Contes sombres et glauques – Deux recueils à (re)découvrir

« Et, pour la première fois de mon existence innocente et confinée, je perçus en moi-même des possibilités de dépravation qui me coupèrent le souffle. »

Angela Carter, « Le Cabinet Sanglant » in: La Compagnie des Loups

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Attention, attention, voici une petite chronique surprise, avec laquelle on retrouve la vocation première du blog: la littérature SFFF! Enfin une re-chronique, puisque j’avais déjà parlé de ces deux ouvrages, aux tout débuts du blog, lorsque celui-ci n’avait que quelques abonnés. Voici qu’après en avoir parlé en #MardiConseil j’ai décidé de consacrer à nouveau un petit article à ces deux livres qui gagnent à être connus.

En effet, ces dernières années, les réécritures de contes ont eu le vent en poupe, les vieilles histoires ont été revues, ré-explorées, recyclées de manière plus ou moins heureuse, à tel point que, il y a trois ans, j’y ai consacré une semaine thématique sur Les Mondes de Blanche! Ceci dit, les deux recueils de contes que je vais vous présenter ne sont pas pour les enfants! 🙂 Ils sont emprunts de noirceur et même parfois d’une certaine sensualité. Ils abordent parfois des sujets dérangeants, extrêmement dérangeants, et il arrive également qu’ils prêtent à sourire…  Venez découvrir non pas un, mais deux livres dont je vous offre une petite lecture comparée! Continuer la lecture de Contes sombres et glauques – Deux recueils à (re)découvrir

La solitude de l’être – Niourk (Stefan Wul)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

51mtbydx42lAvec la chronique de cette semaine, je reviens à la littérature SF jeunesse avec un livre que je n’ai pas seulement lu, mais aussi relu puisque je l’avais étudié en cinquième, sous la houlette d’un professeur de français exceptionnel qui aimait la littérature SFFF… J’ai nommé Niourk de Stefan Wul.

Et l’édition que j’ai pu me procurer a ceci de particulier qu’elle est accessible aux jeunes lecteurs dyslexiques. J’ai mis un petit moment à m’adapter à la typographie et à la mise en page, mais je dois avouer que je suis ravie de cette initiative. Car il est dommage que la dyslexie coupe des bonnes histoires!

Continuer la lecture de La solitude de l’être – Niourk (Stefan Wul)

Amour par-delà les siècles – La Momie (Karl Freund, 1932)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

la_momieComme je vous l’avais annoncé à Noël, j’ai reçu un coffret de vieux films, des classiques du fantastique et de l’horreur produits par les studios Universal.

Ainsi, suite à la chronique dédiée à Dracula, je vous offre encore avec un vieux coucou, un autre classique produit par les studios Universal: La Momie de Karl Freund avec Boris Karloff dans le rôle-titre.

Je vous invite donc pour un voyage exotique au pays des Pharaons…

Continuer la lecture de Amour par-delà les siècles – La Momie (Karl Freund, 1932)

Des « Goonies » au surnaturel – Stranger Things (les frères Duffer, 2016)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

483244
Visuel bien à l’ancienne de la série – Source: AlloCiné

Hormis quelques tops durant l’été, je n’avais pas fait de chronique ciné ou série télé depuis… Merlin. 😉 Et puis finalement, moi qui pensais pas arriver à pondre une chronique en temps et en heure cette semaine, j’y suis arrivée! 🙂 Aussi j’ai décidé pour sonner mon retour dans les chroniques, avec mon dernier coup de cœur série: Stranger Things. J’en avais entendu parler sur le Net, et sur la page Instagram d’Athénaïs, rédactrice d’Un Bouquin ans la Tasse. Elle avait l’air de trouver ça vraiment bien, et du coup, cela m’a d’autant plus donné envie de jeter un œil à cette histoire dont j’étais déjà très curieuse…

Pour ma part, si je ne m’étais pas trop renseignée sur l’histoire pour me garder la surprise, j’ai d’abord été séduite par le visuel un peu vintage de la campagne marketing, et par ce que j’avais lu sur la musique. Je vous propose donc de remonter le temps pour retrouver vos meilleurs souvenirs de films fantastiques des années 80… pour une chronique assez brève car je ne souhaite pas vous en dire trop! 🙂 Mais ça va être très, très dur de me retenir!

Continuer la lecture de Des « Goonies » au surnaturel – Stranger Things (les frères Duffer, 2016)

Orgies macabres dans les tourbières – Les Furies de Borås (Anders Fager)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

51SJPStWJWLJe suis très fière de vous présenter enfin une chronique lecture après ces quelques jours de flottement (où vous êtes restés fidèles, encore merci!), et de vous dire que c’est le troisième livre que j’aie lu ce mois-ci, ce qui ne m’est pas arrivé depuis longtemps… Et je l’ai dévoré, pratiquement dans son intégralité, pendant mes heures de transport. Comme quoi, tout a ses avantages! Et c’est à croire que cette année, je sois abonnée aux livres sympas depuis quelques temps, ce que me confirme la lecture des Furies de Borås, un recueil de nouvelles fantastiques glauques à souhait de l’auteur suédois Anders Fager.

