Mythologie – Contes et légendes des chevaliers de la Table ronde (Laurence Camiglieri)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Chronique du soir… espoir! 😉

J’espère que vous allez bien avec ces températures caniculaires… Ceux qui prennent les transports doivent rentrer chez eux liquéfiés! Je reviens ce soir, à la fraiche pour une réaction à chaud!

En effet, j’ai profité de mes trajets pour achever Contes et légendes des chevaliers de la Table ronde, édité chez Pocket Jeunesse dans la collection « Mythologies », afin d’étoffer ma bibliothèque liée aux contes. Je vous emmène donc pour un voyage au pays des chevaliers et du roi Arthur…

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À la découverte de la mythologie – Les Livres des Merveilles (Nathaniel Hawthorne)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Aujourd’hui je dois adresser un grand merci à La Bibliothèque de Sev, qui m’a donné l’inspiration pour cet article, notamment à cause de sa chronique dédiée à un livre de contes qui a bercé son enfance. Comme elle y a fait allusion à la mythologie grecque, cela m’a rappelé l’un des premiers livres de mythologie qu’il m’ait été donné de lire, à savoir Le Premier Livre des Merveilles, ainsi que Le Second Livre des Merveilles, qui m’avaient été offert dans un petit coffret Pocket Jeunesse par une grand-tante. Ces deux ouvrages jeunesse sont signés Nathaniel Hawthorne à qui l’on doit notamment la célébrissime Lettre Écarlate, un des premiers grands classiques de la littérature américaine.

L’auteur change ici complètement de registre, puisqu’il s’agit de rendre accessible aux jeunes lecteurs de grands épisodes de la mythologie classique. Je vous invite à découvrir ces histoires magiques… et à vous changer les idées.

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Lecture, stress, inspiration et bien-être – Bilan d’Avril 2017

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Entre histoire du Japon et S.F. flower power, il faudrait peut-être que je pense à avancer!…

Avril touche à sa fin…. Nous allons arriver en mai, comme le temps passe vite! Je reviens pour un petit bilan de ce mois d’avril un peu agité, à la fois rassurant et stressant, mais aussi pas mal inspirant quand j’y pense. Quand on vit une période de transition comme la mienne, je pense qu’il n’est pas mal de dresser des petits bilans comme ça, pas à pas, pour essayer de dégager une progression et « relativiser » (le mot que je déteste! 😉 ).

Pour le moment, toujours chez Papa-Maman en Normandie, alors que je froid est revenu – un temps à se mettre sous un plaid devant un film pour ne rien glander! 😉 Je vous propose donc de revenir brièvement sur mes lectures, mes écrits et même sur quelques projets créatifs. 🙂 Comment donc se profile le mois de mai?…

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Roi, enchanteur et prophète – Merlin (Stephen R. Lawhead)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour avoir continuer à suivre ce blog malgré les nombreux loupés de ces dernières semaines. Et enfin nous y arrivons: je vais pouvoir enfin partager cette lecture avec vous après moult rebondissements dans mon emploi du temps de ministre! 🙂

Sans doute vous souvenez-vous, au travers de différentes chroniques dédiées au sujet, de mon intérêt pour la légende arthurienne et ce qui s’y rapporte. J’ai récemment entamé Le Cycle de Pendragon et chroniqué son premier tome, Taliesin, qui suivait le destin de la princesse atlante Charis et du barde breton Taliesin, les parents du célèbre enchanteur Merlin… qui donne son titre au livre.

