Cinéma – Mon top 10 des morceaux de musique épiques dans des films SFFF

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

15035-NPZC1DTout d’abord, je tiens à vous remercier pour vos réponses et contributions à la « question blogging » de ce mercredi dédiée aux partenariats. Votre implication m’a fait chaud au cœur, et vos réponses me serviront, ainsi qu’à d’autres blogueurs et blogueuses qui se les posent. Donc, c’était top!

Comme vous vous en souvenez si vous avez jeté un œil au blog la semaine dernière, il était largement question de cinéma, et pas moins de six films ont été, si ce n’est décortiqués, du moins présentés. Aussi la chronique cinéma de ce vendredi se voudra un peu plus soft. Elle se penchera sur… des bandes originales, toujours dans la SFFF! 🙂 Et comme l’objectivité n’est pas le maître-mot sur ce blog, il s’agira de vous faire découvrir mes cinq bandes originales favorites des genres de l’imaginaire.

Préparez-vous pour un très beau voyage au pays des héros… et des vieux coucous cinématographiques!

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Redécouvrir sa propre humanité – « Equilibrium » (2002)

Titre: Equilibrium
Année de production: 2002
Réalisation: Kurt Wimmer
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h47
Distribution: Christian Bale, Emily Watson, Taye Diggs, Sean Bean…

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Affiche – Source: Imdb.com

Derrière le slogan quelque peu pompeux d’ « Oubliez Matrix » se cache l’un des films de science-fiction qui m’ait le plus marqué ces dernières années: Equilibrium, dirigé par Kurt Wimmer en 2002, qui a eu la malchance de sortir à peu près en même temps que les suites de Matrix. Eh bien même si cela peut sonner comme une hérésie, ce film m’a vraiment fait oublier Matrix dont les suites m’avaient beaucoup déçue – à mon avis, les Wachovski ont eu un peu de mal à trouver l’équilibre entre action pure et délire pseudo-phylosophique qui faisait le plaisir de mes potes « pseudo-intello » d’alors. Bref. Bien qu’étant fan  de Christian Bale (à la fois question de performance et de packaging, si j’ose dire), j’ai d’abord considéré Equilibrium avec méfiance, et j’ai attendu de le voir sur le câble pour acheter le DVD. Le sujet, l’histoire, l’esthétique, et ces enjeux liés à l’humanité et à l’émotion – absolument tout m’avait séduite.

Car l’émotion est l’essence-même d’Equilibrium, et ce pour une raison simple: imaginez une société futuriste et dystopique, où les citoyens ne sont pas autorisés à éprouver le moindre sentiment, la moindre émotion, et doivent absorber à intervalle régulier une drogue appelée le Prozium… et vous aurez une petite idée de ce qui se joue à Libria pour l’Ecclésiaste John Preston interprété par Christian Bale.

  • Libria
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La police de Libria – Source: equilibriumfans.com

L’histoire se passe donc dans la cité-Etat de Libria, vers la fin du XXIe siècle. Après une Troisième Guerre mondiale particulièrement meurtrière, les survivants ont élaboré la théorie suivante: ce cataclysme a été provoqué par la haine que les humains éprouveraient les uns pour les autres. Il s’agit donc d’attaquer le mal par la racine, en éradiquant la capacité des hommes à ressentir la haine. Pour cela, une seule solution: inhiber complètement les émotions des hommes – peine, douleur, jalousie, haine, mais aussi remords, joie, amour – par l’utilisation massive d’une drogue spécifique, le Prozium. Les citoyens de Libria ne peuvent donc pas être jaloux d’un autre, mais ne peuvent pas non-plus tomber amoureux ou prendre du plaisir à regarder une oeuvre d’art. Ils ne pleurent pas, ne cherchent pas l’accomplissement personnel ou la différenciation. Toute forme d’expression individuelle, dont l’art, est interdite. Tout cela est renforcée par l’uniformité des vêtements, des appartements et de l’aménagement des bureaux. Car l’uniformité est la base de cette société, afin de préserver la paix dans le monde. Ainsi, à différents moments de ma journée, les citoyens s’injectent du Prozium, et les objets classés E-101, c’est-à-dire à contenu émotionnels – films, enregistrements musicaux, oeuvres d’art, parfum, parfois de simple accessoires du quotidien – sont automatiquement incinérés. L’uniformité et la disparition de l’individualité est renforcée par la disparition des visages: en effet, les gardes ou agents de la police politique qui accompagnent parfois les Ecclésiastes en missions, ainsi que les bourreaux qui amènent les transgresseurs à l’incinérateur, sont toujours masqués ou casqués, comme si l’individualité était niée au point de refuser que les êtres aient des visages différents les uns des autres.