Laissez-mois vous emmener en balade sur les tourbières, dans une Suède peuplée d’êtres étranges et de monstres…

Continuer la lecture de Orgies macabres dans les tourbières – Les Furies de Borås (Anders Fager)

SEMAINE THÉMATIQUE: FRANKENSTEIN – Pastiche d’un classique avec « Frankenstein Junior » (Mel Brooks, 1974)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Young_Frankenstein_movie_poster
Affiche du film – Source: Wikipedia

Je reviens terminer cette semaine thématique dédiée à Frankenstein avec une chronique express. Si j’ai évoqué le roman ainsi que deux adaptations notables, j’aimerais revenir avec vous sur une comédie largement inspirée de l’oeuvre de Mary Shelley ainsi que des vieux classiques de l’horreur.

Vous connaissez très probablement Mel Brooks, en particulier pour des comédies loufoques comme La Folle histoire de l’espace, Sacré Robin des Bois ou encore Dracula, mort et heureux de l’être. Eh bien sachez que j’ai fait la découverte il y a quelques années, par l’un de mes oncles qui avait ramené le DVD en vacances pour nous le montrer, Frankenstein Junior. Succès critique d’après une idée originale de l’acteur Gene Wilder qui participe à l’écriture du scénario et interprète le rôle titre, cette comédie est en son temps un véritable succès couronné de plusieurs récompense.

Vous êtes curieux de ce que peut donner une comédie sur un tel sujet?… Suivez-moi et bouclez vos ceinture, car ce n’est pas triste!

Continuer la lecture de SEMAINE THÉMATIQUE: FRANKENSTEIN – Pastiche d’un classique avec « Frankenstein Junior » (Mel Brooks, 1974)

SEMAINE THÉMATIQUE: FRANKENSTEIN – Deux adaptations cinématographiques aussi notables que différentes

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

800px-Frankenstein's_monster_(Boris_Karloff)
Portrait de Boris Karloff pour La Fiancée de Frankenstein – Source: Wikipedia

On y arrive! Je ne sais pas comment car je n’ai plus les yeux en face des trous, mais on y arrive tout de même. Me voici donc de retour avec une nouvelle chronique cinéma pour cette semaine thématique dédiée à Frankenstein. Pour le coup, j’ai très mal géré tout ça, car j’aurais dû prévoir que j’aurais beaucoup à faire durant ma dernière semaine de stage.

Car si l’oeuvre de Mary Shelley nous est si familière de nos jours, c’est surtout en raison de ses nombreuses adaptations! Il faut dire que ce livre a connu un succès immédiat, et s’est vu très tôt adapté en pièce de théâtre, voire en ballet… ainsi qu’au cinéma, et ce dès les films muets!

Mais je n’ai retenu que deux oeuvres. D’une part parce qu’elles sont notables, et d’autre part parce que datant de deux périodes bien différentes, elles sont, par les enjeux retenus par les réalisateurs, autant le reflet de leur temps que d’une interprétation différente de cette histoire très populaire! Il s’agit du classique de 1931 de James Whale avec Boris Karloff dans le rôle de la créature, et du film de Kenneth Branagh sorti en 1994.

Je vais donc commencer par une présentation succincte des deux films évoqué, avant de parler mise en scène, thèmes abordés et différences par rapport aux livres. Une fois n’est pas coutume, la « fiche technique » vous sera présentée en fin de post. Et c’est parti, tremblez…

Continuer la lecture de SEMAINE THÉMATIQUE: FRANKENSTEIN – Deux adaptations cinématographiques aussi notables que différentes

Deux expositions en une – « Fantastique! » au Petit Palais

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Comme vous le savez, il n’y a pas eu, cette semaine, de chronique livre ou film, pour cause de projet d’écriture prenant et de « besoin de repos » (parce que là, ça urgeait VRAIMENT)… ce qui ne signifie pas que je suis restée inactive (de toutes les façons, j’ai du mal). En effet, j’ai le plaisir de revenir avec une autre exposition, ou plutôt deux expositions qui cette fois-ci m’ont ravie! 🙂 Il s’agit de Fantastique! Kuniyoshi, le démon de l’estampe et Fantastique! L’estampe visionnaire, de Goya à Redon, tenues à Paris, au Petit Palais jusqu’au 17 janvier 2016.

39_c-kun
Estampe fantastique – Source: Petit Palais

À la base, je m’intéressait surtout à l’expo tournant autour du Japon, même si l’autre m’attirait. Hier, après une petite grasse matinée qui m’a fait du bien, je me suis extirpée de l’appartement de mes logeurs pour gagner le Petit Palais. Contre toute attente et malgré le monde présent, j’ai pu faire d’une pierre deux coups.