Je l’ai terminé récemment, après que de nombreux endormissements lors de mes voyages en train quotidien m’aient empêchée d’avancer aussi vite que je l’aurais souhaité! Et pourtant, dès que j’ai été plus en forme, je l’ai dévoré… Ainsi que vous ramène dans « L’Île des Forts », surnom de la Bretagne antique, auprès d’un jeune garçon très particulier…

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La virée en Enfer d’une ado morte – Damnés (Chuck Palahniuk)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

61FqR4bvN+LÇa y est, vous direz-vous: « Enfin une chronique livre sur ce blog! » 🙂 Et boudiou, comme disaient les Inconnus, c’est pas Pardaillou qu’est d’retour, mais Blanchouille la Fripouille avec un nouvel ouvrage! Et pour couronner le tout, j’écris cette chronique alors que j’avais décidé de commencer par Merlin, mais cette chronique-là nécessitant quelques recherches, je vais commencer par un article un peu plus bref. 🙂 Merlin viendra ensuite. 🙂 (N.B.: Au passage, j’ai enfin terminé mon fameux devoir de graphisme! Youhouh!)

Je reviens donc avec Damnés, de Chuck Palahniuk – à qui l’on doit Fight Club, un livre que je n’ai pas encore lu mais dont j’ai adoré l’adaptation filmée avec Edward Norton et Brad Pitt très en forme. Le livre présenté ici raconte une histoire insolite qui vous emmènera littéralement en Enfer…

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SEMAINE THÉMATIQUE: FRANKENSTEIN – Le classique de Mary Shelley (1818)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Ma lecture du moment... Pas le temps d'avancer...

Comme annoncé ce vendredi, me voici cette semaine avec un thème qui ne fait pas très Noël… Frankenstein. En effet, très curieuse des classiques de l’imaginaire et fan du film de Kenneth Branagh, et suite à un échange avec Madame Lit qui m’a inspiré cette thématique, j’ai fini par sauter le pas il y a quelques temps.

Malgré l’épaisseur de ma PAL, j’ai fait l’acquisition de Frankenstein ou le Prométhée moderne lors d’une petite sortie à l’espace culturel du patelin où habitent mes parents. J’ai donc lu ce classique qui n’est pas, mais alors pas du tout ce à quoi on pourrait s’attendre…

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Inspiration – Exposition « Osiris, mystères engloutis d’Égypte » (Paris, IMA)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Une fois n’est pas coutume, je reviens dans la rubrique « Inspiration et Lifestyle » non pas avec de la papeterie, mais avec… une exposition! Cela peut faire tache au milieu d’un blog consacré aux mondes de l’imaginaire, mais pour ma part, je pense qu’un thème tel que les mystères d’Osiris y a sa place puisqu’il fait appel à notre fascination pour la mythologie et à nos fantasmes – si j’ose dire – liés à l’Egypte antique.

En effet, il y a une semaine, je me suis embarquée dans une aventure archéologique exceptionnelle, pour un magnifique voyage dans le temps. En effet, j’ai pu faire un saut, le soir du Lundi 7 Septembre, au vernissage de l’exposition Osiris, mystères engloutis d’Egypte. Pour vous situer, j’étais au travail, quand une collègue qui ne pouvait s’y rendre m’a donné une invitation pour deux personnes à l’Institut du Monde arabe, pour le soir-même (je ne pense pas qu’elle lise ce post, mais au cas où, je la remercie encore!). Le temps d’ameuter une copine, et perchée sur mes talons hauts, je courais jusqu’à la première bouche de métro pour aller faire un petit coucou à Osiris!

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Affiche de l’Exposition – Soure: Institut du monde arabe

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Entre kitsch et chef d’oeuvre lyrique – « Excalibur » (1981)

« The Dark Ages. The Land was divided and without a King. Out of those lost Centuries Rose a Legend… Of the Sorcerer, Merlin; of the Coming of a King; of the Sword of Power… Excalibur. »

Titre: Excalibur
Année de production: 1981
Réalisation: John Boorman
Origine: Etats-Unis, Royaume-Uni
Durée: 2h15
Distribution: Nigel Terry, Helen Mirren, Nicol Williamson, Cherie Lunghi…

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Affiche – Source: Imdb.com

Oyez, oyez, gentes dames et damoiseaux, voici – une fois n’est pas coutume – un film fantasy. En général, je ne goûte pas énormément la fantasy, sauf Autre-Monde de Chattam, et les histoires assez « viriles » comme les aventures de Conan le Cimmérien.