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Une vue du centre-ville de Libria – Source: tboake.com

Equilibrium fait sienne cette citation d’Heinrich Heine qui veut que: « Là où l’on brûle les livres, on finit par brûler des hommes. » Puisque Libria compte des ennemis en son sein: les « transgresseurs » (sense offender en version originale) refusent de prendre le Prozium. La plupart d’entre eux vivent dans les champs de ruines à l’extérieur de Libria surnommés les Enfers, ou dans des bases souterraines. Ils protègent différentes oeuvres d’arts et animaux de la police politique, le Tetra-Grammaton. Ses officiers, les Ecclésiastes, sont un genre de super-combattants pratiquant un art martial particulier, le « gun-cata », et sont en mesure d’identifier et d’arrêter les transgresseurs qui sont soit fusillés, soit incinérés vifs. L’Etat est dirigé par le Père (Sean Pertwee), qui s’adresse quotidiennement à la foule par le biais d’écrans géants et même d’images projetés sur des dirigeables.

Les lecteurs de science-fiction ou les curieux y reconnaîtront des éléments issus de différentes oeuvres, comme 1984 d’Orwell pour la dimension totalitaire et la dénonciation des transgresseurs, Farenheit 451 pour la destruction des biens culturels – et tout comme dans ces histoires, le personnage principal est censé être un acteur et un protecteur du système. Le Meilleur des Deux mondes ferait aussi partie des sources d’inspiration, mais comme je ne l’ai pas encore lu…

  • L’histoire
Partridge et Preston au siège du Tetra-Grammaton - Source: Allôciné.fr
Partridge et Preston au siège du Tetra-Grammaton – Source: Allôciné.fr

Le film commence quand John Preston (Christian Bale), un Ecclésiaste haut-gradé, vient arrêter un groupe de transgresseurs aux Enfers avec son co-équipier Errol Partridge (Sean Bean). Après avoir fait brûler la Joconde que les trangresseurs sus-mentionnés protégeaient, Preston exprime quelque suspicion quant à son collaborateur qu’il a surpris s’emparant d’un recueil de poésie lors de l’opération. Réalisant que celui-ci ne l’incinèrera jamais, il le suit jusqu’aux Enfers en pleine nuit et le trouve assis dans une cathédrale en ruine, à lire et déclamer du Yeats. Comme d’habitude, Sean Bean ne reste pas vivant jusqu’à la fin du film, car Preston exécute Patridge sans état d’âme. Pourtant, durant la nuit suivante, il rêve de sa défunte épouse, morte exécutée par incinération pour transgression, et au réveil, brise accidentellement sa capsule de Prozium. Avant même de pouvoir la remplacer, il fait la connaissance du remplaçant de Partridge, un Ecclésiaste consciencieux du nom de Brandt (Taye Diggs). Ensemble, ils arrêtent la transgresseuse Mary O’Brien (Emily Watson). Sans Prozium, assailli par des sentiments profondément enfouis qui remontent à la surface, Preston empêche Brandt de tirer sur Mary alors que celle-ci se défend. En fouillant dans ses affaires, il comprend que Mademoiselle O’Brien était la compagne de Partridge… Il se rapproche peu à peu des milieux de la Résistance et fait la connaissance de son chef, Jurgen (William Fichtner).

