Explorer Vénus avec les Soviets – La SF du bloc de l’Est au cinéma

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Deux cosmonautes transportés par leur robot pour échapper à une coulée de lave dans La Planète des Tempêtes – Source: Cinémotions.com

Aujourd’hui la chronique que je vais vous présenter est un peu particulière. En effet, il s’agit d’une remise à jour d’un article que j’ai rédigé aux tous débuts du blog, à l’époque où celui-ci n’était pas trop suivi, mais que j’ai tenu à re-partager avec vous pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, parce que je pense que les deux films dont il est question gagnent à être connus, et je souhaite profiter du nombre d’abonnés et du bon référencement du blog pour les faire connaître.

Et ensuite parce que quoi de mieux que les cent ans de la Révolution russe pour parler de la SF du bloc de l’Est? Car si l’on connaît les innovations que doit le cinéma à la propagande soviétique (malgré tout l’irrespect que je dois à ce régime) en termes de plans de caméra et de montage, et les chefs d’œuvre d’Eisenstein, on en sait en général beaucoup moins sur des genre cinématographiques tels que la science-fiction! Aussi j’ai souhaiter réparer cette méconnaissance maintenant que le blog a « quelques » abonnés de plus! Je vais donc vous parler de deux petits films que j’ai eu l’occasion de voir il y a quelques années sur Ciné FX (dieux que cette chaîne me manque!) dans un cycle dédié: L’Étoile du Silence et La Planète des tempêtes… Je vais vous présenter succintement chacun d’entre eux, avant de vous offrir une petite critique comparée de ceux-ci! Attention, nous entrons dans l’histoire des idées!

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Un grand classique entre horreur et science-fiction – La Mouche Noire (1958)

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Affiche – Source: Imdb.com

Titre: La Mouche Noire (The Fly)
Année de production: 1958
Réalisation: Kurt Neumann
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h33
Distribution: Vincent Price, Al Hedison, Patricia Owens, Herbert Marshall…

Et oui, il y a eu des contretemps cette semaine, mais je m’étais juré que vous auriez tout de même cette chronique, même en retard!

Vous connaissez sans doute La Mouche, film de David Cronenberg sorti en 1986 où l’on voyait Jeff Goldblum se décomposer littéralement pour fusionner avec une mouche (quel gâchis!… Oui bon, quand j’étais gamine et ado, Jeff était l’un de mes grands amours), mais saviez-vous qu’il s’agissait du remake d’un film plus ancien?… Je l’ai appris il y a quelques années quand mon frère, fan de La Mouche, a reçu pour Noël un coffret DVD contenant ce film culte, et la version ancienne de celui-ci, avec ses suites. C’est ainsi que pendant des vacances de Noël, j’ai découvert La Mouche Noire

Nous allons voir maintenant de quoi il retourne…

NB: Les images de meilleure qualité que j’aie trouvées sont en noir et blanc. Or, le film est en couleur.

  • Une expérience qui tourne mal

L’histoire se passe à Montréal. Elle commence quand le corps du professeur André Delambre (Al Hedison) est retrouvé, la tête et un bras écrasé sous une presse hydraulique. Son épouse Helen (Patricia Owens) avoue le crime, mais refuse de donner son mobile, déclarant que son époux était devenu étrange, obsédé par une mouche à tête blanche qu’il l’avait chargée de trouver. Pour la faire parler, son beau-frère, François Delambre (Vincent Price) lui ment et affirme avoir trouvé ladite mouche. Soulagée et persuadée qu’il connaît la vérité, Helen, lui raconte alors les derniers jours de son époux…

Flashback. André Delambre vit une vie heureuse avec sa femme et leur petit garçon Philippe. André est un scientifique prometteur qui, dans son laboratoire, effectue diverses expériences relatives à la téléportation dans des modules de désintégration et de ré-intégration. Il téléporte d’abord des objets et de petits animaux, dont le chat de son fils qui ne ré-apparaît pas mais dont on entend encore le miaulement, comme flottant dans l’air. Après plusieurs essais réussis, il décide de créer des capsules à taille humaine pour tester l’installation sur lui-même.

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Le jeune Philippe et son oncle François, découvrant la fameuse mouche à tête blanche – Source: Imdb.com

Mais sa femme Helen ne le voyant pas ré-apparaître, elle s’inquiète et descend dans le sous-sol où se trouve le laboratoire de son époux. Elle le trouve, un bras déformé, et le visage dissimulé par un sac noir. Il ne parle pas, et communique avec Helen par des notes écrite. Il lui avoue s’être téléporté par mégarde avec une mouche, et commencer à fusionner avec une partie d’elle. Il lui demande alors de trouver une mouche à tête blanche, qui lui permettrait d’inverser le processus. Helen se lance dans cette recherche avec ardeur, au fur et à mesure que les instincts de la mouche prennent le pas sur l’intellect de son mari qui, bientôt, ne parvient plus même à écrire…

