Le retour du Bourbon Kid – L’Œil de la Lune

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’ai le grand plaisir de revenir aujourd’hui avec une toute nouvelle chronique littéraire. Car oui, alors que je me débattais avec mes devoirs graphiques, je suis tout de même parvenue à avancer un peu dans mes lectures! 🙂

Peut-être vous rappelez-vous ma chronique du Livre sans Nom, premier volet des aventures du Bourbon Kid. Les trois premiers livres m’avaient été offerts lors de mon pot de départ, à la fin de mon stage de 2015, et sont restés dans ma PAL un moment. Je vous présente aujourd’hui la suite, L’Œil de la Lune.

Nous retournons à Santa Mondega, à la veille d’Halloween!

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#Tag – L’Improbable Littéraire

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

img_-5v7q5uJ’ai aujourd’hui l’honneur de répondre à un tag auquel j’ai été nominée par La Chambre rose et noire, que je remercie au passage: L’Improbable Littéraire! Je me prête au jeu avec plaisir, étant donné que je n’avais pas, depuis longtemps, pris part à un tag exclusivement dédié à l’univers des livres! 🙂

Comme certaines questions sont un peu difficiles, je vais faire un écart par rapport à la ligne du blog en sortant de la SFFF… 🙂 Attention, préparez-vous, d’autant plus qu’il y a de la nomination en fin d’article!

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Cinéma – Mon top 10 des scènes SFFF les plus fascinantes

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour vos si gentils commentaires concernant mon dernier post, dédié à mon voyage à Vienne sur les traces du roman. C’était quelque chose qui me tenait à cœur et votre accueil m’a fait très plaisir.

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Scène extraite d’Excalibur

Comme vous l’avez constaté, je n’ai pas été très régulière au niveau de mes chroniques ces derniers temps – la raison: la fatigue de mes neurones due à une activité graphique et à une angoisse terrible quant à l’avenir – et j’espère bientôt rattraper ça, d’autant plus que ma lecture du moment est SUPER. Mais en attendant de prochaines présentations de films, j’ai choisi de reparler cinoche, avec un petit top des scènes SFFF que je trouve les plus fascinantes. Et oui, il existe des tas de scènes, que l’on trouve magnifique, ou qui, à défaut, nous hypnotisent, qui nous marquent. Ce sont peut-être pas les mêmes scènes pour vous que pour moi, mais voilà, cela faisait un certain temps que j’y pensais… alors je vous embarque dans un voyage cinématographique à travers quelques opus étranges!

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Un bilan de Novembre très positif sur « Les Mondes de Blanche »

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

img_20161127_210756Je reviens vous voir pour la traditionnelle mise au point du week-end. Cette semaine fut bien remplie, même si je suis encore un peu dans le gaz malgré un traitement censé me re-booster et que j’ai du mal à me remettre au graphisme. 🙂 D’autant plus qu’une note un peu moins bonne que d’habitude et l’impression de ne pas avoir pu montrer ce dont je suis capable en stage m’ont un peu contrariée. 😉

Mais enfin, le stage se termine en fin de semaine prochaine et je vais pouvoir me remettre à fond dans ma formation, tout en pouvant me ménager quelques plages de tranquillité avant de me remettre à fond à la recherche d’emploi dès que j’aurai obtenu mon diplôme!

Ceci dit, je souhaite particulièrement revenir sur ce mois de novembre qui fut, ma foi, plutôt positif en ce qui concerne le blog… et je dois tous vous en remercier! 🙂 Continuer la lecture de Un bilan de Novembre très positif sur « Les Mondes de Blanche »

Les Livres et DVDs du Noël de Blanche!

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Parce que le sapin de Noël de ma mère est le plus beau…

Encore une fois, j’espère que vous passez une très bonne journée de Noël avec ceux que vous aimez! 🙂

Je me doute que certains d’entre vous ne seront pas sur Internet aujourd’hui, car ils seront sur la route pour rejoindre la famille, aux fourneaux à déguster de bons petits plats, assis confortablement en train de profiter de leurs cadeaux, occupés à monter les jouets des petits ou d’installer les consoles des plus grands, à jouer aux sabres laser avec leur progéniture, ou à picorer quelques chocolats à la douce lumière du sapin en regardant des films reçus pour Noël.

