Deux expositions en une – « Fantastique! » au Petit Palais

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Comme vous le savez, il n’y a pas eu, cette semaine, de chronique livre ou film, pour cause de projet d’écriture prenant et de « besoin de repos » (parce que là, ça urgeait VRAIMENT)… ce qui ne signifie pas que je suis restée inactive (de toutes les façons, j’ai du mal). En effet, j’ai le plaisir de revenir avec une autre exposition, ou plutôt deux expositions qui cette fois-ci m’ont ravie! 🙂 Il s’agit de Fantastique! Kuniyoshi, le démon de l’estampe et Fantastique! L’estampe visionnaire, de Goya à Redon, tenues à Paris, au Petit Palais jusqu’au 17 janvier 2016.

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Estampe fantastique – Source: Petit Palais

À la base, je m’intéressait surtout à l’expo tournant autour du Japon, même si l’autre m’attirait. Hier, après une petite grasse matinée qui m’a fait du bien, je me suis extirpée de l’appartement de mes logeurs pour gagner le Petit Palais. Contre toute attente et malgré le monde présent, j’ai pu faire d’une pierre deux coups.

La première exposition présente les oeuvres de Kuniyoshi (1797-1861), artiste japonais de la période Edo, dont même Claude Monet possédait des oeuvres dans sa collection d’estampes à l’époque où le « japonisme » avait séduit les classes cultivées et de nombreux artistes français. Ainsi, les pièces présentées au Petit Palais, prêtées par le Japon et par d’autres institutions françaises, sont aussi fascinantes que remarquable.

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Une belle guerrière fantasy – Juin 2015

Lecteurs et lectrices de ce blog,

Bien le bonsoir!

Ayant manqué le rendez-vous de mes chroniques cette semaine, je tente de me rattraper avec ce partage, l’un de mes derniers dessins, fait au hasard de mon temps libre. C’est que je ne voudrais pas perdre la main. J’ai donc décidé de travailler sur une guerrière semblant sortie d’un univers fantasy – de plus, j’aimerais un jour écrire de la fantasy, mais pas le style elfes et magiciens, le style burné comme Conan le Cimmérien ou des trucs qui se rapprochent du mythe arthurien.

Bref. Voici le résultat de mon peu de temps libre ces temps-ci, ma jolie guerrière (avec, je m’en excuse, un léger strabisme dû à ma position instable quand je la dessinais…) brune, avec ses grands yeux, son visage quasi-enfantin et ses nattes au vent.

FantasyGuerrière001J’avais envie qu’elle soit stylée, mais pas dans la veine de Sonia la Rousse (créée par l’auteur de Conan, d’ailleurs) avec son bikini en cotte de maille, ou de ces héroïnes dénudées qui font surtout fantasmer. Je l’ai donc dotée d’une vraie armure, et non pas de petits morceaux de métal placés aux endroits « stratégiques » qui en fait ne la protègeraient pas au combat.

J’espère donc que cette jolie brune vous aura plu, et qu’elle vous fera patienter en attendant une chronique traitant à la fois de littérature… et de cinéma! 🙂

Bonne nuit à tous!

Blanche Mt.-Cl.

Illustration à l’encre – La Jeune Fille et le Loup

Re-Bonjour à tous!

Me revoici avec un autre dessin récent, tout comme le précédent le fruit d’une soudaine inspiration! Le fait est qu’il s’agit encore d’un sujet « galvaudé » sur ce site, à savoir: une jeune fille en compagnie d’un loup! En effet, je suis assez occupée en ce moment, entre mes cours de graphisme à distance et ma recherche de stage, et je reprends donc quelques thèmes « classiques », histoire de continuer à dessiner.

LadyWolf001De plus, comme je reprends la publication des chapitres de mon roman en ligne Le Sang des Wolf sur le site dédié, le thème du loup m’inspire de nouveau. Pour ceux qui ont jeté un oeil aux archives de janvier du Monde de Blanche, les illustrations du roman sont sur le site, et vous avez peut-être reconnu mon héroïne Zoé, une brunette qui a un feeling particulier avec la gent lupine.

