Un Disney sans chanson – « Atlantide: l’Empire Perdu » (2001)

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Affiche – Source: Allôciné.fr

Titre: Atlantide: l’Empire perdu (Atlantis, the Lost Empire)
Année de production: 2001
Réalisation: Kirk Wise, Gary Trousdale
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h31
Distribution: Micheal J. Fox, James Garner, Cree Summer…

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Me voici de retour avec, enfin, une critique cinéma en bonne et due forme. Comme je n’ai guère le temps d’aller au cinéma (c’est dommage, j’adore les critiques « à chaud »! 🙂 ), je fais avec ma DVDthèque! Ainsi, avec les vacances, certains d’entre vous ont sans doute les enfants ou les petits frères et soeurs à la maison. Il est donc temps de leur faire re-découvrir un Disney qui semble pour beaucoup, être passé à la trappe… Atlantide: l’Empire perdu.

Sorti quand j’avais quinze ans, il est le dernier Disney que j’aie été voir au cinéma. Je vais donc vous le présenter…

  • Exploration

Le film s’ouvre sur une séquence catastrophe, alors que l’on voit une immense vague s’approcher d’une cité parcourue par des véhicules volants en forme de poisson, et détruire tout sur son passage. Alors que la panique s’installe dans la population qui essaie d’échapper au désastre, la reine tente de protéger sa petite fille, quand soudain, ses yeux s’illuminent avant qu’elle soit captée puis absorbée par un rayon lumineux. Sa petite fille en pleurs s’accroche à elle, mais le roi, son père, intervient pour lui faire lâcher sa mère. La cité s’enfonce ensuite sous les flots…

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Milo s’imaginant en conférence dans son pauvre placard… – Source: lecinemaestpolitique.fr

Des millénaires plus tard au début du XXe siècle, le jeune Milo Thatch, linguiste et cartographe, gâche son talent dans la chaufferie du Smithonian Institute de Washington. Obsédé tout comme l’était son défunt grand-père, par l’Atlantide, il a mis le doigt sur une erreur de traduction qui situait le Manuscrit du Berger, guide pour atteindre la Cité engloutie, en Irlande. Sûr et certain que celui-ci se trouve en fait en Islande, le jeune homme demande à ses supérieurs au sein de l’institut de financer une expédition. Face à leur refus, il présente sa démission.

Mais – SURPRISE – une blonde sculpturale, Helga Sinclair, l’attend dans son appartement. Sans lui demander son avis, elle l’amène en pleine nuit chez un riche magnat des plus excentriques, Preston Whitmore, un ancien ami de son grand-père. Celui-ci explique à Milo qu’il était proche de son grand-père, et qu’il a, par dette morale, dépêché une équipe de talents en Islande qui a finalement trouvé le Manuscrit du Berger. Mais il leur manque un linguiste pour le déchiffrer et conduire les autres vers l’Atlantide.

Bien sûr, Milo accepte et rejoint l’équipe à bord d’un immense sous-marin extrêmement sophistiqué, l’Ulysse. Il fait la connaissance du commandant Rourke dont Helga Sinclair est la seconde, mais aussi de toute une galerie de personnages hauts en couleur: Gaëtan dit « La Taupe », géologue français, Vincenzo Santorini, expert en explosifs italien (en même temps, avec un nom pareil, il ne pouvait pas être fleuriste!), Amadou Gentil, un médecin afro-américain, Audrey Ramirez, une très jeune mécano surdouée sud-américaine, Madame Placard, l’opératrice téléphonique, et « Cookie », le cuistot du Far West amateur de cuisine bien lourde.

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Le commandant Rourke (au centre) – Source: DisneyWikia.com

Les choses tournent mal quand l’Ulysse est attaqué par un immense poisson métallique, dans lequel Milo reconnaît un Léviathan, ces machines protectrices de l’Atlantide décrites dans le Manuscrit du Berger. Il comprend que l’expédition se rapproche du but… Mais le navire subit de graves avaries, et l’équipage doit évacuer à bord de mini-sous-marins qui se faufilent dans une caverne dont Milo espère qu’elle est le « syphon d’évier » qui doit les mener vers l’Atlantide. Les rescapés de l’Ulysse émergent alors dans une poche d’air sous-terraine. Ils rassemblent l’équipement qu’ils ont pu sauver, comme des foreuses et des proto-jeeps, et se lancent dans l’exploration du dédale de grottes qui s’étend devant eux. Outre un volcan endormi, ils trouvent les ruines de bâtiments cyclopéens, preuves de l’existence d’une civilisation ancienne aux techniques très avancées. A intervalle régulier, on surprend des silhouettes masquées suivant nos explorateurs… Par une nuit, le bivouac est assailli par des insects lumineux qui par contact font s’enflammer les tentes. En fuyant, l’équipe tombe au fond d’une crevasse. Alors qu’il reprend conscience, Milo, blessé, se trouve nez à nez avec une jolie blondinette aux grands yeux qui le soigne en le touchant avec le cristal de son pendentif. Quand Rourke et les autres se remettent en marche, Milo décide de se lancer à la poursuite de la belle blonde… et conduit le reste de l’expédition vers une ouverture qui donne sur une vue imprenable: une cité entourée d’eau et bordée par une végétation luxuriante. L’Atlantide.