De mon côté, j’ai reçu quelques présents livresques et DVDesques qui pourraient servir à de merveilleuses, éventuellement délicieuses chroniques sur ce blog…

Je vous dis tout ici…

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Une sombre et classique affaire de Loup-Garou – « Wolfman » (Joe Johnston, 2010)

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Affiche – Source: Wikipedia

« Même celui dont le cœur est pur
Qui chaque soir dit sa prière
Peut se changer en Bête
Lorsque fleurit la mort-aux-loups
Et resplendit la lune d’Automne. »

Titre: Wolfman (The Wolfman)
Année de production: 2010
Réalisation: Joe Johnston
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h43
Distribution: Edward Norton, Benicio del Toro, Hugo Weaving, Anthony Hopkins, Emily Blunt…

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche et amateurs de métamorphoses,

Je reviens avec une nouvelle chronique cinéma un peu plus courte que d’habitude. En effet, je suis un peu chargée en ce moment, accaparée par mon stage et par ma formation, par mes essais de création, par la re-correction de mon roman et d’autres projets, je vais devoir essayer d’être un peu plus concise si je veux garder une certaine régularité. J’espère que la qualité de mes posts ne va pas en souffrir! Mais trêve de parlotte – ou plutôt d’écrivotte 😉 – et venons-en au fait: le film de la semaine, Wolfman de Joe Johnston. A l’origine, je l’avais vu sur le câble peu après sa sortie, avant de faire l’acquisition du DVD. Et c’est, comme son nom l’indique, une histoire de loup-garou… Prêts? C’est parti…

  • Le « pitch »
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Lawrence, Gwen et le redoutable Sir John aux funérailles de Ben – Source: Allôciné.fr

1891. Lawrence Talbot (Benicio del Toro) est un acteur mondialement connu pour son jeu si particulier dans le répertoire de Shakespeare, qui voyage à travers le monde et n’a plus aucun contact avec sa famille en Angleterre. Or, il reçoit un jour une lettre désespérée de Gwen Conliffe (Emily Blunt), la fiancée de son frère Ben, lui annonçant que celui-ci est mort dans d’atroces circonstances. L’acteur se voit donc obligé de retourner au domaine familial de Blackmoor. Il y retrouve la troublante Gwen, ainsi que son père, Sir John Talbot (Anthony Hopkins) avec lequel les rapports sont très tendus, et voit enfin le corps atrocement mutilé de son frère. Tandis que son retour éveille en lui des souvenirs douloureux – la mort de sa mère, suicidée quand il était enfant, son père debout près du corps de sa mère, puis l’expédiant dans un asile d’aliénés – Lawrence a vent de rumeurs accusant des gitans présents dans les environs de Blackmoor, ainsi que d’autres, plus étranges, au sujet de meurtres et de la présence d’un loup-garou quelques décennies auparavant.

Par une nuit de pleine lune, Lawrence décide alors de se rendre auprès des gitans pour en avoir le coeur net. Mais alors qu’il est sur place, des locaux arrivent pour confisquer l’ours danseur de la troupe, suspecté d’avoir déchiqueté Ben Talbot. Et soudain, une créature effrayante fait irruption sur le bivouac: un loup-garou! Durant le combat, Lawrence est grièvement blessé et une matrone gitane soigne ses plaies. De retour dans la demeure familiale, il récupère très vite, contre toute attente. Il est pourtant torturé par des cauchemars particulièrement intense… et des meurtres sont bientôt commis dans le voisinage. C’est sans compter sur l’arrivée de l’inspecteur Aberline (Hugo Weaving), mandaté pour enquêter sur ces crimes, qui suspecte immédiatement Lawrence du fait de ses anciens séjours en asile. Celui-ci, inquiet et désemparé, renvoie la belle Gwen, dont il s’est épris, à Londres pour sa sécurité.