Mais s’il est bien quelque chose qui me réconcilie avec la fantasy, c’est la légende arthurienne. J’ai d’ailleurs Les Brumes d’Avalon et Le Cycle de Pendragon qui m’attendent encore dans ma PAL. Mais Excalibur, vu pour la première fois à cinq ou six ans (alerte aux parents irresponsables!), à peu près compris vers dix ans, fascinant à l’adolescence, adoré à l’âge adulte, a durablement parasité ma perception du mythe d’Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde. C’est d’ailleurs à cause de sa dimension épique et passablement burnée, que je me suis ennuyée comme un rat mort quand j’ai tenté de lire Les Brumes d’Avalon de Marion Zimmer Bradley (que j’ai laissé tomber pour re-tenter le coup quatorze ans plus tard), que j’ai détesté Kaamelot et démonté Merlin (avant d’adorer ladite série quand j’en ai saisi les allusions au mythe, la mise en scène et l’interprétation). Bref, c’est l’une de mes « madeleines » de Proust…

Mais de quoi s’agit-il exactement?

  •  La légende du roi Arthur

Le film s’inspire d’un grand classique de la littérature anglaise (que j’aimerais lire) Le Morte d’Arthur de Thomas Malory, en anthologie du XVe siècle compilant récits anglais et français relatifs aux aventures du roi Arthur et de ses chevaliers, à la quête du Graal et aux amours de Guenièvre et Lancelot. Le film part des origines d’Arthur jusqu’à son dernier combat. Désolée pour les éventuels spoilers, mais quiconque s’intéresse au mythe arthurien sait comment cela se finit. Bref, de quoi alimenter mon imaginaire « chevaleresque ». Car si les récits varient d’une époque à l’autre, d’un auteur à l’autre, Excalibur explore plusieurs dimensions de la légende, à savoir l’épée dans la roche, les origines magiques d’Arthur, les enchantements de Merlin, la liaison de Guenièvre avec Lancelot, Perceval et la quête du Graal… Boorman nous conte une histoire à la fois tragique, magique et épique, une épopée pour l’amour et le pouvoir.

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Flammes éclairant un champ de bataille, en tout début de film – Source: dvdclassik.com

L’histoire commence sur un champ de bataille quand Merlin (Nicol Williamson) donne à Uther Pendragon (Gabriel Byrne) l’épée du pouvoir, Excalibur – forgée dans le souffle d’un dragon et offerte par la Dame du Lac – juste avant que celui-ci ne conclue une trêve avec le comte de Cornouailles, Gorlois (Corin Redgrave). Or un problème survient: lors du banquet célébrant la paix, Igraine (Katrine Boorman), l’épouse de Gorlois, gratifie les invités d’une danse. Dès qu’il la voit, Uther est pris d’un violent désir pour cette femme très belle. Ne pouvant le contenir, il exige de Merlin que celui-ci l’aide à passer une nuit d’amour avec la belle. Grâce à un sortilège, Uther peut attirer Gorlois hors du chateau et prendre son apparence avant de monter dans les appartements d’Igraine. Si la jeune femme ne se doute de rien, sa fille Morgane, dotée du pouvoir de clairvoyance, a senti la supercherie. Or cette nuit passée avec Igraine a suffi pour concevoir un enfant, un fils – le futur Arthur, que Merlin va prendre avec lui pour le mettre à l’abri quand les chevaliers de Gorlois prennent Uther en chasse. Ce dernier est alors tué, mais a le temps, avant de mourir, d’enfoncer son épée enchantée, Excalibur, dans un rocher, en clamant que seul le roi légitime pourra l’en extirper…

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Le jeune Arthur retirant l’épée du rocher – Source: dvdclassik.com