  • Un thème classique entre science-fiction et horreur

Que dire?… Entre science-fiction et horreur, La Mouche Noire est, comme Frankenstein ou autres légendes impliquant une métamorphose, une classique histoire d’expérience qui tourne mal, adaptée d’une nouvelle. Donc en soi, ce petit film n’a rien de vraiment révolutionnaire et suit des schémas, explore des thèmes maintes fois abordés dans la science-fiction et l’épouvante. Le mythe de Faust faisait déjà référence à des savant jouant avec des forces qui les dépassaient, et le labo souterrain de Delambre n’est pas sans rappeler le cabinet de Faust ou le sombre moulin où officiait le docteur Frankenstein. Donc, on reste là encore dans un registre fantastique assez classique.

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La métamorphose d’André Delambre – Source: le-multivers.forumpro.fr

La science reste présente, avec cette idée d’étude sur la téléportation, quand bien même on entre dans l’histoire de « monstre », si l’on prend en compte la transformation d’André Delambre. En effet, on voit un homme qui a eu le courage (ou la folie?) de donner de sa personne dans ses recherches. Si dans le film de Cronenberg, c’est la transformation physique qui frappe (en même temps, quand on choisit un acteur aussi sex’ que l’était Goldblum dans sa jeunesse – désolée, mais comme on dit en anglais, he was totally messing my female hormones – ça fait forcément de la peine de voir cette détérioration physique totalement gore), ici c’est la perte progressive des facultés humaines qui crée l’empathie l’empathie du spectateur. Peu à peu, on mesure la solitude et l’isolement de cet homme qui ne peut plus communiquer avec les personnes qu’il aime… et heureusement qu’il y a a ça, car pour nous, spectateurs du XXIe siècle, l’apparition de cet homme avec une tête et une patte de mouche sur fond de musique dramatique peut prêter à sourire.

En revanche, le storytelling avec enquête policière et flashbacks est impeccable. J’aime beaucoup ce mélange d’éléments de plusieurs genres, avec un inspecteur, Charas (Herbert Marshall) qui enquête avec la collaboration de François Delambre, frère du défunt – brillant Vincent Price, qui sort de son registre habituel de personnage inquiétant – et découvre des faits qui dépassent son entendement. D’ailleurs, quand j’y pense, c’est un peu comme ça que j’ai procédé dans mon roman Le Sang des Wolf, puisque l’enquête policière permet de confronter un personnage rationnel, dont le job consiste à se baser sur des FAITS, à des événements extraordinaires qui permettent de prendre toute la dimension du surnaturel, et du récit de la veuve Delambre.

Le film pose également la question suivante avec le personnage d’Helen Delambre: jusqu’où aller par amour, quand on sait que la personne que l’on aime souffre le martyr? C’est un peu ma fibre romantique qui parle, mais au final, c’est une question qui touche également à l’éthique. Régulièrement, on en parle dans les médias, quand des époux ou des parents sont prêts à accepter la mort d’un proche qui souffre trop… quitte à commettre l’irréparable.

Petit spoiler (à moitié spoiler, en fait)… 🙂 La fin, oh mon Dieu, la fin est tout à fait surprenante, aussi bien en termes de narration que des effets spéciaux… J’avoue avoir eu un fou-rire, tant j’ai été déconcerté, et tant je ne m’attendais pas à ça. Toujours est-il que la scène finale est culte, et comprend une des réplique qui fait partie du top cent des AFI’s 100 Year Movie Quotes: « Help Me! Help Me! »

  • Conclusion
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Helen Delambre à l’oeuvre… – Source: Sci-Fi-Movies.com

Après avoir vu le film de 1986, apprendre qu’il s’agissait d’un remake m’a vraiment déconcertée, et je ne m’attendais pas à ça quand je me suis posée pour regarder La Mouche Noire. On y retrouve les ingrédients qui font les vieux films d’horreur hollywoodiens, ainsi que des éléments plus intéressants, comme une narration impeccable qui vous tient en haleine et vous fascine du début à la fin, et ses effets spéciaux quelque peu surannés font aussi le charme de cette oeuvre très distrayante.

J’ai découvert une histoire simple et efficace, mais assez riche de par les thèmes explorés et le mélange des genres opérées entre l’horreur, la science-fiction, le polar… et également la tragédie de cette femme amoureuse, dévouée et somme toute assez forte, qui cherche à sauver son époux (ah, la force de l’amour dans les films…). Bref, je le conseille aux curieux et aux amateurs de bons films à l’ancienne.

Et voilà! 🙂 Encore une fois, je m’excuse pour le retard, mais cette semaine fut assez mouvementée pour moi. Maintenant, la question est de savoir si je vais écrire un avis comparé sur le film La Mouche de Cronenberg… et comment, si je le fais, ne pas trop m’attarder sur la plastique du jeune Goldblum et me lamenter sur son enlaidissement au fur et à mesure que le film avance. Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne soirée, ainsi qu’un bon visionnage de La Mouche Noire!