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L’Inspecteur Albertine cherchant des noises à Lawrence – Source: Allôciné.fr

Et l’acteur n’est pas loin de découvrir de terribles secrets de famille, avant qu’Aberline le retrouve un matin nu et couvert de sang. Arrêté, enfermé dans un asile de Londres, Lawrence est soumis à des traitements horribles qui éveillent définitivement la bête en lui…

  • Une histoire classique… avec un casting de haut vol tout de même!

Le film a souffert de nombreux retards et de désaccords artistiques entre studios et réalisateurs, le design des effets spéciaux et même la composition de la B.O. sont passé de main en main avant de voir finalement le jour et de sortir au cinéma. Loin de révolutionner le genre, on y retrouve les ingrédients classiques d’une histoire de loup-garou. Une bourgade avec des meurtres, la peur, des bois et de la brume, un « seigneur des lieux », Sir Talbot, isolé comme un sauvageon, des nuits de pleine lune éblouissante… Au niveau de l’ambiance, tous les « clichés », si j’ose dire, sont là. Ainsi, à ce niveau, Wolfman ne révolutionne pas vraiment le genre. Mis à part qu’au niveau effets spéciaux, les images de synthèse ont remplacé les animatroniques.

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Traitement de choc dans un asile victorien – Source: Allôciné.fr

Le film a reçu un accueil assez mitigé, et certains critiques ont déploré le manque de suspense du scénario. En même temps, les histoires de loup-garou sont très difficiles à ré-explorer, et tournent souvent à l’eau de rose comme on a pu le voir ces dernières années. Or l’avantage de ce loup-garou-là, c’est qu’il est vraiment AFFREUX, et n’a rien de très sexy. Plus qu’attirante, son animalité est effrayante, et une fois transformé, Lawrence n’a pas la grâce et la majesté du loup, mais comme dans les films fantastiques des années 80, rappelle un mix de Hulk, du Fauve des X-Men et d’un orang-outang. Dit comme ça, je reconnais que ça ne donne pas très envie de voir le film… mais honnêtement, pensez-vous vraiment que je perdrais mon temps à écrire un texte long comme le bras pour un film que je n’aurais pas aimé? 🙂 Que nenni.

Car histoire « classique » ne signifie pas nécessairement « mauvaise ». Tout d’abord, j’évoquais l’atmosphère du film – la bourgade anglaise de campagne, la forêt, la brume, le manoir délabré des Talbot qui évoque plus une tanière qu’une demeure aristocratique. Sur ce dernier point, visuellement, l’effet est saisissant. C’est ce simple détaille qui éveille les questions du spectateur, qui réalise que quelque chose, dans cette famille, ne va pas. On comprend très vite, entre cette maison oppressante dirigée par l’homme dur et malsain qu’est Sir John – interprété par un Anthony Hopkins toujours très à l’aise dans un rôle de fêlé – que quelque chose cloche. Sir John est un père peu affectueux que Lawrence a voulu fuir. C’est ce mystère familial qui fait tout l’attrait du scénario, car on se demande ce qui s’est passé dans l’enfance de Lawrence, quel secret cache Sir John sur la mort de son épouse, la raison de sa brusquerie et de son comportement étrange.

Quant à Lawrence, on ne peut que développer de l’empathie pour ce personnage tourmenté qui a subi l’asile dès son enfance – et quand on sait comment on traitait les pensionnaires des asiles au XIXe siècle, on n’ose imaginer les dégâts que cela a pu avoir sur un petit garçon. Et qui en plus, lui qui avait tout fait pour ne pas revenir à Blackmoor, paie très cher son retour par une transformation qu’il n’avait pas demandé, par une arrestation et de nouveaux mauvais traitements. En plus, même si Benicio del Toro est très loin d’être mon style, j’apprécie son expressivité. Son apparence peu engageante, sa posture voûtée, son air sombre, tout concourt à rendre le mal-être du personnage palpable.

