Explorer Vénus avec les Soviets – La SF du bloc de l’Est au cinéma

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Deux cosmonautes transportés par leur robot pour échapper à une coulée de lave dans La Planète des Tempêtes – Source: Cinémotions.com

Aujourd’hui la chronique que je vais vous présenter est un peu particulière. En effet, il s’agit d’une remise à jour d’un article que j’ai rédigé aux tous débuts du blog, à l’époque où celui-ci n’était pas trop suivi, mais que j’ai tenu à re-partager avec vous pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, parce que je pense que les deux films dont il est question gagnent à être connus, et je souhaite profiter du nombre d’abonnés et du bon référencement du blog pour les faire connaître.

Et ensuite parce que quoi de mieux que les cent ans de la Révolution russe pour parler de la SF du bloc de l’Est? Car si l’on connaît les innovations que doit le cinéma à la propagande soviétique (malgré tout l’irrespect que je dois à ce régime) en termes de plans de caméra et de montage, et les chefs d’œuvre d’Eisenstein, on en sait en général beaucoup moins sur des genre cinématographiques tels que la science-fiction! Aussi j’ai souhaiter réparer cette méconnaissance maintenant que le blog a « quelques » abonnés de plus! Je vais donc vous parler de deux petits films que j’ai eu l’occasion de voir il y a quelques années sur Ciné FX (dieux que cette chaîne me manque!) dans un cycle dédié: L’Étoile du Silence et La Planète des tempêtes… Je vais vous présenter succintement chacun d’entre eux, avant de vous offrir une petite critique comparée de ceux-ci! Attention, nous entrons dans l’histoire des idées!

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Histoire des géants du ciel – Zeppelin (Gérard A. Jaeger)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens ce week-end avec une autre chronique livre (deux dans la semaine, c’est qu’on deviendrait presque un vrai blog littéraire par ici! 😉 ) un peu particulière, puisqu’il s’agit d’une petite parenthèse historique. En effet, je l’avais évoqué il y a quelques temps déjà, mais je voudrais mettre en ligne des chroniques sur des sujets historiques, des essais littéraires ou autres, consacrés à des thèmes en rapport avec la ligne éditoriale du blog.

À la lumière de quelques publications du blog, comme des romans Steampunk, ou encore un article thématique consacré au zeppelin il y a un peu plus d’un an maintenant, j’ai pensé qu’il serait sympathique de vous parler d’un vrai ouvrage dédié à cette baleine des airs: Zeppelin – Ou l’incroyable histoire des dirigeables géants de Gérard A. Jaeger. Offert par mes grand-parents il y a quelques jours, je l’ai pris pour la traduction d’un ouvrage de cet auteur, lu il y a six ans pour mon mémoire… Mais en fait, je me suis trompée: c’est un livre récent mais comme il recoupe les divers écrits de Jaeger que j’ai lus en allemand à cette époque, cela m’a « confusionnée ». 🙂

Je vous invite donc, le temps d’une courte chronique, à décoller avec moi au bord de ces fabuleux dirigeables!

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Le règne de la débrouillardise – « L’Ile mystérieuse » (Jules Verne)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Couverture de l’édition poche du roman

Tout d’abord, je tiens à remercier les lecteurs réguliers, visiteurs occasionnels, abonnés fidèles et nouveaux abonnés du blog, car comme je l’ai annoncé la semaine dernière sur Facebook et Twitter, nous avons renouvelé le record de fréquentation de décembre avec un premier mois où nous avons passé… les 1400 vues. Sans compter que vos commentaires et encouragements me vont droit au cœur. Donc, encore une fois, merci beaucoup! Mais maintenant, vous me mettez la pression, et la qualité a intérêt à être au rendez-vous dans mes contenus, maintenant! 🙂

Je commence ce mois de février avec une chronique, je l’espère, de meilleure qualité que celle de la semaine dernière, consacrée à l’un de mes auteurs favoris. Comme ne l’ignorent pas ceux qui me suivent depuis longtemps, j’aime beaucoup les romans « à l’ancienne », et je suis très curieuse des balbutiements de la S.F. Après 20,000 Lieues sous les mers, je reviens avec un très beau roman, un autre « Voyage extraordinaire »: L’Île Mystérieuse. Ceux qui ne l’ont pas lu ont peut-être vu la mini-série hispano-italo-française adaptée du roman avec le regretté Omar Sharif. Bien sûr, je ne dois pas être la première à en poster un avis sur mon blog, mais je ne peux m’empêcher de revenir sur ce roman culte.

