Un final lumineux – Le Graal (Stephen R. Lawhead)

« Le lendemain, je me suis mis au travail et j’ai commencé à tracer des plans pour le Temple du Graal. Depuis ce jour, je n’ai plus eu qu’une idée: honorer mon serment pour la gloire de Dieu et le bien de la Bretagne. C’est ce que j’ai fait… » – il se tut, levant brièvement les yeux, pour les détourner aussitôt – « … et pour cela, mon orgueil a été puni. »
Arthur laissa retomber la tête sur sa poitrine et porta une main à son front. « Laisse-moi », dit-il, la gloire de sa vision engloutie par l’abîme de sa résignation.

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je tiens tout d’abord à vous adresser encore une fois mes excuses pour le rythme haché et le retard accusé sur mes chroniques ces derniers temps. C’est dingue de me dire que l’an dernier, avec des horaires plus contraignants et des devoirs graphiques par-dessus la tête, je faisais mieux… Mais bref, nous y sommes, et je vais entamer ce mois sur une note positive…

C’est avec un immense plaisir, teinté d’une sincère émotion, que je reviens avec, pour la première fois depuis longtemps, une chronique livre digne de ce nom. Car voyez-vous, après avoir dormi plus de deux ans dans ma PAL et tenu une place importante dans ma vie de lectrice ces derniers mois, Le Cycle de Pendragon touche à sa fin avec son cinquième et ultime tome signé Stephen Lawhead, Le Graal, qui revient sur un autre épisode du mythe arthurien. Je n’ai pas pu attendre la semaine prochaine pour vous faire part de mes impressions tant il me tardait de vous parler de cet ouvrage!

Je vous ramène le temps d’un livre en une époque de légendes, pour l’une des plus belles épopées jamais contées….

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La guerre oubliée d’Arthur – Pendragon (Stephen R. Lawhead)

« Quand la frénésie du combat s’empare de lui, Llenlleawg perd tout contrôle, poursuivit-elle. Mais avec Arthur, je pense que c’est le contraire: il se trouve. »
Je la félicitai de sa perspicacité. « C’est là une remarque fort juste, noble dame. Arthur se révèle au combat. »
Elle se tut alors, mais dans son regard l’amour et l’admiration s’accrurent.

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Tout d’abord, je vous présente mes excuses pour les loupés au niveau des chroniques, mais il m’a bien fallu m’adapter à mon nouveau rythme et me reposer un peu de temps en temps. Ceci dit, mes nombreux trajets entre l’Eure et Paris m’ont permis de beaucoup lire dans le train et d’achever un ouvrage… AH! Un ouvrage que je brûle de vous présenter! 🙂

Remontons donc à l’an dernier, avec en juin, ma chronique dédiée au tome I du Cycle de Pendragon, Taliesin, puis en juin celle dédiée à son tome II, Merlin. C’est en octobre que je chroniquais le tome III qui m’avait transportée: Arthur. Je reviens donc quasiment neuf mois après, avec cette suite que je m’étais réservée pour un moment particulier: Pendragon. C’est confortablement installée dans le train très tôt le matin et en début de soirée que j’ai savouré cette épopée. Si le tome III narrait le destin et le règne d’Arthur à travers différents personnages de son entourage, le tome IV, raconté par Merlin en personne, revient sur une guerre oubliée du mythique roi Arthur…

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La tête dans les livres – L’Histoire sans fin (Michael Ende)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

61kob56hh4lJ’ai la joie immense de vous annoncer que je suis enfin venue à bout de L’Histoire sans fin de Michael Ende – paradoxe pour un récit censé ne pas avoir de fin, justement! 🙂

Je sais qu’il est de nombreuses personnes de ma génération qui connaissent les aventures de Bastien et d’Atréju à travers de la très belle adaptation cinématographique par Wolfgang Petersen. C’est en grandissant que j’ai appris qu’il s’agissait d’un livre. En effet, Die unendliche Geschichte – son titre original, publié en 1979, est d’abord devenu un grand classique de la littérature enfantine allemande, puis a été traduit dans le monde entier. J’ai donc décidé de le lire dès que je le pourrais, et l’avais gardé dans ma PAL pour cet automne, cette saison se prêtant tout à fait bien aux lectures un peu magiques.

