Un final lumineux – Le Graal (Stephen R. Lawhead)

« Le lendemain, je me suis mis au travail et j’ai commencé à tracer des plans pour le Temple du Graal. Depuis ce jour, je n’ai plus eu qu’une idée: honorer mon serment pour la gloire de Dieu et le bien de la Bretagne. C’est ce que j’ai fait… » – il se tut, levant brièvement les yeux, pour les détourner aussitôt – « … et pour cela, mon orgueil a été puni. »
Arthur laissa retomber la tête sur sa poitrine et porta une main à son front. « Laisse-moi », dit-il, la gloire de sa vision engloutie par l’abîme de sa résignation.

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je tiens tout d’abord à vous adresser encore une fois mes excuses pour le rythme haché et le retard accusé sur mes chroniques ces derniers temps. C’est dingue de me dire que l’an dernier, avec des horaires plus contraignants et des devoirs graphiques par-dessus la tête, je faisais mieux… Mais bref, nous y sommes, et je vais entamer ce mois sur une note positive…

C’est avec un immense plaisir, teinté d’une sincère émotion, que je reviens avec, pour la première fois depuis longtemps, une chronique livre digne de ce nom. Car voyez-vous, après avoir dormi plus de deux ans dans ma PAL et tenu une place importante dans ma vie de lectrice ces derniers mois, Le Cycle de Pendragon touche à sa fin avec son cinquième et ultime tome signé Stephen Lawhead, Le Graal, qui revient sur un autre épisode du mythe arthurien. Je n’ai pas pu attendre la semaine prochaine pour vous faire part de mes impressions tant il me tardait de vous parler de cet ouvrage!

Je vous ramène le temps d’un livre en une époque de légendes, pour l’une des plus belles épopées jamais contées….

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La guerre oubliée d’Arthur – Pendragon (Stephen R. Lawhead)

« Quand la frénésie du combat s’empare de lui, Llenlleawg perd tout contrôle, poursuivit-elle. Mais avec Arthur, je pense que c’est le contraire: il se trouve. »
Je la félicitai de sa perspicacité. « C’est là une remarque fort juste, noble dame. Arthur se révèle au combat. »
Elle se tut alors, mais dans son regard l’amour et l’admiration s’accrurent.

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Tout d’abord, je vous présente mes excuses pour les loupés au niveau des chroniques, mais il m’a bien fallu m’adapter à mon nouveau rythme et me reposer un peu de temps en temps. Ceci dit, mes nombreux trajets entre l’Eure et Paris m’ont permis de beaucoup lire dans le train et d’achever un ouvrage… AH! Un ouvrage que je brûle de vous présenter! 🙂

Remontons donc à l’an dernier, avec en juin, ma chronique dédiée au tome I du Cycle de Pendragon, Taliesin, puis en juin celle dédiée à son tome II, Merlin. C’est en octobre que je chroniquais le tome III qui m’avait transportée: Arthur. Je reviens donc quasiment neuf mois après, avec cette suite que je m’étais réservée pour un moment particulier: Pendragon. C’est confortablement installée dans le train très tôt le matin et en début de soirée que j’ai savouré cette épopée. Si le tome III narrait le destin et le règne d’Arthur à travers différents personnages de son entourage, le tome IV, raconté par Merlin en personne, revient sur une guerre oubliée du mythique roi Arthur…

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Le plus beau règne de tous les temps – Arthur (Stephen R. Lawhead)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Surprise, les p’tits loups! 🙂

Comme vous le voyez, malgré mon emploi du temps chargé et une baisse de moral quant à ma vie actuelle, mes difficultés à avancer dans ma formation et mes doutes d’écrivain, j’ai pris le temps de rédiger cette petite chronique. 🙂 Et oui, cela faisait un bout de temps depuis notre petite balade sur Mars, mais au moins ça m’a détendue! 😉 Reste à voir si je vais être aussi efficace dans la création de 3 propositions de projet pour un site corporate (mon devoir actuel!).

Je reviens enfin avec une chronique que j’avais hâte de vous livrer… Comme vous le savez, je suis une grande amatrice de la légende arthurienne et de ses adaptations, même les plus discutables, d’Excalibur à Merlin (sauf Kaamelot et Les Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley…), c’est une des rares histoires à me faire apprécier la fantasy. C’est donc tout naturellement que j’ai souhaité lire le Cycle de Pendragon dont j’avais entendu le plus grand bien, histoire de me réconcilier avec un genre littéraire qui m’inspire moins, par le biais de ma légende préférée.

J’ai déjà chroniqué les deux premiers tomes du cycle, à savoir Taliesin et Merlin. Inutile de vous dire que j’ai adoré, raison pour laquelle j’ai continué avec la suite: Arthur. Eh oui, on entre dans le vif du sujet, et j’étais pressée de voir comment Stephen Lawhead allait traiter mon personnage de légende favori!

Je vous emmène donc pour un voyage au côté d’Arthur et de ses compagnons, à la conquête du trône de Bretagne, à l’aube du règne le plus lumineux de tous les temps.

