Contes sombres et glauques – Deux recueils à (re)découvrir

« Et, pour la première fois de mon existence innocente et confinée, je perçus en moi-même des possibilités de dépravation qui me coupèrent le souffle. »

Angela Carter, « Le Cabinet Sanglant » in: La Compagnie des Loups

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Attention, attention, voici une petite chronique surprise, avec laquelle on retrouve la vocation première du blog: la littérature SFFF! Enfin une re-chronique, puisque j’avais déjà parlé de ces deux ouvrages, aux tout débuts du blog, lorsque celui-ci n’avait que quelques abonnés. Voici qu’après en avoir parlé en #MardiConseil j’ai décidé de consacrer à nouveau un petit article à ces deux livres qui gagnent à être connus.

En effet, ces dernières années, les réécritures de contes ont eu le vent en poupe, les vieilles histoires ont été revues, ré-explorées, recyclées de manière plus ou moins heureuse, à tel point que, il y a trois ans, j’y ai consacré une semaine thématique sur Les Mondes de Blanche! Ceci dit, les deux recueils de contes que je vais vous présenter ne sont pas pour les enfants! 🙂 Ils sont emprunts de noirceur et même parfois d’une certaine sensualité. Ils abordent parfois des sujets dérangeants, extrêmement dérangeants, et il arrive également qu’ils prêtent à sourire…  Venez découvrir non pas un, mais deux livres dont je vous offre une petite lecture comparée! Continuer la lecture de Contes sombres et glauques – Deux recueils à (re)découvrir

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Retour aux sources – Brisée (Effacée t. 3, Teri Terry)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

71yCV0nBFFLAvant d’entamer cette chronique livre, je voudrais d’abord vous remercier pour le très bon démarrage du mois d’août sur le blog. 🙂 Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas eu une telle fréquentation! 🙂 J’imagine que le lancement du roman et la fréquence des articles publiés n’y sont pas pour rien, mais tout de même, vous êtes vraiment fidèles et ça me touche quand on voit le boulot que représente ce blog! 🙂

Et maintenant, entrons dans le vif du sujet. J’ai enfin (c’est un bien grand mot, ce n’est pas comme si cette lecture avait été un supplice, non-plus!) terminé la trilogie young adult signée Teri Terry, Effacée. Après Effacée et Fracturée, je vous présente aujourd’hui Brisée, le troisième et ultime tome… C’est parti pour un voyage dans les tréfonds de sa mémoire et de ses origines… Chronique garantie SANS SPOILER quant aux tomes précédents! 🙂 Même si je développe un peu plus que le quatrième de couverture sur le pitch, histoire de vous mettre un peu plus l’eau à la bouche!… Car oui, après ça, cette sympathique trilogie ne squattera plus mes chroniques livre!

Je vous présenterai le résumé de cet opus, ce qui m’a plu, et en conclusion, un avis sur l’ensemble de la série.

Bonne lecture à vous! 🙂

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Écriture – Une nouvelle chronique dédiée à mon roman « Le Sang des Wolf »!

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Et peut-être futurs lecteurs du Sang des Wolf,

swch11001Je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous ma joie! En effet, lafontmagali, rédactrice du blog Lectures Familiales, un blog livresque où elle nous livre ses coups de coeur, m’a fait l’honneur d’une chronique dédiée à mon roman en ligne Le Sang des Wolf.

Je l’en remercie de tout coeur. Et ce d’autant plus que ce blog, hormis une ou deux amies à moi, avait peiné à trouver des lecteurs jusqu’à il y a quelques mois. C’est au hasard de la blogosphère que ces lectrices ont trouvé leur chemin vers mon « oeuvre », et je suis très heureuse qu’elle leur ait fait passer un bon moment, et de constater qu’elles ont pris autant de plaisir à lire cette histoire que moi à l’écrire.

Aussi je vous invite à jeter un oeil à la chronique de lafontmagali. Non seulement parce que vous pourriez peut-être bien succomber à la tentation de découvrir mes écrits et les aventures de mes personnages, mais aussi pour découvrir un blog au principe sympathique tenu par une rédactrice qui semble d’une grande gentillesse, et qui a la bonne humeur communicative.

Bonne nuit à vous tous, et bonne lecture!

Blanche Mt.-Cl.

