Gladiateurs du Futur – Wang, t. 1: Les Portes d’Occident (P. Bordage)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

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Couverture – Source: Amazon.fr

Je reviens cette semaine avec un opus lu il y a déjà un bon moment.

Petite anecdote pour commencer. 🙂 Au début de mes études, alors que j’avais déjà lu la saga culte Dune, je lisais encore en majorité de l’historique. Mais lassée par des intrigues qui me semblaient se répéter, transposées dans des lieux et des époques différentes, je voulais me remettre en douceur à la S.F. avec une histoire agréable à lire qui me captiverait. J’ai donc, pendant l’été qui a suivi ma première année de fac, fait un tour à l’espace culturel Leclerc du coin auvergnat où je passais mes vacances, opté pour les deux volumes de l’oeuvre de Pierre Bordage, Wang.

Dans cette chronique assez concise, je reviendrai sur le premier tome, Les Portes d’Occident. Préparez-vous à découvrir un monde aussi exaltant que perturbant…

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Petites prévisions pour les chroniques lectures…

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Tout d’abord, je tiens à m’excuser de l’irrégularité de mes publications ces deux derniers mois, car j’ai eu un brusque changement de vie, et entre mon stage sur Paris, mes week-ends très cours en province, mon cerveau sur-sollicité, et mes doutes quant à la poursuite sur la voie du graphisme et de l’écriture, j’ai quelque peu souffert du syndrome de la page blanche.

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En arrière-plan, livres déjà lus… et au premier plan, la PAL. J’avais dit que j’allais me tenir au niveau de l’achat des livres!

Qu’à cela ne tienne! Me revoici sur ce blog avec, à défaut d’une réelle chronique ou d’une création de mon cru, quelques nouvelles et quelques mises en bouche qui vont m’obliger à me bouger quelque peu les fesses pour faire vivre au moins la rubrique Littérature de ce site. En effet, si je vous mets l’eau à la bouche, je me sentirai obligée, au moins par orgueil, de vous gratifier de quelques critiques lectures! Comme je le disais, ma vie a été mouvementée, et j’ai beaucoup lu en pointillés ces derniers temps. J’ai même lâché la lecture de Druide (je comptais là-dessus pour me remettre doucement à la fantasy, et même si l’histoire n’est pas mal, ma foi, je suis un peu rebutée par le style d’écriture) pour me concentrer sur des revues ou des ouvrages consacrés aux logiciels de graphisme.

Comme vous pouvez le constater, certains de mes ouvrages n’ont rien à voir avec la littérature de l’imaginaire ou avec le graphisme (car dans une autre vie, je fus historienne et publiai même deux-trois papiers sous mon vrai nom, et je m’intéresse encore beaucoup à l’histoire) et ne figureront pas sur ce blog consacré avant tout à la SFFF. Donc, exit les civilisations disparues, les livres sur Moscou et la Russie, ou ma marotte du moment, le Japon. Je pourrais exceptionnellement, poster des critiques sur des livres comme celui dédié aux plantes magiques ou à l’occultisme chez les Nazis, puisqu’ils peuvent se prêter aux univers de l’imaginaire. De même, à mon grand regret, l’excellente série manga Monster, thriller sans fantastique, n’y figurera pas non-plus. A moins de créer une rubrique hors-sujet, mais j’ai peur que cela plombe un peu la cohérence de ce blog qui est déjà en lui-même un joyeux fouillis.

Ceci dit, certains ouvrages pourraient vous intéresser…

Cette PAL compte donc: le troisième volume de Spin, Vortex (Charles Robert Wilson), Druide (Olivier Pelu), les cinq volumes du Cycle de Pendragon (Stephen Lowhead), Metropolis (Thea von Harbou, en allemand), Metro 2033 (Dmitri Glukhovsky) ou les deux volumes des Dames du Lac (Marion Zimmer Bradley). Je me suis par ailleurs décidée à attaquer la série des Death Note, puisque je découvre depuis quelques temps et avec enthousiasme l’univers du manga (je n’ai fait hier, qu’une bouchée du premier volume…).

Sinon, j’ai encore dans ma bibliothèque quelques petits chefs d’oeuvres signés Frank Herbert, Bram Stocker, Jules Verne, René Barjavel et autres… et même le premier volume des aventures de Conan le Cimmérien! Au pire, je vous ferai découvrir quelques films sympathiques, entre le grand classique ou le nanar! 🙂

J’en profite également pour vous faire part d’une fonctionnalité récemment découverte sur ce thème de blog… la création de la galerie d’image qui vous permettra non-seulement de mieux apprécier mes créations – ce qui est important quand on aborde les arts visuels – mais aussi de commenter et de partager les images.

 En attendant, je vous souhaite un bon dimanche, et de bons moments lecture!

Blanche Mt.-Cl.

Un introuvable en librairie pour fans de « Star Trek » – « Star Trek: Le Retour »

Très chers lecteurs,

Nouveaux arrivants sur ce blog,

Je profite d’un jour de congé pour revenir avec un  véritable article de fond un peu long qui, je l’espère, vous ravira, pour peu que vous vous soyez intéressé à la science-fiction ou à la culture populaire.