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La petite histoire d’un chouchou du « Steampunk » – Le Zeppelin

Très chers Lecteurs des Mondes de Blanche,

Bau des Luftschiffes "Graf Zeppelin" in Friedrichshafen a/Bodensee.
Chantier de construction du Graf Zeppelin à Friedrichshafen sur le Lac de Constance – Source: Bundesarchiv, Wikipedia

C’est avec un immense plaisir que je reviens vers vous avec, comme c’est le cas parfois, un article thématique.

Celui que je vous présente aujourd’hui est un peu particulier, car plus que dans la S.F., il fait une incursion dans le monde merveilleux de l’Histoire. Et pas n’importe laquelle, celle d’un objet que j’affectionne particulièrement et que les amateurs de steampunk connaissent bien: le Zeppelin, modèle de dirigeable développé à la fin du XIXe siècle par le comte allemand Ferdinand von Zeppelin (1838-1917), officier de cavalerie passionné d’aéronautique.

En effet, qu’il s’agisse d’illustrations ou de romans d’inspiration steampunk avec cette mise en avant de la mode et des technologies de la Belle Époque, ledit dirigeable est souvent là: Napoléon III a une flotte de zeppelins dans La Trilogie de la Lune, roman uchronique de Johann Heliot), les gamines de Sucker Punch (qui m’a plus ennuyée qu’autre chose), ils participent également à l’esthétique particulière d’Avril et le monde truqué… Mais au fond, si l’on connaît bien sa silhouette si particulière et son revêtement métallique étincelant au soleil, sait-on vraiment de quoi il s’agit?…

En effet, le terme de « zeppelin » tend à être employé pour les dirigeables en général, alors qu’en fait, à l’époque de Ferdinand von Zeppelin, il existait différents types de ballons ou d' »aéronats », comme on aimait le dire à l’époque. Il n’a donc pas inventé le dirigeable. la France, pionnière de l’aéronautique n’était pas en reste avec des records de vitesse en vole et des ballons à batterie électrique, tandis qu’en Allemagne, les inventeurs du Parsefal font de la concurrence à Zeppelin pour attirer l’intérêt de l’empereur allemand et de son armée… Dans cet article, quand je dirai « zeppelin », ce sera exclusivement le dirigeable inventé par Ferdinand von Zeppelin, avec ses caractéristiques, et son design si particulier, car c’est bien cette silhouette oblongue caractéristique que l’on reconnaît dans la plupart des décors steampunk, entre autre ballons plus fantaisistes. 🙂

Mais pour l’instant, je vais vous raconter, le plus brièvement possible, comment est née cette machine…

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Gaming et Géopolitique – Tuons les clichés « gaming »!

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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L’ambiance futuriste de la « campagne russe » sur Empire Earth – Source: ForoCoches.com

À une semaine de la Paris Games Week, je reviens avec un article un peu exceptionnel… Comme vous le savez, si vous suivez déjà ce blog depuis un moment, je suis une… gameuse repentie. Je n’ai pratiquement jamais touché de console de ma vie (toujours chez des potes pour jouer au jeu que je déteste le plus sur cette terre, Mario Kart), mais les vieux PCs de mes parents ont tourné à plein régime pendant mon adolescence, et même pendant mes premières années d’adulte. Je suis de cette génération qui regardait Des Souris et des Roms sur Canal J, et qui a vu débarquer quelques grands chef d’oeuvre comme Atlantis: The Lost Tales avec sa B.O. envoûtante, Versailles, Egypte… entre autres joyeusetés. Je voulais même étudier l’animation et l’infographie 3D pour travailler dans le jeu vidéo – ce qui malheureusement, ne s’est jamais fait.

Aussi, comme je vais encore louper la Paris Games Week (comme je loupe les Comic Con’, les Japan Expo, les Manga et Sci-Fi Show – en plus y avait des acteurs de Stargate, merde!) malgré mon intérêt, j’ai souhaité revenir sur un sujet qui me tenait à coeur, et que j’ai traité quand j’officiais comme rédactrice en Angleterre. À l’époque, j’écrivais des articles d’initiation à la géopolitique à destination des jeunes, et je voulais trouver un angle d’attaque intéressant… C’est alors que je me suis souvenue comment j’avais découvert mon attrait pour la géopolitique: les jeux de stratégie, bien sûr! 🙂

Et c’est parti pour le trip gaming de la gameuse repentie…

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Entre humour noir et mauvais goût assumé – « Iron Sky » (2012)

Titre: Iron Sky
Année de production: 2012
Réalisation: Timo Vuorensola
Origine: Finlande, Allemagne, Australie
Durée: 1h29
Distribution: Julia Dietze, Götz Otto, Christopher Kirby…

Très chers lecteurs,

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Affiche – Source: Allociné.fr

Ma chronique cinéma de cette semaine, a pour objet un film pour le moins curieux que m’a fait découvrir mon frère il y a environ deux ans, quand je suis rentrée d’Angleterre. Il est vrai que l’un de nos hobbies, quand nous sommes ensemble, consiste à regarder toute sorte de films, du péplum au film de SF en passant parfois par de gros nanars. Ainsi, connaissant mon intérêt pour l’histoire germanique et mon sens de l’humour très sombre, il m’a un soir proposé de regarder Iron Sky, une sorte de comédie d’anticipation où les Nazis revenaient de la Lune pour prendre leur revanche et régner sur le monde…