Interrogatoire de Mary - Source: equilibriumfans.com
Interrogatoire de Mary – Source: equilibriumfans.com

Très vite, il doit faire face à la suspicion de son propre fils éduqué à l’école de Libria et de Brandt, au moment où le Vice-Consul (Angus McFadyen) confie à Preston la mission de trouver un traitre parmi les Ecclésiastes et de tuer les chefs de la Résistance. En parallèle, Jurgen, dont Preston a gagné la confiance, lui demande de participer à une opération visant à détruire les stocks de Prozium et à tuer le Père… Mais dans un état totalitaire, rien ne peut aller facilement.

  • Une atmosphère fascinante et captivante

Bien que le film, une série B, souffre de quelques faiblesses dont plusieurs faux raccords, et ne puisse être considéré comme un chef d’oeuvre, il peut fasciner de par sa reconstitution d’une dictature du future. A mon sens, le résultat est esthétiquement très plaisant, avec des couleurs dé-saturées, voire quasiment inexistantes – noir, gris, gris-bleu, bleu sombre. Il n’y a quasiment pas de couleur associée à des sentiments comme le rouge, l’orange, le jaune or, le bleu soutenu ou le vert à Libria. Même les gyrophares des Ecclésiastes sont blancs.

L’architecture de la cité, très massive, est assez impressionnante – j’aime à l’appeler « dictatoriale ». Bien que les vues de Libria soient pour la plupart en image de synthèse, plusieurs scènes ont été tournées à Berlin pour ce mélange d’architecture fasciste (les arcades du stade olympique construit pour les Jeux de 1936, notamment) et massives. D’autres scènes ont été tournées près de la Porte de Brandebourg, de la Deutschlandshalle ou du Bundestag. Les intérieurs, comme ceux du Tetra-Grammaton, sont assez grandioses – on y voit des sculptures et des colonnades massives dans cette scène où le Vice-Consul convoque Brandt et Preston – et très ordonnés, symétriques, aseptisés, et les fenêtres des appartements sont obstruées par une pellicule translucide qui ne laisse pas voir le paysage.

Preston arrachant cette pellicule qui obstrue sa vue - Source: equilibriumfans.com
Preston arrachant cette pellicule qui obstrue sa vue – Source: equilibriumfans.com

C’est d’ailleurs vers sa fenêtre que se dirige Preston, à peine réveillé d’un cauchemar où il revoyait l’arrestation puis l’exécution de sa femme, pour arracher cette pellicule: s’offre alors à lui une vue surprenante de Libria dans la lumière dorée de l’aube. J’en arrive donc à cet autre aspect visuel du film, à savoir l’utilisation de couleurs chaudes dans les scènes à fort contenu émotionnel – comme la découverte de cette vue de Libria que jusque là le spectateur n’avait vu que grise, et qui la re-découvre en même temps que Preston. Il en est de même lors de la découverte de la planque où Mary O’Brien cache ses souvenirs de couleurs soutenus comme le bleu roi ou le rouge de flacon de verre, l’orange cuivré d’un vieux gramophone à la lumière dorée d’une lampe à pétrole. J’ai également noté, la seconde fois que j’ai vu le film, que même le teint des personnages change selon qu’ils soient ou non transgresseurs: en effet, si les visages semblent légèrement gris et neutres, on perçoit l’afflux sanguin montant au visage d’un Preston en colère ou désespéré: un exemple particulièrement marquant en est le souvenir de l’Ecclésiaste associé à l’arrestation de son épouse. Lorsque celle-ci se dégage des Ecclesiastes et se jette au cou de son mari pour l’embrasser, elle lui murmure de ne pas l’oublier. A cet instant, on voit les joues de Preston rougir, ce qui montre bien cette capacité à ressentir, enfouie au plus profond de lui-même…

Quant à la bande-originale, elle sonne… dictatoriale elle aussi. Bon, vous n’êtes pas sans connaître ce cliché qui associe la musique de Wagner et les choeurs de l’Armée rouge au nazisme et au communisme d’URSS – ce qui semble avoir inspiré Klaus Badelt dans la composition de la musique d’Equilibrium. Elle est très caractéristique, grave, solennelle, à la fois lente et rythmée, s’accordant parfaitement à l’environnement visuel de Libria, si l’on met à part des morceaux électro lors des scènes d’action.