Et je vous embarque dans une chronique plus que de saison, puisque pour notre ami Bastien, tout commence un matin pluvieux de novembre…

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Animation S.F. méconnue – Titan A.E. (Don Bluth, 2000)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Affiche du film – Source: Wikipedia

Depuis maintenant un an que ce blog est lancé, vous devez savoir que j’aime beaucoup le cinéma en général, plus particulièrement les genres de l’imaginaire… qui nous ont valu quelques petites perles dans l’animation. Hormis dans l’animation japonaise, on parle malheureusement trop peu de la science-fiction. J’avais essayé de le faire avec Atlantide: L’Empire Perdu, et j’y reviens aujourd’hui avec une production signée Don Bluth et produite par la 20th Century Fox: Titan A.E., sorti en 2000.

Bien avant la sortie du film quand j’étais ado, j’avais été très intriguée par la bande-annonce au rythme enlevé sur fond de course-poursuite spatiale et de musique pop-rock. On semblait bien loin des histoires de princesse à l’eau de rose, sauf que, du fait de la réalisation et du studio, on y retrouvait les qualités graphiques d’Anastasia, avec un héros mignon tout plein, ce qui ne gâchait rien.

J’ai fini par le voir, non pas au cinéma, mais en VHS, quand une amie fan du film, de la musique et du derrière du héros me l’a prêté. Je m’en souviens, parce que c’était la fin de mon année de 3ème, et qu’elle me l’avait mise dans les mains alors que j’étais invité à une grosse fête chez elle… Et je lui avais rendu son film le lendemain, lors d’une autre soirée, après avoir visionné Titan A.E. deux fois, juste histoire d’être sûre.

Attachez donc vos ceintures pour un voyage des plus dépaysants à travers le cosmos…

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Science-Fiction chez les Gamers – « Player One » d’Ernest Cline

Très chers lecteurs,

Je tiens à commencer cette semaine EN BEAUTÉ, avec un livre que, pour une fois, je viens juste de finir. En effet, je prends un peu le temps de m’intéresser à des ouvrages plus récents depuis quelques temps, et de varier les plaisirs dans ma bibliothèque SFFF. Et j’ai trouvé une véritable petite perle – ou bien, pour reprendre la terminologie des jeux vidéos, j’ai, dans les méandres des rayons librairies d’un Espace Culturel (je tairai le nom de l’enseigne), fait la découverte d’un « oeuf de Pâques ». J’ai nommé Player One, d’Ernest Cline. Paru en France en 2013, il a été édité en poche récemment, et je suis passée plusieurs fois devant la couverture. En hésitant, car ma PAL atteint déjà des proportions dantesques. Finalement, je me le suis pris pour le dévorer immédiatement.

Et je vais vous en dire un peu plus… Ready, player one?

  • L’intrigue

Nous sommes en 2044. Le monde est à l’agonie. Outre la pollution et le dérèglement climatique, la crise énergétique laisse de nombreux hommes, femmes et enfants dans la misère. C’est dans un bidonville des Etats-Unis où les mobile-homes s’empiles en énormes tours, que vit le jeune Wade, dix-sept ans. Pour fuir son quotidien pénible, il passe son temps connecté à l’OASIS, un univers virtuel dont l’accès est gratuit et où il peut non-seulement aller au lycée mais aussi faire partie de salons de discussion, échanger, participer à des jeux, des quêtes et faire ce qu’il veut, explorer des dizaines de mondes. Si à l’école virtuelle il est Wade3, dans le reste de l’OASIS, il est Parzival.

Or, quand James Hallyday, patron de Gregarious Simulation Systems (GSS) et créatueur de l’OASIS vient à mourir sans héritier, on découvre grâce à un testament vidéo qu’il a organisé un gigantesque concours, une véritable chasse au trésor à la recherche d’un « oeuf de Pâques » caché dans l’OASIS. Celui qui le découvrira se trouvera à la tête des milliards de dollar de Hallyday, et prendra le contrôle de l’OASIS. Pour ce faire, les joueurs doivent trouver trois clés pour ouvrir trois portails et parvenir à la victoire. Etant donné l’enjeu, les utilisateurs de l’OASIS se lancent en masse dans l’aventure, décryptant les indices laissés par le magnat du virtuel non seulement dans ses biographies, mais aussi dans tout un corpus de films, séries, tubes et jeux vidéos des années 80, la période de son adolescence. Wade s’y met lui aussi, depuis sa planque dans les bidonvilles, et passe tout son temps libre à décortiquer textes, films ou même boîtiers de jeux à la recherche d’indice sur la localisation des clés.