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La princesse Kida et son père – Source: Allôciné.fr

La jeune femme blonde qui les accueille sur place, la sauveuse de Milo, n’est autre que Kida, princesse atlante. Si elle est surexcitée et très enthousiaste quant à l’arrivée de ces visiteurs, son royal père considère l’incursion de ces explorateurs armés avec méfiance. Milo, tout heureux de faire connaissance avec les Atlantes et d’en connaître plus sur leur civilisation, se lie d’amitié avec Kida. Il espère en apprendre plus de sa part, car une page manque au Manuscrit du Berger. Il découvre que celle-ci, comme le reste de son peuple, ne sait pas lire, car la soif de connaissance a disparu dans la cité. C’est donc à Milo de décrypter les symboles de ruines englouties pour lui expliquer certains grands enjeux de l’histoire atlante. Il comprend que Kida et les siens sont maintenus en vie par le cristal qu’ils portent autour du cou, alimentés par une source d’énergie très puissante. Il apprend par ailleurs que les motivations de Rourke, Helga et le reste de l’équipe n’étaient pas si pacifiques, quand Rourke, le cueillant au retour de son expédition avec Kida, lui brandit sous le nez la fameuse page manquante illustrée qui montre un cristal géant rayonnant d’énergie. Il comptait sur Milo pour trouver son emplacement et s’en emparer, pour le revendre aux gouvernements européens qui préparent leur entrée en guerre… Or ce cristal est aussi une arme terrible, à partir du moment où il sent un danger planer sur la cité, et peut s’avérer redoutable entre de mauvaises mains.

Milo, Kida, absorbée par le cristal qui la retient prisonnière, et les Atlantes se trouvent alors en grand danger… Milo saura-t-il faire comprendre à ses anciens co-équipiers que la sauvegarde de tout un peuple est plus important que l’argent? Parviendra-t-il à sauver Kida du terrible sort qui l’attend entre les mains de Rourke?

  •  Une production pas comme les autres

Avec Atlantide: l’Empire perdu, Disney s’est aventuré sur un nouveau terrain. En effet, il était question de produire non-pas un conte de fées ponctué de numéros musicaux, mais un récit d’aventures dans la veine d’Indiana Jones autres histoires d’explorateurs. Il va sans dire que l’histoire reprend les ingrédients qui ont fait certains grands films – une quête, une civilisation disparue, de l’exotisme, des décors monumentaux, une galerie de personnages très typés, voire assez cliché mais somme toute sympathiques qui ajoutent un peu de piment, de l’action, des richesses légendaires, une demoiselle en détresse. Bref, des choses que vous pouvez retrouver dans Indiana Jones, que je citais plus haut, Les Mines du roi Salomon ou encore dans les livres de Jules Verne – en particulier Voyage au centre de la Terre ou Vingt Mille Lieues sous les mers.

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Helga Sinclair – Source: Allôciné.fr

Graphiquement, Atlantide: l’Empire perdu marque également sa différence par un dessin plus nerveux et anguleux, très changeant du canon habituel de Disney avec ses princesses aux visages poupins ou aux grands yeux. Le héros, Milo, est affublé d’un menton en galoche et la seule rondeur existant chez ce grand dégingandé, ce sont ses lunettes. Le seul personnage rond, Gaëtan, ressemble à une petite bombonne face à la silhouette filiforme de Vincenzo ou de la carrure d’Amadou, et bien plus face à la musculature et à la mâchoire exagérées de Rourke. De même, chez les femmes, si la silhouette de la princesse Kida accuse quelques rondeur et son visage plus de douceur, les autres sont soit assexuées comme la toute jeune Audrey ou laides comme la vieille placard, et la seule « femme fatale » du lot, Helga Sinclair, est toute en angles, jusque dans le dessin de sa chevelure. La rondeur est donc, soit synonyme de bizarrerie chez Gaëtan, soit de douceur chez Kida, et permet de « lire » dès les premières images du film. Je sais que ce parti pris a perturbé plus d’un amateur de Disney, qui y ont vu du travail bâclé. Pour ma part, je pense qu’au contraire, cela a été le fruit d’un travail réfléchi, et d’une volonté de la production de se démarquer des précédents dessins animés. Par ailleurs, il existe des formes d’art primitifs venues d’Afrique, d’Amérique ou du Pacifique, à la plastique tout aussi anguleuse qui nous fascinent et que nous trouvons belles.

