Steampunk martien – Le Château des Etoiles, t. 4 : Un Français sur Mars (Alex Alice)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous allez tous bien! Me voici de retour, en temps et en heure pour une nouvelle chronique, et je dois vous avouer que ça ne va pas être à nouveau le cas avant quelques semaines qui vont être un peu chargées. Comme d’habitude en somme, mais cette fois-ci j’ai de très bonnes raisons que je vous exposerai dans le bilan de Septembre.

Bref, me revoili-voilà, si j’ose dire « à chaud » pour vous présenter une nouvelle chronique BD dédiée à une sortie récente, puisque cet opus vient de sortir, pas plus tard que la semaine dernière: le tome 4 du Château des Etoiles d’Alex Alice, à savoir Un Français sur Mars. Précommandé depuis quelques temps, et lu ce week-end pour le plaisir de continuer ce mois de septembre très BD sur le blog. 😉 Nous voici donc repartis pour le XIXe siècle, alors que les puissances européennes se disputent le territoire de Mars… Continuer la lecture de Steampunk martien – Le Château des Etoiles, t. 4 : Un Français sur Mars (Alex Alice)

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Lettres martiennes – En Terre étrangère (Robert Heinlein)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens aujourd’hui avec une nouvelle chronique livresque, de la vraie science fiction cette fois-ci, dédiée à un ouvrage que j’ai mis plus de temps que prévu à lire – tout d’abord à cause de mes préoccupations, et aussi parce que cet ouvrage me laisse une fort étrange impression.

En effet, je vais aujourd’hui vous parler d’un classique de Robert Heinlein, sorti dans les années 1960 et ré-édité récemment en livre de poche: En Terre étrangère. En effet, il m’avait attirée de par sa couverture un peu flashy, et de par son résumé qui sentait bon le flower power, étant donné qu’il est devenu un ouvrage culte sur les campus des années 1960.

Je vous invite donc à découvrir un monde futur, au côté d’un humain né sur Mars et revenu sur Terre, un lieu des plus étranges pour ce jeune homme innocent…

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Prussiens sur Mars – Le Château des Étoiles, t.3: Les Chevaliers de Mars (Alex Alice)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que le week-end fut bon!

Je me propose, pour la chronique livre de cette semaine, de faire une incursion dans le monde de la BD, avec le troisième tome d’une série que j’affectionne beaucoup: Le Château des Étoiles, d’Alex Alice, qui nous emmène dans un XIXe siècle fantasmé où les puissants de ce monde essaient de s’emparer du savoir de Marie Dulac, exploratrice de l’Ether, qui avait mené son ballon à la limite de l’Espace…

Nous suivons dans le tome 3, Les Chevaliers de Mars, la suite des aventures de l’époux de Marie, Archibald, et de leur jeune fils Séraphin, à la conquête de l’Espace…

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À la conquête d’un monde nouveau – Mars la Rouge (Kim Stanley Robinson)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Cela faisait longtemps que je n’étais pas venue avec une chronique digne de ce nom… Et je pense que ce sera chose faite avec l’opus que je vous présente ici: Mars la Rouge de Kim Stanley Robinson, premier tome d’une trilogie qui narre l’arrivée des premiers colons, puis la terraformation de Mars.

Pour anecdote, j’avais déjà entendu parler de ces livres, et surtout vu leurs couvertures qui m’avaient tapé dans l’œil alors que j’étais une pré-ado dans la seconde moitié des années 1990! 😉 Et alors ces titres si énigmatiques… Mars la Rouge, Mars la Verte, Mars la Bleue… De quoi éveiller ma curiosité et d’étranges rêves de conquête spatiale. Je ne les ai lu que cette année, car mes parents faisant partie d’un club littéraire et ayant l’obligation de commander un ouvrage, ils m’ont demandé si un livre pouvait m’intéresser puisqu’ils ne trouvaient pas leur bonheur. C’est ainsi que m’a été offerte la Trilogie martienne.

