Des nouvelles de mes écrits – « Le Sang des Wolf » est à jour!

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

À ceux d’entre vous qui êtes arrivés sur ce blog il y a peu, sachez que j’ai une autre casquette: celle d’auteur aspirant! Et oui, j’ai écrit un roman, une sorte de thriller sur fond de surnaturel, avec loups et tutti quanti qui se passe à Vienne de nos jours. C’est que le fantastique nous vient souvent d’Amérique du Nord, et je souhaitais faire revenir cela sur ces bonnes vieilles terres d’Europe centrale, dans les forêts germaniques, mères de tant de légendes. Comme, pour diverses raisons, je ne souhaite pas m’auto-éditer, j’ai protégé mon texte et l’ai mis en ligne sous forme de blog pour trouver des lecteurs. J’ai déjà eu quelques bon retours et je remercie les blogueuses qui y ont consacré des chroniques. 🙂

Il en était question depuis un moment, mais aujourd’hui, j’ai le plaisir et l’immense honneur de vous annoncer que j’ai enfin remis à jour le texte de ce blog, donc du roman! 🙂 Et oui! Vous allez pouvoir lire le texte dans son intégralité!

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Graphisme – Des marque-page aux couleurs de mon roman « Le Sang des Wolf »

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Une fois n’est pas coutume, je reviens avec une petite expérimentation graphique personnelle, histoire de fêter le joli démarrage de ce mois de février. Jamais je n’aurais pensé qu’un article sur L’Île mystérieuse ferait autant d’heureux! 🙂

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Vous êtes à présent de grands habitués de cette image, si je ne m’abuse? Voici la variante bleutée!

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas mis en ligne ce genre de post! 🙂 En effet, je suis très prise par mes devoirs de graphisme en ce moment (à dire vrai, c’est surtout la mise à jour de mon book qui est à deux doigts de me rendre complètement dingue parce que je ne trouve pas certains mockups qui me conviennent…), et je me suis dit qu’il n’y aurait pas de mal à me faire un peu plaisir avec une petite composition sur un sujet qui me tient à cœur. Quelques uns d’entre vous ont peut être déjà vu cette petite création, originellement partagée sur mon autre blog, mais j’avais envie de la montrer ici aussi.

De quoi s’agit-il? Eh bien comme la plupart d’entre ne l’ignorez pas, j’ai mis en ligne un roman que j’ai fini il y a presque trois ans et retravaillé depuis, Le Sang des Wolf, une histoire fantastique mêlant thriller, surnaturel, humour, poids de l’histoire, secrets de famille, YA… ainsi qu’un peu d’amitié et de romance. Je relatais sur Les Mondes de Blanche l’avancée des chapitres chaque week-end. Bien qu’il ne soit pas encore publié (touchons du bois pour que cela se produise!), j’aime parfois à imaginer quelques goodies aux couleurs de cette histoire. Pour cette fois, ce seront… des marque-page!

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Le Sang Des Wolf (2014)Blanche Montclair

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’ai le plaisir de vous présenter une chronique consacrée à mon roman-blog Le Sang des Wolf, rédigé par l’adorable Sev! N’hésitez donc pas à jeter un oeil sur le blog de mon roman, comme sur les chroniques littéraires de La Bibliothèque de Sev!

Encore une fois, je la remercie pour sa fidélité en tant que lectrice, et pour ses encouragements!

Bonne lecture à tous et à très bientôt!

Blanche Mt.-Cl.

La bibliothèque de Sev

CouvertureSWDevantCe roman! Mais ce roman!!!!! Je vous en avais déjà parlé ici et.

Je suis tombée dessus en explorant le monde fabuleux de WordPress aux débuts de mon blog. L’auteure a mis en ligne son roman dans l’espoir qu’il soit repéré un jour par une maison d’édition, et pour se faire une base de lecteurs fidèles (dont moi!).

C’est vrai qu’il y a beaucoup de gens qui font la même démarche (et si un jour je ponds quelque chose, je viendrai surement grossir les rangs), alors qu’a-t-elle de différent?

Tout simplement, sa personnalité. Touche à tout, sensible, elle a fait un travail complet et fouillé pour ce roman qu’elle traine avec elle depuis plusieurs années déjà, et qu’elle a refondu, poli, et observé maintes fois.

