Tag: Les Séries

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche

Un grand bonjour à vous tous! Tout d’abord, je tiens à m’excuser pour ce rythme plus qu’hâché des publications ces derniers temps, que je dois à un grand, grand épuisement, ainsi qu’à des soucis du côté de chez moi. Par ailleurs, je voudrais vous remercier pour les excellentes stats du mois de Novembre: en effet, la fréquentation du blog avait quelque peu baissé avant d’augmenter à nouveau après ma pause, si l’on en est pas encore revenu au record de janvier dernier et si les échanges sont moins nombreux qu’avant dans les commentaires, cela me fait très plaisir.

Cela faisait fort, fort longtemps que je n’ai pas posté de tag, mais j’ai eu le plaisir d’être taguée par le blog ciné/séries Le Renard Bavard. Je vous encourage d’ailleurs vivement à aller y faire un tour si vous voulez des avis parfois tranchés 🙂 sur les dernières sorties. Aujourd’hui, nous allons donc parler télévision, avec mes péchés mignons et les choses que j’aime moins…

N.B.: Je tiens aussi à remercier Victoire du blog Romanesquement votre, qui me ravit toujours par ses agréables commentaires sur mes articles pour sa nomination pour le Liebster Award. Mais comme je suis quelqu’un d’assez psychorigide, et que je tiens à rester fair play sur la blogosphère, je n’y répondrai pas car j’ai dépassé les 200 abonnés. MERCI Victoire! Tu peux regarder tous mes fun facts dans mes précédent Liebster! Continuer la lecture de Tag: Les Séries

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Grand déballage « livresque et filmesque » de Noël – Super-héros et monstres

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

_20161225_042420Tout comme l’an dernier, et comme pas mal d’entre nous le ferons sur nos blogs respectifs, je reviens avec le déballage « livresque et filmesque » de Noël… dans la mesure où cela suit ma ligne éditorial SFFF. Quand bien même tout cela paraît passablement matérialiste, c’est avant tout une promesse fort alléchante de lectures et visionnages stimulants pour moi, et de superbes chroniques à lire pour vous! 😉

Qu’à cela tienne, j’ai reçu des choses merveilleuses et très intéressantes cette année, sous le signe des super-héros et des monstres…

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Top Ten Tuesday – Mon Top Ten des génériques de séries SF les plus inoubliables

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

da76ccef9f4bd993630c1ca9821f5bffJ’ai eu il y a quelques temps une illumination. Si je regrette de ne pas avoir rédigé de chroniques film dignes de ce nom depuis quelques temps, j’espère me rattraper très bientôt, mais quand j’ai des idées sympas, je ne peux pas les lâcher comme ça. De temps en temps j’aime à mettre en ligne un petit top (comme celui des génériques de dessins animés, du WTF ou des B.O. de films épiques), et je me demande comment je n’ai pas eu AVANT l’idée d’en consacrer un aux génériques de séries SFFF qui m’ont le plus marquée.

Car la SFFF, c’est un peu la base de ce blog. Qu’elle soit en livres, en films ou en série, qu’elle soit récente ou carrément vintage, qu’elle soit bien commerciale et mainstream ou un peu plus étrange (voire carrément barré), qu’elle soit d’un mauvais goût assumé ou un peu plus métaphysique, la SFFF – et dans le lot la SF tient une grande importance – est le pilier des Mondes de Blanche. Il faut dire que j’ai commencé assez tôt à suivre les rediff’ de séries plus anciennes, sur la 6 le samedi après-midi et plus tard sur le câble, tout en découvrant certaines perles produites durant mon enfance et mon adolescence.

Ainsi, je vous ai préparé une petite sélection des génériques qui m’ont le plus marquée! C’est parti pour un tour…

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Humour – On sait enfin ce que Lucius Malefoy faisait de sa jeunesse…

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Une fois n’est pas coutume… Voici un peu d’humour ce dimanche, pour les « Potterheads » et les connaisseurs de science-fiction. Vous vous souvenez sans doute de la redoutable famille Malefoy, avec ses membres visiblement peroxydés dans les films de la saga Harry Potter. Vous êtes-vous déjà imaginé Lucius Malefoy en mode plus… comment dire? « Cool »?… Eh bien même si cool paraît un terme excessif concernant la famille Malfoy, vous ne pourrez plus vous empêcher de rire des Malefoy après ça…

DiscoLucius
Finalement, Drago avait un… Daddy, Daddy Cool.

Mais d’où vient cette image? me demanderez-vous. C’est donc aussi un petit quart d’heure « culture » que je vous propose avec cette touche d’humour.