Avez-vous entendu parler de ces théories fumeuses selon lesquelles les dirigeants nazis, au lieu d’avoir été anéantis à la fin de la Seconde Guerre mondiale, n’avaient que disparu pour préparer en secret leur revanche sur le monde?… En vérité, je me renseigne régulièrement sur les théories du complot, histoire d’avoir matière à des écrits de SF, ou seulement pour me détendre les neurones (quoique j’aime assez celle du « facteur exogène »). N’en déduisez pas que je méprise les « complotistes » – il faut bien que les gens se posent des questions, et j’admire assez ceux qui vont jusqu’au bout pour y répondre. Ceci dit, vous avez peut-être eu vent des « secrets » nazis.

J’ai beaucoup lu dessus pendant que je faisais des recherches pour mon roman: selon « certaines sources », les Nazis auraient ainsi créé des sortes soucoupes volantes, autopropulsées et émettant des lumières colorées, qu’ils auraient cachées dans une base secrète en Antarctique… Un peu flippant quand on y pense. Mais imaginez qu’ils aient pu s’en servir pour partir sur la Lune et y installer une base secrète, où leur communauté aurait pu s’épanouir et leur idéologie se radicaliser davantage (si c’est encore possible!), et puiser leur énergie dans l’Hélium 3 présent sur l’astre… en attendant leur grand retour sur Terre. C’est le postulat sur lequel repose Iron Sky, la comédie de science-fiction finlandaise réalisée par Timo Vuorensola en 2012.

  • Le pitch

Tout commence en 2018, quand une expédition est envoyée sur la lune, pour sonder le sol à la recherche de gisements d’hélium 3 (il s’agit d’un isotope, d’une « variante » instable de l’hélium, qui pourrait effectivement devenir une source d’énergie si nous décidions d’exploiter le sol lunaire). Mais tout ne va pas comme prévu, quand l’équipe est décimée pour avoir approché de trop près une étrange base en forme de svastika géant. Le seul survivant du groupe, James Washington (Christopher Kirby), fait face à toute une cité de Nazis avec un calme admirable… Un calme d’autant plus étonnant que Washington est afro-américain – déjà moi, avec tronche qui ne trahit ABSOLUMENT RIEN de mes origines allemandes, je n’aimerais pas rencontrer des Nazis, mais j’ose à peine imaginer si j’avais un teint d’ébène! Bref. James essaie de s’échapper, pourchassé par une troupe menée par un officier très blond du nom de Klaus Adler (Götz Otto). Mais il est sauvé de justesse d’une évasion périlleuse et sans espoir de survie par la jeune et jolie Renate Richter (Julia Dietze), une idéaliste élevée dans le « dogme » nazi, qui enseigne l’idéologie aux enfants de la colonie. C’est également une spécialiste de la Terre, et James Washington, qui en vient, la fascine. Elle l’emmène à son père, le Docteur Richter (Tilo Brückner), et le soumet aux étranges lubies du savant. Celui-ci découvre avec enthousiasme le téléphone portable de Washington, une technologie qui manque au Quatrième Reich – à savoir la cybernétique – pour permettre l’envol du vaisseau de guerre le Götterdämmerung (« Le Crépuscule des dieux », comme l’opéra de Wagner). Mais le pire reste à venir: il teste sur le pauvre astronaute un traitement censé le rendre… blanc et blond.

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Renate Richter, James Washington (après « traitement ») et Klaus Adler de retour sur Terre – Source: Allôciné.fr

Un problème survient cependant: quand Richter présente le mobile de Washington au Führer en exercice Wolfgang Kortzfleisch (Udo Kier), la batterie se décharge, ce qui retarde encore le lancement du Götterdämmerung et l’invasion de la Terre. Des mesures draconiennes sont alors prises. Le gouvernement nazi décide d’envoyer sur Terre, Klaus Adler – destiné à épouser Renate et rêvant en secret de devenir le nouveau Fürhrer – pour collecter des batteries de Smartphone (!). Il se dirige alors vers la Terre avec Washington, censé le guider une fois arrivés, dans une vieille soucoupe volante. Renate se joint clandestinement au voyage. Quant à Adler, il voudrait que Washington, choisi personnellement par la Présidente des Etats-Unis pour aller sur la Lune, la lui présente. Mais le pauvre astronaute, dévasté lorsqu’il réalise qu’il est devenu blanc et blond, prend la fuite. Ce qui n’empêche pas les deux Nazis de la Lune de joindre la Présidente (Stephanie Paul) par le biais de sa responsable comm’, Vivian Wagner (Peta Sergeant). Adler décide alors de se faire un allié des Etats-Unis, en offrant son aide pour faire ré-élire la présidente, pour assassiner le Führer lors de sa prochaine visite sur Terre et devenir le leader sur la Lune.