Êtes-vous prêts à suivre nos aventuriers à la découverte de cette mystérieuse île?

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Un vieux coucou de la S.F., kitsch et sombre – Planète interdite (Fred M. Wilcox, 1956)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Affiche du film – Source: Wikipedia

Comme promis, je vous accorde cette semaine, et même un peu en avance (qui sait si je ne prendrai pas le temps de vous gratifier d’un petit bonus en fin de semaine?), une chronique cinéma, contrairement à la semaine dernière. C’est que je prévois d’avoir pas mal à faire aujourd’hui, surtout qu’encore une fois, je bloque un peu en graphisme 😥 entre autres choses. Enfin, bref…

Pour ceux d’entre vous qui suivent le blog depuis ses débuts, 🙂 vous devez vous souvenir que j’ai chroniqué quelques vieux machins comme L’Âge de Cristal, Le Jour où la Terre prit feu, ou deux oeuvres soviétiques kitschissimes comme je les affectionne, je reviens avec un film de science-fiction assez ancien, un classique du genre: Planète interdite, sorti en 1956.

Je l’ai vu pour la première fois quand j’avais neuf ans, alors que le mardi soir, mes parents me laissaient me coucher plus tard parce que je n’avais pas école le lendemain. Le film m’avait, je m’en souviens, fait assez froid dans le dos à ce moment-là, et m’avait valu quelques cauchemars, alors qu’en général, je n’étais pas très impressionnable. Pour cause: il avait fait travailler à cent à l’heure ma petite imagination! Quand je l’ai revu, une fois adulte, je l’ai perçu autrement.

Je me devais donc de partager ce classique avec vous…

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Un film Disney méconnu – L’Ile sur le toit du monde (Robert Stevenson, 1974)

Titre: L’Ile sur le toit du monde (The Island at the Top of the World)
Année de production: 1974
Réalisation: Robert Stevenson
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h34
Distribution: Donald Sinden, David Hartman, Mako Iwamatsu, Jacques Marin, Agneta Eckemyr, David Gwillim, Gunnar Öhlund…

Chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Affiche du film – Source: Wikipedia

Si vous avez un jour fait un tour du côté d’Eurodisney, outre le Chateau de la Belle au Bois Dormant, vous avez peut-être noté, non-loin du Space Mountain et du Nautilus, un café à l’entrée monumentale ornée de d’un dirigeable, et au décor intérieur résolument rétro-futuriste… le Café Hypérion. Il est l’un de mes endroits favoris du parc: c’est là que lors de ma première visite avec mes parents, j’avais assisté à un spectacle acrobatique sur le thème de Mulan, et qu’avec des amis, j’avais bu une boisson chaude en regardant de vieilles aventures de Mickey sur un écran géant. J’adore la décoration, l’architecture, et ce dirigeable à l’entrée! (J’aime les dirigeables à tel point que j’y ai consacré mon mémoire de fin d’études en fac d’Allemand!) Mais ne vous êtes-vous jamais demandé à quoi l’Hypérion il faisait allusion? Non?… Qu’à cela ne tienne, j’ai très envie de vous le dire! Le dirigeable Hypérion figure bien dans un film des studio Walt Disney, un long-métrage d’aventure sorti dans les années 1970, et peu connu en comparaison de monuments comme 20,000 Lieues sous les Mers, j’ai nommé… L’Ile sur le Toit du Monde.

Je l’ai découvert il y a quelques années, quand au hasard de promos VHS – nous n’avions pas encore de lecteur DVD à la maison – ma mère en a fait l’acquisition. Elle l’avait vu étant enfant et avait très envie de nous le faire découvrir à mon frère et à moi. Êtes-vous donc prêts à vous embarquer à bord du ballon avec moi pour un petit film d’aventures kitschou à l’ancienne?

NB: L’Ile sur le Toit du Monde étant très peu connu, je n’ai trouvé que peu d’images de qualité. J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur.