Blanche Mt.-Cl.

Les robots, l’avenir de l’humanité? – « Autómata » (2014)

« Nul robot ne peut nuire à quelque forme de vie que ce soit
Nul robot ne peut se modifier lui-même ou modifier un autre robot »

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Affiche du film – Source: AllôCiné.fr

Titre: Autómata
Année de production: 2014
Réalisation: Gabe Ibáñez
Origine: Espagne, Bulgarie, Etats-Unis, Canada
Durée: 1h50
Distribution: Antonio Banderas, Dylan McDermott, Melanie Griffith, Robert Forster…

J’ai vu récemment ce petit « OVNI » cinématographique à l’ambiance aussi oppressante que fascinante. Il s’agit d’une histoire non d’automate, mais de… robot. Voici donc sur Le Monde de Blanche, pour la première fois, un film de robot, qui plus est un film espagnol, où l’on retrouve Antonio Banderas, avec une coupe à la Zidane, dans le rôle principal.

  • Le contexte

Au XXIe siècle, une éruption solaire endommage durablement les télécommunications et les installations électriques de la terre, ainsi que les centrales nucléaires, transformant le monde en un vaste désert radioactif, où les survivants, seulement vingt-et-un millions, s’entassent dans une citée fortifiée. La société de robotique ROC a mis au point des droïdes pour aider à la construction et à l’entretien de la forteresse censée protéger la population des radiations. Des robots sont les Pilgrim 7000, qui suivent un protocole strict: celui-ci leur interdit de nuire aux êtres vivants, et de se modifier eux-mêmes. Ils ne peuvent donc s’auto-réparer et dépendent largement des humains pour cela.

Le film s’ouvre donc en 2044, alors que la cité est tenue par le tout-puissant ROC quand certains habitants vivent dans un ghetto hors des murs de la cité, exposés aux radiations du désert… tandis que technologiquement, l’humanité a complètement régressé. Exit internet et le Wi-Fi, ce n’est que câbles partout, grosses consoles couvertes de boutons, et bandes de papiers comme on en voyait sortant des ordinateurs de Cosmos 1999.

  • L’histoire

Dans la première scène, un agent du ROC, Wallace (Dylan McDermott), assiste à un étrange spectacle: il surprend un Pilgrim 7000, qui, caché, effectue des réparations sur lui-même, alors que ceci lui est normalement interdit, et même impossible. Jacq Vaucan (Antonio Banderas), agent d’assurance pour le ROC, vient enquêter sur cet étrange cas. Il découvre alors que la batterie du robot a été modifiée, et part enquêter dans les alentours de la muraille où officient des robots. Quand il surprend un robot en train de voler du matériel pour se « customiser », le droïde, se sachant découvert, s’immole. Vaucan ne peut donc que constater que des robots adoptent des comportements anormaux. Malgré l’avis de son supérieur Robert Bold (Robert Forster), il part donc, accompagné par Wallace, à la recherche d’un « horloger » – une sorte de traficoteur de robots –  dans le ghetto. Ils font la rencontre de Cléo, un robot « féminin » destiné au plaisir, dont ils notent le comportement anormal.

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Vaucan et Dupre dans le laboratoire de la savante – Source: AllôCiné.fr

De plus en plus méfiant envers ses employeurs, Vaucan fait appel aux services d’une chercheuse en robotique, Dupre (Melanie Griffith), qui parvient à faire parler le biokernel (cerveau cybernétique) modifié, et qui constate les grandes capacités d’apprentissage du robot Cléo. Alors qu’elle la montre à Vaucan en train de s’auto-réparer, son laboratoire est attaquée, et l’experte est abattue. Vaucan parvient à s’enfuir, aidé par Cléo. Dans une voiture pilotée par la droïde, poursuivi par les assaillants du labo, il gagne le désert, hors de la muraille protectrice de la cité. Mais la voiture fait un tonneau. Lorsqu’il reprend conscience, Cléo, en compagnie de trois autres robots, commence à prendre soin de lui. Ils l’entraînent alors dans leur repère, au fond du désert. Il les suit pour découvrir le cerveau qui se cache derrière la modification des robots.  Pendant ce temps, les collègues de Vaucan se lancent sur ses traces…

  • La place du robot et de l’humain dans un monde post-apocalyptique

De nombreux livres (des auteurs comme Asimov, notamment, que je n’ai malheureusement jamais lu) ou films explorent cette thématique, celle des robots qui contournent les lois de la robotique et deviennent conscients d’eux-mêmes, développent des capacités de réflexion et d’émotion, ainsi que la volonté de devenir l’égal de l’Homme. Nous avons quelques exemples connus, comme Sonny dans I, Robot, ou Data dans Star Trek: Next Generation, qui aspirent à être considérés comme des individus, à ressentir et à exprimer la même chose.

