Galerie de Croquis Sombres – Un Démon Triste et des Guerriers Steampunk

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Bien le bonsoir – ou bon matin, vu l’heure.

Par cette énième nuit d’insomnie, je reviens avec de toutes petites créations tirées de mes carnets de croquis. A dire vrai ces derniers jours ont été assez créatifs en termes professionnels – j’ai repris le boulot cette semaine, et je suis sur de l’identité visuelle – mais j’ai quand même trouvé quelques minutes pour ces croquis. J’aime assez faire ce genre de choses à l’encre, car cela me permet un trait énergique à l’image de ma passion et de mes « tourments » du moment, et d’exprimer mon intérêt à la fois pour l’Expressionnisme et pour des choses un peu « dark ». Je ne suis pas morbide pour autant, mais j’ai parfois besoin de laisser sortir une sorte de « noirceur salutaire » après un projet graphique tout en douceur, comme j’aime à appeler ça.

Le premier croquis, des guerriers caparaçonnés évoluant dans les flammes et portant des masques à gaz, on une vague allure Steampunk, influencée par l’esthétique (si j’ose appeler ça comme ça) de la Première Guerre Mondiale et des dessins d’Otto Dix. À dire vrai, ces oeuvres me plaisent autant qu’elles me dérangent tant elles débordent d’une sorte d’irréalité. On peine à croire qu’il s’agit de quelque chose qui s’est passé. Ce sont des troupes d’assaut (Sturmtruppen), mais elles semblent émerger d’une sorte de brouillard onirique, d’un chaos silencieux… alors qu’on sait que ces champs de bataille ont été bruyants. J’ai ajouté de la couleur pour ajouter de la force, et conférer à ces ombres une certaine animalité et sauvagerie dans le regard de leurs masques de protection.

Le second croquis, mon démon femelle versant des larmes de sang, traduit mon intérêt pour la mythologie judéo-chrétienne avec son cortège de monstre mais aussi mes préoccupations. Malgré un stage qui me plait, je traverse une période assez difficile. Ce démon qui hurle et pleure s’accroche à ses propres cornes, nous renvoyant à ces moments de terrible solitude où ce qui nous rend différent des autres nous fait nous sentir comme un monstre. C’est comme si nous avions des cornes sur la tête ou une queue fourchue!… Voilà, c’était le moment « philosophique » de cette nuit sans sommeil.

Je vous laisse et vous souhaite de beaux rêves sombres, en attendant des créations plus belles et plus élaborées? 🙂

Blanche Mt.-Cl.

Illustration – La Prostituée de Babylone – Avril 2015

Bonjour à tous!

Me voici de retour avec ce que j’appelle ma « dose salutaire de ténèbres ». En effet, je suis actuellement en train de travailler sur un devoir de graphisme très prenant, un projet d’identité visuelle que je compte terminer dans les deux jours – un projet très coloré et plein de joie de vivre puisqu’il s’agit de présenter trois projets de logos, cartes de visite et papiers à en-tête pour un magasin de jouet, avant finalisation du projet retenu par les correcteurs. Ceci est loin, très loin de mon univers habituel, auquel j’ai voulu revenir le temps d’un dessin.

La nuit dernière, excitée comme une puce après être restée très tard sur des cartes de visite aux couleurs très soutenues, j’ai été comme saisie d’une fièvre créatrice et vers une heure du matin, j’ai commis cette petite oeuvre en un quart d’heure, armée seulement de trois stylos à l’encre de Chine d’épaisseurs différentes. D’ailleurs, je vois bien que mon dessin est nerveux… à l’image de sa source d’inspiration.

En effet, il y a quelques temps, je présentais Metropolis de Fritz Lang sur ce blog, ce qui m’a donné envie de le revoir. J’ai donc ressorti mon DVD et ai suivi mon instinct. Depuis, l’inspiration me vient pour n’importe quoi, en particulier pour le graphisme et le dessin. Concernant la peinture, l’envie et les idées sont là, mais pas vraiment le temps! Toujours est-il qu’une scène de Metropolis m’a marquée en particulier, et ce depuis l’adolescence… Déjà à dix-sept ans j’avais des goûts cinématographiques un peu spéciaux, et j’avais été comme frappée par la foudre lors de la scène de danse…

Le savant fou Rotwand avait, sous les ordres de son ami/ennemi Joh Fredersen, le dirigeant de Metropolis, créé une sorte d’androïde à qui il avait donné les traits de Maria. Cette fille, interprétée par la toute jeune (à l’époque) Brigitte Helm, était issue des classes ouvrières et dans une sorte d’appel messianique, annonçait aux ouvriers, lors de réunion dans les Catacombes de la ville, l’arrivée d’un médiateur qui devait les faire sortir de la misère ou les laissait leurs patrons, par la voie de la réconciliation. Il s’agissait, en créant le robot, de le renvoyer parmi les ouvriers pour semer le trouble et ruiner la réputation de Maria, pour mieux réprimer les mouvements de revendication. Or, Rotwand, avec cette femme-robot qu’il voulait à la ressemblance d’un amour perdu, décide de se venger de la ville entière et de son commanditaire Fredersen. Il crée donc une femme fatale à l’image de Maria, qui lors d’une soirée dans un club huppé de la ville, va ensorceler tous les hommes de la classe dirigeante en dansant…