Une fois n’est pas coutume, cette chronique mêlera à la fois culture dite « geek », télévision, cinéma et si j’ose dire « littérature ». Si vous aimez la science-fiction et si vos parents regardaient des rediffusions à la télé (à l’époque où il n’y avait que les six chaînes hertziennes et où le câble ne vous donnait accès qu’à vingt chaînes), vous avez au moins entendu parler de la franchise Star Trek. Série culte avec William Shatner portant des cache-coeur dans le rôle du capitaine Kirk, elle a également été déclinée en films et plusieurs spin-offs. Dont le Star Trek original, Star Trek: The Next Generation, ainsi que Deep Space Nine et Voyager. Et si j’ai bonne mémoire, Entreprise, que je n’ai jamais regardé. Les deux premières moutures ont fait l’objet de plusieurs films dont certains, à mon humble avis, très bons – question d’âge, j’ai adoré Star Trek: Generations, Premier Contact et Nemesis (issus de la « next generation« ) ou encore Retour sur Terre (avec les baleines!) avec Kirk et Spock qui voyagent dans le San Francisco des années 1980 (surtout quand Kirk raconte, pour expliquer le look de Spock, que celui-ci est en fait un soixante-huitard qui aurait abusé de certaines substances…).

La série a également fait l’objet de déclinaisons écrites, de nombreux romans qui étoffent l’univers de la série, mettent en valeur tel ou tel personnage, qui « prolongent » les aventures des héros de Star Trek. C’est de l’un de ces livres, Star Trek: Le Retour, écrit par le capitaine Kirk lui-même – son interprète, William Shatner – dont je souhaite parler aujourd’hui.

Mais sachant qu’il fait le lien entre plusieurs films, je vais tout d’abord présenter la chose… pour ceux qui n’auraient jamais regardé, ou ceux qui l’ont fait par le passé, mais et aurait besoin d’avoir la mémoire rafraichie. En effet, je tiens à vous donner toutes les clés pour comprendre le livre!

  • Star Trek, de la télévision au grand écran
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Logo de la série originale – Source: Wikipedia

Star Trek est d’abord une série créée par Gene Roddenberry, diffusée de 1966 à 1969 aux Etats-Unis. Dans un futur relativement lointain, la Terre a été débarrassée de tous ses maux – épidémies, famine, argent – et plusieurs planètes se sont regroupées en une Fédération, qui dispose d’une immense flotte spatiale – Starfleet – véritable vivier d’officiers de talents originaires de mondes divers, d’explorateurs et d’aventuriers. Ainsi, la série des années 1960 relate les aventures du Capitaine Kirk (William Shatner), et de son équipage, à bord d’un vaisseau au design mythique, l’USS Entreprise. Parmi ses plus fidèles compagnons, on trouve le légendaire Vulcain Spock (Leonard Nimoy, qui nous a malheureusement quittés cette année), le très sanguin docteur McCoy (DeForest Kelley) toujours prêt à prendre le contrepied de ce que dit Spock, l’officier Scott… Et n’oublions pas la belle Uura, Chekov et Sulu qui complètent cet équipage aussi international qu’interplanétaire.

On y voit souvent les fortes personnalités de Kirk, McCoy et la logique imparable de Spock se télescoper, mais ils finissent toujours par faire front uni contre l’adversité. De plus, on découvre plusieurs civilisations extraterrestres aux coutumes exotiques et aux divers degrés de raffinement. Par exemple, les Vulcains, dont Spock fait partie (Spock est définitivement mon préféré de tous!) vivent pour la logique et refoulent leurs émotions. Les Romuliens, cousins des Vulcains, vivent en revanche pour suivre leurs instincts et leurs émotions. Ce sont les ennemis jurés de la Fédération. On fait aussi la connaissance des Klingons, des guerriers et guerrières chevelus avec une crête osseuse sur le visage qui ont une forme d’honneur bien à eux. L’univers de Star Trek est bien plus complexe et étendu que ce que j’ai exposé ici, mais il me faudrait écrire un article complet pour chaque civilisation, voire pour chaque personnage, ce qui n’est pas le but.

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Affiche de Star Trek: Le Film, dans lequel nous redécouvrons un pan de notre propre histoire spatiale, mais je ne dirai rien de plus! – Source: Wikipedia

Le succès a été au rendez-vous, et comme nous pouvons en témoigner aujourd’hui, la série est devenue culte. Née dans les années 1980, j’ai des parents fans de science-fiction qui regardaient les rediffs de Star Trek d’abord sur les chaînes hertziennes le week-end, puis sur le câble. Je me suis régalée à voir l’Entreprise flotter dans le cosmos et voyager de planète en planète, à suivre les aventures de Kirk et surtout de Spock dont le « look » me fascinait. Je chantonnais même le mythique générique de la série signé Alexander Courage!

Dès les années 1970, la série a été déclinée en films qui poursuivent la narration des aventures de Kirk et qui étoffent l’univers de Star Trek, ainsi que le caractère des personnages. Si la série reste, dans mes souvenirs, un bijou d’utopie kitsch maintes fois parodié, j’ai récemment revu les films lors de rediffusion sur CinéFX et j’ai noté qu’il y avait eu un gros travail sur les décors et les costumes. Ceux-ci ont une dimension un peu plus sombre qui n’est pas pour me déplaire. De plus, on y retrouve les mêmes personnages et interprètes que l’on voit peu à peu changer et vieillir, et même prendre du galon (si je me souviens bien, Kirk a même été pendant un temps amiral…) tout en conservant leur capital sympathie, bien sûr!