Son seul espoir de paix: la douceur de Gwen. le fait est que j’aime beaucoup Emily Blunt. Elle a un petit je-ne-sais-quoi entre la chieuse (sans doute à cause de son rôle dans Le Diable s’habille en Prada) et la fille vulnérable. Elle est particulièrement mystérieuse et déterminée, courageuse, mais aussi étrangement fragile au milieu de toute cette bestialité. J’ai apprécié que son ébauche de romance avec Lawrence ne soit pas traitée de manière complètement niaise, d’ailleurs que l’accent n’ait pas été mis dessus – à part en toute fin de film – mais je ne peux rien dire là-dessus sans spoiler.

Quant à Hugo Weaving, ma foi, on le trouve encore dans un rôle de type que l’on aime détester, car Albertine, pousse très loin le « professionnalisme ». C’est un peu le cliché de cette époque qui voulait que quelqu’un de mentalement fragile ne soit jamais vraiment traité avec considération. Mais vous savez ce qu’on dit: rira bien qui rira le dernier…

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Gwen et la Bête – Source: Allôciné.fr
  • Conclusion – Une série B divertissante

Comme on l’a vu, le genre « loup-garou » est quelque chose de très difficile à mettre au goût du jour. Je parlais de l’apparence du loup-garou, mais au final, je pense qu’éviter de le « glamouriser » était un bon choix. Tout comme rester dans un schéma d’histoire classique a permis de ne pas sombrer dans le ridicule comme l’on fait des comédies du genre de Teen Wolf dans les années 1980. Donc, au final, même si les effets spéciaux sont trop spectaculaires – je pense à la scène de Londres notamment – et qu’elle ne surprend pas, le résultat n’est pas si mal, avec un scénario relativement simple mêlant surnaturel et secrets de famille, avec une petite pincée de romance bienvenue au milieu de tout ce bazar. Après tout, il faut bien que quelqu’un montre un peu de gentillesse à ce pauvre Lawrence, que diable! Et puis le final compense largement certains raccourcis et « clichés » pas si dérangeants du film. Je vous laisse la bande-annonce pour vous faire une idée…

Pour ma part, j’ai apprécié cette atmosphère sombre et cette relation compliqué entre le héros et son père complètement mégalo, qui ont capté mon attention. Je ne me suis pas ennuyée une seule minute et ai passé un très agréable moment. Pour peu que comme moi, on s’intéresse à la lycanthropie, c’est un petit film sympa à regarder en deuxième partie de soirée, une fois que l’on est bien posé, tout seul ou accompagné, toute lumière éteinte! 🙂

Sur ce, je serais ravie de vous avoir intéressée à ce petit film, ou de recueillir vos commentaires si vous l’avez déjà vu. Je m’excuse de l’aspect un peu « brouillon » et décousu de cet article, mais voilà, je me force à la concision! 🙂 Je reviendrai la semaine prochaine avec une « oeuvre » – si j’ose dire – radicalement différente… A très vite donc, pour de nouvelles aventures au pays des films mineurs et des séries B!

Blanche Mt.-Cl.

Education à la dure – « Battle Royale » (Kōshun Takami, 1999)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Comme je suis en plein dans ma « période japonaise » (j’ai découvert le manga il y a quelques mois seulement et je dévore allègrement Monster et Death Note), j’ai décidé de vous présenter un livre que j’ai lu il y a quelques temps déjà, j’ai nommé Battle Royale, de Kōshun Takami, sorti au Japon en 1999. Livre violent à souhait, qui aurait (je dis bien « aurait », au conditionnel) inspiré les Hungers Games, déjà présentés sur ce blog. Mais âmes sensibles, laissez-moi vous prévenir: les Hunger Games sont un véritable parcours de santé comparés à la Battle Royale. Il s’agit, d’après ce que j’ai tiré de mes recherches, d’un terme de catch, la battle royale désignant un combat à plusieurs, au cours duquel il est possible de s’allier temporairement… jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un.

Ceci dit, j’avoue avoir lu le livre après avoir vu le film, qu’une camarade de fac m’avait prêté.