La réflexion est poussée beaucoup plus loin dans Autómata, où l’humanité est au bord de l’extinction, parquée dans des cités sous peine de mourir irradié dans le désert. Situation qui pèse beaucoup à Vaucan, le personnage interprété par Antonio Banderas, bien que faisant partie du « système » de par son appartenance au ROC dans cette société post-apocalyptique. En effet, celui-ci a parfois des réminiscences du passé avant la catastrophe, et regrette ce monde où il n’avait pas à vivre confiné. Ceci lui est d’autant plus pesant que son épouse, Rachel (Birgitte Hjort Sørensen), attend un enfant et qu’il s’inquiète du monde que va découvrir sa progéniture. Il court d’ailleurs un risque énorme en suivant les robots dans le désert… car ce monde est devenu terriblement inhospitalier, et ce pour des milliers, voire des millions d’année.

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Cléo – Source: AllôCiné.fr

Dans un tel contexte, les robots ont un rôle de protecteurs et de serviteurs de l’espèce humaine, en effectuant des travaux trop dangereux pour elle. Ils ne sont pas sensibles aux radiations, ne tombent pas malades et ont une plus grande longévité. La réflexion du réalisateur et du scénariste va donc plus loin que cette simple prise de conscience des robots qui voudraient vivre en bonne intelligence avec les êtres humains et éprouver les mêmes choses qu’eux – Cléo a des sentiments pour Jacq Vaucan.

Au risque de spoiler ou de trop en dévoiler, j’évoquerai une scène entre Vaucan, assistant aux manipulations des robots dans leur repaire, et le leader des droïdes, au cours duquel celui-ci lui explique ses motivations quant à la modification des robots. Il s’agit en fait de perpétuer l’héritage des humains dans un monde où ceux-ci sont en voie d’extinction, par une migration des robots et la colonisation par eux de territoires hautement irradiés. Ainsi la pensée, les émotions et les capacités humaines pourraient se perpétuer à travers une création artificielle, et non par des êtres de chair et de sang. Les robots sont-ils censés être plus sages que leurs créateurs originels?… L’histoire ne le dit pas.

  • Un film d’ambiance
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Vaucan à la recherche de « l’Horloger » – Source: AllôCiné.fr

Outre sur cette histoire de robot et de poursuite dans le désert, on ne peut pas dire que le film ait un vrai suspense et la fin n’est pas vraiment surprenante. Il doit donc une grande partie de son efficacité à son atmosphère si particulière. De bout en bout, le spectateur se sent oppressé, voire écrasé, par les espaces confinés où évoluent les personnages dans la cité, qu’il s’agisse d’appartements ou de bureaux, soit sombres soit éclairés au néon, bas de plafonds, avec de larges consoles pleines de câbles et de boutons en tout genre. Et s’il n’y avait que cela, l’immensité du désert environnant, sans couleur, vaguement blanc-gris, écrasé de soleil et déprimant au possible, ajoute à cette terrible sensation d’écrasement.

L’ensemble est emprunt d’une certaine mélancolie, avec son personnage principal qui cherche à se raccrocher à ses souvenirs d’enfance, dans des temps plus heureux où il n’était pas dangereux de sortir, pour peu à peu acquérir la certitude qu’il ne les retrouvera jamais et que son enfant à naître ne verra jamais l’océan et courir pieds nus sur la plage.

Quant à la régression technologique, elle a pour résultat une esthétique rétro tout à fait déroutante, quand des films de science fiction récent nous ont habitué à des décor minimalistes donnant l’impression que chaque humain du futur vit ou travaille dans un espace conçu par un designer.

  • Conclusion – A voir, par curiosité…

A dire vrai, les histoires de robot ont plutôt tendance à m’angoisser – sans doute parce que le premier film de robots que j’aie vu était Terminator (encore aujourd’hui la scène finale du buste du Terminator coupé en deux rampant derrière Sarah Connor dans l’usine m’angoisse au plus haut point – rien qu’en écrivant ça, je suis obligée de regarder derrière moi, dites donc!). Autómata émet l’hypothèse quelque peu inquiétante que si l’humanité venait à disparaître dans un futur assez proche, les robots pourraient prendre le relai. J’avoue que tout cela me fait assez froid dans le dos. La scène de Vaucan qui embrasse Cléo m’a carrément dégoûtée.