La première exposition présente les oeuvres de Kuniyoshi (1797-1861), artiste japonais de la période Edo, dont même Claude Monet possédait des oeuvres dans sa collection d’estampes à l’époque où le « japonisme » avait séduit les classes cultivées et de nombreux artistes français. Ainsi, les pièces présentées au Petit Palais, prêtées par le Japon et par d’autres institutions françaises, sont aussi fascinantes que remarquable.

Continuer la lecture de Deux expositions en une – « Fantastique! » au Petit Palais

Une romance intemporelle? – « La Belle et la Bête » (1740/1757)

Très chers lecteurs et lectrices des Mondes de Blanche,

Voici, je l’espère pour votre plus grand plaisir, la présentation de l’un des contes les plus connus, dont il existe des variantes dans le monde entier. J’ai nommé cette fameuse histoire que nous connaissons en Europe sous le titre de la Belle et la Bête, qui nous raconte comment une belle et douce jeune fille s’est finalement attachée à une bête hideuse.

IMG_3913
Couverture de mon exemplaire personnel de La Belle et la Bête (Les illustrations présentées ensuite en sont extraites)

Avec la sortie de l’adaptation cinématographique signée Christophe Gans l’an dernier, le conte est redevenu à la mode et a été ré-édité dans différentes collections, ce qui n’est pas pour déplaire aux curieux avides de « folklore » et de littérature… Fascinée par les histoires de métamorphose comme la lycanthropie, et me questionnant sur la part d’animalité en chaque être humain, je n’ai évidemment pas pu résister à redécouvrir une histoire qui pour moi, est une des plus romantiques jamais écrites – et aussi l’un des seuls Disney que j’aime vraiment. Je me suis donc offert une très belle édition, avec des reproductions d’illustrations anciennes.

Mais qu’y ai-je découvert?

  • Un conte fixé au XVIIIe siècle

Mais de quel conte, ou plus exactement, de quelle version du conte s’agit-il? Dans l’intitulé des livres pour enfant, vous avez probablement déjà lu « d’après Madame Leprince de Beaumont ». Il s’agit en effet de la version la plus simple et la plus connue du conte, publiée vers 1757. Jeanne-Marie Leprince (1711-1780), qui ajoute à son nom de plume celui de son époux, avec qui elle n’est restée mariée que peu de temps avant annulation de leur mariage. Vivant une vie mouvementée comme gouvernante à l’étranger et en France après une éducation au couvent, elle est reconnue pour ses talents d’éducatrice et de femme du monde qui lui ouvrent des portes. Femme en avance sur son temps, elle entend par ses écrits promouvoir la femme par l’éducation, et dans un recueil destiné aux enfants, son Magasin des enfants, elle abrège l’histoire déjà existante de la Belle et la Bête, pour en faire la version la plus simple et la plus populaire que nous connaissons tous.

En effet, La Belle et la Bête a été publié pour la première fois en France par Madame Gabrielle-Suzanne de Villeneuve (1685-1755), femme issue de la noblesse Rochelaise, qui après dilapidation de sa dot par un époux joueur et un veuvage qui la laisse sans ressource, décide de se lancer dans la carrière littéraire pour s’assurer un revenu, ce qui lui attire les faveurs d’un dramaturge de l’époque, Crébillon père (1674-1762) – que nous avons oublié aujourd’hui. Elle aurait entendu pour la première fois le récit de la Belle et la Bête par l’une de ses femmes de chambre, au cours d’un voyage en bateau vers l’Amérique. L’histoire est alors publié en 1740, dans un recueil intitulé La Jeune Américaine et les contes marins. Le récit comprend une longue partie dédiée à l’histoire passée de la Bête, à ses origines, qui est passée sous silence par Madame Leprince de Beaumont.

  • Quelques différences dans le récit
IMG_4079
Le père de la Belle surpris par la Bête – Illustration en lithographie coloriée – ©RMN-Grand Palais (MuCEM)/ Franck Raux

Un riche marchand perd toute sa fortune et se voit contraint de partir vivre à la campagne avec ses trois fils et ses trois filles. Si les deux aînées sont capricieuses et futiles, la plus jeune cumule les qualités. Non-contente d’être une maitresse de maison accomplie capable de garder viable la modeste demeure, elle est d’un caractère à la fois doux et volontaire, mais cultive également son esprit par de nombreuses lectures et l’apprentissage de la musique. Et ce qui ne gâche rien, la demoiselle est plutôt jolie, d’où son surnom de la Belle. Si son père et ses frères l’adorent, ses soeurs en sont terriblement jalouses.