Comme pour le précédent post consacré à un dessin de danseuse, j’ai utilisé des stylos à encre de Chine, d’épaisseur fine et médium, en me servant des hachures pour créer des effets d’ombre et de texture. De plus, j’aime beaucoup l’Expressionnisme qui influence un peu les traits exagérés de ce dessin. Quant au regard de la jeune fille, j’ai volontairement agrandi ses yeux et marqué la lumière dans ses iris pour lui donner une petite touche manga, pour créer une correspondence avec l’oeil visible du loup et accentuer l’obscurité environnante.

A très bientôt pour de nouvelles créations!

Blanche Mt.-Cl.

Illustration à l’encre – Danseuse fantastique

Très chers lecteurs de ce blog,

Me voici de retour, après deux semaines chargées qui n’ont vu sur ce blog que la publication de chroniques lecture et cinéma, avec quelques dessins. En effet, c’est la seule façon que j’ai trouvé de me détendre pendant cette très stressante période de recherche de stage… Voici donc le résultat d’une petite demi-heure de fièvre créatrice!

Dancer001Vous n’êtes certainement pas passés à côté du fait qu’il s’agit encore d’une danseuse inspirée du Metropolis de Fritz Lang, comme celle que j’avais déjà faite, à demi-nue et seulement couverte de paillettes aux endroits stratégiques, et émergeant, tel un démon, de la fumée et de l’obscurité.

Encore une fois, je lui ai dessiné une coiffe emplumée comme celle de la fausse Maria du film, car à mon avis, c’est encore ce qui passe le mieux! On peut aisément imaginer un tel personnage dans une histoire de science fiction ou même de fantasy, dans un récit fantastique très sombre.

J’ai re-travaillé à l’encre de chine, utilisée comme un crayon pour donner de la texture par l’utilisation de hachuré, et parce que ses contrastes très forts permettent de donner de la puissance et une grande expressivité au dessin. Et comme j’ai le trait un peu nerveux, cela convient tout à fait!

J’espère très bientôt trouver un stage et pouvoir enfin me détendre, afin que ma créativité redevienne comme elle l’était il y a encore quelques temps!

Et cette danseuse vous plait-elle?

Blanche Mt.-Cl.

Chef d’oeuvre fantastique et romantique – « L’Aventure de Madame Muir » (1947)

« Eh bien mon enfant, que personne ne s’avise de dire que vous n’êtes pas joliment carénée! »

L'aventure de madame muir The ghost of mrs muir 1947 rŽal : Joseph L. Mankiewicz COLLECTION CHRISTOPHEL
Madame Muir et son fantôme – Source: AllôCiné.fr

Titre: L’Aventure de Madame Muir (The Ghost and Mrs Muir)
Année de production: 1947
Réalisation: Joseph L. Mankiewicz
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h44
Distribution: Gene Tierney, Rex Harrison, George Sanders…

Très chers lecteurs,

J’ai cette semaine l’honneur de vous présenter un classique que j’affectionne particulièrement, un film fantastique, une romance qui sort véritablement du lot. Exit Ghost et autres joyeusetés, quand on visionne L’Aventure de Madame Muir, réalisé par un géant du cinéma, Mankiewicz (à qui l’on doit notamment l’inoubliable Cléopâtre avec Elizabeth Taylor, Rex Harrison et Richard Burton). Je l’ai vu alors que j’étais étudiante. Ma mère m’en avait parlé et je l’ai regardé par curiosité, car j’aime savoir ce qui s’est fait dans le passé – ainsi j’aime le fantastique et la science-fiction « à l’ancienne ».

  • De quoi est-il question?

Au début du XXe siècle, Lucy Muir (Gene Tierney), jeune veuve, en a assez d’avoir sa belle-mère et sa belle-soeur, une vieille fille acariâtre, sur le dos. Elle décide donc de quitter Londres avec sa fille Anna (Natalie Wood, alors enfant) et son employée de maison, Martha (Edna Best), pour mener une vie plus simple au bord de la mer. Elle loue alors le cottage Les Mouettes à Whitecliff, dont le prix modique ne parvient guère à attirer les locataires. Cela s’explique par… d’étranges rumeurs. En effet, on raconte dans le voisinage que les occupants de la maison n’ont jamais pu rester, celle-ci étant hantée par le fantôme de son ancien propriétaire, un capitaine de marine qui se serait suicidée.

