Espiègleries en armure et roi de légende – Merlin (série, 2008-2012)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Tout d’abord, je tiens à m’excuser du retard accusé avec cette chronique. Le fait est que j’ai été plus fatiguée que prévu cette semaine, et je n’ai pas réussi à veiller assez longtemps le soir pour écrire… Mais qu’à cela ne tienne, voici une petite chronique tout en légèreté! Après la noirceur de ma dernière lecture, je vous emmène dans un « pays de légende, au temps de la magie », où tout commence par trois lettres magiques: B… B… C…

Peut-être cela vous donnera-t-elle l’envie de vous lancer dans une session de rattrapage ce week-end, qui sait? 😉 Bref, tout ça pour vous dire que j’ai décidé de m’y coller, suite à la lecture, sur le blog Mon Univers en Séries et en Livres, d’un article dédié au château de Pierrefonds, où fut partiellement tournée ladite série: Merlin.

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Arthur (mon futur mari) et Merlin, duo de choc de la série – Source: Allociné.fr

Série fantasy de cinq saisons diffusée entre 2008 et 2012 sur BBC One, elle a été créée par Julian Jones, Jake Michie, Johnny Capps et Julian Murphy, inspirés par le principe de Smallville (que je n’ai jamais regardé), dédié à la jeunesse de Superman. Ainsi, Merlin explore de manière très libre la légende arthurienne, par le biais de la jeunesse de deux personnages mythiques: le sorcier Merlin et le roi Arthur Pendragon. Pour anecdote, ce n’est pas moi qui ai commencé à suivre la série, mais mes parents, quand j’étais étudiante. Si eux ont tout de suite accroché lors de la première diffusion sur SyFy, j’ai d’abord eu du mal à adhérer avant de devenir la fan numéro un à la maison.

Je vous emmène donc dans un pays de légende, pour l’une de mes meilleurs surprises TV de ces dernières années…

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Fantasy historique, gore et bit-lit – « La Louve et la Croix » (S.A. Swann)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Amoureux des loups,

Tout d’abord, je tiens à m’excuser pour le retard avec lequel je publie cette chronique: j’ai eu du travail ce week-end, et mon excursion sur Paris avec mon frère m’a tellement lessivée que je n’avais pas la force d’écrire sur un livre en rentrant…

Mais après une semaine sous le signe de « l’artillerie lourde » avec Dune de Frank Herbert, me voici de retour avec une chronique express pour un livre relativement RÉCENT et aussi pour ma première incursion (est-ce que Twilight, ça compte vraiment?) dans le monde du bit-lit. Eh oui, le bit-lit – une sorte de romance impliquant au moins une créature paranormale. À dire vrai, si j’avais su qu’il s’agissait de cela, j’aurais sans doute négligé l’ouvrage que je vais vous présenter ici, car j’ai, je dois l’admettre, pas mal de préjugés sur le bit-lit (et en plus je n’aime pas le chick-lit, bref, ce qui se termine en lit, quoi…) et je me serais certainement attendu à une histoire un peu gnangnan. Mais il se trouve que j’avais besoin de quelque chose de léger à « me mettre sous la dent », alors que j’essayais me remettre de ma déception de Vortex. Et puis il était question de loups, alors forcément j’ai craqué 🙂 …

J’ai donc manqué à tous mes devoir en lisant un livre hors-PAL emprunté à ma mère… La Louve et la Croix, signé S.A. Swann, décrit comme « la rencontre entre le bit-lit et le médiéval ». Mais trêve de verbiage et de babillage, et venons-en au fait…

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Une belle guerrière fantasy – Juin 2015

Lecteurs et lectrices de ce blog,

Bien le bonsoir!