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Vaucan face à Cléo – Source: AllôCiné.fr

Sûrement un instinct de préservation, comme l’animal que je suis – puisqu’après tout nous ne sommes que de grands singes! – qui ne veut pas voir ses semblables disparaitre, qui aimerait que des humains, naissent, vivent, respirent, rient, pleurent, aiment, fassent l’amour, se reproduisent et meurent indéfiniment. Que cette part organique et charnelle reste. C’est très con et primaire dit comme ça, mais je considère l’être humain, dans toute sa bêtise et sa faiblesse, comme une espèce à protéger au même titre que les baleines ou les loups. Et j’avoue que chaque démonstration d’androïde made in Japan me fait froid dans le dos. Un être cybernétique programmé que l’on tente de faire ressembler à l’humain me paraît assez flippant comme ça, alors si en plus ils dépassaient le créateur! Mais c’est un avis personnel. Quand bien même cette idée fait un peu peur, les robots comme héritiers des humains me semblaient une idée assez intéressante pour un scénario de science fiction, et je suis quelque peu restée sur ma faim quant au traitement quelque peu superficiel et naïf de la question.

Cependant, le film, loin de certains poncifs hollywoodiens, se laisse regarder, car son ambiance le rend pour ainsi dire hypnotique, dangereusement fascinant. Sans compter que j’ai été assez bluffée par le jeu d’Antonio Banderas dans un registre très inhabituel, loin des Zorro, des films d’Almodovar ou d’autres archétypes du beau gosse hispanique. Il est crado, miteux, amer et parfaitement crédible dans son rôle. Je le conseille donc aux curieux et à des gens qui, plus que moi, se passionnent pour les histoires de robot. Vous passerez un très bon moment… En revanche, je vous conseille d’être en forme pour ne pas sombrer dans la neurasthénie après le visionnage!

Blanche Mt.-Cl.

B.D. Science-Fiction et Uchronie – « Zeppelin’s War – Tome 1: Les Raiders de la Nuit »

Me voici de retour avec ce qui est en passe de devenir la « Chronique Lecture du Dimanche », pour vous présenter… une BD. Et oui, car il s’agit de lecture également! 🙂 Et les histoires captivantes sont à prendre partout! J’ai donc l’honneur de revenir sur le premier tome d’une BD  relativement récente, puisque parue l’an dernier: Zeppelin’s War – Tome 1: Les Raiders de la Nuit.

On y retrouve un genre qui m’intéresse beaucoup: l’uchronie, c’est-à-dire la réécriture de l’histoire telle qu’elle ne s’est jamais déroulée. Celle-ci se déroule sur fond de Première Guerre mondiale, alors que l’on assiste à l’essor de l’aviation et de la guerre aérienne. Dans ce 1916 « parallèle » si j’ose dire, la guerre s’est enlisée et Paris subit les raids incessants d’escadrons de zeppelins, devenus de véritables forteresses volantes et des porte-avions des airs. Parmi les officiers gradés de ces escadres, on retrouve des personnages historiques tels qu’Adolf Hitler et Hermann Goering, dont l’un rêve de domination du monde, et l’autre de la victoire sur l’as français Guynemer – qui lui aussi a existé. Mais pendant que ceux-ci se préoccupent de leurs rivalités, le destin du monde se joue dans un empire russe en pleine déliquescence, Raspoutine fait une découverte qui pourrait faire basculer le cours de la guerre….

Avec le centenaire de la Première Guerre Mondiale l’an dernier, le moins que l’on puisse dire est que je m’en sui donné à coeur joie entre les livres et revues consacrées au sujet, et qui m’ont fait redécouvrir ma passion de l’histoire, et de cette période en particulier. Plus précisément en ce qui concerne l’aviation – comme vous l’avez vu dans la présentation de ce blog, je suis littéralement FOLLE des zeppelins dont je connais assez bien l’histoire (dans une « vie précédente », j’ai rédigé un mémoire de fin d’étude sur la technologie dans la perception de la « menace allemande » avant la Première Guerre mondiale, avec pour exemple… le Zeppelin). Il faut savoir que ces dernières années, plusieurs BD ont été consacrées à l’aviation, souvent sur fond de Première ou Deuxième Guerre mondiale (je pense au Pilote à l’Edelweiss qui m’a passionnée, notamment). Pour le coup, je me concentrerai plus sur le sujet que sur l’illustration. Le dessin est, en effet, de facture assez « classique », quoiqu’assez expressif.

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Couverture de Zeppelin’s War