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Lucy Muir découvrant un portrait de Daniel Gregg à la lumière d’une chandelle – Source: dvdclassik.com

Mais malgré des phénomènes étranges ayant leu dans sa demeure, la belle Lucy ne cède pas à la panique. Par une nuit de tempête, seule dans la cuisine, elle apostrophe courageusement ce qu’elle croit être un intrus… Elle reconnaît alors, d’après un portrait dans la maison, le fantôme de l’ancien propriétaire, le capitaine Daniel Gregg (Rex Harrison), qui se révèle être non-seulement mort par accident, mais aussi espiègle et inoffensive. Réalisant qu’elle n’a pas peur de lui, Daniel se montre bientôt accueillant et sympathique envers sa nouvelle locataire, la protégeant à l’occasion des incursions de sa belle-famille en effrayant les deux harpies Muir. Si bien que quand Lucy se trouve en butte à des problèmes d’argent, Daniel lui propose de lui dicter ses mémoires afin d’en faire un best-seller. Au fur et à mesure qu’ils se connaissent, la belle veuve et le fantôme éprouvent un attachement de plus en plus profond, mais la « condition » du marin mort pose problème. Ce n’est pourtant que le début des ennuis. Alors que Lucy va à Londres apporter son manuscrit chez un éditeur, elle tombe sous le charme du très doux Miles Fairley (George Sanders). Daniel Gregg, pourtant très préoccupé du bonheur de sa protégée, se montre jaloux et déteste le nouvel amour de Lucy. Il décide donc de ne plus jamais lui apparaître…

  • Et non, ça n’est pas de la guimauve!

Je vois déjà quelques mesquins ricaner et dire qu’il s’agit d’un film « de nana » (arrêtez, les gars, on sait que vous avez pleuré devant Le Pianiste et que vous ne pouvez pas vous empêcher de jeter un oeil quand votre copine ou votre frangine regarde une adaptation de Jane Austen!), d’une mièvrerie sans nom pour faire rêver les pucelles et les célibataires au grand amour, à un dégoulinement de sentiments à grand renfort de jeu théâtral comme dans certains films de cette époque… Ce n’est pas plus une bluette insipide qu’un déballage d’effets spectaculaires visant à nous faire apparaître le fantôme dans toute son horreur face à une greluche qui se met à hurler à plein poumon… Donc rangez vos préjugés nourris de mélos et de nanars d’horreur, car nous nous trouvons face à tout autre chose.

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Le paysage pittoresque à la porte de Mrs Muir – Source: dvdclassik.com

Et tout cela grâce à une mise en scène simple et toute en nuance. Le contexte en lui-même, celui d’une lumineuse petite ville côtière anglaise ne prête pas à la peur ou à l’horreur – du moins si vous n’avez pas regardé Broadchurch. Il fait beau, la vue sur la mer est imprenable, et Lucy Muir sait dès le début qu’elle se sentira bien à Whitecliff. Aussi décide-t-elle de ne pas prêter attention à ces rumeurs de maison hantée. Mais dans toute la première partie du film, les scènes d’intérieur sont oppressantes et sombres – couloir étroits, coins d’ombre où aime à apparaître le fantôme du capitaine Gregg. Sans doute pour tromper le spectateur, car jamais le film ne bascule dans l’horreur, et retrouve sa luminosité une fois la présence du spectre révélée.

On assiste donc à une alternance de scènes en extérieur, où l’on assiste à la vie presque idyllique de la belle Lucy Muir (désolée, je suis folle de Gene Tierney! d’ailleurs, mon frère avait également flashé sur elle!)  qui alterne entre repos dans sa chambre et baignades dans la mère, et de scènes intimistes où ce cher capitaine Gregg fait la dictée à sa protégée. Tout semble simple et parfait. On notera cependant qu’à partir du moment où Daniel Gregg décide de disparaître et de ne plus se montrer à Lucy, il émane de l’image une mélancolie, presque une tristesse. Les bords de mer deviennent venteux, les vagues deviennent de grands rouleaux agités. Comme si sans ce bon fantôme, plus rien ne pouvait aller…

Car s’il est bien une chose qui nous tient en haleine à partir du moment où Rex Harrison apparaît à l’écran, c’est sans aucun doute la relation qu’il entretient avec la belle Lucy, interprétée par Gene Tierney.