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Couverture de l’édition poche de Gamer One

Durant cette quête, Wade alias Parzival, entretient une rivalité bon enfant avec son meilleur ami dans l’oasis, un avatar du nom d’Aech, un rigolard fan de bons mots qui se lance souvent dans des débats enflammés sur les jeux et films préférés d’Hallyday. Notre jeune héros va également, alors qu’il est sur la piste de la première clé, faire la rencontre d’un avatar particulier, celui de son « cyber-béguin », une bloggeuse gaming connue sous le nom d’Art3mis, redoutablement futée et déterminée… C’est sans compter sur l’entreprise International Online Innovative (IOI), qui compte mettre la main sur la fortune et l’empire de Hallyday, ainsi que sur les données personnelles des utilisateurs de l’OASIS dont l’anonymat est garanti par GSS. Ils envoient des hordes entières d’avatars sur-armés et surpuissants, appelés les « Sixers », véritable armée privée à l’intérieur de l’OASIS.

Les ennuis ne fond donc que commencer pour Wade, quand il découvre la première clé. Dans l’OASIS, mais aussi dans le monde réel…

  • Le jeu vidéo « rétro » à l’honneur

On ne peut pas vraiment dire que je sois une grande « gameuse », n’ayant jamais possédé de console.

Et pourtant… Au début de la gloire de jeux PC comme Atlantis, Versailles ou Egypte, et même Zork: Nemesis ou jeux à dégommer comme Deadly Tide,  je ne loupais pas un épisode de Des Souris et des Rom sur Canal J. J’expédiais mes devoirs vite fait, et quand nous avons eu notre premier PC à la maison, outre la lecture et le dessin, je l’allumais. Dès mes douze ans et jusqu’à à peu près vingt-cinq ans (après je n’avais plus le temps), je passais le plus clair de mes vacances assise davant l’ordinateur, à bâtir des civilisations ou mener des batailles sur Age of Empires II, Empire Earth, Age of Empires III ou Age of Mythology, ou à inventer des histoires hilarantes sur Les Sims 2 (je détestais les Sims 3 – sur le coup, il y avait des idées intéressantes, mais c’était beaucoup moins amusant!). J’ai donc passé assez de temps rivée à mon PC sur des jeux de stratégie et de simulation, et j’ai eu assez de potes et travaillé avec assez de gamers (quand je travaillais en Angleterre, je partageais mon bureau avec la graphiste et le gars de la rubrique jeux vidéos) pour comprendre la fascination exercée par cette univers, ainsi que sa grande richesse. D’ailleurs, même si mon esprit est occupé autrement à présent, je ne peux pas m’empêcher de jeter un oeil à l’actualité des jeux, ou à regarder, tard le soir, Retro-Game One pour une plongée fascinante dans l’histoire du jeu vidéo.

J’ai donc adhéré à fond. Car même si je ne connais pas tout à fond et que je n’ai toute ma vie qu’effleuré le sujet, je ne me suis pas sentie larguée quand, dans le livre, il est fait référence aux modèles de consoles anciennes présentes dans l’OASIS sur lesquelles s’entraînent Parzival et Aech, ou aux jeux mythiques que même des non-initiés peuvent connaître. Qui n’a pas entendu parler du mythique Pac-Man ou même de Dungeons and Dragons? Ou de Space Invaders avec ses graphismes en 2D pixellisés? De Zork? Pour peu que l’on se plonge à fond dans l’histoire, ne pas être un gamer n’est pas en soit très handicapant. Cela peut aider mais ça n’est, à mon avis, nullement indispensable, car le livre a d’autres richesse. En effet, Player One nous ramène donc dans un univers un peu nostalgique et haut en couleurs: celui des années 1980!

  • Culture des eighties

Qu’on adhère à l’ambiance eigthies ou non, il faut bien avouer que les productions filmées ou musicales de cette période (années 80 mais aussi fin des années 70) sont assez typées, et marquées par leur époque au niveau du visuel et des sonorités. Dans cette chasse à l’oeuf, James Hallyday entraîne les joueurs de l’OASIS dans le monde de son enfance et de son adolescence, qu’il s’agisse de jeux vidéos, de musique ou même de films. Il faut dire que cette période a vu émerger des genres comme les films teenager comme Breakfast Club ou Créature de Rêve, des films d’horreur, d’aventure ou de fantasy comme Legend ou Conan le Barbare, des comédies S-F comme Retour vers le Futur ou des classiques de la science-fiction comme Blade Runner! Outre ceux-ci, on retrouve des films aux thèmes marqués par la cybernétique comme WarGames ou encore de la science-fiction jeunesse comme Explorers (avec Ethan Hawke et River Phoenix quand ils étaient des p’tits bouchons!).