A première vue, c’est une histoire de loups garous, et ce n’est pas vraiment mon genre de prédilection, bien que je n’y sois…

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Remerciements, annonces et écrits de la semaine sur « Le Sang des Wolf »

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche et peut-être « Wolf-Addicts » en devenir,

Je tiens tout d’abord à remercier les nouveaux/elles abonné/es de la semaine, et espère qu’ils prendront plaisir à lire les contenus de ce blog qui depuis son lancement en janvier dernier m’a demandé beaucoup d’efforts pour produire des contenus de qualité, et surtout des contenus réguliers. Soyez les bienvenus, et n’hésitez pas à faire vivre cette page par vos commentaires et vos suggestions. 🙂

Etude - Chapitre XXXI
Etude – Chapitre XXXI

Avec la semaine qui s’achève et le week-end qui s’annonce, je sacrifie de nouveau au rite de la synthèse hebdomadaire concernant mon roman en ligne Le Sang des Wolf, une histoire mélangeant éléments du polar et du thriller, surnaturel, mais aussi humour, surnaturel et romance, comme j’aime à dire « entre les lumières de Vienne et la noirceur des forêts d’Europe Centrale ». Si vous aimez les loups, je vous invite à y jeter un oeil… Mais qu’à cela ne tienne, vous êtes peut-être confortablement installés et attendez d’en savoir plus… Que diable s’est-il passé pour nos héros Wagner et Terwull, mais aussi Zoé, Lukas et son père Markus cette semaine?

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Avancée de mes écrits – « Le Sang des Wolf » – Personnages à bout de nerfs!

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Nouveaux Wolf-Addicts,

Me voici de retour! Je tiens d’abord à dire un grand merci aux deux nouveaux abonnés de la semaine: vous me faites immensément plaisir et je suis ravie de votre intérêt pour ce blog! J’espère que le contenu vous apportera distraction, plaisir et jolies découvertes. Et comme les abonnés déjà plus anciens, j’espère aussi vous faire découvrir une autre facette de ma « plume » avec chaque semaine la synthèse des avancées sur le blog de mon roman Le Sang des Wolf qui mêle polar et fantastique, ainsi qu’un peu d’humour, d’émotion, de noirceur et de romance. Intrigués? 😉 Voici ce que nous disent les chapitres de cette semaine…

  • Un avant-goût du prochain flashback...
    Un avant-goût du prochain flashback…

    ACTE III – Chapitre XXIX – 3ème Partie: Enfin la fin de ce chapitre sanglant, où nous retrouvons l’un de nos héros particulièrement malmené, aussi bien physiquement qu’émotionnellement, et qui va devoir se résoudre à accepter de l’aide.

  • ACTE III – Chapitre XXX – 1ère Partie: Petit bilan de l’inspecteur Terwull et de Wolfgang Wagner auprès de la commissaire – très remontée – et retrouvailles avec notre héroïne Zoé, de plus en plus troublée et renfermée, saisie d’une inquiétude qu’elle ne comprend pas, malgré le joyeux babillage de son amie Tristana. Aurait-elle senti que quelqu’un a besoin de son aide?

Exceptionnellement, il n’y a eu que deux publications cette semaine, dues au fait que… En pleine reconversion professionnelle, j’ai vu un stage se prolonger, avec de gros projets pour la fin d’année qui approche, et un autre très prenant, plus ou moins hors du contexte bureau. Mais ne vous en faites pas, je m’organise et tout reviendra bientôt à la normale. (Enfin, « la normale », me concernant… C’est un peu exagéré!) 😉

De même pour Les Mondes de Blanche, j’ai peur que mes chroniques soient pour le moins « express », aussi j’essaie de retrouver dans ma biblio- et DVDthèque des choses sympathiques sur lesquelles il n’est pas besoin de trop disserter, et pour lesquelles je pourrais vous offrir un contenu de qualité! (D’ailleurs une petite idée m’est venue, là maintenant, de suite…)