Bien des années plus tard, on retrouve le jeune Arthur (Nigel Terry), accompagnant son père adoptif et protecteur et son fils Kay à un tournois. Servant d’écuyer, le jeune homme réalise qu’il a oublié l’épée de Kay et décide de lui en trouver une coûte que coûte. En lisière de forêt, il aperçoit une épée fichée dans la roche et sans réfléchir, s’en empare pour l’apporter à Kay. Stupeur chez les concurrents quand la nouvelle est connue: un écuyer a retiré Excalibur du rocher! Ces nobles messieurs et chevaliers, s’empressent de lui faire remettre l’épée à sa place, avant d’essayer chacun leur tour de la retirer, espérant devenir roi. Mais seul Arthur y parvient. Il apprend alors de Merlin, réapparu pour l’occasion, ses origines et sa destinée, celle de devenir roi. La bataille pour unifier le royaume et asseoir sa légitimité commence alors. C’est au cours de ces combats qu’il rencontre Guenièvre (Cherie Lunghi), fille du Sire Leondegrance (Patrick Stewart), dont il tombe amoureux. Malgré les avertissements de Merlin, il l’épouse…

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Arthur et les Chevaliers à la Table Ronde brillant de milles feux – Source: dvdclassik.com

Le règne d’Arthur constitue alors un véritable âge d’or, attirant autour de lui les plus valeureux guerriers, comme Lancelot (Nicholas Clay) avec qui Arthur est lié par une rivalité bon enfant avant l’incident Guenièvre, ou encore Perceval (Paul Geoffrey), un jeune homme au coeur pur qui se lancera à la quête du Graal. Mais tous ne sont pas satisfaits par cet ordre nouveau. Tapie dans l’ombre, Morgane (Helen Mirren) est devenue une femme à la beauté troublante ainsi qu’une puissante enchanteresse. Deisciple de Merlin, elle parvient à piéger le sorcier, et va, par ses sortilèges, accomplir des actes qui vont jeter une ombre sur le royaume de Camelot. Arthur, déjà éprouvé par l’aventure de Guenièvre avec Lancelot, sombre dans la mélancolie. Seule une nouvelle quête, celle du Graal, pourrait donner un souffle nouveau à son règne… Plusieurs chevaliers se lancent à sa recherche, alors que Morgane prépare en secret sa revanche avec Mordred (Robert Addie), son fils conçu lors d’une relation incestueuse avec Arthur…

  • Un visuel fascinant

Si la légende arthurienne est en soi une histoire riche en péripéties et contient tous les ingrédients pour raconter une histoire captivante, John Boorman en a fait un film assez personnel, une sorte d’épopée lyrique au visuel onirique, qui se prête aussi bien aux quêtes chevaleresques qu’à la magie noire. De plus, on y a vu débuter de grands acteurs avant leurs rôles les plus emblématiques comme Gabriel Byrne, Patrick Stewart (toujours la même tête – pour anecdote, quand il a commencé au théâtre à dix-neuf ans, il perdait déjà ses cheveux, ce qui, raconte-t-il plus tard, l’a aidé à s’imprégner de rôle très différents les uns des autres, car devant porter des perruques sur scène!), Liam Neeson (en Galaad), et l’éblouissante Helen Mirren. C’est encore une femme très belle, mais dans ce film, elle campe une Morgane aussi vénéneuse que sexy.

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Certains ont mal fini leur quête du Graal – Source: dvdclassik.com

Parlons du visuel. Il est clair que pour nous, spectateurs du XXIe siècle, ces images, assez marquées par le début des années 80 et ces effets spéciaux datés pourraient d’abord prêter à sourire… Et pourtant, cela participe au charme quelque peu suranné du film, et met en avant sa très grande poésie, qu’il s’agisse de la violence magnifiée des scènes de combat, ou de la sensualité des passages érotiques. D’un bout à l’autre du film, la photographie fait la part belle à la verdeur des forêts, à la brillance des armures ou de certains ornements de costume. Le rayonnement vert irradiant d’Excalibur (très probablement un spot vert braqué sur la lame), n’est pas sans rappeler cette espèce de lumière verdâtre, putride et vénéneuse du Nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud (1986), où évoluent, dans un monastère crasseux à l’atmosphère oppressante des moines sales, vicieux et hypocrites, ou encore les lumières fluorescentes propres aux films d’horreur des années 80 en général.