  • Un couple vedette magnifique
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Lucy Muir et Daniel Gregg, un couple à la beauté troublante – Source: dvdclassik.com

A la base, The Ghost and Mrs Muir, est un livre de R.A. Dick paru en 1945 qui est, paraît-il, devenu un classique. Pour ma part, je n’ai vu que le film, cette romance très prenante portée par un duo d’acteurs excellents, qui campent des personnages hauts en couleurs. A chacun des plans les impliquant, on ne peut les quitter des yeux, qu’il s’agisse du visage doux et de l’apparente fragilité de Gene Tierney, ou de la séduction dégagée par Rex Harrison dans ce rôle en particulier. Il est absolument fascinant, bien que je ne sois pas du tout une adepte du physique de bellâtre de bien des acteurs de ce temps.

Dès le début, on assiste à des échanges tendus mais savoureux entre une jeune femme qui se découvre du caractère et un marin à l’humour caustique qui n’y va jamais par quatre chemins pour dire ce qu’il pense. Ainsi, leurs premières conversations se font sous le signe de l’humour. C’est ainsi que l’on apprend, après que Lucy demande naïvement au capitaine pourquoi il s’est suicidé, qu’il s’agit en fait d’un bête accident: dans son sommeil, ses pieds ont tourné le robinet d’un radiateur, ce qui a engendré la fuite de gaz qui l’a tué… Ok, j’admets avoir un sens de l’humour douteux et bien malgré moi, les histoires de mort stupide me font toujours beaucoup rire (surtout celle de mon arrière-arrière-grand-père… bref.)

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Lucy et Miles Fairley lui comptant fleurette – Source: dvdclassik.com

D’abord méfiants, ils se lient d’amitié et ses histoires de marin qui a fait le tour du monde émerveillent Lucy qui, elle, si elle a rêvé d’aventure, a mené une vie très conventionnelle et ennuyeuse au côté de son défunt époux. Elle se découvre en compagnie de Daniel qui prend un malin plaisir à la faire sortir de ses gonds. La jeune femme rêveuse se prend à jurer comme un marin, à exploser de colère comme elle ne l’avait sans doute jamais fait avant, et se révèle être une femme de caractère. Daniel donne tout d’abord l’impression d’un « mâle alpha », d’un gros macho qui infantilise la si gentille Lucy – je ne sais pas comment il l’appelle dans la version originale, mais en français, il la gratifie d’irritants « mon p’tit » et « mon enfant ». Il lui trouve bientôt un surnom de « femme forte », Lucia, car selon lui, Lucy sonne comme un « nom de victime » – de toute évidence, il aime bien mieux les femmes de tête, et fait ressortir le meilleur en elle-même. Et – chose sexy au possible – il la déchiffre et lui assène des vérités sur elle-même qu’elle ne veut pas entendre. Et c’est bien ce qui la perturbe et l’attire!

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Lucy et Daniel confortablement installés dans le train alors qu’il la suit à Londres – Source: AllôCiné.fr

Quant à cet amour qui les unit, il est plus suggéré qu’autre chose. On ne part pas dans des envolées lyriques empruntes de grands sentiments, ou dans le mélo larmoyant. Et c’est peut-être ce qui fait la puissance de cette romance, qui la rend si touchante. Les deux héros sont des adultes, un homme et une femme qui ont déjà vécu, qui vivent sous le même toit et partageraient presque une intimité de couple – je n’oublierai jamais cette réplique du capitaine la voyant en corset et jupon: « Eh bien mon enfant, que personne ne s’avise de dire que vous n’êtes pas joliment carénée! » Nul besoin de grandes déclaration, car tout est déjà dit sans leurs expressions, dans ce que j’aime à appeler le « sourire de l’homme qui a tout compris » de Daniel, dans les fou-rires q’ils partagent, ou dans la décontraction de leurs posture quand ils se trouvent ensemble, dans l’intimité d’un compartiment de train.