Vengeance et secrets dans l’Angleterre du XIXe – « La Nuit de l’Infamie » (Michael Cox)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens aujourd’hui avec, une fois n’est pas coutume, un livre qui n’appartient pas à la littérature de l’imaginaire, mais qui par son histoire et son ambiance fascinantes qui peuvent ravir les amateurs de fantastique et de thriller. Il s’agit de La Nuit de l’Infamie, où l’on suit Edward Glyver dans ses pérégrinations entre le brouillard de Londres et la magnificence des manoirs campagnards. Comme je l’ai dit dans mon précédent post, j’essaie, pour la régularité, d’être un peu plus concise.

Vous êtes prêts? Tout commence avec un coup de poignard…

  • Vengeance

Par une sombre nuit de 1854, quand dans une ruelle de Londres, un homme est froidement assassiné par un inconnu. Le défunt a eu la malchance de servir de test à Edward Glyver qui, par ce geste, souhaitait s’assurer de sa capacité à tuer… Car depuis des années, il prépare sa vengeance. Contre le poète Phoebus Daunt. Glyver revient sur sa propre histoire, sur les raisons de cette haine qui le consume, sur le chemin parcouru pour devenir un meurtrier…

Bien des années auparavant, Edward Glyver, un jeune boursier amoureux de livres et de littérature (comme la plupart d’entre nous ici…), est accepté dans une prestigieuse université et passe son temps à la bibliothèque à classer et répertorier des livres. C’est sans compter sur un jeune homme arrogant et sans talent, Phoebus Daunt, à cause de qui la vie d’Edward bascule. Suite à un mensonge de Daunt qui l’accuse d’avoir dérobé un précieux ouvrage, il est renvoyé. Cela met fin à ses espoirs de mener la vie d’universitaire à laquelle il aspirait… Obligé de travailler à Londres, loin du confort du monde académique, il prend un faux nom et parvient à s’approcher de la famille de Lord Tansor, aristocrate mécène, sans héritier et surtout… protecteur de l’odieux Phoebus Daunt qui a su se frayer un chemin dans le monde alors que Glyver évolue encore au bas de l’échelon.

Car à la mort de sa mère, Edward a découvert un secret. Un terrible secret. Car non-content de lui avoir volé son destin, Daunt pourrait bien aussi lui avoir volé sa vie…

  • Pourquoi je le recommande
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Couverture de l’édition de poche de La Nuit de l’Infamie – Source: Amazon.fr

À la base, je l’avais plus ou moins pris par dépit en même temps qu’un Grangé, parce que pour bénéficier de je ne sais plus trop quelle remise, il me fallait un second livre et ma mère avait attiré mon attention sur cet ouvrage. Je me suis alors dit: « Pourquoi pas? » en m’attendant au plus à un agréable passe-temps. C’est finalement le Grangé qui m’a déçue, alors que La Nuit de l’Infamie m’a véritablement captivée.

L’auteur, Michael Cox, décédé en 2009, étant à la base un universitaire qui a produit des essais et des études, a signé avec cette oeuvre son tout premier roman. On aurait pu craindre que le style d’écriture soit un peu sec, comme c’est parfois le cas quand des historiens ou autres intellectuels se lancent dans la fiction – pour avoir un peu testé, certains sont si habitués à s’adresser à des spécialistes que même leurs romans sont obscurs, ou atrocement mal écrits!… Je n’ai pas eu l’honneur de lire La Nuit de l’Infamie en VO, mais au vu de la traduction, je pense que Michael Cox devait avoir une très belle plume.

En effet, il arrive, à travers ce récit à la première personne, à capter l’attention du lecteur en le plongeant dès le début au coeur de l’action avec ce meurtre gratuit, mais aussi directement dans l’esprit de l’assassin. Ainsi, j’ai suivi avec une fascination mêlée d’effroi, et même de tristesse, le pourrissement de cette âme. Car c’est cela, un véritable chemin vers la damnation, pour ce héros tragique qu’est Edward Glyver. C’est un homme qui n’a plus rien à perdre, qui hait sa vie et qui a perdu sa mère, la seule personne qui ait véritablement compté pour lui. On sent la mélancolie, la tristesse et la frustration de cet homme à qui la route du succès a été fermée, et cela à la suite d’une terrible injustice, dans une société où il était déjà difficile de s’élever quand on n’était pas « bien né ». Et c’est finalement là qu’est le tour de force de Cox: si dans les premières pages nous voyons un monstre qui tue un autre home, nous nous prenons finalement à ressentir de l’empathie pour cet être en souffrance, à se demander ce qui aurait pu l’empêcher de se laisser envahir par ce désir de revanche.