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L’Ulysse, un vaisseau inspiré du steam punk et de Jules Verne – Source: Voracinéphile
  • Une ambiance particulière

Je pense donc qu’il serait injuste de considérer le travail comme bâclé quand nous en voyons l’ensemble. En effet, l’atmosphère et les décors ont été très travaillés. On y trouve une certaine influence du steam punk (pour faire simple, du rétro-futurisme) dans le style vestimentaire des membres de l’expédition et dans leur équipement aux proportions démesurées. C’est particulièrement notable avec l’Ulysse, un sous-marin monumental aux mécanismes mécaniques apparents que l’on verrait tout à fait dans une adaptation de Vingt-Mille lieues sous les mers.

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Milo s’émerveillant à bord de l’Ulysse – Source: Allociné.fr

La plupart d’entre nous n’est pas sans connaître le mythe de l’Atlantide – le philosophe grec Platon fait mention d’une cité fabuleuse engloutie par les flots, punition des dieux pour l’orgueil de ses habitants. En effet, ceux-ci auraient eu accès à d’immenses connaissances et à une longévité exceptionnelle. Mais contrairement à bien des interprétations fictives (films et livres d’aventures), l’équipe de production n’a pas voulu en faire une civilisation grecque avec temples à colonnes ioniennes. Elle s’est donc inspirée de l’architecture maya et cambodgiennes, pour créer une cité hybride. Cela a pour résultat des vues impressionnantes de la cité, établie sur une éminence au milieu des eaux, émergeant au milieu d’un nuage d’écume.

Le style vestimentaire de ses habitants, qui semblent de type européen avec leurs cheveux d’un blond très clair et leurs yeux bleus, peut nous faire penser aux Indiens d’Amérique du Sud, ainsi qu’aux costumes des peuples du Pacifique avec leurs paréos. D’ailleurs, on retrouve le bleu comme dominante principale, qu’il soit sombre ou très lumineux, ou un simple reflet sur le visage des personnages. Tout cela contribue à ancrer les Atlantes dans un univers aquatique très pittoresque et exotique, pour un résultat impressionnant à l’écran qui diffère de tout ce que Disney avait jusque là produit.

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Milo et Kida, dominant la cité avec le reste de l’expédition – Source: W12.fr

Mais l’ambiance visuelle n’est pas le seul effort de recherche faits par la production. L’élaboration de la civilisation atlante a été encore plus poussée. Ne serait-ce qu’au niveau technologique, on retrouve un peuple très avancé, détenteur d’une source d’énergie inépuisable qui garantit, même sous terre, un cycle jour nuit, ainsi que santé et longévité aux habitants de la cité (pour exemple, Kida a plus de huit-milles ans, puisqu’elle a assisté à l’engloutissement de l’Atlantide) ainsi qu’une protection de la cité dans son ensemble en cas de menace. Ce cristal se retrouve autour du cou de chaque Atlante, servant à la fois de médicament, de source de lumière ou de clé de contact pour les véhicules de la cité. Mais cela a un prix: en effet, à chaque danger important, le cristal, doté d’une volonté propre et de capacités de destruction phénoménale, puise sa puissance dans l’assimilation du corps humain – plus précisément, une femme de sang royal. C’est à cette scène que l’on assiste au début, lorsque la mère de Kida est engloutie par le cristal, et vers les deux tiers du film quand Kida elle-même, possédée, est absorbée par le cristal et embarquée dans un container par Rourke.

On se rend compte au début du film, dans la séquence d’ouverture, qu’il s’agit d’une société dotée d’armes puissantes envoyant des décharges, de véhicules autopropulsés et d’automates géants qui génèrent un champ de force protecteur autour de la cité. Fait amusant pour ces Atlantes si proches de la mer, leurs véhicules, qu’ils montent comme des sooters des mers, ont la forme de poissons et autres crustacés mécaniques.

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La scène la plus connue du film: Kida, possédée par le cristal avant assimilation par celui-ci – Source: Allociné.fr

Une langue spécifique, une sorte de synthèse indo-européenne – selon la théorie en cours dans le film, l’Atlantide serait le berceau de toutes les langues – a même été mise au point, avec son alphabet, par… Marc Okrand. Ce linguiste américain n’est autre que le père du klingon (cela parle aux fans de Star Trek, surtout!).

La bande originale fait également beaucoup. Composée par James Newton Howard, elle comprend des thèmes épiques – particulièrement dans la première partie du film, et dans les scènes d’action finales – et des morceaux aux sons très typés. On y trouve des carillons, cloches et gongs qui apportent une touche d’exotisme, une fluidité et une douceur, voire une certaine sérénité que l’on associe au milieu aquatique. Cela est particulièrement visible dans la séquence sous-marine mettant en scène Kida et Milo déchiffrant l’histoire de l’Atlantide dans des vestiges engloutis. La musique peut donc rendre certaines scène vraiment envoûtantes… Ce à quoi ne seraient pas parvenus les numéros chantés des autres classiques des studios Disney.

Si l’ambiance est très fouillée, et somme toute captivante, qu’en est-il du storytelling?