IMG_4064Bref, des films que même des générations plus jeunes ont vus, soit par curiosité, soit parce que leurs parents leur auront montré! Pour des gens comme moi qui approchent doucement de la trentaine, c’est toute leur enfance! 🙂 Donc, ce n’est pas sans un sourire que j’ai lu un passage où Wade/Parzifal entend pendant une partie très corsée dans l’OASIS pour récupérer la deuxième clé, la bande originale – épique! – de Conan le Barbare en fond sonore! (Désolée, les aventures de ce bon vieux Conan, c’est culte pour moi!)

Petit détail amusant concernant ces références à la culture populaire des années 80: le récit est à la première personne, raconté du point de vue de Wade, et chaque film ou morceau de musique cité est suivi d’une parenthèse avec le nom du réalisateur/groupe avec l’année de production. Donc, des infos utiles quand on ne connaît pas ladite réalisation! Pour ma part, cela m’a permis de découvrir le groupe de hard-rock Rush! Donc, même si vous ne connaissez pas toutes les références, c’est une occasion de (re)découvrir certains classiques ou des choses un peu plus alternatives dans les années 80!

  • Un monde de tous les possibles

Player One ne nous décrit pas une réalité très réjouissante. Outre les multi-milliardaires comme Hallyday ou les multinationales comme IOI, la plupart des humains vivent dans une grande misère matérielle et sociale. Wade lui-même n’est qu’un gamin mal dans sa peau, un orphelin que sa tante garde dans un mobile-home pour toucher ses tickets de rationnement. Difficile de se faire des amis quand c’est chacun pour soi, quand on vit dans des quartiers décrépis où l’on se bat pour le moindre bidon de carburant ou pour le moindre composant électronique à revendre – à cet égard, on assiste au début à une scène où Wade est découvert par sa tante et le compagnon de celle-ci dans un recoin de la caravane en train de regarder un film sur son vieux PC, celui-ci lui est confisqué pour être revendu.

L’OASIS constitue une parade au manque d’intimité et de perspective – ce n’est d’ailleurs pas sans rappeler le postulat de départ du film Avalon. Son accès est gratuit. Elle constitue une formidable banque de données où l’on peut trouver tous les livres, films et jeux possibles et imaginables, où il est possible d’aller à l’école en ligne sur le monde de Ludus, dans des bâtiments somptueux et propres bordés de parcs et de forêts. Il est possible de créer un avatar super glamour, de porter une armure ou d’avoir la peau verte, de se faire passer pour un homme. On crée, en guise de fenêtre tchat, des salons de discussion privés et personnalisés, comme ce sous-sol aménagé où lui et Aech passent du temps à lire, discuter et à s’entraîner sur de vielles bornes ou consoles. Ils créent leurs petits cocons, comme avec le holodeck de Star Trek. Pour ceux qui acquièrent des points d’expérience, ou qui ont des « crédits » – la monnaie d’échange d’OASIS, les avatars acquièrent de la puissance, de nouveaux pouvoirs, des artéfacts qui décuplent les éventualités… mais qui mettent aussi en avant des inégalités persistantes dans le monde virtuel.

  • Des questions assez pertinentes

C’est une platitude que de dire qu’un ouvrage de science-fiction pose des questions sur le monde qui nous entoure. Car l’univers d’OASIS n’est pas si utopique que ça, finalement, et reflète les inégalités du monde réel. En début de roman, Wade/Wade3/Parzival est pauvre comme Job et ne dispose pas de crédits suffisants pour se déplacer sur OASIS et pour acquérir des artéfact magiques ou high-tech. Il n’a d’autre choix que de dégommer lapins et écureuils pour faire augmenter son niveau d’expérience, accumulant peu à peu des points en vue de quêtes futures. Face à lui, d’autres avatars « riches » possèdent toutes sortes objets mis aux enchères entre utilisateurs qui les avantagent par rapport aux autres. S’agit-il d’une critique déguisée envers ces développeurs de jeux « gratuits » dont les joueurs paient pour avoir accès à la suite? Où de jeux payants avec encore d’autres contenus payants que le joueur addict aura envie d’acquérir?