Je vous embarque donc dans le tome I, en route vers une planète vierge qui ne va pas le rester bien longtemps, et pour la plus extraordinaire des aventures humaines…

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Explorer Mars – De la S.F. à la réalité

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Tout d’abord, je tiens à m’excuser des perturbations récentes qui auront des répercussions encore quelques temps sur mes chroniques. À dire vrai, j’ai consacré un peu de temps à mes écrits, quelque chose que j’aimerais partager avec vous d’ici peu, et j’avoue avoir eu un peu de mal avec le recueil de nouvelles de Lovecraft que je suis en train de lire. Aussi, plutôt que de forcer les choses, je vais lire quelque chose de léger pour rédiger une chronique livre sympa la semaine prochaine (j’ai trouver un petit bouquin qui m’a l’air bien drôle!), et à la place d’une chronique bâclée, je vous propose aujourd’hui un article à thème. 🙂 Une sorte d’écrit de fond pour vous faire passer le week-end!

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Vue sur la planète Mars – Source: Wikipedia

Comme vous l’avez appris il y a quelques mois, lorsque j’ai posté ma description de la Lune de Sang, l’espace, c’est un peu mon dada! 🙂 Je suis même abonnée aux alertes de vol d’Arianespace et je reçois toutes les notifications de succès, de retard ou de décalage de décollage d’Ariane, Soyouz ou Vega. Je ne saurais vous dire si l’espace m’a fascinée avant la S.F., si la S.F. m’a intéressée avant, ou si les deux phénomènes se sont alimentés.

Certains d’entre vous, férus de S.F. ou simplement curieux de l’actualité spatiale, ont dû constater un fait: l’intérêt porté à Mars par les agences spatiales du monde entier, que des programmes d’exploration sont régulièrement lancés, tout comme des sondes et des rovers en direction de la planète rouge, qui nous envoient des photographies de désert à couper le souffle. Et si ce n’était que ça: Mars est également présente dans la culture populaire, notamment par le biais de la S.F. …

Mais quels sont aujourd’hui les enjeux d’une telle exploration? La réalité va-t-elle rattraper la S.F.? Et autre question, plus amusante: quels facteurs prendre en compte pour écrire un Mars opera crédible de nos jours? Cet article ne se veut bien sûr pas scientifique, mais je souhaite qu’il vous donne envie d’approfondir le sujet, qu’il s’agisse de connaissance pure, ou de S.F.!

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Aventures dans un monde nouveau – « Axis » de Robert Charles Wilson

Très chers lecteurs de ce blog

Nouveaux abonnés,

Bien le bonjour.

Tout d’abord, encore une fois, je m’excuse pour ce nouveau retard, car je suis un peu occupée en ce moment – comme vous le savez j’entame un stage de graphiste qui m’occupe et me passionne, mais j’espère trouver vite ma vitesse de croisière, m’occuper des blogs, des devoirs, et reprendre l’écriture du tome 2 de mon roman (et pourquoi pas trouver un éditeur?). Bref. Vous aurez vos deux chroniques par semaine, quel que soit le jour. Me voici donc de retour avec la suite de Spin de Robert Charles Wilson, Axis. Si vous vous souvenez du résumé du précédent tome, vous devez en déduire que l’humanité a survécu au « Spin »…

Attention, pour ceux qui n’auraient pas lu le premier volume, aux spoilers!

  • Une quête dans le désert

A la fin du phénomène Spin est apparu sur Terre une sorte d’Arc qui, depuis l’Océan indien, permet de passer instantanément sur une autre planète. Ce nouveau monde, où se sont installées différentes colonies humaines, a été baptisé Equatoria. Il s’agit d’un vaste continent unique, comme le fut la Pangée sur Terre, avec des vastes baies qui ont permis l’aménagement de ports et étendues désertiques d’où sont extraites du pétrole. Quelques êtres humains ont eu accès à la technologie et aux médecines martiennes (des hommes installés sur Mars dans le premier opus), ce qui prolonge leur vie en un Quatrième Âge, ce qui est censé les rendre non-violent et plus sage, mais la plupart de ces « Quatrièmes Âges » vouent un véritable culte aux Hypothétiques qui ont créé la membrane « Spin » et cherchent par tous les moyens d’en apprendre plus sur eux, tandis que le Gouvernement américain, par le bras du Département de Sécurité Génomique (DSG), les traque.