Ce lundi, nous retrouverons Markus Finsterwald, prêt à tout pour plaider la cause de son fils auprès du Wolfsrat, un nouveau flashback dans le Vienne d’après-guerre alors que Terwull l’Ancien tente d’en apprendre plus sur le docteur Wolf et surtout sur son si beau et fragile fils Siegfried parti prématurément. Et nous entamerons un chapitre qui verra les retrouvailles de deux protagonistes particulièrement appréciés…

Je vous laisse donc vous pourlécher les babines avec cette petite illustration au crayon, et j’invite mes nouveaux lecteurs à se reporter au résumé du roman et, pour une lecture plus simple et fluide (je vous accorde que le format blog n’est pas évident), à la table des matières. N’hésitez pas à faire vivre ce blog de vos commentaires, et à le faire connaître autour de vous!

Je vous souhaite un excellent week-end à tous et je vous retrouve bientôt avec des nouvelles chroniques, et croisons les doigts, pour un dessin!

Blanche Mt.-Cl.

Petite Action « littéraire » de la Rentrée: Devenez un #WolfAddict !

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Comme j’aime à le rappeler régulièrement sur ce blog, je ne suis pas seulement fan d’histoires à lire, mais aussi férue d’écriture et j’ai, dans le cadre d’un concours de lecture, écrit mon premier roman. Il n’a pas été retenu, mais cela m’a permis de retravailler ce texte – dont, prise par le temps, j’avais un peu bâclé la fin… Cela a donc donné lieu à une histoire mixant les genres entre le polar et le young adult (je pense que de très jeunes adultes pourraient en effet s’y reconnaître), entre le thriller et le surnaturel,  entre l’humour et la romance – et même la « bromance »… Le Sang des Wolf. Il s’agit du premier volume d’une trilogie se déroulant à Vienne, de nos jours, alors que sont commis des meurtres atroces et qu’une famille puissante craint pour ses secrets…

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Lukas, l’un des jeunes héros du « Sang des Wolf »…

En attendant de trouver un éditeur, je le publie chapitre par chapitre sur un site dédié, Le Sang des Wolf, à raison d’un post tous les deux jours – le texte a été préalablement protégé. Les deux premiers actes du roman sont déjà publiés sur le site, et l’Acte III a débuté cette semaine. Comme je sais qu’il n’est pas évident de lire sur écran, j’ai ponctué ce texte de quelques illustrations de ma main, ce qui étoffe quelque peu l’univers de l’histoire et vous familiarise avec le minois des principaux personnages.

Je suis à la recherche de nouveaux lecteurs et je pense qu’avec l’automne approchant, nous sommes dans les meilleures conditions pour apprécier l’ambiance si particulière de cette histoire. En effet, les températures rafraîchissent, et dans les publications de la semaine prochaines, vous pourrez voir les premières neiges saupoudrer la capitale autrichienne… Vous êtes donc invités, si vous le souhaitez, à vous abonner au Sang des Wolf et à reprendre sa lecture dès le début, si le coeur vous en dit.

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Une petite lecture avant de dormir – « Le Sang des Wolf » – Chapitre I (Extrait)

Très chers lecteurs de ce blog,

Je vous offre cette nuit cet extrait de mes écrits, à savoir mon roman d’inspiration fantastique et thriller (j’aime bien les mélanges de genres) Le Sang des Wolf, qui commence sur une note de légèreté avec l’apparition de notre jeune héroïne… Zoé. Il s’agit de la suite du prélude déjà publiée sur ce blog… Je suis toujours à la recherche de nouveaux lecteurs, sachant que le roman est déjà complet sur le site dédié, afin que ceux-ci puissent le faire vivre en me faisant part de leurs impressions… Car un lecteur enthousiaste, c’est une chance en plus de plaire à un éditeur potentiel! 🙂

Voici une mise en bouche pour les petits curieux que vous êtes…

CHAPITRE I

Les stores de la chambre filtraient la lumière automnale, dessinant des raies mordorées sur le bras de la jeune fille qui s’étirait. Une main diaphane, aux doigts fuselés et aux ongles vernis de noir se posa gracieusement sur le radioréveil aluminium, pour le tourner vers une épaisse crinière sombre cachant le visage à moitié enfoncé dans l’oreiller. Entre deux mèches de cheveux, un œil charbonneux et aussi lumineux qu’un trou noir s’ouvrit pour regarder l’heure.

