Contes sombres et glauques – Deux recueils à (re)découvrir

« Et, pour la première fois de mon existence innocente et confinée, je perçus en moi-même des possibilités de dépravation qui me coupèrent le souffle. »

Angela Carter, « Le Cabinet Sanglant » in: La Compagnie des Loups

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Attention, attention, voici une petite chronique surprise, avec laquelle on retrouve la vocation première du blog: la littérature SFFF! Enfin une re-chronique, puisque j’avais déjà parlé de ces deux ouvrages, aux tout débuts du blog, lorsque celui-ci n’avait que quelques abonnés. Voici qu’après en avoir parlé en #MardiConseil j’ai décidé de consacrer à nouveau un petit article à ces deux livres qui gagnent à être connus.

En effet, ces dernières années, les réécritures de contes ont eu le vent en poupe, les vieilles histoires ont été revues, ré-explorées, recyclées de manière plus ou moins heureuse, à tel point que, il y a trois ans, j’y ai consacré une semaine thématique sur Les Mondes de Blanche! Ceci dit, les deux recueils de contes que je vais vous présenter ne sont pas pour les enfants! 🙂 Ils sont emprunts de noirceur et même parfois d’une certaine sensualité. Ils abordent parfois des sujets dérangeants, extrêmement dérangeants, et il arrive également qu’ils prêtent à sourire…  Venez découvrir non pas un, mais deux livres dont je vous offre une petite lecture comparée! Continuer la lecture de Contes sombres et glauques – Deux recueils à (re)découvrir

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SEMAINE THÉMATIQUE « ADAPTATIONS DE CONTES » – Contes au cinéma: faire sens ou divertir?

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Illustration du conte par Alexander Zick – Source: Wikipedia

Je poursuis cette semaine dédiée aux adaptations de contes avec deux films qui réutilisent et détournent le genre. Si l’un adapte un conte connu en racontant sa suite de manière spectaculaire, l’autre fait d’auteurs de contes les acteurs de ce qu’ils ont écrits: Hansel et Gretel: Witch Hunters (Tommy Wirkola, 2013) et Les frères Grimm (Terry Gilliam, 2005).

Je sais que pour pas mal de critiques, l’opus traitant d’Hansel et Gretel est une vaste blague, et qu’on pourrait s’étonner que je le traite ici avec une réalisation de Terri Gilliam, un cinéaste plutôt bien considéré. Eh bien, au risque de choquer certains d’entre vous, Terry Gilliam, hormis pour Brazil et L’Armée des Douze Singes, me laisse toujours très mitigée. Donc, vous imaginez que mon point de vue sur Les frères Grimm sera assez critique. 🙂 Je souhaitais traiter ces deux films ensemble, non-seulement pour la débauche visuelle, mais aussi parce qu’ils ont tous les deux pour cadre le monde germanique du XIXe siècle, et que l’on pourrait s’attendre à voir les protagonistes des deux histoires se croiser tant certains éléments se ressemblent.

Pour ma part, ils me posent la question de la modernisation des contes, de leur contextualisation, et surtout du sens… Bien évidemment, tout cela est très subjectif!

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Conte onirique et surréaliste – La Belle et la Bête (Jean Cocteau, 1946)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Une très belle affiche du film – Source: AlloCiné

Me voici de retour avec la chronique cinéma de la semaine! 🙂 Il y a quelques temps, j’évoquais Peau d’Âne de Jacques Demy, et cela m’a rappelé une autre adaptation de conte, tout aussi française et tout aussi culte. Ainsi j’ai décidé de vous faire redécouvrir un classique qui, je l’espère, vous ravira: La Belle et la Bête, réalisé par Jean Cocteau et sorti en 1946, avec l’irremplaçable Jean Marais.

La Belle et la Bête était un film-phare de la vidéothèque de mes parents quand j’étais toute petite, et je l’ai même vu avant le dessin animé de Disney (une jolie réussite également). Il est très intéressant de voir comment Jean Cocteau a adapté cette histoire intemporelle.