Mais un jour, leur père reçoit une bonne nouvelle: des navires à lui, avec à leur bord une cargaison précieuse, ont été retrouvés, lui assurant ainsi un grand retour de fortune. Avant son départ pour la ville, ses filles aînées lui réclament des présents – robes, bijoux, animaux de compagnie, etc. … Quant à la Belle, elle lui demande une simple rose. Malheureusement, le père apprend que ses navires se sont abîmés en mer. Désespéré, le pauvre homme reprend le chemin du retour mais se perd en forêt. Quelle n’est pas sa surprise quand il se trouve face à un somptueux château. En rentrant pour demander l’hospitalité, il trouve une table prête et se rassasie, avant de se retirer dans une chambre et de dormir. Le lendemain matin, il parcourt les jardins et découvre un magnifique massif de roses. Il décide d’en prendre une pour la ramener à la Belle, mais à peine la touche-t-il qu’une bête affreuse apparaît, l’accusant de voler ses fleur après qu’elle lui ait offert son hospitalité pour la nuit. Suppliant pour garder la vie sauve, l’homme lui apprend qu’il tient à faire ce présent à sa plus jeune fille. La bête lui propose de rentrer faire ses adieux et de revenir vers lui, ou d’envoyer l’une de ses filles à sa place.

Effrayé, le marchand rentre chez lui et raconte l’histoire à ses enfants. Belle s’offre alors de repartir à sa place. Selon les versions, elle part seule ou accompagnée de son père. Une fois seule, elle découvre les merveilles du palais de la Bête. Chaque soir au dîner, elle rencontre la Bête qui lui demande de l’épouser, ou dans la version de Villeneuve, de coucher (!) avec elle. A chaque fois, la Belle, si elle assure le seigneur des lieux de son amitié, se refuse à lui. Sur son séjour, Madame de Villeneuve est plus bavarde. La jeune fille découvre des objets animés, de petits singes et des perroquets qui lui tiennent compagnie en attendant l’arrivée de la Bête au dîner, des miroirs magiques lui offrant une fenêtre sur les contrées les plus exotiques. La nuit, elle rêve d’un bel inconnu qui l’appelle à l’aide et dont elle s’éprend, bien qu’il s’agisse d’une vision.

Pourtant, aussi bien chez Madame de Villeneuve que chez Madame Leprince de Beaumont, la Belle se languit de sa famille et particulièrement de son père qu’elle voit dépérir de chagrin dans un miroir magique. Elle demande alors à la Bête de lui rendre visite. Celle-ci la laisse faire, contre la promesse de revenir très vite, sinon, la Bête en mourrait. La jeune fille promet de revenir et se met en route. Elle revoit sa famille et son père se rétablit quasiment… instantanément. Alors que la Belle se prépare à rejoindre la Bête, ses soeurs, jalouses de la beauté de ses vêtements et du confort qu’elle connaît au château de la Bête, la piègent pour l’empêcher de partir. Désemparée, la Belle parvient à s’enfuir et à rejoindre sa Bête, mais elle ne la trouve pas au palais. Elle l’attend, la cherche, l’appelle. Mais la Bête n’apparaît pas. La Belle finit par la trouver dans ses jardin, couchée et mourante de chagrin. Elle jure alors à la Bête de demeurer avec elle, de l’épouser car elle s’est rendue compte de ses sentiments. La Bête devient alors un beau prince.

IMG_4085
La Belle réconfortant la Bête – Illustration par Adolphe Mouilleron, 1844. ©Collection Jonas/Kharbine-Tapabor

Et voici que les deux versions divergent… car Madame Leprince de Beaumont achève son histoire ici, quand la Belle épouse la Bête devenu prince. Mais Madame de Villeneuve en fait le fameux amoureux onirique de la Belle, qui l’appelait à l’aide dans ses rêves, car il ne pouvait le faire sous l’apparence de la Bête. On apprend donc que ce prince a été victime d’une malédiction dans sa jeunesse, car sa mère, une fée, a commis la folie de s’unir à un humain – le roi et père du prince. Et alors là… rebondissement capillotracté s’il en est! En effet, la mère du prince ne veut pas de l’union entre son fils et la Belle, qu’elle n’estime pas digne de lui. Et à travers un autre récit, on découvre que la jeune fille n’est finalement autre qu’une enfant des fées, cousine du prince, cachée dans une famille humaine pour fuir la vindicte de méchante fée. Et cela explique bien sûr sa beauté et sa nature bienveillante, et sa destinée royale au côté d’un prince.

  • La morale de l’histoire

J’avais entendu parler de la psychanalyse des contes de fées par Bettelheim, et je m’attendais à percevoir, derrière des propos très innocents, une certaine tension sexuelle entre les personnages – à savoir l’attraction de la Belle pour cette bestialité en face d’elle. Je connaissais de plus les ré-interprétation d’Angela Carter dans son recueil La Compagnie des Loups, colorée d’un érotisme très subtil. Or, hormis cette demande de la Bête de dormir auprès de la Belle – certes osée pour l’époque – dans la version de Madame de Villeneuve, je n’ai rien vu de tout cela. Il en est de même pour le côté romantique du conte, toujours présenté comme « une histoire d’amour légendaire », impression confortée par les différentes adaptations que j’aie pu en voir.