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Un Disney sans chanson – « Atlantide: l’Empire Perdu » (2001)

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Affiche – Source: Allôciné.fr

Titre: Atlantide: l’Empire perdu (Atlantis, the Lost Empire)
Année de production: 2001
Réalisation: Kirk Wise, Gary Trousdale
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h31
Distribution: Micheal J. Fox, James Garner, Cree Summer…

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Me voici de retour avec, enfin, une critique cinéma en bonne et due forme. Comme je n’ai guère le temps d’aller au cinéma (c’est dommage, j’adore les critiques « à chaud »! 🙂 ), je fais avec ma DVDthèque! Ainsi, avec les vacances, certains d’entre vous ont sans doute les enfants ou les petits frères et soeurs à la maison. Il est donc temps de leur faire re-découvrir un Disney qui semble pour beaucoup, être passé à la trappe… Atlantide: l’Empire perdu.

Sorti quand j’avais quinze ans, il est le dernier Disney que j’aie été voir au cinéma. Je vais donc vous le présenter…

  • Exploration

Le film s’ouvre sur une séquence catastrophe, alors que l’on voit une immense vague s’approcher d’une cité parcourue par des véhicules volants en forme de poisson, et détruire tout sur son passage. Alors que la panique s’installe dans la population qui essaie d’échapper au désastre, la reine tente de protéger sa petite fille, quand soudain, ses yeux s’illuminent avant qu’elle soit captée puis absorbée par un rayon lumineux. Sa petite fille en pleurs s’accroche à elle, mais le roi, son père, intervient pour lui faire lâcher sa mère. La cité s’enfonce ensuite sous les flots…

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Milo s’imaginant en conférence dans son pauvre placard… – Source: lecinemaestpolitique.fr

Des millénaires plus tard au début du XXe siècle, le jeune Milo Thatch, linguiste et cartographe, gâche son talent dans la chaufferie du Smithonian Institute de Washington. Obsédé tout comme l’était son défunt grand-père, par l’Atlantide, il a mis le doigt sur une erreur de traduction qui situait le Manuscrit du Berger, guide pour atteindre la Cité engloutie, en Irlande. Sûr et certain que celui-ci se trouve en fait en Islande, le jeune homme demande à ses supérieurs au sein de l’institut de financer une expédition. Face à leur refus, il présente sa démission.

Mais – SURPRISE – une blonde sculpturale, Helga Sinclair, l’attend dans son appartement. Sans lui demander son avis, elle l’amène en pleine nuit chez un riche magnat des plus excentriques, Preston Whitmore, un ancien ami de son grand-père. Celui-ci explique à Milo qu’il était proche de son grand-père, et qu’il a, par dette morale, dépêché une équipe de talents en Islande qui a finalement trouvé le Manuscrit du Berger. Mais il leur manque un linguiste pour le déchiffrer et conduire les autres vers l’Atlantide.

Bien sûr, Milo accepte et rejoint l’équipe à bord d’un immense sous-marin extrêmement sophistiqué, l’Ulysse. Il fait la connaissance du commandant Rourke dont Helga Sinclair est la seconde, mais aussi de toute une galerie de personnages hauts en couleur: Gaëtan dit « La Taupe », géologue français, Vincenzo Santorini, expert en explosifs italien (en même temps, avec un nom pareil, il ne pouvait pas être fleuriste!), Amadou Gentil, un médecin afro-américain, Audrey Ramirez, une très jeune mécano surdouée sud-américaine, Madame Placard, l’opératrice téléphonique, et « Cookie », le cuistot du Far West amateur de cuisine bien lourde.

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Le commandant Rourke (au centre) – Source: DisneyWikia.com

Les choses tournent mal quand l’Ulysse est attaqué par un immense poisson métallique, dans lequel Milo reconnaît un Léviathan, ces machines protectrices de l’Atlantide décrites dans le Manuscrit du Berger. Il comprend que l’expédition se rapproche du but… Mais le navire subit de graves avaries, et l’équipage doit évacuer à bord de mini-sous-marins qui se faufilent dans une caverne dont Milo espère qu’elle est le « syphon d’évier » qui doit les mener vers l’Atlantide. Les rescapés de l’Ulysse émergent alors dans une poche d’air sous-terraine. Ils rassemblent l’équipement qu’ils ont pu sauver, comme des foreuses et des proto-jeeps, et se lancent dans l’exploration du dédale de grottes qui s’étend devant eux. Outre un volcan endormi, ils trouvent les ruines de bâtiments cyclopéens, preuves de l’existence d’une civilisation ancienne aux techniques très avancées. A intervalle régulier, on surprend des silhouettes masquées suivant nos explorateurs… Par une nuit, le bivouac est assailli par des insects lumineux qui par contact font s’enflammer les tentes. En fuyant, l’équipe tombe au fond d’une crevasse. Alors qu’il reprend conscience, Milo, blessé, se trouve nez à nez avec une jolie blondinette aux grands yeux qui le soigne en le touchant avec le cristal de son pendentif. Quand Rourke et les autres se remettent en marche, Milo décide de se lancer à la poursuite de la belle blonde… et conduit le reste de l’expédition vers une ouverture qui donne sur une vue imprenable: une cité entourée d’eau et bordée par une végétation luxuriante. L’Atlantide.

