Compromission artististique – Mephisto (Klaus Mann)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Pour clore ce mois de mars en beauté, j’ai choisi de vous parler d’un roman lu il y a quelques années, avant même la création de ce blog, dont je n’aurais pas pu parler avant d’assouplir la ligne éditoriale de celle-ci. Il est un peu tôt, je pense, pour le relire (je l’ai lu à mon retour d’Angleterre), mais il me tient tant à cœur qu’après ma lecture de La Vie mondaine sous le nazisme, j’ai souhaité revenir dessus.

J’avais entendu, pendant mes études d’Allemand, du roman de Klaus Mann, puis du film qui en avait été tiré: Mephisto. Un roman sous le signe des paillettes et de la noirceur, qui revient sur le parcours d’un acteur en une période sombre de l’histoire… Continuer la lecture de Compromission artististique – Mephisto (Klaus Mann)

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Diablerie japonaise – Néo Faust (Osamu Tezuki)

Très chers lecteur des Mondes de Blanche,

J’espère que vous allez bien et coulez des jours heureux pleins de pages tournées et de merveilleuses histoires. De mon côté, je suis bien contente d’avoir la lecture pour combler le vide de cette période délicate, et j’ai eu la chance de lire de très belles, et de très bonnes choses.

C’est le cas d’une très jolie bande dessinée qui dormait dans ma PAL depuis un moment, puisque mon frère me l’avait offert pour mes 30 ans: Néo Faust d’Osamu Tezuka, qui transpose le mythe de Faust dans le Japon des années 60-70… et où l’on fait la rencontre d’une espiègle diablesse. Continuer la lecture de Diablerie japonaise – Néo Faust (Osamu Tezuki)

Pari risqué avec le Diable – « Faust » de Goethe

« Dans un tel esprit tu peux te hasarder : engage-toi ; tu verras ces jours-ci tout ce que mon art peut procurer de plaisir ; je te donnerai ce qu’aucun homme n’a pu même encore entrevoir. »
Mephistopheles, in: Goethe, Faust

 Très chers lecteurs,

J’ai l’honneur de vous présenter un très grand classique de la littérature et du théâtre… Faust de Goethe. De par son sujet qui touche aux forces occultes et au surnaturel, j’ai songé que le grand classique de Johann Wolfgang von Goethe était un choix pertinent pour la chronique lecture de ce blog. Le grand auteur allemand n’est pas l’inventeur du mythe de Faust, puisqu’il était présent dans la culture populaire germanique… En effet, la « légende » s’inspire d’un personnage réel, le docteur Johan Georg Faust, un alchimiste, magicien et astrologue allemand ayant vécu au XVIe siècle. Il serait mort dans une explosion, alors qu’il menait une expérience alchimique dans une auberge. D’après les rumeurs, ce monsieur aurait pactisé avec des forces démoniaques…

Sa légende a été popularisée en Europe par le dramaturge anglais Christopher Marlowe à la fin du XVIe siècle,dans La Tragique Histoire du docteur Faust. Cette oeuvre sera bientôt détrônée, dans la première moitié du XIXe siècle, par celle de Goethe, un Faust écrit en deux temps, dont le livre que je vais vous présenter ne constitue que la première partie, nettement distincte de la seconde et qui à elle seule est un chef d’oeuvre. J’ai eu la chance de la découvrir en fac d’allemand et de la lire dans le texte, mais je vous indiquerai en fin d’article une très bonne édition en français.

  • L’histoire
Couverture d’une édition de poche spéciale (un joli petit livre relié en cuir rouge), en langue allemande

Dans une ville universitaire allemande du XVIe siècle, Heinrich Faust est un érudit admiré de tous, loué pour son savoir (théologie, droit, médecine, philosophie) et sa sagesse. Mais le grand savant s’ennuie. Il a tant étudié, mais a l’impression de ne rien savoir, et d’être passé à côté de la « vraie vie » pour rien… Dans son sombre cabinet, il s’adonne, mélancolique, à l’alchimie et invoque des esprits bienfaisants, sans que cela lui apporte des réponses satisfaisantes…