  • Star Trek: Next Generation

Mais la saga du vaisseau Entreprise ne s’est pas arrêtée avec Kirk, Spock et consort. En effet, l’histoire se poursuit au XXIVe siècle, alors que la paix a été signée avec les Klingons. Le tout nouvel équipage est commandé par un officier raffiné, cultivé, bref plus « cérébral » que Kirk, d’origine française (cocorico!) interprété par le GRAND et so british Patrick Stewart, le capitaine Jean-Luc Picard. Il est lui aussi entouré d’une galerie de personnages typés, comme son second William Riker (Jonathan Frakes), le lieutenant klingon Worf (Micheal Dorn), l’ingénieur aveugle Geordi LaForge (LeVar Burton), le docteur Beverly Crusher qui sera également le love interest du capitaine (Gates McFadden), la mystérieuse conseillère télépathe Deana Troï de Betazède (Marina Sirtis) et l’attachant Data (Brent Spinner), un androïde à la quête de sa propre humanité.

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Logo de Star Trek: The Next Generation – Source: Wikipedia

Diffusées entre 1987 et 1994, les sept saisons ont été depuis régulièrement rediffusées sur le câble, ce qui m’a permis de faire connaissance avec cet équipage très attachant. Certes, on pourrait reprocher les bons sentiments de Picard et Riker, mais l’aventure est toujours au rendez-vous. Bien que l’action à base de coups de points dans la figure, de bagarres et de jolies filles sauvées par le capitaine soit beaucoup moins présente, on découvre un univers beaucoup plus complexe,  où les tensions entre civilisations sont rampantes. Donc, la Nouvelle Génération, si elle compte encore des explorateurs, est surtout une génération de diplomates et d’intellos faits pour les tables de négociation. Même si cela est arrivé à Kirk, on voit plus souvent notre ami Picard derrière son bureau ou en salle de réception, qu’en train de faire sa fête à un méchant extraterrestre et de sauver une minette en tenue légère! Il n’en reste pas moins que si le côté utopique de la série prête aujourd’hui à sourire, tout comme les couleurs flashy et les cache-coeurs de la génération précédente, la qualité du scénario est bel et bien là, sachant que différents thèmes sont abordés au fil des épisodes (trahison, émotion, humanité, solitude, traumatisme, pression familiale, etc. …) à travers les parcours personnels des différents protagonistes.

On y retrouve des civilisations comme les alliés klingons et vulcains, des ennemis acharnés comme les Romuliens. Les nouvelles civilisations sont nombreuses – comme les Bétazoïdes, un peuple de télépathes dont fait partie la très zen Deana Troï, l’atout charme de la série, ou des marchands aux grandes oreilles connus sous le nom de Ferengis. Mais la Fédération compte – et c’est important de le mentionner pour la suite, car ils apparaissent dans le livre que je vais vous présenter – aussi un nouvel ennemi juré, très puissant: les Borgs, abréviation de cyborg. Ceux-ci, alliage des corps organiques des ethnies vaincues et de composants électroniques, forment un « collectif » où l’individu ne compte pas, où tous sont reliés psychiquement les uns aux autres et obéissent à une reine, à l’image des abeilles. C’est cette grande cohésion, couplée à leur rapide adaptabilité aux environnements où ils évoluent, qui  les rend si dangereux. Au cours de la série, les Borgs vont enlever le capitaine Picard pour « l’assimiler » – c’est-à-dire en faire l’un des leurs sous le nom de Locutus, souvenir traumatisant au possible pour le capitaine.

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Affiche de Star Trek: Premier Contact – Source: Wikipedia

Cette série à elle aussi fait l’objet de plusieurs films dès les années 1990. Certains sont réellement intéressants et rendent les personnages encore plus attachants. Les décors y sont travaillés de manière remarquable – je pense notamment à Star Trek: Premier Contact, sorti en 1996, quand j’étais petite et à fond dans le délire (et mes parents aussi à fond que moi…), qui voit les Borgs voyager dans le temps pour empêcher le premier contact des humains avec des Vulcains, où l’Entreprise, occupée par les Borgs, est complètement dévastées, envahie de divers câbles et déchets. De même, dans le tout dernier opus, Star Trek: Nemesis, le « méchant » est un clone de Picard plein de rancoeur, créé pour remplacer le capitaine et de détruire Starfleet de l’intérieur, est élevé dans une prison rémienne – civilisation asservie par les Romuliens – après abandon du programme. Outre ses costumes impressionnants, une grave maladie génétique l’oblige à vivre dans la pénombre… d’où des scènes visuellement fortes. A ceux qui pourraient reprocher à la série son manque d’action pure, le cinéma comble très bien cette lacune, puisqu’on y voit enfin Picard en mode warrior, et même se bastonnant en marcel pour aller arracher Data des griffes de la reine borg… Jouissif!

De même, il pourrait sembler qu’hormis le nom du vaisseau, il n’existe aucun lien entre les équipages de la série originale et du spin-off. Pourtant, un film a bel et bien permis d’assister à la « passation de pouvoir »… Je me lance et attention aux spoilers, malheureusement obligatoires pour le livre!

  • Quand les équipages se « rencontrent » – Star Trek: Generations

Car les équipages qui existent pourtant à soixante-dix ans d’écart, se croisent bel et bien!

Cet opus, sorti en 1994, commence alors que Kirk, Scotty et Chekov, grisonnants – voire bedonnants – et à la retraite, sont les invités d’honneur à l’inauguration d’un nouveau vaisseau Entreprise. La réception tourne mal quand le navire reçoit un appel de détresse: des navettes de réfugiés d’El-Aurian qui fuient les Borgs, sont happés par une étrange tempête énergétique au milieu de l’espace. L’équipage parvient à sauver plusieurs personnes, dont un scientifique, Tolian Soran (interprété par le GRAND Malcom McDowell)… mais Kirk est porté disparu quand la tempête emporte une partie de l’Entreprise.