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La princesse Kida et son père – Source: Allôciné.fr

La jeune femme blonde qui les accueille sur place, la sauveuse de Milo, n’est autre que Kida, princesse atlante. Si elle est surexcitée et très enthousiaste quant à l’arrivée de ces visiteurs, son royal père considère l’incursion de ces explorateurs armés avec méfiance. Milo, tout heureux de faire connaissance avec les Atlantes et d’en connaître plus sur leur civilisation, se lie d’amitié avec Kida. Il espère en apprendre plus de sa part, car une page manque au Manuscrit du Berger. Il découvre que celle-ci, comme le reste de son peuple, ne sait pas lire, car la soif de connaissance a disparu dans la cité. C’est donc à Milo de décrypter les symboles de ruines englouties pour lui expliquer certains grands enjeux de l’histoire atlante. Il comprend que Kida et les siens sont maintenus en vie par le cristal qu’ils portent autour du cou, alimentés par une source d’énergie très puissante. Il apprend par ailleurs que les motivations de Rourke, Helga et le reste de l’équipe n’étaient pas si pacifiques, quand Rourke, le cueillant au retour de son expédition avec Kida, lui brandit sous le nez la fameuse page manquante illustrée qui montre un cristal géant rayonnant d’énergie. Il comptait sur Milo pour trouver son emplacement et s’en emparer, pour le revendre aux gouvernements européens qui préparent leur entrée en guerre… Or ce cristal est aussi une arme terrible, à partir du moment où il sent un danger planer sur la cité, et peut s’avérer redoutable entre de mauvaises mains.

Milo, Kida, absorbée par le cristal qui la retient prisonnière, et les Atlantes se trouvent alors en grand danger… Milo saura-t-il faire comprendre à ses anciens co-équipiers que la sauvegarde de tout un peuple est plus important que l’argent? Parviendra-t-il à sauver Kida du terrible sort qui l’attend entre les mains de Rourke?

  •  Une production pas comme les autres

Avec Atlantide: l’Empire perdu, Disney s’est aventuré sur un nouveau terrain. En effet, il était question de produire non-pas un conte de fées ponctué de numéros musicaux, mais un récit d’aventures dans la veine d’Indiana Jones autres histoires d’explorateurs. Il va sans dire que l’histoire reprend les ingrédients qui ont fait certains grands films – une quête, une civilisation disparue, de l’exotisme, des décors monumentaux, une galerie de personnages très typés, voire assez cliché mais somme toute sympathiques qui ajoutent un peu de piment, de l’action, des richesses légendaires, une demoiselle en détresse. Bref, des choses que vous pouvez retrouver dans Indiana Jones, que je citais plus haut, Les Mines du roi Salomon ou encore dans les livres de Jules Verne – en particulier Voyage au centre de la Terre ou Vingt Mille Lieues sous les mers.

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Helga Sinclair – Source: Allôciné.fr

Graphiquement, Atlantide: l’Empire perdu marque également sa différence par un dessin plus nerveux et anguleux, très changeant du canon habituel de Disney avec ses princesses aux visages poupins ou aux grands yeux. Le héros, Milo, est affublé d’un menton en galoche et la seule rondeur existant chez ce grand dégingandé, ce sont ses lunettes. Le seul personnage rond, Gaëtan, ressemble à une petite bombonne face à la silhouette filiforme de Vincenzo ou de la carrure d’Amadou, et bien plus face à la musculature et à la mâchoire exagérées de Rourke. De même, chez les femmes, si la silhouette de la princesse Kida accuse quelques rondeur et son visage plus de douceur, les autres sont soit assexuées comme la toute jeune Audrey ou laides comme la vieille placard, et la seule « femme fatale » du lot, Helga Sinclair, est toute en angles, jusque dans le dessin de sa chevelure. La rondeur est donc, soit synonyme de bizarrerie chez Gaëtan, soit de douceur chez Kida, et permet de « lire » dès les premières images du film. Je sais que ce parti pris a perturbé plus d’un amateur de Disney, qui y ont vu du travail bâclé. Pour ma part, je pense qu’au contraire, cela a été le fruit d’un travail réfléchi, et d’une volonté de la production de se démarquer des précédents dessins animés. Par ailleurs, il existe des formes d’art primitifs venues d’Afrique, d’Amérique ou du Pacifique, à la plastique tout aussi anguleuse qui nous fascinent et que nous trouvons belles.