Il est clair que seul de gros aficionados ou geeks addicts de science-fiction peuvent reconnaître cet univers chatoyant. Il s’agit d’un extrait de Cosmos: 1999 (Space: 1999), une ancienne série de science-fiction déjà rediffusée quand j’étais petite, et en ce moment-même rediffusée sur le câble – ce qui m’a permis de meubler quelques nuits d’insomnie ces derniers temps. Le concept: en 1999, des humains se sont installés sur la base lunaire Alpha. Mais après une explosion nucléaire, la Lune quitte son orbite et dérive dans l’espace, emportant ladite base et ses habitants. Ils tombent régulièrement sur des civilisations extraterrestres aux looks improbables!

Si le postulat de départ est scientifiquement discutable, la série vaut surtout pour ses effets spéciaux quasi-inexistants et ses décors kitschissimes, elle est parfois à peine regardable et m’a valu quelques bons fou-rires, notamment avec des petits cousins pré-ado qui ont cru que la base Alpha était construite en Légo. Et quand j’ai vu cet alien décoloré tout de noir vêtu avec un maquillage sorti des années disco, je n’ai pas pu m’empêcher de noter la ressemblance avec ce bon Malefoy… Je me suis dit qu’il y avait de quoi rire un bon coup…

Si cette touche d’humour vous a plu, et si vous souhaitez explorer ce blog plus en avant, vous êtes les bienvenus! Sur ce, je m’en vais profiter de mes dernières heures de vacances, et vous souhaite un bon dimanche!

Blanche Mt.-Cl.

Science-Fiction pour la Jeunesse – « Hunger Games » de Suzanne Collins

Très chers lecteurs,

Me voici de retour ce dimanche avec un avis lecture.

Ayant manqué la lecture d’Harry Potter et ayant délaissé Le Seigneur des Anneaux après seulement la moitié de la trilogie (je sais: HONTE A MOI mais c’est le seul livre que j’aie arrêté avec Les Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley), j’ai mis un point d’honneur à me rattraper sur certaines séries pour la jeunesse. Et ce malgré mes vingt-huit printemps. Mais j’ai lu il y a peu que, ces dernières années, 55% du lectorat des best-sellers destinés aux jeunes étaient… des adultes. Certains coincés y verraient un refus de grandir, mais pour ma part, je pense que les histoires prenantes sont partout. J’ai lu Twilight, qui, même si ce n’était pas une claque littéraire et pour peu qu’on évite les films, ne mérite pas nécessairement l’acharnement des critiques (qui pour beaucoup ne l’ont pas lu). Pour Hunger Games, j’ai hésité un moment, de peur d’être déçue. Je n’aime pas être déçue par de la science-fiction…

Je me suis toujours refusé de voir les films tant que je n’aurais pas lu les livres. Et un jour je me suis décidée. Et à l’heure où les films avec la délicieuse Jennifer Lawrence font recette, j’ai souhaité parler de ce livre avec la « naïveté » de celle qui n’a pas vu l’adaptation ciné…

  • L’histoire

Revenons un peu sur le « pitch » des trois volumes, que vous connaissez sans doute si vous avez vu les films.

Le contexte – Dans un futur que j’ai du mal à situer, l’Etat de Panem, en Amérique du Nord, se divise en treize districts chacun spécialisé dans la production d’une ressource (pêche, mine, agriculture, luxe…). Suite à une ancienne guerre contre le pouvoir central du Premier District, le Treizième District a été décimé et n’est plus qu’un amas de ruine qui doit servir d’exemple à ceux qui seraient tentés de se révolter. Les Pacificateurs, une sorte de police politique, se livre à une répression terrible. Ainsi, chaque année, les districts offrent en tribut un adolescent et une adolescente tirés au sort, afin de participer aux Hunger Games (littéralement les « Jeux de la Faim »), une sinistre téléréalité diffusée par le District Un dans tout Panem. La règle: un seul survivant, un seul vainqueur.

