À la recherche de la grâce – Silence (Martin Scorcese, 2016)

Je suis stupéfait d’avoir reçu la grâce de faire ce film maintenant, à ce moment de ma vie.
Martin Scorcese

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous passez un bel hiver exceptionnellement doux plein de lecture, de films et de cocooning. Me voici de retour après un bilan assez copieux avec, pour la première fois depuis la création du blog, et également depuis l’annonce de sa diversification, une chronique dédiée à un film ni SFFF, ni geek, ni rien de tout ça, depuis ma volonté de diversifier les thèmes.

J’ai longtemps atermoyé avant de présenter tout ça, car je voulais être certaine de bien comprendre ce film et de lui rendre justice. Roulement de tambour (ou plutôt de taïko). J’y ai régulièrement fait allusion depuis l’an dernier, qu’il s’agisse de la lecture du roman dont il est adapté, et depuis mon visionnage de cette automne… il s’agit ni plus, ni moins que de Silence de Martin Scorcese. Comme vous le savez, il n’est à attendre aucune objectivité de ma part, je chronique en général ce que j’apprécie…Et pour le coup, c’est vraiment une œuvre, écrite et filmée, qui m’a beaucoup touchée. Je parlerai du film, mais je ferai également allusion au roman dont il est tiré, et à son auteur, Shûsaku Endô dont le parcours est très marqué par les thèmes abordés dans le film.

Voici une chronique un peu longue, puisque je fais souvent des allers et retours entre le roman et le film! J’espère ne pas vous barber. Je vous invite donc à me suivre dans ce voyage étrange et clandestin, au Japon du XVIIe siècle… Continuer la lecture de À la recherche de la grâce – Silence (Martin Scorcese, 2016)

Une voie particulière – Le Japon: Des samouraïs à Fukushima (coll.)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens ce week-end avec une brève chronique qui, je pense, en ravira plus d’un d’entre vous sur la blogosphère. Comme vous l’avez vu récemment avec mon post dédié à ma petite « phase japonaise » de cet été, c’est un lieu qui m’attire (surtout depuis qu’enfant, j’ai fait connaissance avec une étudiante japonaise que mes grand-parents ont accueilli chez eux), de par sa culture, sa cuisine… En fait c’est plus le côté histoire, kimono, sushi et architecture en bois que le manga, le kitsch et la robotique qui m’y attirent! 😉

Bref, j’ai décidé de vous présenter aujourd’hui un petit livre très intéressant dédiée au Japon, à son histoire et à ses particularités, tant en termes de culture, de société que de politique: Le Japon: des Samouraïs à Fukushima. À dire vrai, il n’est pas question de Fukushima dans le livre, mais comme il est à la base sorti à peu près en même temps que la catastrophe de 2011, je pense que le titre a dû en être changé par effet de mode. Je vous emmène donc à travers les pages d’un petit livre qui a beaucoup, beaucoup éveillé mon intérêt…

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Les Mondes de Blanche – Beau bilan pour janvier 2017

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Moment lecture et coquetterie…

Une fois n’est pas coutume, je bouscule un peu mes habitudes pour vous gratifier un JEUDI SOIR d’un petit bilan du mois dernier.

C’est que je suis en ce moment aux prises avec un gros devoir que je souhaite terminer au plus vite, mais aussi faire au mieux pour être diplômée avec une bonne moyenne et un book au poil parce que je voudrais trouver un job au plus vite… Ben oui, hein, si je pouvais quitter Papa et Maman (malgré tout l’amour que je leur porte 😉 ) le plus tôt possible, ça ne sera pas de refus! Donc le rythme de lecture et de visionnage est, comme souvent, un peu haché. Je reviens donc avec vous sur un bilan de janvier plutôt pas mal!