Quant à Renate, elle finit par retrouver James Washington, devenu SDF. Les convictions de la jeune femme, déjà ébranlées par un visionnage du Dictateur de Chaplin, vacillent quand elle tombe en pleine rue sur un groupe de néo-Nazis… Elle se lie d’amitié avec Washington, et commence alors une véritable course pour sauver le monde de la destruction…

  • L’humour

Lorsque j’ai visionné Iron Sky, je ne m’attendais pas, et je ne voulais surtout pas voir un film « intello ». Je savais qu’il s’agissait avant tout d’une comédie sur un sujet très, très sombre. La question est donc: peut-on rire de tout? Personnellement, je pense que oui, mais pas avec tout le monde. Donc, un film à prendre avec précaution et à ne pas regarder avec tout le monde, tant certains ressorts comiques reposent sur de véritables clichés. Quelques exemples: James Washington nous est dépeint comme l’Afro-Américain décontracté et empreint de « cool-attitude » qui ne se démonte jamais quelle que soit la situation, Renate est une jeune idéaliste naïve qui croit dure comme fer que le nazisme est une idéologie de paix et d’amour (après tout peut-être, si on ne reste qu’entre blondinets et que l’on peut prouver une ascendance germanique sur plusieurs générations), Klaus Adler un fanatique, le Docteur Richter un fêlé en puissance qui met son savoir au service d’une cause discutable. Quant à la Présidente, c’est un quasi-sosie de Sarah Palin, une caricature de républicaine partisane de la libre circulation des armes à feux, avec son bureau envahi par des bestioles empaillées qu’elle a zigouillées pendant des parties de chasse, et son assistante Vivian Wagner est juste un cliché de salope carriériste en tailleur moulant. Il faut dire que les femmes sont particulièrement insupportables, et qu’il n’y a pas de juste milieu entre une oie blanche comme l’est Renate et une poufiasse comme la Wagner.

Bref, hormis Washington, finalement assez sympa du fait qu’il se trouve pris dans cette histoire alors qu’il n’a rien demandé, ils sont tous assez ridicules. Leurs motivations sont grandioses mais la façon dont ils les mettent en oeuvre sont pathétiques – franchement, récolter des batteries de portable! Finalement, on se moque plus de ces archétypes en eux-même et de leur caractère prévisible que du reste. Pour peu que l’on soit capable de second degré – ce n’est pas le cas de tout le monde, je connais des personnes qui pourraient trouver ce film carrément immonde et offensant – on peut s’amuser des situations absurdes dans lesquelles se mettent les personnages, et des proportions que prend la farce à l’échelle mondiale. Ce n’est donc pas un film d’une finesse extrême, les insultes et les gros mots pleuvent, les bagarres qui tournent de manière inattendue, et même un des personnages qui aura une mort stupide à souhait.

Mais ce qui prête vraiment à sourire, ce sont les « références » culturelles. Pour ma part, je ne suis pas sûre que je me serais autant amusée si je n’avais pas, en plus d’un humour parfois douteux, un solide background de germaniste et une bonne connaissance de l’histoire germanique. Cela m’a probablement aidée à faire preuve de second degré et d’avoir un recul que d’autres spectateurs n’auraient pas forcément. Ce qui est dommage, car l’histoire recèle un réel potientiel.

  •  Des questions pertinentes
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Vaisseaux de guerre au design rappelant des Zeppelins se dirigeant vers la Terre – Source: Allôciné.fr

En effet, tout n’est pas à jeter au milieu de ce fouillis. Quand bien même vous ne seriez pas friand de théories de complot, il était intéressant de partir sur les bases d’un repli des Nazis pour débuter une bonne histoire de science-fiction. Il n’est par ailleurs pas si insensé que cela d’imaginer qu’ils auraient pu se retrancher dans l’espace, puisque comme je le disais dans le post consacré à la BD uchronique Space Reich, les programmes spatiaux des années 1950 et 60 découlent directement des travaux de pionniers de la balistique allemands tels Wernher von Braun. Certains historiens des sciences et techniques, versés dans les réflexions uchroniques, s’accordent à dire que les Allemands auraient sans doute été les premiers sur la Lune s’ils avaient gagné la guerre… Ces théories ont donc un très grand potentiel en termes d’uchronie.

Et puis si nous aimons la SF, c’est parce que nous aimons aussi nous faire peur. Avouez! Elle nous met en garde en dépeignant le plus souvent des futurs effrayants – alors pourquoi pas le retour des Nazis? De plus, on pourrait être curieux de voir quelle réaction auraient les chefs d’Etat vis-à-vis de cela…