Cette empathie que nous ressentons à la lecture des mésaventures d’Edward Glyver, privé de la vie qu’il espérait avoir, et d’une autre vie que celle qu’il avait toujours eue, nous mène à nous poser cette question dérangeante: et nous-même, comment aurions-nous réagi en perdant tout cela?

Cette histoire parait bien éloignée des livres que je présente d’habitude. Et pourtant… L’ambiance feutrée et sombre, des somptueuses bibliothèques des universités anglaises dont les rayons croulent sous les livres anciens, des demeures aristocratiques avec leurs parcs et leurs folies, de la maison d’enfance non-loin de la mer, et du brouillard londonien, a une dimension quasi-surnaturelle qui ne déparerait pas dans un roman fantastique, ou un film d’horreur. Je parlais de Wolfman, cette semaine… eh bien ces décors auraient tout à fait convenu à une telle histoire. Cette atmosphère est d’autant plus captivante que le personnage principal, tout occupé à ses sombres desseins et à sa souffrance, semble y flotter comme dans une réalité parallèle… C’est peut-être mon imagination qui me joue des tours, mais ce livre me donnait parfois l’impression d’un délire onirique, vaguement « romantique » (au sens littéraire et non pas amoureux du terme!) et propice aux apparitions inquiétantes de nos cauchemars.

Quant à la personnalité d’Edward Glyver, elle n’est pas sans rappeler celle de créatures fantastiques que nous avons croisés dans la littérature, vampires, loups-garou ou autre « monstres » qui se sont soit battu contre leur propre nature, soit abandonnés à elle par amertume et mépris de leur propre condition.

En conclusion, donc, un opus brillant, tout en passion, mais aussi en nuances et en descriptions si nettes qu’on croirait voir l’histoire se dérouler sous nos yeux, et également très surprenant, qui peut aussi convenir à des inconditionnels du fantastique. J’espère en tout cas vous avoir envie de regarder d’un peu plus près dans ces pages envoûtantes, quasi-hypnotiques…

Blanche Mt.-Cl.

Titre: La Nuit de l’Infamie – Une Confession (The Meaning of Night)
Auteur: Michael Cox
Editions: Points
Collection: Points Thriller
567 p.
Parution: Mai 2008
Prix: 8,60 €

Blanche Mt.-Cl.

Science-Fiction pour la Jeunesse – « Hunger Games » de Suzanne Collins

Très chers lecteurs,

Me voici de retour ce dimanche avec un avis lecture.

Ayant manqué la lecture d’Harry Potter et ayant délaissé Le Seigneur des Anneaux après seulement la moitié de la trilogie (je sais: HONTE A MOI mais c’est le seul livre que j’aie arrêté avec Les Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley), j’ai mis un point d’honneur à me rattraper sur certaines séries pour la jeunesse. Et ce malgré mes vingt-huit printemps. Mais j’ai lu il y a peu que, ces dernières années, 55% du lectorat des best-sellers destinés aux jeunes étaient… des adultes. Certains coincés y verraient un refus de grandir, mais pour ma part, je pense que les histoires prenantes sont partout. J’ai lu Twilight, qui, même si ce n’était pas une claque littéraire et pour peu qu’on évite les films, ne mérite pas nécessairement l’acharnement des critiques (qui pour beaucoup ne l’ont pas lu). Pour Hunger Games, j’ai hésité un moment, de peur d’être déçue. Je n’aime pas être déçue par de la science-fiction…

Je me suis toujours refusé de voir les films tant que je n’aurais pas lu les livres. Et un jour je me suis décidée. Et à l’heure où les films avec la délicieuse Jennifer Lawrence font recette, j’ai souhaité parler de ce livre avec la « naïveté » de celle qui n’a pas vu l’adaptation ciné…

  • L’histoire

Revenons un peu sur le « pitch » des trois volumes, que vous connaissez sans doute si vous avez vu les films.

Le contexte – Dans un futur que j’ai du mal à situer, l’Etat de Panem, en Amérique du Nord, se divise en treize districts chacun spécialisé dans la production d’une ressource (pêche, mine, agriculture, luxe…). Suite à une ancienne guerre contre le pouvoir central du Premier District, le Treizième District a été décimé et n’est plus qu’un amas de ruine qui doit servir d’exemple à ceux qui seraient tentés de se révolter. Les Pacificateurs, une sorte de police politique, se livre à une répression terrible. Ainsi, chaque année, les districts offrent en tribut un adolescent et une adolescente tirés au sort, afin de participer aux Hunger Games (littéralement les « Jeux de la Faim »), une sinistre téléréalité diffusée par le District Un dans tout Panem. La règle: un seul survivant, un seul vainqueur.