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L’Ulysse, un vaisseau inspiré du steam punk et de Jules Verne – Source: Voracinéphile
  • Une ambiance particulière

Je pense donc qu’il serait injuste de considérer le travail comme bâclé quand nous en voyons l’ensemble. En effet, l’atmosphère et les décors ont été très travaillés. On y trouve une certaine influence du steam punk (pour faire simple, du rétro-futurisme) dans le style vestimentaire des membres de l’expédition et dans leur équipement aux proportions démesurées. C’est particulièrement notable avec l’Ulysse, un sous-marin monumental aux mécanismes mécaniques apparents que l’on verrait tout à fait dans une adaptation de Vingt-Mille lieues sous les mers.

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Milo s’émerveillant à bord de l’Ulysse – Source: Allociné.fr

La plupart d’entre nous n’est pas sans connaître le mythe de l’Atlantide – le philosophe grec Platon fait mention d’une cité fabuleuse engloutie par les flots, punition des dieux pour l’orgueil de ses habitants. En effet, ceux-ci auraient eu accès à d’immenses connaissances et à une longévité exceptionnelle. Mais contrairement à bien des interprétations fictives (films et livres d’aventures), l’équipe de production n’a pas voulu en faire une civilisation grecque avec temples à colonnes ioniennes. Elle s’est donc inspirée de l’architecture maya et cambodgiennes, pour créer une cité hybride. Cela a pour résultat des vues impressionnantes de la cité, établie sur une éminence au milieu des eaux, émergeant au milieu d’un nuage d’écume.

Le style vestimentaire de ses habitants, qui semblent de type européen avec leurs cheveux d’un blond très clair et leurs yeux bleus, peut nous faire penser aux Indiens d’Amérique du Sud, ainsi qu’aux costumes des peuples du Pacifique avec leurs paréos. D’ailleurs, on retrouve le bleu comme dominante principale, qu’il soit sombre ou très lumineux, ou un simple reflet sur le visage des personnages. Tout cela contribue à ancrer les Atlantes dans un univers aquatique très pittoresque et exotique, pour un résultat impressionnant à l’écran qui diffère de tout ce que Disney avait jusque là produit.

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Milo et Kida, dominant la cité avec le reste de l’expédition – Source: W12.fr

Mais l’ambiance visuelle n’est pas le seul effort de recherche faits par la production. L’élaboration de la civilisation atlante a été encore plus poussée. Ne serait-ce qu’au niveau technologique, on retrouve un peuple très avancé, détenteur d’une source d’énergie inépuisable qui garantit, même sous terre, un cycle jour nuit, ainsi que santé et longévité aux habitants de la cité (pour exemple, Kida a plus de huit-milles ans, puisqu’elle a assisté à l’engloutissement de l’Atlantide) ainsi qu’une protection de la cité dans son ensemble en cas de menace. Ce cristal se retrouve autour du cou de chaque Atlante, servant à la fois de médicament, de source de lumière ou de clé de contact pour les véhicules de la cité. Mais cela a un prix: en effet, à chaque danger important, le cristal, doté d’une volonté propre et de capacités de destruction phénoménale, puise sa puissance dans l’assimilation du corps humain – plus précisément, une femme de sang royal. C’est à cette scène que l’on assiste au début, lorsque la mère de Kida est engloutie par le cristal, et vers les deux tiers du film quand Kida elle-même, possédée, est absorbée par le cristal et embarquée dans un container par Rourke.

On se rend compte au début du film, dans la séquence d’ouverture, qu’il s’agit d’une société dotée d’armes puissantes envoyant des décharges, de véhicules autopropulsés et d’automates géants qui génèrent un champ de force protecteur autour de la cité. Fait amusant pour ces Atlantes si proches de la mer, leurs véhicules, qu’ils montent comme des sooters des mers, ont la forme de poissons et autres crustacés mécaniques.