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Mystère et machines sur fond de Seconde Guerre mondiale – Les trois fantômes de Tesla, t. 1: Le mystère Chtokavien (Marazano, Gilhem)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

616n5mwcoxlSurprise, les p’tits loups! 🎉

Je n’ai pas pu me résoudre à attendre pour revenir aux chroniques livre avec une fort agréable lecture, à savoir une BD que l’on m’a offerte à Noël! Et puis après tout, nous sommes aussi sur un blog littéraire, que diable! Ce serait un comble que vous loupiez ma première lecture après Noël! J’ai donc le plaisir de vous présenter le premier tome des Trois Fantômes de Tesla, signé Marazano et Guilhem, Le mystère Chtokavien.

Je pense que mon frère a été inspiré par mon goût prononcé pour l’histoire et l’uchronie en m’offrant cette bande dessinée, qui m’a séduite au premier regard, notamment grâce à sa magnifique couverture, qui reprend une mise en page de livres « à l’ancienne », avec ses rehauts métalliques et la texture de la partie en aplat de couleurs. Bref, rien que l’extérieur de l’ouvrage donne envie. 🙂 Mais parlons maintenant de l’intérieur…

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Un classique de l’uchronie – Le Maître du Haut Château (Philip K. Dick)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

515Yrn4zciLJe reviens, une fois n’est pas coutume, avec une seconde chronique livre pour cette semaine. À croire que Les Mondes de Blanche vont finir par devenir un vrai blog littéraire! 😉 Car, ironie du sort, alors que j’avais finalement programmé la chronique sur La Nouvelle Conquête spatiale ce mercreci, il se trouve que ce même jour, j’ai terminé Le Maître du Haut Château dans le train. Premier grand chef d’œuvre de l’auteur américain Philip K. Dick, c’est aussi mon premier livre du larron. 🙂

À dire vrai, je connaissais le titre depuis longtemps, et il m’intriguait assez. De toutes les façons, dès que j’entends parler de château, moi… 😉 Bref, j’ignorais toujours de quoi il s’agissait quand mon frère m’a fait visionner il y a quelques mois le pilote de la série The Man In the Hight Castle – bien que (spoiler alert), j’ai eu l’imagination assez tordue pour deviner ce que voyait la fille sur la fameuse bande… 😉 Bref, comme le thème m’accrochait assez, j’ai décidé de jeter un œil au livre qui depuis l’automne dernier dormait dans ma PAL. Histoire de passer le temps  entre deux volumes du Cycle de Pendragon, je me suis alors plongée dans Le Maître du Haut Château., une uchronie qui nous emmène dans des Etats-Unis scindés en deux, entre les occupants allemands et japonais vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale….

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Délaissons la fiction un instant – On a tous une PAL, mais avez-vous une « PAL sérieuse »?

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Mes trois nouveaux livres… À croire que je me suis prise de passion pour les poulpes…

Avant de me remettre sérieusement au boulot avec ce devoir graphique que j’ai voulu « Steampunk » et qui m’a causé pas mal de souci (mais je pense avoir trouvé une solution!), je reviens avec un petit état de ma PAL, qui s’est enrichie de trois nouveaux pensionnaires, et avec une question pour vous: avez-vous, vous aussi, une « PAL sérieuse »?

Qu’entends-je par ce terme?… Eh bien, tout ce qui n’est pas de la fiction. Je ne dis pas, bien sûr, que lire de la fiction ne soit pas sérieux. C’est même devenu un passe-temps très sérieux, ainsi qu’une question de vie et de mort pour moi. En effet, après des années d’études universitaires que j’ai finies à l’âge canonique de 26 ans, après avoir englouti des tonnes de livres « sérieux » – beaucoup d’essais, d’articles et de Wissenschaftliche Jahrbücher de la maison Zeppelin pour l’histoire germanique, et de même en géopolitique en enlevant Zeppelin mais en ajoutant les revues d’intelligence économique et les sites d’actualité spatiale (je suis fatiguée rien qu’à l’écrire!) – j’ai eu longtemps une panne de lecture. En gros, je n’arrivais plus à me concentrer sur le moindre livre, ce que le job et l’emploi du temps de ministre que j’ai eus entretemps n’a pas arrangé (j’en étais à un stade où je dessinais dans le train…). Finalement, je suis peu à peu revenue à la fiction, même si je ne lis pas encore autant que je le voudrais… avant de recouvrer mon intérêt pour certaines choses.