L’intrigue – Racontée à la première personne, l’histoire suit le parcours de Katniss Everdeen, une jeune fille issue des bas-fonds du District Douze, qui prend la place de sa jeune soeur Prim, tirée au sort pour participer aux Jeux. Dans le premier volume, Hunger Games, elle quitte donc sa famille et Gale, son meilleur ami, pour se rendre au District Un avec Peeta Mellarck, fils de boulanger issu lui de la petite bourgeoisie du District. Tout les oppose. Elle est petite, frêle, et brune, avec un caractère dur forgé par des années de lutte pour sa survie, lui est grand, blond, loin d’être laid et semble plutôt « bon garçon ». Ils sont accompagnés par Effie Trinket, une quinqua fashionista affublée de perruques colorées, et par Haymitch Abernathy, ivrogne notoire et vainqueur d’une ancienne édition des Jeux. Autant dire que Katniss et Peeta ne partent pas avec tous les atouts pour réussir… Ils découvrent alors une société hédoniste, entièrement dédiée au plaisir et à l’amusement, et ce sur le dos des autres district. La haine de Katniss n’en est que plus forte, d’autant qu’elle fait la connaissance du monde des média, de la mise en scène… et rencontre le styliste Cinna, un être brillant et talentueux, en charge de son image auprès de la population du District Un. Inutile de dire que leur présentation dans l’arène, à Peeta et elle, fait sensation. La méfiance de la jeune fille, qui ne sait plus à qui se fier, monte encore d’un cran lorsque Peeta, sous les conseils d’Haymitch, annonce sur un plateau télé qu’il est amoureux d’elle… Et pourtant, les jeux commencent bientôt, pour un combat sans merci.

Dans le second tome, L’Embrasement (Catching Fire), Katniss et Peeta, marqués dans leur chair, ont regagné le District Douze ou l’Etat leur a octroyé à chacun une vaste demeure dans le village des vainqueurs. La jeune fille s’y est installée avec sa mère et sa soeur. Mais son répit est de courte durée, car suite à son coup d’éclat des Hunger Games qui a vu la victoire de deux tributs, elle et Peeta, elle est étroitement surveillée par le dirigeant de Panem lui-même, le président Snow. En effet, son acte désespéré a créé des velléités de révolte dans différents districts. Au cours d’une visite, il exhorte Katniss à calmer le jeu au cours de sa tournée de la victoire. Outre cette pression, Katniss doit composer avec son meilleur ami, Gale, amoureux d’elle et jaloux de sa proximité avec Peeta. C’est alors qu’est lancé le tirage au sort des nouveaux Hunger Games… Il s’agit d’une édition spéciale, celle des Jeux de l’Expiation qui a lieu tous les Vingt-Cinq ans, comme une sorte de jubilé. Tous les vingt-cinq ans, les organisateurs prévoient quelque chose d’exceptionnel… Et cette année-là, les participants sont sélectionnés parmi les anciens vainqueurs. Katniss et Peeta repartent donc pour le District Un, où des dissidences ont vu le jour. Katniss retrouve l’arène, alors qu’elle doit être un symbole d’apaisement… mais est devenu celui de la révolte.

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La trilogie, bien visible dans ma bibliothèque…

Au début du troisième opus, La Révolte (Mockingjay), tout est parti en « queue de poisson ». Suite aux derniers jeux, le District Douze a été décimé. Parmi les survivant, on compte Gale, la mère et la soeur de Katniss. Celle-ci a été secourue par la rébellion… basée dans le sous-sol du District Treize. Car la population y vit encore, et leur présidente mène la rébellion. Tandis que Katniss, apathique, se remet de sa dernière expérience de l’arène, Gale devient un combattant, et sa jeune soeur Prim offre ses services à l’hôpital du district. Mais la jeune fille se retrouve encore une fois happée dans un combat qui la dépasse, quand la présidente du District Treize décide de faire d’elle l’égérie de la révolte, dans la guerre des média éclate entre la Rébellion et le président Snow. Quant à Peeta, il est retenu prisonnier du District Un, soumis à une torture systématique et à un lavage de cerveau…