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Affiche de Star Trek: Generations – Source: Wikipedia

Soixante-dix ans plus tard, le nouvel équipage commandé par Picard sauve à nouveau d’une catastrophe le même Tolian Soran. Celui-ci, allié à des Klingons dissidents, décide de tout faire pour retourner dans le Nexus: c’est le nom donné à la tempête du début,  qui s’avère être non seulement un long ruban énergétique, mais aussi une porte vers une nouvelle dimension où la réalisation de tous ses désirs est possible. Soran décide donc de faire exploser l’étoile du système de Véridian. L’énergie colossale dégagée par l’explosion devrait attirer le Nexus droit sur le scientifique fou pour l’empoter. Mais cet acte doit tuer des millions de personnes, dont l’équipage de l’Entreprise, englouti par la supernova. Jean-Luc Picard se lance alors dans une course folle pour empêcher ce massacre… et comprendre ce qui captive tant Soran dans le Nexus. En chemin #SpoilerDeFolie il va également trouver une aide inattendue de Kirk, ressurgi du Nexus où il était piégé depuis soixante-dix ans!

Bien évidemment, cela paraît un brin tiré par les cheveux – un comble pour le brushing ahurissant de Picard, mais l’histoire est très bien ficelée. Elle compte également des subplots intéressants, qui explorent des thèmes comme la transmission par le sang ou la mémoire – on apprend notamment au début que Picard, dernier homme de sa famille et sans enfant, vient de perdre son frère et son jeune neveu dans un incendie sur Terre – ou par la mémoire – l’enjeu de la rencontre entre Picard et Kirk. Par ailleurs, on y voit Data, notre androïde préféré, se faire installer par Geordi LaForge, son « meilleur ami » s’il pouvait avoir ce sentiment, sa puce d’émotivité. La gestion de ces nouvelles émotions, parfois violentes, place Data dans des situations tour à tour difficiles et comiques qui apportent un peu de piquant à l’histoire.

J’ai un peu regretté de ne pas revoir Spock ou McCoy, mais les acteurs n’avaient soit aucun intérêt pour le scénario, soit de graves problèmes de santé – DeForest Kelley alias « Bones » est en effet mort en 1999 des suites d’un cancer. Mais dans l’ensemble, le film se tenait et permettait une transition très sympathique entre les deux générations d’explorateurs spatiaux, qui aurait cependant pu être développée… et ce qui a été fait dans Star Trek: Le Retour.

  • Star Trek: Le Retour – Un livre pour la suite d’un film
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Couverture de mon exemplaire… qui a pas mal voyagé, il faut bien le dire!

Et nous arrivons enfin à ce qui nous intéresse! 🙂

Aujourd’hui quasiment introuvable en librairie, The return, écrit par William Shatner lui-même avec la collaboration de Garfield et Judith Reeves-Stevens, est publié en 1996, avant de paraître en France un an plus tard chez Fleuve Noir, sous le tire du Retour.  Dès les première lignes, j’ai compris qu’il s’agissait de la suite directe de Generations.

De quoi s’agit-il? Quelle suite trouver à cette histoire?

Sur la planète Veridian III où l’Entreprise s’est écrasée lors de la poursuite de Soran, Picard et Spock, toujours relativement jeune pour un Vulcain et venu pour l’occasion, assistent aux funérailles officielles de Kirk, mort au cours de l’affrontement avec Soran à la fin du film (désolée pour le spoiler!). Mais une nuit, alors qu’il médite près de la tombe de son ami, Spock assiste à un phénomène particulier: le corps de Kirk disparait! Ce qui bien sûr, est « illogique »!

Il s’avère que le corps de Kirk a été volé par des Romuliens, qui alliés aux Borgs désireux d’écarter la Fédération, seul obstacle à une assimilation complète des peuples de la galaxie, usent d’une technologie particulière pour ramener l’ancien capitaine à la vie. Une puce lui est alors implantée dans le cerveau, pleine de faux souvenirs censés susciter en lui une haine terrible de la Fédération et de Picard en particulier. Manipulé par une séduisante mais vénéneuse Romulienne, il se lance à la poursuite de Picard, et de ses officiers qu’il tente de tuer un à un. Mais peu à peu, il réalise qu’il est incapable de les éliminer. Comme si quelque chose, une force supérieure indéfinissable, l’en empêchait…

De plus, il a beau chercher, il ne sait pas où est Picard. Pas plus que Worf alors en permission sur sa planète, LaForge et Data en pleine mission archéologique sur une planète glaciale, ou Riker qu’il interroge de manière plutôt musclée. Pour cause, tout le monde ignore où est passé le capitaine! Car dans le plus grand secret, celui-ci a été envoyé avec le docteur Beverly Crusher infiltrer une colonie borg pour déchiffrer les intentions de leur gouvernement, de nouveau très actif dans la galaxie. Ses souvenirs d’ancien assimilés sont un atout précieux pour cette mission… Mais arrivera-t-il à mettre à jour l’alliance avec les Romuliens et à préserver son équipage, tout en sauvant la galaxie au passage?

Concernant le livre en lui-même, je l’ai relu l’été dernier. Je l’avais lu au collège et j’avais complètement oublié de quoi il s’agissait. Par curiosité, et surtout pour lire quelque chose de « léger », j’ai rouvert ces pages. Ce que j’y ai redécouvert m’a fait immensément plaisir, car j’ai eu la surprise de trouver un texte agréable à lire – du fait de la traduction, ou des plumes de Shatner et de ses collaborateurs, malheureusement, je l’ignore – et une intrigue très bien développée, menée grand train par une galerie de personnages hauts en couleurs, issus des différentes séries Star Trek – on y retrouve Kirk et Spock, mais aussi McCoy, devenu un véritable croulant de presque cent-quarante ans, au corps plein d’organes synthétiques, mais toujours aussi fort en gueule.