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La scène la plus connue du film: Kida, possédée par le cristal avant assimilation par celui-ci – Source: Allociné.fr

Une langue spécifique, une sorte de synthèse indo-européenne – selon la théorie en cours dans le film, l’Atlantide serait le berceau de toutes les langues – a même été mise au point, avec son alphabet, par… Marc Okrand. Ce linguiste américain n’est autre que le père du klingon (cela parle aux fans de Star Trek, surtout!).

La bande originale fait également beaucoup. Composée par James Newton Howard, elle comprend des thèmes épiques – particulièrement dans la première partie du film, et dans les scènes d’action finales – et des morceaux aux sons très typés. On y trouve des carillons, cloches et gongs qui apportent une touche d’exotisme, une fluidité et une douceur, voire une certaine sérénité que l’on associe au milieu aquatique. Cela est particulièrement visible dans la séquence sous-marine mettant en scène Kida et Milo déchiffrant l’histoire de l’Atlantide dans des vestiges engloutis. La musique peut donc rendre certaines scène vraiment envoûtantes… Ce à quoi ne seraient pas parvenus les numéros chantés des autres classiques des studios Disney.

Si l’ambiance est très fouillée, et somme toute captivante, qu’en est-il du storytelling?

  • Scénario et clichés

Comme évoqué plus haut, on retrouve les schémas classiques des récits d’aventure, avec des antagonismes et clichés maintes fois explorés dans le cinéma: amour de la science et protection des populations locales opposées à la cupidité des uns, idéalisme et moralité irréprochables des personnages principaux qui parviennent à ramener à leur vue le plus grand nombre et qui se fait respecter des locaux, « héros » qui sauve la jolie fille et la cité entière au passage, le méchant qui ne récolte que ce qu’il mérite.  C’était pourtant le premier Disney avec un scénario aussi complexe et aux enjeux si multiples – des questions de préservation de population sont évoquées, un peu dans la veine de Pocahontas.

Il en résulte donc quelques clichés agaçants à mon goût comme la belle Kida qui fait figure de la « bonne sauvage » (évidemment canon, sinon elle ne ferait pas battre le coeur du héros) alors qu’elle est l’héritière d’une civilisation brillante. J’ai également trouvé étrange qu’étant vivante depuis des millénaires et fille de roi, elle n’ait jamais appris à lire malgré sa volonté afficher de redonner tout son lustre à sa cité (en même temps, comment voulez-vous faire rayonner un endroit totalement isolé?).

Milo qui une fois qu'il s'est énervé, devient aussi musclé qu'il est burné - Source: DisneyCentralPlaza.com
Milo qui une fois qu’il s’est énervé, devient aussi musclé qu’il est burné – Source: DisneyCentralPlaza.com

Quant à Milo, ma foi… Je ne sais pas ce qu’a le cinéma américain avec les gens instruits ou intelligents qui sont toujours dépeints comme maladroits et socialement inaptes et dont il semble légitime de se moquer – en témoignent les taquineries à répétition des différents membres de l’équipe, et ces diverses situations où le jeune homme est tourné en ridicule. Ce traitement du personnage de Milo Thatch me dérange, d’autant plus que du ridicule le plus total, il devient un véritable leader quand il s’agit d’aller sauver la princesse, après avoir pris la grosse tête à apprendre à lire à Kida. Il eût été plus drôle qu’il reste une sorte d’anti-héros, ou que sa transformation soit plus progressive. En même temps, c’est Disney et le film ne dure qu’une heure et demie…

Je lisais récemment des critiques assez dures arguant que les personnages d’Atlantide ne sont pas attachants. Je n’irais pas jusque là, mais je pense – sans compter que les ressorts psychologiques des personnages chez Disney ne sont jamais très, très subtils – qu’à force d’avoir travaillé sur un scénario un peu plus complexe que d’habitude, on en a négligé les personnages qui s’ils sont amusants, sont très « clichés ». C’est particulièrement vrai pour les personnages féminins – Helga la vénéneuse femme fatale, Placard la vieille peau aigrie, Audrey le garçon manqué, et Kida la belle princesse valeureuse. Après, hein, c’est comme tout, quand on veut absolument voir le mal quelque part, on le trouve!