« Putain ! jura la jeune fille avant de se redresser sur ses coudes. Jan… Jan ! »

Elle se retourna sur le lit, rejetant la couette sur le côté et secouant sans grâce aucune son compagnon qui dormait à côté d’elle. Encore en jean et chemise, le jeune homme grommela en repoussant doucement les serres de sa petite poupée toute de sombre vêtue, enfoncées dans son épaule.

« Qu’est-ce qu’il y a, Zoé ?

− Jan, il est neuf heures et demie ! On est en retard ! J’ai mon service qui commence dans une demi-heure, alors que le tien a déjà commencé depuis un bail ! On s’est loupés ! »

SWCH1003Le portable de Jan vibra soudain sur la table de nuit. Bondissant, il s’en empara et décrocha prestement, tout en passant la main dans ses épis châtain.

« Allô Markus ? Oui, oui… Oui… Je sais… Je suis en retard… Tu as raison, oui… »

En contournant le lit, Zoé trébucha sur le boîtier de DVD abandonné parterre la veille au soir et s’étala sur le tapis. Jan se mordit la lèvre inférieure pour ne pas rire au téléphone.

« Je suis sur le trajet ! J’arrive ! » enjoliva-t-il avec un sourire.

Zoé se releva aussi silencieusement qu’elle était tombée, et d’un coup de pied, écarta l’objet importun de son chemin. La jeune fille courut vers le cabinet de toilette, à l’autre bout de la chambre. Allumant l’applique – pourtant flatteuse – elle eut le déplaisir de constater que son reflet était bien pire que ce à quoi elle s’attendait. Ses boucles noires coiffées à la dynamite, son teint extrêmement pâle, et ses yeux cernés de noir qu’elle avait oubliés de démaquiller, lui donnaient l’air de sortir d’un épisode des Contes de la Crypte.

« Mon Dieu ! Je peux pas y aller comme ça !

− Peut-être mais là, on a pas le temps ! la pressa Jan en faisant irruption derrière elle. Markus va encore m’en chier une ! Il est d’une humeur de chien ! »

Zoé se jeta à l’assaut de sa trousse de toilette ornée de têtes de mort, à la recherche de sa pince à cheveux et de sa brosse à dents. Elle remonta ses mèches désordonnées en haut de son crâne et attaqua furieusement son lavage de dents, alors que Jan se rinçait déjà la bouche. Elle détestait cela. Elle détestait se lever en retard et faire le travail à moitié avant de partir – à savoir son délassement sous la douche et son ravalement de façade matinal. Heureusement, Jan ne se souciait pas trop de ce genre de détail : il l’eût trouvée charmante avec un rat crevé sur la tête. Il disparut dans sa chambre – Zoé reconnut le bruit de la penderie qu’il ouvrait tandis que, recrachant son dentifrice, elle jetait un coup d’œil anxieux dans le miroir. Quelle horreur. Elle n’avait pas le temps de se démaquiller, elle se contenta d’effacer les surplus de mascara sous ses yeux avec un kleenex humide. Tant pis. Elle avait déjà travaillé avec une mine plus horrible, et les visiteurs du musée ne faisaient jamais guère attention aux guichetières ou au personnel de salle… Elle sortit enfin du cabinet de toilette et fourra ses affaires dans son sac jeté dans un coin de la pièce. Elle se précipita sur ses bijoux posés sur la commode, en dessous le velux. Elle dut démêler un tas cliquetant de quincaillerie, sous le regard amusé de Jan qui boutonnait sa chemise. Ce salopard avait une apparence des plus avantageuses – grand et svelte sans être un gringalet, le teint clair, des cheveux châtain légèrement ondulés auréolant un visage plutôt fin au nez court et droit, de grands yeux verts et surtout, l’esquisse d’un sourire rêveur qui ne le quittait que rarement. Quand bien même Zoé n’était elle-même pas des plus souriantes et tendait à se méfier des gens trop béats, elle avait découvert quelqu’un d’avenant et heureux de vivre avec qui elle se sentait toujours à l’aise. Leurs deux caractères bien trempés s’accordaient parfaitement. Ils étaient rapidement devenus inséparables.