L’intrigue – Racontée à la première personne, l’histoire suit le parcours de Katniss Everdeen, une jeune fille issue des bas-fonds du District Douze, qui prend la place de sa jeune soeur Prim, tirée au sort pour participer aux Jeux. Dans le premier volume, Hunger Games, elle quitte donc sa famille et Gale, son meilleur ami, pour se rendre au District Un avec Peeta Mellarck, fils de boulanger issu lui de la petite bourgeoisie du District. Tout les oppose. Elle est petite, frêle, et brune, avec un caractère dur forgé par des années de lutte pour sa survie, lui est grand, blond, loin d’être laid et semble plutôt « bon garçon ». Ils sont accompagnés par Effie Trinket, une quinqua fashionista affublée de perruques colorées, et par Haymitch Abernathy, ivrogne notoire et vainqueur d’une ancienne édition des Jeux. Autant dire que Katniss et Peeta ne partent pas avec tous les atouts pour réussir… Ils découvrent alors une société hédoniste, entièrement dédiée au plaisir et à l’amusement, et ce sur le dos des autres district. La haine de Katniss n’en est que plus forte, d’autant qu’elle fait la connaissance du monde des média, de la mise en scène… et rencontre le styliste Cinna, un être brillant et talentueux, en charge de son image auprès de la population du District Un. Inutile de dire que leur présentation dans l’arène, à Peeta et elle, fait sensation. La méfiance de la jeune fille, qui ne sait plus à qui se fier, monte encore d’un cran lorsque Peeta, sous les conseils d’Haymitch, annonce sur un plateau télé qu’il est amoureux d’elle… Et pourtant, les jeux commencent bientôt, pour un combat sans merci.

Dans le second tome, L’Embrasement (Catching Fire), Katniss et Peeta, marqués dans leur chair, ont regagné le District Douze ou l’Etat leur a octroyé à chacun une vaste demeure dans le village des vainqueurs. La jeune fille s’y est installée avec sa mère et sa soeur. Mais son répit est de courte durée, car suite à son coup d’éclat des Hunger Games qui a vu la victoire de deux tributs, elle et Peeta, elle est étroitement surveillée par le dirigeant de Panem lui-même, le président Snow. En effet, son acte désespéré a créé des velléités de révolte dans différents districts. Au cours d’une visite, il exhorte Katniss à calmer le jeu au cours de sa tournée de la victoire. Outre cette pression, Katniss doit composer avec son meilleur ami, Gale, amoureux d’elle et jaloux de sa proximité avec Peeta. C’est alors qu’est lancé le tirage au sort des nouveaux Hunger Games… Il s’agit d’une édition spéciale, celle des Jeux de l’Expiation qui a lieu tous les Vingt-Cinq ans, comme une sorte de jubilé. Tous les vingt-cinq ans, les organisateurs prévoient quelque chose d’exceptionnel… Et cette année-là, les participants sont sélectionnés parmi les anciens vainqueurs. Katniss et Peeta repartent donc pour le District Un, où des dissidences ont vu le jour. Katniss retrouve l’arène, alors qu’elle doit être un symbole d’apaisement… mais est devenu celui de la révolte.

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La trilogie, bien visible dans ma bibliothèque…

Au début du troisième opus, La Révolte (Mockingjay), tout est parti en « queue de poisson ». Suite aux derniers jeux, le District Douze a été décimé. Parmi les survivant, on compte Gale, la mère et la soeur de Katniss. Celle-ci a été secourue par la rébellion… basée dans le sous-sol du District Treize. Car la population y vit encore, et leur présidente mène la rébellion. Tandis que Katniss, apathique, se remet de sa dernière expérience de l’arène, Gale devient un combattant, et sa jeune soeur Prim offre ses services à l’hôpital du district. Mais la jeune fille se retrouve encore une fois happée dans un combat qui la dépasse, quand la présidente du District Treize décide de faire d’elle l’égérie de la révolte, dans la guerre des média éclate entre la Rébellion et le président Snow. Quant à Peeta, il est retenu prisonnier du District Un, soumis à une torture systématique et à un lavage de cerveau…

  • Ce que j’ai aimé

J’ai dévoré cette trilogie en quelques jours, tant le désir de connaître la suite était grand. Il faut dire que l’intrigue est particulièrement prenante et efficace. Et même si je ne suis pas friande des récits à la première personne, le récit de Katniss m’a vraiment touchée. Je lisais il y a peu un article dans le Guardian, où il était expliqué comment la lecture de fiction développait chez le lecteur la capacité d’empathie. Je pense que Suzanne Collins, avec Hunger Games, s’est essayé à cet exercice avec brio. Certains pourraient arguer qu’il s’agit encore d’une histoire d’ado, se sentir ennuyés par les dilemmes de l’héroïne quant à l’usage de la violence ou à ses sentiments pour Gale et Peeta. Or, il est quand même à prendre en compte qu’elle est très jeune – et honnêtement, ne nous sommes-nous jamais pris la tête quant à nos relations aux autres? et même en tant qu’êtres humains, ne nous sommes-nous jamais trouvés indécis face à une situation hors-norme?