Partir dans les méandres de la communication politique était une pure bonne idée, puisque le spectateur contemporain peut s’y retrouver. A notre époque où médias et médias sociaux sont omniprésents, nous vivons déjà un peu dans Iron Sky. Nous faisons tous les jours l’expérience de la dictature de l’image et du paraître, du matraquage médiatique permanent,. Quant aux dirigeants d’états démocratiques, ils mettent le paquet pour communiquer et tenter de nous rallier à leurs vues – avec succès ou non, avec plus ou moins de ridicule que les Etats totalitaires, cela est une autre histoire. Nous voyons sans arrêt des présidents et des ministres condamner l’action de tel ou tel dictateur dans un pays lointain, ce qui ne les empêche pas d’accueillir en grande pompe lesdits « monstres », de s’exhiber fièrement avec eux lors de la signature d’un accord ou d’un contrat juteux, ou de leur vendre des armes. Donc… sans vouloir faire trop de politique, force nous est de constater, que nous entendons en permanence un double discours. Qu’en serait-il s’il y avait sur Terre si apparaissait un pouvoir aussi inquiétant que celui des Nazis (n’oublions pas que quand Hitler a commencé à ré-armer la Ruhr, puis à réclamer des territoires, nul chef d’Etat européen n’a, à cette époque, bougé le petit doigt!) avec des moyens colossaux pour se faire entendre? Nos dirigeants seraient-ils assez burnés pour les envoyer paître en face, ou se rallieraient-ils par intérêt comme la Présidente, avec les terribles conséquences que cela implique? Bien que nous n’ayons pas affaire à un film d’auteur ou à une oeuvre de reflexion, il n’en reste pas moins que la question mérite tout de même d’être posée.

Par ailleurs, nous voyons se jouer dans Iron Sky une énorme farce à échelle mondiale, quand les Nations Unies s’entredéchirent et se disputent le monopole de l’exploitation de l’hélium 3 sur la Lune une fois le projet d’invasion nazie sur la Terre éventé. Finalement, alors qu’ils devraient faire front uni face à une terrible menace, ils ne pensent chacun qu’à leurs propres intérêts. Constat amer et sans appel, quand on sait par exemple que dans le monde réel, à l’heure du réchauffement climatique qui nous concerne tous, certains Etats refusent de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre, arguant que cela freinerait leur développement et en jetant à la figure des autres qu’ils souhaitent ainsi les garder dans une position subalterne sur la scène internationale. Donc là encore, le film met en lumière une certaine hypocrisie de ceux qui ont le pouvoir et la bassesse humaine, sur fond de guerre pour les matériaux rares.

Sachant cela, mon jugement sur la « bêtise » du film est plus nuancé. D’autant plus qu’il a un autre atout: son atmosphère.

  • L’esthétique
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L’atmosphère confinée du laboratoire de Richter sur la Lune – Source: Allôciné.fr

S’il est une chose que j’ai appréciée dans Iron Sky, c’est son esthétique, son ambiance. L’atmosphère confinée et sombre de cette base lunaire qui, vue du bord du cratère où Washington et son équipe la découvrent, a la forme d’un svastika géant, m’a carrément emballée tant elle pouvait faire froid dans le dos. Il semble que tous les efforts des metteurs et scènes et décorateurs aient été faits pour donner à l’ensemble un air « germanique » et « dictatorial ». Il n’y a qu’à voir les uniformes sombres et inquiétant des troupes d’assaut, avec leurs soldats dont on ne voit pas les visages, dissimulés derrière des masques à gaz. Il semble que parmi ces Nazis exilés volontairement sur la lune, le temps se soit arrêté sur un décor pour le moins rétro-futuriste: les lignes des vaisseaux spatiaux rappellent celles des zeppelins géants des années 1930, et sur la base, des câbles trainent dans tous les sens pour maintenir des machineries et des mécanismes de survie complexes occupant des pans de mur entiers, et on écrit à la craie sur des tableaux noir en classe… Alors qu’entretemps, sur Terre, on vit à l’heure de la miniaturisation et du Smartphone. Autre petit détail vintage savoureux: Renate écoute du Wagner sur un grammophone. (D’ailleurs, avez-vous noté que dans les films se passant durant la Seconde Guerre mondiale et impliquant les Nazis, ceux-ci écoutent toujours, soit de la musique de fanfare, soit du Wagner?)

Transition pour en arriver à un point que je trouve particulièrement réussi: l’utilisation de la musique. Les morceaux de Wagner ont été ré-arrangés de manière parfois surprenante mais toujours seyante. J’ai souvenir d’un extrait (en revanche impossible de me rappeler de quel opéra il s’agissait) joué au saxophone lors d’une scène un peu hot impliquant Klaus Adler et Vivian Wagner. Mais si vous aimez Wagner – le compositeur, pas l’autre poufe du film – vous pourrez aisément reconnaître le prélude de Perceval arrangé au piano lors des séquences romantiques impliquant Renate. Et vous reconnaîtrez sans doute la « Marche funèbre de Siegfried » extraite du Crépuscule des Dieux lorsque la base est découverte au début du film. Vous savez, le morceau que l’on entend au début, puis à la fin d’Excalibur, quand Perceval rend l’épée à la Dame du Lac après la mort du roi Arthur (tiens, tiens, une idée de film à présenter prochainement)…

  • Conclusion
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Les troupes de choc – Source: Allôciné.fr

La plupart des critiques d’Iron Sky ont été assez, voire très mauvaises, décrivant le film comme un véritable nanar à regarder seulement après avoir bu plusieurs litres de bières. Pour ma part, je dirais qu’il faut effectivement être en conditions pour le regarder – en bonne compagnie, surtout. Pour ma part, je l’ai regardé avec mon frère et un saladier rempli de M&M’s, et en prenant la chose avec humour. Je ne vais pas prétendre être une intello qui n’aime que les films d’auteur et qui intellectualise autour du moindre film fantastique un peu chiant en le qualifiant de « cinéma de genre », et honnêtement, j’ai donc passé un très bon moment en regardant Iron Sky. J’ai beaucoup ri, je le reconnais. En revanche, même si sa connerie et son mauvais goût assumé confinent presque au génie, je ne dirais pas qu’il soit très bon.