Quant à l’atmosphère, j’ai apprécié ce mélange entre la civilisation romulienne et celle des Borgs, qui donne une vision assez effrayante de ce que pourrait être l’univers sous la férule des deux plus grands ennemis de la Fédération… Si au final, le monde utopique et vaguement kitsch de la saga peut encore nous faire sourire, cet apport un peu plus noir lui donne plus de consistance. Quant aux autres aspects « anthropologiques » et coutumes des autres civilisations extraterrestres, ils ne sont en rien négligés (j’ai d’ailleurs appris qu’avant de se donner corps et âme à la logique, les Vulcains ont droit à deux années de débauche la plus extrême… ce qui m’a donné à réfléchir quant à la sexualité vulcaine… ). Ainsi, des lecteurs qui n’auraient pas suivi toute la saga de A à Z mais qui la connaissent un petit peu peuvent s’y retrouver. En revanche, il sera OBLIGATOIRE d’avoir vu le film Star Trek: Generations pour en saisir les tenants et les aboutissants.

  • Conclusion

Séries, films, livres, produits dérivés et autres figurines, il n’en reste pas moins que Star Trek peut avoir l’image d’une pompe à fric « attrape-geek ». Mais pour bien des fans, c’est plus que ça. Tout d’abord, je pense que ç’a dû être énorme à l’époque de sa première diffusion. D’autres séries comme La Quatrième Dimension avaient déjà popularisé la science-fiction, mais sous un angle beaucoup plus sombre et dramatique, quand bon nombre de film hollywoodiens nous montraient des aliens cruels et avides de destruction ou de belles extra-terrestres exotiques qui faisaient fantasmer les explorateurs spatiaux – naturellement des messieurs! Malgré la présence de belles plantes en tenue légère et aux cheveux savamment brushés,  Star Trek montrait un autre possible. Un possible auquel n’était jamais parvenu aucune civilisation ou idéologie sur Terre: la fin des conflits, des maladies et des famines, qui laisserait à l’humanité le temps et les ressources pour aller voir autre chose et s’accomplir personnellement. Non pas par obligation, mais par goût de la découverte, parce qu’on en aura eu envie. Il y a tout de même de quoi faire rêver, vous ne trouvez pas?

C’est très certainement l’un des ingrédients du succès de Star Trek – cette envie d’aller voir ailleurs qui existe bel et bien chez les humains qui a permis de mettre au point les programmes spatiaux, par exemple (vous savez, ces gars qui lancent des fusées qui ne « servent à rien », mais sans lesquelles nous n’aurions pas les satellites et internet!). L’autre ingrédient, c’est cette imagination des scénaristes, qui ont créé, outre des personnages attachants, un univers où tout reste encore à découvrir, et où la fraternité entre peuples de la Terre et peuples de la Galaxie est possible. Il y existe toujours des tensions, mais une instance interplanétaire veillera toujours! Et ce grâce à Kirk ou à Picard, et à leurs compagnons.

Star Trek: Le Retour m’a fait redécouvrir ce monde – j’ai même vu que des économistes commençaient à s’intéresser à l’univers de cette grande saga qui a marqué la culture populaire, et pas seulement les « trekkies » qui souvent passent pour de pauvres décérébrés sans une once de vie sociale qui n’ont que ça pour rêver. Il aurait par ailleurs fait un film génial, qui aurait permis de dire « au revoir » à des personnages mythiques comme Kirk, Spock et le Docteur McCoy, ainsi qu’à leurs interprètes, et de voir l’équipe suivante reprendre véritablement le flambeau en payant sa dette à celui qui un jour sauva la galaxie… le capitaine James T. Kirk.

« Trekky » ou pas, j’espère que cette longue, longue chronique vous aura permis de faire une vraie découverte, qu’il s’agisse de Star Trek en soi ou du livre cité, si vous connaissez déjà la série, et vous donnera l’envie d’en savoir plus.

En vous souhaitant à tous un bon après-midi!

Blanche Mt.-Cl.

Le Sang Des Wolf (2014) Blanche Montclair

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,
Bien le bonjour!

Sev, une adorable internaute, qui me fait en ce moment l’honneur de lire mon roman Le Sang des Wolf, a rédigé un avis lecture sur son blog littéraire, La bibliothèque de Sev… Je l’en remercie beaucoup, et si le coeur vous en dis, je vous invites, curieux et fous de lecture, à aller voir son blog de plus près!

La bibliothèque de Sev

CouvertureSWDevantJ’ai découvert Le Sang Des Wolfau hasard de mes pérégrinations sur la toile. En farfouillant sur le blog sur lequel le roman est publié, je suis tombée sur un univers riche, réfléchi et dense.

L’auteur, Blanche Montclair, s’est non seulement exprimée par l’écrit, mais aussi par le dessin et la musique. Sa démarche, l’histoire du roman, la genèse des personnages, tout est détaillé. J’aime les détails, ça tombe bien. J’aime les travaux complets, fouillés, achevés. C’est le cas ici.

Je me suis donc laissée tenter par la lecture des premiers chapitres, qui m’ont convaincue. Je suis persuadée que son travail mérite d’être vu et connu du plus grand nombre, c’est pour cela que je le partage ici.