Ce livre m’a plu à bien des égards. Tout d’abord, le contexte. L’univers du District Un était beaucoup plus coloré et kitsch que ce à quoi je m’attendais. Pour les connaisseurs, je dirais que ce fameux district, avec son luxe, son clinquant, sa profusion de biens, ses orgies de nourritures, ses couleurs criardes et sa recherche sans cesse plus poussée du plaisir, n’est pas sans rappeler les sociétés hédonistes du Cinquième Elément ou de L’Age de Cristal. Les membres nous en semblent étrangement futiles et indifférents à ce qui se passe dans les autres districts et pourtant, comme Katniss, il nous est impossible, à quelques exceptions près, de les détester. Après tout, son équipe de maquilleuses, esthéticiennes et stylistes ne sont que des êtres humains… Quant à la description des tenues créées pour Katniss par Cinna pour sa présentation lors des Hunger Games et absolument époustouflante. Bref, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus austère à la Equilibrium, mais finalement j’ai pas mal accroché à cette ambiance.

Par ailleurs, cette vision des média et de leur capacité à présenter au public ce qu’il a envie de voir et de déformer la réalité, voire de mentir, est plus que jamais pertinente. J’aimerais croire que le trait est forcé pour les besoins de l’histoire, mais quand je vois de nos jours les insanités vomies par la téléréalité, ou les bêtises qui font le buzz, dans une quête de plaisir immédiat toujours plus poussée, j’en viens à penser que cette description des mises en scène autour de Katniss et Peeta est à peine exagérée… Et finalement, dans ce surenchérissement, nul ne vaut mieux que l’autre, et la Rébellion, comme le District Un, exploite l’image de Katniss. Et de Peeta.

De plus, les relations humaines sont explorées en profondeur – c’est quelque chose que j’apprécie, car cela met un peu de piment dans l’histoire. Par exemple, Katniss fait la différence entre sa haine du système, et les individus qui l’entourent, et qui d’une certaine façon, la touche. Cela est intéressant car de prime abord, elle paraît froide et sombre, imperméable au moindre sentiment. Et pourtant, son refus à ressentir quoi que ce soit – notamment pour les garçons qui l’entourent – ne signifie pas qu’elle n’a pas de coeur. Elle a simplement connu des difficultés qui l’on fait mûrir très vite et lui ont donné ce qu’il fallait pour la survie en milieu hostile, mais pas pour la douceur. Finalement, elle se révèle vulnérable. Ses difficultés à montrer ce qu’elle ressent la rend d’autant plus attachante.

Quant aux personnages principaux comme Haymitch ou Peeta, l’histoire ne serait pas la même sans eux. Haymitch est un larron antipathique et imbibé en permanence, que Katniss et Peeta passent leur temps à surveiller dans les premiers chapitres de l’histoire. Mais après la « révélation Katniss », il se révèle être un mentor dur mais efficace, qui prend soin de ses protégés. Quant à Peeta, si l’on est d’abord méfiant à son égard, on découvre, sous ses airs affables et sa gentillesse, un garçon possédant des talent artistiques, malin et assez courageux dans son genre. Et ce qui ne gâche rien, ses descriptions laissent à penser qu’il est assez mignon – j’ai notamment retenu une description de Katniss l’observant à la lumière du soleil, et notant les reflets dorés dans ses cils blonds. Il est vrai que j’aime bien les blondinets, et que j’aime à imaginer en Peeta un adolescent mignon et tout blond, comme une version beaucoup plus jeune d’Arthur dans la série Merlin. En tout cas, son personnage manque beaucoup dans le troisième opus. Mais trêve de digression au sujet de la « plastique » de Peeta Mellarck…

Les personnages secondaires sont également intéressants, et plus profonds qu’ils en ont l’air de prime abord. Mention spéciale pour le mystérieux Cinna, le styliste attitré de Katniss – sexy en diable, au passage, et pour Finnick le beau gosse du District Quatre, qui se révèle finalement plus brave que futile, et qui cache en lui énormément de souffrance. J’ai quand même un gros bémol: le personnage de Gale, l’ami masculin de Katniss. Par goût personnel, je n’aime pas les personnages de « l’ami d’enfance » dans la fiction, et pour moi, le retour avec ou une romance avec cet ami d’enfance n’est autre qu’un retour en arrière pour l’héroïne. Gale cristallise tout ce que je déteste: c’est l’ami qui est un peu plus âgé que l’héroïne et qui a des sentiments pour elle, sa haine aveugle, sa dureté et sa propension à juger sans savoir, quand il adresse des reproches à son amie alors que contrairement à elle, il n’a pas connu les horreurs des Jeux. En fait, il donne l’impression d’aimer l’idée de Katniss, ce qu’elle représente pour lui. Elle est un peu sa chose. Pour moi, il est, comme l’est souvent l’ami d’enfance, un frein à la réalisation du destin de l’héroïne, qui après avoir eu ses propres expériences, a changé. Changements que ledit ami ne peut jamais tolérer. Et ça m’énerve!