  • Scénario et clichés

Comme évoqué plus haut, on retrouve les schémas classiques des récits d’aventure, avec des antagonismes et clichés maintes fois explorés dans le cinéma: amour de la science et protection des populations locales opposées à la cupidité des uns, idéalisme et moralité irréprochables des personnages principaux qui parviennent à ramener à leur vue le plus grand nombre et qui se fait respecter des locaux, « héros » qui sauve la jolie fille et la cité entière au passage, le méchant qui ne récolte que ce qu’il mérite.  C’était pourtant le premier Disney avec un scénario aussi complexe et aux enjeux si multiples – des questions de préservation de population sont évoquées, un peu dans la veine de Pocahontas.

Il en résulte donc quelques clichés agaçants à mon goût comme la belle Kida qui fait figure de la « bonne sauvage » (évidemment canon, sinon elle ne ferait pas battre le coeur du héros) alors qu’elle est l’héritière d’une civilisation brillante. J’ai également trouvé étrange qu’étant vivante depuis des millénaires et fille de roi, elle n’ait jamais appris à lire malgré sa volonté afficher de redonner tout son lustre à sa cité (en même temps, comment voulez-vous faire rayonner un endroit totalement isolé?).

Milo qui une fois qu'il s'est énervé, devient aussi musclé qu'il est burné - Source: DisneyCentralPlaza.com
Milo qui une fois qu’il s’est énervé, devient aussi musclé qu’il est burné – Source: DisneyCentralPlaza.com

Quant à Milo, ma foi… Je ne sais pas ce qu’a le cinéma américain avec les gens instruits ou intelligents qui sont toujours dépeints comme maladroits et socialement inaptes et dont il semble légitime de se moquer – en témoignent les taquineries à répétition des différents membres de l’équipe, et ces diverses situations où le jeune homme est tourné en ridicule. Ce traitement du personnage de Milo Thatch me dérange, d’autant plus que du ridicule le plus total, il devient un véritable leader quand il s’agit d’aller sauver la princesse, après avoir pris la grosse tête à apprendre à lire à Kida. Il eût été plus drôle qu’il reste une sorte d’anti-héros, ou que sa transformation soit plus progressive. En même temps, c’est Disney et le film ne dure qu’une heure et demie…

Je lisais récemment des critiques assez dures arguant que les personnages d’Atlantide ne sont pas attachants. Je n’irais pas jusque là, mais je pense – sans compter que les ressorts psychologiques des personnages chez Disney ne sont jamais très, très subtils – qu’à force d’avoir travaillé sur un scénario un peu plus complexe que d’habitude, on en a négligé les personnages qui s’ils sont amusants, sont très « clichés ». C’est particulièrement vrai pour les personnages féminins – Helga la vénéneuse femme fatale, Placard la vieille peau aigrie, Audrey le garçon manqué, et Kida la belle princesse valeureuse. Après, hein, c’est comme tout, quand on veut absolument voir le mal quelque part, on le trouve!

Cela ne devrait pas empêcher de regarder le film et de l’apprécier, comme c’est mon cas, mais j’imagine que cela donne du grain à moudre à plus d’un anti-Américain ou d’un anti-Disney…

  • Conclusion: Une réussite graphique pour une histoire inégale

A la base, j’avais pris une bonne claque en allant le voir au cinéma, car les studios Disney ne m’avaient pas habituée à ça. Si je goûtais certains contes comme La Belle au Bois Dormant et Aladin pour leur beauté graphique, La Belle et la Bête pour son romantisme (oui, c’est affreux, je suis romantique) ou Mulan pour son humour, les productions Disney ont fini par me lasser car leurs bons sentiments dégoulinants et les clichés véhiculés m’agaçaient. C’était déjà vrai à l’adolescence. On pourrait me reprocher d’avoir perdu mon âme d’enfant, mais quand je vois à quel point les princesses sont idolâtrées, ou des personnages complètement idiots qui servent de faire-valoir comme Olaf dans La Reine des Neiges, je me demande quel « merveilleux » j’ai envie de montrer à mes enfants…

Atlantide: l’Empire perdu m’avait fait un bien fou quand je le comparais aux autres production du même studio. On y voyait ce que j’aimais – de la technologie, de l’action, de l’aventure, un univers graphique complètement différent et captivant avec ses décors somptueux et ses personnages typés. La scène de la caverne au cristal, où la belle Kida possédée marche et lévite au-dessus de l’eau, servie par une bande originale magnifique, m’avait coupé le souffle. Bref, j’avais adoré. J’en apprécie toujours autant la beauté formelle, mais je pense que la production n’a pas bien maitrisé la création de ses personnages, à force d’un scénario complexe dont elle n’avait pas l’habitude, et que les bonnes idées n’ont pas été explorées à fond.

Cela dit, et malgré ses faiblesses, il a le mérite d’être une création originale et non-pas l’adaptation d’un conte ou d’une légende et d’avoir un scénario et un graphisme un peu moins prévisibles que la moyenne. Il y a eu un réel effort d’imagination, et ce malgré le schéma du récit d’aventures classique.

