Diablerie japonaise – Néo Faust (Osamu Tezuki)

Très chers lecteur des Mondes de Blanche,

J’espère que vous allez bien et coulez des jours heureux pleins de pages tournées et de merveilleuses histoires. De mon côté, je suis bien contente d’avoir la lecture pour combler le vide de cette période délicate, et j’ai eu la chance de lire de très belles, et de très bonnes choses.

C’est le cas d’une très jolie bande dessinée qui dormait dans ma PAL depuis un moment, puisque mon frère me l’avait offert pour mes 30 ans: Néo Faust d’Osamu Tezuka, qui transpose le mythe de Faust dans le Japon des années 60-70… et où l’on fait la rencontre d’une espiègle diablesse. Continuer la lecture de Diablerie japonaise – Néo Faust (Osamu Tezuki)

Explorer Mars – De la S.F. à la réalité

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Tout d’abord, je tiens à m’excuser des perturbations récentes qui auront des répercussions encore quelques temps sur mes chroniques. À dire vrai, j’ai consacré un peu de temps à mes écrits, quelque chose que j’aimerais partager avec vous d’ici peu, et j’avoue avoir eu un peu de mal avec le recueil de nouvelles de Lovecraft que je suis en train de lire. Aussi, plutôt que de forcer les choses, je vais lire quelque chose de léger pour rédiger une chronique livre sympa la semaine prochaine (j’ai trouver un petit bouquin qui m’a l’air bien drôle!), et à la place d’une chronique bâclée, je vous propose aujourd’hui un article à thème. 🙂 Une sorte d’écrit de fond pour vous faire passer le week-end!

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Vue sur la planète Mars – Source: Wikipedia

Comme vous l’avez appris il y a quelques mois, lorsque j’ai posté ma description de la Lune de Sang, l’espace, c’est un peu mon dada! 🙂 Je suis même abonnée aux alertes de vol d’Arianespace et je reçois toutes les notifications de succès, de retard ou de décalage de décollage d’Ariane, Soyouz ou Vega. Je ne saurais vous dire si l’espace m’a fascinée avant la S.F., si la S.F. m’a intéressée avant, ou si les deux phénomènes se sont alimentés.

Certains d’entre vous, férus de S.F. ou simplement curieux de l’actualité spatiale, ont dû constater un fait: l’intérêt porté à Mars par les agences spatiales du monde entier, que des programmes d’exploration sont régulièrement lancés, tout comme des sondes et des rovers en direction de la planète rouge, qui nous envoient des photographies de désert à couper le souffle. Et si ce n’était que ça: Mars est également présente dans la culture populaire, notamment par le biais de la S.F. …

Mais quels sont aujourd’hui les enjeux d’une telle exploration? La réalité va-t-elle rattraper la S.F.? Et autre question, plus amusante: quels facteurs prendre en compte pour écrire un Mars opera crédible de nos jours? Cet article ne se veut bien sûr pas scientifique, mais je souhaite qu’il vous donne envie d’approfondir le sujet, qu’il s’agisse de connaissance pure, ou de S.F.!

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SEMAINE THÉMATIQUE: FRANKENSTEIN – Le classique de Mary Shelley (1818)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Ma lecture du moment... Pas le temps d'avancer...

Comme annoncé ce vendredi, me voici cette semaine avec un thème qui ne fait pas très Noël… Frankenstein. En effet, très curieuse des classiques de l’imaginaire et fan du film de Kenneth Branagh, et suite à un échange avec Madame Lit qui m’a inspiré cette thématique, j’ai fini par sauter le pas il y a quelques temps.

Malgré l’épaisseur de ma PAL, j’ai fait l’acquisition de Frankenstein ou le Prométhée moderne lors d’une petite sortie à l’espace culturel du patelin où habitent mes parents. J’ai donc lu ce classique qui n’est pas, mais alors pas du tout ce à quoi on pourrait s’attendre…

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Un grand classique entre horreur et science-fiction – La Mouche Noire (1958)

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Affiche – Source: Imdb.com

Titre: La Mouche Noire (The Fly)
Année de production: 1958
Réalisation: Kurt Neumann
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h33
Distribution: Vincent Price, Al Hedison, Patricia Owens, Herbert Marshall…

Et oui, il y a eu des contretemps cette semaine, mais je m’étais juré que vous auriez tout de même cette chronique, même en retard!