Survient alors Mephistopheles, envoyé du Diable ou diable lui-même, qui lui fait une offre alléchante: à savoir d’obtenir tout ce qu’il désire, accomplir des prouesses, et ce grâce au pouvoir de son esprit maléfique. Là où les résumés se trompent, c’est qu’il décrivent cet épisode comme un pacte avec le Diable, alors qu’il s’agit en fait d’un pari entre Mephistopheles et Faust, où le démon doit convaincre le savant de conclure ce fameux pacte avec lui. Tout au long de l’histoire, « Mephisto » de son petit surnom entraîne son improbable compagnon dans des aventures rocambolesques tour à tour drôles – l’envol sur un tonneau depuis une auberge, rencontre avec la sorcière – ou sombre – le sabbat des sorcières pour la nuit de Sainte Walburge, au cours duquel Faust a une vision terrifiante – pour le convaincre de son pouvoir et des possibilités qui s’offrent à lui. C’est ainsi que l’esprit démoniaque rend à Faust sa jeunesse. Le savant croise alors la route de la très belle et innocente Margarete… entrainant la jeune fille dans une profonde déchéance.

Voici l’une des très, très rares lectures imposées que j’aie vraiment aimée durant mes années d’études, et l’une des rares pièces de théâtre que j’aie aimé lire. D’autant plus qu’en allemand, les mots d’esprit et la poésie de Goethe sont un réel délice. J’ai beaucoup aimé cette ambiance sombre et surnaturelle, vaguement gothique. Je m’imaginais dans une de ces villes germaniques aux rues sombres et tortueuses bordées de maisons à colombages, dans cette atmosphère propice aux légendes et aux contes qui ont bercé notre enfance. Avec en prime un Faust barbu dans une longue tunique d’érudit, et un diable, ma foi…

  • Un diable tentateur et séducteur
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Mephistopheles, séducteur, tel que j’aime à le représenter

Que dire si ce n’est que j’ai eu l’un de mes coups de foudre littéraire avec Mephistopheles? Car s’il est un personnage qui met de l’ambiance dans la morne existence d’Heinrich Faust, c’est bien LUI.

Ce qui est amusant, c’est de voir que Faust lui-même est l’objet d’un pari entre Dieu et le diable. En effet, le prologue, sorte de pendant au Livre de Job dans la Bible met en scène Dieu et les anges au Paradis. Dieu loue la sagesse et la bonté d’Heinrich Faust, l’un de ses plus honorables serviteurs. Survient alors notre ami Mephistopheles qui tel « le Satan » de l’Ancien Testament, déclare que si Faust honore tant le Seigneur, c’est parce qu’il n’a jamais été tenté, et fait le pari de le séduire. Le Seigneur le laisse repartir, lui disant qu’un homme égaré, lorsqu’il est vraiment bon, reste conscient de s’être engagé sur le mauvais chemin. Mais Mephisto va tout mettre en oeuvre pour égarer Faust.

Ce personnage est une création littéraire PASSIONNANTE, beaucoup moins simpliste et plus complexe que les nombreuses représentations du Diable et des démons en cours dans la culture populaire. On les dépeint laids et grotesques, plus ridicules que terrifiants face à la grandeur de Dieu et de ses anges. Là, c’est tout le contraire. Mephistopheles est tout sauf ridicule. Il peut changer d’apparence comme il le désire, jusqu’à celle d’un homme bien de sa personne pour occuper Martha, la nourrice de Margarete quand celle-ci a une entrevue avec Faust. Il est fin, a le sens de l’humour et de la formule, joue des tours à tout le monde, pour le plus grand amusement des lecteurs… qui se laisseraient bien tenter par un tel démon.

C’est là toute l’habileté de Goethe. Il rend crédible cette séduction du Diable, en en faisant un être totalement irrésistible, que TOUS veulent suivre. Il exerce, hormis sur la très innocente Maragarete qui éprouve à sa vue une répulsion qu’elle ne s’explique pas, un attrait puissant. Et lui, ce démon, est très attiré par la beauté et l’innocence de Margarete, n’hésitant pas à provoquer Faust à ce sujet – j’ai souvenir d’une scène où il lui propose de prendre le relai avec la jeune dame si Faust ne va pas la voir en vitesse. En ce sens, j’irai jusqu’à dire, même si je m’avance, qu’il joue un rôle positif, puisqu’il encourage Faust à vivre une vie d’homme et à ne pas rester cloîtré dans sa salle d’étude, et lui fait prendre conscience de la profondeur de ses sentiments envers Margarete.