J’ai été très étonnée de n’y déceler aucun romantisme, et de voir que les sentiments des protagonistes ne soient pas plus mis en avant. Sans doute à cause de mon point de vue de lectrice du XXIe siècle. De plus, il y était clairement dit dans la morale de l’histoire que la vertu d’une jeune femme était toujours récompensée. J’y ai donc vu une sorte d’injonction aux femmes du XVIIIe siècle, avec cet attachement de la Belle à son geôlier, à épouser le premier mari qu’on leur imposerait, et de supporter patiemment ses approches, même si le larron était vilain comme un cul de singe, car l’amour « pouvait toujours venir »… Bref, rien de très, très ragoutant et glamour pour moi, rien qui puisse flatter ma fibre romantique. Finalement, au vu des parcours des deux auteurs, j’ai quelque peu révisé mon jugement.

Tout d’abord, dans ses écrits relatifs à l’élaboration de La Belle et la Bête, Madame Leprince de Beaumont, très pédagogue et intéressée à l’édification de la jeunesse, expliquait vouloir apprendre à ses jeunes élèves à faire la distinction entre beauté extérieure et beauté intérieure, entre laideur extérieure et laideur intérieure, à admettre que derrière une apparence affreuse pouvait se cacher un être digne d’intérêt de par ses grandes qualités morales. En soi, c’est encore quelque chose qu’on nous apprend quand on est enfant. Cependant, j’ai fait l’erreur de ne voir en la Belle qu’une petite fille soumise à un père indigne qui la laisse se sacrifier à sa place, atteinte d’un fichu syndrome de Stockholm.

Mais j’ai découvert – cela n’engage que moi – une autre façon de lire le conte. Je mentionnais dans la première partie de ce post les idées de Madame Leprince de Beaumont concernant l’éducation des filles et leur émancipation. Mais si l’on prend en compte la situation des femmes en ces temps-là, elles n’étaient pour la plupart considérées que comme des marchandises et mariées selon les projets et intérêts des familles, comme les jeunes hommes car personne ne s’appartenait vraiment dans les sociétés occidentales d’Ancien Régime. Mais à la différence des hommes, leur éducation ne les poussait pas à développer leurs capacités ou à s’épanouir dans un métier, mais juste à devenir épouse et maitresse de maison. Nous avons aussi pu voir que mesdames de Villeneuve et Leprince de Beaumont ont toute deux fait des mariages malheureux et ont oeuvré pour garder leur indépendance financière. Je me demande donc si par « vertu », elle n’entendrait pas, outre cette « sacro-sainte » virginité imposée aux filles de l’époque, non-seulement les qualités morales, mais aussi les capacités intellectuelles. N’oubliez pas que la Belle, douce et compatissante, ne néglige pas de lire et de faire de la musique. Dans l’opus rédigé par Madame de Villeneuve, elle s’intéresse au monde qui l’entoure et voit des pièces de théâtre à travers les fenêtres magiques de la Bête. Elle n’est donc pas aussi unidimensionnelle qu’elle peut le paraître au début, à l’instar de la Blanche-Neige du conte de Grimm.

IMG_4082
La Belle s’émerveillant devant la volière de la Bête – Illustration pour Contes de fées, Hachette, 1866. © Collection Kharbine-Tapabor

Je n’aurai malheureusement jamais l’opportunité de poser la question à ces dames de Villeneuve ou de Beaumont… mais finalement, c’est bien la Belle qui fait tourner la baraque, si j’ose dire. Son père est devenu pauvre et doit s’exiler dans une chaumière à la campagne?… Qu’à cela ne tienne, comme un bonhomme, elle n’hésite pas à se salir les mains pour aller s’occuper du jardin et du potager, pour soutenir son père, quand ses deux soeurs, des enragées coquettes, se complaisent dans leur malheur et refusent de mettre la main à la patte. Quant à ses frères, ma foi, les auteures ne développent pas sur ce point, et je n’ai aucune idée de ce qu’ils font vraiment. C’est donc la Belle le pilier de la maisonnée, le « soutien de famille », comme on le dit aujourd’hui. Et quand bien même elle paraît vulnérable face à la puissance de la Bête, elle n’est plus, à la fin, la demoiselle en détresse qui attend après son prince, mais c’est elle qui par sa détermination va partir retrouver la Bête et la sauver de l’infâme malédiction dont elle est victime.

De même, lorsqu’elle se refuse à la Bête, outre cet « honneur » de jeune fille qu’elle pourrait souhaiter conserver, la Belle exprime plus un sentiment personnel – à savoir qu’elle s’excuse auprès de la Bête de son incapacité à pouvoir lui offrir autre chose que son amitié… car elle ne trouve pas son compagnon attirant. D’ailleurs, dans la version de Madame de Villeneuve, la transformation du prince en bête, n’est pas que physique, mais aussi mentale. Son âme est emprisonnée dans la sauvagerie et la « stupidité » de l’animal, d’où l’obligation de communiquer par des rêves avec la Belle. La Bête est donc doublement repoussante pour une jeune fille avec de la jugeotte. Cette honnêteté m’a bien plu. D’ailleurs, les filles, on a beau être adorables et bienveillantes, soyons honnêtes… vous partageriez votre plumard avec la Bête? Surtout si en plus d’être laid, difforme, velu, cornu ou tout ce que vous voulez, il vous paraît bébête? On peut être gentille, mais il y a un moment où ça ne doit pas devenir dégradant non-plus!