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Couverture – Source: Amazon.fr

L’histoire commence environ Quarante ans après la fin du Spin. Lise Adams, jeune divorcée d’avec un fonctionnaire du DSG, est revenue sur Equatoria, d’où sa mère et elle sont parties quinze ans auparavant, après la disparition du père de la jeune fille. En effet le docteur Adams, pourrait avoir été victime de ses propres recherches sur les Hypothétiques et sur les Quatrièmes Âges qui le fascinaient. Aidée par un ancien amant, le pilote Turk Findley, elle se lance sur la piste d’une mystérieuse femme qui semblait avoir connu son père, ainsi que sur celle du Docteur Avram Dvali, un savant Quatrième Âge proche de son père. Mais à ce moment-là, une étrange chute de cendres à l’odeur de souffre et aux formes mécaniques s’abat sur Port-Magellan et le reste d’Equatoria, plus intense dans le désert.

Ce que Lise ignore, c’est que cette femme mystérieuse que Turk a avancé en avion jusqu’à un bourg en bordure du désert d’Equatoria, Sulean Moï, a déjà retrouvé le docteur, qui dirige une mystérieuse communauté soudée autour du petit Isaac, fruit d’une expérience menée pour communiquer avec les Hypothétiques. Cet enfant imprévisible et vaguement asocial n’a qu’une obsession: rejoindre le désert qui l’attire irrémédiablement. Obsession qui se fait de plus en plus intense suite à la chute de cendre. Lui et ses mystérieux protecteurs vont bientôt, par l’intermédiaire de la Quatrième Âge dite ibu Diane, vont bientôt croiser la route de Lise et Turk poursuivis par les hommes de la DSG.

  • Une agréable surprise

Après mon avis quelque peu mitigé sur Spin qui m’avait laissée sur ma faim, j’appréhendais la lecture de ce second opus. En effet, mon frère m’avait dit ne pas avoir trop accroché, et la plupart des avis que j’avais lus sur Le Forum de la Littérature Fantastique me faisaient un peu peur. J’ai donc remis la lecture d’Axis – après un essai sur Jérusalem et Player One – à plus tard pour laisser mon cerveau digérer ce que j’avais appris dans le premier volume. Et contre toute attente, j’ai bien aimé Axis. Il ne m’a pas mis de grosse claque, puisque l’on sait déjà ce qui s’est passé avec le « Spin » et la surprise est un peu moins là. Mais le monde, ou plutôt l’univers que l’on découvre est fascinant.

Port-Magellan, ville cosmopolite avec ses habitants issus de cultures différents, où des bidonvilles côtoient des villas cossues, et le désert dont les paysages hypnotiques ne sont pas sans rappeler l’atmosphère de Dune de Frank Herbert, constituent un décor absolument idéal pour ce récit qui s’apparente autant à l’aventure qu’à la science-fiction. On assiste à la jonction de deux « quêtes », si j’ose dire – celle de Lise qui cherche des réponses quant à son père, celle d’Avram Dvali et même celle de Sulean Moï. J’ai même pris plaisir à retrouver Diane elle-même qui est à présent une très vieille femme, une sorte de sage capable de prendre autre chose que les décisions désastreuses qui ont manqué de la mener à sa perte dans Spin.

Au niveau de la narration, ma foi, on est loin de cette alternance de flashbacks et de « temps présent », et on suit un récit d’aventure de facture assez classique, mais efficace, avec différents sub-plots, comme la course-poursuite avec les hommes du DSG, les tentatives de l’ex-mari de Lise pour l’éloigner du danger, la « romance » avec Turk, la fascination de Lise pour Diane – dont on apprend qu’elle a fini par épouser Tyler sur le tard – et Sulean Moï. Quant à l’environnement lui-même, il est juste extraordinaire. On assiste à des bouleversement fascinants et flamboyants, spectaculaires – comme l’apparition de fleurs mécaniques émergeant de la cendre et qui semblent appeler le petit Isaac, ou d’une forêt synthétique au fin fond du désert. Si en soi le suspense n’est pas haletant, on se laisse volontiers aller à la rêverie en lisant ces pages…