Maintenant que ce principe est posé, accrochez-vous, parce que ça va décoiffer…

  • La survie à tout prix
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Couverture du livre en édition de poche

L’histoire se passe dans un futur proche, dans un état fictif connu sous le nom de République d’Extrême-Orient. Dans une société où circulation des biens, des humains et des informations est strictement contrôlée, la population s’est soumise à un gouvernement autoritaire, qui a donné un pouvoir sans égal à l’armée et à la police. Dans le cadre d’une politique de la terreur éprouvée et très bien rodée, s’est installée une sorte une méfiance, voire une haine générationelle qui a pour cible la jeunesse, et les adolescents en particulier.

Ainsi, chaque année, cinquante classes de seconde sont sélectionnées pour participer à un programme spécial lancé en 1947 – j’aurais dû préciser que nous étions dans le futur d’une réalité alternative – une expérimentation militaire, donc sans caméra de télé-réalité comme dans Hunger Games, destinée à « recueillir des statistiques » sur les capacités de survie des « champions », c’est à dire sur la vitesse à laquelle ils exterminent leurs camarades de classe. En effet, ce programme consiste à emmener, dans le plus grand secret, une classe sur une île, et d’ordonner aux élèves de s’entretuer. Le dernier survivant gagne ainsi le droit de vivre aux frais de l’Etat et un mot de la main du président. Les règles sont les suivantes: une fois arrivé sur l’île, chaque élève reçoit un numéro et une arme, ainsi qu’un collier avec balise, qui explose si son porteur tente de s’enfuir ou si celui-ci se trouve à un moment donné dans un secteur interdit.

Le roman suit une classe de seconde d’une trentaine d’élève, dont deux « éléments perturbateurs »: Shôgo Kawada,  et Kasuo Kiriyama. Les adolescents croient partir en voyage scolaire, et ne comprenant pas la présence des militaires, s’affolent, ce qui donne lieu à des catastrophes quand on leur explique le véritable objet de leur excursion. Une fois le début de la compétition lancée, on assiste à différentes stratégies de survie. Le personnage principal du roman, Shûya Nanahara, qui refuse la tuerie et voit son meilleur ami Yoshitoki Kuninobu tué des mains de leur professeur principal M. Sakamochi au début du programme, cherche à s’allier avec d’autres élèves. Il décide de protéger la douce Noriko Nakagawa, le béguin de son ami assassiné. Le chemin des deux adolescents va bientôt croiser celui de Shôgo Kawada, dont ils apprennent qu’il a survécu à une précédente édition du programme. Avec lui, ils vont tenter d’échapper au redoutable Kasuo Kiriyama, un tueur particulièrement retors…

Les alliances se font et se défont, chacun lutte pour sa survie, choisit de se rebeller ou de jouer le jeu. Mais il ne devra en rester qu’un…

  • Une violence institutionnalisée

Je n’aime pas trop parler politique car mon esprit passionné s’échauffe vite, et j’ai trop tâté des ressorts de la science politique pendant la dernière partie de mes études pour ne pas être écoeurée par le sujet. Mais il faut quand même l’aborder, même très succinctement.

Dans les recherches que j’ai pu faire sur Battle Royale, les critiques et bloggueurs littéraires se sont beaucoup perdus en réflexion sur le système politique de la République d’Extrême-Orient. Si l’on en croit les « exégètes » de Battle Royale, cette république qui tient plus que l’empire serait le résultat d’un véritable sentiment de revanche suite à la défaite de 1945. Ainsi on suppose que la famille impériale a été renversée par l’armée, qui exalte les vertus guerrières, jusqu’à glorifier la plus extrême violence.