Fait intéressant: si la Belle finit par développer un réel attachement pour la Bête, elle n’y est pas contrainte. Je pense donc qu’en un sens, Madame de Villeneuve comme Madame Leprince de Beaumont, femmes de lettre à la vie peu conformiste, veulent montrer aux jeunes filles qu’elles sont des individus à part entière, qu’elles n’ont pas à céder, qu’elles peuvent développer leurs capacités et leur personnalité, et peut-être avoir la chance de trouver un compagnon digne d’elles, avec qui partager leur vie, et et avec des qualités propres à les rendre heureuses – il faut savoir que les deux auteures ont aussi eu, une fois leurs mariages malheureux terminés, une vie sentimentale… digne d’un roman. J’ai donc nuancé mon jugement quant au message adressé aux filles dans ce conte, quand bien même il ne suit pas une certaine conception de l’amour romantique, passionné et déraisonnable, et ne s’attarde pas sur les sentiments.

  • Conclusion – Réinterprétation et adaptations

Ce sont finalement les adaptations du conte qui ont influencé notre perception de ce conte très populaire.

Jean Cocteau en a fait en 1946 une sorte de fable onirique à la beauté formelle inégalée, nous emmène dans un manoir où les objets murmurent et s’animent, ou passer une porte transforment une tenue de fille de ferme en robe somptueuse, où les bougies s’allument seules pour éclairer la route du visiteur. Cocteau s’est également penché sur les travers des protagonistes de l’entourage de Belle: ceux-ci, entre la lâcheté du frère de Belle, Ludovic, et l’arrogance et l’avidité d’Avenant, le beau jeune homme (incarné par Jean Marais) amoureux de Belle, qui souhaite récupérer à la fois la fille et la fortune de la Bête, mettent l’accent sur cette différence entre beauté physique et beauté morale. Cocteau est donc resté dans l’optique du conte de fée avec sa morale, et après cette oeuvre, je m’attendais à trouver dans le conte « original » la même magie.

IMG_4081
La Belle retrouvant la Bête mourante – Illustration en lithographie coloriée – ©RMN-Grand Palais (MuCEM)/ Franck Raux

Cette magie a été également mise en avant dans La Belle et la Bête réalisé par Christophe Gans en 2014, dans des décors colorés et foisonnants, qui font la part belle à la végétation et aux objets luxueux, tout en explorant librement le passé de la Bête, par rapport à la version de Madame de Villeneuve. Quand bien même cette intrigue secondaire n’existe pas dans les contes, j’ai apprécié le retour sur cette histoire d’amour malheureuse entre ce prince et sa précédente épouse, et sur cette punition des dieux pour la bestialité dont faisait preuve ledit prince lors de ses parties de chasse. C’est d’ailleurs le seul point qui m’ait plu, avec cette présence de Vincent Cassel, dont le magnétisme animal collait parfaitement au rôle de la Bête, car je n’ai pas adhéré au jeu des acteurs – en particulier Léa Seydoux qui n’a pas vraiment rendu la Belle attachante malgré son petit côté effronté qui aurait pu la rendre intéressante – et à la débauche d’effets spéciaux dans la scène finale de l’attaque du Palais. C’est bien dommage, car il y avait vraiment de quoi donner un souffle à cette très belle histoire.

Etrangement, pour moi, l’une des meilleures adaptations qui en a été faite date de 1991… Il s’agit du dessin animé de Disney, La Belle et la Bête. Peut-être parce qu’il a réussi à mettre l’accent à la fois sur la magie des lieux, avec la création d’objets animés inspirés du film de Cocteau, sur le contraste entre la douceur potentielle de la Bête et la bêtise et la violence humaines incarnées par ce gros con de Gaston (imaginez Avenant du film de Cocteau avec le Q.I. de Johnny Bravo…), et sur la force des sentiments qui unissent les deux protagonistes principaux. La Belle y est une sorte d’alter-ego de la Bête, dans le sens où elle est différente – le nez dans les bouquins, la tête dans la lune, une sorte de proto-geek, peu encline à céder aux avances de Gaston considéré comme beau mais qu’elle trouve inintéressant – isolée et somme toute assez solitaire. Elle ne peut que compatir à la situation de la Bête, qu’elle pousse à donner le meilleur d’elle-même. Elle est à mon sens la parfaite synthèse entre la Belle des dames de Villeneuve et de Beaumont et d’une jeune fille moderne, forte et sûre de ses choix (quand bien même elle devient une princesse à la fin…) qui n’hésitera pas à faire la première une déclaration d’amour passionnée et désespérée. Finalement, et de façon inattendue car les productions Disney ne brillent pas nécessairement par leur subtilité, ce sont bien les studios du bon vieux Walt qui ont su capter l’essence du sentiment amoureux – dans les gestes des personnages, c’est flagrant! – et donner à cette histoire le souffle romantique qu’il lui manque au lecteur moderne dans les deux versions présentées ci-dessus. Car il faut aussi comprendre que c’est bien plus tard, avec la vague romantique, que les sentiments ont fait leur grand retour en littérature!

