Animation S.F. méconnue – Titan A.E. (Don Bluth, 2000)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Affiche du film – Source: Wikipedia

Depuis maintenant un an que ce blog est lancé, vous devez savoir que j’aime beaucoup le cinéma en général, plus particulièrement les genres de l’imaginaire… qui nous ont valu quelques petites perles dans l’animation. Hormis dans l’animation japonaise, on parle malheureusement trop peu de la science-fiction. J’avais essayé de le faire avec Atlantide: L’Empire Perdu, et j’y reviens aujourd’hui avec une production signée Don Bluth et produite par la 20th Century Fox: Titan A.E., sorti en 2000.

Bien avant la sortie du film quand j’étais ado, j’avais été très intriguée par la bande-annonce au rythme enlevé sur fond de course-poursuite spatiale et de musique pop-rock. On semblait bien loin des histoires de princesse à l’eau de rose, sauf que, du fait de la réalisation et du studio, on y retrouvait les qualités graphiques d’Anastasia, avec un héros mignon tout plein, ce qui ne gâchait rien.

J’ai fini par le voir, non pas au cinéma, mais en VHS, quand une amie fan du film, de la musique et du derrière du héros me l’a prêté. Je m’en souviens, parce que c’était la fin de mon année de 3ème, et qu’elle me l’avait mise dans les mains alors que j’étais invité à une grosse fête chez elle… Et je lui avais rendu son film le lendemain, lors d’une autre soirée, après avoir visionné Titan A.E. deux fois, juste histoire d’être sûre.

Attachez donc vos ceintures pour un voyage des plus dépaysants à travers le cosmos…

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Un film Disney méconnu – L’Ile sur le toit du monde (Robert Stevenson, 1974)

Titre: L’Ile sur le toit du monde (The Island at the Top of the World)
Année de production: 1974
Réalisation: Robert Stevenson
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h34
Distribution: Donald Sinden, David Hartman, Mako Iwamatsu, Jacques Marin, Agneta Eckemyr, David Gwillim, Gunnar Öhlund…

Chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Affiche du film – Source: Wikipedia

Si vous avez un jour fait un tour du côté d’Eurodisney, outre le Chateau de la Belle au Bois Dormant, vous avez peut-être noté, non-loin du Space Mountain et du Nautilus, un café à l’entrée monumentale ornée de d’un dirigeable, et au décor intérieur résolument rétro-futuriste… le Café Hypérion. Il est l’un de mes endroits favoris du parc: c’est là que lors de ma première visite avec mes parents, j’avais assisté à un spectacle acrobatique sur le thème de Mulan, et qu’avec des amis, j’avais bu une boisson chaude en regardant de vieilles aventures de Mickey sur un écran géant. J’adore la décoration, l’architecture, et ce dirigeable à l’entrée! (J’aime les dirigeables à tel point que j’y ai consacré mon mémoire de fin d’études en fac d’Allemand!) Mais ne vous êtes-vous jamais demandé à quoi l’Hypérion il faisait allusion? Non?… Qu’à cela ne tienne, j’ai très envie de vous le dire! Le dirigeable Hypérion figure bien dans un film des studio Walt Disney, un long-métrage d’aventure sorti dans les années 1970, et peu connu en comparaison de monuments comme 20,000 Lieues sous les Mers, j’ai nommé… L’Ile sur le Toit du Monde.

Je l’ai découvert il y a quelques années, quand au hasard de promos VHS – nous n’avions pas encore de lecteur DVD à la maison – ma mère en a fait l’acquisition. Elle l’avait vu étant enfant et avait très envie de nous le faire découvrir à mon frère et à moi. Êtes-vous donc prêts à vous embarquer à bord du ballon avec moi pour un petit film d’aventures kitschou à l’ancienne?

NB: L’Ile sur le Toit du Monde étant très peu connu, je n’ai trouvé que peu d’images de qualité. J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur.

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Un Disney sans chanson – « Atlantide: l’Empire Perdu » (2001)

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Affiche – Source: Allôciné.fr

Titre: Atlantide: l’Empire perdu (Atlantis, the Lost Empire)
Année de production: 2001
Réalisation: Kirk Wise, Gary Trousdale
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h31
Distribution: Micheal J. Fox, James Garner, Cree Summer…

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Me voici de retour avec, enfin, une critique cinéma en bonne et due forme. Comme je n’ai guère le temps d’aller au cinéma (c’est dommage, j’adore les critiques « à chaud »! 🙂 ), je fais avec ma DVDthèque! Ainsi, avec les vacances, certains d’entre vous ont sans doute les enfants ou les petits frères et soeurs à la maison. Il est donc temps de leur faire re-découvrir un Disney qui semble pour beaucoup, être passé à la trappe… Atlantide: l’Empire perdu.

Sorti quand j’avais quinze ans, il est le dernier Disney que j’aie été voir au cinéma. Je vais donc vous le présenter…

  • Exploration

Le film s’ouvre sur une séquence catastrophe, alors que l’on voit une immense vague s’approcher d’une cité parcourue par des véhicules volants en forme de poisson, et détruire tout sur son passage. Alors que la panique s’installe dans la population qui essaie d’échapper au désastre, la reine tente de protéger sa petite fille, quand soudain, ses yeux s’illuminent avant qu’elle soit captée puis absorbée par un rayon lumineux. Sa petite fille en pleurs s’accroche à elle, mais le roi, son père, intervient pour lui faire lâcher sa mère. La cité s’enfonce ensuite sous les flots…

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Milo s’imaginant en conférence dans son pauvre placard… – Source: lecinemaestpolitique.fr

Des millénaires plus tard au début du XXe siècle, le jeune Milo Thatch, linguiste et cartographe, gâche son talent dans la chaufferie du Smithonian Institute de Washington. Obsédé tout comme l’était son défunt grand-père, par l’Atlantide, il a mis le doigt sur une erreur de traduction qui situait le Manuscrit du Berger, guide pour atteindre la Cité engloutie, en Irlande. Sûr et certain que celui-ci se trouve en fait en Islande, le jeune homme demande à ses supérieurs au sein de l’institut de financer une expédition. Face à leur refus, il présente sa démission.

Mais – SURPRISE – une blonde sculpturale, Helga Sinclair, l’attend dans son appartement. Sans lui demander son avis, elle l’amène en pleine nuit chez un riche magnat des plus excentriques, Preston Whitmore, un ancien ami de son grand-père. Celui-ci explique à Milo qu’il était proche de son grand-père, et qu’il a, par dette morale, dépêché une équipe de talents en Islande qui a finalement trouvé le Manuscrit du Berger. Mais il leur manque un linguiste pour le déchiffrer et conduire les autres vers l’Atlantide.

Bien sûr, Milo accepte et rejoint l’équipe à bord d’un immense sous-marin extrêmement sophistiqué, l’Ulysse. Il fait la connaissance du commandant Rourke dont Helga Sinclair est la seconde, mais aussi de toute une galerie de personnages hauts en couleur: Gaëtan dit « La Taupe », géologue français, Vincenzo Santorini, expert en explosifs italien (en même temps, avec un nom pareil, il ne pouvait pas être fleuriste!), Amadou Gentil, un médecin afro-américain, Audrey Ramirez, une très jeune mécano surdouée sud-américaine, Madame Placard, l’opératrice téléphonique, et « Cookie », le cuistot du Far West amateur de cuisine bien lourde.