  • Ce que j’ai aimé

J’ai dévoré cette trilogie en quelques jours, tant le désir de connaître la suite était grand. Il faut dire que l’intrigue est particulièrement prenante et efficace. Et même si je ne suis pas friande des récits à la première personne, le récit de Katniss m’a vraiment touchée. Je lisais il y a peu un article dans le Guardian, où il était expliqué comment la lecture de fiction développait chez le lecteur la capacité d’empathie. Je pense que Suzanne Collins, avec Hunger Games, s’est essayé à cet exercice avec brio. Certains pourraient arguer qu’il s’agit encore d’une histoire d’ado, se sentir ennuyés par les dilemmes de l’héroïne quant à l’usage de la violence ou à ses sentiments pour Gale et Peeta. Or, il est quand même à prendre en compte qu’elle est très jeune – et honnêtement, ne nous sommes-nous jamais pris la tête quant à nos relations aux autres? et même en tant qu’êtres humains, ne nous sommes-nous jamais trouvés indécis face à une situation hors-norme?

Ce livre m’a plu à bien des égards. Tout d’abord, le contexte. L’univers du District Un était beaucoup plus coloré et kitsch que ce à quoi je m’attendais. Pour les connaisseurs, je dirais que ce fameux district, avec son luxe, son clinquant, sa profusion de biens, ses orgies de nourritures, ses couleurs criardes et sa recherche sans cesse plus poussée du plaisir, n’est pas sans rappeler les sociétés hédonistes du Cinquième Elément ou de L’Age de Cristal. Les membres nous en semblent étrangement futiles et indifférents à ce qui se passe dans les autres districts et pourtant, comme Katniss, il nous est impossible, à quelques exceptions près, de les détester. Après tout, son équipe de maquilleuses, esthéticiennes et stylistes ne sont que des êtres humains… Quant à la description des tenues créées pour Katniss par Cinna pour sa présentation lors des Hunger Games et absolument époustouflante. Bref, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus austère à la Equilibrium, mais finalement j’ai pas mal accroché à cette ambiance.

Par ailleurs, cette vision des média et de leur capacité à présenter au public ce qu’il a envie de voir et de déformer la réalité, voire de mentir, est plus que jamais pertinente. J’aimerais croire que le trait est forcé pour les besoins de l’histoire, mais quand je vois de nos jours les insanités vomies par la téléréalité, ou les bêtises qui font le buzz, dans une quête de plaisir immédiat toujours plus poussée, j’en viens à penser que cette description des mises en scène autour de Katniss et Peeta est à peine exagérée… Et finalement, dans ce surenchérissement, nul ne vaut mieux que l’autre, et la Rébellion, comme le District Un, exploite l’image de Katniss. Et de Peeta.

De plus, les relations humaines sont explorées en profondeur – c’est quelque chose que j’apprécie, car cela met un peu de piment dans l’histoire. Par exemple, Katniss fait la différence entre sa haine du système, et les individus qui l’entourent, et qui d’une certaine façon, la touche. Cela est intéressant car de prime abord, elle paraît froide et sombre, imperméable au moindre sentiment. Et pourtant, son refus à ressentir quoi que ce soit – notamment pour les garçons qui l’entourent – ne signifie pas qu’elle n’a pas de coeur. Elle a simplement connu des difficultés qui l’on fait mûrir très vite et lui ont donné ce qu’il fallait pour la survie en milieu hostile, mais pas pour la douceur. Finalement, elle se révèle vulnérable. Ses difficultés à montrer ce qu’elle ressent la rend d’autant plus attachante.

Quant aux personnages principaux comme Haymitch ou Peeta, l’histoire ne serait pas la même sans eux. Haymitch est un larron antipathique et imbibé en permanence, que Katniss et Peeta passent leur temps à surveiller dans les premiers chapitres de l’histoire. Mais après la « révélation Katniss », il se révèle être un mentor dur mais efficace, qui prend soin de ses protégés. Quant à Peeta, si l’on est d’abord méfiant à son égard, on découvre, sous ses airs affables et sa gentillesse, un garçon possédant des talent artistiques, malin et assez courageux dans son genre. Et ce qui ne gâche rien, ses descriptions laissent à penser qu’il est assez mignon – j’ai notamment retenu une description de Katniss l’observant à la lumière du soleil, et notant les reflets dorés dans ses cils blonds. Il est vrai que j’aime bien les blondinets, et que j’aime à imaginer en Peeta un adolescent mignon et tout blond, comme une version beaucoup plus jeune d’Arthur dans la série Merlin. En tout cas, son personnage manque beaucoup dans le troisième opus. Mais trêve de digression au sujet de la « plastique » de Peeta Mellarck…