L’univers et ce contexte technologique revisité, m’ont passionnée. J’ai ADORÉ les Zeppelins de cette histoire, de véritables forteresses volantes qui servent de porte-avion (le système d’arrimage d’avions a bel et bien existé, les pilotes devant viser pour s’accrocher au vol en-dessous du dirigeable, mais plus tard. Et des plans existaient pour faire des dirigeables de véritables cuirassés du ciel… avant que les dirigeables, jugés trop fragiles, ne soient tous affecté à la Marine pour le bombardement des côtes anglaises!).
L’avantage est que, contrairement à d’autres uchronies – c’est un défaut qui est propre à ce genre, Zeppelin’s War n’est pas élitiste. Nul besoin d’en connaître un rayon sur la Première Guerre mondiale, puisque la plupart d’entre nous savons qu’il y avait un tsar en Russie, qui étaient Raspoutine, qui étaient Hitler et Goering et la façon dont ils ont par la suite pesé dans l’histoire du monde. Je concède que pour Guynemer, on ne sait pas forcément qu’il ait pu exister et qu’il fut un « as ». Mais on n’est pas trop perdu dans l’histoire et il est possible à un profane de faire la différence entre ce qui a été ou non.
Il y est également question des prémisses de l’idéologie nazie, avec les « trips ésotériques » du jeune Hitler… Sans compter qu’en parallèle, avec le personnage de Raspoutine, on entre dans le surnaturel. Magnétiseur et guérisseur auprès du jeune prince Alexis, hémophile, Raspoutine est à la recherche d’un mystérieux objet…
Ce premier volume se termine donc sur une image forte, mais en dire plus serait un spoiler… et je ne tiens pas à en dire trop à ce sujet, je vous laisse le plaisir de la découverte! Et j’espère que cet article, un peu plus court que ceux auxquels je vous ai habitués, vous donnera l’envie d’y voir d’un peu plus près!

Titre: Zeppelin’s War – Tome 1: Les Raiders de la Nuit
Auteurs: Richard D. Nolane et Vicenç Villagrasa Jovensà
Editions: Soleil
Collection: SOL.AVENTURES
56 p.
Parution: Juin 2014
Prix: 14,50 €

Blanche Mt.-Cl.

Guerre Froide et Science-Fiction: Le Jour où la Terre prit Feu (1961)

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Affiche du film (AllôCiné)

Titre: Le Jour où la Terre prit Feu (The Day the Earth Caught Fire)
Année de production: 1961
Réalisation: Val Guest
Origine: Grande-Bretagne
Durée: 1h28
Distribution: Janet Munro, Leo McKern, Edward Judd…

Synopsis: Lorsque les Etats-Unis et l’Union Soviétique procèdent simultanément à une série d’explosions nucléaires, le London Daily Express rapporte de curieux changements climatiques partout dans le monde. Mais lorsque les journalistes creusent un peu plus profondément, ils découvrent que les explosions qui ont frappé la Terre l’on déplacée de son axe, la propulsant tout droit vers le soleil. Alors que la chaleur empire et que les inondations dévastent la planète, que les villes explosent dans le chaos, l’humanité forme un dernier espoir : créer une nouvelle et massive détonation qui pourra ré-équilibrer l’orbite de la Terre ou la détruire à jamais…

Je suis fière, pour cette première critique cinématographique, de vous présenter ce film qui m’a beaucou marquée. Plus que de la science-fiction, il s’agit d’une anticipation sombre et d’une fiction politique dérangeante, profondément marquée par le contexte politique de l’époque. Le Jour où la Terre Prit Feu est sorti pendant la Guerre Froide, alors que la rivalité idéologique entre les Etats-Unis et l’URSS menait à une véritable course aux armements axée sur l’armement nucléaire. Avec l’émergence de nouveaux médias comme la télévision, l’actualité s’invitait dans les foyers avec des images frappantes telles que Krouchtchev tapant avec sa chaussure sur son pupitre lors d’un rassemblement de l’ONU, et répandait la peur de l’Holocauste nucléaire. En effet, avec la bombe A, puis la bombe H, il était possible, par le jeu des représailles, de détruire l’humanité. Le Jour où la Terre prit Feu s’inscrit donc dans cette lignée de films, livres et BD de science-fiction évoquant les conséquences catastrophiques d’un conflit nucléaire.
Mais si vous vous attendez à l’une de ces réalisations kitsch et colorées comme on en faisait à Hollywood dans les années 1950-60, vous risquez d’être un peu déçu… Tout d’abord, c’est un film britannique, plus axé sur un scénario prenant et une ambiance étouffante que sur du grand spectacle et des greluches qui hurlent à plein poumon à la vue d’un monstre.

 

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Stenning arpentant Londres devenue une ville fantôme… Vous pouvez voir le fameux filtre orange. (Voir: carlosnightman.wordpress.com)