Ayant manqué le rendez-vous de mes chroniques cette semaine, je tente de me rattraper avec ce partage, l’un de mes derniers dessins, fait au hasard de mon temps libre. C’est que je ne voudrais pas perdre la main. J’ai donc décidé de travailler sur une guerrière semblant sortie d’un univers fantasy – de plus, j’aimerais un jour écrire de la fantasy, mais pas le style elfes et magiciens, le style burné comme Conan le Cimmérien ou des trucs qui se rapprochent du mythe arthurien.

Bref. Voici le résultat de mon peu de temps libre ces temps-ci, ma jolie guerrière (avec, je m’en excuse, un léger strabisme dû à ma position instable quand je la dessinais…) brune, avec ses grands yeux, son visage quasi-enfantin et ses nattes au vent.

FantasyGuerrière001J’avais envie qu’elle soit stylée, mais pas dans la veine de Sonia la Rousse (créée par l’auteur de Conan, d’ailleurs) avec son bikini en cotte de maille, ou de ces héroïnes dénudées qui font surtout fantasmer. Je l’ai donc dotée d’une vraie armure, et non pas de petits morceaux de métal placés aux endroits « stratégiques » qui en fait ne la protègeraient pas au combat.

J’espère donc que cette jolie brune vous aura plu, et qu’elle vous fera patienter en attendant une chronique traitant à la fois de littérature… et de cinéma! 🙂

Bonne nuit à tous!

Blanche Mt.-Cl.

Entre kitsch et chef d’oeuvre lyrique – « Excalibur » (1981)

« The Dark Ages. The Land was divided and without a King. Out of those lost Centuries Rose a Legend… Of the Sorcerer, Merlin; of the Coming of a King; of the Sword of Power… Excalibur. »

Titre: Excalibur
Année de production: 1981
Réalisation: John Boorman
Origine: Etats-Unis, Royaume-Uni
Durée: 2h15
Distribution: Nigel Terry, Helen Mirren, Nicol Williamson, Cherie Lunghi…

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Affiche – Source: Imdb.com

Oyez, oyez, gentes dames et damoiseaux, voici – une fois n’est pas coutume – un film fantasy. En général, je ne goûte pas énormément la fantasy, sauf Autre-Monde de Chattam, et les histoires assez « viriles » comme les aventures de Conan le Cimmérien.

Mais s’il est bien quelque chose qui me réconcilie avec la fantasy, c’est la légende arthurienne. J’ai d’ailleurs Les Brumes d’Avalon et Le Cycle de Pendragon qui m’attendent encore dans ma PAL. Mais Excalibur, vu pour la première fois à cinq ou six ans (alerte aux parents irresponsables!), à peu près compris vers dix ans, fascinant à l’adolescence, adoré à l’âge adulte, a durablement parasité ma perception du mythe d’Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde. C’est d’ailleurs à cause de sa dimension épique et passablement burnée, que je me suis ennuyée comme un rat mort quand j’ai tenté de lire Les Brumes d’Avalon de Marion Zimmer Bradley (que j’ai laissé tomber pour re-tenter le coup quatorze ans plus tard), que j’ai détesté Kaamelot et démonté Merlin (avant d’adorer ladite série quand j’en ai saisi les allusions au mythe, la mise en scène et l’interprétation). Bref, c’est l’une de mes « madeleines » de Proust…

Mais de quoi s’agit-il exactement?

  •  La légende du roi Arthur

Le film s’inspire d’un grand classique de la littérature anglaise (que j’aimerais lire) Le Morte d’Arthur de Thomas Malory, en anthologie du XVe siècle compilant récits anglais et français relatifs aux aventures du roi Arthur et de ses chevaliers, à la quête du Graal et aux amours de Guenièvre et Lancelot. Le film part des origines d’Arthur jusqu’à son dernier combat. Désolée pour les éventuels spoilers, mais quiconque s’intéresse au mythe arthurien sait comment cela se finit. Bref, de quoi alimenter mon imaginaire « chevaleresque ». Car si les récits varient d’une époque à l’autre, d’un auteur à l’autre, Excalibur explore plusieurs dimensions de la légende, à savoir l’épée dans la roche, les origines magiques d’Arthur, les enchantements de Merlin, la liaison de Guenièvre avec Lancelot, Perceval et la quête du Graal… Boorman nous conte une histoire à la fois tragique, magique et épique, une épopée pour l’amour et le pouvoir.