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Le commandant Rourke (au centre) – Source: DisneyWikia.com

Les choses tournent mal quand l’Ulysse est attaqué par un immense poisson métallique, dans lequel Milo reconnaît un Léviathan, ces machines protectrices de l’Atlantide décrites dans le Manuscrit du Berger. Il comprend que l’expédition se rapproche du but… Mais le navire subit de graves avaries, et l’équipage doit évacuer à bord de mini-sous-marins qui se faufilent dans une caverne dont Milo espère qu’elle est le « syphon d’évier » qui doit les mener vers l’Atlantide. Les rescapés de l’Ulysse émergent alors dans une poche d’air sous-terraine. Ils rassemblent l’équipement qu’ils ont pu sauver, comme des foreuses et des proto-jeeps, et se lancent dans l’exploration du dédale de grottes qui s’étend devant eux. Outre un volcan endormi, ils trouvent les ruines de bâtiments cyclopéens, preuves de l’existence d’une civilisation ancienne aux techniques très avancées. A intervalle régulier, on surprend des silhouettes masquées suivant nos explorateurs… Par une nuit, le bivouac est assailli par des insects lumineux qui par contact font s’enflammer les tentes. En fuyant, l’équipe tombe au fond d’une crevasse. Alors qu’il reprend conscience, Milo, blessé, se trouve nez à nez avec une jolie blondinette aux grands yeux qui le soigne en le touchant avec le cristal de son pendentif. Quand Rourke et les autres se remettent en marche, Milo décide de se lancer à la poursuite de la belle blonde… et conduit le reste de l’expédition vers une ouverture qui donne sur une vue imprenable: une cité entourée d’eau et bordée par une végétation luxuriante. L’Atlantide.

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La princesse Kida et son père – Source: Allôciné.fr

La jeune femme blonde qui les accueille sur place, la sauveuse de Milo, n’est autre que Kida, princesse atlante. Si elle est surexcitée et très enthousiaste quant à l’arrivée de ces visiteurs, son royal père considère l’incursion de ces explorateurs armés avec méfiance. Milo, tout heureux de faire connaissance avec les Atlantes et d’en connaître plus sur leur civilisation, se lie d’amitié avec Kida. Il espère en apprendre plus de sa part, car une page manque au Manuscrit du Berger. Il découvre que celle-ci, comme le reste de son peuple, ne sait pas lire, car la soif de connaissance a disparu dans la cité. C’est donc à Milo de décrypter les symboles de ruines englouties pour lui expliquer certains grands enjeux de l’histoire atlante. Il comprend que Kida et les siens sont maintenus en vie par le cristal qu’ils portent autour du cou, alimentés par une source d’énergie très puissante. Il apprend par ailleurs que les motivations de Rourke, Helga et le reste de l’équipe n’étaient pas si pacifiques, quand Rourke, le cueillant au retour de son expédition avec Kida, lui brandit sous le nez la fameuse page manquante illustrée qui montre un cristal géant rayonnant d’énergie. Il comptait sur Milo pour trouver son emplacement et s’en emparer, pour le revendre aux gouvernements européens qui préparent leur entrée en guerre… Or ce cristal est aussi une arme terrible, à partir du moment où il sent un danger planer sur la cité, et peut s’avérer redoutable entre de mauvaises mains.

Milo, Kida, absorbée par le cristal qui la retient prisonnière, et les Atlantes se trouvent alors en grand danger… Milo saura-t-il faire comprendre à ses anciens co-équipiers que la sauvegarde de tout un peuple est plus important que l’argent? Parviendra-t-il à sauver Kida du terrible sort qui l’attend entre les mains de Rourke?

  •  Une production pas comme les autres

Avec Atlantide: l’Empire perdu, Disney s’est aventuré sur un nouveau terrain. En effet, il était question de produire non-pas un conte de fées ponctué de numéros musicaux, mais un récit d’aventures dans la veine d’Indiana Jones autres histoires d’explorateurs. Il va sans dire que l’histoire reprend les ingrédients qui ont fait certains grands films – une quête, une civilisation disparue, de l’exotisme, des décors monumentaux, une galerie de personnages très typés, voire assez cliché mais somme toute sympathiques qui ajoutent un peu de piment, de l’action, des richesses légendaires, une demoiselle en détresse. Bref, des choses que vous pouvez retrouver dans Indiana Jones, que je citais plus haut, Les Mines du roi Salomon ou encore dans les livres de Jules Verne – en particulier Voyage au centre de la Terre ou Vingt Mille Lieues sous les mers.

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Helga Sinclair – Source: Allôciné.fr

Graphiquement, Atlantide: l’Empire perdu marque également sa différence par un dessin plus nerveux et anguleux, très changeant du canon habituel de Disney avec ses princesses aux visages poupins ou aux grands yeux. Le héros, Milo, est affublé d’un menton en galoche et la seule rondeur existant chez ce grand dégingandé, ce sont ses lunettes. Le seul personnage rond, Gaëtan, ressemble à une petite bombonne face à la silhouette filiforme de Vincenzo ou de la carrure d’Amadou, et bien plus face à la musculature et à la mâchoire exagérées de Rourke. De même, chez les femmes, si la silhouette de la princesse Kida accuse quelques rondeur et son visage plus de douceur, les autres sont soit assexuées comme la toute jeune Audrey ou laides comme la vieille placard, et la seule « femme fatale » du lot, Helga Sinclair, est toute en angles, jusque dans le dessin de sa chevelure. La rondeur est donc, soit synonyme de bizarrerie chez Gaëtan, soit de douceur chez Kida, et permet de « lire » dès les premières images du film. Je sais que ce parti pris a perturbé plus d’un amateur de Disney, qui y ont vu du travail bâclé. Pour ma part, je pense qu’au contraire, cela a été le fruit d’un travail réfléchi, et d’une volonté de la production de se démarquer des précédents dessins animés. Par ailleurs, il existe des formes d’art primitifs venues d’Afrique, d’Amérique ou du Pacifique, à la plastique tout aussi anguleuse qui nous fascinent et que nous trouvons belles.

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L’Ulysse, un vaisseau inspiré du steam punk et de Jules Verne – Source: Voracinéphile
  • Une ambiance particulière

Je pense donc qu’il serait injuste de considérer le travail comme bâclé quand nous en voyons l’ensemble. En effet, l’atmosphère et les décors ont été très travaillés. On y trouve une certaine influence du steam punk (pour faire simple, du rétro-futurisme) dans le style vestimentaire des membres de l’expédition et dans leur équipement aux proportions démesurées. C’est particulièrement notable avec l’Ulysse, un sous-marin monumental aux mécanismes mécaniques apparents que l’on verrait tout à fait dans une adaptation de Vingt-Mille lieues sous les mers.

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Milo s’émerveillant à bord de l’Ulysse – Source: Allociné.fr

La plupart d’entre nous n’est pas sans connaître le mythe de l’Atlantide – le philosophe grec Platon fait mention d’une cité fabuleuse engloutie par les flots, punition des dieux pour l’orgueil de ses habitants. En effet, ceux-ci auraient eu accès à d’immenses connaissances et à une longévité exceptionnelle. Mais contrairement à bien des interprétations fictives (films et livres d’aventures), l’équipe de production n’a pas voulu en faire une civilisation grecque avec temples à colonnes ioniennes. Elle s’est donc inspirée de l’architecture maya et cambodgiennes, pour créer une cité hybride. Cela a pour résultat des vues impressionnantes de la cité, établie sur une éminence au milieu des eaux, émergeant au milieu d’un nuage d’écume.

