Gamers à la rescousse! – Armada (Ernest Cline)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous allez bien depuis la dernière chronique! Comme vous le voyez, les choses reprennent doucement mais sûrement sur le blog, au gré de mon emploi du temps et de mes lectures.

Donc, depuis ma reprise, vous avez affronté des momies et êtes plongés dans les tunnels du métro moscovite dans des chroniques dédiées à mes lectures achevées le mois dernier. Parmi elles, Armada d’Ernest Cline, à qui l’on doit également l’énorme Player One, lu il y a trois ans. J’avais fait l’acquisition d’Armada peu avant la sortie au cinéma de l’adaptation Ready Player One, et après ce que je considère comme un fiasco cinématographique. Aussi, pour me réconforter après ce film qui m’a profondément ennuyée et déçue, et pour m’éclater un peu après l’ambiance dark de Metro 2035, je me suis envolée avec le jeune Zach Lightman pour une aventure hors du commun… Continuer la lecture de Gamers à la rescousse! – Armada (Ernest Cline)

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Cinéma – Cinq comédies SFFF à visionner pendant les vacances

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Tout d’abord, je tiens à m’excuser pour le peu de chroniques film dignes de ce nom ces derniers temps: m’ont manqué le temps, ainsi que les occasions de visionner des œuvres dans les genres représentés sur ce blog (sauf Sharknado, mais là j’avais VRAIMENT besoin de me détendre!). Croyez bien que ces présentations et analyses un peu plus poussées me manquent beaucoup, et que j’ai hâte de m’y relancer. Aussi j’ai décidé de vous gratifier à nouveau d’un petit top, ne serait-ce que pour soulager ceux qui ne sont pas intéressés par la mise en ligne du roman et qui vont péter un câble! 😉

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Nul doute que vous reconnaissez ce loustic…

Et puis zut, c’est l’été. Certains d’entre nous sont en vacances et ont juste envie de passer des moments fun et détente avec les potes ou la famille. Quant à moi, j’accuse une baisse de moral comme rarement ça m’arrive en été (énièmes vacances sans partir à rester enfermée, envie de dépaysement et de voyage, nostalgie autrichienne, météo de merde, fatigue, impression d’une baisse de qualité sur le blog, graphisme qui piétine, doutes d’auteurs…), et j’aurais bien besoin de m’amuser. 🙂 Aussi j’ai décidé qu’une bonne dose de rire serait la bienvenue et j’ai choisi de dédier ce petit top à des comédies S.F. Entre vieux coucous et films plus récents, entre œuvres cultes et opus moins connus, laissez-moi vous emmener dans le monde des situations loufoques, des blagues douteuses et des clins d’œil en tout genre… qui vous feront certainement vous coucher plus bête! 😉

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L’Âge de Cristal (Micheal Anderson, 1976) – La dystopie du plaisir

Titre: L’Âge de Cristal (Logan’s Run)
Année de production: 1976
Réalisation: Michael Anderson
Origine: Etats-Unis
Durée: 2h
Distribution: Micheal York, Jennifer Agutter, Richard Jordan, Farrah Fawcett, Peter Ustinov…

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Affiche du film (Source: Imdb.com)

Synopsis: Au XXIIIe siècle, après une guerre nucléaire meurtrière, les survivant se sont regroupés dans une immense cité souterraine. Les enfants naissent en pouponnière et sont élevés par la cité, avant de mener une vie entièrement dédié au plaisir et à la satisfaction des désirs. Mais il y a un hic: pour lutter contre la surpopulation, les habitants de la cité doivent mourir le jour de leurs trente ans, lors d’une cérémonie appelée le « carrousel ». L’indicateur de leur âge, ou plus précisément leur horloge de vie, réside en un cristal incrusté dans la paume de leur main, d’abord clair, puis noir quand l’échéance approche, et avec lui, l’espoir d’une renaissance après le carrousel… Mais certains ne l’entendent pas de cette oreille, et voient dans cette cérémonie une exécution pure et simple. Ces « fugitifs » (runners en V.O.) décident de se rebeller en quittant la cité avant que leur cristal ne vire au noir, à la recherche d’un endroit appelé le Sanctuaire… C’est alors que Logan 5, gardien du système et limier de la cité, mandaté pour infiltrer les fugitifs, décide de fuir avec Jessica 6, une jeune fille qui porte un pendentif en forme d’ankh, symbole de la rébellion. Commence alors le début d’une aventure qui va tout changer pour eux…