« Dépêche-toi mignonne, tu peux encore éviter de dépasser le ‘quart d’heure diplomatique’ ! » la taquina-t-il en enfilant sa veste de costume.

C’était une expression qu’elle et ses amis français employaient pour désigner les retards d’un quart d’heure typiques de leurs profs de fac. Elle ne put retenir un sourire, occupée à remettre son collant sous la jupe qu’elle avait gardée pendant la nuit. Le Viennois au joli minois avait bien retenu sa leçon. Zoé enfila son chemisier par-dessus son débardeur, et sauta dans ses ballerines, fin prête à partir.

« On peut y aller je crois… déclara-t-elle en se saisissant de son sac, toute fière de voir Jan agenouillé batailler avec les lacets de ses chaussures.

− Descends avant, je te rejoins en bas dès que j’ai fini. »

Elle bondit jusqu’à la porte, tapotant au passage l’épaule du jeune homme, et ouvrit. A peine sortie dans le couloir, elle eut tout juste le temps d’apercevoir à hauteur de son visage un torse masculin auquel elle se heurta de plein fouet. Le choc la fit vaciller mais une poigne solide la rattrapa par le poignet avant qu’elle ne s’écroulât. Elle ne put réprimer un mouvement de recul lorsqu’elle leva la tête et reconnut le propriétaire de la formidable musculature qu’elle avait le loisir d’observer en détail. Lukas, l’insupportable cousin de Jan. Aussi gênée par ce contact physique un peu trop rapproché qu’irritée par la présence de cet incorrigible abruti, elle tenta néanmoins d’être aimable.

« Euh salut Lukas… »

La belle gueule aux cheveux blonds et soyeux haussa les sourcils et lâcha Zoé. Le bougre devait regretter de ne pas l’avoir laissée tomber de tout son long sur le parquet du couloir. Il se tenait là, toujours en pantalon de pyjama et ses muscles d’athlète fièrement exhibés dans la lumière matinale, le script de sa dernière pièce sous le bras et une moue arrogante aux lèvres.

« Salut Zoé… Bien dormi à ce que je vois…

− Très drôle… Et pardon ça t’arracherait la… »

Faisant irruption derrière elle, Jan attrapa Zoé par le bras et l’entraîna vers les escaliers, l’empêchant de formuler sa diatribe en entier. Lukas les gratifia d’un léger sourire en coin avant de leur tourner le dos pour continuer tranquillement son chemin.

« C’est pas bien de regarder La Quatrième Dimension en semaine, les geeks… » sermonna sa voix grave derrière leur dos.

Zoé voulut se retourner et répliquer à l’ironie, mais Jan ne lui en laissa pas l’opportunité.

« A ce soir Lukas !… – Puis il souffla à l’oreille de sa compagne : On est déjà en retard, tu ne vas pas perdre plus de temps à chipoter avec lui…

− Comment diable fais-tu pour le supporter ? demanda-t-elle un fois qu’ils eurent atteint le rez-de-chaussée.

− Zoé, je suis complètement blasé par tes remarques à son encontre…

− Il se moque de moi, et même de toi, dès qu’il le peut ! Il nous a traité de geeks…

− Zoé, autant nous rendre à l’évidence… Nous en sommes !

− Oui, mais dans sa bouche, ça sonne comme une insulte ! »

Zoé regarda une dernière fois le hall imposant au carrelage en damier noir et blanc, et les escaliers de pierre menant aux étages supérieurs. Jan vivait dans cette magnifique demeure, propriété de son oncle Markus, partageant le dernier étage avec le fils de celui-ci – ce connard arrogant imbu de sa petite personne de plus d’un mètre quatre-vingts et pleine de muscles à faire fondre toutes les pétasses décolorées de Vienne… Jan s’éclaircit la gorge, tirant la jeune fille de ses pensées. Elle se tourna vers lui. Il lui tendait son manteau qu’elle jeta sur ses épaules, sourcils froncés.

« Eh bien, tu es encore sous le charme de ses tablettes de chocolat ? demanda Jan, espiègle.