Mais ce qui fait la puissance du film, c’est surtout le parcours personnel du héros, un individu qui redécouvre sa propre humanité…

  • Un parcours individuel

En faisant quelques recherches sur le film, j’ai été touchée en apprenant que Kurt Wimmer avait trouvé l’inspiration dans sa propre vie. Diplômé en arts, il aurait été dégoûté par la pédanterie du milieu artistique et aurait décidé de ne plus ressentir quoi que ce soit à la vue d’une oeuvre artistique. Il aurait finalement redécouvert le plaisir de l’art après être devenu père. C’est un peu le parcours de Preston qui dans Equilibrium redécouvre une part oubliée de son humanité: sa capacité à éprouver des sentiments.

Preston découvrant un disque de Beethoven dans une cachette de transgresseurs - Source: equilibriumfans.com
Preston découvrant un disque de Beethoven dans une cachette de transgresseurs – Source: equilibriumfans.com

Il y parvient, tout d’abord accidentellement, lorsqu’il brise sa capsule de Prozium, et se redécouvre lors de ses rencontres avec Mary et Jurgen, à travers ses souvenirs et la découverte d’oeuvres d’art. Les premières larmes que nous voyons Preston verser sont dues à la musique, particulièrement à l’écoute du premier mouvement de la Neuvième Symphonie de Beethoven – pas l’Hymne à la Joie. J’ai adoré cette scène, que j’ai trouvé très belle et extrêmement touchante – sans doute parce que j’aime Beethoven aussi! On retrouve également cette relation à l’art du côté de Partridge qui peut avant son exécution, récite un poème de Yeats: « Mais moi, je suis pauvre, je n’ai que mes rêves/ J’ai déroulé mes rêves à tes pieds,/Marche doucement car tu marches sur mes rêves… » (But I, being poor, have only my dreams; /
I have spread my dreams beneath your feet;
/ Tread softly because you tread on my dreams…) avant d’ajouter: « Assume ton rêve, Preston. » Il comprend donc déjà que Preston a cette chose inscrite en lui-même, ses sentiments, sa personnalité, et peut-être des envies et des rêves.

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Preston faisant face à un Brandt soupçonneux – Source: equilibriumfans.com

La découverte de l’émotion ne se fait pas sans heurt: en effet, comment mettre un mot sur des émotions qu’on n’est pas censé ressentir, et que l’on a jamais ressenties avant? En effet, comme l’a fait remarquer Partridge à Preston se disant désolé de devoir l’exécuter, celui-ci n’a aucune idée de ce qu’est avoir du remords. Cette éducation émotionnelle, si j’ose dire, permet de mieux d’identifier au personnage, tout d’abord froid, presque mécanique, de John Preston, cet Ecclésiaste sans la moindre émotion, qui se débat avec des sentiments qu’il ne parvient à identifier.

Le fait est que Christian Bale, mes goûts esthétiques mis à part, est un très bon acteur. S’il en jette dans son uniforme sombre, impassible avant de massacrer des transgresseurs, il est transfiguré par ces moments où son personnage découvre sa propre émotivité, par cette tension où il se débat, entre ses sentiments, cette nouvelle capacité d’empathie à l’encontre des transgresseurs – et même d’un chiot qu’il ne laisse pas abattre lors d’une descente aux Enfers, et cette peur de se faire prendre. La différente entre ce Preston agent du système et ce Preston pris en tant qu’individu, est tangible lors d’une scène où il visionne, horrifié, une vidéo de l’exécution de sa femme et remarque sa propre impassibilité à ce moment-là. L’expressivité de Bale est juste impeccable, et fait un pendant parfait à toutes ces agents du Tetra-Grammaton qui sont autant de silhouettes casquées et masquées, telles des fantômes.

