Légendes médiévales: Deux livres intéressants – Février 2015

Très chers lecteurs de ce blog,

J’espère que ce post ravira les amoureux de contes, mythes et légendes!… Et qu’il donnera envie aux autres d’y regarder de plus près.

J’ai longtemps hésité avant de rédiger une critique littéraire. Je voulais quelque chose qui sorte un peu de l’ordinaire, mais qui reste attaché aux univers de l’imaginaire. J’ai donc pensé à ce que l’on appelle le « merveilleux » (contes, fées, lutins, etc. …), et à la vogue de celui-ci au Moyen-Âge. C’est ainsi que j’ai dégoté pour vous, dans les tréfonds de ma bibliothèques, deux livres d’introduction, deux courts essais sur le sujet. Il s’agit du Fantastique au Moyen-Âge de Samuel Sadaune, et de Héros et merveilles du Moyen Âge: Arthur, la licorne et les fées dirigé par l’illustre historien médiéviste Jacques LeGoff.

IMG_3890J’ai redécouvert il y a quelques années mon intérêt pour le Moyen-Âge, et en particulier pour le mythe arthurien. Cela m’a amenée à regarder les autres contes et légendes… pour retrouver des histoires encore présentes dans la culture populaire. En effet, qui ne connaît pas la légende d’Arthur et des Chevaliers de la Table ronde – au moins à travers Kaamelot (pas du tout mon trip, je préfère vous le dire), Merlin ou le cultissime Excalibur? Quel grand romantique n’a pas rêvé au récit des amours de Tristan et Iseult? Qui n’a pas entendu, au moins une fois dans sa vie, le nom de la fée Mélusine, mère de la lignée des Lusignan?… Ces contes sont abordés, avec leurs différentes variantes, dans l’ouvrage dirigé par Le Goff. Le livre de Sadaune, quant à lui, explore les peurs et les croyances des médiévaux, liées au religieux avec une sorte de bestiaire divin et une conception de l’au-delà empreinte de christianisme, et également liées à la connaissance du monde. En effet, on croyait à cette époque à des lieux mythiques comme le pays de Cocagne, le Royaume du Prêtre Jean ou encore des terres habitées par de mystérieuses peuplades comme les Cynocéphales (hommes à tête de chien).

Ainsi ces deux livres se complètent merveilleusement bien et citent des sources d’époque abondantes comme des romans ou des récits de voyage, nous plongeant dans la pensée des hommes et femmes du Moyen-Âge. À une époque où la frontière entre le réel et l’imaginaire était mince, les mémoires d’explorateurs tels que Marco Polo ne pouvaient paraître crédible que s’il n’y était fait mention d’animaux merveilleux, et il n’était pas rare que ceux-ci fassent état de ouï-dires quant à des monstres qu’ils pensaient être des dragons ou des licornes. De même, la « matière de Bretagne » sur laquelle fut bâtie le mythe arthurien (sur lequel je pense revenir dans un prochain post), faisait figure de récit historique qui a pris une ampleur légendaire quand la noblesse européenne a cherché de nouveaux idéaux de bravoure à travers les romans. Romans qui sont d’ailleurs compilés dans des bibliographies abondantes pour ceux qui souhaitent lire dans le texte les exploits du roi Arthur, ou des sires Lancelot et Perceval.

Doit-on pour autant conclure que les médiévaux étaient une bande de naïfs sans cervelle?… Que nenni. Avant d’entrer dans ces livres, il est important de sortir de cette idée qui veut que les hommes du Moyen-Âge n’étaient qu’un ramassis de fous de dieu obscurantistes, complètement abrutis par ce que leur disaient leurs prêtres. Les connaissances n’étant pas celles que nous avons aujourd’hui, le monde concret était rempli d’irrationnel, ce qui laissait une place au mystérieux dans la vie quotidienne. N’oublions pas que cette époque est aussi celle de grandes prouesses comme la construction des cathédrales, ainsi que d’esprits brillants, de voyageurs et de conteurs… passés à la trappe par les hommes de la Renaissance pour mettre en valeur leurs propres réalisations artistiques ou autres. Car il est à parier que les médiévaux eux-mêmes n’ont plus beaucoup cru au merveilleux qui a déserté la littérature à la fin du Moyen-Âge, à moins d’être traité sur un mode parodique.

En fait, ces deux livres nous font voyager dans une époque où les hommes et les femmes avaient contrairement à nous, assez d’humilité pour accepter l’irrationnel dans leur vie. Je vous conseille donc ces livres qui vous plongeront dans des récits merveilleux, faits d’armures étincelantes, de combats épiques, d’êtres surnaturels, d’épées portant des noms évocateurs et d’étonnantes métamorphoses. 🙂 De plus, ils sont courts et abondamment illustrés, ce qui vous permet de partager la perception de ces gens, et de voir comment ils représentaient le merveilleux.

Titre: Le Fantastique au Moyen-Age
Auteur: Samuel Sadaune
Editions: Ouest France
Collection: Histoire-Mémoire
144 p.

Titre: Héros et Merveilles du Moyen-Age
Auteur: Jacques Le Goff (Dir.)
Editions: L’Histoire
Collection: Illustré Histoire
96 p.

Blanche Mt.-Cl.