Je m’explique. Il y a de très bons points dans le postulat de départ et dans l’histoire, dans l’ambiance créée et dans la critique assez acerbe du monde qui nous entoure. Mais Iron Sky m’a laissé une impression mitigée. En effet, si la première heure du film voit nombre de gags et de situations loufoques à la South Park, la fin du film – ALERTE spoiler – prend une tournure vraiment sombre. Voire très sombre, car si les personnages principaux s’en sortent, le sort de la Terre est peu enviable. Aussi, j’y vois un certain manque de cohérence qui me laisse penser qu’un tel sujet aurait pu être traité autrement. Soit en assumant jusqu’au bout le côté comédie avec un joyeux bordel final, soit en ayant fait du film quelque chose de sombre dès le début. D’ailleurs, je pense que si la réalisation avait pris le parti d’un vrai film de science-fiction, sans la dimension parodique, et en étoffant les personnages, il y avait de quoi créer un univers réellement fascinant et s’attacher à certains protagonistes. Et peut-être de quoi faire un film culte et vraiment dérangeant.

Je vous le recommande tout de même si vous passez une soirée entre amis ou en famille (j’entends frangins, frangines et cousins, cousines), parce que je trouve que l’ambiance vaut à elle seule le déplacement et parce que rire ne fait pas de mal. Et si vous avez un jour encore du temps, figurez-vous qu’une suite est en cours de préparation, Iron Sky: The Coming Race. Je ne vois pas ce qu’on pourrait raconter de plus, mais je suis tout de même assez curieuse. Et qui sait si ce second opus ne nous réservera pas une agréable surprise?

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse méditer sur le sujet et vous souhaite une agréable séances, si le coeur vous en dit!

Blanche Mt.-Cl.

Le Livre qui m’a réconciliée avec la fantasy – La saga « Autre-Monde » de M. Chattam

Depuis la récente création de ce blog, me voici de retour avec une autre saga pour la jeunesse. Mais est-ce de ma faute si tant de choses intéressantes ont commencé alors que j’étais déjà une jeune adulte? En effet, adolescente, je ne jurais que par les romans historiques (et je ne vous parle pas de Christian Jacq, mais de VRAIS livres de dur à cuire comme le Néropolis d’Hubert Montheillet par exemple!), mais avec Autre-Monde, j’ai découvert une série qui aurait pu changer ma vie de lectrice si je l’avais connue avant! Après avoir dévoré en enfilade L’Alliance des Trois, Malronce et Le Coeur de la Terre, j’ai ensuite attendu les sorties d’Entropia, Oz et Neverland… Et j’attend l’ultime volume avec impatience. Je ne détaillerai pas l’intrigue de chaque opus, mais voici en gros de quoi il s’agit…

  • Le « Pitch » – Une saga pour deux cycles

L’Alliance des Trois commence de nos jours, à New York, la veille de Noël. On y fait la connaissance de Matt qui s’apprête à passer son dernier Noël avec ses parents en instance de divorce et de Tobias, son meilleur ami, un adorable petit binoclard un brin peureux qui partage ses goûts pour les jeux de rôle et la fantasy. Or après une violente tempête pendant la nuit, ils se réveillent le matin de Noël pour voir leur environnement complètement chamboulé… et les adultes ont disparus. Ils échappent alors à des monstres et à d’étranges créatures mécaniques, pour s’enfoncer dans une forêt dense aux arbres géants qui a soudainement recouvert la terre. Au cours de leurs aventures, ils vont rencontrer différentes communautés d’enfants qui organisent leurs survis dans les décombres des grandes villes ou dans les profondeurs de la forêts, affrontent des animaux géants et toute sorte d’aberrations de la Nature. Ils font également la connaissance d’Ambre, une belle jeune fille débrouillarde et curieuse à laquelle Matt s’attache beaucoup… et forment ensemble l’Alliance des Trois. Mais ce n’est pas tout. 🙂 Car cet « Autre Monde » est extraordinaire. Outre le gigantisme des plantes et des animaux, on assiste à des phénomènes étranges parmi les enfants et adolescents: ils développent ce qu’ils appellent des « altérations », pour des raisons de survie – Matt une force surhumaine suite à une grave blessure, Tobias une grande rapidité à cause de son hyperactivité, Ambre la télékynésie pour lutter contre sa maladresse. D’autres manipulent l’électricité ou le feu, communiquent avec les animaux…