Le film s’ouvre sur une séquence apocalyptique: on y voit un homme seul marcher à travers les ruines de Londres, sous un soleil brûlant. Il gagne la salle de presse du London Daily Express. Il s’agit en fait du reporter Peter Stenning. Cette ouverture est d’autant plus impressionnante qu’elle est l’une des seules « colorisées » – le film est en noir et blanc, mais la pellicule est teintée grâce à un film orange qui suggère la chaleur suffocante. Il fait chaud, terriblement chaud. Si chaud que tout, absolument tout, des rubans à encre des machines à écrire à la Bakélite des téléphones, est en train de fondre. C’est alors que le journaliste raconte l’histoire qui l’a mené jusque là…
C’est là que je vais développer quelque peu l’histoire… Attentions aux spoilers! 🙂 Quelques jours auparavant, Stenning, au fond du gouffre après son divorce, passe plus de temps à se saouler qu’à écrire des articles. Désireux de lui remettre le pied à l’étrier, son collègue et ami Bill McGuire qui dirige la rubrique scientifique du Daily Express l’envoie au British Meteorological Office pour enquêter. En effet, d’étranges phénomènes climatiques – hausses de températures, un étrange brouillard de chaleur sur Londres et Brighton – affectent l’Angleterre et le reste du globe suite aux essais nucléaires simultanés organisés par les Etats-Unis et l’URSS. Si les autorités ne lâchent aucune information, Peter Stenning fait la connaissance d’une jeune standardiste, Jeannie, qui craque pour lui au premier regard et promet de lui faire passer quelques tuyaux si elle entend quelque chose d’intéressant.
Bien évidemment, comme le spectateur l’attend, une idylle va naître entre eux, sur fond de réchauffement climatique et de panique généralisée. L’amour donne des ailes à Peter qui retrouve tout l’intérêt qu’il avait pour son job et cherche la vérité. Et c’est grâce à Jeannie que lui et son ami McGuire apprennent que les changements climatiques sont liés à une « nutation », à savoir une déviation de l’axe de rotation de la Terre à cause des explosions nucléaires simultanées. Les spécialistes penseraient cependant qu’après un temps d’adaptation, le climat devrait revenir à la normale. Mais les catastrophes vont en empirant quand un cyclone frappe l’Angleterre et que la Tamise s’assèche. Et les scientifiques eux-mêmes doivent alors faire face à un fait déroutant et angoissant au possible: la Terre n’a pas seulement dévié de son axe, mais aussi de son orbite, et se rapproche inexorablement du soleil… La loi martiale est alors déclarée, l’eau rationnée. A Londres, la bataille pour l’eau fait rage et le marché noir s’organise. C’est grâce à cette ambiance qu’une histoire qui nous ferait aujourd’hui sourire devient prenante.
Les dirigeants du monde décident finalement de faire sauter plusieurs bombes en Sibérie, après qu’un comité d’expert ait déclaré que c’était l’unique solution pour ramener la Terre dans son orbite. Quant à Jeannie, Peter et McGuire, ils attendent avec angoisse le résultat de cette expérience risquée, jusqu’à ce que l’onde de choc secoue le monde entier. Retour sur la scène du début, avec le filtre orange: dans les bureaux du Daily Express, Peter Stenning en haillons dicte un éditorial alors que le téléphone lui fond entre les mains… Le film se termine sur une fin ouverte, très dérangeante, avec un dernier plan frappant, que je vais guère révélée ici. Mais il donne à l’oeuvre toute sa puissance.

 

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La une annonçant la déviation de l’axe de la Terre (Voir: disastermovieworld.com)

Que dire au sujet du Jour où la Terre prit Feu? On ne peut nier les incohérences scientifiques, et j’ai moi-même quelques difficultés à comprendre pourquoi des explosions nucléaires dévieraient la Terre de son orbite. Et je me demande également comment, si la Bakélite des téléphones et les touches des machines à écrire fondent, comment les protagonistes n’ont pas rôti sur place.
Mais malgré ces quelques invraisemblances, l’histoire et le visuel sont très efficace. Le scénario est très bien ficelé, et n’a pas besoin de grands effets spéciaux en renfort. Aussi, chaque représentation de phénomène naturel est sobre et relativement crédible.Hormis les plans larges sur Londres dévasté, on n’assiste pas à des scènes apocalyptiques à grand spectacle comme on en voit dans les films hollywoodiens. Quelques scènes ont également été tournées dans la capitale britanniques, et même dans les locaux du Daily Express sur Fleet Street.
L’histoire est un flashback, et le spectateur suit les pérégrinations de quelques protagonistes dans le microcosme journalistique. Vous n’en savez jamais plus que le personnage principale qui mène son enquête et qui n’a aucune prise sur les enjeux de l’intrigue qui le dépassent. Ainsi, cela fait du Jour où la Terre prit Feu une oeuvre intéressante, un film d’ambiance, entre le film noir et la science-fiction. Stenning apprend les informations au compte-goutte et ne prend jamais parti, même quand il tombe sur une rixe entre partisans et ennemis de l’arme nucléaire. Il n’est pas un héros, c’est un homme avec ses soucis et avec sa mission journalistique qu’il veut mener à bien, un homme auquel un spectateur pourrait s’identifier. Ce n’est pas un gars qui appuie sur un bouton pour sauver le monde, mais un témoin dont la vie est affectée par un contexte extraordinaire et inquiétant. Et pourtant, il continue de vivre et finit par partager son appartement avec Jeannie alors que la température monte…

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Notre Jeannie pas très couverte… (Voir: monstermoviemusic.blogspot.fr)