Les personnages secondaires sont également intéressants, et plus profonds qu’ils en ont l’air de prime abord. Mention spéciale pour le mystérieux Cinna, le styliste attitré de Katniss – sexy en diable, au passage, et pour Finnick le beau gosse du District Quatre, qui se révèle finalement plus brave que futile, et qui cache en lui énormément de souffrance. J’ai quand même un gros bémol: le personnage de Gale, l’ami masculin de Katniss. Par goût personnel, je n’aime pas les personnages de « l’ami d’enfance » dans la fiction, et pour moi, le retour avec ou une romance avec cet ami d’enfance n’est autre qu’un retour en arrière pour l’héroïne. Gale cristallise tout ce que je déteste: c’est l’ami qui est un peu plus âgé que l’héroïne et qui a des sentiments pour elle, sa haine aveugle, sa dureté et sa propension à juger sans savoir, quand il adresse des reproches à son amie alors que contrairement à elle, il n’a pas connu les horreurs des Jeux. En fait, il donne l’impression d’aimer l’idée de Katniss, ce qu’elle représente pour lui. Elle est un peu sa chose. Pour moi, il est, comme l’est souvent l’ami d’enfance, un frein à la réalisation du destin de l’héroïne, qui après avoir eu ses propres expériences, a changé. Changements que ledit ami ne peut jamais tolérer. Et ça m’énerve!

Parce que Katniss, bien qu’habituée à des conditions de vie rude, n’en était pas pour autant préparée à l’utilisation de la violence comme elle l’a vue dans l’arène. Une violence gratuite et retorse. D’ailleurs, sur ce sujet, j’ai vu l’avis de plusieurs personnes qui avaient moins aimé le troisième opus de la série, et ce pour plusieurs raisons – l’absence de Peeta dans la première partie et l’apathie de Katniss notamment. Or, justement, je trouve que la baisse de rythme dans la première partie de La Révolte rend l’intrigue plus crédible à mes yeux. C’est en effet le moment où Katniss, ainsi que le personnage de Finnick, accusent le coup de toute la violence subie et infligée. Dans bien des fictions, les héros tuent sans état d’âme, et quand ils éprouvent du remords cela ne dure pas. Ou l’enjeu est vite passé sous silence. Là, Katniss et les autres sont véritablement TRAUMATISÉS – ils font des cauchemars, sont indifférents à ce qui les entourent. Katniss sèche ses cours et se cache pour dormir ou broyer du noir, le beau Finnick perd momentanément la raison. J’ai donc apprécié que la dimension traumatique de la violence ait été présente.

  • Pourquoi je le recommanderais

Outre cet univers complètement fou et cette cruauté, Hunger Games n’est pas parfait et souffre des faiblesses imputables à la littérature pour la jeunesse, notamment une certaine naïveté dans le traitement de la romance, mais c’est un des livres que j’aurais aimé avoir lu quand j’étais adolescente. Bien sûr, comme pour toute série littéraire devenue culte, il y aura toujours des critiques pour dire que cette trilogie n’a pas mérité son succès et que ses fans sont des crétins. C’est certes une affaire de goût, mais je pense qu’il serait vraiment injuste de démonter ce livre comme cela a été le cas pour Twilight. Hunger Games pose de bonnes questions sur l’utilisation des média et de la violence, sur la peur, la survie. Sur la condition humaine. C’est un genre de récit initiatique où l’héroïne devient adulte en se confrontant à la violence.

Et ce n’est pas la seule chose qui fait grandir Katniss, la jeune fille sombre et renfermée qui braconne hors du grillage du District. Elle fait la découverte d’une amitié autre que celle basée sur la ressemblance, comme avec Gale. Elle sort de son milieu et rencontre des gens différents d’elle, avec qui elle est capable de s’entendre, à qui elle s’attache, comme son équipe cosmétique, ou d’autres combattant. Et Peeta, que tout oppose à elle. Elle va connaître une autre part d’elle-même, capable de désir et de sentiments qui la dépassent.