Mais je pense que concernant les dessins animés, hormis pour les amateurs de manga, le public n’aime pas trop les incursions dans l’univers de la science-fiction – on y est quand même un peu avec le contexte technologique du film, ou du moins dans le rétro-futurisme. En témoignent les échecs commerciaux non seulement d’Atlantide, mais aussi de La Planète au Trésor et de Titan A.E. (celui-là produit par la Fox). Finalement, si un tel dessin animé est oublié, c’est aussi du fait des goût du public, et malheureusement, de certaines habitudes qui ont été prises, et qui ont fermé l’esprit des spectateurs à autre chose qu’un univers de princesses en jolies robes et de chansons.

Ainsi donc, il serait grand temps de ressortir notre DVD du placard et de le faire redécouvrir aux petits cousins, neveux, frères et soeurs, enfants en vacances! Car même si on y trouve certains clichés, ce dessin animé reste à prendre pour ce qu’il est… un récit d’aventure pour un public en quête d’évasion, un divertissement tout de bleu et d’eau, avec une musique à couper le souffle, qui fait la part belle à l’action et à l’exotisme. Un petit film à regarder l’été, quoi!

J’espère en tout cas vous avoir donné envie de le (re)découvrir.

Blanche Mt.-Cl.

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Entre humour noir et mauvais goût assumé – « Iron Sky » (2012)

Titre: Iron Sky
Année de production: 2012
Réalisation: Timo Vuorensola
Origine: Finlande, Allemagne, Australie
Durée: 1h29
Distribution: Julia Dietze, Götz Otto, Christopher Kirby…

Très chers lecteurs,

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Affiche – Source: Allociné.fr

Ma chronique cinéma de cette semaine, a pour objet un film pour le moins curieux que m’a fait découvrir mon frère il y a environ deux ans, quand je suis rentrée d’Angleterre. Il est vrai que l’un de nos hobbies, quand nous sommes ensemble, consiste à regarder toute sorte de films, du péplum au film de SF en passant parfois par de gros nanars. Ainsi, connaissant mon intérêt pour l’histoire germanique et mon sens de l’humour très sombre, il m’a un soir proposé de regarder Iron Sky, une sorte de comédie d’anticipation où les Nazis revenaient de la Lune pour prendre leur revanche et régner sur le monde…

Avez-vous entendu parler de ces théories fumeuses selon lesquelles les dirigeants nazis, au lieu d’avoir été anéantis à la fin de la Seconde Guerre mondiale, n’avaient que disparu pour préparer en secret leur revanche sur le monde?… En vérité, je me renseigne régulièrement sur les théories du complot, histoire d’avoir matière à des écrits de SF, ou seulement pour me détendre les neurones (quoique j’aime assez celle du « facteur exogène »). N’en déduisez pas que je méprise les « complotistes » – il faut bien que les gens se posent des questions, et j’admire assez ceux qui vont jusqu’au bout pour y répondre. Ceci dit, vous avez peut-être eu vent des « secrets » nazis.

J’ai beaucoup lu dessus pendant que je faisais des recherches pour mon roman: selon « certaines sources », les Nazis auraient ainsi créé des sortes soucoupes volantes, autopropulsées et émettant des lumières colorées, qu’ils auraient cachées dans une base secrète en Antarctique… Un peu flippant quand on y pense. Mais imaginez qu’ils aient pu s’en servir pour partir sur la Lune et y installer une base secrète, où leur communauté aurait pu s’épanouir et leur idéologie se radicaliser davantage (si c’est encore possible!), et puiser leur énergie dans l’Hélium 3 présent sur l’astre… en attendant leur grand retour sur Terre. C’est le postulat sur lequel repose Iron Sky, la comédie de science-fiction finlandaise réalisée par Timo Vuorensola en 2012.

  • Le pitch

Tout commence en 2018, quand une expédition est envoyée sur la lune, pour sonder le sol à la recherche de gisements d’hélium 3 (il s’agit d’un isotope, d’une « variante » instable de l’hélium, qui pourrait effectivement devenir une source d’énergie si nous décidions d’exploiter le sol lunaire). Mais tout ne va pas comme prévu, quand l’équipe est décimée pour avoir approché de trop près une étrange base en forme de svastika géant. Le seul survivant du groupe, James Washington (Christopher Kirby), fait face à toute une cité de Nazis avec un calme admirable… Un calme d’autant plus étonnant que Washington est afro-américain – déjà moi, avec tronche qui ne trahit ABSOLUMENT RIEN de mes origines allemandes, je n’aimerais pas rencontrer des Nazis, mais j’ose à peine imaginer si j’avais un teint d’ébène! Bref. James essaie de s’échapper, pourchassé par une troupe menée par un officier très blond du nom de Klaus Adler (Götz Otto). Mais il est sauvé de justesse d’une évasion périlleuse et sans espoir de survie par la jeune et jolie Renate Richter (Julia Dietze), une idéaliste élevée dans le « dogme » nazi, qui enseigne l’idéologie aux enfants de la colonie. C’est également une spécialiste de la Terre, et James Washington, qui en vient, la fascine. Elle l’emmène à son père, le Docteur Richter (Tilo Brückner), et le soumet aux étranges lubies du savant. Celui-ci découvre avec enthousiasme le téléphone portable de Washington, une technologie qui manque au Quatrième Reich – à savoir la cybernétique – pour permettre l’envol du vaisseau de guerre le Götterdämmerung (« Le Crépuscule des dieux », comme l’opéra de Wagner). Mais le pire reste à venir: il teste sur le pauvre astronaute un traitement censé le rendre… blanc et blond.