La lumière en elle-même semble être une composante capitale de la mise en scène d’Excalibur. Elle est très typée, clairement colorée, comme pour caractériser certains objets ou personnages – c’est particulièrement vrai avec l’épée, comme évoqué plus haut. Elle se reflète partout, sur les lames et les pointes de lance, sur les cuirasses et les cotes de maille, sur les corps nus des amants. On retiendra la lumière sanglante d’un soleil rouge se levant sur le champ de bataille de Camlann, éclairant des monceaux de cadavres aux armures luisantes en fin de film. La lumière est absolument partout, si bien que l’armure de Lancelot semble plus faite de diamant que de métal, et que dans certaines scènes comme le mariage d’Arthur et Guenièvre, l’environnement ruisselle littéralement de relets d’or et d’argent.

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Arthur et Guenièvre en tenue de mariés, suivi du cortège des chevaliers, avec Lancelot sur la gauche – Source: dvdclassik.com

Quand certains critiques ont vu dans le film un bazar monstre mélangeant plusieurs influences comme l’art byzantin et les tableaux de Klimt où l’or était très présent, la créativité en matière de décor et de costume on fait l’objet de louanges. Les armures, rutilantes, semblent sorties de manuscrits enluminés occidentaux, quand les femmes, comme la Dame du Lac, portent des cotes de maille fines et délicates qui en effet, rappellent celles des soldats byzantins. Bien évidemment, comme j’adore les armures en général, ces costumes ne m’ont pas laissée indifférente, et participent à ce visuel onirique. A cela s’ajoutent des éléments plus modernes qui pourraient troubler des puristes, mais qui pour moi, ne sont que le reflet de la créativité du réalisateur et de son équipe. Que Morgane porte une queue de cheval ne me trouble pas outre mesure, pas plus que la résille de perle faisant office de voile à Guenièvre lors de ses épousailles avec Arthur. En revanche, le brushing « choucroutesque » très marqué années 80 de la reine constitue l’un des quelques détails du film qui m’arrache les yeux.

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La troublante Morgane – Source: dvdclassik.com

Mention spéciale à Merlin et Morgane dont les costumes sont tout à fait éblouissant, à l’image des deux personnages. A Merlin, doté non-seulement de grands pouvoirs mais aussi d’un sens aigu de la répartie, des capes sombres et un casque métallique qui lui donnent un côté très rock’n’roll. On l’imagine aussi bien chevaucher un dragon qu’une grosse cylindrée! Quant à Morgane, sa garde-robe nous ferait pâlir de jalousie. Outre des armures très seyantes, on y trouve des voiles vaporeux ou des robes en résille d’une texture arachnéenne. Son style est tout simplement inoubliable, et magnifie la plastique de la jeune Helen Mirren.

  • Une bande originale somptueuse

Mais cette poésie filmée ne serait rien si elle n’était pas sublimée par une bande originale de folie. Plutôt que faire composer des morceaux, Boorman a utilisé des chefs d’oeuvre du classique, signés Richard Wagner (1813-1883) et Carl Orff (1895-1982). C’est par Excalibur que j’ai découvert ces compositeurs, qui donnent une coloration épique à l’ensemble. Chaque leit-motive est repris dans des situations spécifiques et constituent des sortes de « jingle », si j’ose dire.

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Soleil rouge sang se levant sur le champ de bataille de Camlann – Source: dvdclassik.com

Par exemple, quand nous entendons certaines mesures de la « Marche funèbre de Siegfried », extraites du Crépuscule des Dieux, on sait qu’Arthur se saisit d’Excalibur, ou encore qu’il renonce à elle avant de mourir et de rejoindre Avalon, sa dépouille escortée par les dames du Lac. Les notes particulièrement graves de ce morceau, les trompettes tonitruantes ajoutent encore une dimension grandiose à cette aube sanglante qui voit la fin du règne d’Arthur, comme un flamboyant final d’opéra. Wagner est également utilisé pour les scènes intimistes entre Guenièvre et Lancelot – prélude de Tristan et Isolde qui est longtemps resté dans ma mémoire comme la « musique de Lancelot et Guenièvre » – ou pour la quête du Graal par Perceval – j’ai d’ailleurs récemment réalisé que le prélude de Parsifal accompagnait les exploits du jeune chevalier.