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Flammes éclairant un champ de bataille, en tout début de film – Source: dvdclassik.com

L’histoire commence sur un champ de bataille quand Merlin (Nicol Williamson) donne à Uther Pendragon (Gabriel Byrne) l’épée du pouvoir, Excalibur – forgée dans le souffle d’un dragon et offerte par la Dame du Lac – juste avant que celui-ci ne conclue une trêve avec le comte de Cornouailles, Gorlois (Corin Redgrave). Or un problème survient: lors du banquet célébrant la paix, Igraine (Katrine Boorman), l’épouse de Gorlois, gratifie les invités d’une danse. Dès qu’il la voit, Uther est pris d’un violent désir pour cette femme très belle. Ne pouvant le contenir, il exige de Merlin que celui-ci l’aide à passer une nuit d’amour avec la belle. Grâce à un sortilège, Uther peut attirer Gorlois hors du chateau et prendre son apparence avant de monter dans les appartements d’Igraine. Si la jeune femme ne se doute de rien, sa fille Morgane, dotée du pouvoir de clairvoyance, a senti la supercherie. Or cette nuit passée avec Igraine a suffi pour concevoir un enfant, un fils – le futur Arthur, que Merlin va prendre avec lui pour le mettre à l’abri quand les chevaliers de Gorlois prennent Uther en chasse. Ce dernier est alors tué, mais a le temps, avant de mourir, d’enfoncer son épée enchantée, Excalibur, dans un rocher, en clamant que seul le roi légitime pourra l’en extirper…

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Le jeune Arthur retirant l’épée du rocher – Source: dvdclassik.com

Bien des années plus tard, on retrouve le jeune Arthur (Nigel Terry), accompagnant son père adoptif et protecteur et son fils Kay à un tournois. Servant d’écuyer, le jeune homme réalise qu’il a oublié l’épée de Kay et décide de lui en trouver une coûte que coûte. En lisière de forêt, il aperçoit une épée fichée dans la roche et sans réfléchir, s’en empare pour l’apporter à Kay. Stupeur chez les concurrents quand la nouvelle est connue: un écuyer a retiré Excalibur du rocher! Ces nobles messieurs et chevaliers, s’empressent de lui faire remettre l’épée à sa place, avant d’essayer chacun leur tour de la retirer, espérant devenir roi. Mais seul Arthur y parvient. Il apprend alors de Merlin, réapparu pour l’occasion, ses origines et sa destinée, celle de devenir roi. La bataille pour unifier le royaume et asseoir sa légitimité commence alors. C’est au cours de ces combats qu’il rencontre Guenièvre (Cherie Lunghi), fille du Sire Leondegrance (Patrick Stewart), dont il tombe amoureux. Malgré les avertissements de Merlin, il l’épouse…

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Arthur et les Chevaliers à la Table Ronde brillant de milles feux – Source: dvdclassik.com

Le règne d’Arthur constitue alors un véritable âge d’or, attirant autour de lui les plus valeureux guerriers, comme Lancelot (Nicholas Clay) avec qui Arthur est lié par une rivalité bon enfant avant l’incident Guenièvre, ou encore Perceval (Paul Geoffrey), un jeune homme au coeur pur qui se lancera à la quête du Graal. Mais tous ne sont pas satisfaits par cet ordre nouveau. Tapie dans l’ombre, Morgane (Helen Mirren) est devenue une femme à la beauté troublante ainsi qu’une puissante enchanteresse. Deisciple de Merlin, elle parvient à piéger le sorcier, et va, par ses sortilèges, accomplir des actes qui vont jeter une ombre sur le royaume de Camelot. Arthur, déjà éprouvé par l’aventure de Guenièvre avec Lancelot, sombre dans la mélancolie. Seule une nouvelle quête, celle du Graal, pourrait donner un souffle nouveau à son règne… Plusieurs chevaliers se lancent à sa recherche, alors que Morgane prépare en secret sa revanche avec Mordred (Robert Addie), son fils conçu lors d’une relation incestueuse avec Arthur…