Je pense également que L’Aventure de Madame Muir nous touche car le chagrin y est exprimé de manière assez sobre et silencieuse, de façon somme toute assez réaliste. Car c’est aussi l’histoire d’une déception, d’une relation qui ne peut s’épanouir dans le monde des vivants, car si Lucy est un être de chair et de sang, Daniel, s’il est capable de ressentir quelque chose pour elle, ne peut vraisemblablement pas lui offrir une vie de couple ordinaire. Ses réactions restent humaines, puisque la jalousie le ronge à partir du moment où Miles Fairley apparaît dans la vie de Lucy, et qu’il doit assister, impuissant, à leur idylle naissante. À tel point qu’il choisit de déserter la maison – non sans avoir fait une déclaration sobre et poignante à sa bien-aimée alors qu’elle dort, lui expliquant les raisons de son départ. La tragédie de Lucy sera de ne jamais avoir entendu ces mots. En même temps, à quoi bon déclarer sa flamme à quelqu’un dont on sait qu’on ne pourra jamais rien vivre avec? Quant à elle, elle en viendra à croire que cette affaire avec le fantôme n’était qu’un rêve et s’enfermera dans la solitude après une déception sentimentale. Ce film explore dont la complexité de l’amour, d’un sentiment si bizarre qu’il peut nous faire tomber amoureux de quelqu’un avec qui on ne peut être, qui peut nous faire perdre le sens commun et nous briser durablement. Il explore également les choix des protagonistes face à une telle situation, qui fatalement ne peut déboucher sur rien dans cette vie. Mais le tout, sans cri et sans larme.

  • Conclusion: l’amour au-delà de la mort
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Daniel faisant sa déclaration à Lucy pendant qu’elle dort – Source: dvdclassik.com

Mise en scène sobre qui ne force jamais le trait, acteurs impeccables capables d’attirer l’attention du spectateur pendant plus d’une heure et demie sur la relation des deux protagonistes, et surtout une émotion très forte qui parvient à sourdre derrière leur retenue et les mots d’esprit du capitaine, L’Aventure de Madame Muir est un chef d’oeuvre de la romance fantastique. Peut-être est-ce justement parce qu’il ne sombre pas dans le larmoyant qu’à moi, il parvient toujours à tirer une petite larme, car maintenant, avec l’âge adulte, il me touche beaucoup plus qu’avant.

Je le recommande avant tout au curieux et aux cinéphiles, pour la beauté de cette histoire et pour son final lumineux. Parce que vous ne pourrez pas ne pas sourire en entendant les expressions imagées du capitaine Daniel Gregg tout comme vous ne pourrez que ressentir une profonde empathie pour lui. Parce que vous ne pourrez résister au joli minois de Gene Tierney et au caractère emporté du marin campé par Rex Harrison, vraiment magnifique dans ce rôle, qui cache un homme éperdument amoureux. La littérature et le cinéma ont beau regorger d’exemples d’amour absolu, je n’ai jamais vu une histoire captant avec autant de justesse, d’humour et de poésie la complexité du sentiment amoureux. A voir, et même à revoir…

Et si le coeur vous en dit, je vous laisse regarder la bande-annonce

Blanche Mt.-Cl.

Croquis – Le Petit Chaperon Rouge Revisité – Mars 2015

Mes chers lecteurs, bien le bonsoir!

EvaLoup002Me revoici avec un nouveau dessin qui, pour une fois, n’a rien à voir avec mes études de graphisme et autres expérimentations par ordinateur comme mes derniers paysages féériques.

Comme vous l’avez vu sur ce blog, la littérature et la mythologie sont une grande source d’inspiration pour moi. J’ai étudié les Contes de Grimm à l’université, et ils se révèlent tous beaucoup plus sombre que ce qu’en ont fait plus tard les livres pour enfants et les studios Disney. Et je prends un plaisir particulier, comme vous le verrez demain avec mon prochain avis lecture, à voir la façon dont ils sont ré-interprétés de nos jours… dans un esprit plus sombre, parfois clairement emprunt d’un certain érotisme.

J’ai un faible pour les contes impliquant des métamorphoses ou des animaux, ours (Neige-Blanche et Rose-Rouge) ou loups (Le Petit Chaperon Rouge), et même cerfs (Grande Soeur et Petit Frère). J’ai récemment pu lire « La Compagnie des Loups », une nouvelle extraite du recueil de contes ré-écrits par Angela Carter, La Compagnie des Loups. Elle y distille une certaine sensualité, on y trouve une exploration de la « bestialité » non-seulement chez l’homme mais aussi chez la femme, et il n’est pas rare de voir une belle devenir une bête…

Aussi sur ce dessins – ou plutôt sur ce croquis en vue d’un prochain dessin plus élaboré – j’ai fait de mon petit Chaperon rouge une jeune femme sensuelle, abandonnée, se reposant au côté du loup, sur sa cape rouge lui servant de couverture… J’espère que le dessin achevé, plus élaboré que celui-ci, vous plaira également!

En attendant, je vous souhaite à tous une bonne soirée!

Blanche Mt.-Cl.