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Arthur menant ses chevaliers sous les arbres en fleur. Nigel Terry, dans la trentaine, interprète Arthur de dix-huit à plus de cinquante ans. Et c’est qu’il est convainquant! – Source: dvdclassik.com

Mais le plus fameux morceau du film, puisqu’il est présent dans sa bande-annonce, reste sans conteste « O Fortuna », extrait du chef d’oeuvre de Carl Orff Carmina Burana, inspirée par la vision romancée de son compositeur pour la période médiévale. Il accompagne la chevauchée d’Arthur et de ses chevaliers sous une pluie de pétales tombant d’arbres en fleur, après la découverte du Graal.

Ainsi, la puissance, la profondeur, la noirceur et la magnificence qui imprègnent cette musique pourraient paraître pompeux à certains, mais participent à la poésie d’Excalibur. Ils en feraient presque un opéra filmé. Il faut dire qu’un morceau d’Orff ou de Wagner pourrait rendre épique n’importe quelle scène d’un ennui mortel!

  • Un film qui a mal vieilli?

J’ai lu il y a quelques temps une critique écrite par quelqu’un préférant le Sacré Graal des Monty Python ou la série Kaamelot (ah, sacrilège!). Il y démontait littéralement non-seulement le visuel et les effets spéciaux, mais aussi le jeu des acteurs, qui faisaient d’Excalibur un film particulièrement vieillot.

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La Dame du Lac récupérant Excalibur – Source: dvdclassik.com

On ne peut pas nier que certains effets spéciaux prêtent à sourire. Je mentionnais plus haut le spot vert sur l’épée, mais il peut aussi s’agir de la scène où Uther court sur le souffle du dragon, matérialisé par des fumigènes au ras du sol, alors qu’il est censé courir dans les airs! Mais pour moi, le plus drôle reste celui de la Dame du Lac vue à travers l’eau, sans la moindre torsion de perspective, telle une projection! On a beau aimer sa très belle armure blanche, ça passe tout de même moyennement à l’écran! Tout comme son bras sortant de l’eau pour récupérer Excalibur à la fin du film, paraît incrusté plus tard dans l’image et très peu naturel! Quant aux yeux rougeoyant de Merlin lorsqu’il invoque le souffle du dragon, ils ressemblent aux yeux rouges des photographies!

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Morgane lançant des rumeurs sur Guenièvre lors d’un banquet à la Cour… Et Galaad, vous le reconnaissez? – Source: dvdclassik.com

Parlons maintenant du jeu des acteurs… Pour ma part, je dirais qu’il correspond à ce qu’est le film: une interprétation emphatique (ce terme n’a rien de péjoratif en l’occurrence!) du mythe, plein de répliques passionnées par des acteurs shakespeariens comme Gabriel Byrne et Patrick Stewart haranguant les hommes avant la bataille, et du jeu fiévreux des interprètes féminines comme celles d’Igraine, de Morgane et parfois de Guenièvre, généralement plus en retenue et plus douce. Mais il est vrai que c’est une façon de jouer que l’on attendrait plus dans une pièce de théâtre qu’au cinéma. C’est aussi propre à l’époque, comme je le disais, et certains films aujourd’hui cultes n’échappent pas à cette règle de la déclamation.

Je peux donc comprendre que ces détails troublent certaines personnes de ma génération et d’autres plus jeunes, habitués à des effets numériques et à un jeu d’acteur un peu moins théâtral. Et encore, heureusement qu’ils n’ont pas vu Moby Dick ou des péplums comme Quo Vadis?, parce que niveau déclamation et gestuelle tragique, il y avait de quoi faire!

