Il était une fois… la cruauté – Tale of Tales (Matteo Garrone, 2015)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Affiche du film – Source: AlloCiné

Cela fait un petit moment que je ne vous ai pas gratifiés d’une chronique cinéma… Aussi c’est avec un certain plaisir je reviens en ce jour vous parler de cinéma. Et par la même occasion, je fais à nouveau une incursion dans le monde des contes avec un opus assez luxueux qu’étrange. J’ai nommé Tale of Tales, sorti en 2015 et dirigé par Matteo Garrone. Pour vous faire une idée du visuel du film, je vous conseille de vous reporter à l’affiche ci-contre, qui vous donnera une idée de ce que vous allez voir à l’écran…

Mais oubliez romantisme, princes charmants, gentilles fées, preux chevaliers et grandeur d’âme car toutes ces histoires ont un point commun: elles sont empreintes de la cruauté la plus noir. Laissez-moins maintenant vous amener en un monde aussi beau que sombre…

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Espiègleries en armure et roi de légende – Merlin (série, 2008-2012)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Tout d’abord, je tiens à m’excuser du retard accusé avec cette chronique. Le fait est que j’ai été plus fatiguée que prévu cette semaine, et je n’ai pas réussi à veiller assez longtemps le soir pour écrire… Mais qu’à cela ne tienne, voici une petite chronique tout en légèreté! Après la noirceur de ma dernière lecture, je vous emmène dans un « pays de légende, au temps de la magie », où tout commence par trois lettres magiques: B… B… C…

Peut-être cela vous donnera-t-elle l’envie de vous lancer dans une session de rattrapage ce week-end, qui sait? 😉 Bref, tout ça pour vous dire que j’ai décidé de m’y coller, suite à la lecture, sur le blog Mon Univers en Séries et en Livres, d’un article dédié au château de Pierrefonds, où fut partiellement tournée ladite série: Merlin.

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Arthur (mon futur mari) et Merlin, duo de choc de la série – Source: Allociné.fr

Série fantasy de cinq saisons diffusée entre 2008 et 2012 sur BBC One, elle a été créée par Julian Jones, Jake Michie, Johnny Capps et Julian Murphy, inspirés par le principe de Smallville (que je n’ai jamais regardé), dédié à la jeunesse de Superman. Ainsi, Merlin explore de manière très libre la légende arthurienne, par le biais de la jeunesse de deux personnages mythiques: le sorcier Merlin et le roi Arthur Pendragon. Pour anecdote, ce n’est pas moi qui ai commencé à suivre la série, mais mes parents, quand j’étais étudiante. Si eux ont tout de suite accroché lors de la première diffusion sur SyFy, j’ai d’abord eu du mal à adhérer avant de devenir la fan numéro un à la maison.

Je vous emmène donc dans un pays de légende, pour l’une de mes meilleurs surprises TV de ces dernières années…

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Légendes médiévales: Deux livres intéressants – Février 2015

Très chers lecteurs de ce blog,

J’espère que ce post ravira les amoureux de contes, mythes et légendes!… Et qu’il donnera envie aux autres d’y regarder de plus près.

J’ai longtemps hésité avant de rédiger une critique littéraire. Je voulais quelque chose qui sorte un peu de l’ordinaire, mais qui reste attaché aux univers de l’imaginaire. J’ai donc pensé à ce que l’on appelle le « merveilleux » (contes, fées, lutins, etc. …), et à la vogue de celui-ci au Moyen-Âge. C’est ainsi que j’ai dégoté pour vous, dans les tréfonds de ma bibliothèques, deux livres d’introduction, deux courts essais sur le sujet. Il s’agit du Fantastique au Moyen-Âge de Samuel Sadaune, et de Héros et merveilles du Moyen Âge: Arthur, la licorne et les fées dirigé par l’illustre historien médiéviste Jacques LeGoff.

IMG_3890J’ai redécouvert il y a quelques années mon intérêt pour le Moyen-Âge, et en particulier pour le mythe arthurien. Cela m’a amenée à regarder les autres contes et légendes… pour retrouver des histoires encore présentes dans la culture populaire. En effet, qui ne connaît pas la légende d’Arthur et des Chevaliers de la Table ronde – au moins à travers Kaamelot (pas du tout mon trip, je préfère vous le dire), Merlin ou le cultissime Excalibur? Quel grand romantique n’a pas rêvé au récit des amours de Tristan et Iseult? Qui n’a pas entendu, au moins une fois dans sa vie, le nom de la fée Mélusine, mère de la lignée des Lusignan?… Ces contes sont abordés, avec leurs différentes variantes, dans l’ouvrage dirigé par Le Goff. Le livre de Sadaune, quant à lui, explore les peurs et les croyances des médiévaux, liées au religieux avec une sorte de bestiaire divin et une conception de l’au-delà empreinte de christianisme, et également liées à la connaissance du monde. En effet, on croyait à cette époque à des lieux mythiques comme le pays de Cocagne, le Royaume du Prêtre Jean ou encore des terres habitées par de mystérieuses peuplades comme les Cynocéphales (hommes à tête de chien).