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Petit aperçu des pages

Dans la politique de la terreur instaurée par cet état, les jeunes font partie des ennemis de l’intérieur et ont, à travers le programme, le privilège de montrer leurs propres mérites mais aussi de prouver par une victoire l’efficacité du système dans lequel ils ont grandi. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec l’éducation des jeunes Spartiates dans l’Antiquité: pour simplifier, la cité de Sparte, Etat militaire de la Grèce antique, donnait une solide éducation sportive et militaire aux jeunes garçons (aussi un peu aux filles) et à un certain âge, les livrait à une sorte d’épreuve connue sous le nom de la Kryptie – je crois qu’il en est fait mention dans les 300. Ce rite de passage consistait à laisser seul, en pleine nature et livré à lui-même, l’adolescent spartiate, pendant toute une année. La société spartiate étant extrêmement élitiste, ils n’étaient pas nombreux, recrutés parmi les plus hautes castes de la cité. Ainsi, durant un an, tous les coups étaient, paraît-il, permis pour survivre – vol, meurtres… Selon certaines interprétations extrêmes de l’éducation spartiate, on estimait que ceux qui ne survivaient pas n’étaient tout simplement pas dignes de vivre. Cela est bien sûr à relativiser, car les sources à ce sujet sont divergentes, et les historiens ne sont pas sûrs de son caractère solitaire. Et si certains y voient une préparation à la vie militaire, d’autres un genre de rite d’initiation comme on en trouve dans les sociétés secrètes. Beaucoup de mythes entourent donc cette épreuve.

Mais comme dans Battle Royale, cela est orchestrée par les autorités, et l’enjeu en est de prouver sa capacité à se débrouiller seul. Certains régimes politiques autoritaires, comme le IIIe Reich par exemple, s’en sont inspiré: en effet, on apprenait aux jeunes garçons des Jeunesses Hitlériennes, non seulement à s’endurcir physiquement pour devenir un redoutable combattant, mais aussi à mépriser toute forme de faiblesse. Tant et si bien que vers la fin du IIIème Reich, certains garçons jugés trop « faibles » n’étaient plus intégrés et leurs parents mis au ban de la société. Battle Royale n’est qu’une autre des interprétations de ces mythes d’éducation poussés à leur extrême.

Mais si le but de ces « exercices » pour les régimes susmentionnés étaient de gommer l’individualité pour faire corps avec le reste de l’armée – n’oubliez pas, comme je l’ai dit, qu’on n’est toujours pas sûr que la Kryptie se faisait en solitaire… Pour le coup, j’ai vraiment du mal à saisir le but de ce massacre dans Battle Royale. Au contraire des autres systèmes, cette compétition pousse l’individualisme à son extrême. Il s’agit d’exterminer des personnes qui ont pu être vos camarades, vos amis… comment apprendre à faire corps avec quelque organisme que ce soit?

  • Violence – Absurdité ou logique imparable?

Dans Battle Royale, la violence nous parait d’autant plus absurde qu’elle touche aux enfants. Ces enfants – on a beau dire, à quatorze ou quinze ans, on se conduit encore et on pense encore certaines choses comme des gamins – auxquels on aime à associer l’innocence et l’insouciance. Et ces êtres délicats et rêveurs se révèlent être de véritables machines à tuer. C’est déjà un point qui pose problème à la plupart des lecteurs, qui n’aiment pas se confronter à cela, et qui n’aiment pas plus voir des enfants maltraités et tués. Encore moins par leurs pairs. Ce massacre paraît atrocement inutile. Même dans une société telle que celle de Battle Royale: pourquoi s’amuser à zigouiller la jeunesse puisqu’elle représente l’avenir et la pérennité du système, plutôt qu’à lui laver le cerveau?

Dans le roman, on a une ébauche de réponse, lors de conversations entre le héros, Shûya et Shôgo, le survivant du programme. Après l’épreuve qu’il a traversée, il en est venu à penser qu’il s’agit d’une façon de briser l’esprit de résistance en acculant les « concurrents » à leur propre mort. Bien sûr, quand on voit la façon dont le professeur des enfants, M. Sakamochi, prend plaisir à les regarder se massacrer, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a là une bonne dose du sadisme de la part des adultes. Et pourtant, même si cela est très malheureux à dire… ces actes innommables ont une part de logique.

