À la recherche de la grâce – Silence (Martin Scorcese, 2016)

Je suis stupéfait d’avoir reçu la grâce de faire ce film maintenant, à ce moment de ma vie.
Martin Scorcese

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous passez un bel hiver exceptionnellement doux plein de lecture, de films et de cocooning. Me voici de retour après un bilan assez copieux avec, pour la première fois depuis la création du blog, et également depuis l’annonce de sa diversification, une chronique dédiée à un film ni SFFF, ni geek, ni rien de tout ça, depuis ma volonté de diversifier les thèmes.

J’ai longtemps atermoyé avant de présenter tout ça, car je voulais être certaine de bien comprendre ce film et de lui rendre justice. Roulement de tambour (ou plutôt de taïko). J’y ai régulièrement fait allusion depuis l’an dernier, qu’il s’agisse de la lecture du roman dont il est adapté, et depuis mon visionnage de cette automne… il s’agit ni plus, ni moins que de Silence de Martin Scorcese. Comme vous le savez, il n’est à attendre aucune objectivité de ma part, je chronique en général ce que j’apprécie…Et pour le coup, c’est vraiment une œuvre, écrite et filmée, qui m’a beaucoup touchée. Je parlerai du film, mais je ferai également allusion au roman dont il est tiré, et à son auteur, Shûsaku Endô dont le parcours est très marqué par les thèmes abordés dans le film.

Voici une chronique un peu longue, puisque je fais souvent des allers et retours entre le roman et le film! J’espère ne pas vous barber. Je vous invite donc à me suivre dans ce voyage étrange et clandestin, au Japon du XVIIe siècle… Continuer la lecture de À la recherche de la grâce – Silence (Martin Scorcese, 2016)

Comité d’accueil pour l’Antéchrist – Le Jour de la Bête (Alex de la Iglesia, 1995)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens en ce jour avec une nouvelle chronique cinéma. Avec la dernière, qui revenait sur un bijou d’humour noir, j’ai réfléchis à quelque chose de sombre et drôle. Je pensais attendre l’été et la période des vacances pour parler de la Famille Adams, aussi j’ai choisi un film… un peu particulier, avec un humour des plus sombres, qui me fait toujours beaucoup, beaucoup rire.

Il s’agit de l’inimitable Le Jour de la Bête d’Alex de la Iglesia, sorti en 1995. Évidemment, comme j’étais un peu jeune lors de sa sortie, je ne m’en suis pas vraiment préoccupée à l’époque, pas plus que mes parents, plus portés S.F. et action à ce moment-là. Je vous invite donc à suivre les péripéties d’un prêtre qui décide de faire barrage à l’arrivée de l’Antéchrist…

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Amours cannibales – Parade nuptiale (Donald Kingsbury)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

41m741rjf3lTout d’abord, je souhaite une bonne reprise à ceux d’entre vous qui sont retournés au boulot aujourd’hui. De mon côté, chômage et formation oblige, c’est maison (pas pour très longtemps, je l’espère)! J’ai décidé, pour vous sortir de la torpeur des Fêtes, de revenir avec une chronique dédiée à un ouvrage fort, fort intéressant.

Et pour cela, je commence en fanfare avec un ouvrage se science-fiction que m’avait prêté mon petit frère, que j’ai mis très longtemps à lire malgré mon intérêt pour l’histoire (et que je lui ai racheté pour lui rendre en bon état car à mon grand regret le livre avait pris un sacré pète dans mon sac à main). Un ouvrage dérangeant, pour nous réveiller et nous brusquer quelque peu en ce début d’année: Parade nuptiale, de Donald Kingsbury, initialement publié au début des années 1980.

Je vous emmène sur une planète hostile, avec plusieurs lunes, où l’humanité a évolué d’une façon bien singulière…

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Le roman qui devint un grand film – Metropolis (Thea von Harbou)

« Ce livre n’est pas un tableau du présent.
Ce livre n’est pas un tableau de l’avenir.
Ce livre ne se passe nulle part.
Ce livre ne sert aucune tendance, aucune classe, aucun parti.
Ce livre est un drame qui tourne autour d’une seule et même expérience :
Le médiateur entre le cerveau et les mains, ce doit être le cœur. »
Thea von Harbou, préambule à Metropolis

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Sehr geehrte Leser der Welten Blanches,

J’ai le plaisir de vous retrouver, malheureusement en retard, avec cette toute dernière chronique qui m’a demandé pas mal de travail à une heure où je traîne un peu la patte. À la fois par curiosité pour cette oeuvre, et dans le cadre d’un petit défi personnel que je me suis lancé pour lire en V.O., j’ai l’honneur de vous présenter Metropolis, de Thea von Harbou, publié en 1925, qui fut adapté par Fritz Lang au cinéma et qui devint ce film culte que nous connaissons sorti en 1927.

Harbou_Metropolis_1926
Couverture de la première édition – Source: Wikipedia

Je n’ai appris que l’an dernier, peu après le lancement des Mondes de Blanche, qu’il s’agissait d’une adaptation, et je me suis fait un devoir de mettre la main sur le livre. Comme il était introuvable en français, j’ai pris le parti de le commander en allemand, et j’ai fait l’acquisition d’une édition autrichienne récente de l’ouvrage qui dormait dans ma PAL jusqu’à récemment. Ironie du sort – mais bonne nouvelle pour certains curieux qui désespèrent d’avoir accès à ce récit: l’ouvrage a été ré-édité en français cet automne. Je donnerai les références en fin d’article!

Je souhaitais écrire en version bilingue, pour donner l’occasion à une ou deux amies germanophones de lire ce que j’écris. Leider je ne me suis pas livrée à cet exercice depuis longtemps. Il me demanderait des heures de mise au point malgré ma récente lecture en allemand, et par peur de passer à côté de certaines subtilités, j’ai préféré écrire quelque chose de complet en français. Par ailleurs, l’ayant lu en V.O. je traduirai certains termes, et j’espère j’espère que la traduction collera à la dernière traduction française…

Alors, êtes-vous prêts à savoir ce qui se cache dans les sous-sols de « la grande Metropolis »?

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SEMAINE THÉMATIQUE – Les 50 ans d’un monument de la S.F. – « Dune » (Frank Herbert)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

61xK0JM7LZLIl y a cinquante ans, en 1965, paraissait le premier volume d’un véritable monstre sacré de la science-fiction… Je reviens cette semaine lui rendre hommage. Il s’agit du cycle de Dune rédigé par Frank Herbert, constituée de six tomes: Dune, Le Messie de Dune, Les Enfants de Dune, L’Empereur-dieu de Dune, Les Hérétiques de Dune et La Maison des Mères. Une saga complexe qui court sur plusieurs siècles, et qui retrace le destin de la famille Atréides et de ses descendants, et du combat pour l’épice, une drogue précieuse qui dote ses consommateurs de capacités mentales surhumaines, dont les pilotes spatiaux de la Guilde et les femmes de l’Ordre du Bene Gesserit qui intriguent pour influencer la politique de l’empire galactique…

Comme il est difficile d’écrire sur cette merveilleuse saga sans être trop bavard et complexe, et aussi sans quelques petits spoilers… Ainsi, je diviserai la présente critique en différents cycles de livres, et présenterai les thèmes abordés, ainsi que le style d’écriture et les principaux enjeux explorés par la saga. Entre complots politiques, manipulations génétiques, superstitions, écologie, mégalomanie et histoires d’amour, entrez dans le monde foisonnant et complexe de Dune

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