#Tag – L’Improbable Littéraire

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

img_-5v7q5uJ’ai aujourd’hui l’honneur de répondre à un tag auquel j’ai été nominée par La Chambre rose et noire, que je remercie au passage: L’Improbable Littéraire! Je me prête au jeu avec plaisir, étant donné que je n’avais pas, depuis longtemps, pris part à un tag exclusivement dédié à l’univers des livres! 🙂

Comme certaines questions sont un peu difficiles, je vais faire un écart par rapport à la ligne du blog en sortant de la SFFF… 🙂 Attention, préparez-vous, d’autant plus qu’il y a de la nomination en fin d’article!

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Vengeance et secrets dans l’Angleterre du XIXe – « La Nuit de l’Infamie » (Michael Cox)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens aujourd’hui avec, une fois n’est pas coutume, un livre qui n’appartient pas à la littérature de l’imaginaire, mais qui par son histoire et son ambiance fascinantes qui peuvent ravir les amateurs de fantastique et de thriller. Il s’agit de La Nuit de l’Infamie, où l’on suit Edward Glyver dans ses pérégrinations entre le brouillard de Londres et la magnificence des manoirs campagnards. Comme je l’ai dit dans mon précédent post, j’essaie, pour la régularité, d’être un peu plus concise.

Vous êtes prêts? Tout commence avec un coup de poignard…

  • Vengeance

Par une sombre nuit de 1854, quand dans une ruelle de Londres, un homme est froidement assassiné par un inconnu. Le défunt a eu la malchance de servir de test à Edward Glyver qui, par ce geste, souhaitait s’assurer de sa capacité à tuer… Car depuis des années, il prépare sa vengeance. Contre le poète Phoebus Daunt. Glyver revient sur sa propre histoire, sur les raisons de cette haine qui le consume, sur le chemin parcouru pour devenir un meurtrier…

Bien des années auparavant, Edward Glyver, un jeune boursier amoureux de livres et de littérature (comme la plupart d’entre nous ici…), est accepté dans une prestigieuse université et passe son temps à la bibliothèque à classer et répertorier des livres. C’est sans compter sur un jeune homme arrogant et sans talent, Phoebus Daunt, à cause de qui la vie d’Edward bascule. Suite à un mensonge de Daunt qui l’accuse d’avoir dérobé un précieux ouvrage, il est renvoyé. Cela met fin à ses espoirs de mener la vie d’universitaire à laquelle il aspirait… Obligé de travailler à Londres, loin du confort du monde académique, il prend un faux nom et parvient à s’approcher de la famille de Lord Tansor, aristocrate mécène, sans héritier et surtout… protecteur de l’odieux Phoebus Daunt qui a su se frayer un chemin dans le monde alors que Glyver évolue encore au bas de l’échelon.

Car à la mort de sa mère, Edward a découvert un secret. Un terrible secret. Car non-content de lui avoir volé son destin, Daunt pourrait bien aussi lui avoir volé sa vie…

  • Pourquoi je le recommande
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Couverture de l’édition de poche de La Nuit de l’Infamie – Source: Amazon.fr

À la base, je l’avais plus ou moins pris par dépit en même temps qu’un Grangé, parce que pour bénéficier de je ne sais plus trop quelle remise, il me fallait un second livre et ma mère avait attiré mon attention sur cet ouvrage. Je me suis alors dit: « Pourquoi pas? » en m’attendant au plus à un agréable passe-temps. C’est finalement le Grangé qui m’a déçue, alors que La Nuit de l’Infamie m’a véritablement captivée.

L’auteur, Michael Cox, décédé en 2009, étant à la base un universitaire qui a produit des essais et des études, a signé avec cette oeuvre son tout premier roman. On aurait pu craindre que le style d’écriture soit un peu sec, comme c’est parfois le cas quand des historiens ou autres intellectuels se lancent dans la fiction – pour avoir un peu testé, certains sont si habitués à s’adresser à des spécialistes que même leurs romans sont obscurs, ou atrocement mal écrits!… Je n’ai pas eu l’honneur de lire La Nuit de l’Infamie en VO, mais au vu de la traduction, je pense que Michael Cox devait avoir une très belle plume.

En effet, il arrive, à travers ce récit à la première personne, à capter l’attention du lecteur en le plongeant dès le début au coeur de l’action avec ce meurtre gratuit, mais aussi directement dans l’esprit de l’assassin. Ainsi, j’ai suivi avec une fascination mêlée d’effroi, et même de tristesse, le pourrissement de cette âme. Car c’est cela, un véritable chemin vers la damnation, pour ce héros tragique qu’est Edward Glyver. C’est un homme qui n’a plus rien à perdre, qui hait sa vie et qui a perdu sa mère, la seule personne qui ait véritablement compté pour lui. On sent la mélancolie, la tristesse et la frustration de cet homme à qui la route du succès a été fermée, et cela à la suite d’une terrible injustice, dans une société où il était déjà difficile de s’élever quand on n’était pas « bien né ». Et c’est finalement là qu’est le tour de force de Cox: si dans les premières pages nous voyons un monstre qui tue un autre home, nous nous prenons finalement à ressentir de l’empathie pour cet être en souffrance, à se demander ce qui aurait pu l’empêcher de se laisser envahir par ce désir de revanche.

Cette empathie que nous ressentons à la lecture des mésaventures d’Edward Glyver, privé de la vie qu’il espérait avoir, et d’une autre vie que celle qu’il avait toujours eue, nous mène à nous poser cette question dérangeante: et nous-même, comment aurions-nous réagi en perdant tout cela?

Cette histoire parait bien éloignée des livres que je présente d’habitude. Et pourtant… L’ambiance feutrée et sombre, des somptueuses bibliothèques des universités anglaises dont les rayons croulent sous les livres anciens, des demeures aristocratiques avec leurs parcs et leurs folies, de la maison d’enfance non-loin de la mer, et du brouillard londonien, a une dimension quasi-surnaturelle qui ne déparerait pas dans un roman fantastique, ou un film d’horreur. Je parlais de Wolfman, cette semaine… eh bien ces décors auraient tout à fait convenu à une telle histoire. Cette atmosphère est d’autant plus captivante que le personnage principal, tout occupé à ses sombres desseins et à sa souffrance, semble y flotter comme dans une réalité parallèle… C’est peut-être mon imagination qui me joue des tours, mais ce livre me donnait parfois l’impression d’un délire onirique, vaguement « romantique » (au sens littéraire et non pas amoureux du terme!) et propice aux apparitions inquiétantes de nos cauchemars.

Quant à la personnalité d’Edward Glyver, elle n’est pas sans rappeler celle de créatures fantastiques que nous avons croisés dans la littérature, vampires, loups-garou ou autre « monstres » qui se sont soit battu contre leur propre nature, soit abandonnés à elle par amertume et mépris de leur propre condition.

En conclusion, donc, un opus brillant, tout en passion, mais aussi en nuances et en descriptions si nettes qu’on croirait voir l’histoire se dérouler sous nos yeux, et également très surprenant, qui peut aussi convenir à des inconditionnels du fantastique. J’espère en tout cas vous avoir envie de regarder d’un peu plus près dans ces pages envoûtantes, quasi-hypnotiques…

Blanche Mt.-Cl.

Titre: La Nuit de l’Infamie – Une Confession (The Meaning of Night)
Auteur: Michael Cox
Editions: Points
Collection: Points Thriller
567 p.
Parution: Mai 2008
Prix: 8,60 €

Blanche Mt.-Cl.