Bref, je ne serai pas aussi catégorique et dure avec Axis, car je m’y suis laissée prendre plus facilement qu’au premier. En fait, il n’est pas comparable, car il plante un tout nouveau décor et ne s’articule pas de la même façon, quand bien même il est fait plusieurs fois référence aux protagonistes de Spin. Je vous conseillerais presque de le prendre plus comme un spin-off que comme une suite à proprement parler… et il est bien plus distrayant et « léger » que le premier volume. Ce n’est pas du tout péjoratif, car avec mon emploi du temps chargé, j’ai eu peu de temps pour lire et j’ai dû m’y coller en pointillés, et j’avais besoin de lire quelque chose qui m’accrochait bien et qui me tenait d’une fois sur l’autre. Axis ne me semble donc pas aussi raté qu’on me l’avait dit, et je souhaite rassurer les lecteurs de Spin. Axis s’en différencie certes, mais le plaisir de la lecture n’en est pas pour autant absent.

Et pour ceux qui l’ont lu, qu’en avez-vous pensé?

Titre: Axis
Auteur: Robert Charles Wilson
Editions: Folio
Collection: Folio SF
496 p.
Parution: Mars 2015 (pour l’édition de poche)
Prix: 8,50 €

Blanche Mt.-Cl.

Décalage temporel et chaos – « Spin » de Robert Charles Wilson

Très chers lecteurs de ce blog, bien le bonjour.

Pour commencer cette semaine, me voici de retour avec un livre relativement récent, tout juste lu et que m’avait chaudement recommandé mon frère… qui a des goûts assez spéciaux concernant la science-fiction. Mais ce qu’il m’en avait dit m’ayant beaucoup intriguée, j’ai très vite fait l’acquisition du bouquin, lu il y a peu: Spin de Robert Charles Wilson, qui ouvre une trilogie de science fiction (avec Axis et Vortex) basée sur le nouveau monde chaotique qui voit le jour dans ce premier opus. Mais au lieu de nous étendre, entrons dans le vif du sujet…

  • Le postulat de départ

Etats-Unis, dans un futur très proche. Fils d’une employée de maison, le jeune Tyler Dupree, douze ans, se trouve dans le parc entourant la demeure des Lawton, en compagnie des jumeaux Jason et Diane. Ils assistent alors à un spectacle troublant: dans le ciel, les étoiles s’éteignent toutes d’un seul coup. Si le phénomène affole le monde entier, le jeune Jason Lawton, surdoué réfugié dans la rationalité, décide d’en apprendre plus sur les raisons de cet étrange phénomène. Il ne tarde pas à savoir, par son père E.D. Lawton, puissant industriel proche du pouvoir, qu’une étrange membrane, appelée la « membrane Spin » occultant les étoiles entoure le globe… et qu’à l’extérieur de celle-ci, le temps passe des millions de fois plus vite. L’univers et le système solaire vieillissent donc à tout allure: en une dizaine d’années de vie humaine, des étoiles meurent, des galaxies entrent en collision, et le soleil approche du point où, épuisé, il deviendra une géante rouge et se dilatera au point d’absorber la Terre. Il ne resterait donc que quelques décennies à vivre à l’humanité…

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Couverture de l’édition poche – Source: Amazon

Pourtant, les années passant, les personnages prennent différents chemins: Tyler devient médecin, Diane, qu’il aime depuis l’enfance, se réfugie dans la religion et épouse Simon, un membre d’une secte chrétienne millénariste, tandis que Jason, véritable génie, est bientôt nommé à la tête du programme spatial Périhélie en Floride. Il parvient à faire employer son ami Tyler comme médecin du projet en Floride. Jason n’a plus qu’un seul but: trouver les origines et la raison du Spin. Or de plus en plus, il s’avère que la membrane entourant la Terre, alimentée par d’étranges artéfacts positionnés aux pôles terrestres serait le fruit d’une intelligence extérieure, les « Hypothétiques »…

Au fur et à mesure que l’obsession ronge Jason et qu’il perd l’appui de son père, que la secte de Diane se radicalise et que le monde sombre dans le chaos dans l’attente de la fin du monde, Tyler assiste aux efforts de son génial ami pour lancer un projet censé sauvé l’humanité de sa prochaine extinction…

  • Les partis pris de l’histoire

L’histoire est racontée à la première personne par Tyler Dupree, en flashbacks. En effet, le lecteur oscille entre les chapitres sur-titrés 4 000 000 000 ap. J.C. – donc le moment où l’humanité est censée être proche de sa fin, le temps de la narration, où l’on voit Tyler malade, fuir quelque chose et se cacher en compagnie de Diane… et saisi de crises de « graphomanie » qui le poussent à écrire ses mémoires.