Parce que Katniss, bien qu’habituée à des conditions de vie rude, n’en était pas pour autant préparée à l’utilisation de la violence comme elle l’a vue dans l’arène. Une violence gratuite et retorse. D’ailleurs, sur ce sujet, j’ai vu l’avis de plusieurs personnes qui avaient moins aimé le troisième opus de la série, et ce pour plusieurs raisons – l’absence de Peeta dans la première partie et l’apathie de Katniss notamment. Or, justement, je trouve que la baisse de rythme dans la première partie de La Révolte rend l’intrigue plus crédible à mes yeux. C’est en effet le moment où Katniss, ainsi que le personnage de Finnick, accusent le coup de toute la violence subie et infligée. Dans bien des fictions, les héros tuent sans état d’âme, et quand ils éprouvent du remords cela ne dure pas. Ou l’enjeu est vite passé sous silence. Là, Katniss et les autres sont véritablement TRAUMATISÉS – ils font des cauchemars, sont indifférents à ce qui les entourent. Katniss sèche ses cours et se cache pour dormir ou broyer du noir, le beau Finnick perd momentanément la raison. J’ai donc apprécié que la dimension traumatique de la violence ait été présente.

  • Pourquoi je le recommanderais

Outre cet univers complètement fou et cette cruauté, Hunger Games n’est pas parfait et souffre des faiblesses imputables à la littérature pour la jeunesse, notamment une certaine naïveté dans le traitement de la romance, mais c’est un des livres que j’aurais aimé avoir lu quand j’étais adolescente. Bien sûr, comme pour toute série littéraire devenue culte, il y aura toujours des critiques pour dire que cette trilogie n’a pas mérité son succès et que ses fans sont des crétins. C’est certes une affaire de goût, mais je pense qu’il serait vraiment injuste de démonter ce livre comme cela a été le cas pour Twilight. Hunger Games pose de bonnes questions sur l’utilisation des média et de la violence, sur la peur, la survie. Sur la condition humaine. C’est un genre de récit initiatique où l’héroïne devient adulte en se confrontant à la violence.

Et ce n’est pas la seule chose qui fait grandir Katniss, la jeune fille sombre et renfermée qui braconne hors du grillage du District. Elle fait la découverte d’une amitié autre que celle basée sur la ressemblance, comme avec Gale. Elle sort de son milieu et rencontre des gens différents d’elle, avec qui elle est capable de s’entendre, à qui elle s’attache, comme son équipe cosmétique, ou d’autres combattant. Et Peeta, que tout oppose à elle. Elle va connaître une autre part d’elle-même, capable de désir et de sentiments qui la dépassent.

Et c’est justement pour Katniss, que je conseillerais Hunger Games à de toutes jeunes filles. A l’heure où nombre de filles, au nom du respect de la femme veulent se conduire et être traitées « comme des princesses », elles ne font que véhiculer des poncifs qui font encore passer les femmes pour des neuneus, pour ces éternelles enfants qu’elles étaient aux yeux de la loi dans la France du XIXe siècle. Je pense que certaines féministes extrêmes trouveraient l’ébauche de romance présente dans le livre ridicule car une vraie femme indépendante n’a pas besoin d’un homme et peu s’en sortir par elle-même. Bien que je pense que Katniss puisse être un modèle pour tous les jeunes, je m’adresse aux jeunes filles. Ne devenez pas des princesses. Soyez débrouillardes et astucieuses, comme Katniss, sans doute l’héroïne pour la jeunesse la plus débrouillarde que j’aie vue ces dernières années. C’est une battante qui fonce sans se poser de question, une instinctive dotée d’une passion qu’elle cache bien, qui va devoir accepter une part de vulnérabilité présente en chacun de nous, homme ou femme. Elle n’est pas une demoiselle en détresse. Elle est une guerrière, et c’est elle qui, à la fin, sauve toujours un damoiseau en détresse.

Blanche Mt.-Cl.