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Renate Richter, James Washington (après « traitement ») et Klaus Adler de retour sur Terre – Source: Allôciné.fr

Un problème survient cependant: quand Richter présente le mobile de Washington au Führer en exercice Wolfgang Kortzfleisch (Udo Kier), la batterie se décharge, ce qui retarde encore le lancement du Götterdämmerung et l’invasion de la Terre. Des mesures draconiennes sont alors prises. Le gouvernement nazi décide d’envoyer sur Terre, Klaus Adler – destiné à épouser Renate et rêvant en secret de devenir le nouveau Fürhrer – pour collecter des batteries de Smartphone (!). Il se dirige alors vers la Terre avec Washington, censé le guider une fois arrivés, dans une vieille soucoupe volante. Renate se joint clandestinement au voyage. Quant à Adler, il voudrait que Washington, choisi personnellement par la Présidente des Etats-Unis pour aller sur la Lune, la lui présente. Mais le pauvre astronaute, dévasté lorsqu’il réalise qu’il est devenu blanc et blond, prend la fuite. Ce qui n’empêche pas les deux Nazis de la Lune de joindre la Présidente (Stephanie Paul) par le biais de sa responsable comm’, Vivian Wagner (Peta Sergeant). Adler décide alors de se faire un allié des Etats-Unis, en offrant son aide pour faire ré-élire la présidente, pour assassiner le Führer lors de sa prochaine visite sur Terre et devenir le leader sur la Lune.

Quant à Renate, elle finit par retrouver James Washington, devenu SDF. Les convictions de la jeune femme, déjà ébranlées par un visionnage du Dictateur de Chaplin, vacillent quand elle tombe en pleine rue sur un groupe de néo-Nazis… Elle se lie d’amitié avec Washington, et commence alors une véritable course pour sauver le monde de la destruction…

  • L’humour

Lorsque j’ai visionné Iron Sky, je ne m’attendais pas, et je ne voulais surtout pas voir un film « intello ». Je savais qu’il s’agissait avant tout d’une comédie sur un sujet très, très sombre. La question est donc: peut-on rire de tout? Personnellement, je pense que oui, mais pas avec tout le monde. Donc, un film à prendre avec précaution et à ne pas regarder avec tout le monde, tant certains ressorts comiques reposent sur de véritables clichés. Quelques exemples: James Washington nous est dépeint comme l’Afro-Américain décontracté et empreint de « cool-attitude » qui ne se démonte jamais quelle que soit la situation, Renate est une jeune idéaliste naïve qui croit dure comme fer que le nazisme est une idéologie de paix et d’amour (après tout peut-être, si on ne reste qu’entre blondinets et que l’on peut prouver une ascendance germanique sur plusieurs générations), Klaus Adler un fanatique, le Docteur Richter un fêlé en puissance qui met son savoir au service d’une cause discutable. Quant à la Présidente, c’est un quasi-sosie de Sarah Palin, une caricature de républicaine partisane de la libre circulation des armes à feux, avec son bureau envahi par des bestioles empaillées qu’elle a zigouillées pendant des parties de chasse, et son assistante Vivian Wagner est juste un cliché de salope carriériste en tailleur moulant. Il faut dire que les femmes sont particulièrement insupportables, et qu’il n’y a pas de juste milieu entre une oie blanche comme l’est Renate et une poufiasse comme la Wagner.

Bref, hormis Washington, finalement assez sympa du fait qu’il se trouve pris dans cette histoire alors qu’il n’a rien demandé, ils sont tous assez ridicules. Leurs motivations sont grandioses mais la façon dont ils les mettent en oeuvre sont pathétiques – franchement, récolter des batteries de portable! Finalement, on se moque plus de ces archétypes en eux-même et de leur caractère prévisible que du reste. Pour peu que l’on soit capable de second degré – ce n’est pas le cas de tout le monde, je connais des personnes qui pourraient trouver ce film carrément immonde et offensant – on peut s’amuser des situations absurdes dans lesquelles se mettent les personnages, et des proportions que prend la farce à l’échelle mondiale. Ce n’est donc pas un film d’une finesse extrême, les insultes et les gros mots pleuvent, les bagarres qui tournent de manière inattendue, et même un des personnages qui aura une mort stupide à souhait.