Dans les autres chapitres, il nous fait le récit de ce qui s’est passé depuis cette nuit où à douze ans, il a vu les étoiles s’éteindre. Il nous parle des évolutions complètement antagonistes de Jason dit Jase, et de sa soeur Diane. Il décrit le monde et le chaos engendré par le Spin, et ses conséquences dans la vie des individus, la soif de savoir de Jason et l’attente du salut de Diane. A cet égard, j’ai apprécié que l’auteur ne cède pas aux raccourcis faciles concernant les surdoués: bien souvent, dans les séries et les films, ils sont soit de petits binoclard/es boutonneux qui ont peur de tout et socialement incapables, ou particulièrement arrogants, et les auteurs semblent confondre intelligence et savoir, ou intelligence et pure rationalité. Bref, souvent le surdoué est surtout un cerveau sur pattes et on se soucie peu de ce qu’il ressent. C’est d’ailleurs assez agaçant et c’est ce qui rend bien souvent les surdoués fictifs absolument détestables, quand dans le monde réelle, ce sont des personnes qui ont certes des facilités, mais aussi des êtres de chair et de sang, qui s’ils peuvent avoir des problèmes d’intégration avec les autres enfants, s’amusent et souffrent comme tout un chacun, même s’ils ont une manière parfois peu conventionnelle de le faire. Bref, Jason et Diane sont des enfants intellectuellement précoces qui connaissent des évolutions contraires. Jason est visiblement un petit génie, bricoleur, débrouillard, fou de gadgets et de sciences, et qui parvient, grâce à son talent et aux relations de son père, à réussir dans son domaine. Il n’est pas asocial, mais sa soif de savoir et de compréhension, son goût pour les choses rationnelles et les faits, vont lui faire renoncer à un semblant de vie personnel et à le mettre en danger. Quant à Diane, c’est l’inverse, c’est la jeune fille émotive qui n’arrive pas à gérer émotionnellement toutes ces choses qu’elle comprend et qui l’angoissent. Aussi vire-t-elle vers l’irrationalité la plus complète, et se consacrant à la religion, allant d’un mouvement millénariste à l’autre, avec son époux Simon, lecteur assidu de la Bible attendant que les prophéties de l’Apocalypse se réalisent. A tel point que Diane va peu à peu s’isoler et se couper de ceux qui l’aiment, jusqu’à se mettre en danger.

Quant au narrateur, on peut dire que Tyler, dit Ty par son ami Jason, est le confident du frère et de la soeur, une sorte de tampon entre eux. C’est « l’homme ordinaire » de la bande, un peu perdu au milieu de tout ça, qui lutte contre ses sentiments pour Diane et tente du mieux qu’il peut de protéger Jason de lui-même. Il accepte le destin de l’humanité sans s’affoler, parfois même avec, je trouve, une certaine apathie qui m’a exaspérée à la lecture du livre, quand on voit les personnages extraordinaires qu’il côtoie: d’abord Jason, qui se révèle étrangement attachant de par sa vulnérabilité qu’il veut à tout prix ignorer et par sa foi en la science qui pourrait déplacer des montagnes, puis E.D. Lawton, l’industriel parvenu et le père tyrannique qui s’il a d’abord voulu mettre en avant son héritier va ensuite tout faire pour l’évincer. Et également l’énigmatique Wun Ngo Wen… Et s’il n’y avait que les personnages: les découvertes faites par Jason dans le cadre du programme Périhélie, les événements « historiques » et l’émergence d’une nouvelle société d’humains sur Mars, la quête des Hypothétiques pour comprendre leurs objectifs en emprisonnant la Terre…

  • De la « science »-fiction

Car Spin est vraiment de la pure science-fiction dans le sens où, outre certains ingrédients « classiques » ré-explorés par l’auteur, il nous dépeint un futur possible avec pour postulat de départ un événement assez improbable – à savoir ce champ de dilatation temporelle autour de la Terre. Cela donne parfois lieu à des scènes  extraordinaires, quand par exemple la membrane Spin perd de son opacité après une frappe militaire sur sa source d’énergie, et que Tyler, alors seul avec Diane, voit dans le ciel une succession de flashes lumineux, l’univers changeant en accéléré dans un ciel d’habitude obscur.