Et c’est justement pour Katniss, que je conseillerais Hunger Games à de toutes jeunes filles. A l’heure où nombre de filles, au nom du respect de la femme veulent se conduire et être traitées « comme des princesses », elles ne font que véhiculer des poncifs qui font encore passer les femmes pour des neuneus, pour ces éternelles enfants qu’elles étaient aux yeux de la loi dans la France du XIXe siècle. Je pense que certaines féministes extrêmes trouveraient l’ébauche de romance présente dans le livre ridicule car une vraie femme indépendante n’a pas besoin d’un homme et peu s’en sortir par elle-même. Bien que je pense que Katniss puisse être un modèle pour tous les jeunes, je m’adresse aux jeunes filles. Ne devenez pas des princesses. Soyez débrouillardes et astucieuses, comme Katniss, sans doute l’héroïne pour la jeunesse la plus débrouillarde que j’aie vue ces dernières années. C’est une battante qui fonce sans se poser de question, une instinctive dotée d’une passion qu’elle cache bien, qui va devoir accepter une part de vulnérabilité présente en chacun de nous, homme ou femme. Elle n’est pas une demoiselle en détresse. Elle est une guerrière, et c’est elle qui, à la fin, sauve toujours un damoiseau en détresse.

Blanche Mt.-Cl.

Légendes médiévales: Deux livres intéressants – Février 2015

Très chers lecteurs de ce blog,

J’espère que ce post ravira les amoureux de contes, mythes et légendes!… Et qu’il donnera envie aux autres d’y regarder de plus près.

J’ai longtemps hésité avant de rédiger une critique littéraire. Je voulais quelque chose qui sorte un peu de l’ordinaire, mais qui reste attaché aux univers de l’imaginaire. J’ai donc pensé à ce que l’on appelle le « merveilleux » (contes, fées, lutins, etc. …), et à la vogue de celui-ci au Moyen-Âge. C’est ainsi que j’ai dégoté pour vous, dans les tréfonds de ma bibliothèques, deux livres d’introduction, deux courts essais sur le sujet. Il s’agit du Fantastique au Moyen-Âge de Samuel Sadaune, et de Héros et merveilles du Moyen Âge: Arthur, la licorne et les fées dirigé par l’illustre historien médiéviste Jacques LeGoff.

IMG_3890J’ai redécouvert il y a quelques années mon intérêt pour le Moyen-Âge, et en particulier pour le mythe arthurien. Cela m’a amenée à regarder les autres contes et légendes… pour retrouver des histoires encore présentes dans la culture populaire. En effet, qui ne connaît pas la légende d’Arthur et des Chevaliers de la Table ronde – au moins à travers Kaamelot (pas du tout mon trip, je préfère vous le dire), Merlin ou le cultissime Excalibur? Quel grand romantique n’a pas rêvé au récit des amours de Tristan et Iseult? Qui n’a pas entendu, au moins une fois dans sa vie, le nom de la fée Mélusine, mère de la lignée des Lusignan?… Ces contes sont abordés, avec leurs différentes variantes, dans l’ouvrage dirigé par Le Goff. Le livre de Sadaune, quant à lui, explore les peurs et les croyances des médiévaux, liées au religieux avec une sorte de bestiaire divin et une conception de l’au-delà empreinte de christianisme, et également liées à la connaissance du monde. En effet, on croyait à cette époque à des lieux mythiques comme le pays de Cocagne, le Royaume du Prêtre Jean ou encore des terres habitées par de mystérieuses peuplades comme les Cynocéphales (hommes à tête de chien).

Ainsi ces deux livres se complètent merveilleusement bien et citent des sources d’époque abondantes comme des romans ou des récits de voyage, nous plongeant dans la pensée des hommes et femmes du Moyen-Âge. À une époque où la frontière entre le réel et l’imaginaire était mince, les mémoires d’explorateurs tels que Marco Polo ne pouvaient paraître crédible que s’il n’y était fait mention d’animaux merveilleux, et il n’était pas rare que ceux-ci fassent état de ouï-dires quant à des monstres qu’ils pensaient être des dragons ou des licornes. De même, la « matière de Bretagne » sur laquelle fut bâtie le mythe arthurien (sur lequel je pense revenir dans un prochain post), faisait figure de récit historique qui a pris une ampleur légendaire quand la noblesse européenne a cherché de nouveaux idéaux de bravoure à travers les romans. Romans qui sont d’ailleurs compilés dans des bibliographies abondantes pour ceux qui souhaitent lire dans le texte les exploits du roi Arthur, ou des sires Lancelot et Perceval.