Cela ne devrait pas empêcher de regarder le film et de l’apprécier, comme c’est mon cas, mais j’imagine que cela donne du grain à moudre à plus d’un anti-Américain ou d’un anti-Disney…

  • Conclusion: Une réussite graphique pour une histoire inégale

A la base, j’avais pris une bonne claque en allant le voir au cinéma, car les studios Disney ne m’avaient pas habituée à ça. Si je goûtais certains contes comme La Belle au Bois Dormant et Aladin pour leur beauté graphique, La Belle et la Bête pour son romantisme (oui, c’est affreux, je suis romantique) ou Mulan pour son humour, les productions Disney ont fini par me lasser car leurs bons sentiments dégoulinants et les clichés véhiculés m’agaçaient. C’était déjà vrai à l’adolescence. On pourrait me reprocher d’avoir perdu mon âme d’enfant, mais quand je vois à quel point les princesses sont idolâtrées, ou des personnages complètement idiots qui servent de faire-valoir comme Olaf dans La Reine des Neiges, je me demande quel « merveilleux » j’ai envie de montrer à mes enfants…

Atlantide: l’Empire perdu m’avait fait un bien fou quand je le comparais aux autres production du même studio. On y voyait ce que j’aimais – de la technologie, de l’action, de l’aventure, un univers graphique complètement différent et captivant avec ses décors somptueux et ses personnages typés. La scène de la caverne au cristal, où la belle Kida possédée marche et lévite au-dessus de l’eau, servie par une bande originale magnifique, m’avait coupé le souffle. Bref, j’avais adoré. J’en apprécie toujours autant la beauté formelle, mais je pense que la production n’a pas bien maitrisé la création de ses personnages, à force d’un scénario complexe dont elle n’avait pas l’habitude, et que les bonnes idées n’ont pas été explorées à fond.

Cela dit, et malgré ses faiblesses, il a le mérite d’être une création originale et non-pas l’adaptation d’un conte ou d’une légende et d’avoir un scénario et un graphisme un peu moins prévisibles que la moyenne. Il y a eu un réel effort d’imagination, et ce malgré le schéma du récit d’aventures classique.

Mais je pense que concernant les dessins animés, hormis pour les amateurs de manga, le public n’aime pas trop les incursions dans l’univers de la science-fiction – on y est quand même un peu avec le contexte technologique du film, ou du moins dans le rétro-futurisme. En témoignent les échecs commerciaux non seulement d’Atlantide, mais aussi de La Planète au Trésor et de Titan A.E. (celui-là produit par la Fox). Finalement, si un tel dessin animé est oublié, c’est aussi du fait des goût du public, et malheureusement, de certaines habitudes qui ont été prises, et qui ont fermé l’esprit des spectateurs à autre chose qu’un univers de princesses en jolies robes et de chansons.

Ainsi donc, il serait grand temps de ressortir notre DVD du placard et de le faire redécouvrir aux petits cousins, neveux, frères et soeurs, enfants en vacances! Car même si on y trouve certains clichés, ce dessin animé reste à prendre pour ce qu’il est… un récit d’aventure pour un public en quête d’évasion, un divertissement tout de bleu et d’eau, avec une musique à couper le souffle, qui fait la part belle à l’action et à l’exotisme. Un petit film à regarder l’été, quoi!

J’espère en tout cas vous avoir donné envie de le (re)découvrir.

Blanche Mt.-Cl.

L’Antre de Wolf – Le Sang des Wolf – Huitième Flashback – Juin 2014

Dans ce huitième flashback, extrait du journal de Terwull l’Ancien, les choses se corsent. En effet, celui-ci se lance dans l’exploration de la clinique du Docteur Wolf, pour faire la lumière sur ses activités. Ce qu’il y trouve dépasse son entendement…

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Le Sang des Wolf – Les gardiens de la clinique
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Le Sang des Wolf – Découvertes dans un vieux poêle
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Le Sang des Wolf – Le bureau de Wolf dans le faisceau d’une torche
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Le Sang des Wolf – Une cuve à moitié enterrée dans les sous-sols de la clinique
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Le Sang des Wolf – Une trouvaille à glacer le sang

Les dessins sont volontairement gribouillés et flous pour rendre l’atmosphère surréaliste de cette scène – que certains de mes lecteurs ont trouvé, je cite, « flippante ». La preuve qu’une partie de mon travail de conteuse est bien faite! 🙂

Blanche Mt.-Cl.