Mais si ce n’était que ça! Les phénomènes qui suivent la disparition des étoiles sont très bien relatés, ce qui amène le lecteur à se poser des questions – je pense au phénomène décrit par l’astronaute de l’ISS de retour sur Terre qui dit avoir passé trois semaines d’angoisse en orbite quand son module s’est écrasé la nuit-même du Spin, entre autres. On assiste à un grand retour en force et à une radicalisation des mouvements chrétiens et millénaristes, à des flambées de violence initiées par des êtres qui se savent condamnés et pensent ne plus rien avoir à perdre… Quand d’autres comme Tyler, se contentent juste de continuer leur routine sans s’affoler, ou comme Jason, cherchent à connaître les raisons du Spin et consacrent leur temps à chercher des solution.

La science est très présente – c’est pourquoi je parle de pure « science »-fiction – puisque la vie de l’un des principaux protagonistes tourne autour d’elle, qu’il lance des projets et fait des découvertes absolument hallucinantes qui rendraient fou n’importe qui! Car Jason et le comité d’experts ont une idée brillante: tirer partie de l’accélération de l’univers à l’extérieur du Spin pour trouver de l’aide. En effet, un processus de terraformation est enclenché sur Mars, dans l’espoir d’y envoyer une colonie humaine qui, en dix ans seulement sur Terre, pourrait se développer en une véritable civilisation et acquérir de nouvelles connaissances pouvant aider l’humanité à comprendre les motivations des Hypothétiques, mais aussi à sauver l’humanité. C’est là qu’intervient Wun Ngo Wen, l’homme de Mars… lorsqu’il arrive avec des connaissances en biologie et bio-mécaniques remarquables, et même avec une médecine qui va valoir quelques ennuis à ceux qui, comme Jason, vont vouloir en user.

Les luttes de pouvoir sont également un thème récurrent. Entre Jason et son père, entre scientifiques et politiques, entre savants et industriels et même entre les différents gouvernements du monde. Car le Spin affecte tout le monde et exacerbe les conflits. D’ailleurs, fait assez intéressant et qui ne ferait que flatter la fibre anti-américaine primaire de certains d’entre nous, on voit le gouvernement américain, qui abrite Wun Ngo Wen, l’homme de Mars, faire de la rétention d’information concernant les savoirs martiens, considérés comme stratégiques, lorsqu’ils le partagent avec les autres Etats. Bref, tous les coups foireux permis dans notre monde prennent une toute autre dimension après l’arrivée du Spin.

  • L’individu dans toute sa solitude

Je mentionnais plus haut les conséquences du Spin sur les individus. Je vais certainement débiter une platitude, mais avouez qu’apprendre que la fin du monde est pour bientôt a de quoi terrifier. Imaginez. La peur pour sa propre vie, mais se dire en plus qu’après il n’y aura absolument plus rien, plus aucun être humain sur Terre. Et même plus de Terre du tout. Il y a de quoi flipper sévèrement. C’est un moment où chacun, même très entouré, ne peut qu’être seul face à ses démons et à ses questions. Et ce livre dépeint différentes sortes de réactions, qui vont du pétage de plomb à la recherche acharnée d’une solution.

Je parlais de Jason et de Diane, qui prennent des chemins opposés dans leur quête de salut – l’un par la science, l’autre par la religion. Deux formes de foi très différentes. On assiste aussi à des réactions plus égoïstes, tel la copine de Ty – pas vraiment une histoire d’amour, puisqu’il ne peut oublier ses sentiments pour Diane qui a toujours entretenu avec lui une relation ambigüe – qui décide de partir s’exiler dans un endroit isolé et confortable au bord de la mer, pour absorber du poison dès que la fin viendra. Les êtres se replient sur eux-mêmes ou sur leurs proches, voire sur leur petite communauté comme celle de Diane. Quoiqu’il se passe, il en ressort une terrible impression de solitude, une sorte de nostalgie et une tristesse qui rend l’atmosphère très pesante.