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Quatrième de couverture. Comme vous le voyez, j’ai un peu étoffé le pitch car on n’apprend pas grand chose pour le moment…

Je m’explique. Il ne s’agit absolument pas de cautionner ce survival morbide orchestré par un état dictatorial! Il y a presque trois ans, quand j’étais rédactrice en Angleterre et que je rédigeais des articles d’introduction à la géopolitique pour des jeunes, j’ai pondu un topo sur les enfants soldats. En fait, dans certaines pays en guerre, les chefs recrutent ou raflent des enfants pour en faire des soldats pour différentes raisons – pas d’obligation de les pays, plus insouciants et moins conscients de la mort, plus malléables. Pour s’assurer leur loyauté, les chefs de guerre  exploitent la volonté de survie de ces jeunes recrues et les soumettent souvent ces enfants à des épreuves terribles – par exemple à les obligeant à exécuter des proches, en les soumettant à des traitements dégradants pour s’assurer leur loyauté. Ainsi, le traumatisme de la violence subie et infligée – les psychologues insistent souvent sur le fait que la plupart d’entre nous ne prennent aucun plaisir à infliger la violence – brise les jeunes moralement, et en fait des marionnettes entre les mains de ceux qui sont à la fois leurs supérieurs et leurs bourreaux.

Battle Royale suit quelque peu la même logique. Ces lycéens deviennent des enfants guerriers par la force des choses, se voient obligés de reconsidérer leur système de valeurs, de choisir entre leur propre vie et celle d’amis proches. Certains ne supportent pas cet état de fait et se suicident (c’est le cas d’un petit couple d’amoureux qui saute de la falaise de l’île), et tentent tout de même de créer des alliances avec des camarades. Je pense à la bande de filles réfugiées dans le phare, ou aux geeks qui magouillent pour fuir. Quant aux autres… malheureusement, la situation fait aussi ressortir la bassesse de certains écoliers. Cela représente pour eux l’occasion d’écraser les autres, de prendre de petites revanches. On découvre ainsi quelques sadiques, garçons ou filles, prêts à toutes les brutalités et à toutes les ruses pour prendre les autres au piège. Car l’une des caractéristiques des enfants guerriers, du fait de leur jeunesse, est qu’il n’ont pas de limites…

  • Des personnages attachants et une narration qui vous tient en haleine

De courses poursuites en scènes intimistes, entre de nombreux personnages, on pourrait ne plus savoir où donner de la tête! Mais que nenni. L’histoire est terriblement bien ficelée, menée avec une rare énergie. Si la violence nous effraie, les aventures des différents protagonistes crée une sorte d’addiction, et ce jusqu’au final éclatant.

On assiste à plusieurs intrigues parallèles qui sortent un peu du lot, et nous amènent à mieux connaître certains des personnages: les progrès de Shûya pour amener Shôgo de son côté, peut-être la naissance d’un profond attachement entre Shûya et Noriko, les tentatives pour faire la jonction avec Shinji Mimura qui lui aussi est un ami de Shûya.

Ah… Shinji Mimura. Shinji Mimura, le nerd surdoué, populaire et mignon de la classe (dans la version filmée, l’interprète était si mignon que je me suis demandé dans chaque séquence où il apparaissait: « Mais pourquoi diable n’ai-je pas eu un gars comme ça dans ma classe au lycée? » – en même temps, nul ne sert de se faire du mal… jamais un gars comme ça n’aurait même posé les yeux sur moi! 😉 ) , s’installe quant à lui avec sa bande de copains dans un local informatique pour tenter de détourner le système de sécurité de l’île, s’échapper et libérer leurs camarades survivants, tout en tentant d’échapper au pervers sadique qu’est Kasuo Kiriyama.

Car oui, certains personnages sont extrêmement attachants. Ne serait-ce que le duo formé par Noriko et Shûya, handicapés par les pauvres « armes » qu’on leur a fournies, deux jeunes gens plutôt doux de nature, et même le côté rebelle et écorché vif de Shûya se révèle très touchant. Quant à leur improbable allié, le très dur et taciturne Shôgo, on découvre au fur et à mesure de ses révélations une personnalité tourmentée qui a cherché à s’endurcir à cause des épreuves traversées.