Au fil des volumes suivants comme Malronce et Le Coeur de la Terre, on assiste au développement de la société des Pans – c’est ainsi que se nomment les enfants et adolescents – et l’on fait la connaissance des adultes restants qui n’ont pas été changés en ces créatures répugnantes surnommées les Gloutons. Les enfants les appellent les Cyniks: ceux-ci ont eux aussi créé un royaume dans le Sud et mènent une lutte sans merci contre les enfants. La mystérieuse reine Malronce, en particulier, et une créature effrayante qui phagocyte tout sur son passage, le Raupéroden, cherche à mettre la main sur Matt, tandis que lui et ses compagnons Tobias et Ambre avancent dans leur compréhension du nouveau monde et de ses mécanismes, quand peu à peu la vie et la nature ont repris le dessus sur des constructions humaines. Par ailleurs, le danger s’installe à l’intérieur de la communauté pan, quand les adolescents plus âgés ne trouvent plus leur place et sont tentés par la vie avec les Cyniks… Gare aux traitrises!

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Ma collection, occupant l’une des places d’honneur de ma bibliothèque…

Un cycle nouveau s’ouvre avec le quatrième opus, Entropia, soufflant un vent nouveau sur la saga. Alors que les Pans ont instauré une paix fragile avec les Cyniks, que Matt, Ambre et Tobias vivent une vie tranquille à Eden, la capitale Pan, surgit un nouveau danger. Les trois compagnons partent en exploration dans ce qui était le Canada où oeuvre une affreuse créature synthétique, toute de câble et de carbone. Elle avance depuis le Nord en générant une tempête appelée Entropia, fruit de ce que l’humanité a créé de plus affreux… Ils l’appellent Ggl. Devant l’ampleur de la catastrophe qui s’annoncent, les Pans décident de partir à la recherche du second Coeur de la Terre (le premier ayant aidé à faire la guerre aux Cyniks)… Les deux volumes suivants, Oz et Neverland, racontent leur voyage incroyable vers et à travers l’Europe. Alors que le Buveur d’Innocence, un Cynik qui les suit de loin et qui souhaite saper la paix avec les Pans, le navire qui vogue vers l’Europe est incendié. Après une arrivée chaotique, nos jeunes héros sont séparés et découvrent une société où les adultes, appelés Ozdults, ont réduit les enfants en esclavages et se servent d’eux pour produire un Elixir leur permettant de profiter de leurs altérations… Ils tentent de se retrouver et de joindre un noyau de résistance en Europe centrale, quand Entropia gagne les îles britanniques…

  • Ce que j’en pense

Bien sûr, je ne peux vous en dire plus sans spoiler, mais parler un peu de l’histoire est primordial pour vous mettre l’eau à la bouche… Car cette série vaut vraiment le coup. Elle a changé ma perception de la fantasy, qui à la base n’est pas un genre que j’affectionne. J’ai donc beaucoup aimé l’idée de faire d’adolescents d’aujourd’hui, habitués à leur petit confort et à leurs écrans, les héros d’une véritable épopée dans un monde de forêts denses et de papillons géants. Par ailleurs, les clins d’oeil à la culture populaire, et même à la culture geek (Matt et Tobias ont un petit côté geek, d’ailleurs…) m’ont faite sourire. Par exemple: Matt possède une réplique de l’épée d’Aragorn offerte par ses parents, dont il se sert comme arme et qui devient, en quelque sorte, son talisman! 🙂

Les jeunes héros sont assez attendrissants et attachants. Pour une fois, j’aime beaucoup le personnage principal, Matt, qui me rappelle un peu mon frère au même âge dans sa façon d’être, et même physiquement. Quant à Tobias, le gamin timoré du premier tome, j’aime son évolution, les ressources qu’il trouve en lui-même pour au final être capable de se débrouiller sans Matt et Ambre. Ceci dit, j’ai un petit bémol avec Ambre que je trouve un peu trop parfaite – non-seulement elle est très belle et intelligente, douce et pondérée, mais en plus c’est une sorte d’élue… Alors que je l’aurais trouvée plus intéressante avec des défauts, ou des traits de caractère un peu irritants (je ne sais pas, la rendre un peu plus pète-sec, étourdie, colérique…) qui l’auraient rendue plus humaine. C’est une charmante enfant, mais je la trouve trop lisse. J’aime bien quand les Elus ont des défauts, justement! Ça les oblige à se transcender, à aller au-delà de leurs propres failles! Finalement, elle a fini par me sembler humaine et normale, avec des réactions de frustration légitime à partir du cinquième tome, quand une tragédie la frappe.

Si les « méchants » comme le Buveur d’Innocence semblent un brin caricaturaux, certains rôles secondaires sont plutôt intéressants – comme les Pans de l’île Carmichael, Gaspar, le fascinant chef de la résistance enfantine dans le dernier tome, ou encore le capitaine Jahrim, l’adulte le plus stylé de l’histoire… Et l’on voit émerger une sympathique petite bande d’explorateurs et de combattant autour de Matt et Tobias, en même temps qu’un véritable courant de dévotion autour d’Ambre.