Le style vestimentaire de ses habitants, qui semblent de type européen avec leurs cheveux d’un blond très clair et leurs yeux bleus, peut nous faire penser aux Indiens d’Amérique du Sud, ainsi qu’aux costumes des peuples du Pacifique avec leurs paréos. D’ailleurs, on retrouve le bleu comme dominante principale, qu’il soit sombre ou très lumineux, ou un simple reflet sur le visage des personnages. Tout cela contribue à ancrer les Atlantes dans un univers aquatique très pittoresque et exotique, pour un résultat impressionnant à l’écran qui diffère de tout ce que Disney avait jusque là produit.

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Milo et Kida, dominant la cité avec le reste de l’expédition – Source: W12.fr

Mais l’ambiance visuelle n’est pas le seul effort de recherche faits par la production. L’élaboration de la civilisation atlante a été encore plus poussée. Ne serait-ce qu’au niveau technologique, on retrouve un peuple très avancé, détenteur d’une source d’énergie inépuisable qui garantit, même sous terre, un cycle jour nuit, ainsi que santé et longévité aux habitants de la cité (pour exemple, Kida a plus de huit-milles ans, puisqu’elle a assisté à l’engloutissement de l’Atlantide) ainsi qu’une protection de la cité dans son ensemble en cas de menace. Ce cristal se retrouve autour du cou de chaque Atlante, servant à la fois de médicament, de source de lumière ou de clé de contact pour les véhicules de la cité. Mais cela a un prix: en effet, à chaque danger important, le cristal, doté d’une volonté propre et de capacités de destruction phénoménale, puise sa puissance dans l’assimilation du corps humain – plus précisément, une femme de sang royal. C’est à cette scène que l’on assiste au début, lorsque la mère de Kida est engloutie par le cristal, et vers les deux tiers du film quand Kida elle-même, possédée, est absorbée par le cristal et embarquée dans un container par Rourke.

On se rend compte au début du film, dans la séquence d’ouverture, qu’il s’agit d’une société dotée d’armes puissantes envoyant des décharges, de véhicules autopropulsés et d’automates géants qui génèrent un champ de force protecteur autour de la cité. Fait amusant pour ces Atlantes si proches de la mer, leurs véhicules, qu’ils montent comme des sooters des mers, ont la forme de poissons et autres crustacés mécaniques.

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La scène la plus connue du film: Kida, possédée par le cristal avant assimilation par celui-ci – Source: Allociné.fr

Une langue spécifique, une sorte de synthèse indo-européenne – selon la théorie en cours dans le film, l’Atlantide serait le berceau de toutes les langues – a même été mise au point, avec son alphabet, par… Marc Okrand. Ce linguiste américain n’est autre que le père du klingon (cela parle aux fans de Star Trek, surtout!).

La bande originale fait également beaucoup. Composée par James Newton Howard, elle comprend des thèmes épiques – particulièrement dans la première partie du film, et dans les scènes d’action finales – et des morceaux aux sons très typés. On y trouve des carillons, cloches et gongs qui apportent une touche d’exotisme, une fluidité et une douceur, voire une certaine sérénité que l’on associe au milieu aquatique. Cela est particulièrement visible dans la séquence sous-marine mettant en scène Kida et Milo déchiffrant l’histoire de l’Atlantide dans des vestiges engloutis. La musique peut donc rendre certaines scène vraiment envoûtantes… Ce à quoi ne seraient pas parvenus les numéros chantés des autres classiques des studios Disney.

Si l’ambiance est très fouillée, et somme toute captivante, qu’en est-il du storytelling?

  • Scénario et clichés

Comme évoqué plus haut, on retrouve les schémas classiques des récits d’aventure, avec des antagonismes et clichés maintes fois explorés dans le cinéma: amour de la science et protection des populations locales opposées à la cupidité des uns, idéalisme et moralité irréprochables des personnages principaux qui parviennent à ramener à leur vue le plus grand nombre et qui se fait respecter des locaux, « héros » qui sauve la jolie fille et la cité entière au passage, le méchant qui ne récolte que ce qu’il mérite.  C’était pourtant le premier Disney avec un scénario aussi complexe et aux enjeux si multiples – des questions de préservation de population sont évoquées, un peu dans la veine de Pocahontas.

Il en résulte donc quelques clichés agaçants à mon goût comme la belle Kida qui fait figure de la « bonne sauvage » (évidemment canon, sinon elle ne ferait pas battre le coeur du héros) alors qu’elle est l’héritière d’une civilisation brillante. J’ai également trouvé étrange qu’étant vivante depuis des millénaires et fille de roi, elle n’ait jamais appris à lire malgré sa volonté afficher de redonner tout son lustre à sa cité (en même temps, comment voulez-vous faire rayonner un endroit totalement isolé?).

Milo qui une fois qu'il s'est énervé, devient aussi musclé qu'il est burné - Source: DisneyCentralPlaza.com
Milo qui une fois qu’il s’est énervé, devient aussi musclé qu’il est burné – Source: DisneyCentralPlaza.com

Quant à Milo, ma foi… Je ne sais pas ce qu’a le cinéma américain avec les gens instruits ou intelligents qui sont toujours dépeints comme maladroits et socialement inaptes et dont il semble légitime de se moquer – en témoignent les taquineries à répétition des différents membres de l’équipe, et ces diverses situations où le jeune homme est tourné en ridicule. Ce traitement du personnage de Milo Thatch me dérange, d’autant plus que du ridicule le plus total, il devient un véritable leader quand il s’agit d’aller sauver la princesse, après avoir pris la grosse tête à apprendre à lire à Kida. Il eût été plus drôle qu’il reste une sorte d’anti-héros, ou que sa transformation soit plus progressive. En même temps, c’est Disney et le film ne dure qu’une heure et demie…

Je lisais récemment des critiques assez dures arguant que les personnages d’Atlantide ne sont pas attachants. Je n’irais pas jusque là, mais je pense – sans compter que les ressorts psychologiques des personnages chez Disney ne sont jamais très, très subtils – qu’à force d’avoir travaillé sur un scénario un peu plus complexe que d’habitude, on en a négligé les personnages qui s’ils sont amusants, sont très « clichés ». C’est particulièrement vrai pour les personnages féminins – Helga la vénéneuse femme fatale, Placard la vieille peau aigrie, Audrey le garçon manqué, et Kida la belle princesse valeureuse. Après, hein, c’est comme tout, quand on veut absolument voir le mal quelque part, on le trouve!