− Fais pas le con, Jan… soupira-t-elle avant d’ajouter : Je me demandais juste… N’y vois aucun intérêt de ma part… Je ne me souvenais pas, sur ses photos de mode, qu’il ait eu ces cicatrices…

− Le miracle de Photoshop, ma grande !

− Je me disais aussi qu’il devait bien y avoir un vice caché quelque part !

− Tu es vraiment mauvaise ! rit Jan. Aller, viens ! »

Galant, le jeune homme lui ouvrit la porte d’entrée. Zoé lui sourit. Ils descendirent les marches du perron. Un vent frais les cueillit dans la rue. Frissonnante, Zoé serra les pans de son manteau autour d’elle. Jan la prit par l’épaule et déposa un baiser sur sa joue.

« Cours, vole jusqu’à ton poste, ma belle ! On se voit demain soir, mais je t’enverrai un message pour te raconter l’engueulade avec tonton Markus !

− J’espère bien ! »

Ils partirent chacun de leur côté. En courant, comme de juste. Zoé prit tout de même le temps de consulter sa montre et accéléra un peu plus le pas. C’était peut-être bien foutu pour le quart d’heure diplomatique, mais autant limiter les dégâts.

*

Couchée sur le ventre au pied d’un arbre, les bras écartés et les mains délicatement posées sur le sol, sa joue gauche reposait mollement sur un tapis de feuilles mortes. La lumière automnale et les arbres parés de leurs feuilles couleur rouille de Märzpark auraient presque donné une dimension idyllique à la scène, si une fine couche de sang gélifiée et légèrement brillante ne recouvrait pas le corps maigre et complètement nu de la jeune femme, collant ses cheveux sombres les uns aux autres en une masse compacte. La photographie suivante se concentrait sur ses avant-bras, marqués par de profondes blessures. Les reins, les fesses, les cuisses, et même les mollets, portaient les mêmes stigmates : couronnes sanglantes de morsures et lacérations parfaitement parallèles de griffures. A première vue, elle semblait avoir été attaquée par un animal.

SWCH1001Encore une fois, l’inspecteur Georg Terwull parcourait son dossier, à la recherche d’un indice à côté duquel il aurait pu passer. Il étala sur son bureau les photos des autres victimes, toutes dans le même état, masse rouge et molle tenant plus du rebus de boucherie que du modèle de tableau classique. Disposée de la même façon que la petite nymphe de Märzpark, la première victime, retrouvée près du tourniquet de Lorenz Bayer Park était beaucoup plus… charnue. Ses seins certainement très développés débordaient sur les côtés de son corps croulant déjà sous les bourrelets. Une proie sans doute plus appétissante pour la sale bestiole qui l’avait assaillie. Cette Kaja était une prostituée de Thaliastrasse, venue d’Ukraine, formellement identifiée par une collègue. Le second macchabé, un homme barbu, chevelu et maigrichon, semblait s’être un peu plus défendu malgré sa frêle constitution, car les dents et les griffes avaient également attaqué ses épaules. Un jeune drogué du nom de Toni, dont les parents avaient signalé la disparition un mois auparavant, et qui avait traîné du côté de Westbanhof avant d’atterrir dans les fourrées de Reithoffer Park. Quant à la troisième victime, une jeune femme blonde non-encore identifiée, un automobiliste l’avait repérée, couchée comme les deux précédentes, abandonnée dans Linzer Strasse, non-loin de la voie ferrée. Ça ne se bousculerait pas aux portillons pour les identifications, ni pour les résultats du service médico-légal. La patronne de Georg, la commissaire Ulrike Huber, bénéficiant de bonnes relations au sein de la Landespolizeidirektion, voire à l’Intérieur selon certaines rumeurs, avait pu éviter que l’affaire ne devînt par trop médiatique. Et autant être honnête : personne n’en avait rien à foutre des putes et des junkies.