En revanche, elles sont une véritable mine d’or pour qui est curieux de littérature et d’histoire des mentalités. Et surtout, j’espère vous avoir donné quelques clés pour ne pas commettre la même erreur que moi en jugeant trop sévèrement ces oeuvres. Sur ce, je vous laisse avec les références de mon livre pour le plaisir des yeux, et vous souhaite une bonne lecture!

Titre: La Belle et la Bête
Auteur: Madame de Villeneuve/ Madame Leprince de Beaumont
Editions: Editions du Chêne
Collection: Littérature
160 p.
Parution: Octobre 2013
Prix: dès 10,90 € en occasion

Blanche Mt.-Cl.

Un grand classique entre horreur et science-fiction – La Mouche Noire (1958)

MV5BMjM2MzgyNTIzMV5BMl5BanBnXkFtZTgwNTg1Mjc1MDE@._V1__SX1233_SY579_
Affiche – Source: Imdb.com

Titre: La Mouche Noire (The Fly)
Année de production: 1958
Réalisation: Kurt Neumann
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h33
Distribution: Vincent Price, Al Hedison, Patricia Owens, Herbert Marshall…

Et oui, il y a eu des contretemps cette semaine, mais je m’étais juré que vous auriez tout de même cette chronique, même en retard!

Vous connaissez sans doute La Mouche, film de David Cronenberg sorti en 1986 où l’on voyait Jeff Goldblum se décomposer littéralement pour fusionner avec une mouche (quel gâchis!… Oui bon, quand j’étais gamine et ado, Jeff était l’un de mes grands amours), mais saviez-vous qu’il s’agissait du remake d’un film plus ancien?… Je l’ai appris il y a quelques années quand mon frère, fan de La Mouche, a reçu pour Noël un coffret DVD contenant ce film culte, et la version ancienne de celui-ci, avec ses suites. C’est ainsi que pendant des vacances de Noël, j’ai découvert La Mouche Noire

Nous allons voir maintenant de quoi il retourne…

NB: Les images de meilleure qualité que j’aie trouvées sont en noir et blanc. Or, le film est en couleur.

  • Une expérience qui tourne mal

L’histoire se passe à Montréal. Elle commence quand le corps du professeur André Delambre (Al Hedison) est retrouvé, la tête et un bras écrasé sous une presse hydraulique. Son épouse Helen (Patricia Owens) avoue le crime, mais refuse de donner son mobile, déclarant que son époux était devenu étrange, obsédé par une mouche à tête blanche qu’il l’avait chargée de trouver. Pour la faire parler, son beau-frère, François Delambre (Vincent Price) lui ment et affirme avoir trouvé ladite mouche. Soulagée et persuadée qu’il connaît la vérité, Helen, lui raconte alors les derniers jours de son époux…

Flashback. André Delambre vit une vie heureuse avec sa femme et leur petit garçon Philippe. André est un scientifique prometteur qui, dans son laboratoire, effectue diverses expériences relatives à la téléportation dans des modules de désintégration et de ré-intégration. Il téléporte d’abord des objets et de petits animaux, dont le chat de son fils qui ne ré-apparaît pas mais dont on entend encore le miaulement, comme flottant dans l’air. Après plusieurs essais réussis, il décide de créer des capsules à taille humaine pour tester l’installation sur lui-même.

MV5BMTIzNjM1MjE3Nl5BMl5BanBnXkFtZTYwOTYwOTU2._V1__SX1233_SY579_
Le jeune Philippe et son oncle François, découvrant la fameuse mouche à tête blanche – Source: Imdb.com

Mais sa femme Helen ne le voyant pas ré-apparaître, elle s’inquiète et descend dans le sous-sol où se trouve le laboratoire de son époux. Elle le trouve, un bras déformé, et le visage dissimulé par un sac noir. Il ne parle pas, et communique avec Helen par des notes écrite. Il lui avoue s’être téléporté par mégarde avec une mouche, et commencer à fusionner avec une partie d’elle. Il lui demande alors de trouver une mouche à tête blanche, qui lui permettrait d’inverser le processus. Helen se lance dans cette recherche avec ardeur, au fur et à mesure que les instincts de la mouche prennent le pas sur l’intellect de son mari qui, bientôt, ne parvient plus même à écrire…