Concernant les personnages secondaires, vous avez dû comprendre que j’avais beaucoup apprécié la bande de Shinji et de ses potes. Et en plus, sérieusement, un SURDOUÉ, MIGNON, NERD ET POPULAIRE, ça nous change du bon élève qui se fait casser la gueule à la récré qui sert souvent de souffre-douleurs aux personnages plus « en vue » que lui. Plus l’histoire progresse plus on en apprend sur l’histoire du famille de ce petit génie, un peu plus vulnérable qu’il en a l’air, avec ses regrets…

  • Conclusion – Un brin dérangeant quand même
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Envie de vous y plonger plus en avant?

Pour les questions qu’il pose, et aussi pour cette bande d’adolescents qui essaient de rester intègres envers et contre tout, j’ai ADORÉ ce livre que j’ai dévoré en moins de trois jours. Il m’a tenue accrochée de bout en bout à ses pages.

Au final, je trouve qu’il pourrait également se lire comme une critique de notre société où la violence, si elle n’est pas physique, est aussi morale. Cela peut paraître un peu personnel comme grille de lecture, mais je ne peux m’empêcher de constater à quel point notre environnement est violent. Nous ne sommes pas dans un pays en guerre, donc j’entends MORALEMENT violent. Il faut toujours montrer qu’on est le plus fort, se battre, même pour quelque chose d’aussi basique qu’un job, pour se faire aimer – à titre amical ou romantique. Les gens se font culpabiliser dès qu’ils échouent quelque part ou que tout simplement ils ne fait pas les mêmes choix que les autres, ils sont moqués dès qu’ils ont des idées un peu différentes, ou parce qu’ils n’ont pas les dernières fringues à la mode… Bref, tous les coups sont permis, tout semble pensé pour écraser et encourager la malveillance. Cela donne à réfléchir sur ce à quoi nous sommes prêts ou non pour « survivre » et « exister » en ce monde.

Pour cette raison, Battle Royale est dérangeant car il nous met face à notre propre bassesse. Je n’en suis pas exempte, car moi-même en lisant ces lignes, je m’imaginais dans le jeu avec ma classe de terminale, faisant payer à toutes ces personnes qui m’avaient rabaissée (ça paraît bateau dit comme ça, mais je n’étais pas vraiment populaire à l’école et j’ai un peu souffert de mes goûts différents, de mes bonnes notes… c’est tellement cliché, quand j’y pense! 😉 ) les souffrances qu’elles m’avaient infligées. Bref, de quoi me poser la question de ma propre moralité! J’ai dépassé ce cap depuis longtemps, mais à cette époque, ces pensées m’avaient faite un peu flipper. Comme quoi finalement, même la littérature de fiction, et en plus des sous-genres comme l’anticipation, mène à la réflexion! 🙂

Ce livre a été décliné en deux films Battle Royale et Battle Royal II. A part la fin qui part un peu en sucette avec un Takeshi Kitano complètement barré, le premier opus est relativement fidèle au livre… Mais quand j’ai vu le début du deuxième, ça sentait tellement le réchauffé et la surenchère, à coup d’éclaboussures de sang et de gamines qui gueulent comme des ânes, que je n’ai pas tenu dix minutes… En revanche, maintenant que j’ai commencé à lire des mangas, je suis très curieuse de la déclinaison manga de Battle Royale, et de Blitz Royale, sa suite…  Si vous les avez lus, je serai très curieuse de connaitre votre avis à ce sujet!

Sinon, j’espère vous avoir donner envie de découvrir Battle Royale, le roman, et d’ouvrir ces pages qui vont vous électriser!

Titre: Battle Royale (バトル・ロワイアル, Batoru Rowaiaru)
Auteur: Kōshun/Koushun Takami
Editions: Le Livre de Poche
Collection: Littérature et Documents
864 p.
Parution: Mars 2008
Prix: 8,60 €

Blanche Mt.-Cl.