Cela ne devrait pas empêcher de regarder le film et de l’apprécier, comme c’est mon cas, mais j’imagine que cela donne du grain à moudre à plus d’un anti-Américain ou d’un anti-Disney…

  • Conclusion: Une réussite graphique pour une histoire inégale

A la base, j’avais pris une bonne claque en allant le voir au cinéma, car les studios Disney ne m’avaient pas habituée à ça. Si je goûtais certains contes comme La Belle au Bois Dormant et Aladin pour leur beauté graphique, La Belle et la Bête pour son romantisme (oui, c’est affreux, je suis romantique) ou Mulan pour son humour, les productions Disney ont fini par me lasser car leurs bons sentiments dégoulinants et les clichés véhiculés m’agaçaient. C’était déjà vrai à l’adolescence. On pourrait me reprocher d’avoir perdu mon âme d’enfant, mais quand je vois à quel point les princesses sont idolâtrées, ou des personnages complètement idiots qui servent de faire-valoir comme Olaf dans La Reine des Neiges, je me demande quel « merveilleux » j’ai envie de montrer à mes enfants…

Atlantide: l’Empire perdu m’avait fait un bien fou quand je le comparais aux autres production du même studio. On y voyait ce que j’aimais – de la technologie, de l’action, de l’aventure, un univers graphique complètement différent et captivant avec ses décors somptueux et ses personnages typés. La scène de la caverne au cristal, où la belle Kida possédée marche et lévite au-dessus de l’eau, servie par une bande originale magnifique, m’avait coupé le souffle. Bref, j’avais adoré. J’en apprécie toujours autant la beauté formelle, mais je pense que la production n’a pas bien maitrisé la création de ses personnages, à force d’un scénario complexe dont elle n’avait pas l’habitude, et que les bonnes idées n’ont pas été explorées à fond.

Cela dit, et malgré ses faiblesses, il a le mérite d’être une création originale et non-pas l’adaptation d’un conte ou d’une légende et d’avoir un scénario et un graphisme un peu moins prévisibles que la moyenne. Il y a eu un réel effort d’imagination, et ce malgré le schéma du récit d’aventures classique.

Mais je pense que concernant les dessins animés, hormis pour les amateurs de manga, le public n’aime pas trop les incursions dans l’univers de la science-fiction – on y est quand même un peu avec le contexte technologique du film, ou du moins dans le rétro-futurisme. En témoignent les échecs commerciaux non seulement d’Atlantide, mais aussi de La Planète au Trésor et de Titan A.E. (celui-là produit par la Fox). Finalement, si un tel dessin animé est oublié, c’est aussi du fait des goût du public, et malheureusement, de certaines habitudes qui ont été prises, et qui ont fermé l’esprit des spectateurs à autre chose qu’un univers de princesses en jolies robes et de chansons.

Ainsi donc, il serait grand temps de ressortir notre DVD du placard et de le faire redécouvrir aux petits cousins, neveux, frères et soeurs, enfants en vacances! Car même si on y trouve certains clichés, ce dessin animé reste à prendre pour ce qu’il est… un récit d’aventure pour un public en quête d’évasion, un divertissement tout de bleu et d’eau, avec une musique à couper le souffle, qui fait la part belle à l’action et à l’exotisme. Un petit film à regarder l’été, quoi!

J’espère en tout cas vous avoir donné envie de le (re)découvrir.

Blanche Mt.-Cl.

Une petite lecture avant de dormir – « Le Sang des Wolf » – Chapitre I (Extrait)

Très chers lecteurs de ce blog,

Je vous offre cette nuit cet extrait de mes écrits, à savoir mon roman d’inspiration fantastique et thriller (j’aime bien les mélanges de genres) Le Sang des Wolf, qui commence sur une note de légèreté avec l’apparition de notre jeune héroïne… Zoé. Il s’agit de la suite du prélude déjà publiée sur ce blog… Je suis toujours à la recherche de nouveaux lecteurs, sachant que le roman est déjà complet sur le site dédié, afin que ceux-ci puissent le faire vivre en me faisant part de leurs impressions… Car un lecteur enthousiaste, c’est une chance en plus de plaire à un éditeur potentiel! 🙂

Voici une mise en bouche pour les petits curieux que vous êtes…

CHAPITRE I

Les stores de la chambre filtraient la lumière automnale, dessinant des raies mordorées sur le bras de la jeune fille qui s’étirait. Une main diaphane, aux doigts fuselés et aux ongles vernis de noir se posa gracieusement sur le radioréveil aluminium, pour le tourner vers une épaisse crinière sombre cachant le visage à moitié enfoncé dans l’oreiller. Entre deux mèches de cheveux, un œil charbonneux et aussi lumineux qu’un trou noir s’ouvrit pour regarder l’heure.

« Putain ! jura la jeune fille avant de se redresser sur ses coudes. Jan… Jan ! »

Elle se retourna sur le lit, rejetant la couette sur le côté et secouant sans grâce aucune son compagnon qui dormait à côté d’elle. Encore en jean et chemise, le jeune homme grommela en repoussant doucement les serres de sa petite poupée toute de sombre vêtue, enfoncées dans son épaule.

« Qu’est-ce qu’il y a, Zoé ?

− Jan, il est neuf heures et demie ! On est en retard ! J’ai mon service qui commence dans une demi-heure, alors que le tien a déjà commencé depuis un bail ! On s’est loupés ! »

SWCH1003Le portable de Jan vibra soudain sur la table de nuit. Bondissant, il s’en empara et décrocha prestement, tout en passant la main dans ses épis châtain.

« Allô Markus ? Oui, oui… Oui… Je sais… Je suis en retard… Tu as raison, oui… »

En contournant le lit, Zoé trébucha sur le boîtier de DVD abandonné parterre la veille au soir et s’étala sur le tapis. Jan se mordit la lèvre inférieure pour ne pas rire au téléphone.

« Je suis sur le trajet ! J’arrive ! » enjoliva-t-il avec un sourire.

Zoé se releva aussi silencieusement qu’elle était tombée, et d’un coup de pied, écarta l’objet importun de son chemin. La jeune fille courut vers le cabinet de toilette, à l’autre bout de la chambre. Allumant l’applique – pourtant flatteuse – elle eut le déplaisir de constater que son reflet était bien pire que ce à quoi elle s’attendait. Ses boucles noires coiffées à la dynamite, son teint extrêmement pâle, et ses yeux cernés de noir qu’elle avait oubliés de démaquiller, lui donnaient l’air de sortir d’un épisode des Contes de la Crypte.

« Mon Dieu ! Je peux pas y aller comme ça !

− Peut-être mais là, on a pas le temps ! la pressa Jan en faisant irruption derrière elle. Markus va encore m’en chier une ! Il est d’une humeur de chien ! »

Zoé se jeta à l’assaut de sa trousse de toilette ornée de têtes de mort, à la recherche de sa pince à cheveux et de sa brosse à dents. Elle remonta ses mèches désordonnées en haut de son crâne et attaqua furieusement son lavage de dents, alors que Jan se rinçait déjà la bouche. Elle détestait cela. Elle détestait se lever en retard et faire le travail à moitié avant de partir – à savoir son délassement sous la douche et son ravalement de façade matinal. Heureusement, Jan ne se souciait pas trop de ce genre de détail : il l’eût trouvée charmante avec un rat crevé sur la tête. Il disparut dans sa chambre – Zoé reconnut le bruit de la penderie qu’il ouvrait tandis que, recrachant son dentifrice, elle jetait un coup d’œil anxieux dans le miroir. Quelle horreur. Elle n’avait pas le temps de se démaquiller, elle se contenta d’effacer les surplus de mascara sous ses yeux avec un kleenex humide. Tant pis. Elle avait déjà travaillé avec une mine plus horrible, et les visiteurs du musée ne faisaient jamais guère attention aux guichetières ou au personnel de salle… Elle sortit enfin du cabinet de toilette et fourra ses affaires dans son sac jeté dans un coin de la pièce. Elle se précipita sur ses bijoux posés sur la commode, en dessous le velux. Elle dut démêler un tas cliquetant de quincaillerie, sous le regard amusé de Jan qui boutonnait sa chemise. Ce salopard avait une apparence des plus avantageuses – grand et svelte sans être un gringalet, le teint clair, des cheveux châtain légèrement ondulés auréolant un visage plutôt fin au nez court et droit, de grands yeux verts et surtout, l’esquisse d’un sourire rêveur qui ne le quittait que rarement. Quand bien même Zoé n’était elle-même pas des plus souriantes et tendait à se méfier des gens trop béats, elle avait découvert quelqu’un d’avenant et heureux de vivre avec qui elle se sentait toujours à l’aise. Leurs deux caractères bien trempés s’accordaient parfaitement. Ils étaient rapidement devenus inséparables.