Ceci est renforcé par le fait que Tyler, qui pourtant raconte l’histoire, ne semble avoir aucune prise sur ce qui se passe. Il suit tel un spectateur, l’ascension puis la déchéance de Jason, ainsi que la descente aux enfers de la belle Diane enterrée au fin fond d’un ranch de l’Utah où un pasteur fanatique cherche à mettre au monde une génisse rouge pour un ultime sacrifice. Tyler est le confident, qui entend et qui voit tout, mais qui au final, s’il respire et pense, ne vit pas l’action et n’y prend pas réellement part, se contentant d’être. Cela donne au livre une dimension assez contemplative.

  • Conclusion – Un livre culte?

Spin cumule les ingrédients qui font la bonne, et même la très bonne science fiction: postulat de départ captivant, univers foisonnant et crépusculaire, une certaine reflexion empreinte de nostalgie, mais aussi l’éloignement de certaines frontières puisque l’on touche au cosmos lui-même. Certains passages sont vraiment fascinants, telle l’arrivée de Wun Ngo Wen a donné un nouveau souffle à l’histoire. Et pourtant, j’avoue en avoir gardé une impression mitigée, comme si j’étais restée sur ma faim.

Mais là je pense qu’il s’agit plus d’une affaire de goût personnel qu’autre chose… En effet, j’ai eu un problème avec le storytelling. Notamment avec ce narrateur qui paraît transparent, fade en comparaison de personnages comme Jason et même carrément passif, juste bon à obéir aux demandes de ses amis: il faut quand même attendre deux chapitres avant la fin pour qu’enfin il se secoue le burnous de lui-même, révélant une ressource qu’on ne lui connaissait pas! Et je trouve cela bien dommage, car j’ai du mal à accrocher complètement à une histoire quand je ne peux m’attacher aux personnages principaux. Tyler Dupree m’a royalement ennuyée… C’est parfois le risque dans les écrits à la première personne. Et puis, je me suis habituée à la science-fiction « d’action » pleine de rebondissements, donc forcément, quand certaines choses me paraissent un peu statique, je ne peux pas totalement adhérer!

Pour ma part, j’aurais voulu savoir ce qui se passait dans la tête de Diane, et surtout de Jason – s’il est une chose que Tyler a tout de même réussi, c’est à me communiquer sa fascination pour ce génie vulnérable qui a tout fait pour rendre son père fier de lui, mais qui va finalement s’en éloigner pour poursuivre sa propre quête. De plus, j’ai trouvé la nostalgie ambiante pesante au point qu’elle alourdissait le récit, le faisant trainer sur plus de six-cents pages quand tout aurait pu être dit de façon plus concise, et peut-être même plus puissante. Après, c’est un parti pris comme un autre… certains apprécient cet esprit et y voient de la poésie. Pourquoi pas?

Il va sans dire que Spin est plébiscité par la critique, et par de nombreux lecteurs. Il n’y a qu’à voir sur le Forum de la Littérature Fantastique, dans le sujet consacré au roman, j’ai été la seule à avoir un avis mitigé dessus, donc c’est un signe! Je le conseille donc aux curieux, avide de littérature, car ils y trouveront un contenu dense qui va de l’individu au monde entier, avec tous les ingrédients qui peuvent rendre une histoire culte. Par contre, il est si dense, justement, que je vous le déconseille dans une période où vous n’avez le temps de ne lire qu’en pointillés. Mieux vaut pouvoir se poser tranquillement pour s’y plonger… Pour ma part, j’ai dû lire deux livres qui n’avaient rien à voir avant d’entamer la suite, mais c’est promis, je reviens très vite avec Axis! Je viens de le commencer après avoir longtemps repoussé. J’appréhendais car mon frère m’avait dit l’avoir beaucoup moins aimé, mais contre toute attente, j’aime assez ce que je lis… Je vous en dirai plus très bientôt!

Titre: Spin
Auteur: Robert Charles Wilson
Editions: Folio
Collection: Folio SF
624 p.
Parution: Mars 2015 (pour l’édition de poche)
Prix: 9,00 €

Blanche Mt.-Cl.