Avant le week-end, je trouvais amusant de revenir sur ce qui m’amène, et sur ce qui vous amène vous aussi, à délaisser parfois la fiction. Qu’à cela ne tienne, je vous présente les nouveaux venus de ma PAL, et ma « PAL sérieuse »…

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L’esprit du Samouraï – Le Fantôme de la Tasse de Thé (Lafcadio Hearn)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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La très jolie couverture du livre…

Me voici de retour pour le livre du lundi, avec quelque chose d’un peu plus follichon que mon histoire de homard de jeudi! 🙂 Car croyez-moi, ce n’est pas un livre comme ceux que j’ai présentés jusqu’ici. Et c’est une sortie relativement récente! J’ai bon espoir qu’un peu de sang neuf et d’exotisme sur ce blog ne seront pas pour vous déplaire.

Comme vous le savez, je m’intéresse, sans être une experte, au Japon. Cet intérêt m’a amenée à lire le magazine Japan Lifestyle, et c’est entre ces pages fort édifiantes que j’ai appris l’existence du Fantôme de la Tasse de Thé.

Il s’agit en effet d’un ouvrage jeunesse basé sur Dans une tasse de thé, un récit inachevé de l’auteur Lafcadio Hearn, l’un des premiers étrangers à avoir pris la nationalité japonaise à la fin du XIXe siècle, et amoureux inconditionnel de son pays d’adoption. Trois auteurs en imaginent la suite, nous emmenant du Japon féodal au Japon contemporain. Ce projet n’a pas manqué d’éveiller ma curiosité, du moins pour l’exercice d’écriture, et c’est ce qui m’a poussée à faire l’acquisition de ce petit ouvrage. S’agissant donc d’un genre d’anthologie, ma chronique aura un plan un peu plus traditionnel que d’habitude. Je présenterai le récit originel, les suites… et je vous donnerai enfin mon avis.

Le moins que l’on puisse dire est que le titre en lui-même est déjà assez surprenant… Mais de quoi s’agit-il au juste?

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Réconcilier Histoire et Fantastique – Manga « Thermae Romae »

Bien chers lecteurs,

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Ma collection complète de Thermae Romae

Encore une fois, toutes mes excuses pour le peu de créations postées sur ce blog ces temps-ci. Heureusement qu’il reste ce que j’aime à considérer comme mes proto-chroniques… 🙂 Cette semaine, je reste dans le fantastique et l’exotisme. Comme je m’en vais d’ici quelques minutes rejoindre le Parc Expo de Rouen où le Japon est à l’honneur, j’ai choisi de vous présenter la bande dessinée, avec le manga historico-fantastique Thermae Romae, signé Mari Yamazaki. C’est le tout premier manga de ma vie, le tout premier que j’aie lu. J’ai dévoré ses six volumes il y a quelques semaines. Il se classe parmi les mangas seinen – donc en théorie, les mangas pour jeunes adultes de sexe masculin (c’est ce que j’ai pu pêcher comme renseignement, je ne suis pas du tout une spécialiste du manga, et je n’étais pas très attirée par ce type de lecture jusqu’à récemment…).

De quoi s’agit-il? Cette bande dessinée nous amène dans la Rome du IIe siècle après J.C. sous le règne d’Hadrien. On y fait la connaissance du jeune architecte Lucius Modestus, spécialiste des bains, qui se trouve dans une mauvaise passe. Boudé par la profession, il ne s’entend plus non-plus avec son épouse, et cherche de nouvelles idées. Or un jour, alors qu’il se délasse aux thermes avec son ami Marcus, sculpteur, il se plonge sous l’eau chaude avant d’émerger en un lieu inconnu, qu’il va appeler le pays des « visages-plats »… le Japon contemporain. Il y découvre la culture des bains, les habitudes – alimentaires, ludiques… – associées, ainsi que les technologies du monde moderne. A chacun de ses retours à Rome, il en rapporte des idées originales – visière de bain, échoppes de nourriture où l’on sert des plats inspirés de la gastronomie nipponne (d’un coup j’ai une envie de sushi). Ces innovations vont lui apporter la faveur de l’empereur Hadrien lui-même. Mais au cours de ses voyages et de ses rencontres avec les Japonais, il va faire la connaissance de la belle et délicate Satsuki, une jeune universitaire spécialiste de la Rome antique…