  • Un visuel fascinant

Si la légende arthurienne est en soi une histoire riche en péripéties et contient tous les ingrédients pour raconter une histoire captivante, John Boorman en a fait un film assez personnel, une sorte d’épopée lyrique au visuel onirique, qui se prête aussi bien aux quêtes chevaleresques qu’à la magie noire. De plus, on y a vu débuter de grands acteurs avant leurs rôles les plus emblématiques comme Gabriel Byrne, Patrick Stewart (toujours la même tête – pour anecdote, quand il a commencé au théâtre à dix-neuf ans, il perdait déjà ses cheveux, ce qui, raconte-t-il plus tard, l’a aidé à s’imprégner de rôle très différents les uns des autres, car devant porter des perruques sur scène!), Liam Neeson (en Galaad), et l’éblouissante Helen Mirren. C’est encore une femme très belle, mais dans ce film, elle campe une Morgane aussi vénéneuse que sexy.

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Certains ont mal fini leur quête du Graal – Source: dvdclassik.com

Parlons du visuel. Il est clair que pour nous, spectateurs du XXIe siècle, ces images, assez marquées par le début des années 80 et ces effets spéciaux datés pourraient d’abord prêter à sourire… Et pourtant, cela participe au charme quelque peu suranné du film, et met en avant sa très grande poésie, qu’il s’agisse de la violence magnifiée des scènes de combat, ou de la sensualité des passages érotiques. D’un bout à l’autre du film, la photographie fait la part belle à la verdeur des forêts, à la brillance des armures ou de certains ornements de costume. Le rayonnement vert irradiant d’Excalibur (très probablement un spot vert braqué sur la lame), n’est pas sans rappeler cette espèce de lumière verdâtre, putride et vénéneuse du Nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud (1986), où évoluent, dans un monastère crasseux à l’atmosphère oppressante des moines sales, vicieux et hypocrites, ou encore les lumières fluorescentes propres aux films d’horreur des années 80 en général.

La lumière en elle-même semble être une composante capitale de la mise en scène d’Excalibur. Elle est très typée, clairement colorée, comme pour caractériser certains objets ou personnages – c’est particulièrement vrai avec l’épée, comme évoqué plus haut. Elle se reflète partout, sur les lames et les pointes de lance, sur les cuirasses et les cotes de maille, sur les corps nus des amants. On retiendra la lumière sanglante d’un soleil rouge se levant sur le champ de bataille de Camlann, éclairant des monceaux de cadavres aux armures luisantes en fin de film. La lumière est absolument partout, si bien que l’armure de Lancelot semble plus faite de diamant que de métal, et que dans certaines scènes comme le mariage d’Arthur et Guenièvre, l’environnement ruisselle littéralement de relets d’or et d’argent.

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Arthur et Guenièvre en tenue de mariés, suivi du cortège des chevaliers, avec Lancelot sur la gauche – Source: dvdclassik.com

Quand certains critiques ont vu dans le film un bazar monstre mélangeant plusieurs influences comme l’art byzantin et les tableaux de Klimt où l’or était très présent, la créativité en matière de décor et de costume on fait l’objet de louanges. Les armures, rutilantes, semblent sorties de manuscrits enluminés occidentaux, quand les femmes, comme la Dame du Lac, portent des cotes de maille fines et délicates qui en effet, rappellent celles des soldats byzantins. Bien évidemment, comme j’adore les armures en général, ces costumes ne m’ont pas laissée indifférente, et participent à ce visuel onirique. A cela s’ajoutent des éléments plus modernes qui pourraient troubler des puristes, mais qui pour moi, ne sont que le reflet de la créativité du réalisateur et de son équipe. Que Morgane porte une queue de cheval ne me trouble pas outre mesure, pas plus que la résille de perle faisant office de voile à Guenièvre lors de ses épousailles avec Arthur. En revanche, le brushing « choucroutesque » très marqué années 80 de la reine constitue l’un des quelques détails du film qui m’arrache les yeux.