Pour les débuts de cette chronique cinéma qui aurait dû être postée hier (je m’en excuse), j’ai l’honneur de vous présenter encore un « vieux coucou », un film de science fiction, L’Âge de Cristal, réalisé en 1976, plein de couleurs vives, de jeunes femmes aux brushings ébouriffants et aux tenues légères . Il est adapté du livre de Georges Clayton Johnson et de William F. Nolan, Quand ton cristal mourra – j’avoue ne JAMAIS avoir trouvé le livre, et les quelques critiques que j’ai pu en lire m’ont quelque peu refroidie. La geek en moi n’abandonne pourtant pas l’idée de le lire un jour. Pourtant, j’aime assez ce film, qui a reçu plusieurs récompenses en son temps (dont deux Oscars et le Saturn Award du meilleur film de science-fiction). Je l’ai découvert après la série L’Âge de Cristal, dont j’avais, avec mon frère, pu voir des rediffusions sur le câble. J’y reviendrai.

Tout d’abord, le contexte du film a quelque chose de fascinant. Je le décrirais comme une sorte de dystopie. Qu’est-ce qu’une dystopie? On la définit souvent comme la « contre-utopie », l' »anti-utopie » ou la conséquence malheureuse d’un projet utopique. En général la dystopie décrit une société sans égard pour les individus, leur personne physique et morale, pour leurs aspirations et leurs envies. On pourrait, dans la littérature, citer les exemples de 1984, du Meilleur des Mondes ou de Farenheit 451 et au cinéma, une bonne série B comme Equilibrium, sur lequel je reviendrai. Dans L’Âge de Cristal, il s’agit d’assurer la survie de l’humanité dans un cadre protégé, en garantissant la paix sociale par la satisfaction immédiate du moindre désir et la recherche du plaisir, et en évitant la surpopulation par la mort à trente ans, au cours d’une cérémonie-spectacle  durant laquelle ils sont vaporisé sous les yeux du public. C’est donc une obligation du plaisir. On retrouve un schéma narratif classique, comme dans 1984 ou Farenheit 451, à savoir celui d’un gardien du système qui se rebelle.

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Logan et Jessica dans la Cité (Source: Imdb.com)

Développons un peu l’histoire…

En effet, les limiers forment la garde du système et pourchassent les « fugitifs » qui ne croient pas en la renaissance et qui souhaitent échapper au Carrousel.  Au début du film, Logan 5 (Michael York – vous le connaissez certainement sous les traits de Basil dans les Austin Powers) et son ami Francis 7 (Richard Jordan), tous les deux limiers, tuent un fugitif aux limites de la cité. Logan assiste ensuite à une cérémonie de Carrousel avant de rentrer dans ses appartements pour se connecter au réseau de la cité – une sorte de site de rencontre avec téléportation: il rencontre alors Jessica 6 (Jennifer Agutter), une jeune fille triste et mélancolique après la perte d’un ami lors du dernier Carrousel, et qui pose beaucoup de questions. Si cela amuse tout d’abord Logan qui met ces doutes sur le compte de sa jeunesse, il réalise qu’elle porte au cou un pendentif en forme d’ankh, la croix de vie égyptienne, un symbole qu’il a trouvé dans les affaires d’un fugitif qu’il a exécuté. Demandant des renseignements au sujet de ce symbole à l’ordinateur central de la cité, où il apprend que ces par ce signe que communiquent les rebelles aidant les fugitifs à trouver un refuge appelé le « Sanctuaire ». Il reçoit alors comme instruction d’infiltrer les fugitifs. Or pour que ceux-ci soient convaincus de son engagement, l’ordinateur retire à Logan quatre ans de vie, afin que son cristal noircisse. Le limier va alors retrouver Jessica et lui demander de rejoindre la rébellion. Avec Francis sur leurs traces, Jessica va le mettre en contact avec les rebelles et quitter la cité avec lui. Ils vont alors voir pour la première fois un coucher de soleil, découvrir les ruines d’une métropole et la façon de vivre de ses anciens habitants… ainsi que de nouvelles aspirations, autres que ce que leur cité avait à leur offrir.

