B.D Science-Fiction et Uchronie – « Space Reich – Tome 1: Duel d’Aigles »

Très chers lecteurs,

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Couverture de Space Reich

Me voici de retour… Le moins que l’on puisse dire que cette semaine fut très « spatiale« , puisque pour cette lecture du dimanche, je reviens avec un opus consacré à la conquête spatial. Comme vous le savez, je m’intéresse aux uchronies, et j’en ai découverte une autre récemment, dans la veine de Zeppelin’s War – déjà présenté sur ce blog. Il s’agit du premier tome de Space Reich, Duel d’Aigles. Sur fond de Seconde Guerre mondiale, on y assiste à la naissance des programmes spatiaux et de la course à l’espace.

En 1941, l’histoire a pris un autre tournant que celui que nous connaissons. Le Royaume-Uni est gouverné par le roi Edward VII, pro-nazi avec son épouse Wallis, tandis que Churchill, face à la montée du fascisme en Angleterre, a émigré au Canada. Au cours des ans, le Reich avance à l’Est et parvient à écraser l’URSS grâce aux missiles conçus par Wernher von Braun qui lui, ne rêve que d’atteindre le cosmos. Le Reich s’étend donc de Vladivostok à Brest. C’est à cette même période que les Etats-Unis, dirigés par Charles Lindbergh devenu président, déclarent pouvoir gagner l’espace avant l’Allemagne. Et pour cela, ils ont une carte en main: lors d’une mission commando dans le Pacifique Nord, ils interceptent un navire allemand transportant des prisonniers plus que précieux… l’auteur et ingénieurJacques Bergier (qui a existé!), et un certain ingénieur soviétique: Sergueï Korolev.

Voici une uchronie au thème pour le moins original et très bien documenté – je sais de quoi je parle, dans ma « vie précédente », lorsque je faisais des études de géopolitique, mon domaine de spécialité était la coopération spatiale internationale entre l’Europe et la Russie. En effet, la plupart des programmes spatiaux qui ont vu le jour en Europe et aux Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale découlent des travaux balistiques de Wernher von Braun, et que les fusées sont nées des missiles. Selon certaines théories plus ou moins fumeuses (vous avez peut-être déjà entendu parler des fameuses armes secrètes ou des « O.V.N.Is nazi…), et même plus sérieuses, les Allemands, de par leur avance dans la balistique, auraient pu être les premiers dans l’espace, et également sur la Lune. Quant à Sergueï Korolev, on lui doit les premiers succès du programme spatial soviétique. L’histoire contée dans Space Reich est donc intéressante car elle remonte d’une façon quelque peu inattendue aux origines du spatial, et en fait un des enjeux de la lutte contre les Nazis. C’est devenu une arme psychologique, quelque chose dont on doit parler dans les actualités filmées, car il faut toujours surenchérir pour montrer qu’on peut faire mieux que l’adversaire. D’ailleurs, le spatial – et les auteurs de la bande dessinée ne sont pas passés à côté de cet aspect – est certes une technologie stratégique, mais aussi un instrument de prestige. En effet, les efforts sont si importants, d’un point de vue technologique, financier et politique (seule des institutions nationales ont les ressources nécessaires pour mobiliser argent et scientifiques), la mise en place est chronophage et peut prendre des retards de plusieurs années, les risques sont si énormes, que chaque succès n’en est que plus grand. C’est le symbole du génie de ceux qui ont chapeauté le programme.

Petits bémols cependant, au niveau de la narration: de trop nombreux sauts dans le temps qui donnent parfois l’impression d’une succession de scènes sans grand lien les uns avec les autres. Je préfère mettre ça sur le compte du fait qu’il s’agit d’un premier tome, donc d’une exposition de la situation. Car le final en lui-même est assez saisissant, et donne très envie de lire la suite… Donc, affaire à suivre…

Titre: Space Reich – Tome 1: Duel d’Aigles
Auteurs: Richard D. Nolane, Maza, Marko Nikolic
Editions: Soleil Productions
Collection: Wunderwaffen
62 p.
Parution: Janvier 2015
Prix: 14,95 €

Blanche Mt.-Cl.

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Film Fantastique Jeunesse – « L’Apprentie Sorcière » (1971)

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Affiche (Source: Disney.fr)

Titre: L’Apprentie Sorcière (Bedknocks and Broomsticks)
Année de production: 1971
Réalisation: Robert Stevenson
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h53 (2h14 pour la version rallongée
Distribution: Angela Lansbury, David Tomlinson, Cindy O’Callaghan, Ian Weighill, Roy Snart…

Comme c’est mercredi, certains enfants n’ont peut-être pas école cet après-midi. En réalité, j’ai du mal à retenir le nouveau rythme scolaire. Mais peu importe. Si vous souhaitez distraire vos têtes blondes, voici l’un des films que je préférais étant enfant: L’Apprentie Sorcière, adaptations de livres pour enfants britannique, sorti bien avant les adaptations cinéma de Narnia ou Harry Potter, mais un peu après Mary Poppins… mais qui ravira les amateurs de ces différents genres. Et pourtant, il fut un échec commercial relatif, qui fit que les studios Disney ne produisirent plus de comédies musicales. Le film eut plus de succès lorsqu’il ressortit à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

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Carrie, Charlie et Paul lors de leur première rencontre avec Miss Price (Source: Notonbluray.com)