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La troublante Morgane – Source: dvdclassik.com

Mention spéciale à Merlin et Morgane dont les costumes sont tout à fait éblouissant, à l’image des deux personnages. A Merlin, doté non-seulement de grands pouvoirs mais aussi d’un sens aigu de la répartie, des capes sombres et un casque métallique qui lui donnent un côté très rock’n’roll. On l’imagine aussi bien chevaucher un dragon qu’une grosse cylindrée! Quant à Morgane, sa garde-robe nous ferait pâlir de jalousie. Outre des armures très seyantes, on y trouve des voiles vaporeux ou des robes en résille d’une texture arachnéenne. Son style est tout simplement inoubliable, et magnifie la plastique de la jeune Helen Mirren.

  • Une bande originale somptueuse

Mais cette poésie filmée ne serait rien si elle n’était pas sublimée par une bande originale de folie. Plutôt que faire composer des morceaux, Boorman a utilisé des chefs d’oeuvre du classique, signés Richard Wagner (1813-1883) et Carl Orff (1895-1982). C’est par Excalibur que j’ai découvert ces compositeurs, qui donnent une coloration épique à l’ensemble. Chaque leit-motive est repris dans des situations spécifiques et constituent des sortes de « jingle », si j’ose dire.

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Soleil rouge sang se levant sur le champ de bataille de Camlann – Source: dvdclassik.com

Par exemple, quand nous entendons certaines mesures de la « Marche funèbre de Siegfried », extraites du Crépuscule des Dieux, on sait qu’Arthur se saisit d’Excalibur, ou encore qu’il renonce à elle avant de mourir et de rejoindre Avalon, sa dépouille escortée par les dames du Lac. Les notes particulièrement graves de ce morceau, les trompettes tonitruantes ajoutent encore une dimension grandiose à cette aube sanglante qui voit la fin du règne d’Arthur, comme un flamboyant final d’opéra. Wagner est également utilisé pour les scènes intimistes entre Guenièvre et Lancelot – prélude de Tristan et Isolde qui est longtemps resté dans ma mémoire comme la « musique de Lancelot et Guenièvre » – ou pour la quête du Graal par Perceval – j’ai d’ailleurs récemment réalisé que le prélude de Parsifal accompagnait les exploits du jeune chevalier.

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Arthur menant ses chevaliers sous les arbres en fleur. Nigel Terry, dans la trentaine, interprète Arthur de dix-huit à plus de cinquante ans. Et c’est qu’il est convainquant! – Source: dvdclassik.com

Mais le plus fameux morceau du film, puisqu’il est présent dans sa bande-annonce, reste sans conteste « O Fortuna », extrait du chef d’oeuvre de Carl Orff Carmina Burana, inspirée par la vision romancée de son compositeur pour la période médiévale. Il accompagne la chevauchée d’Arthur et de ses chevaliers sous une pluie de pétales tombant d’arbres en fleur, après la découverte du Graal.

Ainsi, la puissance, la profondeur, la noirceur et la magnificence qui imprègnent cette musique pourraient paraître pompeux à certains, mais participent à la poésie d’Excalibur. Ils en feraient presque un opéra filmé. Il faut dire qu’un morceau d’Orff ou de Wagner pourrait rendre épique n’importe quelle scène d’un ennui mortel!

  • Un film qui a mal vieilli?

J’ai lu il y a quelques temps une critique écrite par quelqu’un préférant le Sacré Graal des Monty Python ou la série Kaamelot (ah, sacrilège!). Il y démontait littéralement non-seulement le visuel et les effets spéciaux, mais aussi le jeu des acteurs, qui faisaient d’Excalibur un film particulièrement vieillot.