Cette scène est absolument ÉTOURDISSANTE et fascinante, et de nos jours complètement surréaliste quand on voit le jeu théâtral des acteurs dans ce film muet – les regards concupiscents de ces hommes qui se lèchent presque les babines en voyant la danseuse, et cette femme fatale peu vêtue qui affiche un sourire et un sourcil exagérément haussé très, très aguicheur. Elle y apparaît comme la Prostituée de Babylone, une de ces images bibliques annonçant la Fin des Temps – en revanche, je ne sais plus si on trouve cela dans les Prophéties de l’Ancien Testament, dans l’Apocalypse de saint Jean ou dans les deux à la fois. Comme cette femme terrible, on y voit la fausse Maria brandissant un calice rempli de sang, chevauchant une Bête à sept têtes (tandis que les couillons au pied de la scènes rêveraient plutôt de jouer à la « bête à deux dos »… d’accord, c’était le sous-entendu grivois du jour!).

Le dessin présenté ici en est clairement inspiré, dans la tenue, la posture et le regard insistant de la femme, vaguement menaçant, qui nous met en garde: « Je te vois. Je sais que tu ne peux pas t’empêcher de me regarder. Tu me veux. Tu cèderas. » De même la photographie du film m’a inspirée pour les contrastes prononcés et l’expressivité de ce personnage aux yeux luisants qui semble émerger des ténèbres…

Je ne pense pas être plus méchante que la moyenne. Mais le fait est que je ne peux nier une sorte de fascination pour la noirceur, et j’ai régulièrement besoin de l’exprimer par le dessin. Enfin, noirceur, ça reste gentillet quand même, parce que j’aime que les choses soient sous-jacentes. C’est ainsi. J’avais besoin de faire ce dessin. Pour ne pas oublier, en ces temps où je me consacre aux « travaux de commande » de mes études en graphisme, que la création est aussi un acte individuel qui me permet d’exprimer tout ce que je souhaite…

J’espère en tout cas que cette vilaine danseuse aura exercé sur vous un peu de son pouvoir de séduction! Je vous souhaite donc à tous une belle journée ténébreuse! Et je vous dis à demain pour la chronique cinéma!

Blanche Mt.-Cl.

Baisers de l’Ange et du Démon – Etudes – Décembre 2014

Vous avez peut-être déjà vu la première étude à ce sujet… Voici comment elle a évolué. Je suis partie de simple esquisse à des dessins aboutis qui m’ont servi de base au travail de peinture – le travail de peinture est en cours, mais j’ai dû le mettre en stand-by pour quelque temps.

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Le Baiser de l’Ange

Ce qui m’intéresse dans la représentation du baiser angélique, c’est que la femme, comme dans Le Baiser de Klimt, semble émettre encore quelque résistance et ne pas s’abandonner complètement. J’aime beaucoup ce paradoxe, car en effet: quel risque peut-elle bien courir avec un ange?

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Le Baiser du Démon

Ce qui nous amène à l’autre couple, la paire de larrons démoniaques. Je me suis amusée à représenter le Diable non-pas dans une position dominante, mais soumise aux caprices de la femme. Il est toujours beau avec ses longs cheveux censés être roux, ses quatre cornes, ses traits fins, son petit sourire narquois sa silhouette musclée et ses tatouages dont l’un, en forme de serpent, fait référence à la Genèse. Je ne voulais pas que la femme ait l’air d’être victime du tentateur. Elle est consentante, consciente de sa faute et pèche avec un plaisir non-dissimulé, tandis que ce diablotin, à l’image d’un jeune homme moderne, ne la brusque pas et ne la force en rien.

Cela correspond à cette citation de l’écrivain autrichien Karl Kraus: « Le Diable est optimiste s’il pense pouvoir rendre les hommes plus mauvais qu’ils ne sont. »

Blanche Mt.-Cl.

Baisers de l’Ange et du Démon – Projet de Peinture – Novembre 2014

J’ai souhaité, il y a peu, revenir sur le thème exploré par ma peinture Le Baiser de l’Ange, avec une dimension un peu plus osée et sensuelle, sachant que je maîtrise un peu mieux la peinture maintenant. J’ai également souhaité en faire un diptyque pour décorer ma chambre, tout en érotisme sage.

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Etude – Le Baiser de l’Ange
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Etude Peinture – Le Baiser du Diable

Aussi ai-je décidé de faire un pendant diabolique à mon baiser angélique, juste pour éclairer l’ambivalence de nos rapports à l’amour et à l’érotisme. J’ai repris ma façon personnelle de représenter les anges et le Diable, car j’ai bon espoir que la peinture, une fois terminée, aura fière allure… Mais je posterai dans la soirée les prochaines études, plus élaborées, celles-ci ayant été griffonnées entre deux essais de maquette pour mes études de graphisme! 🙂

Blanche Mt.-Cl.

