Meurtres en musique – Opéra (Dario Argento, 1987)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous allez bien! Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour vos réactions très positives aux premiers articles de l’Autumn of Antique, une thématique dédiée à l’histoire ancienne que j’ai lancée il y a quelques jours sur le blog. Je ne m’attendais pas à susciter autant d’intérêt, et j’espère que la suite de la saga « égypto-hittite » vous plaira tout autant! Car l’automne verra encore bien des présentations de livre sur l’une et l’autre de ces civilisations, ainsi qu’une ou deux vidéos de synthèse sur Instagram.

Affche – Source: DVDClassik

Mais en attendant, j’ai eu envie de parler à nouveau de cinéma… avec un petit opus visionné début juin, si je me souviens bien, et que j’avais totalement oublié – parce qu’il y a eu une période où j’ai bouffé tellement de cinéma que certaines œuvres me sont sorties de la tête. Mouais, si j’ai oublié, vous vous attendez sans doute à un film qui craint, mais pas tout à fait. Je dirais plutôt qu’il s’agit d’un film bien WTF, parce que ce n’est ni plus ni moins qu’une variation du Fantôme de l’Opéra signée Dario Argento… Opéra, sorti en 1987. Mais commençons par le début: de quoi ça cause? Continuer la lecture de Meurtres en musique – Opéra (Dario Argento, 1987)

Lecture, écriture, inspiration, plein de trucs… mais crevée! – Bilan Juin 2018

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous avez passé un excellent mois de juin, et que juillet s’annonce beau, sous le signe des vacances, des projets, des lectures et des films à la pelle! C’est que juin est vite passé pour moi, je suis épuisée – je vous dis ça plus loin – et encore une fois, je m’excuse de ne pas avoir été très présente sur mon propre blog et sur les vôtres. Le mois a encore été en pointillés entre la fatigue et les soucis… et malgré les idées, parce que j’en ai À LA PELLE, foutredieu!

Ceci dit, le mois a quand même sa part de satisfactions. Et je vous en parle de ce pas… Continuer la lecture de Lecture, écriture, inspiration, plein de trucs… mais crevée! – Bilan Juin 2018

Retrouvailles avec l’Ange de la Musique – Le Fantôme de l’Opéra (Gaston Leroux)

Le fantôme de l’Opéra a existé. Ce ne fut point, comme on l’a cru longtemps, une inspiration d’artistes, une superstition de directeurs, la création falote des cervelles excitées de ces demoiselles du corps de ballet, de leurs mères, des ouvreuses, des employés du vestiaire et de la concierge.
Oui, il a existé, en chair et en os, bien qu’il se donnât toutes les apparences d’un vrai fantôme, c’est-à-dire d’une ombre.

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Vous avez vu la petite couv’, violette comme le blog?… C’est le destin, je vous dis, le destin…

J’espère que votre mois de juin a bien commencé! 🙂 C’est qu’il file et j’ai encore repoussé d’autres articles – dont le fameux article illustré sur Star Wars – et j’ai même, horreur suprême, lâché mon MOOC alors que ça m’intéresse, mais pour le coup, il est tombé au mauvais moment. Bref, ma vie est une course contre la montre et une lutte permanente pour ne pas m’endormir n’importe où, ou pour que je ne pleure pas à n’importe quelle broutille. Au bureau notamment, mais rassurez-vous j’ai enfin fait ma demande de congés, et j’espère enfin avancer dans mes projets perso malgré une fatigue persistante. Mais nous y voilà, vous avez enfin une chronique ayant trait à l’une de mes autres grandes lectures d’avril. Ou plutôt relecture.

Car, fait exceptionnel, j’ai relu un ouvrage, à savoir l’une de ces lectures absolument mythiques qui ont bercé mon adolescence : Le Fantôme de l’Opéra, auquel j’avais dédié un article quand ce blog n’en était qu’à ses balbutiements. Suite à quelques petites anecdotes que je vous conterai plus loin dans l’article, j’ai décidé de relire ce roman qui a suscité moult adaptations. Je vous emmène dont dans cette véritable ville dans la ville qu’est le Palais Garnier… Continuer la lecture de Retrouvailles avec l’Ange de la Musique – Le Fantôme de l’Opéra (Gaston Leroux)

Un peu de lecture, mon roman auto-édité, du boulot… – Bilan Mai 2018

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

C’est l’heure du goûter! Dépendant de votre état d’esprit et du lieu où vous vous trouvez, vous devez savourer un bon thé ou une orangeade maison avec des petits gâteaux pendant que je suis au bureau à pondre un projet au dernier moment.