  • Un thème classique entre science-fiction et horreur

Que dire?… Entre science-fiction et horreur, La Mouche Noire est, comme Frankenstein ou autres légendes impliquant une métamorphose, une classique histoire d’expérience qui tourne mal, adaptée d’une nouvelle. Donc en soi, ce petit film n’a rien de vraiment révolutionnaire et suit des schémas, explore des thèmes maintes fois abordés dans la science-fiction et l’épouvante. Le mythe de Faust faisait déjà référence à des savant jouant avec des forces qui les dépassaient, et le labo souterrain de Delambre n’est pas sans rappeler le cabinet de Faust ou le sombre moulin où officiait le docteur Frankenstein. Donc, on reste là encore dans un registre fantastique assez classique.

h-3-1728609-1254930188
La métamorphose d’André Delambre – Source: le-multivers.forumpro.fr

La science reste présente, avec cette idée d’étude sur la téléportation, quand bien même on entre dans l’histoire de « monstre », si l’on prend en compte la transformation d’André Delambre. En effet, on voit un homme qui a eu le courage (ou la folie?) de donner de sa personne dans ses recherches. Si dans le film de Cronenberg, c’est la transformation physique qui frappe (en même temps, quand on choisit un acteur aussi sex’ que l’était Goldblum dans sa jeunesse – désolée, mais comme on dit en anglais, he was totally messing my female hormones – ça fait forcément de la peine de voir cette détérioration physique totalement gore), ici c’est la perte progressive des facultés humaines qui crée l’empathie l’empathie du spectateur. Peu à peu, on mesure la solitude et l’isolement de cet homme qui ne peut plus communiquer avec les personnes qu’il aime… et heureusement qu’il y a a ça, car pour nous, spectateurs du XXIe siècle, l’apparition de cet homme avec une tête et une patte de mouche sur fond de musique dramatique peut prêter à sourire.

En revanche, le storytelling avec enquête policière et flashbacks est impeccable. J’aime beaucoup ce mélange d’éléments de plusieurs genres, avec un inspecteur, Charas (Herbert Marshall) qui enquête avec la collaboration de François Delambre, frère du défunt – brillant Vincent Price, qui sort de son registre habituel de personnage inquiétant – et découvre des faits qui dépassent son entendement. D’ailleurs, quand j’y pense, c’est un peu comme ça que j’ai procédé dans mon roman Le Sang des Wolf, puisque l’enquête policière permet de confronter un personnage rationnel, dont le job consiste à se baser sur des FAITS, à des événements extraordinaires qui permettent de prendre toute la dimension du surnaturel, et du récit de la veuve Delambre.

Le film pose également la question suivante avec le personnage d’Helen Delambre: jusqu’où aller par amour, quand on sait que la personne que l’on aime souffre le martyr? C’est un peu ma fibre romantique qui parle, mais au final, c’est une question qui touche également à l’éthique. Régulièrement, on en parle dans les médias, quand des époux ou des parents sont prêts à accepter la mort d’un proche qui souffre trop… quitte à commettre l’irréparable.

Petit spoiler (à moitié spoiler, en fait)… 🙂 La fin, oh mon Dieu, la fin est tout à fait surprenante, aussi bien en termes de narration que des effets spéciaux… J’avoue avoir eu un fou-rire, tant j’ai été déconcerté, et tant je ne m’attendais pas à ça. Toujours est-il que la scène finale est culte, et comprend une des réplique qui fait partie du top cent des AFI’s 100 Year Movie Quotes: « Help Me! Help Me! »

  • Conclusion
photo-la-mouche-noire-the-fly-1958-1
Helen Delambre à l’oeuvre… – Source: Sci-Fi-Movies.com

Après avoir vu le film de 1986, apprendre qu’il s’agissait d’un remake m’a vraiment déconcertée, et je ne m’attendais pas à ça quand je me suis posée pour regarder La Mouche Noire. On y retrouve les ingrédients qui font les vieux films d’horreur hollywoodiens, ainsi que des éléments plus intéressants, comme une narration impeccable qui vous tient en haleine et vous fascine du début à la fin, et ses effets spéciaux quelque peu surannés font aussi le charme de cette oeuvre très distrayante.

J’ai découvert une histoire simple et efficace, mais assez riche de par les thèmes explorés et le mélange des genres opérées entre l’horreur, la science-fiction, le polar… et également la tragédie de cette femme amoureuse, dévouée et somme toute assez forte, qui cherche à sauver son époux (ah, la force de l’amour dans les films…). Bref, je le conseille aux curieux et aux amateurs de bons films à l’ancienne.

Et voilà! 🙂 Encore une fois, je m’excuse pour le retard, mais cette semaine fut assez mouvementée pour moi. Maintenant, la question est de savoir si je vais écrire un avis comparé sur le film La Mouche de Cronenberg… et comment, si je le fais, ne pas trop m’attarder sur la plastique du jeune Goldblum et me lamenter sur son enlaidissement au fur et à mesure que le film avance. Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne soirée, ainsi qu’un bon visionnage de La Mouche Noire!

Blanche Mt.-Cl.