Mais ce qui prête vraiment à sourire, ce sont les « références » culturelles. Pour ma part, je ne suis pas sûre que je me serais autant amusée si je n’avais pas, en plus d’un humour parfois douteux, un solide background de germaniste et une bonne connaissance de l’histoire germanique. Cela m’a probablement aidée à faire preuve de second degré et d’avoir un recul que d’autres spectateurs n’auraient pas forcément. Ce qui est dommage, car l’histoire recèle un réel potientiel.

  •  Des questions pertinentes
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Vaisseaux de guerre au design rappelant des Zeppelins se dirigeant vers la Terre – Source: Allôciné.fr

En effet, tout n’est pas à jeter au milieu de ce fouillis. Quand bien même vous ne seriez pas friand de théories de complot, il était intéressant de partir sur les bases d’un repli des Nazis pour débuter une bonne histoire de science-fiction. Il n’est par ailleurs pas si insensé que cela d’imaginer qu’ils auraient pu se retrancher dans l’espace, puisque comme je le disais dans le post consacré à la BD uchronique Space Reich, les programmes spatiaux des années 1950 et 60 découlent directement des travaux de pionniers de la balistique allemands tels Wernher von Braun. Certains historiens des sciences et techniques, versés dans les réflexions uchroniques, s’accordent à dire que les Allemands auraient sans doute été les premiers sur la Lune s’ils avaient gagné la guerre… Ces théories ont donc un très grand potentiel en termes d’uchronie.

Et puis si nous aimons la SF, c’est parce que nous aimons aussi nous faire peur. Avouez! Elle nous met en garde en dépeignant le plus souvent des futurs effrayants – alors pourquoi pas le retour des Nazis? De plus, on pourrait être curieux de voir quelle réaction auraient les chefs d’Etat vis-à-vis de cela…

Partir dans les méandres de la communication politique était une pure bonne idée, puisque le spectateur contemporain peut s’y retrouver. A notre époque où médias et médias sociaux sont omniprésents, nous vivons déjà un peu dans Iron Sky. Nous faisons tous les jours l’expérience de la dictature de l’image et du paraître, du matraquage médiatique permanent,. Quant aux dirigeants d’états démocratiques, ils mettent le paquet pour communiquer et tenter de nous rallier à leurs vues – avec succès ou non, avec plus ou moins de ridicule que les Etats totalitaires, cela est une autre histoire. Nous voyons sans arrêt des présidents et des ministres condamner l’action de tel ou tel dictateur dans un pays lointain, ce qui ne les empêche pas d’accueillir en grande pompe lesdits « monstres », de s’exhiber fièrement avec eux lors de la signature d’un accord ou d’un contrat juteux, ou de leur vendre des armes. Donc… sans vouloir faire trop de politique, force nous est de constater, que nous entendons en permanence un double discours. Qu’en serait-il s’il y avait sur Terre si apparaissait un pouvoir aussi inquiétant que celui des Nazis (n’oublions pas que quand Hitler a commencé à ré-armer la Ruhr, puis à réclamer des territoires, nul chef d’Etat européen n’a, à cette époque, bougé le petit doigt!) avec des moyens colossaux pour se faire entendre? Nos dirigeants seraient-ils assez burnés pour les envoyer paître en face, ou se rallieraient-ils par intérêt comme la Présidente, avec les terribles conséquences que cela implique? Bien que nous n’ayons pas affaire à un film d’auteur ou à une oeuvre de reflexion, il n’en reste pas moins que la question mérite tout de même d’être posée.

Par ailleurs, nous voyons se jouer dans Iron Sky une énorme farce à échelle mondiale, quand les Nations Unies s’entredéchirent et se disputent le monopole de l’exploitation de l’hélium 3 sur la Lune une fois le projet d’invasion nazie sur la Terre éventé. Finalement, alors qu’ils devraient faire front uni face à une terrible menace, ils ne pensent chacun qu’à leurs propres intérêts. Constat amer et sans appel, quand on sait par exemple que dans le monde réel, à l’heure du réchauffement climatique qui nous concerne tous, certains Etats refusent de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre, arguant que cela freinerait leur développement et en jetant à la figure des autres qu’ils souhaitent ainsi les garder dans une position subalterne sur la scène internationale. Donc là encore, le film met en lumière une certaine hypocrisie de ceux qui ont le pouvoir et la bassesse humaine, sur fond de guerre pour les matériaux rares.

Sachant cela, mon jugement sur la « bêtise » du film est plus nuancé. D’autant plus qu’il a un autre atout: son atmosphère.