Vous connaissez sans doute La Mouche, film de David Cronenberg sorti en 1986 où l’on voyait Jeff Goldblum se décomposer littéralement pour fusionner avec une mouche (quel gâchis!… Oui bon, quand j’étais gamine et ado, Jeff était l’un de mes grands amours), mais saviez-vous qu’il s’agissait du remake d’un film plus ancien?… Je l’ai appris il y a quelques années quand mon frère, fan de La Mouche, a reçu pour Noël un coffret DVD contenant ce film culte, et la version ancienne de celui-ci, avec ses suites. C’est ainsi que pendant des vacances de Noël, j’ai découvert La Mouche Noire

Nous allons voir maintenant de quoi il retourne…

NB: Les images de meilleure qualité que j’aie trouvées sont en noir et blanc. Or, le film est en couleur.

  • Une expérience qui tourne mal

L’histoire se passe à Montréal. Elle commence quand le corps du professeur André Delambre (Al Hedison) est retrouvé, la tête et un bras écrasé sous une presse hydraulique. Son épouse Helen (Patricia Owens) avoue le crime, mais refuse de donner son mobile, déclarant que son époux était devenu étrange, obsédé par une mouche à tête blanche qu’il l’avait chargée de trouver. Pour la faire parler, son beau-frère, François Delambre (Vincent Price) lui ment et affirme avoir trouvé ladite mouche. Soulagée et persuadée qu’il connaît la vérité, Helen, lui raconte alors les derniers jours de son époux…

Flashback. André Delambre vit une vie heureuse avec sa femme et leur petit garçon Philippe. André est un scientifique prometteur qui, dans son laboratoire, effectue diverses expériences relatives à la téléportation dans des modules de désintégration et de ré-intégration. Il téléporte d’abord des objets et de petits animaux, dont le chat de son fils qui ne ré-apparaît pas mais dont on entend encore le miaulement, comme flottant dans l’air. Après plusieurs essais réussis, il décide de créer des capsules à taille humaine pour tester l’installation sur lui-même.

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Le jeune Philippe et son oncle François, découvrant la fameuse mouche à tête blanche – Source: Imdb.com

Mais sa femme Helen ne le voyant pas ré-apparaître, elle s’inquiète et descend dans le sous-sol où se trouve le laboratoire de son époux. Elle le trouve, un bras déformé, et le visage dissimulé par un sac noir. Il ne parle pas, et communique avec Helen par des notes écrite. Il lui avoue s’être téléporté par mégarde avec une mouche, et commencer à fusionner avec une partie d’elle. Il lui demande alors de trouver une mouche à tête blanche, qui lui permettrait d’inverser le processus. Helen se lance dans cette recherche avec ardeur, au fur et à mesure que les instincts de la mouche prennent le pas sur l’intellect de son mari qui, bientôt, ne parvient plus même à écrire…

  • Un thème classique entre science-fiction et horreur

Que dire?… Entre science-fiction et horreur, La Mouche Noire est, comme Frankenstein ou autres légendes impliquant une métamorphose, une classique histoire d’expérience qui tourne mal, adaptée d’une nouvelle. Donc en soi, ce petit film n’a rien de vraiment révolutionnaire et suit des schémas, explore des thèmes maintes fois abordés dans la science-fiction et l’épouvante. Le mythe de Faust faisait déjà référence à des savant jouant avec des forces qui les dépassaient, et le labo souterrain de Delambre n’est pas sans rappeler le cabinet de Faust ou le sombre moulin où officiait le docteur Frankenstein. Donc, on reste là encore dans un registre fantastique assez classique.