« Dépêche-toi mignonne, tu peux encore éviter de dépasser le ‘quart d’heure diplomatique’ ! » la taquina-t-il en enfilant sa veste de costume.

C’était une expression qu’elle et ses amis français employaient pour désigner les retards d’un quart d’heure typiques de leurs profs de fac. Elle ne put retenir un sourire, occupée à remettre son collant sous la jupe qu’elle avait gardée pendant la nuit. Le Viennois au joli minois avait bien retenu sa leçon. Zoé enfila son chemisier par-dessus son débardeur, et sauta dans ses ballerines, fin prête à partir.

« On peut y aller je crois… déclara-t-elle en se saisissant de son sac, toute fière de voir Jan agenouillé batailler avec les lacets de ses chaussures.

− Descends avant, je te rejoins en bas dès que j’ai fini. »

Elle bondit jusqu’à la porte, tapotant au passage l’épaule du jeune homme, et ouvrit. A peine sortie dans le couloir, elle eut tout juste le temps d’apercevoir à hauteur de son visage un torse masculin auquel elle se heurta de plein fouet. Le choc la fit vaciller mais une poigne solide la rattrapa par le poignet avant qu’elle ne s’écroulât. Elle ne put réprimer un mouvement de recul lorsqu’elle leva la tête et reconnut le propriétaire de la formidable musculature qu’elle avait le loisir d’observer en détail. Lukas, l’insupportable cousin de Jan. Aussi gênée par ce contact physique un peu trop rapproché qu’irritée par la présence de cet incorrigible abruti, elle tenta néanmoins d’être aimable.

« Euh salut Lukas… »

La belle gueule aux cheveux blonds et soyeux haussa les sourcils et lâcha Zoé. Le bougre devait regretter de ne pas l’avoir laissée tomber de tout son long sur le parquet du couloir. Il se tenait là, toujours en pantalon de pyjama et ses muscles d’athlète fièrement exhibés dans la lumière matinale, le script de sa dernière pièce sous le bras et une moue arrogante aux lèvres.

« Salut Zoé… Bien dormi à ce que je vois…

− Très drôle… Et pardon ça t’arracherait la… »

Faisant irruption derrière elle, Jan attrapa Zoé par le bras et l’entraîna vers les escaliers, l’empêchant de formuler sa diatribe en entier. Lukas les gratifia d’un léger sourire en coin avant de leur tourner le dos pour continuer tranquillement son chemin.

« C’est pas bien de regarder La Quatrième Dimension en semaine, les geeks… » sermonna sa voix grave derrière leur dos.

Zoé voulut se retourner et répliquer à l’ironie, mais Jan ne lui en laissa pas l’opportunité.

« A ce soir Lukas !… – Puis il souffla à l’oreille de sa compagne : On est déjà en retard, tu ne vas pas perdre plus de temps à chipoter avec lui…

− Comment diable fais-tu pour le supporter ? demanda-t-elle un fois qu’ils eurent atteint le rez-de-chaussée.

− Zoé, je suis complètement blasé par tes remarques à son encontre…

− Il se moque de moi, et même de toi, dès qu’il le peut ! Il nous a traité de geeks…

− Zoé, autant nous rendre à l’évidence… Nous en sommes !

− Oui, mais dans sa bouche, ça sonne comme une insulte ! »

Zoé regarda une dernière fois le hall imposant au carrelage en damier noir et blanc, et les escaliers de pierre menant aux étages supérieurs. Jan vivait dans cette magnifique demeure, propriété de son oncle Markus, partageant le dernier étage avec le fils de celui-ci – ce connard arrogant imbu de sa petite personne de plus d’un mètre quatre-vingts et pleine de muscles à faire fondre toutes les pétasses décolorées de Vienne… Jan s’éclaircit la gorge, tirant la jeune fille de ses pensées. Elle se tourna vers lui. Il lui tendait son manteau qu’elle jeta sur ses épaules, sourcils froncés.

« Eh bien, tu es encore sous le charme de ses tablettes de chocolat ? demanda Jan, espiègle.

− Fais pas le con, Jan… soupira-t-elle avant d’ajouter : Je me demandais juste… N’y vois aucun intérêt de ma part… Je ne me souvenais pas, sur ses photos de mode, qu’il ait eu ces cicatrices…

− Le miracle de Photoshop, ma grande !

− Je me disais aussi qu’il devait bien y avoir un vice caché quelque part !

− Tu es vraiment mauvaise ! rit Jan. Aller, viens ! »

Galant, le jeune homme lui ouvrit la porte d’entrée. Zoé lui sourit. Ils descendirent les marches du perron. Un vent frais les cueillit dans la rue. Frissonnante, Zoé serra les pans de son manteau autour d’elle. Jan la prit par l’épaule et déposa un baiser sur sa joue.

« Cours, vole jusqu’à ton poste, ma belle ! On se voit demain soir, mais je t’enverrai un message pour te raconter l’engueulade avec tonton Markus !

− J’espère bien ! »

Ils partirent chacun de leur côté. En courant, comme de juste. Zoé prit tout de même le temps de consulter sa montre et accéléra un peu plus le pas. C’était peut-être bien foutu pour le quart d’heure diplomatique, mais autant limiter les dégâts.

*

Couchée sur le ventre au pied d’un arbre, les bras écartés et les mains délicatement posées sur le sol, sa joue gauche reposait mollement sur un tapis de feuilles mortes. La lumière automnale et les arbres parés de leurs feuilles couleur rouille de Märzpark auraient presque donné une dimension idyllique à la scène, si une fine couche de sang gélifiée et légèrement brillante ne recouvrait pas le corps maigre et complètement nu de la jeune femme, collant ses cheveux sombres les uns aux autres en une masse compacte. La photographie suivante se concentrait sur ses avant-bras, marqués par de profondes blessures. Les reins, les fesses, les cuisses, et même les mollets, portaient les mêmes stigmates : couronnes sanglantes de morsures et lacérations parfaitement parallèles de griffures. A première vue, elle semblait avoir été attaquée par un animal.