Je vous emmène donc en un endroit où, quand les bêtes reviennent de la chasse et croisent une jeune fille innocente, la honte du sang versé fait fumer leurs mains…

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Un classique kitsch et culte – Peau d’Âne (Jacques Demy, 1970)

« Tu chantais l’amour. Le cherches-tu?
— Évidemment que je le cherche. »

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Affiche du film - Source: All
Affiche du film pour sa sortie en version restaurée – Source: AlloCiné

Avec, encore une fois, du retard, me voici de retour avec la chronique film. N’ayant guère trop eu l’occasion de regarder des films récemment, ou bien des films qui n’ont rien à voir avec l’univers de ce blog, je me suis vraiment creusé les méninges. Si je pensais à quelques opus fantastiques ou drôles dont nous a gratifié Hollywood dans les années 80 et au début des années 90, j’en avais presque oublié que le cinéma français avait lui aussi eu quelques sursauts dans le genre.

Aussi je vous présente aujourd’hui un film qui m’est apparu comme une évidence il y a quelques temps: le cultissime Peau d’Âne de Jacques Demy. Ressortez, mesdames, les déguisements de princesse, et messieurs, vos collants les plus chatoyants, pour une interprétation foisonnante, colorée, musicale et décalée du conte de Charles Perrault…

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Croquis – Blanche-Neige Revisitée – Avril 2015

Très chers lecteurs,

Bien le bonsoir. J’espère que ceux qui apprécient mes dessins ne se sont pas trop ennuyés ces temps-ci, car je ne dessine pas autant que le le voudrais. Ceci dit, je reviens avec une autre ré-interprétation de conte de fée. Vous vous souvenez peut-être du Petit Chaperon Rouge… Cette fois-ci, je n’ai pas utilisé d’encre, mais j’ai osé un croquis en couleur à la craie à la cire… pour Blanche-Neige. J’ai consacré un post au conte et à ses adaptations dans la rubrique littérature du blog, si le coeur vous en dit, mais ce n’est pas le propos.

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Blanche-Neige prenant son bain

Voici donc ma Blanche-Neige à moi.

Elle est nue, consciente et pas effrayée pour un sou de sa féminité et de son corps, et prend tranquillement un bain, dans une rivière non-loin de chez les nains. Elle se sent en sécurité loin de chez sa belle-mère. Vous avez peut-être vu l’adaptation Blanche-Neige: Le plus horrible des contes, avec Sigourney Weather en méchante reine. Dans ce film, Liliana, notre Blanche-Neige, est au bord d’une rivière où elle lave son linge quand arrive une vieille femme laide mais affable, portant un panier de pommes, qui commence à parler avec elle. De tout et de rien, de la vie, des hommes, comme « deux dames sur la route ». 🙂 Comme vous pouvez le voir, c’est l’automne dans la forêt, les feuilles sont rouges et flottent à la surface de l’eau, laissant comme des copeaux rouges sur la peau blanche de la jeune femme, l’ornant comme des tatouages ou des bijoux. Au passage je m’excuse pour les proportions étranges de mon personnages. Je corrigerai ses défauts quand je re-travaillerai ce dessin plus tard.

Quant à sa très méchante belle-mère mono-maniaque, je n’ai pas voulu en faire une vieille souillon ou une sorcière à l’apparence hideuse, mais ai voulu la rendre attirante pour ma Blanche-Neige. Elle a de l’allure, elle apparait comme sortant des bois, sa robe se fondant dans le sol avec ses teintes végétales, et tient une très belle pomme rouge qu’elle va offrir à sa belle-fille. Seule mise en garde, ses yeux brûlant d’un étrange feu rouge…

J’espère en tout cas que cette petite mise en bouche quant à la représentation des contes traditionnels vous aura plu et que je pourrai bientôt vous présenter des oeuvres, dessins ou peintures, ou encore du digital art, un peu plus complexe et beau. En attendant, je vous souhaite de beaux rêves, sombres et envoûtants!

Blanche Mt.-Cl.

Croquis – Le Petit Chaperon Rouge Revisité – Mars 2015

Mes chers lecteurs, bien le bonsoir!

EvaLoup002Me revoici avec un nouveau dessin qui, pour une fois, n’a rien à voir avec mes études de graphisme et autres expérimentations par ordinateur comme mes derniers paysages féériques.