  • L’esthétique
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L’atmosphère confinée du laboratoire de Richter sur la Lune – Source: Allôciné.fr

S’il est une chose que j’ai appréciée dans Iron Sky, c’est son esthétique, son ambiance. L’atmosphère confinée et sombre de cette base lunaire qui, vue du bord du cratère où Washington et son équipe la découvrent, a la forme d’un svastika géant, m’a carrément emballée tant elle pouvait faire froid dans le dos. Il semble que tous les efforts des metteurs et scènes et décorateurs aient été faits pour donner à l’ensemble un air « germanique » et « dictatorial ». Il n’y a qu’à voir les uniformes sombres et inquiétant des troupes d’assaut, avec leurs soldats dont on ne voit pas les visages, dissimulés derrière des masques à gaz. Il semble que parmi ces Nazis exilés volontairement sur la lune, le temps se soit arrêté sur un décor pour le moins rétro-futuriste: les lignes des vaisseaux spatiaux rappellent celles des zeppelins géants des années 1930, et sur la base, des câbles trainent dans tous les sens pour maintenir des machineries et des mécanismes de survie complexes occupant des pans de mur entiers, et on écrit à la craie sur des tableaux noir en classe… Alors qu’entretemps, sur Terre, on vit à l’heure de la miniaturisation et du Smartphone. Autre petit détail vintage savoureux: Renate écoute du Wagner sur un grammophone. (D’ailleurs, avez-vous noté que dans les films se passant durant la Seconde Guerre mondiale et impliquant les Nazis, ceux-ci écoutent toujours, soit de la musique de fanfare, soit du Wagner?)

Transition pour en arriver à un point que je trouve particulièrement réussi: l’utilisation de la musique. Les morceaux de Wagner ont été ré-arrangés de manière parfois surprenante mais toujours seyante. J’ai souvenir d’un extrait (en revanche impossible de me rappeler de quel opéra il s’agissait) joué au saxophone lors d’une scène un peu hot impliquant Klaus Adler et Vivian Wagner. Mais si vous aimez Wagner – le compositeur, pas l’autre poufe du film – vous pourrez aisément reconnaître le prélude de Perceval arrangé au piano lors des séquences romantiques impliquant Renate. Et vous reconnaîtrez sans doute la « Marche funèbre de Siegfried » extraite du Crépuscule des Dieux lorsque la base est découverte au début du film. Vous savez, le morceau que l’on entend au début, puis à la fin d’Excalibur, quand Perceval rend l’épée à la Dame du Lac après la mort du roi Arthur (tiens, tiens, une idée de film à présenter prochainement)…

  • Conclusion
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Les troupes de choc – Source: Allôciné.fr

La plupart des critiques d’Iron Sky ont été assez, voire très mauvaises, décrivant le film comme un véritable nanar à regarder seulement après avoir bu plusieurs litres de bières. Pour ma part, je dirais qu’il faut effectivement être en conditions pour le regarder – en bonne compagnie, surtout. Pour ma part, je l’ai regardé avec mon frère et un saladier rempli de M&M’s, et en prenant la chose avec humour. Je ne vais pas prétendre être une intello qui n’aime que les films d’auteur et qui intellectualise autour du moindre film fantastique un peu chiant en le qualifiant de « cinéma de genre », et honnêtement, j’ai donc passé un très bon moment en regardant Iron Sky. J’ai beaucoup ri, je le reconnais. En revanche, même si sa connerie et son mauvais goût assumé confinent presque au génie, je ne dirais pas qu’il soit très bon.

Je m’explique. Il y a de très bons points dans le postulat de départ et dans l’histoire, dans l’ambiance créée et dans la critique assez acerbe du monde qui nous entoure. Mais Iron Sky m’a laissé une impression mitigée. En effet, si la première heure du film voit nombre de gags et de situations loufoques à la South Park, la fin du film – ALERTE spoiler – prend une tournure vraiment sombre. Voire très sombre, car si les personnages principaux s’en sortent, le sort de la Terre est peu enviable. Aussi, j’y vois un certain manque de cohérence qui me laisse penser qu’un tel sujet aurait pu être traité autrement. Soit en assumant jusqu’au bout le côté comédie avec un joyeux bordel final, soit en ayant fait du film quelque chose de sombre dès le début. D’ailleurs, je pense que si la réalisation avait pris le parti d’un vrai film de science-fiction, sans la dimension parodique, et en étoffant les personnages, il y avait de quoi créer un univers réellement fascinant et s’attacher à certains protagonistes. Et peut-être de quoi faire un film culte et vraiment dérangeant.

Je vous le recommande tout de même si vous passez une soirée entre amis ou en famille (j’entends frangins, frangines et cousins, cousines), parce que je trouve que l’ambiance vaut à elle seule le déplacement et parce que rire ne fait pas de mal. Et si vous avez un jour encore du temps, figurez-vous qu’une suite est en cours de préparation, Iron Sky: The Coming Race. Je ne vois pas ce qu’on pourrait raconter de plus, mais je suis tout de même assez curieuse. Et qui sait si ce second opus ne nous réservera pas une agréable surprise?

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse méditer sur le sujet et vous souhaite une agréable séances, si le coeur vous en dit!

Blanche Mt.-Cl.