Malgré ses récompenses, le film a reçu un accueil assez mitigé. Il a eu la malchance de sortir après le succès critique de 2001: L’Odyssée de l’espace (j’avoue que malgré mes efforts, je ne suis encore jamais parvenue à le voir en entier, car je me suis endormie à chaque fois…) ou La Planète des Singes… Il a par exemple été reproché à L’Âge de Cristal de s’être trop focalisé sur les scènes d’action et l’ambiance visuelle, au détriment des vraies questions du film, tout en le qualifiant de très bon divertissement.

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Logan face à l’ordinateur central (Source: Imdb.com)

Pour nous, spectateurs du XXI siècle, son style clairement marqué par les années 1970 prête à sourire: la cité est clairement une maquette sous lumière artificielle, et l’architecture avec ses balcons, ses sols luisants en lino et ses escalators qui rappellent un centre commercial, une gare ou une station de métro. D’ailleurs, dans les scènes précédent l’évasion de Logan et Jessica, la cité donne l’impression d’un immense centre de loisir doublé d’une galerie marchande, où s’enchaînent couloirs blancs comme des laboratoires, clubs, salles dédiées à divers plaisirs à lumière tamisée, et cabinets de chirurgie esthétique qui vous offrent un nouveau visage comme on s’achète une nouvelle chemise. Quant aux jeunes hommes et femmes qui peuplent cette cité, ils semblent vivre en plein rêve. A l’abri de tout besoin, ils vaquent entre amis, vêtus de tenues légères, tout sourire… D’ailleurs, leur style vestimentaire est indéniablement seventies – qu’il s’agisse des petites robes vagues de Jessica qui laissent peu de place à l’imagination, ou des petits pulls des limiers, et c’est encore plus flagrant dans les coupes de cheveux, particulièrement dans le brushing de la jeune et jolie Farrah Fawcett qui fait une brève apparition dans le film. Mais cet environnement, s’il nous fait d’abord sourire, a quelque chose d’aseptisé, de lisse et d’oppressant. On ne peut s’empêcher de se demander quel est le but de tout ça, de cette vie de poisson rouge tournant dans un bocal. De plus, cette mort programmée à trente ans fait froid dans le dos au spectateur de maintenant: en effet, de nos jours, trente ans est un âge relativement jeune, auquel certains d’entre nous commencent à peine à voler de leurs propres ailes et à vivre leur propre vie. Et si c’était le seul aspect effrayant… Ces jeunes adultes ont absolument tout ce qu’ils veulent et désirent, mais ils semblent évoluer dans leur petit cocon avec un sourire béat, dénués de personnalité et de centres d’intérêt qui leur sont propres, incapable de se concentrer sur quoi que ce soit à long terme. Même leurs relations aux autres semblent superficielles, et l’amitié forte qui lie Francis à Logan, ainsi que la tristesse de Jessica après la perte de son ami, paraissent être une exception au milieu de cette futilité ambiante, ou l‘individu n’est qu’une source de divertissement pour l’autre – comme l’est Jessica lors de sa première rencontre avec Logan. J’arrive donc au point suivant…

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Jessica et Logan découvrant un univers hostile, loin du confort de la Cité (Source: Imdb.com)

Ce qui m’a également pu dans L’Âge de Cristal, c’est que l’histoire est parvenue à me toucher, car s’il s’agit avant tout de se rebeller contre un système qui sacrifie inutilement ses sujets. Cela peut passer pour de la sensiblerie, mais l’histoire prend un nouveau sens quand il touche à l’humain, quand on arrive à saisir l’individualité des protagonistes. Tout d’abord, ce désir de vivre chez les fugitifs – je repense à cette jeune femme suppliant Logan de la laisser partir, tentant de lui dire que son cristal est endommagé, qu’elle n’a pas trente ans, qu’elle ne peut mourir maintenant – se retrouve également chez les limiers. Je pense d’ailleurs que c’est ce qui va décider Logan à se mettre du côté des rebelles, lorsqu’il comprend que les années qu’on lui a retiré – quatre ans, sur seulement trente ans, c’est tout de même beaucoup – ne lui seront jamais rendues.