J’espère, les p’tits poulets, que vous allez bien et que vous avez passé un mois de mai fabuleux riche en belles lectures, en beaux films et tout le toutim! 😎 De mon côté, c’est complètement lessivée, décalée, à moitié dingue (du moins plus que d’habitude) que j’entame ce beau mois de juin, à cause des horaires de malade que m’imposent ces p****n de grèves de train, et de mille choses à faire et à régler dans ma vie. Aussi, vous avez vu qu’il y a eu, ce mois-ci, beaucoup moins de chroniques que prévu, et je ne vous ai même pas encore présenté la totalité de mes lectures d’avril.

Ça, c’est crétin quand même… mais je voulais absolument avancer sur ces illustrations fan art pour cet article dont je vous rebats les oreilles, et ce fut du boulot, mais cette fois-ci, je vous jure que ce sera en ligne à la mi-juin au plus tard. J’ai négligé mon blog et les vôtres. Aussi je m’en excuse platement, et j’espère me rattraper dans le courant de l’été car pour le moment la période n’est pas simple.

Mais qu’à cela ne tienne, je reviens avec ce qui s’est dit et lu en mai! Continuer la lecture de Un peu de lecture, mon roman auto-édité, du boulot… – Bilan Mai 2018

De la lecture, des classiques et du pain sur la planche – Bilan Avril 2018

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Devinez qui est de retour, vaillante et inspirée – pour votre plus grand bonheur! – sur la blogosphère?… C’est bibi!

Et vous alors, comment allez-vous? Comment vont les blogs et la vie? Ça faisait si longtemps, depuis le dernier bilan! Je n’étais jamais restée un mois complet sans poster d’articles sur Les Mondes de Blanche! 😃

Et je ne vous cacherai pas que le blogging m’a manqué, ce partage de mes lectures et de mes coups de cœur, de petits craquages geek et livresques, de mes films… et surtout ces échanges avec vous! Quand bien même, je l’avoue, j’ai été très active sur Twitter (ou certaines d’entre vous ont manqué de me faire mourir de rire – entre autres choses) et sur Instagram où certains d’entre vous ont pu voir mes lectures en cours et acquisitions. Et oui, je ne pouvais pas non-plus complètement couper les ponts, tout de même!

Je viens donc vous conter ce qui s’est passé en avril… Continuer la lecture de De la lecture, des classiques et du pain sur la planche – Bilan Avril 2018

Semaine « Parade des Monstres » – Le Fantôme de l’Opéra (Arthur Lubin, 1943)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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L’une des affiches du film – Source: Imdb.com

Je vais clore cette semaine « Parade des Monstres » avec l’une de mes histoires favorites. J’ai nommé: Le Fantôme de l’Opéra. J’ai aimé le roman lorsque je l’ai lu il y a à peu près quinze ans et c’est l’un des très rares livres à m’avoir faite pleurer.

J’en ai vu plusieurs adaptations, dont celle de Terrence Fisher produite par la Hammer dans les années 1960, celle de Joel Schumacher adaptée de la comédie musicale d’Andrew Lloyd Weber dont je connais la plupart des chansons par cœur, et même Phantom of the Paradise de de Palma. Aussi ai-je décidé de dédier une chronique au film d’Arthur Lubin, un classique des années 1940… filmé en couleurs cette fois-ci!

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Semaine thématique – Cinéma: « Parade des Monstres »

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous avez passé un excellent week-end et que la semaine qui s’annonce sera bonne elle aussi! 🙂

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Pouvez-vous deviner quel est cet être étrange qui fait crier la jolie dame? – Source: Imdb.com

Je vous l’avais annoncé, sur mes réseaux sociaux et ai décidé, pour cette semaine, de parler exclusivement de cinéma. Plus particulièrement de cinéma fantastique… à l’ancienne, comme je l’adore. Il est donc temps de voir ce que cela vous réserve!