Trois semaines plus tôt, Terwull s’était demandé pourquoi on l’avait envoyé à Lorenz Bayer Park pour une attaque de chien errant… ou bien de loup, puisque quelques rares spécimens avaient été signalés dans le Wienerwald et même dans certains quartiers glauques de Vienne. Bien sûr, les bestioles en question n’avaient jamais été retrouvées, mais étant donné que le loup faisait son retour sur le territoire autrichien, pourquoi pas. Cependant, Georg s’était ravisé en voyant Kaja : aucun chien ou loup, aussi intelligent fût-il, n’avait pu déshabiller une victime en entier et rester sur les lieux de son forfait pour la mettre en position, avant de partir sans laisser de trace. L’humain, le prédateur le plus dangereux entre tous, était impliqué là-dedans. De même, pour avoir discuté avec son pote Paul Klenz, médecin légiste, au sujet des deux premiers corps, les blessures causées par des mâchoires puissantes et des griffes acérées, ne pouvaient avoir causé des saignements aussi important et laissé cette pellicule répugnante de sang gélatineux sur les corps. Klenz était perplexe à ce sujet : il avait expliqué à Georg que non-seulement les victimes avaient été mordues et griffées par de très gros chiens ou des loups – ce qui paraissait le plus probable à l’expert qu’il était, quand bien même cette hypothèse semblât extraordinaire, mais aussi que les corps avaient été soigneusement nettoyés au chlore avant qu’ils ne… Quel mot Klenz avait-il employé ?… Ah oui. Avant qu’ils ne « dégorgent » de leur sang. Il n’avait pu expliquer ces hémorragies, le bilan toxicologique n’avait rien donné – excepté pour Toni qui était accro à l’héroïne. Bref, ces meurtres restaient une énigme.

Georg recula sur son siège de bureau et manqua heurter le mur derrière lui.

« Sperling ! aboya-t-il en direction de la jeune femme assise au bureau en face du sien. Vous pouvez me porter un café, s’il vous plait ? »

Elle cessa de remplir sa paperasse et lui sourit.

« Bien sûr, inspecteur ! »

Elle recula son siège et se leva. Avant de sortir, elle s’adressa à toute la cantonade.

« Ferenczi ? Gruber ? Weber ? Horvat ? Un café ou un thé, ça vous tente ? »

Ils levèrent tous les yeux vers elle et répondirent par monosyllabes, avant qu’elle ne sortît pour aller chercher leur commande, pimpante. En tant que nouvelle recrue, la moindre tâche ingrate l’enthousiasmait et elle délestait de bonne grâce ses collègues et supérieurs des formalités emmerdantes. Par conséquent, tous les velus enfermés dans ce bureau surchauffé l’aimaient – Terwull compris, malgré sa rudesse – et se montraient galants envers elle dès que l’occasion s’en présentait. L’inspecteur souffla bruyamment en rangeant une à une les photos dans leur chemise. Le seul avantage de cette histoire : l’assassin, ou les assassins ne semblaient pas s’en prendre aux gens « normaux », et Terwull n’avait aucun souci à se faire pour sa fille Tristana qui, depuis quelques temps, sortait beaucoup et rentrait tard… Après tout elle devait s’ennuyer, seule avec un vieux père jamais là…

Un nouveau coup d’œil sur le rapport de Klenz – peut-être verrait-il quelque chose. Peut-être Paul était-il passé à côté d’un détail infime… Tandis qu’il parcourait les lignes écrites par son très estimé collaborateur, Georg alluma son ordinateur qui commença à ronronner. Il saisit un petit tas de paperasses pour s’en servir d’éventail – on étouffait là-dedans. Comme si le soleil tapant à travers les fenêtres ne suffisait pas, il fallait en plus que le chauffage soit activé. De l’autre côté de la pièce, assis à la meilleure place près de la fenêtre, Horvat lui lança :

« Tu devrais te pencher sur une autre affaire, Georg !… Ca te changerait les idées, ça sert à rien de s’abrutir de la sorte… Oublie pas l’agression sur l’étudiante, on a une bande de merdeux à coincer. Et ceux-ci sont pas des fantômes…

− Je sais, je sais… Putain, ça me gonfle ! laissa échapper Terwull en s’étirant. Le cul sur une chaise et rien de concret à me mettre sous la dent ! Je me perds en élucubrations pendant qu’un tordu se balade dans la nature avec des animaux dangereux !