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La Dame du Lac récupérant Excalibur – Source: dvdclassik.com

On ne peut pas nier que certains effets spéciaux prêtent à sourire. Je mentionnais plus haut le spot vert sur l’épée, mais il peut aussi s’agir de la scène où Uther court sur le souffle du dragon, matérialisé par des fumigènes au ras du sol, alors qu’il est censé courir dans les airs! Mais pour moi, le plus drôle reste celui de la Dame du Lac vue à travers l’eau, sans la moindre torsion de perspective, telle une projection! On a beau aimer sa très belle armure blanche, ça passe tout de même moyennement à l’écran! Tout comme son bras sortant de l’eau pour récupérer Excalibur à la fin du film, paraît incrusté plus tard dans l’image et très peu naturel! Quant aux yeux rougeoyant de Merlin lorsqu’il invoque le souffle du dragon, ils ressemblent aux yeux rouges des photographies!

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Morgane lançant des rumeurs sur Guenièvre lors d’un banquet à la Cour… Et Galaad, vous le reconnaissez? – Source: dvdclassik.com

Parlons maintenant du jeu des acteurs… Pour ma part, je dirais qu’il correspond à ce qu’est le film: une interprétation emphatique (ce terme n’a rien de péjoratif en l’occurrence!) du mythe, plein de répliques passionnées par des acteurs shakespeariens comme Gabriel Byrne et Patrick Stewart haranguant les hommes avant la bataille, et du jeu fiévreux des interprètes féminines comme celles d’Igraine, de Morgane et parfois de Guenièvre, généralement plus en retenue et plus douce. Mais il est vrai que c’est une façon de jouer que l’on attendrait plus dans une pièce de théâtre qu’au cinéma. C’est aussi propre à l’époque, comme je le disais, et certains films aujourd’hui cultes n’échappent pas à cette règle de la déclamation.

Je peux donc comprendre que ces détails troublent certaines personnes de ma génération et d’autres plus jeunes, habitués à des effets numériques et à un jeu d’acteur un peu moins théâtral. Et encore, heureusement qu’ils n’ont pas vu Moby Dick ou des péplums comme Quo Vadis?, parce que niveau déclamation et gestuelle tragique, il y avait de quoi faire!

  • Conclusion: intemporel ou daté?
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Le très rock’n’roll Merlin – Source: dvdclassik.com

J’ai terminé avec les quelques faiblesses d’Excalibur, mais sachez que je ne perds jamais mon temps à écrire sur des choses que j’aime pas. Je préfère me faire plaisir! Le fait est que j’aime beaucoup Excalibur. Il a alimenté pendant des années mon imaginaire fantasy plein d’armures étincelantes, d’hommes aux prises avec des enjeux de pouvoir, des hommes valeureux et amoureux, et surtout de femmes de caractère – ce qui pour moi manquait cruellement dans l’univers de Tolkien que je ne goûte pas particulièrement. Avec le temps, et sans doute l’âge adulte aidant, j’ai de plus en plus apprécié certaines subtilités du film, sa poésie sombre, son visuel onirique, sa violence magnifiée, sa musique, son casting de rêve et certaines images lumineuses ou morbides. J’ai souri aux répliques bien senties de Merlin et je connaissais par coeur ses incantations quand j’étais ado (d’ailleurs, je devrais demander à ma mère, je suis sûre qu’elle connaît encore le sortilège d’invocation du souffle du dragon…). J’ai admiré les paysages magnifiques, les chateaux aux hautes murailles et les forêts très vertes de l’Irlande où Excalibur fut filmé. C’est pour moi comme un somptueux livre d’images illustrant l’une des plus belles histoires jamais contées.