Les histoires de loup-garou, ça vous parle ou pas. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Mais un travail aussi poussé et abouti mérite d’être partagé.


L’histoire: Comme je n’ai…

Voir l’article original 661 mots de plus

Science-Fiction pour la Jeunesse – « Hunger Games » de Suzanne Collins

Très chers lecteurs,

Me voici de retour ce dimanche avec un avis lecture.

Ayant manqué la lecture d’Harry Potter et ayant délaissé Le Seigneur des Anneaux après seulement la moitié de la trilogie (je sais: HONTE A MOI mais c’est le seul livre que j’aie arrêté avec Les Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley), j’ai mis un point d’honneur à me rattraper sur certaines séries pour la jeunesse. Et ce malgré mes vingt-huit printemps. Mais j’ai lu il y a peu que, ces dernières années, 55% du lectorat des best-sellers destinés aux jeunes étaient… des adultes. Certains coincés y verraient un refus de grandir, mais pour ma part, je pense que les histoires prenantes sont partout. J’ai lu Twilight, qui, même si ce n’était pas une claque littéraire et pour peu qu’on évite les films, ne mérite pas nécessairement l’acharnement des critiques (qui pour beaucoup ne l’ont pas lu). Pour Hunger Games, j’ai hésité un moment, de peur d’être déçue. Je n’aime pas être déçue par de la science-fiction…

Je me suis toujours refusé de voir les films tant que je n’aurais pas lu les livres. Et un jour je me suis décidée. Et à l’heure où les films avec la délicieuse Jennifer Lawrence font recette, j’ai souhaité parler de ce livre avec la « naïveté » de celle qui n’a pas vu l’adaptation ciné…

  • L’histoire

Revenons un peu sur le « pitch » des trois volumes, que vous connaissez sans doute si vous avez vu les films.

Le contexte – Dans un futur que j’ai du mal à situer, l’Etat de Panem, en Amérique du Nord, se divise en treize districts chacun spécialisé dans la production d’une ressource (pêche, mine, agriculture, luxe…). Suite à une ancienne guerre contre le pouvoir central du Premier District, le Treizième District a été décimé et n’est plus qu’un amas de ruine qui doit servir d’exemple à ceux qui seraient tentés de se révolter. Les Pacificateurs, une sorte de police politique, se livre à une répression terrible. Ainsi, chaque année, les districts offrent en tribut un adolescent et une adolescente tirés au sort, afin de participer aux Hunger Games (littéralement les « Jeux de la Faim »), une sinistre téléréalité diffusée par le District Un dans tout Panem. La règle: un seul survivant, un seul vainqueur.

L’intrigue – Racontée à la première personne, l’histoire suit le parcours de Katniss Everdeen, une jeune fille issue des bas-fonds du District Douze, qui prend la place de sa jeune soeur Prim, tirée au sort pour participer aux Jeux. Dans le premier volume, Hunger Games, elle quitte donc sa famille et Gale, son meilleur ami, pour se rendre au District Un avec Peeta Mellarck, fils de boulanger issu lui de la petite bourgeoisie du District. Tout les oppose. Elle est petite, frêle, et brune, avec un caractère dur forgé par des années de lutte pour sa survie, lui est grand, blond, loin d’être laid et semble plutôt « bon garçon ». Ils sont accompagnés par Effie Trinket, une quinqua fashionista affublée de perruques colorées, et par Haymitch Abernathy, ivrogne notoire et vainqueur d’une ancienne édition des Jeux. Autant dire que Katniss et Peeta ne partent pas avec tous les atouts pour réussir… Ils découvrent alors une société hédoniste, entièrement dédiée au plaisir et à l’amusement, et ce sur le dos des autres district. La haine de Katniss n’en est que plus forte, d’autant qu’elle fait la connaissance du monde des média, de la mise en scène… et rencontre le styliste Cinna, un être brillant et talentueux, en charge de son image auprès de la population du District Un. Inutile de dire que leur présentation dans l’arène, à Peeta et elle, fait sensation. La méfiance de la jeune fille, qui ne sait plus à qui se fier, monte encore d’un cran lorsque Peeta, sous les conseils d’Haymitch, annonce sur un plateau télé qu’il est amoureux d’elle… Et pourtant, les jeux commencent bientôt, pour un combat sans merci.

Dans le second tome, L’Embrasement (Catching Fire), Katniss et Peeta, marqués dans leur chair, ont regagné le District Douze ou l’Etat leur a octroyé à chacun une vaste demeure dans le village des vainqueurs. La jeune fille s’y est installée avec sa mère et sa soeur. Mais son répit est de courte durée, car suite à son coup d’éclat des Hunger Games qui a vu la victoire de deux tributs, elle et Peeta, elle est étroitement surveillée par le dirigeant de Panem lui-même, le président Snow. En effet, son acte désespéré a créé des velléités de révolte dans différents districts. Au cours d’une visite, il exhorte Katniss à calmer le jeu au cours de sa tournée de la victoire. Outre cette pression, Katniss doit composer avec son meilleur ami, Gale, amoureux d’elle et jaloux de sa proximité avec Peeta. C’est alors qu’est lancé le tirage au sort des nouveaux Hunger Games… Il s’agit d’une édition spéciale, celle des Jeux de l’Expiation qui a lieu tous les Vingt-Cinq ans, comme une sorte de jubilé. Tous les vingt-cinq ans, les organisateurs prévoient quelque chose d’exceptionnel… Et cette année-là, les participants sont sélectionnés parmi les anciens vainqueurs. Katniss et Peeta repartent donc pour le District Un, où des dissidences ont vu le jour. Katniss retrouve l’arène, alors qu’elle doit être un symbole d’apaisement… mais est devenu celui de la révolte.

