Contes sombres et glauques – Deux recueils à (re)découvrir

« Et, pour la première fois de mon existence innocente et confinée, je perçus en moi-même des possibilités de dépravation qui me coupèrent le souffle. »

Angela Carter, « Le Cabinet Sanglant » in: La Compagnie des Loups

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Attention, attention, voici une petite chronique surprise, avec laquelle on retrouve la vocation première du blog: la littérature SFFF! Enfin une re-chronique, puisque j’avais déjà parlé de ces deux ouvrages, aux tout débuts du blog, lorsque celui-ci n’avait que quelques abonnés. Voici qu’après en avoir parlé en #MardiConseil j’ai décidé de consacrer à nouveau un petit article à ces deux livres qui gagnent à être connus.

En effet, ces dernières années, les réécritures de contes ont eu le vent en poupe, les vieilles histoires ont été revues, ré-explorées, recyclées de manière plus ou moins heureuse, à tel point que, il y a trois ans, j’y ai consacré une semaine thématique sur Les Mondes de Blanche! Ceci dit, les deux recueils de contes que je vais vous présenter ne sont pas pour les enfants! 🙂 Ils sont emprunts de noirceur et même parfois d’une certaine sensualité. Ils abordent parfois des sujets dérangeants, extrêmement dérangeants, et il arrive également qu’ils prêtent à sourire…  Venez découvrir non pas un, mais deux livres dont je vous offre une petite lecture comparée! Continuer la lecture de Contes sombres et glauques – Deux recueils à (re)découvrir

Enquête en pays toon – Qui veut la peau de Roger Rabbit? (Robert Zemeckis, 1988)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens à nouveau, pour clore ce mois d’août avec une chronique film. En effet je commence tout juste à avancer sur ma lecture en cours qui, paradoxalement (c’est une histoire de loup-garou), ne me passionne pas plus que ça. J’espère que l’histoire va devenir un peu plus intéressante, mais me voici sans chronique livre cette semaine (sauf si je devais achever cet opus plus vite que prévu!)…

J’ai donc choisi, alors que les vacances touchent à leur fin pour certains d’entre vous, de parler comédie avec un film culte. J’ai nommé… Qui veut la peau de Roger Rabbit? une comédie sortie en 1988 et signée Robert Zemeckis, qui avait auparavant conquis le monde avec Retour vers le Futur. Je connais ce film depuis ma plus tendre enfance et le revois volontiers, tant son ambiance me séduit, et tant les situations absurdes m’amusent. Aussi, je vous emmène dans le Hollywood post-Seconde Guerre mondiale, où les toons sont de véritables stars…

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Jeunesse victorienne – Mycroft Holmes (Kareem Abdul-Jabbar, Anna Waterhouse)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

91we9ryuuhlTout d’abord, je tiens à m’excuser de ma relative absence de ces dernières semaines, dont je vous avais prévenus il y a quelques temps déjà. Comme vous vous en doutez, je suis très occupée avec le graphisme, mais j’ai enfin renvoyé la première partie du projet « brochure de parfumeur » (je suis assez contente de ce que j’ai envoyé, je me suis éclatée, j’espère donc que mes correcteurs vont aimer eux aussi!). Je me permets donc de me relâcher un peu avec le blogging! 🙂

Je suis tout de même parvenue à achever un livre – je me permettais un repos lecture le soir – à savoir l’un des livres offerts par mon frère pour mon dernier anninversaire: Mycroft Holmes de Kareem Abdul-Jabar et Anna Waterhouse, qui nous renvoie dans la jeunesse de Mycroft Holmes, frère aîné du grand détective…

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Mystère et machines sur fond de Seconde Guerre mondiale – Les trois fantômes de Tesla, t. 1: Le mystère Chtokavien (Marazano, Gilhem)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

616n5mwcoxlSurprise, les p’tits loups! 🎉

Je n’ai pas pu me résoudre à attendre pour revenir aux chroniques livre avec une fort agréable lecture, à savoir une BD que l’on m’a offerte à Noël! Et puis après tout, nous sommes aussi sur un blog littéraire, que diable! Ce serait un comble que vous loupiez ma première lecture après Noël! J’ai donc le plaisir de vous présenter le premier tome des Trois Fantômes de Tesla, signé Marazano et Guilhem, Le mystère Chtokavien.