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Grand déballage « livresque et filmesque » de Noël – Super-héros et monstres

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

_20161225_042420Tout comme l’an dernier, et comme pas mal d’entre nous le ferons sur nos blogs respectifs, je reviens avec le déballage « livresque et filmesque » de Noël… dans la mesure où cela suit ma ligne éditorial SFFF. Quand bien même tout cela paraît passablement matérialiste, c’est avant tout une promesse fort alléchante de lectures et visionnages stimulants pour moi, et de superbes chroniques à lire pour vous! 😉

Qu’à cela tienne, j’ai reçu des choses merveilleuses et très intéressantes cette année, sous le signe des super-héros et des monstres…

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Le Fantôme de l’Opéra – Roman et adaptations

« Il est d’une prodigieuse maigreur et son habit noir flotte sur une charpente squelettique. Ses yeux sont si profonds qu’on ne distingue pas bien les prunelles immobiles. On ne voit, en somme, que deux grands trous noirs comme au crâne des morts. »
Gaston Leroux, Le Fantôme de l’Opéra, 1910

S’il est une histoire qui m’aura inspirée et marquée pour longtemps… c’est bien celle du Fantôme de l’Opéra. Après les nombreux dessins que j’y ai consacrés, je ne pouvais passer à côté de cette présentation! Vu les nombreuses adaptations qui en ont été faites, vous en avez très certainement eu vent! Mais avant d’être un film ou une comédie musicale, Le Fantôme de l’Opéra était un roman. Ecrit par Gaston Leroux entre 1909 et 1910, il est d’abord paru comme feuilleton dans un journal avant d’être édité en un volume chez Pierre Lafitte.

  • Le roman
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Couverture de l’édition « Livre de Poche » – Avec l’image du film de 2004 pour un visuel plus « glamour »

Paris, fin XIXe siècle. Alors que deux nouveaux directeurs arrivent à la tête de l’Opéra Garnier, les événements étranges s’accumulent dans ce cadre somptueux – les deux hommes reçoivent des demandes incongrues émanant d’un inconnu signant F. de l’O., on retrouve l’un des techniciens pendus dans les sous-sols, le lustre de la salle de spectacle se décroche en pleine représentation, et Christine Daaé, une jeune et prometteuse soprano susceptible d’éclipser la grande Carlotta, disparaît mystérieusement.
Elle a en fait été enlevée par l’auteur de ces méfaits, le fameux Fantôme, qui se présente à elle sous le simple nom d’Erik. Il la retient dans sa demeure, dans les sous-sols de l’Opéra. Celui-ci, musicien et inventeur de génie qui cache son visage sous un masque, est tombé fou amoureux de Christine et de sa voix. Il souhaite se faire aimer de la jeune fille, mais réalise, lorsqu’elle parvient à lui retirer son masque et voit sa laideur, qu’elle ne l’aimera jamais. Comptant d’abord la garder près de lui, il la laisse repartir mais lui fait promettre de lui rester fidèle et de porter la bague qu’il lui offre. C’est sans compter sur le vicomte Raoul de Chagny, ami et amour d’enfance de Christine, à qui celle-ci avoue sa mésaventure, qui est bien déterminé à libérer sa belle de l’emprise de son mystérieux protecteur.
Quand Christine disparaît à nouveau, Raoul met tout en oeuvre pour aller la récupérer dans les sous-sols de l’Opéra, en se faisant aider d’un individu mystérieux: le Persan…

Bien sûr, le style narratif est gentiment suranné, on oscille constamment entre les points de vue des différents personnages, extraits des journaux de ceux-ci. C’est un vieux roman avec ce qui va avec – notamment dans les rapports homme-femme et la description assez simpliste des personnages féminins avec d’un côté cette garce gâtée qu’est la Prima Dona Carlotta, et la blanche colombe qu’est Christine (c’est mon seul bémol concernant l’intrigue).
L’histoire compte également de nombreux personnages secondaires – l’ouvreuse Madame Giry, le rat d’opéra Meg Giry, les deux directeurs de l’Opéra, Philippe, frère de Raoul et mécène – aussi truculents et comiques les uns que les autres. En fait, le devant de la scène – si j’ose dire – est occupé par la présence fascinante du Fantôme, un être dont la monstruosité n’a d’égale que la cruauté dont la vie a fait preuve envers lui depuis son enfance, à cause de sa laideur. C’est une individualité forte, pleine de noirceur et de profondeur, qui à travers son amour fou pour Christine, redécouvre une part de lumière en lui-même.
Bref, si le début de l’intrigue est quelque peu déroutant, voire angoissant (la nuit où j’ai commencé le livre, j’avais jeté sur la chaise près de mon lit la robe blanche que je portais qui, dans la semi-pénombre, ressemblait à un spectre – je suppose que ça n’aidait pas) s’y plonger devient un vrai plaisir au bout de quelques pages. On se laisse captiver par le décor somptueux, la musique classique et cette noirceur qui reste toujours présente en arrière-plan.