Comme vous l’avez vu sur ce blog, la littérature et la mythologie sont une grande source d’inspiration pour moi. J’ai étudié les Contes de Grimm à l’université, et ils se révèlent tous beaucoup plus sombre que ce qu’en ont fait plus tard les livres pour enfants et les studios Disney. Et je prends un plaisir particulier, comme vous le verrez demain avec mon prochain avis lecture, à voir la façon dont ils sont ré-interprétés de nos jours… dans un esprit plus sombre, parfois clairement emprunt d’un certain érotisme.

J’ai un faible pour les contes impliquant des métamorphoses ou des animaux, ours (Neige-Blanche et Rose-Rouge) ou loups (Le Petit Chaperon Rouge), et même cerfs (Grande Soeur et Petit Frère). J’ai récemment pu lire « La Compagnie des Loups », une nouvelle extraite du recueil de contes ré-écrits par Angela Carter, La Compagnie des Loups. Elle y distille une certaine sensualité, on y trouve une exploration de la « bestialité » non-seulement chez l’homme mais aussi chez la femme, et il n’est pas rare de voir une belle devenir une bête…

Aussi sur ce dessins – ou plutôt sur ce croquis en vue d’un prochain dessin plus élaboré – j’ai fait de mon petit Chaperon rouge une jeune femme sensuelle, abandonnée, se reposant au côté du loup, sur sa cape rouge lui servant de couverture… J’espère que le dessin achevé, plus élaboré que celui-ci, vous plaira également!

En attendant, je vous souhaite à tous une bonne soirée!

Blanche Mt.-Cl.

Blanche sort le Chaperon Rouge pour la Bête – Photoshop – Mars 2015

Très chers lecteurs de ce blog,

Bien le bonsoir! J’ai l’honneur de vous présenter ma toute dernière expérimentation sous Photoshop. Cela faisait un moment que je ne l’avais pas utilisé, et j’ai souhaité mettre à profit ce que j’ai appris dans 46 Ateliers pour Photoshop sur les masques de fusion et l’adoucissement des détourages, pour me distraire et apprendre. Certes, j’ai encore beaucoup de choses à améliorer concernant ces mêmes détourages, mais j’ai beaucoup aimé travailler sur cette composition qui, si elle ne compte pas énormément d’éléments détourés, est un véritable exercice patience, notamment en ce qui concerne l’utilisation du pinceau pour la création de calque. Mais cela m’a fait un bien fou d’être à l’oeuvre sur autre chose que sur des devoirs…

Voici donc le résultat de cette expérimentation, inspiré à la fois de La Belle et la Bête et du Petit Chaperon Rouge – à ma décharge, j’ai étudié les Contes de Grimm en fac d’allemand et il y a peu, j’ai dévoré Les Contes de Crimes et La Compagnie des Loups que je présenterai sur ce blog. Et puis les contes ont le vent en poupe, comme en témoigne la sortie récente d’Into the Woods.

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J’y ai utilisé différents éléments, principalement des photographies personnelles. J’aime énormément les forêts, si pleine d’arbres aux formes tourmentées, de brume, grouillante de la vie de nombreuses bêtes… et surtout ombragées, noires et berceaux de bien des légendes. Dans cette petite clairière ensoleillée, le petit Chaperon rouge est une jeune femme d’aujourd’hui (je n’avais que moi sous la main comme modèle féminin), faisant une pause, assise sur un magnifique manteau rouge (j’ai acheté ce manteau en décembre dernier, et j’en suis folle), tandis qu’arrive un loup qui semble tout droit sorti d’une publicité pour Dior ou Paco Rabane. Bref, il ne paraît pas bien menaçant… du moins, cela dépend pour qui.

J’ai donc réalisé ce montage avec les moyens du bord, pour une ré-interprétation moderne du conte, inspirée de cette de La Compagnie des Loups, ou le loup se présente sous la forme d’un gentilhomme chassant en forêt. Et c’est un peu comme La Belle et la Belle, une jeune fille face à la bestialité. Je voulais rafraichir un peu cette image car au final, nous les femmes sommes aussi bestiales que nos compagnons masculins! Et ça, l’auteur de La Compagnie des Loups l’avait bien compris.

J’espère poster d’autres créations comme celles-ci très bientôt!

Blanche Mt.-Cl.