− T’as beau être mon supérieur hiérarchique, renchérit Weber avec sa gouaille habituelle, désolé de te dire que ça nous gonfle tous. On est tous désolé pour la pute et pour le gamin, et pour les deux autres filles, mais comme l’a dit Ulrike, on a d’autres priorités tant que l’affaire n’affole personne. C’est triste mais c’est comme ça… »

Georg parcourut les fichiers du vieux PC et dénicha son dernier rapport sur le tueur en série qu’il surnommait l’Entleerer – le « dégorgeur », à défaut d’autre chose. Il ne pouvait s’en empêcher. Jusque là, son flair l’avait aidé à élucider pas mal d’affaires un peu scabreuses, mais là, les idées brillantes peinaient à venir. Une Ukrainienne, un drogué… quelque part, l’inspecteur n’eût pas été étonné d’apprendre que les deux autres victimes venaient de l’Est ou des Balkans. De pauvres filles, arrivées clandestinement, sans lien et dont personne à Vienne ne pouvait signaler la disparition. Un vrai cliché… Mais on ne pouvait totalement exclure les crimes de haine. Pourquoi l’attaque par de gros chiens ou des loups ? Mystère. Le chlore ? Nettoyage avant abandon des corps. Et pourquoi ces hémorragies étranges ? Quel était le malade derrière tout ça ? Un type qui élevait des chiens loups ou assez fort pour domestiquer des loups ? Image fort romantique d’un tueur solitaire diablement intelligent et sacrément débrouillard au vu des problèmes logistiques induits par ses petites mises en scène… Et par cet étrange procédé qui faisait dégorger le sang des victimes…

« Il y a presque une fascination morbide chez toi pour ces meurtres… se risqua Gruber qui, d’un air pensif, visait la corbeille, préparant l’un de ses formidables lancers de papier froissé. L’intérêt avec lequel tu reluques ces photos…

− T’aimes décidément voir des malades partout, toi ! ricana Horvat.

− Il a pas tout à fait tort, admit Terwull. Je ne saurais pas vous dire pourquoi, mais il y a quelque chose qui me trouble dans la… la technique du meurtrier. Je me demande comment il fait. Vous avez vu l’état des corps ?

− C’est à gerber, si je peux me permettre, chef… » répondit une voix flûtée à l’entrée du bureau.

Sperling revenait avec six gobelets fumant sur un plateau.

« Va falloir t’y habituer, ma petite ! lui lança Terwull. Parce que je peux te dire qu’on en a vus des trucs dégueulasses.

− Je sais bien… répliqua-t-elle sans se départir de son allant, et distribuant aussi gracieusement que prestement les cafés. Je n’ai pas oublié vos deux sucres… Ce que je veux dire, c’est que ça ressemble à un mauvais film gore, et qu’ils ont tous l’air recouverts de ketchup, et pour moi cette merde est encore plus dégueu qu’un steak saignant. »

Les gars éclatèrent tous de rire. Terwull de même. Gruber fit mouche avec sa boule de papier.

« Votre thé vert, Horvat…

− Depuis quand tu t’es mis à ces trucs de fiottes ?… plaisanta Ferenczi.

− Depuis que Madame Horvat ne supporte plus que je me lève la nuit à cause de mes aigreurs d’estomac. Je suis le seul de cette pièce pas encore divorcé, autant que ça dure… »

Georg tâta son annulaire, comme à chaque fois que les collègues évoquaient leur vie de couple ou leurs déboires sentimentaux… Il devait se concentrer. Il allait encore une fois écumer la base de données des personnes disparues pour trouver une correspondance avec les deux dernières victimes – ce qui serait plus facile une fois qu’il saurait à quoi elles ressemblaient sans leur masque sanglant. Paul avait récemment été sollicité par l’université, ce qui avait considérablement retardé son travail pour la criminelle. Il avait également eu quelques soucis avec ses collègues de la scientifique, qui le faisaient lanterner depuis qu’il leur avait demandé en termes trop fleuris de se manier sur une affaire précédente… L’inspecteur Terwull espérait néanmoins un élément aussi infime soit-il, sur cette affaire qui le troublait. Son instinct n’avait jamais failli, il l’avait aussi bien servi que toutes les techniques à la pointe sur lesquelles la s’appuyait la police. Et il sentait jusque dans ses tripes qu’il y aurait du nouveau d’ici peu…

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Blanche Mt.-Cl.

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