  • Les adaptations

Quand j’ai fini par lire le livre à quinze ans, je connaissais plus ou moins l’histoire. J’avais vu Babar et le Fantôme de l’Opéra, ainsi qu’une adaptation télévisuelle assez luxueuse de 1990. J’avais même eu vent d’une certaine comédie musicale… qui fut adaptée en 2004 par Joel Schumacher.

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Affiche du film britannique de 1962, par Hammer Production

Bien sûr, l’histoire ne pouvait être adaptée telle quelle. D’autant plus qu’elle a beaucoup vieilli, notamment en ce qui concerne les rapports amoureux et la perception de la femme, qui a acquis un peu plus de caractère et de volonté dans au fil du temps. Et hormis le passage du lustre, l’ambiance somme toute assez feutrée des lieux n’offre pas assez d’adrénaline aux spectateurs du XXe et du XXIe siècle…
On compte cependant quelques adaptations très fidèles et de facture classique comme celles de 1925 et 1943 (tout en technicolor, où Christine a des anglaises bien blondes à la limite du jaune…) où les noms sont changés pour leur donner un air un peu plus « français ». Dans la version de 1962 réalisée par Terence Fisher et produite par les studios Hammer, les noms sont anglicisés et l’histoire transposée dans le Londres victorien. Par contre, entre les décors en carton-pâte, un éclairage complètement blafard qui donne un teint grisâtre aux acteurs, et un manque d’imagination navrant au niveau de la mise en scène, ce film a très, TRÈS mal vieilli… Mais bon, il reste tout de même distrayant, et la fin du Fantôme est un peu plus spectaculaire que dans le livre.

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L’esthétique kitsch et colorée du film de De Palma

Or comme vous vous en doutez, étant donné le contexte et les nombreuses références à la musique classique, les adaptations sous forme d’opéra ou de comédies musicales ne se sont pas faite attendre, sur scène et ensuite au cinéma. L’une des plus notables en est la ré-interprétation de Brian de Palma, Phantom of the Paradise (1974). Dans cette transposition dans les Etats-Unis des années 1970, Swan, un producteur mégalo qui a conclu un pacte avec le Démon, cherche des musiciens pour inaugurer sa salle de spectacle, le Paradise, et fait passer de nombreuses auditions: il y croise Leach, un jeune compositeur de génie très maladroit et piètre interprète, et la rafraichissante Phoenix qui tape également dans l’oeil de Leach. Mais celui-ci est évincé par Swan, qui lui vole sa musique et s’arrange, après l’avoir fait défigurer et perdre sa voix, pour le faire emprisonner. Mais Leach, passionné de musique jusqu’à la folie, revient, masqué et tout de cuir vêtu, assoiffé de vengeance, hanter les couloirs du Paradise et saboter les numéros des groupes médiocres qui s’enchaînent en ces lieux… et tenter de conquérir Phoenix. Et le mélange de rivalité musicale et amoureuse est explosif. Bien que l’esthétique du film soit un peu datée, il n’en reste pas moins un classique.