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La métamorphose d’André Delambre – Source: le-multivers.forumpro.fr

La science reste présente, avec cette idée d’étude sur la téléportation, quand bien même on entre dans l’histoire de « monstre », si l’on prend en compte la transformation d’André Delambre. En effet, on voit un homme qui a eu le courage (ou la folie?) de donner de sa personne dans ses recherches. Si dans le film de Cronenberg, c’est la transformation physique qui frappe (en même temps, quand on choisit un acteur aussi sex’ que l’était Goldblum dans sa jeunesse – désolée, mais comme on dit en anglais, he was totally messing my female hormones – ça fait forcément de la peine de voir cette détérioration physique totalement gore), ici c’est la perte progressive des facultés humaines qui crée l’empathie l’empathie du spectateur. Peu à peu, on mesure la solitude et l’isolement de cet homme qui ne peut plus communiquer avec les personnes qu’il aime… et heureusement qu’il y a a ça, car pour nous, spectateurs du XXIe siècle, l’apparition de cet homme avec une tête et une patte de mouche sur fond de musique dramatique peut prêter à sourire.

En revanche, le storytelling avec enquête policière et flashbacks est impeccable. J’aime beaucoup ce mélange d’éléments de plusieurs genres, avec un inspecteur, Charas (Herbert Marshall) qui enquête avec la collaboration de François Delambre, frère du défunt – brillant Vincent Price, qui sort de son registre habituel de personnage inquiétant – et découvre des faits qui dépassent son entendement. D’ailleurs, quand j’y pense, c’est un peu comme ça que j’ai procédé dans mon roman Le Sang des Wolf, puisque l’enquête policière permet de confronter un personnage rationnel, dont le job consiste à se baser sur des FAITS, à des événements extraordinaires qui permettent de prendre toute la dimension du surnaturel, et du récit de la veuve Delambre.

Le film pose également la question suivante avec le personnage d’Helen Delambre: jusqu’où aller par amour, quand on sait que la personne que l’on aime souffre le martyr? C’est un peu ma fibre romantique qui parle, mais au final, c’est une question qui touche également à l’éthique. Régulièrement, on en parle dans les médias, quand des époux ou des parents sont prêts à accepter la mort d’un proche qui souffre trop… quitte à commettre l’irréparable.

Petit spoiler (à moitié spoiler, en fait)… 🙂 La fin, oh mon Dieu, la fin est tout à fait surprenante, aussi bien en termes de narration que des effets spéciaux… J’avoue avoir eu un fou-rire, tant j’ai été déconcerté, et tant je ne m’attendais pas à ça. Toujours est-il que la scène finale est culte, et comprend une des réplique qui fait partie du top cent des AFI’s 100 Year Movie Quotes: « Help Me! Help Me! »

  • Conclusion
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Helen Delambre à l’oeuvre… – Source: Sci-Fi-Movies.com

Après avoir vu le film de 1986, apprendre qu’il s’agissait d’un remake m’a vraiment déconcertée, et je ne m’attendais pas à ça quand je me suis posée pour regarder La Mouche Noire. On y retrouve les ingrédients qui font les vieux films d’horreur hollywoodiens, ainsi que des éléments plus intéressants, comme une narration impeccable qui vous tient en haleine et vous fascine du début à la fin, et ses effets spéciaux quelque peu surannés font aussi le charme de cette oeuvre très distrayante.

J’ai découvert une histoire simple et efficace, mais assez riche de par les thèmes explorés et le mélange des genres opérées entre l’horreur, la science-fiction, le polar… et également la tragédie de cette femme amoureuse, dévouée et somme toute assez forte, qui cherche à sauver son époux (ah, la force de l’amour dans les films…). Bref, je le conseille aux curieux et aux amateurs de bons films à l’ancienne.

Et voilà! 🙂 Encore une fois, je m’excuse pour le retard, mais cette semaine fut assez mouvementée pour moi. Maintenant, la question est de savoir si je vais écrire un avis comparé sur le film La Mouche de Cronenberg… et comment, si je le fais, ne pas trop m’attarder sur la plastique du jeune Goldblum et me lamenter sur son enlaidissement au fur et à mesure que le film avance. Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne soirée, ainsi qu’un bon visionnage de La Mouche Noire!

Blanche Mt.-Cl.