Inutile de vous le préciser: c’est un véritable O.V.N.I. une histoire des plus originales qui à mon humble avis, va ravir les fous de fantastique et d’histoire. On y assiste à un véritable choc des cultures, et cette pénétration de la culture japonaise dans les moeurs romaines prête souvent à sourire. On le retrouve dans le parti pris graphique des couvertures qui reproduisent des statues gréco-romaines occupés avec des artéfacts modernes – sèche-cheveux, visière de bain – ou typiquement japonais – comme un yukata. Outre différents sub-plots intéressants (jalousies, rivalités, maladie de l’empereur, divorce de Lucius, affaires de Marcus…), il s’agit d’une jolie romance entre un Romain de l’Ancien temps, pétri de principes moraux strictes qui re-découvre sa capacité à aimer, et une jeune femme qui trouve enfin un homme qu’elle considère comme son égal et qui fera tout pour le retrouver.

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Tranches des différents volumes de Thermae Romae

Les dessins sont fins et détaillés, les décors soignés. J’y ai été particulièrement sensible, car adolescente, j’apprenais le Latin au collège, et j’ai eu l’occasion de visiter Rome, Pompéi et Herculanum – dont les Thermes avec ses mosaïques noires sont remarquablement conservées – avec ma classe de Latin. et le héros Lucius Modestus, ma foi… Grand, gaulé comme un Michel Ange, fin de traits, blond… Il est plutôt canon. Du moins, tout à fait mon type! J’allais émettre une réserve quant à la cible initiale de ce manga – les jeunes hommes – puisqu’étant une femme, j’ai beaucoup apprécié, et pense que bien des jeunes filles et femmes apprécieraient – mais je me demande si culturellement, le personnage de Satsuki n’est pas un fantasme masculin typiquement japonais. En effet, on apprend que cette belle jeune femme, instruite, rompue aux arts traditionnels japonais, très douce, est très courtisée et… toujours vierge. Elle est parfaite car elle n’est pas immature comme une adolescente, mais à encore ce « cadeau » (!) à offrir à celui qu’elle aime. Bien sûr, on ne trouverait pas ce genre de personnages féminins dans des fictions occidentales, car chez nous la virginité tardive est plutôt vue avec suspicion… – vous noterez que le cliché de la vierge tardive rejoint un peu celui de la vieille fille ou de l’intello, souvent soit une niaise de service trop romantique, archaïque et soumise aux hommes, soit une chieuse hyper exigeante aux yeux de laquelle nul homme ne trouve grâce, ou encore une geek moche et binoclarde qui vit chez ses parents. La vieille pucelle, moquée aussi bien par les hommes que par les femmes, c’est tout sauf un fantasme! 🙂

Cela dit, je vous le conseille, car si l’histoire est plaisante et prenante, j’ai re-découvert l’un de mes amours de jeunesse, à savoir la Rome Antique, et ai découvert une infime partie de la fascinante culture nipponne. En bref, c’est peu commun, un véritable petit bijou!

Titre: Thermae Romae (6 vol.)
Auteur: Mari Yamazaki
Editions: Casterman
Parution: Mars 2012
Prix: 7,50 € le volume

N.B.: Les photographies montrées ici proviennent d’une édition différente de celle indiquée dans les références de l’ouvrage, où deux volumes sont assemblés dans un seul et même livre.

Blanche Mt.-Cl.