Goethe nous livre donc, avec ce diable somme toute plaisant qui pousse un homme à se dépasser et à prendre ce qu’il veut dans la vie, une vision intéressante de ce processus de séduction par le Diable. Mais nous aurions tort de ne voir en Faust qu’un pauvre homme frustré, et une victime passive du Malin…

  • Conclusion: le choix du « Mal »
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Couverture – Source: Amazon.fr

Car s’il est une chose sur laquelle l’histoire met l’accent, c’est le libre-arbitre. Dès le début, le Seigneur prévient Mephistopheles que l’homme bon est conscient de s’engager sur la mauvaise voie. Et pourtant, Faust a le choix, dès le début. Ceci est symbolisé dans les premières rencontres entre les deux protagonistes. Quand Mephistopheles frappe à la porte de Faust, et lui explique qu’il doit lui dire trois fois d’entrer avant de s’exécuter – c’est donc l’homme qui invite le démon chez lui. Tout comme il a le pouvoir de le retenir: en effet, Faut a inscrit sur son seuil un pentacle pour se protéger du Mal, que Mephistopheles a pu franchir à cause d’un angle mal refermé vers l’extérieur. Mais le démon ne peut le franchir pour ressortir, puisque les angles sont parfaitement dessinés et fermés à l’intérieur de la maison. Faust aurait pu le retenir prisonnier chez lui pour l’empêcher de nuire, il le dit lui-même. Mais il efface finalement le symbole pour laisser partir l’envoyé du Diable. Il va le suivre dans ses pérégrinations, tout d’abord de mauvaise grâce, jusqu’à sa rencontre avec Margarete: c’est, à mon sens, le moment où tout bascule pour l’érudit qui vient de retrouver sa jeunesse. Faust déclare à Mephisto qu’il VEUT cette jeune fille et ORDONNE au démon de tout faire pour qu’il puisse l’avoir. Il trouve finalement une façon d’utiliser « l’art » de Mephisto pour son propre intérêt, pour ses désirs.

Je parlais plus haut du rôle positif de Mephistopheles dans cette histoire… Je réitère en disant que l’intervention de ce démon met en lumière l’hypocrisie de l’homme lui-même, de Faust qui fait la fine bouche mais qui au fond, ne se préoccupera pas des conséquences de ses choix sur celle qu’il désire – jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour elle – quand il ordonnera à Mephistopheles d’user de tous ses artifices afin qu’il possède Maragarete. Il sera lâche envers elle jusqu’à ce que Mephistopheles le provoque. Je n’irai donc pas jusqu’à faire de Faust le héros de la tragédie, l’héroïne tragique étant Margarete elle-même, qui par amour va se compromettre mais qui, malgré sa situation terrible, se refusera jusqu’au bout à l’influence de Mephisto. Je pense d’ailleurs que le démon, qui admet n’avoir aucune prise sur elle, l’admire profondément pour cela… Mais ce n’est que ma lecture à moi, bien sûr! 🙂

J’espère donc, en ce dimanche, vous avoir donné l’envie de découvrir, ou de redécouvrir ce classique magnifique, plein de magie et de noirceur. Passez une bonne fin de weekend! 🙂

Titre: Faust
Auteur: Johann Wolfgang von Goethe
Editions: Folio
Collection: Folio Théâtre
224 p.
Parution: Octobre 1995
Prix: 4,60 €

Blanche Mt.-Cl.

Mephistopheles – Premier Essai de Peinture Digitale – Décembre 2014

Attention, attention, ce Mephistopheles est une première! 🙂

Si je l’avais déjà retravaillé sur Photoshop avec des filtres, je l’ai fait de manière inédite cette fois-ci… en peignant. J’ai commencé par appliquer un effet de néon rouge avant de rempiler avec la peinture à l’huile, avant d’utiliser des couleurs chaudes pour des effets de flamme. J’ai joué sur des filtres appliqués par petites touches, des effets de flou pour alléger ou assombrir certains détails.

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Mephistopheles en Flammes

Il y a certes encore des améliorations à apporter, mais c’est un début qui me plait. Dès que j’en aurai le temps, je me lancerai dans la peinture digitale, car j’ai déjà des tas d’idées!

Blanche Mt.-Cl.

Mephistopheles – Ré-Interprétation avec Photoshop – Décembre 2014

Comme mon Mephistopheles est l’un de mes dessins favoris, j’ai voulu lui donner du cachet en lui appliquant des filtres Photoshop – juste pour le fun. Tout comme pour certains de mes collages, j’ai postérisé les contours avant d’appliquer un filtre de peinture à l’huile pour styliser un peu l’ensemble.