Question des données personnelles aussi – d’actualité récemment. Dans l’OASIS, l’anonymat est garanti, les données protégées quelles que soient les circonstances. C’est donc le seul espace réellement libre auquel aient accès Wade et les autres chassoeufs, le seul havre de paix de bien des hommes et des femmes. Le but d’IOI qui cherche à accaparer le contrôle d’OASIS, est d’avoir non-seulement accès aux données des usagers, mais aussi de faire de la simulation un service payant, coupant ainsi l’accès à une large frange de la population et creusant encore plus les inégalités entre les privilégiés et les autres. De plus, ils se débrouillent pour pirater ces données et récolter des informations sur les chassoeufs dangereux… La vision de la multinationale comme véhicule de l’exploitation en vue de plus de profit, bref de l’injustice et du mal absolu est un peu bateau. Mais en somme, nous sommes dans une société dystopique et il faut bien que tout se ligue contre les héros pour les pousser à se dépasser!

  • Conclusion

Pour moi, Player One est une très, très belle découverte. Je suis certes assez bon public, mais pour le coup, j’ai adoré. J’ai trouvé une histoire prenante, captivante, aussi addictive que l’OASIS elle-même. L’univers, cette réalité virtuelle où l’on peut en un clin d’oeil se créer sa propre forteresse pour donner un QG à son avatar, où l’on peut partager des aventures avec d’autres. J’ai aimé l’idée de replonger le lecteur dans cette culture des années 80 haute en couleurs, de se référer à des classiques. J’ai fait de réelles découvertes, et la quête de ces jeunes m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière ligne. Aussi je le conseille aussi bien aux gamers qu’aux non-gamers.

Le seul bémol, c’est qu’on fait encore du gamer un ado solitaire et mal dans sa peau, qui ne réussit à avoir une vie « sociale » épanouissante à travers son avatar quand il est en ligne. Plus on en apprend sur les jeunes qui se cachent derrière Parzival, Aeach, Art3mis, Daito et Shoto, plus cette impression se renforce. Je trouve ça un peu dommage… En même temps, comment être bien dans un monde appauvri,  violent, crasseux et sans perspective? Si l’on y réfléchit bien, l’histoire s’appuie sur cette envie, cette aspiration à l’accomplissement – fort humaine au demeurant. Après tout, n’a-t-on jamais rêvé d’être un héros? D’être quelqu’un de plus brave? De plus beau? D’avoir une vie plus palpitante?

Le cliché du gamer solitaire est une vision assez réductrice, voire carrément méprisante. La plupart des gamers que je connais, la plupart sont bien dans leur baskets, ont des potes et une vie sociale – n’oubliez pas que sur une console, on peut jouer à plusieurs avec des amis. Ce ne sont pas de petits gars moches, binoclard (pourquoi diable est-ce si mal de porter des lunettes?) boutonneux qu’on nous présente dans les films, et certains sont même absolument canons (je parle de ceux que je connais). Ce ne sont pas des ados attardés chez Papa-Maman, mais des jeunes hommes brillants et indépendants. D’ailleurs, il existe des chiffres très intéressants sur le sujets! Mais pour ma part, si je peste après le cliché du gamer solitaire, j’étais une jeune fille plutôt différente et solitaire, et mes parents, inquiets, me voyant plongée dans mes parties de Sims interminables au lieu de sortir avec des copains comme tout le monde, se sont même demandé si je n’étais pas dépendante aux jeux. En fait, pas vraiment, je pouvais arrêter quand je voulais, j’avais des tas d’autres centres d’intérêt. Mais bon, puisque je n’avais pas énormément de sorties ou de camarades avec qui partager des activités, j’avais du temps à tuer, et les jeux le remplissaient bien! Et puis, c’était cool de développer des civilisations, des stratégies et des plans de bataille, de voir des cités florissantes se développer sur mon écran, incroyablement distrayant de regarder mes Sims s’amuser et se battre…

En revanche, s’il est un point que j’ai apprécié dans ce livre, c’est cette prise avec la réalité, le monde concret. J’aurais regretté que tout se passe dans l’OASIS. L’OASIS crée un environnement mais les enjeux sont dans la vraie vie: avec tous ces milliards de dollars, ces jeunes veulent sortir de leur condition, s’élever, ne plus connaître les pénuries, le froid, les risques d’écroulement des bidonvilles. Il y a donc un but concret. Les passages dans le monde réel sont assez sombres et statiques, comme pour renforcer ce sentiment de mal-être du héros – son action dans le monde réel se résume à s’occuper de ses besoins physiques et de son hygiène. Cela change peu à peu au fur et à mesure de l’histoire, et – je tente de ne pas spoiler – quand il se rend compte des implications de ses actions de chassoeuf pour lui, pour sa propre vie, et pour celle des jeunes qui se cachent derrière les autres avatars. C’est ce qui le pousse à se reprendre en main après un coup du sort qui le laisse complètement seul. Et c’est finalement dans le « monde réel », dans ce monde qu’il exècre que Wade va se dépasser, jouer son plus gros coup, le plus audacieux.