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La trilogie, bien visible dans ma bibliothèque…

Au début du troisième opus, La Révolte (Mockingjay), tout est parti en « queue de poisson ». Suite aux derniers jeux, le District Douze a été décimé. Parmi les survivant, on compte Gale, la mère et la soeur de Katniss. Celle-ci a été secourue par la rébellion… basée dans le sous-sol du District Treize. Car la population y vit encore, et leur présidente mène la rébellion. Tandis que Katniss, apathique, se remet de sa dernière expérience de l’arène, Gale devient un combattant, et sa jeune soeur Prim offre ses services à l’hôpital du district. Mais la jeune fille se retrouve encore une fois happée dans un combat qui la dépasse, quand la présidente du District Treize décide de faire d’elle l’égérie de la révolte, dans la guerre des média éclate entre la Rébellion et le président Snow. Quant à Peeta, il est retenu prisonnier du District Un, soumis à une torture systématique et à un lavage de cerveau…

  • Ce que j’ai aimé

J’ai dévoré cette trilogie en quelques jours, tant le désir de connaître la suite était grand. Il faut dire que l’intrigue est particulièrement prenante et efficace. Et même si je ne suis pas friande des récits à la première personne, le récit de Katniss m’a vraiment touchée. Je lisais il y a peu un article dans le Guardian, où il était expliqué comment la lecture de fiction développait chez le lecteur la capacité d’empathie. Je pense que Suzanne Collins, avec Hunger Games, s’est essayé à cet exercice avec brio. Certains pourraient arguer qu’il s’agit encore d’une histoire d’ado, se sentir ennuyés par les dilemmes de l’héroïne quant à l’usage de la violence ou à ses sentiments pour Gale et Peeta. Or, il est quand même à prendre en compte qu’elle est très jeune – et honnêtement, ne nous sommes-nous jamais pris la tête quant à nos relations aux autres? et même en tant qu’êtres humains, ne nous sommes-nous jamais trouvés indécis face à une situation hors-norme?

Ce livre m’a plu à bien des égards. Tout d’abord, le contexte. L’univers du District Un était beaucoup plus coloré et kitsch que ce à quoi je m’attendais. Pour les connaisseurs, je dirais que ce fameux district, avec son luxe, son clinquant, sa profusion de biens, ses orgies de nourritures, ses couleurs criardes et sa recherche sans cesse plus poussée du plaisir, n’est pas sans rappeler les sociétés hédonistes du Cinquième Elément ou de L’Age de Cristal. Les membres nous en semblent étrangement futiles et indifférents à ce qui se passe dans les autres districts et pourtant, comme Katniss, il nous est impossible, à quelques exceptions près, de les détester. Après tout, son équipe de maquilleuses, esthéticiennes et stylistes ne sont que des êtres humains… Quant à la description des tenues créées pour Katniss par Cinna pour sa présentation lors des Hunger Games et absolument époustouflante. Bref, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus austère à la Equilibrium, mais finalement j’ai pas mal accroché à cette ambiance.

Par ailleurs, cette vision des média et de leur capacité à présenter au public ce qu’il a envie de voir et de déformer la réalité, voire de mentir, est plus que jamais pertinente. J’aimerais croire que le trait est forcé pour les besoins de l’histoire, mais quand je vois de nos jours les insanités vomies par la téléréalité, ou les bêtises qui font le buzz, dans une quête de plaisir immédiat toujours plus poussée, j’en viens à penser que cette description des mises en scène autour de Katniss et Peeta est à peine exagérée… Et finalement, dans ce surenchérissement, nul ne vaut mieux que l’autre, et la Rébellion, comme le District Un, exploite l’image de Katniss. Et de Peeta.

De plus, les relations humaines sont explorées en profondeur – c’est quelque chose que j’apprécie, car cela met un peu de piment dans l’histoire. Par exemple, Katniss fait la différence entre sa haine du système, et les individus qui l’entourent, et qui d’une certaine façon, la touche. Cela est intéressant car de prime abord, elle paraît froide et sombre, imperméable au moindre sentiment. Et pourtant, son refus à ressentir quoi que ce soit – notamment pour les garçons qui l’entourent – ne signifie pas qu’elle n’a pas de coeur. Elle a simplement connu des difficultés qui l’on fait mûrir très vite et lui ont donné ce qu’il fallait pour la survie en milieu hostile, mais pas pour la douceur. Finalement, elle se révèle vulnérable. Ses difficultés à montrer ce qu’elle ressent la rend d’autant plus attachante.

Quant aux personnages principaux comme Haymitch ou Peeta, l’histoire ne serait pas la même sans eux. Haymitch est un larron antipathique et imbibé en permanence, que Katniss et Peeta passent leur temps à surveiller dans les premiers chapitres de l’histoire. Mais après la « révélation Katniss », il se révèle être un mentor dur mais efficace, qui prend soin de ses protégés. Quant à Peeta, si l’on est d’abord méfiant à son égard, on découvre, sous ses airs affables et sa gentillesse, un garçon possédant des talent artistiques, malin et assez courageux dans son genre. Et ce qui ne gâche rien, ses descriptions laissent à penser qu’il est assez mignon – j’ai notamment retenu une description de Katniss l’observant à la lumière du soleil, et notant les reflets dorés dans ses cils blonds. Il est vrai que j’aime bien les blondinets, et que j’aime à imaginer en Peeta un adolescent mignon et tout blond, comme une version beaucoup plus jeune d’Arthur dans la série Merlin. En tout cas, son personnage manque beaucoup dans le troisième opus. Mais trêve de digression au sujet de la « plastique » de Peeta Mellarck…