Ainsi ces deux livres se complètent merveilleusement bien et citent des sources d’époque abondantes comme des romans ou des récits de voyage, nous plongeant dans la pensée des hommes et femmes du Moyen-Âge. À une époque où la frontière entre le réel et l’imaginaire était mince, les mémoires d’explorateurs tels que Marco Polo ne pouvaient paraître crédible que s’il n’y était fait mention d’animaux merveilleux, et il n’était pas rare que ceux-ci fassent état de ouï-dires quant à des monstres qu’ils pensaient être des dragons ou des licornes. De même, la « matière de Bretagne » sur laquelle fut bâtie le mythe arthurien (sur lequel je pense revenir dans un prochain post), faisait figure de récit historique qui a pris une ampleur légendaire quand la noblesse européenne a cherché de nouveaux idéaux de bravoure à travers les romans. Romans qui sont d’ailleurs compilés dans des bibliographies abondantes pour ceux qui souhaitent lire dans le texte les exploits du roi Arthur, ou des sires Lancelot et Perceval.

Doit-on pour autant conclure que les médiévaux étaient une bande de naïfs sans cervelle?… Que nenni. Avant d’entrer dans ces livres, il est important de sortir de cette idée qui veut que les hommes du Moyen-Âge n’étaient qu’un ramassis de fous de dieu obscurantistes, complètement abrutis par ce que leur disaient leurs prêtres. Les connaissances n’étant pas celles que nous avons aujourd’hui, le monde concret était rempli d’irrationnel, ce qui laissait une place au mystérieux dans la vie quotidienne. N’oublions pas que cette époque est aussi celle de grandes prouesses comme la construction des cathédrales, ainsi que d’esprits brillants, de voyageurs et de conteurs… passés à la trappe par les hommes de la Renaissance pour mettre en valeur leurs propres réalisations artistiques ou autres. Car il est à parier que les médiévaux eux-mêmes n’ont plus beaucoup cru au merveilleux qui a déserté la littérature à la fin du Moyen-Âge, à moins d’être traité sur un mode parodique.

En fait, ces deux livres nous font voyager dans une époque où les hommes et les femmes avaient contrairement à nous, assez d’humilité pour accepter l’irrationnel dans leur vie. Je vous conseille donc ces livres qui vous plongeront dans des récits merveilleux, faits d’armures étincelantes, de combats épiques, d’êtres surnaturels, d’épées portant des noms évocateurs et d’étonnantes métamorphoses. 🙂 De plus, ils sont courts et abondamment illustrés, ce qui vous permet de partager la perception de ces gens, et de voir comment ils représentaient le merveilleux.

Titre: Le Fantastique au Moyen-Age
Auteur: Samuel Sadaune
Editions: Ouest France
Collection: Histoire-Mémoire
144 p.

Titre: Héros et Merveilles du Moyen-Age
Auteur: Jacques Le Goff (Dir.)
Editions: L’Histoire
Collection: Illustré Histoire
96 p.

Blanche Mt.-Cl.

Chimère – Fontaine Saint-Michel – 2007

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Chimère – Fontaine Saint-Michel

Durant mes études à Paris – en particulier durant mes études d’histoire, j’ai passé un certain temps dans le Quartier Latin, entre la Sorbonne, la bibliothèque de cette prestigieuse université (à la réputation surfaite, m’est d’avis), le Boulevard Saint-Michel, Gibert, la Rue Danton. C’était une période un peu difficile où j’avais des doutes sur mes études – que j’avais prises en horreur, je l’avoue. Je trainais littéralement les pieds pour aller à la fac, j’étais très renfermée et je ne parvenais plus à réfléchir correctement sur mon avenir, ou à parler aux autres. Quitte à pousser parfois mes promenades jusqu’à Notre-Dame.

Je passais donc des heures à flâner dans le quartier, jusqu’au dernier moment pour éviter l’attente avec les autres étudiants, avant de m’isoler à une place où je serais sûre qu’on m’oublierait. J’aimais à passer devant la fontaine Saint-Michel, mettant en scène l’Archange Michel terrassant le Démon. C’est kitsch, mais manichéen et simple, rassurant. C’est pendant un  cours qu’au lieu de prendre des notes, j’ai attrapé mon stylo et ai  « commis », plus ou moins de mémoire, plus ou moins fantasmée, cette chimère inspirée de celles de la fontaine.

Blanche Mt.-Cl.