Doit-on pour autant conclure que les médiévaux étaient une bande de naïfs sans cervelle?… Que nenni. Avant d’entrer dans ces livres, il est important de sortir de cette idée qui veut que les hommes du Moyen-Âge n’étaient qu’un ramassis de fous de dieu obscurantistes, complètement abrutis par ce que leur disaient leurs prêtres. Les connaissances n’étant pas celles que nous avons aujourd’hui, le monde concret était rempli d’irrationnel, ce qui laissait une place au mystérieux dans la vie quotidienne. N’oublions pas que cette époque est aussi celle de grandes prouesses comme la construction des cathédrales, ainsi que d’esprits brillants, de voyageurs et de conteurs… passés à la trappe par les hommes de la Renaissance pour mettre en valeur leurs propres réalisations artistiques ou autres. Car il est à parier que les médiévaux eux-mêmes n’ont plus beaucoup cru au merveilleux qui a déserté la littérature à la fin du Moyen-Âge, à moins d’être traité sur un mode parodique.

En fait, ces deux livres nous font voyager dans une époque où les hommes et les femmes avaient contrairement à nous, assez d’humilité pour accepter l’irrationnel dans leur vie. Je vous conseille donc ces livres qui vous plongeront dans des récits merveilleux, faits d’armures étincelantes, de combats épiques, d’êtres surnaturels, d’épées portant des noms évocateurs et d’étonnantes métamorphoses. 🙂 De plus, ils sont courts et abondamment illustrés, ce qui vous permet de partager la perception de ces gens, et de voir comment ils représentaient le merveilleux.

Titre: Le Fantastique au Moyen-Age
Auteur: Samuel Sadaune
Editions: Ouest France
Collection: Histoire-Mémoire
144 p.

Titre: Héros et Merveilles du Moyen-Age
Auteur: Jacques Le Goff (Dir.)
Editions: L’Histoire
Collection: Illustré Histoire
96 p.

Blanche Mt.-Cl.

46 ateliers pour Photoshop : Retouche d’images et photomontage

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GRAPHISTES EN HERBE,

Capture d’écran 2015-02-15 à 19.34.14Me voici de retour dans cette rubrique avec autre ouvrage à mettre entre tous les mains. Car si Photoshop vous terrifie, ce livre est fait pour vous… Certes il y a pléthore d’ouvrages sur le sujet, et d’autres plus ou moins spécialisé sur un aspect de ce logiciel puissant et fantastique (je pense notamment aux Cahiers d’Eyrolles, sur lesquels je reviendrai pour InDesign et Illustrator).

Pour ma part, si j’aimais bien Photoshop, j’avais été quelque peu échaudée après mes premiers devoirs de photomontage, en réalisant que mes détourages étaient maladroits et très durs. Malgré des heures passées sur le DVD tutoriel fourni par mon école, j’ai été paralysée pendant longtemps sur Photoshop, me contentant de quelques retouches photos pour des visuels à mettre dans mes maquettes (balance de couleurs, réglages de saturation, niveaux…). C’est ce livre qui m’a permis de m’y remettre doucement, et je ne pense maintenant qu’à organiser une séance de photos pour mettre un de mes projets en oeuvre. 🙂

Comment s’articule cet ouvrage? Il se divise en quatre grandes parties sur les bases, la retouche, le photomontage et les possibilités créatives de ce logiciel merveilleux dès que l’on maitrises certaines manipulations simples. Vous apprendrez ainsi à corriger les défauts d’une photographie et à embellir un portrait (attention de ne pas en abuser comme certaines stars! 😉 ), changer des couleurs, jouer sur la lumière, détourer, transformer, créer une ombre portée pour un montage réaliste, créer des effets néons et des transparences, jouer avec des textes et les masques de fusion… De plus, chaque atelier s’accompagne de trucs et astuces en haut de pages. Les fichiers exemples sont à télécharger sur le site de l’éditeur et permettent d’effectuer les travaux des ateliers. Vous pouvez ensuite appliquer ces manipulations à vos propres photographies et projets personnels.

Un petit bémol néanmoins: la qualité et la résolution des fichiers à télécharger est parfois moindre que celle des photographies montrées dans les exercices, ce qui peut poser souci dans les ateliers impliquant des détourages de grande précisions.

Il n’en reste pas moins que le livre est donc très bien fait. Pour ma part, il m’a permis de me faire la main sur des petites manipulations basiques mais très utiles pour créer des effets saisissants, que mes tutoriels n’avaient que survolées. Il convient aussi parfaitement à des débutants.

Titre: 46 ateliers pour Photoshop : Retouche d’images et photomontage

Auteur: Marylise Logez

Editions: Micro Application Editions

Collection: 200% Photoshop

251 p.

Prix: 22,90 €