Les personnages secondaires sont également intéressants, et plus profonds qu’ils en ont l’air de prime abord. Mention spéciale pour le mystérieux Cinna, le styliste attitré de Katniss – sexy en diable, au passage, et pour Finnick le beau gosse du District Quatre, qui se révèle finalement plus brave que futile, et qui cache en lui énormément de souffrance. J’ai quand même un gros bémol: le personnage de Gale, l’ami masculin de Katniss. Par goût personnel, je n’aime pas les personnages de « l’ami d’enfance » dans la fiction, et pour moi, le retour avec ou une romance avec cet ami d’enfance n’est autre qu’un retour en arrière pour l’héroïne. Gale cristallise tout ce que je déteste: c’est l’ami qui est un peu plus âgé que l’héroïne et qui a des sentiments pour elle, sa haine aveugle, sa dureté et sa propension à juger sans savoir, quand il adresse des reproches à son amie alors que contrairement à elle, il n’a pas connu les horreurs des Jeux. En fait, il donne l’impression d’aimer l’idée de Katniss, ce qu’elle représente pour lui. Elle est un peu sa chose. Pour moi, il est, comme l’est souvent l’ami d’enfance, un frein à la réalisation du destin de l’héroïne, qui après avoir eu ses propres expériences, a changé. Changements que ledit ami ne peut jamais tolérer. Et ça m’énerve!

Parce que Katniss, bien qu’habituée à des conditions de vie rude, n’en était pas pour autant préparée à l’utilisation de la violence comme elle l’a vue dans l’arène. Une violence gratuite et retorse. D’ailleurs, sur ce sujet, j’ai vu l’avis de plusieurs personnes qui avaient moins aimé le troisième opus de la série, et ce pour plusieurs raisons – l’absence de Peeta dans la première partie et l’apathie de Katniss notamment. Or, justement, je trouve que la baisse de rythme dans la première partie de La Révolte rend l’intrigue plus crédible à mes yeux. C’est en effet le moment où Katniss, ainsi que le personnage de Finnick, accusent le coup de toute la violence subie et infligée. Dans bien des fictions, les héros tuent sans état d’âme, et quand ils éprouvent du remords cela ne dure pas. Ou l’enjeu est vite passé sous silence. Là, Katniss et les autres sont véritablement TRAUMATISÉS – ils font des cauchemars, sont indifférents à ce qui les entourent. Katniss sèche ses cours et se cache pour dormir ou broyer du noir, le beau Finnick perd momentanément la raison. J’ai donc apprécié que la dimension traumatique de la violence ait été présente.

  • Pourquoi je le recommanderais

Outre cet univers complètement fou et cette cruauté, Hunger Games n’est pas parfait et souffre des faiblesses imputables à la littérature pour la jeunesse, notamment une certaine naïveté dans le traitement de la romance, mais c’est un des livres que j’aurais aimé avoir lu quand j’étais adolescente. Bien sûr, comme pour toute série littéraire devenue culte, il y aura toujours des critiques pour dire que cette trilogie n’a pas mérité son succès et que ses fans sont des crétins. C’est certes une affaire de goût, mais je pense qu’il serait vraiment injuste de démonter ce livre comme cela a été le cas pour Twilight. Hunger Games pose de bonnes questions sur l’utilisation des média et de la violence, sur la peur, la survie. Sur la condition humaine. C’est un genre de récit initiatique où l’héroïne devient adulte en se confrontant à la violence.

Et ce n’est pas la seule chose qui fait grandir Katniss, la jeune fille sombre et renfermée qui braconne hors du grillage du District. Elle fait la découverte d’une amitié autre que celle basée sur la ressemblance, comme avec Gale. Elle sort de son milieu et rencontre des gens différents d’elle, avec qui elle est capable de s’entendre, à qui elle s’attache, comme son équipe cosmétique, ou d’autres combattant. Et Peeta, que tout oppose à elle. Elle va connaître une autre part d’elle-même, capable de désir et de sentiments qui la dépassent.

Et c’est justement pour Katniss, que je conseillerais Hunger Games à de toutes jeunes filles. A l’heure où nombre de filles, au nom du respect de la femme veulent se conduire et être traitées « comme des princesses », elles ne font que véhiculer des poncifs qui font encore passer les femmes pour des neuneus, pour ces éternelles enfants qu’elles étaient aux yeux de la loi dans la France du XIXe siècle. Je pense que certaines féministes extrêmes trouveraient l’ébauche de romance présente dans le livre ridicule car une vraie femme indépendante n’a pas besoin d’un homme et peu s’en sortir par elle-même. Bien que je pense que Katniss puisse être un modèle pour tous les jeunes, je m’adresse aux jeunes filles. Ne devenez pas des princesses. Soyez débrouillardes et astucieuses, comme Katniss, sans doute l’héroïne pour la jeunesse la plus débrouillarde que j’aie vue ces dernières années. C’est une battante qui fonce sans se poser de question, une instinctive dotée d’une passion qu’elle cache bien, qui va devoir accepter une part de vulnérabilité présente en chacun de nous, homme ou femme. Elle n’est pas une demoiselle en détresse. Elle est une guerrière, et c’est elle qui, à la fin, sauve toujours un damoiseau en détresse.

Blanche Mt.-Cl.