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Mephisthopheles Ré-Interprété

Parfois, l’effet de peinture à l’huile peut affadir un dessin ou un collage, l’adoucir. Mais dans le cas présent, il souligne un peu plus le sourire de séducteur de l’Archange Déchu.

Blanche Mt.-Cl.

Un beau petit diable – Dessin – Octobre 2014

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Un beau petit Diable…

Voici enfin un dessin qui n’a rien à voir avec mon roman… Un autre diablotin très typé, et pour une fois, coloré. Le graphisme et la peinture m’auront au moins appris à utiliser de la couleur, ce qui commence à avoir une influence positive sur mon dessin. 🙂

Bien que j’aie réutilisé un thème déjà exploré dans mes dessins, mais d’une manière nouvelle, ce qui me permettra de mentionner mes influences… Tout d’abord, je suis fascinée par le personnage du Diable, « le Satan » comme il est appelé dans l’Ancien Testament. J’aime ce passage du Live de Job où il met Dieu au défi d’éprouver la foi de Job, son plus fidèle serviteur. J’aime voir Dieu et le Diable côte à côte dans cet épisode pour le moins intéressant. Une scène similaire ouvre le Faust de Goethe, et l’objet du pari entre le Seigneur et Mephistopheles est Faust lui-même.

Visuellement, j’ai différentes influences. Dans l’arrière-plan, on retrouve les volutes et les arabesques de l’Art Nouveau – dans un livre sur le graphisme heavy metal, j’ai pu constater que certains graphistes de cette mouvance ont également ces influences. J’aime également l’art médiéval et ce qui va avec – en particulier les armures comme celle que porte mon personnage – et j’admire beaucoup l’oeuvre du peintre Jérôme Bosch. En particulier lorsqu’il s’intéresse à l’Enfer et au Paradis, ses démons hybrides magnifiquement imaginés. Je me demande, à chaque fois que je trouve un nouveau détail, comment l’idée lui en est venue, comment il a réussi à créer des scènes qui n’ont rien à envier à nos films gores.

J’ai également des inspirations mythologiques et littéraires. J’ai fait la relation entre le dieu égyptien Seth et Satan, pour donner mon diable une queue de la forme de celle de Seth. En Ancienne Egypte, on considérait les gens roux, comme le pharaon Ramsès II par exemple, comme liés ou bénis par ce dieu particulièrement puissant et destructeur, responsable de la foudre, régnant sur les étendues désertiques et stériles. Il a également une dimension positive, quand bien même il est censé avoir assassiné son frère Osiris, car il se tient à l’avant de la barque de Rê pour la guider chaque nuit et éloigner le serpent Apophis qui cherche chaque nuit à empêcher le soleil de se lever. Ramsès II avait même créé une division dédiée à ce dieu dans son armée.

Enfin, je suis une fan inconditionnelle du Mephistopheles dans le Faust de Goethe. Je l’imagine toujours sous l’apparence d’un jeune homme particulièrement attirant – dangereusement attirant, roux, souriant, androgyne pour être attirant aux yeux de tous, affublé d’un sex-appeal malsain comme celui du chevalier vampire Requiem dans la BD illustrée par Olivier Ledroit.

J’espère que ces explications vous en diront un peu plus sur mon univers!

Blanche Mt.-Cl.

Mephistopheles – Faust – 2012

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Faust – Mephistopheles

Après Marguerite, je poursuis avec Faust pour vous présenter ce qui est à la fois l’un de mes dessins favoris, représentant l’un de mes personnages favoris de la littérature (avec, bien sûr, le Fantôme de l’Opéra), j’ai nommé… Mephistopheles. On ne sait trop s’il s’agit d’un démon, ou du Diable lui-même, venu pour tenter ce bon Faust…

Puisqu’il est un tentateur, j’ai décidé qu’il devait être séduisant, dégager de l’érotisme. Aussi, pour qu’il plaise à un maximum de nombre, je lui ai donné une apparence vaguement androgyne, des traits fins ave un petit sourire en coin des plus ironiques, de longs cheveux roux-rouge, quatre corne, un halo noir qui atteste de sa nature diabolique, et une queue fourchue inspirée de celle du dieu égyptien Seth dont les caractéristiques ont inspiré les représentations de Satan.

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