Et elle monte dans tous les sens du terme, c’est moi qui vous le dis! A l’écran, le résultat de cette romance dans Londres frappé par une vague de chaleur est une sorte d’érotisme un brin poisseux, une sensualité baignée de sueur qu’il est impossible d’imaginer dans des films hollywoodiens de la même époque. Et le sex-appeal de l’interprète de Jeannie, Janet Munro, est bien mis en évidence. J’ai en tête deux plans particulièrement frappants. Le premier est un plan serré sur Jeannie qui regarde Peter par-dessus la baignoire où elle a « mariné » toute la journée en attendant le retour de son compagnon – c’est l’image couramment utilisée dans les programmes télés pour présenter le film. Un autre plan est beaucoup plus « osé » pour l’époque: on y voit Jeannie lascivement étendue sur le lit, le drap cachant à peine ses « attributs ». Je sens que je vous ai rendu le film plus attrayant tout à coup, non?
Quant à la fin du film évoquée plus haut, j’ose à peine imaginer à quel point elle était dérangeante pour un spectateur vivant au temps de la Guerre Froide. Je pense d’ailleurs que c’est ce contexte particulier qui lui a donné toute sa force, outre le fait que l’audience se trouve dans la même expectative que les protagonistes. Le réalisateur a tout de même déclaré à ce sujet qu’il avait superposé un son de cloche dans la scène finale pour la distribution aux Etats-Unis afin de suggérer un happy end, mais il souhaitait garder ce dénouement pour le moins ambigu qui laisse le spectateur avec ses interrogations.

 

Y a-t-il un message dans cette fiction?… J’ai lu dans les quelques critiques que j’ai pu trouver – et il n’y en a pas des masses – que le réalisateur, Val Guest, n’avait jamais clairement pris position pour ou contre l’arme nucléaire, mais une chose est néanmoins certaine: même s’il apparaît que des explosions nucléaires ne peuvent suffire à dévier la Terre de son axe de rotation, et encore moins de son orbite, l’histoire sonne comme un avertissement en un temps où les grands de ce monde aimaient à faire étalage de leur force à coup d’essais nucléaires. Le Jour où la Terre prit Feu joue avec les inquiétudes, et même avec les angoisses de l’époque, avec les questionnements des individus face aux déclarations officielles et aux médias leur faisant savoir que « l’ennemi » pouvait déclencher la fin du monde à tout moment.

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Peter Stenning, Jeannie et Bill McGuire attendant le salut ou la fin… (Voir: theguardian.com)

Les médias sont d’ailleurs au centre du film, avec ces journalistes se battant pour la bonne diffusion de l’information et de la vérité, et non pour le scoop du siècle qui fera vendre leur journal. En termes d’éthique, on ne peut nier qu’ils jouent parfaitement leur rôle. Mais je n’arrive pas à me faire une opinion tranchée sur la chose: s’agit-il de conservatisme montrant à quel point les journalistes devraient prendre exemple sur l’attitude irréprochable des héros du film – ou à une admiration sincère de Guest pour le métier de journaliste. Cet aspect de l’histoire est donc à prendre avec précaution.
Pour ma part, je considère que Le Jour où la Terre prit Feu est une preuve de plus de cette capacité toute britannique à raconter et mettre en scène des histoire captivantes, hors des poncifs hollywoodiens, et à créer de très bon scénarios fantastiques et/ou de science-fiction. Il faut savoir que le Royaume-Uni a produit quelques petites perles comme Le Village des Damnés, ou une série qui cartonne encore aujourd’hui comme Doctor Who. J’ai d’ailleurs noté, par le biais de certaines fictions britanniques, une récurrence du motif de la loi martiale ou de l’état de guerre, de ces mesures extrêmes prises dans des circonstances exceptionnelles. J’avoue me demander s’il s’agit d’une peur toute britannique, présente dans la mémoire collective depuis la Seconde Guerre mondiale, lorsque les denrées étaient rationnées et que des bombes ennemies pouvaient tomber à tout moment de la journée, et d’une autre peur, celle d’abdiquer ses libertés individuelles pour des questions de cohérence et de survie.
Toujours est-il que pour moi, malgré ses moyens limités et ses décors parfois un peu cheap qui pourraient prêter à sourire, et malgré un scénario marqué par le contexte de l’époque, l’atmosphère du Jour où la Terre prit feu est toujours aussi captivante et dotée d’un certain charme. De plus, je ne dirais pas qu’il est actuel, mais avec la résurgence des tensions internationales dans différentes parties du monde, et les déclaration enflammées de certains dirigeants, relayées par la presse, internet et la télévision, nous sommes, nous Terriens du XXe siècle, plus que jamais conscients que ceux qui nous gouvernent cèdent assez facilement à la tentation de jouer à « qui pisse le plus loin » avec leurs voisins, et risquent, du moins au sens métaphorique, de faire prendre feu à notre monde.

 

Je recommande donc ce film à tous les amateurs de science-fiction et d’anticipation à l’ancienne, et je vous laisse avec sa bande-annonce:

Blanche Mt.-Cl.