Un beau petit diable – Dessin – Octobre 2014

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Un beau petit Diable…

Voici enfin un dessin qui n’a rien à voir avec mon roman… Un autre diablotin très typé, et pour une fois, coloré. Le graphisme et la peinture m’auront au moins appris à utiliser de la couleur, ce qui commence à avoir une influence positive sur mon dessin. 🙂

Bien que j’aie réutilisé un thème déjà exploré dans mes dessins, mais d’une manière nouvelle, ce qui me permettra de mentionner mes influences… Tout d’abord, je suis fascinée par le personnage du Diable, « le Satan » comme il est appelé dans l’Ancien Testament. J’aime ce passage du Live de Job où il met Dieu au défi d’éprouver la foi de Job, son plus fidèle serviteur. J’aime voir Dieu et le Diable côte à côte dans cet épisode pour le moins intéressant. Une scène similaire ouvre le Faust de Goethe, et l’objet du pari entre le Seigneur et Mephistopheles est Faust lui-même.

Visuellement, j’ai différentes influences. Dans l’arrière-plan, on retrouve les volutes et les arabesques de l’Art Nouveau – dans un livre sur le graphisme heavy metal, j’ai pu constater que certains graphistes de cette mouvance ont également ces influences. J’aime également l’art médiéval et ce qui va avec – en particulier les armures comme celle que porte mon personnage – et j’admire beaucoup l’oeuvre du peintre Jérôme Bosch. En particulier lorsqu’il s’intéresse à l’Enfer et au Paradis, ses démons hybrides magnifiquement imaginés. Je me demande, à chaque fois que je trouve un nouveau détail, comment l’idée lui en est venue, comment il a réussi à créer des scènes qui n’ont rien à envier à nos films gores.

J’ai également des inspirations mythologiques et littéraires. J’ai fait la relation entre le dieu égyptien Seth et Satan, pour donner mon diable une queue de la forme de celle de Seth. En Ancienne Egypte, on considérait les gens roux, comme le pharaon Ramsès II par exemple, comme liés ou bénis par ce dieu particulièrement puissant et destructeur, responsable de la foudre, régnant sur les étendues désertiques et stériles. Il a également une dimension positive, quand bien même il est censé avoir assassiné son frère Osiris, car il se tient à l’avant de la barque de Rê pour la guider chaque nuit et éloigner le serpent Apophis qui cherche chaque nuit à empêcher le soleil de se lever. Ramsès II avait même créé une division dédiée à ce dieu dans son armée.

Enfin, je suis une fan inconditionnelle du Mephistopheles dans le Faust de Goethe. Je l’imagine toujours sous l’apparence d’un jeune homme particulièrement attirant – dangereusement attirant, roux, souriant, androgyne pour être attirant aux yeux de tous, affublé d’un sex-appeal malsain comme celui du chevalier vampire Requiem dans la BD illustrée par Olivier Ledroit.

J’espère que ces explications vous en diront un peu plus sur mon univers!

Blanche Mt.-Cl.

Peinture – Le Fruit Défendu – Janvier 2013

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Peinture – Le Fruit Défendu

Voici donc le résultat final des études que j’avais produite peu de temps avant… 🙂 Il s’agit d’une interprétation personnelle et plus sensuelle d’Adam et Eve chassés du Paradis. On peut dire ce que l’on veut sur la Bible, mais c’est un vrai réservoir à histoires sexy. Et la toute première est sans conteste celle d’Adam et Eve, avec ce fichu serpent tentateur.

Sur le fond de la toile, on voit au loin un horizon vallonné, un soleil brûlant dans un ciel d’or au-dessus d’une jungle primordiale recelant mille merveilles, grouillante de vie. C’est au milieu de cette végétation luxuriante que deux êtres humains peints en or – je ne sais même pas pourquoi je les ai peints ainsi, cela doit avoir une signification, mais elle m’échappe – mordent dans l’énorme fruit juteux que leur tend un serpent entre ses crochets à venin… Quant au serpent, l’image-même de la Tentation, il se doit d’être diablement attirant. Aussi lui ai-je donné une apparence précieuse, comme un bijou, avec ses écailles colorées et brillantes.

Le fruit est énorme, entre la mangue et la fraise, juteux et goûteux. Son jus coule le long du menton de nos deux pécheurs qui en profitent, enlacés de manière très sensuelle… Après tout, les représentations biblique, c’est affaire d’interprétation, non?

Blanche Mt.-Cl.

Etudes pour Peinture – Le Fruit Défendu – Décembre 2012

Ces croquis ont été élaboré durant mes vacances de Noël de 2012, alors que d’Angleterre, je faisais un saut en France pour les têtes de fin d’année.

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Etudes – Fruit Défendu

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