SWCH1001Encore une fois, l’inspecteur Georg Terwull parcourait son dossier, à la recherche d’un indice à côté duquel il aurait pu passer. Il étala sur son bureau les photos des autres victimes, toutes dans le même état, masse rouge et molle tenant plus du rebus de boucherie que du modèle de tableau classique. Disposée de la même façon que la petite nymphe de Märzpark, la première victime, retrouvée près du tourniquet de Lorenz Bayer Park était beaucoup plus… charnue. Ses seins certainement très développés débordaient sur les côtés de son corps croulant déjà sous les bourrelets. Une proie sans doute plus appétissante pour la sale bestiole qui l’avait assaillie. Cette Kaja était une prostituée de Thaliastrasse, venue d’Ukraine, formellement identifiée par une collègue. Le second macchabé, un homme barbu, chevelu et maigrichon, semblait s’être un peu plus défendu malgré sa frêle constitution, car les dents et les griffes avaient également attaqué ses épaules. Un jeune drogué du nom de Toni, dont les parents avaient signalé la disparition un mois auparavant, et qui avait traîné du côté de Westbanhof avant d’atterrir dans les fourrées de Reithoffer Park. Quant à la troisième victime, une jeune femme blonde non-encore identifiée, un automobiliste l’avait repérée, couchée comme les deux précédentes, abandonnée dans Linzer Strasse, non-loin de la voie ferrée. Ça ne se bousculerait pas aux portillons pour les identifications, ni pour les résultats du service médico-légal. La patronne de Georg, la commissaire Ulrike Huber, bénéficiant de bonnes relations au sein de la Landespolizeidirektion, voire à l’Intérieur selon certaines rumeurs, avait pu éviter que l’affaire ne devînt par trop médiatique. Et autant être honnête : personne n’en avait rien à foutre des putes et des junkies.

Trois semaines plus tôt, Terwull s’était demandé pourquoi on l’avait envoyé à Lorenz Bayer Park pour une attaque de chien errant… ou bien de loup, puisque quelques rares spécimens avaient été signalés dans le Wienerwald et même dans certains quartiers glauques de Vienne. Bien sûr, les bestioles en question n’avaient jamais été retrouvées, mais étant donné que le loup faisait son retour sur le territoire autrichien, pourquoi pas. Cependant, Georg s’était ravisé en voyant Kaja : aucun chien ou loup, aussi intelligent fût-il, n’avait pu déshabiller une victime en entier et rester sur les lieux de son forfait pour la mettre en position, avant de partir sans laisser de trace. L’humain, le prédateur le plus dangereux entre tous, était impliqué là-dedans. De même, pour avoir discuté avec son pote Paul Klenz, médecin légiste, au sujet des deux premiers corps, les blessures causées par des mâchoires puissantes et des griffes acérées, ne pouvaient avoir causé des saignements aussi important et laissé cette pellicule répugnante de sang gélatineux sur les corps. Klenz était perplexe à ce sujet : il avait expliqué à Georg que non-seulement les victimes avaient été mordues et griffées par de très gros chiens ou des loups – ce qui paraissait le plus probable à l’expert qu’il était, quand bien même cette hypothèse semblât extraordinaire, mais aussi que les corps avaient été soigneusement nettoyés au chlore avant qu’ils ne… Quel mot Klenz avait-il employé ?… Ah oui. Avant qu’ils ne « dégorgent » de leur sang. Il n’avait pu expliquer ces hémorragies, le bilan toxicologique n’avait rien donné – excepté pour Toni qui était accro à l’héroïne. Bref, ces meurtres restaient une énigme.

Georg recula sur son siège de bureau et manqua heurter le mur derrière lui.

« Sperling ! aboya-t-il en direction de la jeune femme assise au bureau en face du sien. Vous pouvez me porter un café, s’il vous plait ? »

Elle cessa de remplir sa paperasse et lui sourit.

« Bien sûr, inspecteur ! »

Elle recula son siège et se leva. Avant de sortir, elle s’adressa à toute la cantonade.

« Ferenczi ? Gruber ? Weber ? Horvat ? Un café ou un thé, ça vous tente ? »

Ils levèrent tous les yeux vers elle et répondirent par monosyllabes, avant qu’elle ne sortît pour aller chercher leur commande, pimpante. En tant que nouvelle recrue, la moindre tâche ingrate l’enthousiasmait et elle délestait de bonne grâce ses collègues et supérieurs des formalités emmerdantes. Par conséquent, tous les velus enfermés dans ce bureau surchauffé l’aimaient – Terwull compris, malgré sa rudesse – et se montraient galants envers elle dès que l’occasion s’en présentait. L’inspecteur souffla bruyamment en rangeant une à une les photos dans leur chemise. Le seul avantage de cette histoire : l’assassin, ou les assassins ne semblaient pas s’en prendre aux gens « normaux », et Terwull n’avait aucun souci à se faire pour sa fille Tristana qui, depuis quelques temps, sortait beaucoup et rentrait tard… Après tout elle devait s’ennuyer, seule avec un vieux père jamais là…

Un nouveau coup d’œil sur le rapport de Klenz – peut-être verrait-il quelque chose. Peut-être Paul était-il passé à côté d’un détail infime… Tandis qu’il parcourait les lignes écrites par son très estimé collaborateur, Georg alluma son ordinateur qui commença à ronronner. Il saisit un petit tas de paperasses pour s’en servir d’éventail – on étouffait là-dedans. Comme si le soleil tapant à travers les fenêtres ne suffisait pas, il fallait en plus que le chauffage soit activé. De l’autre côté de la pièce, assis à la meilleure place près de la fenêtre, Horvat lui lança :

« Tu devrais te pencher sur une autre affaire, Georg !… Ca te changerait les idées, ça sert à rien de s’abrutir de la sorte… Oublie pas l’agression sur l’étudiante, on a une bande de merdeux à coincer. Et ceux-ci sont pas des fantômes…

− Je sais, je sais… Putain, ça me gonfle ! laissa échapper Terwull en s’étirant. Le cul sur une chaise et rien de concret à me mettre sous la dent ! Je me perds en élucubrations pendant qu’un tordu se balade dans la nature avec des animaux dangereux !

− T’as beau être mon supérieur hiérarchique, renchérit Weber avec sa gouaille habituelle, désolé de te dire que ça nous gonfle tous. On est tous désolé pour la pute et pour le gamin, et pour les deux autres filles, mais comme l’a dit Ulrike, on a d’autres priorités tant que l’affaire n’affole personne. C’est triste mais c’est comme ça… »

Georg parcourut les fichiers du vieux PC et dénicha son dernier rapport sur le tueur en série qu’il surnommait l’Entleerer – le « dégorgeur », à défaut d’autre chose. Il ne pouvait s’en empêcher. Jusque là, son flair l’avait aidé à élucider pas mal d’affaires un peu scabreuses, mais là, les idées brillantes peinaient à venir. Une Ukrainienne, un drogué… quelque part, l’inspecteur n’eût pas été étonné d’apprendre que les deux autres victimes venaient de l’Est ou des Balkans. De pauvres filles, arrivées clandestinement, sans lien et dont personne à Vienne ne pouvait signaler la disparition. Un vrai cliché… Mais on ne pouvait totalement exclure les crimes de haine. Pourquoi l’attaque par de gros chiens ou des loups ? Mystère. Le chlore ? Nettoyage avant abandon des corps. Et pourquoi ces hémorragies étranges ? Quel était le malade derrière tout ça ? Un type qui élevait des chiens loups ou assez fort pour domestiquer des loups ? Image fort romantique d’un tueur solitaire diablement intelligent et sacrément débrouillard au vu des problèmes logistiques induits par ses petites mises en scène… Et par cet étrange procédé qui faisait dégorger le sang des victimes…

« Il y a presque une fascination morbide chez toi pour ces meurtres… se risqua Gruber qui, d’un air pensif, visait la corbeille, préparant l’un de ses formidables lancers de papier froissé. L’intérêt avec lequel tu reluques ces photos…

− T’aimes décidément voir des malades partout, toi ! ricana Horvat.