Je pense que mon frère a été inspiré par mon goût prononcé pour l’histoire et l’uchronie en m’offrant cette bande dessinée, qui m’a séduite au premier regard, notamment grâce à sa magnifique couverture, qui reprend une mise en page de livres « à l’ancienne », avec ses rehauts métalliques et la texture de la partie en aplat de couleurs. Bref, rien que l’extérieur de l’ouvrage donne envie. 🙂 Mais parlons maintenant de l’intérieur…

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Une enquête dans l’Allemagne nazie des années 60 – « Fatherland » (Robert Harris)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens ce lundi avec une chronique express consacrée à un roman que j’ai lu pendant un été, à l’époque où j’étais en fac d’allemand. Vous comprendrez pourquoi à cette époque il m’avait beaucoup intriguée… J’ai donc fait l’acquisition, par curiosité, de cet ouvrage mélangeant policier et uchronie: Fatherland. Initialement publié en 1992 sous le titre Le sous-marin noir en français, il est rédigé par l’auteur britannique Robert Harris, connu pour ses thrillers et romans historiques (dont le très sympathique Pompéi qui m’a agréablement surprise) avant de reprendre son titre original lors d’une réédition.

C’est la toute première uchronie que j’aie lue, alors que je ne connaissais pas le concept, D’abord curieuse, je me suis très vite laissée prendre par l’ambiance et l’intrigue de ce livre…

  • Un monde où les Nazis ont gagné la guerre

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Couverture de l’édition de poche – Source: Amazon.fr

Berlin ou plutôt Germania, 1964. L’Allemagne nazie a gagné la Seconde Guerre mondiale. Le Reich s’apprête à célébrer en grande pompe l’anniversaire du vieil Hitler, toujours Führer, par une visite du président Kennedy – Joseph, le père de John – qui a pour but de mettre fin à la Guerre Froide qui oppose les deux nations. Les journalistes du monde entier se pressent dans la capitale allemande pour couvrir cet événement historique. C’est dans ce contexte que Xavier March, inspecteur de la Kriminal Polizei – la « Kripo » – est chargé d’enquêter sur l’assassinat d’un grand dignitaire nazi, Josef Bühler.

Mais alors qu’il progresse et réalise que Bühler n’est qu’un membre important du parti parmi d’autres à être tué, la Gestapo décide de l’écarter et de prendre le relais. Suite à sa rencontre avec la journaliste d’investigation américaine Charlie Maguire, elle aussi désireuse d’en savoir plus sur ces assassinats, March comprend que l’on cherche à effacer des indices capitaux, afin d’effacer toute trace de l’un des plus grands crimes de l’histoire, à l’heure où le Reich est sous le feu des projecteurs… Et il découvre des vérités qui l’horrifient. C’est une course contre la montre qui s’engage en compagnie de Charlie pour révéler au monde ce que le gouvernement du Reich tente de cacher…

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La sublimation du laid et du grotesque – « Histoires Extraordinaires » et « Nouvelles Histoires Extraordinaire » d’Edgar Poe

Très chers lecteurs de ce blog,

Eventuels nouveaux arrivants,

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Couverture – Source: Amazon

Tout d’abord, je tiens à vous présenter mes excuses pour « l’inactivité récente » de ce blog. Je traverse en effet une période un peu chargée et j’ai eu à mettre le blog un peu entre parenthèses. J’espère donc me faire pardonner avec cette nouvelle critique littéraire…

Me voici donc de retour avec deux recueils absolument, comme leur nom l’indique, EXTRAORDINAIRES. A défaut de pouvoir vous gratifier de mes propres créations par manque de temps, j’essaie de varier les plaisirs en termes de littérature, et de vous faire partager la créativité d’auteurs et de conteurs de talents. Permettez-moi de rendre hommage à deux ouvrages abondamment présentés et souvent acclamés, les Histoires Extraordinaires et les Nouvelles Histoires Extraordinaires d’Edgar Allan Poe (1809-1849). Outre le fait qu’il s’agisse de grands classiques, ils mettent en lumière l’imagination débordante et l’esprit torturé d’un auteur que l’on pourrait qualifier de « père de l’horreur ». Et encore, je trouve qu’horreur ne rend pas très bien compte de la chose. Je parlerais plutôt de belle horreur… Mais entrons dans le vif du sujet.