L’humain passant pour un animal social, un animal de meute, il est intéressant de voir que l’humanité se manifeste, dans ce film, par l’envie d’attachement et d’affection. Ce discours sonne un peu bateau ou conservateur, mais ces êtres attendent autre chose qu’une vie, certes agréable et sans souci, mais dépourvue d’accomplissement, d’émotion et d’aspirations. À quoi bon s’amuser lorsque l’on se sent seul? En même temps, comment faire des projets quand on meurt à trente ans? Qu’il s’agisse de Logan qui dans une pouponnière, regarde attendri le bébé issu de ses gènes mais qu’il ne pourra jamais élever, ou de Francis qui lui déclare son amitié pour le dissuader de quitter la cité, ou encore de Jessica qui se demande comment cela aurait été d’être élevée et de vivre avec ses parents. Ce qu’elle et Logan vont découvrir des anciens habitants de la terre – une conception plus romantique de l’amour, le fait de fonder une famille et de voir ses enfants grandir, de faire des projets à long terme, la possibilité de compter sur les autres – font naître en eux de nouvelles aspirations, de nouvelles perspectives qui combleraient leurs attentes. On assiste d’ailleurs à une véritable romance entre les deux personnages, au fur et à mesure qu’ils doivent se soutenir pour affronter le froid, le chaud et la faim tous les deux, loin du confort de la Cité, et au fur et à mesure qu’ils apprennent à vivre sans la perspective de leur cristal qui s’assombrit – en effet, une fois sortis de la cité le cristal dans la paume de leur main est devenu transparent. Il est donc intéressant de suivre cette évolution, et l’ouverture de ces personnages qui découvrent, de façon certes naïve mais enthousiaste, une alternative à la vie qu’ils mènent, et qu’ils voudraient partager avec ceux qu’ils ont connus – dont Francis toujours sur leurs traces. Ils évoluent d’un hédonisme égoïste à un désir de donner et partager, de s’attacher à des gens qu’ils auront à leurs côtés pendant des années. C’est un sujet assez galvaudé, mais efficace puisqu’on s’y laisse volontiers prendre.

Entre le contexte et le visuel marqué 1970, et des personnages somme toute attachant nous font passer un très bon moment. En revanche, sans être complètement « con-con », ce n’est pas un film « intello » – loin de là. En effet, il aurait été intéressant d’ajouter quelques intrigues secondaires et d’étoffer l’univers du film, pour mieux comprendre les motivations des dirigeants de la cité, et même celles des rebelles, ainsi que les ressorts de cette société. A ce niveau, le film peut laisser sur leur faim les amoureux de science-fiction dystopique, mais il n’en reste pas moins que les amateurs de films S.F. un peu kitsch seront ravis… Et si vraiment vous voulez vous plonger plus en avant dans l’univers de Logan et Jessica, je vous conseille également la série tirée du film, L’Âge de Cristal diffusée entre 1977 et 1978, et plusieurs fois rediffusée sur le câble. On en apprend plus sur le « gouvernement » de la « Cité des Dômes », et la série se focalise sur les aventures de Logan (Gregory Harrisson), et Jessica (Heather Menzies), et de leur compagnon de route, un sympathique androïde rencontré lors du premier épisode, REM (Donald Moffat). Ils arpentent la surface du monde à bord d’une voiture à énergie solaire – en fait, on voit vraiment trop à l’écran qu’il s’agit d’une VRAIE voiture affublée d’une « jupette ». Le kitsch est encore là, mais les intrigues des quatorze épisodes sont vraiment prenantes, toutes de rencontres étranges en péripéties inquiétantes.

Et en prime, vous aurez une musique de générique REDOUTABLE signée Laurence Rosenthal’s! 😉 (Entre nous, quand mon frère et moi étions ados, nous nous disions que si le gars qui l’avait composé s’était entrainé dans son garage, ses voisins avaient du l’assassiner….)

Blanche Mt.-Cl.