− Il a pas tout à fait tort, admit Terwull. Je ne saurais pas vous dire pourquoi, mais il y a quelque chose qui me trouble dans la… la technique du meurtrier. Je me demande comment il fait. Vous avez vu l’état des corps ?

− C’est à gerber, si je peux me permettre, chef… » répondit une voix flûtée à l’entrée du bureau.

Sperling revenait avec six gobelets fumant sur un plateau.

« Va falloir t’y habituer, ma petite ! lui lança Terwull. Parce que je peux te dire qu’on en a vus des trucs dégueulasses.

− Je sais bien… répliqua-t-elle sans se départir de son allant, et distribuant aussi gracieusement que prestement les cafés. Je n’ai pas oublié vos deux sucres… Ce que je veux dire, c’est que ça ressemble à un mauvais film gore, et qu’ils ont tous l’air recouverts de ketchup, et pour moi cette merde est encore plus dégueu qu’un steak saignant. »

Les gars éclatèrent tous de rire. Terwull de même. Gruber fit mouche avec sa boule de papier.

« Votre thé vert, Horvat…

− Depuis quand tu t’es mis à ces trucs de fiottes ?… plaisanta Ferenczi.

− Depuis que Madame Horvat ne supporte plus que je me lève la nuit à cause de mes aigreurs d’estomac. Je suis le seul de cette pièce pas encore divorcé, autant que ça dure… »

Georg tâta son annulaire, comme à chaque fois que les collègues évoquaient leur vie de couple ou leurs déboires sentimentaux… Il devait se concentrer. Il allait encore une fois écumer la base de données des personnes disparues pour trouver une correspondance avec les deux dernières victimes – ce qui serait plus facile une fois qu’il saurait à quoi elles ressemblaient sans leur masque sanglant. Paul avait récemment été sollicité par l’université, ce qui avait considérablement retardé son travail pour la criminelle. Il avait également eu quelques soucis avec ses collègues de la scientifique, qui le faisaient lanterner depuis qu’il leur avait demandé en termes trop fleuris de se manier sur une affaire précédente… L’inspecteur Terwull espérait néanmoins un élément aussi infime soit-il, sur cette affaire qui le troublait. Son instinct n’avait jamais failli, il l’avait aussi bien servi que toutes les techniques à la pointe sur lesquelles la s’appuyait la police. Et il sentait jusque dans ses tripes qu’il y aurait du nouveau d’ici peu…

La suite ici

Blanche Mt.-Cl.

Protection cléoProtégé par Cléo

Pari risqué avec le Diable – « Faust » de Goethe

« Dans un tel esprit tu peux te hasarder : engage-toi ; tu verras ces jours-ci tout ce que mon art peut procurer de plaisir ; je te donnerai ce qu’aucun homme n’a pu même encore entrevoir. »
Mephistopheles, in: Goethe, Faust

 Très chers lecteurs,

J’ai l’honneur de vous présenter un très grand classique de la littérature et du théâtre… Faust de Goethe. De par son sujet qui touche aux forces occultes et au surnaturel, j’ai songé que le grand classique de Johann Wolfgang von Goethe était un choix pertinent pour la chronique lecture de ce blog. Le grand auteur allemand n’est pas l’inventeur du mythe de Faust, puisqu’il était présent dans la culture populaire germanique… En effet, la « légende » s’inspire d’un personnage réel, le docteur Johan Georg Faust, un alchimiste, magicien et astrologue allemand ayant vécu au XVIe siècle. Il serait mort dans une explosion, alors qu’il menait une expérience alchimique dans une auberge. D’après les rumeurs, ce monsieur aurait pactisé avec des forces démoniaques…

Sa légende a été popularisée en Europe par le dramaturge anglais Christopher Marlowe à la fin du XVIe siècle,dans La Tragique Histoire du docteur Faust. Cette oeuvre sera bientôt détrônée, dans la première moitié du XIXe siècle, par celle de Goethe, un Faust écrit en deux temps, dont le livre que je vais vous présenter ne constitue que la première partie, nettement distincte de la seconde et qui à elle seule est un chef d’oeuvre. J’ai eu la chance de la découvrir en fac d’allemand et de la lire dans le texte, mais je vous indiquerai en fin d’article une très bonne édition en français.

  • L’histoire
Couverture d’une édition de poche spéciale (un joli petit livre relié en cuir rouge), en langue allemande

Dans une ville universitaire allemande du XVIe siècle, Heinrich Faust est un érudit admiré de tous, loué pour son savoir (théologie, droit, médecine, philosophie) et sa sagesse. Mais le grand savant s’ennuie. Il a tant étudié, mais a l’impression de ne rien savoir, et d’être passé à côté de la « vraie vie » pour rien… Dans son sombre cabinet, il s’adonne, mélancolique, à l’alchimie et invoque des esprits bienfaisants, sans que cela lui apporte des réponses satisfaisantes…

Survient alors Mephistopheles, envoyé du Diable ou diable lui-même, qui lui fait une offre alléchante: à savoir d’obtenir tout ce qu’il désire, accomplir des prouesses, et ce grâce au pouvoir de son esprit maléfique. Là où les résumés se trompent, c’est qu’il décrivent cet épisode comme un pacte avec le Diable, alors qu’il s’agit en fait d’un pari entre Mephistopheles et Faust, où le démon doit convaincre le savant de conclure ce fameux pacte avec lui. Tout au long de l’histoire, « Mephisto » de son petit surnom entraîne son improbable compagnon dans des aventures rocambolesques tour à tour drôles – l’envol sur un tonneau depuis une auberge, rencontre avec la sorcière – ou sombre – le sabbat des sorcières pour la nuit de Sainte Walburge, au cours duquel Faust a une vision terrifiante – pour le convaincre de son pouvoir et des possibilités qui s’offrent à lui. C’est ainsi que l’esprit démoniaque rend à Faust sa jeunesse. Le savant croise alors la route de la très belle et innocente Margarete… entrainant la jeune fille dans une profonde déchéance.

Voici l’une des très, très rares lectures imposées que j’aie vraiment aimée durant mes années d’études, et l’une des rares pièces de théâtre que j’aie aimé lire. D’autant plus qu’en allemand, les mots d’esprit et la poésie de Goethe sont un réel délice. J’ai beaucoup aimé cette ambiance sombre et surnaturelle, vaguement gothique. Je m’imaginais dans une de ces villes germaniques aux rues sombres et tortueuses bordées de maisons à colombages, dans cette atmosphère propice aux légendes et aux contes qui ont bercé notre enfance. Avec en prime un Faust barbu dans une longue tunique d’érudit, et un diable, ma foi…

  • Un diable tentateur et séducteur
Mephisto001
Mephistopheles, séducteur, tel que j’aime à le représenter

Que dire si ce n’est que j’ai eu l’un de mes coups de foudre littéraire avec Mephistopheles? Car s’il est un personnage qui met de l’ambiance dans la morne existence d’Heinrich Faust, c’est bien LUI.