  • Des contes sombres et étranges

Initialement publiés dans des magazines littéraires aux Etats-Unis, les contes d’Edgar Poe sont parus en France après la mort de Poe lui-même. Ainsi, respectivement en 1856 et 1857, l’éditeur Michel Lévy frère publie les Histoires Extraordinaires et les Nouvelles Histoires Extraordinaires, deux anthologies constituées et traduites par un poète fameux… Charles Baudelaire (1821-1867), non moins torturé que Poe lui-même. Et ces deux livres extraordinaires sont restés tels quels aujourd’hui, et ce sont toujours ces traductions de Baudelaire qu’étudient les collégiens et lycéens de France. Pour ma part, je n’ai jamais eu la chance d’étudier Poe à l’école (je me serais moins faite c***r en cours, fort probablement…), seulement de le traduire en cours d’anglais à l’université.

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Couverture – Source: Amazon

En revanche, ces recueils regorgent d’histoires diverses et variés, de la nouvelle policière (surtout dans les Histoires Extraordinaires) qui mettent en scène un détective récurrent, le chevalier Auguste Dupin – Double Assassinat dans la Rue Morgue, La Lettre volée… – des histoires fantastiques – La vérité sur le cas de Monsieur Valdemar, Metzengerstein, Ligeia… – ou d’ambiance – Le Masque de la Mort Rouge, Le Roi Peste… Attendez-vous donc à du mystère à résoudre, à des fins ouvertes où l’on se demande si tout ce qu’on vient de lire n’est pas une vaste arnaque, si cela a été fantasmé, ou encore à des histoires de fantôme absolument envoûtantes.

  • Ecrire comme on peint…

J’ai pour la première fois entendu parler de Poe (et de Vincent Price) dans le court-métrage de Tim Burton Vincent, qui comptait l’histoire d’un petit garçon épris d’histoires d’horreur. Et j’avoue que, au vu de certaines adaptations des Histoires Extraordinaires, que je m’attendais à crever de trouille et à ne pas pouvoir fermer l’oeil de la nuit. Nada! J’ai découvert un univers foisonnant, dont l’esprit était toujours trahi par les adaptations (excepté Le Tombeau de Lady Ligeia, qui, s’il étoffe beaucoup l’histoire originale, n’en est pas moins un film de fantôme très divertissant mettant en scène… Vincent Price, justement!). Et surtout, j’ai aimé cette façon d’écrire, j’ai adoré m’imprégner de ces descriptions imagées et détaillées, qui m’évoquaient autant des tableaux que des histoires. Car voilà ce qui m’a charmée, voire carrément envoûtée dans la plume d’Edgar Poe: il écrivait ses histoires comme s’il peignait des tableaux. C’est extrêmement troublant et captivant, de voir à quel point de simples histoires courtes sans grand suspense peuvent prendre une telle dimension et marquer les esprits – cette scène de banquet du Roi Peste avec ses participants difformes dans une lumière glauque, ou la course de ce cheval aux yeux flamboyants dans Metzengerstein, l’une de mes nouvelles préférés, ou encore l’étrange transformation de Lady Rowena à la fin de Ligeia. De plus, la version française a bénéficié d’une traduction AU POIL, par l’un de mes poètes préférés, Charles Baudelaire.

Il est inutile que je disserte des heures sur la beauté de ces textes ou sur les thèmes abordés – enquêtes, fantômes, grotesque… – mais je ne pouvais passer à côté de ces oeuvres remarquables sorties de l’esprit torturé d’un véritable poète, d’un visionnaire. Et c’est peut-être ce qui m’a séduite aussi bien chez Baudelaire que chez Poe, cette peinture sublimée du « moche », du laid et du grotesque, cette plongée dans la noirceur, qui transforme en véritable beauté les sujets exposés. J’espère de tout coeur que vous vous essaierez à Poe, ou que vous le redécouvrirez un jour avec un oeil nouveau, juste pour le plaisir de l’ambiance… Mes nouvelles préférées en sont, pour les Histoires Extraordinaires: Metzengerstein, La Vérité sur le cas de Monsieur Valdemar et Ligeia et pour les Nouvelles Histoires Extraordinaires: Le Masque de la Mort Rouge, Le Roi Peste et Le Coeur Révélateur.

En attendant, vous pouvez toujours jeter un coup d’oeil à ces deux recueils, que vous trouverez dans différentes éditions.

Titre: Histoires Extraordinaires
Auteur: Edgar Allan Poe
Editions: Livre de Poche
Collection: Classiques
285 p.
Parution: Mars 1972 (pour l’édition de poche, régulièrement réédité)
Prix: 3,00 €

Titre: Nouvelles Histoires Extraordinaires
Auteur: Edgar Allan Poe
Editions: Livre de Poche
Collection: Classique
264 p.
Parution: Mars 1972 (pour l’édition de poche, régulièrement réédité)
Prix: 9,00 €

Blanche Mt.-Cl.