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Couvertures

Mais ce qui fait la force de cette histoire passionnante, c’est la force de l’imagination de Maxime Chattam. Le seul truc pour lequel je lui en veux en la matière, c’est qu’il a écrit le livre que j’aurais aimé écrire – au début de mes études, avant de lâcher l’affaire avec l’écriture pour quelques années, je commençais à penser à une sorte d’épopée adolescente et urbaine, ou des gamins vivaient des aventures à l’ancienne! Méchant Maxime! 😉 Après, n’est pas auteur de talent qui veut. Bref. Ce nouveau monde créé par Chattam est tout bonnement fascinant, avec ces immenses forêts qui couvrent le globe, ces dangers présents à tous les coins, cette énergie qui libère des forces complètement irrationnelles qui rendent l’environnement magique. J’ai aimé à voir Matt et Tobias s’enfoncer dans des forêts aux dimensions impressionnantes, Ambre chevaucher un papillon géant, la végétation envahir les ruines des grandes métropoles, des scarabées lumineux parcourir les anciennes autoroutes américaines, les enfants développer leurs altérations pour en faire des armes redoutables… On nage dans l’extraordinaire…

Et s’il n’y avait que cela! Ce monde est foisonnant… En effet, adulte comme enfants ont organisé la survie, chacun à leur manière et créé des sociétés complexes avec des moeurs spécifiques. Chez les Pans, on retrouve des bandes de gamins armés de crosses de hockey qui subsistent en s’alimentant dans les anciennes réserves de centres commerciaux, les dits « Kloropanphyles » qui se sont fondus avec la forêt et vivent dans les arbres en harmonie avec la nature, les résistants d’Europe centrale qui vivent en communauté dans un château somptueux (que je soupçonne d’être celui de Neuschwannstein en Bavière)… Les sociétés adultes sont extrêmement intéressantes aussi, créées par des hommes et des femmes qui se sont réveillées amnésiques et effrayés. Toutes sont basées sur la peur et même la haine de l’enfant, et tendent à faire de l’enfant de véritables esclaves au service de leurs aînés, voire de jouets par le biais de l’anneau ombilicale qui annihile toute volonté en eux, ou d’un collier spécial…

Je parlais des clins d’oeil à la culture populaire et de ces enfants de maintenant faisant face à ce qui parait sorti d’un film de fantasy, ceci est valable également pour les lieux. J’ai fait allusion au château de Neuschwannstein, mais si on retrouve des lieux comme des mégalopoles américaines avec leurs buildings, on visite les ruines de Disney World en Floride, on voit ce que sont devenus Londres et Paris… Et pour quelqu’un qui comme moi connais plutôt bien Paris et sa proche banlieue, la Défense est devenu un véritable enfer (déjà que…). Mais je n’en dirai pas plus sur ce point!

  • Conclusion: quel Pan aurai-je aimé être?

Imagination, histoire captivante dans un monde fascinant, personnages attachants… Bref, carton plein pour Autre-Monde, que je n’ai de cesse de conseiller à mes petits cousins et cousines (oui, il y a un sacré écart d’âge entre mes jeunes cousin/es et moi). Pourtant tout n’était pas gagné. En effet, j’avais – j’ignore pourquoi – pris la saga pour une simple trilogie, et j’avais peu accroché à la fin du troisième volume que je trouvais un peu plate. J’ai donc été à reculons pour lire le quatrième. Qu’à cela ne tienne, en trois jours, j’avais dévoré Entropia. Les trois derniers volumes sont encore meilleurs que les premiers, et même le style d’écriture semble y gagner! Je ne remets pas en cause le talent de conteur du grand Chattam, mais je trouve Oz et Neverland encore mieux écrits que les précédents opus. Donc, juste une chose: ne vous découragez pas si le troisième tome vous déçoit, car le reste est, à mon humble avis, un niveau au-dessus!

Je finirai donc cette conclusion avec un petit délire… A la fin de chaque volume, Maxime Chattam proposait aux lecteurs d’envoyer des suggestions de Pans, des genres d’avatars des lecteurs… Cher Maxime, tu ne liras JAMAIS ces lignes, et le dernier livre est fort probablement en cours de rédaction et pratiquement terminé… Mais voici le Pan que j’aurais aimé être. Une jeune fille d’environ seize ou dix-sept ans, petite et athlétique, avec de longs cheveux bruns, épais, frisés, et de grands yeux couleur ambre, un teint anormalement clair – bref, un visage d’icône byzantine (plus belle que moi, je vous rassure!). Je me serais appelée Zoé car c’est ainsi que j’ai appelé l’héroïne de mon roman, et j’adore ce prénom. Au Noël de mes seize ans, j’étais en famille avec mon frère (vous savez, le mec qui ressemble à Matt), et je prenais soin de ma cousine d’un an qui ne parlait pas encore. A devoir me planquer pour survivre avec un bébé incapable de garder le silence, j’aurais développé la capacité de communiquer par télépathie avec les enfants en bas âge ne maitrisant pas le langage, pour les rassurer, les calmer en cas de problème ou de danger. Et surtout, ce « superpouvoir » m’aurait préservé du destin de Cynik.

Et vous alors, quel genre de Pan auriez-vous aimé être?

Blanche Mt.-Cl.