Ce qui est amusant, c’est de voir que Faust lui-même est l’objet d’un pari entre Dieu et le diable. En effet, le prologue, sorte de pendant au Livre de Job dans la Bible met en scène Dieu et les anges au Paradis. Dieu loue la sagesse et la bonté d’Heinrich Faust, l’un de ses plus honorables serviteurs. Survient alors notre ami Mephistopheles qui tel « le Satan » de l’Ancien Testament, déclare que si Faust honore tant le Seigneur, c’est parce qu’il n’a jamais été tenté, et fait le pari de le séduire. Le Seigneur le laisse repartir, lui disant qu’un homme égaré, lorsqu’il est vraiment bon, reste conscient de s’être engagé sur le mauvais chemin. Mais Mephisto va tout mettre en oeuvre pour égarer Faust.

Ce personnage est une création littéraire PASSIONNANTE, beaucoup moins simpliste et plus complexe que les nombreuses représentations du Diable et des démons en cours dans la culture populaire. On les dépeint laids et grotesques, plus ridicules que terrifiants face à la grandeur de Dieu et de ses anges. Là, c’est tout le contraire. Mephistopheles est tout sauf ridicule. Il peut changer d’apparence comme il le désire, jusqu’à celle d’un homme bien de sa personne pour occuper Martha, la nourrice de Margarete quand celle-ci a une entrevue avec Faust. Il est fin, a le sens de l’humour et de la formule, joue des tours à tout le monde, pour le plus grand amusement des lecteurs… qui se laisseraient bien tenter par un tel démon.

C’est là toute l’habileté de Goethe. Il rend crédible cette séduction du Diable, en en faisant un être totalement irrésistible, que TOUS veulent suivre. Il exerce, hormis sur la très innocente Maragarete qui éprouve à sa vue une répulsion qu’elle ne s’explique pas, un attrait puissant. Et lui, ce démon, est très attiré par la beauté et l’innocence de Margarete, n’hésitant pas à provoquer Faust à ce sujet – j’ai souvenir d’une scène où il lui propose de prendre le relai avec la jeune dame si Faust ne va pas la voir en vitesse. En ce sens, j’irai jusqu’à dire, même si je m’avance, qu’il joue un rôle positif, puisqu’il encourage Faust à vivre une vie d’homme et à ne pas rester cloîtré dans sa salle d’étude, et lui fait prendre conscience de la profondeur de ses sentiments envers Margarete.

Goethe nous livre donc, avec ce diable somme toute plaisant qui pousse un homme à se dépasser et à prendre ce qu’il veut dans la vie, une vision intéressante de ce processus de séduction par le Diable. Mais nous aurions tort de ne voir en Faust qu’un pauvre homme frustré, et une victime passive du Malin…

  • Conclusion: le choix du « Mal »
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Couverture – Source: Amazon.fr

Car s’il est une chose sur laquelle l’histoire met l’accent, c’est le libre-arbitre. Dès le début, le Seigneur prévient Mephistopheles que l’homme bon est conscient de s’engager sur la mauvaise voie. Et pourtant, Faust a le choix, dès le début. Ceci est symbolisé dans les premières rencontres entre les deux protagonistes. Quand Mephistopheles frappe à la porte de Faust, et lui explique qu’il doit lui dire trois fois d’entrer avant de s’exécuter – c’est donc l’homme qui invite le démon chez lui. Tout comme il a le pouvoir de le retenir: en effet, Faut a inscrit sur son seuil un pentacle pour se protéger du Mal, que Mephistopheles a pu franchir à cause d’un angle mal refermé vers l’extérieur. Mais le démon ne peut le franchir pour ressortir, puisque les angles sont parfaitement dessinés et fermés à l’intérieur de la maison. Faust aurait pu le retenir prisonnier chez lui pour l’empêcher de nuire, il le dit lui-même. Mais il efface finalement le symbole pour laisser partir l’envoyé du Diable. Il va le suivre dans ses pérégrinations, tout d’abord de mauvaise grâce, jusqu’à sa rencontre avec Margarete: c’est, à mon sens, le moment où tout bascule pour l’érudit qui vient de retrouver sa jeunesse. Faust déclare à Mephisto qu’il VEUT cette jeune fille et ORDONNE au démon de tout faire pour qu’il puisse l’avoir. Il trouve finalement une façon d’utiliser « l’art » de Mephisto pour son propre intérêt, pour ses désirs.

Je parlais plus haut du rôle positif de Mephistopheles dans cette histoire… Je réitère en disant que l’intervention de ce démon met en lumière l’hypocrisie de l’homme lui-même, de Faust qui fait la fine bouche mais qui au fond, ne se préoccupera pas des conséquences de ses choix sur celle qu’il désire – jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour elle – quand il ordonnera à Mephistopheles d’user de tous ses artifices afin qu’il possède Maragarete. Il sera lâche envers elle jusqu’à ce que Mephistopheles le provoque. Je n’irai donc pas jusqu’à faire de Faust le héros de la tragédie, l’héroïne tragique étant Margarete elle-même, qui par amour va se compromettre mais qui, malgré sa situation terrible, se refusera jusqu’au bout à l’influence de Mephisto. Je pense d’ailleurs que le démon, qui admet n’avoir aucune prise sur elle, l’admire profondément pour cela… Mais ce n’est que ma lecture à moi, bien sûr! 🙂

J’espère donc, en ce dimanche, vous avoir donné l’envie de découvrir, ou de redécouvrir ce classique magnifique, plein de magie et de noirceur. Passez une bonne fin de weekend! 🙂

Titre: Faust
Auteur: Johann Wolfgang von Goethe
Editions: Folio
Collection: Folio Théâtre
224 p.
Parution: Octobre 1995
Prix: 4,60 €

Blanche Mt.-Cl.

Petite Annonce – Des livres, des films et de l’inspiration sur Z-86 Blanche Mt.-Cl. …

Très chers lecteurs,

Bien le bonjour! Je viens de me poser devant mon ordinateur, car une idée me trotte dans la tête depuis quelques jours. Je n’ai pas le temps de dessiner autant que je le voudrais en ce moment et je consacre beaucoup de temps à m’améliorer en graphisme, donc je pensais nourrir pendant quelques temps ce blog avec des critiques littéraires et cinématographiques. Je ne vais pas beaucoup au cinéma, mais j’ai vu, pour ainsi dire… des tonnes de films de science-fiction, de films fantastiques, de parodies, de films pour la jeunesse et même quelques uns d’horreurs. En fait, je ne suis pas friande de l’horreur qui m’amuse plus qu’elle me fait peur en général… Par exemple, j’ai récemment vu une adaptation de Simetierre de Stephen King, et j’ai plus ri qu’autre chose!

Cependant, je reviendrai également sur des lectures que j’ai faites – fantastique, science-fiction, dont des classiques à l’ancienne (je suis folle d’Edgar Poe et de Jules Verne), et également des contes. Il pourra s’agir d’un livre à la fois, d’une série ou d’une saga, d’une lecture comparée entre deux livres sur le même thème (par exemple, je compte faire une présentation parallèle des Contes de Crimes de Pierre Dubois et de la Compagnie des Loups d’Angela Carter), ou de comparer le livre à une adaptation ciné ou télé.

Je pensais insuffler une certaine régularité à ces rubriques, comme par exemple les livres le dimanche et les films le mercredi, ou à un autre moment dans la semaine quand livre et cinéma se rejoignent. Que pensez-vous de cela?

Je vous souhaite un excellent samedi à tous,

Blanche Mt.-Cl.