De quoi est-il question? Durant la Seconde Guerre Mondiale, Carrie, Charlie et leur petit frère Paul, sont, comme des milliers d’enfants britanniques, envoyés à la campagne pour échapper aux bombardements des grandes villes. Après la mort de leur tante dans une explosion, ils arrivent dans un charmant village côtier et confiés contre son gré à Miss Eglantine Price (Angela Lansbury), une jeune femme légèrement excentrique, mais aussi appréciée que convoitée, qui, au grand étonnement de son entourage, ne s’est jamais mariée. Ce qu’ils ne savent pas, et que les enfants vont bientôt découvrir alors qu’ils tentent de s’enfuir de chez elle, c’est que la dame s’amuse, pendant la nuit, à voler sur des balais et à pratiquer la magie dans sa remise. Ils décident de rester et de lui faire acheter leur silence quant à son secret. En effet, Miss Price suit des cours de sorcellerie par correspondance, afin de développer de nouveaux talents de magicienne et de contribuer ainsi à l’effort de guerre. Mais quand elle apprend par courrier qu’en raison de la guerre, ses cours vont cesser, elle ne peut accepter d’interrompre son cursus de sorcière et d’abandonner ses projets pour repousser les Allemands. La lettre est signée professeur Emélius Browne (David Tomlinson – vous savez, Monsieur Banks dans Mary Poppins!)Elle use un sort pour gagner Londres avec Carrie, Charlie et Paul à bord d’un lit volant et de chercher le professeur… qui se révèle être un imposteur et un pleutre, un escroc qui squatte une maison abandonnée à Londres, et qui n’a fait dans ses « cours » que recopier les sorts d’un vieux grimoire. Or il manque une partie du livre – la vraie raison de la fin des cours. Commence alors une folle aventure à travers Londres et autres lieux magiques, à la recherche des pages manquantes et du fameux sort qu’elles abritent…

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Eglantine Price et Emélius Browne, dansant sous l’océan (Source: Fanpop.com)

Voici donc, à mon avis, une histoire prenante qui n’a rien à envier à certains chefs d’oeuvre de la littérature jeunesse! Pour ma part, je pense qu’on peut l’apprécier aussi bien quand on est enfant qu’adulte! Dans la veine de Mary Poppins, ce film mélange habilement quelques séances musicales – dont la mémorable scène de Portobello Road avec ces numéros de danses exotiques dont nous gratifient les régiments du Commonwealth stationnés à Londres, un peu cliché mais sympathique, ou la séquence en animation sous la mer – film traditionnel et animation – les aventures sur l’île magique de Naboombu et cet hilarant match de foot avec des animaux parlants, arbitré par Emelius Browne!

Les personnages sont très sympathiques, et comme d’habitude, Angela Lansbury joue très bien. Elle y campe une « vieille fille » convoitée et excentrique, avec du caractère, qui n’hésite pas à recourir à des sorts pour obtenir ce qu’elle veut. Cela lui vaut d’ailleurs quelques déconvenues, puisque n’usant pas de magie noire, ses sorts ne sont pas bien méchants, et ont, au vu de sa maladresse de débutante, des résultats parfois inattendus. Elle évolue beaucoup, puisqu’elle découvre ce qu’est la « vie de famille » avec les trois garnements qu’on lui a confiés, et à qui, au fil de ses aventures, elle finit par s’attacher. J’ai d’ailleurs pu lire qu’elle était bien plus charmante dans le film que dans le livre… Les trois enfants sont, quant à eux, plutôt futés: Charlie, l’aîné sceptique et pragmatique marqué par la guerre qui redécouvre son âme d’enfant et un papa de substitution avec le professeur, la douce et coquette Carrie (la petite a une bobine trop mignonne!), et le plus jeune, Paul, qui s’émerveille de tout. Quant au professeur Emelius Browne, comme on s’y attend, il s’améliore au fur et à mesure de l’histoire… sous l’influence d’Eglantine et de leur idylle naissante, bien sûr!

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Miss Price expérimentant le sort de « substitutiari-locomotion » sur ses propres affaires (Source: Pinterest.com)

Le film a reçu un Oscar pour ses effets spéciaux en 1972 et je dois avouer que ces fameux effets – hormis le défilé de lumières psychédéliques lors du voyage en lit – n’ont pas pris une ride. Ce qui est étonnant quand on compare à certains films plus récents! D’ailleurs, sur ce sujet, je ne peux pas vous en dire plus sans un léger petit spoiler, mais certaines scènes sont vraiment du grand art, comme celle où Eglantine anime des objets! Après des années j’aime toujours autant Emelius Browne se battre avec une paire de gants de jardinages pour danser avec la chemise de nuit d’Eglantine! Quant à la scène finale… elle est vraiment à couper le souffle, et à elle seule vaut la peine de voir le film!

Bref, c’est un film que je vous recommande vivement, pour vous, vos petits frères, vos petits cousins ou vos enfants… et même pour vous-même, histoire d’animer vos soirées ou après-midi! Pour ma part, même lorsque j’étais enfant, mon frère et moi ne voyions pas les deux heures du film passer! Je vous laisse avec sa bande annonce, et vous souhaite de passer un bon moment avec Miss Price et ses chenapans:

(A noter que l’image est bien plus belle sur l’édition DVD…)

Blanche Mt.-Cl.