Mary O'Brien - Source: equilibriumfans.com
Mary O’Brien – Source: equilibriumfans.com

D’autant plus que son personnage se trouve en butte, et ce en peu de temps, à tous les types d’émotion – peur d’être pris, tristesse en repensant à sa femme, solitude, tendresse envers ses enfants, étonnement face à un lever de soleil, haine et dégoût de ses supérieurs, chagrin à la perte d’un être dont il s’était immédiatement épris… à savoir Mary O’Brien avec qui il redécouvre une certaine forme d’amour, puisqu’il fera tout pour la sauver. Ce qui, comme on s’en doute, lui vaudra des ennuis car il craque. D’ailleurs, chapeau bas pour le choix d’Emily Watson dans le rôle de Mary: j’ai toujours été fascinée par l’expressivité et l’intensité de son regard qui a dû captiver notre Ecclésiaste.

Mais Preston, à peine ses émotions découvertes, va devoir les juguler pour mener à bien une mission politique, et apprendre que se laisser aller à celles-ci est un privilège, un luxe qu’il ne peut se permettre. C’est ce que lui enseigne Jurgen, le chef de la Résistance, car il sait que des choix difficiles imposent de mettre ses propres sentiments de côté. Y parviendra-t-il? C’est ce que vous saurez en regardant Equilibrium

En revanche, j’avoue m’être posé une question un peu tirée par les cheveux, et peut-être que Kurt Wimmer lui-même n’y a pas vraiment pensé. Il semble, à la lumière des rêves de Preston relatifs à sa femme, que le Prozium ne touche pas l’inconscient, et laisse cette marge aux êtres humains. Comme s’il soignait le symptôme mais pas la cause elle-même, et qu’au final, les sentiments ne peuvent totalement disparaitre, qu’ils sont là, tapis quelque part, et que chaque citoyen de Libria a en lui-même cette étincelle. Si tel n’était pas le cas, comment Preston, tout juste sorti de la torpeur du Prozium, aurait-il été capable de ré-arranger la disposition de son bureau à son propre goût, quand, depuis sa naissance, il n’a jamais eu aucune idée de ce que signifie développer des préférences personnelles et les exprimer? Comment peut-il savoir qu’un simple décalage de sa boîte de trombones le mettrait plus à l’aise?

  • Conclusion
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On termine avec Preston, juste pour le plaisir… – Source: equilibriumfans.com

Comme vous avez pu le lire dans cette critique – plus qu’une analyse – ce film m’a beaucoup touchée. J’ai beaucoup aimé l’histoire et me suis attachée au personnage principal, et aussi parce qu’adolescente, quand j’ai songé à écrire de la science-fiction, je me suis demandé ce que donnerait un monde où les émotions seraient bannies et inexistantes, et surtout, quelles en seraient les conséquences et les applications – guerre, manipulation des masses, exploitation au travail. Ça me faisait froid dans le dos, rien que d’imaginer jusqu’où « l’imaginaire despotique » peut aller.

Bien sûr, Equilibrium a ses faiblesses, ses faux-raccords, et les critiques ne sont pas nécessairement tendres avec cette série B à la mise en scène impeccable et de bonne facture, qui n’a pas bénéficié des budgets d’un blockbuster. Toujours est-il que pour certaines communautés de fans, il est considéré comme un film culte. Et quand on arrive à déchiffrer son code visuel, il devient possible et même très amusant de voir les réactions, subtiles, de chaque personnages, et de comprendre qui ressent ou non quelque chose. Pour ma part, je pense que l’univers exploré par Kurt Wimmer aurait mérité d’être approfondi, voire développé, avec des intrigues secondaires et plus de personnages féminins. Inutile de vous dire que je rêverais d’une version longue de ce film!

Je recommande donc ce film beaucoup plus riche qu’il n’y paraît, pour son atmosphère particulière et ses très bons acteurs, et pour son scénario plutôt sympathique qui aurait mérité un traitement plus en profondeur. Je vous souhaite donc un bon visionnage, ainsi qu’une bonne nuit!

Blanche Mt.-Cl.