En effet, on trouve dans cette adaptation, non-seulement une dimension fantastique, mais également parodique dans tous ces groupes grotesques produisant une musique alors standardisée – mais dont le son gentiment rétro ne déplait pas au spectateur d’aujourd’hui – ou cette scène hilarante où le Fantôme cloue le bec d’un faux angelot grassouillet affublé d’une charlotte sous sa douche pour ne pas mettre à mal sa permanente, à l’aide d’une ventouse débouche-chiottes. Mais la bande originale est tout simplement inoubliable, et nous offre quelques beaux morceaux mélancoliques et très sobres, aux paroles très touchante. Elle est d’ailleurs composée et interprétée par Paul Williams… qui joue le rôle du méchant Swan. Et fait intéressant: Phoenix, notre « Christine », n’a rien de l’oie blanche de l’histoire originelle. Sous ses airs frais et naturels, la demoiselle sait ce à quoi elle est prête pour réussir…

Les années 80 voient démarrer un autre monument consacré au Fantôme de l’Opéra: la comédie musicale signée Andrew Lloyd Webber, sortie en fanfare en 1986, The Phantom of the Opera. Il avait à l’origine écrit le rôle de Christine pour la chanteuse Sarah Brightman, son épouse de l’époque, qui a failli me tuer avec le sirupeux « Time to say goodbye » que ma prof de musique du collège s’efforçait de nous faire apprendre, et qui me restait dans la tête. Vous imaginez la tête de mes parents fans de Pink Floyd et Depeche Mode quand ils m’entendaient fredonner une telle guimauve? Bref, je m’égare. 🙂 The Phantom of the Opera simplifie considérablement l’histoire, et oublie certains personnages pour se concentrer sur le triangle amoureux Christine-le Fantôme-Raoul. Le succès a été tel que le spectacle a été adapté dans plusieurs langues et se joue encore à guichet fermé à Londres et à New York. Andrew Lloyd Webber s’est même permis il y a quelques années – et je lui en veux d’avoir dénaturé l’histoire à ce point – de composer la suite, Love Never Dies dont l’histoire – des retrouvailles en Amérique avec le Fantôme et la fille Giry, une salle de spectacle, un rejeton du Fantôme et de Christine – est complètement capillotractée.

Ceci dit, la chanson-titre est un tel carton, d’une efficacité tellement redoutable, qu’elle a été maintes fois reprises, et ce même par des groupes de metal symphonique comme Nightwish, ou, pour ma version préférée, par Lacrimosa. Et la voix éraillée du chanteur, presque d’outre-tombe, Tilo, se prête merveilleusement à l’univers noir et froid du Fantôme… Mmmmm… En même temps, c’est une histoire tellement rock’n’roll…

Ceci dit, Andrew Lloyd Webber a pris un autre compositeur de vitesse, Arthur Kopit, dont le spectacle Phantom, n’a jamais pu être monté. Sa comédie musicale est finalement adaptée sous forme d’une mini-série en 1990, où le personnage du Fantôme est quelque peu adouci, sa relation avec Christine approfondie et le personnage de Raoul remplacé par celui de son frère aîné Philippe. Cette adaptation somptueuse est la seule véritablement tournée à Paris, entre les murs de l’Opéra Garnier… Et c’est celle qui m’a fait découvrir la merveilleuse histoire d’un génie défiguré hantant les sous-sols de l’Opéra…
Quant à l’oeuvre de Webber, elle a été finalement adaptée au cinéma en 2004 par Joel Schumacher. Son Phantom of the Opera, quand bien même ce n’est pas un chef d’oeuvre, est un bon moyen de découvrir la comédie musicale, et on y voit l’acteur Gerard Buttler (vous savez, le roi Leonidas dans les 300, le truand de Rock’n’Rolla…) dans un registre complètement différent, puisqu’on découvre sa belle voix de ténor dans le rôle du Fantôme. Quant aux décors et aux costumes, ils sont très luxueux, ce qu’il faut pour une série B haut de gamme. Ni plus, ni moins.

  • Conclusion

Pour ma part, j’attends encore l’adaptation qui me fera complètement chavirer, complètement rock et déjantée, noire au possible, et toujours proche de l’esprit du texte d’origine… (Si vous cherchez une scénariste, je suis preneuse, j’ai de pures idées à ce sujet) et je ne désespère pas de produire une nouvelle série de dessins consacrés à cette histoire intemporelle qui fait sa part belle à la musique.
En attendant, je peux toujours aller vérifier la légende selon laquelle, chaque soir à l’Opéra Garnier, une loge est, comme dans le roman, laissée libre à l’attention d’Erik… et je vous souhaite de beaux rêves avec ce bon vieux morceau d’Iron Maiden, « Phantom of the Opera ».

Blanche Mt.-Cl.