  • Conclusion: intemporel ou daté?
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Le très rock’n’roll Merlin – Source: dvdclassik.com

J’ai terminé avec les quelques faiblesses d’Excalibur, mais sachez que je ne perds jamais mon temps à écrire sur des choses que j’aime pas. Je préfère me faire plaisir! Le fait est que j’aime beaucoup Excalibur. Il a alimenté pendant des années mon imaginaire fantasy plein d’armures étincelantes, d’hommes aux prises avec des enjeux de pouvoir, des hommes valeureux et amoureux, et surtout de femmes de caractère – ce qui pour moi manquait cruellement dans l’univers de Tolkien que je ne goûte pas particulièrement. Avec le temps, et sans doute l’âge adulte aidant, j’ai de plus en plus apprécié certaines subtilités du film, sa poésie sombre, son visuel onirique, sa violence magnifiée, sa musique, son casting de rêve et certaines images lumineuses ou morbides. J’ai souri aux répliques bien senties de Merlin et je connaissais par coeur ses incantations quand j’étais ado (d’ailleurs, je devrais demander à ma mère, je suis sûre qu’elle connaît encore le sortilège d’invocation du souffle du dragon…). J’ai admiré les paysages magnifiques, les chateaux aux hautes murailles et les forêts très vertes de l’Irlande où Excalibur fut filmé. C’est pour moi comme un somptueux livre d’images illustrant l’une des plus belles histoires jamais contées.

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Morgane dans une très seyante cuirasse de femme – Source: dvdclassik.com

Les effets spéciaux et l’acting datent un peu, certes, mais j’aime ça. Je suis toujours les aventures d’Arthur et des chevaliers avec un grand intérêt. Tant et si bien qu’ensuite, je me suis monstrueusement ennuyée en lisant Les Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley (je vais ré-essayer de les lire, après treize-quatorze ans, mes goûts ont évolué!), et que la dimension « historique » du Roi Arthur de Fuqua m’a royalement barbée (en fait, j’ai regardé le film pour Clive Owen et Ray Stevenson!) – en effet, pourquoi vouloir spéculer de manière historique sur le roi Arthur quand on en sait si peu et ne pas se contenter d’en relater la dimension légendaire? Ma « culture Excalibur » m’a même fait haïr la série Merlin, avant que je l’adore – bien que regrettant la B.O. signée Wagner – et qu’elle réveille à nouveau mon intérêt pour la légende arthurienne. Et c’est toujours l’oeuvre de Boorman qui m’a inspirée dans mes croquis ou mes peintures fantasy art.

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Arthur, solennel, et Guenièvre – Source: dvdclassik.com

S’il est marqué par les goûts du début des années 1980,  si j’en crois mes parents qui à l’époque on été voir Excalibur au cinéma, c’était très novateur en termes d’imagination, de costumes, de décors et de mise en scène de la violence. C’était très différent ce qu’ils voyaient à la télévision et au cinéma. Même ma mère, qui n’est pas une adepte de la « sortie cinéma » et préfère se caler dans un fauteuil devant un DVD, est allée le voir trois fois en une semaine, quand elle révisait pour son bac. C’est aussi pour ça que j’aime ce film. Il est étrange et captivant, il change de ce que je peux voir ailleurs. C’est une sorte d’OVNI basé sur le mythe arthurien, une fiction avec du sang et du sexe qui préfigurait Conan le Barbare (dont mes parents sont également fans) et même  Game of Thrones. C’est une vision de réalisateur, une ode à l’imagination humaine. Une formidable plongée dans un monde de magie noire, de batailles et d’honneur chevaleresque…

Je vous laisse donc avec sa bande-annonce, si le coeur vous en dit… Je m’excuse d’avance de Et si ce post vous a donné envie, je vous souhaite un bon visionnage, tranquille et dans le noir… 🙂 Et je vous conseille une édition DVD ou blu-ray pour faire ressortir la photographie sublime de l’ensemble!

Blanche Mt.-Cl.