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Morgane dans une très seyante cuirasse de femme – Source: dvdclassik.com

Les effets spéciaux et l’acting datent un peu, certes, mais j’aime ça. Je suis toujours les aventures d’Arthur et des chevaliers avec un grand intérêt. Tant et si bien qu’ensuite, je me suis monstrueusement ennuyée en lisant Les Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley (je vais ré-essayer de les lire, après treize-quatorze ans, mes goûts ont évolué!), et que la dimension « historique » du Roi Arthur de Fuqua m’a royalement barbée (en fait, j’ai regardé le film pour Clive Owen et Ray Stevenson!) – en effet, pourquoi vouloir spéculer de manière historique sur le roi Arthur quand on en sait si peu et ne pas se contenter d’en relater la dimension légendaire? Ma « culture Excalibur » m’a même fait haïr la série Merlin, avant que je l’adore – bien que regrettant la B.O. signée Wagner – et qu’elle réveille à nouveau mon intérêt pour la légende arthurienne. Et c’est toujours l’oeuvre de Boorman qui m’a inspirée dans mes croquis ou mes peintures fantasy art.

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Arthur, solennel, et Guenièvre – Source: dvdclassik.com

S’il est marqué par les goûts du début des années 1980,  si j’en crois mes parents qui à l’époque on été voir Excalibur au cinéma, c’était très novateur en termes d’imagination, de costumes, de décors et de mise en scène de la violence. C’était très différent ce qu’ils voyaient à la télévision et au cinéma. Même ma mère, qui n’est pas une adepte de la « sortie cinéma » et préfère se caler dans un fauteuil devant un DVD, est allée le voir trois fois en une semaine, quand elle révisait pour son bac. C’est aussi pour ça que j’aime ce film. Il est étrange et captivant, il change de ce que je peux voir ailleurs. C’est une sorte d’OVNI basé sur le mythe arthurien, une fiction avec du sang et du sexe qui préfigurait Conan le Barbare (dont mes parents sont également fans) et même  Game of Thrones. C’est une vision de réalisateur, une ode à l’imagination humaine. Une formidable plongée dans un monde de magie noire, de batailles et d’honneur chevaleresque…

Je vous laisse donc avec sa bande-annonce, si le coeur vous en dit… Je m’excuse d’avance de Et si ce post vous a donné envie, je vous souhaite un bon visionnage, tranquille et dans le noir… 🙂 Et je vous conseille une édition DVD ou blu-ray pour faire ressortir la photographie sublime de l’ensemble!

Blanche Mt.-Cl.

Peinture – La Dame de l’Arbre – Octobre 2013

Très chers lecteurs de ce blog, bien le bonsoir. 🙂

En retravaillant mon blog il y a quelques soirs, j’ai réalisé une chose terrible: j’avais OUBLIÉ cette peinture, l’une de mes favorites. Si ce n’est ma favorite, de toutes celles que j’aie réalisées. Il s’agit d’une autre de mes créations en rapport avec l’imaginaire médiéval.

Vous vous souvenez peut-être de L’Epée dans l’Arbre, peinte juste avant. Je voulais donner à ce chevalier une jolie compagne pour passer son éternité en bonne compagnie. J’ai donc créé sur une toile de format similaire, avec une gamme de couleurs approchant, cette belle et élégante chevalière, elle aussi figée dans un arbre.

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J’ai fait un gros effort de création sur sa tenue, et ai traité sa cote de maille et sa tassette comme une robe, ne lui gardant qu’un gorgerin, qui fait office de collier pectoral, et les brassières. Quant à l’arrêt de lance sur son épaulière, je l’ai traité comme un bijou, une sorte de broche. J’ai travaillé les quelques ornements comme des bijoux byzantins, très chargés, croulant sous les perles. Sa chevelure est aussi l’un de ses ornements, et je l’ai constellée de petites fleurs rouges.

Comme vous pouvez le voir, j’ai ajouté des touches de peinture argentée, que je trouve un peu plus douce, pour tempérer le côté agressif et clinquant de l’or.