Et peut-être découvrir, comme je l’ai découvert plus tard, que finalement, le jeu le plus addictif n’a pas besoin de borne et de console, qu’il n’est pas en pixel… qu’il est la vie elle-même.

Titre: Player One
Auteur: Ernest Cline
Editions: Pocket
Collection: Pocket Science Fiction
624 p.
Parution: Mars 2015 (pour l’édition de poche)
Prix: 9,80 €

Blanche Mt.-Cl.

Le Livre qui m’a réconciliée avec la fantasy – La saga « Autre-Monde » de M. Chattam

Depuis la récente création de ce blog, me voici de retour avec une autre saga pour la jeunesse. Mais est-ce de ma faute si tant de choses intéressantes ont commencé alors que j’étais déjà une jeune adulte? En effet, adolescente, je ne jurais que par les romans historiques (et je ne vous parle pas de Christian Jacq, mais de VRAIS livres de dur à cuire comme le Néropolis d’Hubert Montheillet par exemple!), mais avec Autre-Monde, j’ai découvert une série qui aurait pu changer ma vie de lectrice si je l’avais connue avant! Après avoir dévoré en enfilade L’Alliance des Trois, Malronce et Le Coeur de la Terre, j’ai ensuite attendu les sorties d’Entropia, Oz et Neverland… Et j’attend l’ultime volume avec impatience. Je ne détaillerai pas l’intrigue de chaque opus, mais voici en gros de quoi il s’agit…

  • Le « Pitch » – Une saga pour deux cycles

L’Alliance des Trois commence de nos jours, à New York, la veille de Noël. On y fait la connaissance de Matt qui s’apprête à passer son dernier Noël avec ses parents en instance de divorce et de Tobias, son meilleur ami, un adorable petit binoclard un brin peureux qui partage ses goûts pour les jeux de rôle et la fantasy. Or après une violente tempête pendant la nuit, ils se réveillent le matin de Noël pour voir leur environnement complètement chamboulé… et les adultes ont disparus. Ils échappent alors à des monstres et à d’étranges créatures mécaniques, pour s’enfoncer dans une forêt dense aux arbres géants qui a soudainement recouvert la terre. Au cours de leurs aventures, ils vont rencontrer différentes communautés d’enfants qui organisent leurs survis dans les décombres des grandes villes ou dans les profondeurs de la forêts, affrontent des animaux géants et toute sorte d’aberrations de la Nature. Ils font également la connaissance d’Ambre, une belle jeune fille débrouillarde et curieuse à laquelle Matt s’attache beaucoup… et forment ensemble l’Alliance des Trois. Mais ce n’est pas tout. 🙂 Car cet « Autre Monde » est extraordinaire. Outre le gigantisme des plantes et des animaux, on assiste à des phénomènes étranges parmi les enfants et adolescents: ils développent ce qu’ils appellent des « altérations », pour des raisons de survie – Matt une force surhumaine suite à une grave blessure, Tobias une grande rapidité à cause de son hyperactivité, Ambre la télékynésie pour lutter contre sa maladresse. D’autres manipulent l’électricité ou le feu, communiquent avec les animaux…

Au fil des volumes suivants comme Malronce et Le Coeur de la Terre, on assiste au développement de la société des Pans – c’est ainsi que se nomment les enfants et adolescents – et l’on fait la connaissance des adultes restants qui n’ont pas été changés en ces créatures répugnantes surnommées les Gloutons. Les enfants les appellent les Cyniks: ceux-ci ont eux aussi créé un royaume dans le Sud et mènent une lutte sans merci contre les enfants. La mystérieuse reine Malronce, en particulier, et une créature effrayante qui phagocyte tout sur son passage, le Raupéroden, cherche à mettre la main sur Matt, tandis que lui et ses compagnons Tobias et Ambre avancent dans leur compréhension du nouveau monde et de ses mécanismes, quand peu à peu la vie et la nature ont repris le dessus sur des constructions humaines. Par ailleurs, le danger s’installe à l’intérieur de la communauté pan, quand les adolescents plus âgés ne trouvent plus leur place et sont tentés par la vie avec les Cyniks… Gare aux traitrises!

