhaitait s’assurer de sa capacité à tuer… Car depuis des années, il prépare sa vengeance. Contre le poète Phoebus Daunt. Glyver revient sur sa propre histoire, sur les raisons de cette haine qui le consume, sur le chemin parcouru pour devenir un meurtrier…

Bien des années auparavant, Edward Glyver, un jeune boursier amoureux de livres et de littérature (comme la plupart d’entre nous ici…), est accepté dans une prestigieuse université et passe son temps à la bibliothèque à classer et répertorier des livres. C’est sans compter sur un jeune homme arrogant et sans talent, Phoebus Daunt, à cause de qui la vie d’Edward bascule. Suite à un mensonge de Daunt qui l’accuse d’avoir dérobé un précieux ouvrage, il est renvoyé. Cela met fin à ses espoirs de mener la vie d’universitaire à laquelle il aspirait… Obligé de travailler à Londres, loin du confort du monde académique, il prend un faux nom et parvient à s’approcher de la famille de Lord Tansor, aristocrate mécène, sans héritier et surtout… protecteur de l’odieux Phoebus Daunt qui a su se frayer un chemin dans le monde alors que Glyver évolue encore au bas de l’échelon.

Car à la mort de sa mère, Edward a découvert un secret. Un terrible secret. Car non-content de lui avoir volé son destin, Daunt pourrait bien aussi lui avoir volé sa vie…

  • Pourquoi je le recommande
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Couverture de l’édition de poche de La Nuit de l’Infamie – Source: Amazon.fr

À la base, je l’avais plus ou moins pris par dépit en même temps qu’un Grangé, parce que pour bénéficier de je ne sais plus trop quelle remise, il me fallait un second livre et ma mère avait attiré mon attention sur cet ouvrage. Je me suis alors dit: « Pourquoi pas? » en m’attendant au plus à un agréable passe-temps. C’est finalement le Grangé qui m’a déçue, alors que La Nuit de l’Infamie m’a véritablement captivée.

L’auteur, Michael Cox, décédé en 2009, étant à la base un universitaire qui a produit des essais et des études, a signé avec cette oeuvre son tout premier roman. On aurait pu craindre que le style d’écriture soit un peu sec, comme c’est parfois le cas quand des historiens ou autres intellectuels se lancent dans la fiction – pour avoir un peu testé, certains sont si habitués à s’adresser à des spécialistes que même leurs romans sont obscurs, ou atrocement mal écrits!… Je n’ai pas eu l’honneur de lire La Nuit de l’Infamie en VO, mais au vu de la traduction, je pense que Michael Cox devait avoir une très belle plume.

En effet, il arrive, à travers ce récit à la première personne, à capter l’attention du lecteur en le plongeant dès le début au coeur de l’action avec ce meurtre gratuit, mais aussi directement dans l’esprit de l’assassin. Ainsi, j’ai suivi avec une fascination mêlée d’effroi, et même de tristesse, le pourrissement de cette âme. Car c’est cela, un véritable chemin vers la damnation, pour ce héros tragique qu’est Edward Glyver. C’est un homme qui n’a plus rien à perdre, qui hait sa vie et qui a perdu sa mère, la seule personne qui ait véritablement compté pour lui. On sent la mélancolie, la tristesse et la frustration de cet homme à qui la route du succès a été fermée, et cela à la suite d’une terrible injustice, dans une société où il était déjà difficile de s’élever quand on n’était pas « bien né ». Et c’est finalement là qu’est le tour de force de Cox: si dans les premières pages nous voyons un monstre qui tue un autre home, nous nous prenons finalement à ressentir de l’empathie pour cet être en souffrance, à se demander ce qui aurait pu l’empêcher de se laisser envahir par ce désir de revanche.

Cette empathie que nous ressentons à la lecture des mésaventures d’Edward Glyver, privé de la vie qu’il espérait avoir, et d’une autre vie que celle qu’il avait toujours eue, nous mène à nous poser cette question dérangeante: et nous-même, comment aurions-nous réagi en perdant tout cela?

Cette histoire parait bien éloignée des livres que je présente d’habitude. Et pourtant… L’ambiance feutrée et sombre, des somptueuses bibliothèques des universités anglaises dont les rayons croulent sous les livres anciens, des demeures aristocratiques avec leurs parcs et leurs folies, de la maison d’enfance non-loin de la mer, et du brouillard londonien, a une dimension quasi-surnaturelle qui ne déparerait pas dans un roman fantastique, ou un film d’horreur. Je parlais de Wolfman, cette semaine… eh bien ces décors auraient tout à fait convenu à une telle histoire. Cette atmosphère est d’autant plus captivante que le personnage principal, tout occupé à ses sombres desseins et à sa souffrance, semble y flotter comme dans une réalité parallèle… C’est peut-être mon imagination qui me joue des tours, mais ce livre me donnait parfois l’impression d’un délire onirique, vaguement « romantique » (au sens littéraire et non pas amoureux du terme!) et propice aux apparitions inquiétantes de nos cauchemars.

Quant à la personnalité d’Edward Glyver, elle n’est pas sans rappeler celle de créatures fantastiques que nous avons croisés dans la littérature, vampires, loups-garou ou autre « monstres » qui se sont soit battu contre leur propre nature, soit abandonnés à elle par amertume et mépris de leur propre condition.

En conclusion, donc, un opus brillant, tout en passion, mais aussi en nuances et en descriptions si nettes qu’on croirait voir l’histoire se dérouler sous nos yeux, et également très surprenant, qui peut aussi convenir à des inconditionnels du fantastique. J’espère en tout cas vous avoir envie de regarder d’un peu plus près dans ces pages envoûtantes, quasi-hypnotiques…

Blanche Mt.-Cl.

Titre: La Nuit de l’Infamie – Une Confession (The Meaning of Night)
Auteur: Michael Cox
Editions: Points
Collection: Points Thriller
567 p.
Parution: Mai 2008
Prix: 8,60 €

Blanche Mt.-Cl.