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Par contre, je suis moins satisfaite de son visage, je trouve qu’elle a une tête de poupée russe. La plupart de mes amis la trouvent belle, mais je ne sais pas trop. Pour moi elle est un peu trop enfantine.

J’espère en tout cas que vous aurez apprécié cette peinture, et qu’elle vous mènera vers des rêves épiques et pleins d’aventure…

Blanche Mt.-Cl.

Armures Animales – Fantasy Art – Avril 2014

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Armure Animale – Chevalier Corbeau

Enfin de retour avec des chevaliers assez typés ou stylés, selon votre perception de la chose! 🙂 Encore inspirée par le fantasy art, j’ai pondu deux nouvelles armures zoomorphes – inspirées des caractéristiques de certains animaux…

Peut-être vous souvenez-vous de celle du chevalier-hibou, et peut-être celle-ci va-t-elle vous la rappeler. Quand bien même elle reprend les caractéristiques de l’armure médiévale – à mon sens, autant défensive qu’artistique – et celles des chevaliers ailés polonais du XVIe siècle, les motifs sont différents: les ailes résolument sombres, les articulations au niveau de la jambière et du canon d’avant-bras en forme d’ailes noires, les plumes sombres et l’oiseau aux ailes déployées gravés sur le gorgerin et le plastron nous rappellent immanquablement le corbeau perché sur l’épaule de notre chevalier… Sombre à souhait, quand on y pense, et je vois certaines des personnes que je connais faire allusion à mon côté soi-disant « gothique » et à mon amour du film The Crow (le vrai de 1994, avec Brandon Lee, pas les autres daubes, voyons!). Mais ce chevalier corbeau aurait bien sa place sur un champ de bataille imaginaire, comme guerrier mystérieux et particulièrement retors… N’oubliez pas que les corbeaux sont des oiseaux diablement intelligents! 🙂

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Armure Fantasy – Chevalier Loup

Pour cette seconde armure, j’ai opté pour un autre de mes animaux fétiches. J’ai nommé: le loup. Je les trouve magnifiques, fascinants, et chaque documentaire animalier consacré aux loups m’ensorcèle. C’est un tout: j’aime leur allure et leur façon de se mouvoir, j’aime leurs yeux et leur regard énigmatique – il parait que contrairement aux chiens ils évitent de regarder l’Homme dans les yeux, pour lui signifier son désintérêt – et la lumière qui y danse dès que la nuit tombe, leur fourrure somptueuse, et je frissonne à la fois de peur et de plaisir quand ils retroussent leurs babine sur des crocs redoutables ou… hurlent. J’ai donc voulu leur rendre hommage avec ce chevalier-loup dont le heaume a une forme très évocatrice, tel un masque intégral, et dont le gorgerin et la cape son bordés de fourrure. Vous noterez qu’il porte même une queue de loup… Comment je vous ce personnage s’il devait exister dans une histoire?… Féroce, tenace, brave et surtout loyal. Et même pour un dessin, je ne peux m’empêcher de raconter une belle histoire…

Blanche Mt.-Cl.

Chevaliers dans la Forêt – Dessin – 2012

Voici une autre de mes fiertés, qui a longtemps servi d’image d’en-tête à mon premier blog en anglais. Il s’agit d’une première tentative de dessin inspiré par les univers de la fantasy. En réalité, je n’en suis pas très friande, et ce n’est que récemment, qu’à nouveau intéressée par le mythe arthurien et l’imaginaire médiéval, j’ai re-commencé à dessiner des armures.

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Fantasy Médiévale – Chevaliers dans la Forêt

Sur ce dessin, nous pouvons voir un couple de chevalier – un jeune homme blond comme le blé et une brunette portant une élégante armure sur sa robe – sous un arbre. J’ai accentué les contrastes sur iPhoto et ajouté un contour flou pour donner un aspect onirique à la scène, histoire de rappeler certaines scènes du mythique Excalibur de John Boorman.

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