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Ma collection, occupant l’une des places d’honneur de ma bibliothèque…

Un cycle nouveau s’ouvre avec le quatrième opus, Entropia, soufflant un vent nouveau sur la saga. Alors que les Pans ont instauré une paix fragile avec les Cyniks, que Matt, Ambre et Tobias vivent une vie tranquille à Eden, la capitale Pan, surgit un nouveau danger. Les trois compagnons partent en exploration dans ce qui était le Canada où oeuvre une affreuse créature synthétique, toute de câble et de carbone. Elle avance depuis le Nord en générant une tempête appelée Entropia, fruit de ce que l’humanité a créé de plus affreux… Ils l’appellent Ggl. Devant l’ampleur de la catastrophe qui s’annoncent, les Pans décident de partir à la recherche du second Coeur de la Terre (le premier ayant aidé à faire la guerre aux Cyniks)… Les deux volumes suivants, Oz et Neverland, racontent leur voyage incroyable vers et à travers l’Europe. Alors que le Buveur d’Innocence, un Cynik qui les suit de loin et qui souhaite saper la paix avec les Pans, le navire qui vogue vers l’Europe est incendié. Après une arrivée chaotique, nos jeunes héros sont séparés et découvrent une société où les adultes, appelés Ozdults, ont réduit les enfants en esclavages et se servent d’eux pour produire un Elixir leur permettant de profiter de leurs altérations… Ils tentent de se retrouver et de joindre un noyau de résistance en Europe centrale, quand Entropia gagne les îles britanniques…

  • Ce que j’en pense

Bien sûr, je ne peux vous en dire plus sans spoiler, mais parler un peu de l’histoire est primordial pour vous mettre l’eau à la bouche… Car cette série vaut vraiment le coup. Elle a changé ma perception de la fantasy, qui à la base n’est pas un genre que j’affectionne. J’ai donc beaucoup aimé l’idée de faire d’adolescents d’aujourd’hui, habitués à leur petit confort et à leurs écrans, les héros d’une véritable épopée dans un monde de forêts denses et de papillons géants. Par ailleurs, les clins d’oeil à la culture populaire, et même à la culture geek (Matt et Tobias ont un petit côté geek, d’ailleurs…) m’ont faite sourire. Par exemple: Matt possède une réplique de l’épée d’Aragorn offerte par ses parents, dont il se sert comme arme et qui devient, en quelque sorte, son talisman! 🙂

Les jeunes héros sont assez attendrissants et attachants. Pour une fois, j’aime beaucoup le personnage principal, Matt, qui me rappelle un peu mon frère au même âge dans sa façon d’être, et même physiquement. Quant à Tobias, le gamin timoré du premier tome, j’aime son évolution, les ressources qu’il trouve en lui-même pour au final être capable de se débrouiller sans Matt et Ambre. Ceci dit, j’ai un petit bémol avec Ambre que je trouve un peu trop parfaite – non-seulement elle est très belle et intelligente, douce et pondérée, mais en plus c’est une sorte d’élue… Alors que je l’aurais trouvée plus intéressante avec des défauts, ou des traits de caractère un peu irritants (je ne sais pas, la rendre un peu plus pète-sec, étourdie, colérique…) qui l’auraient rendue plus humaine. C’est une charmante enfant, mais je la trouve trop lisse. J’aime bien quand les Elus ont des défauts, justement! Ça les oblige à se transcender, à aller au-delà de leurs propres failles! Finalement, elle a fini par me sembler humaine et normale, avec des réactions de frustration légitime à partir du cinquième tome, quand une tragédie la frappe.

Si les « méchants » comme le Buveur d’Innocence semblent un brin caricaturaux, certains rôles secondaires sont plutôt intéressants – comme les Pans de l’île Carmichael, Gaspar, le fascinant chef de la résistance enfantine dans le dernier tome, ou encore le capitaine Jahrim, l’adulte le plus stylé de l’histoire… Et l’on voit émerger une sympathique petite bande d’explorateurs et de combattant autour de Matt et Tobias, en même temps qu’un véritable courant de dévotion autour d’Ambre.

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Couvertures

Mais ce qui fait la force de cette histoire passionnante, c’est la force de l’imagination de Maxime Chattam. Le seul truc pour lequel je lui en veux en la matière, c’est qu’il a écrit le livre que j’aurais aimé écrire – au début de mes études, avant de lâcher l’affaire avec l’écriture pour quelques années, je commençais à penser à une sorte d’épopée adolescente et urbaine, ou des gamins vivaient des aventures à l’ancienne! Méchant Maxime! 😉 Après, n’est pas auteur de talent qui veut. Bref. Ce nouveau monde créé par Chattam est tout bonnement fascinant, avec ces immenses forêts qui couvrent le globe, ces dangers présents à tous les coins, cette énergie qui libère des forces complètement irrationnelles qui rendent l’environnement magique. J’ai aimé à voir Matt et Tobias s’enfoncer dans des forêts aux dimensions impressionnantes, Ambre chevaucher un papillon géant, la végétation envahir les ruines des grandes métropoles, des scarabées lumineux parcourir les anciennes autoroutes américaines, les enfants développer leurs altérations pour en faire des armes redoutables… On nage dans l’extraordinaire…

Et s’il n’y avait que cela! Ce monde est foisonnant… En effet, adulte comme enfants ont organisé la survie, chacun à leur manière et créé des sociétés complexes avec des moeurs spécifiques. Chez les Pans, on retrouve des bandes de gamins armés de crosses de hockey qui subsistent en s’alimentant dans les anciennes réserves de centres commerciaux, les dits « Kloropanphyles » qui se sont fondus avec la forêt et vivent dans les arbres en harmonie avec la nature, les résistants d’Europe centrale qui vivent en communauté dans un château somptueux (que je soupçonne d’être celui de Neuschwannstein en Bavière)… Les sociétés adultes sont extrêmement intéressantes aussi, créées par des hommes et des femmes qui se sont réveillées amnésiques et effrayés. Toutes sont basées sur la peur et même la haine de l’enfant, et tendent à faire de l’enfant de véritables esclaves au service de leurs aînés, voire de jouets par le biais de l’anneau ombilicale qui annihile toute volonté en eux, ou d’un collier spécial…

Je parlais des clins d’oeil à la culture populaire et de ces enfants de maintenant faisant face à ce qui parait sorti d’un film de fantasy, ceci est valable également pour les lieux. J’ai fait allusion au château de Neuschwannstein, mais si on retrouve des lieux comme des mégalopoles américaines avec leurs buildings, on visite les ruines de Disney World en Floride, on voit ce que sont devenus Londres et Paris… Et pour quelqu’un qui comme moi connais plutôt bien Paris et sa proche banlieue, la Défense est devenu un véritable enfer (déjà que…). Mais je n’en dirai pas plus sur ce point!

  • Conclusion: quel Pan aurai-je aimé être?

Imagination, histoire captivante dans un monde fascinant, personnages attachants… Bref, carton plein pour Autre-Monde, que je n’ai de cesse de conseiller à mes petits cousins et cousines (oui, il y a un sacré écart d’âge entre mes jeunes cousin/es et moi). Pourtant tout n’était pas gagné. En effet, j’avais – j’ignore pourquoi – pris la saga pour une simple trilogie, et j’avais peu accroché à la fin du troisième volume que je trouvais un peu plate. J’ai donc été à reculons pour lire le quatrième. Qu’à cela ne tienne, en trois jours, j’avais dévoré Entropia. Les trois derniers volumes sont encore meilleurs que les premiers, et même le style d’écriture semble y gagner! Je ne remets pas en cause le talent de conteur du grand Chattam, mais je trouve Oz et Neverland encore mieux écrits que les précédents opus. Donc, juste une chose: ne vous découragez pas si le troisième tome vous déçoit, car le reste est, à mon humble avis, un niveau au-dessus!

Je finirai donc cette conclusion avec un petit délire… A la fin de chaque volume, Maxime Chattam proposait aux lecteurs d’envoyer des suggestions de Pans, des genres d’avatars des lecteurs… Cher Maxime, tu ne liras JAMAIS ces lignes, et le dernier livre est fort probablement en cours de rédaction et pratiquement terminé… Mais voici le Pan que j’aurais aimé être. Une jeune fille d’environ seize ou dix-sept ans, petite et athlétique, avec de longs cheveux bruns, épais, frisés, et de grands yeux couleur ambre, un teint anormalement clair – bref, un visage d’icône byzantine (plus belle que moi, je vous rassure!). Je me serais appelée Zoé car c’est ainsi que j’ai appelé l’héroïne de mon roman, et j’adore ce prénom. Au Noël de mes seize ans, j’étais en famille avec mon frère (vous savez, le mec qui ressemble à Matt), et je prenais soin de ma cousine d’un an qui ne parlait pas encore. A devoir me planquer pour survivre avec un bébé incapable de garder le silence, j’aurais développé la capacité de communiquer par télépathie avec les enfants en bas âge ne maitrisant pas le langage, pour les rassurer, les calmer en cas de problème ou de danger. Et surtout, ce « superpouvoir » m’aurait préservé du destin de Cynik.

Et vous alors, quel genre de Pan auriez-vous aimé être?

Blanche Mt.-Cl.