Histoire des géants du ciel – Zeppelin (Gérard A. Jaeger)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens ce week-end avec une autre chronique livre (deux dans la semaine, c’est qu’on deviendrait presque un vrai blog littéraire par ici! 😉 ) un peu particulière, puisqu’il s’agit d’une petite parenthèse historique. En effet, je l’avais évoqué il y a quelques temps déjà, mais je voudrais mettre en ligne des chroniques sur des sujets historiques, des essais littéraires ou autres, consacrés à des thèmes en rapport avec la ligne éditoriale du blog.

À la lumière de quelques publications du blog, comme des romans Steampunk, ou encore un article thématique consacré au zeppelin il y a un peu plus d’un an maintenant, j’ai pensé qu’il serait sympathique de vous parler d’un vrai ouvrage dédié à cette baleine des airs: Zeppelin – Ou l’incroyable histoire des dirigeables géants de Gérard A. Jaeger. Offert par mes grand-parents il y a quelques jours, je l’ai pris pour la traduction d’un ouvrage de cet auteur, lu il y a six ans pour mon mémoire… Mais en fait, je me suis trompée: c’est un livre récent mais comme il recoupe les divers écrits de Jaeger que j’ai lus en allemand à cette époque, cela m’a « confusionnée ». 🙂

Je vous invite donc, le temps d’une courte chronique, à décoller avec moi au bord de ces fabuleux dirigeables!

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Prussiens sur Mars – Le Château des Étoiles, t.3: Les Chevaliers de Mars (Alex Alice)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que le week-end fut bon!

Je me propose, pour la chronique livre de cette semaine, de faire une incursion dans le monde de la BD, avec le troisième tome d’une série que j’affectionne beaucoup: Le Château des Étoiles, d’Alex Alice, qui nous emmène dans un XIXe siècle fantasmé où les puissants de ce monde essaient de s’emparer du savoir de Marie Dulac, exploratrice de l’Ether, qui avait mené son ballon à la limite de l’Espace…

Nous suivons dans le tome 3, Les Chevaliers de Mars, la suite des aventures de l’époux de Marie, Archibald, et de leur jeune fils Séraphin, à la conquête de l’Espace…

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Chevaliers du Ciel – Le Château des Étoiles t. 1 et 2 (Alex Alice)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

91bqtiamaklJe reviens aujourd’hui avec une nouvelle chronique livresque au pays de la BD… J’en avais fait l’acquisition l’automne dernier avant de les laisser quelques temps dans ma PAL, mais c’est maintenant chose faire: j’ai lu 1869: La Conquête de l’Espace vol. I et II, les deux premiers tomes du Château des Étoiles d’Alex Alice.

On me l’avait recommandé sur la blogo (merci Pimpf! 😉 ), et une abonnée Instagram a rappelé cette BD à mon bon souvenir quelques temps après. J’ai donc décidé d’y regarder de plus près, et je vous livre mon avis…

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La petite histoire d’un chouchou du « Steampunk » – Le Zeppelin

Très chers Lecteurs des Mondes de Blanche,

Bau des Luftschiffes "Graf Zeppelin" in Friedrichshafen a/Bodensee.
Chantier de construction du Graf Zeppelin à Friedrichshafen sur le Lac de Constance – Source: Bundesarchiv, Wikipedia

C’est avec un immense plaisir que je reviens vers vous avec, comme c’est le cas parfois, un article thématique.

Celui que je vous présente aujourd’hui est un peu particulier, car plus que dans la S.F., il fait une incursion dans le monde merveilleux de l’Histoire. Et pas n’importe laquelle, celle d’un objet que j’affectionne particulièrement et que les amateurs de steampunk connaissent bien: le Zeppelin, modèle de dirigeable développé à la fin du XIXe siècle par le comte allemand Ferdinand von Zeppelin (1838-1917), officier de cavalerie passionné d’aéronautique.

En effet, qu’il s’agisse d’illustrations ou de romans d’inspiration steampunk avec cette mise en avant de la mode et des technologies de la Belle Époque, ledit dirigeable est souvent là: Napoléon III a une flotte de zeppelins dans La Trilogie de la Lune, roman uchronique de Johann Heliot), les gamines de Sucker Punch (qui m’a plus ennuyée qu’autre chose), ils participent également à l’esthétique particulière d’Avril et le monde truqué… Mais au fond, si l’on connaît bien sa silhouette si particulière et son revêtement métallique étincelant au soleil, sait-on vraiment de quoi il s’agit?…

En effet, le terme de « zeppelin » tend à être employé pour les dirigeables en général, alors qu’en fait, à l’époque de Ferdinand von Zeppelin, il existait différents types de ballons ou d' »aéronats », comme on aimait le dire à l’époque. Il n’a donc pas inventé le dirigeable. la France, pionnière de l’aéronautique n’était pas en reste avec des records de vitesse en vole et des ballons à batterie électrique, tandis qu’en Allemagne, les inventeurs du Parsefal font de la concurrence à Zeppelin pour attirer l’intérêt de l’empereur allemand et de son armée… Dans cet article, quand je dirai « zeppelin », ce sera exclusivement le dirigeable inventé par Ferdinand von Zeppelin, avec ses caractéristiques, et son design si particulier, car c’est bien cette silhouette oblongue caractéristique que l’on reconnaît dans la plupart des décors steampunk, entre autre ballons plus fantaisistes. 🙂

Mais pour l’instant, je vais vous raconter, le plus brièvement possible, comment est née cette machine…

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Un classique de l’uchronie – Le Maître du Haut Château (Philip K. Dick)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

515Yrn4zciLJe reviens, une fois n’est pas coutume, avec une seconde chronique livre pour cette semaine. À croire que Les Mondes de Blanche vont finir par devenir un vrai blog littéraire! 😉 Car, ironie du sort, alors que j’avais finalement programmé la chronique sur La Nouvelle Conquête spatiale ce mercreci, il se trouve que ce même jour, j’ai terminé Le Maître du Haut Château dans le train. Premier grand chef d’œuvre de l’auteur américain Philip K. Dick, c’est aussi mon premier livre du larron. 🙂

À dire vrai, je connaissais le titre depuis longtemps, et il m’intriguait assez. De toutes les façons, dès que j’entends parler de château, moi… 😉 Bref, j’ignorais toujours de quoi il s’agissait quand mon frère m’a fait visionner il y a quelques mois le pilote de la série The Man In the Hight Castle – bien que (spoiler alert), j’ai eu l’imagination assez tordue pour deviner ce que voyait la fille sur la fameuse bande… 😉 Bref, comme le thème m’accrochait assez, j’ai décidé de jeter un œil au livre qui depuis l’automne dernier dormait dans ma PAL. Histoire de passer le temps  entre deux volumes du Cycle de Pendragon, je me suis alors plongée dans Le Maître du Haut Château., une uchronie qui nous emmène dans des Etats-Unis scindés en deux, entre les occupants allemands et japonais vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale….

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Une enquête dans l’Allemagne nazie des années 60 – « Fatherland » (Robert Harris)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je reviens ce lundi avec une chronique express consacrée à un roman que j’ai lu pendant un été, à l’époque où j’étais en fac d’allemand. Vous comprendrez pourquoi à cette époque il m’avait beaucoup intriguée… J’ai donc fait l’acquisition, par curiosité, de cet ouvrage mélangeant policier et uchronie: Fatherland. Initialement publié en 1992 sous le titre Le sous-marin noir en français, il est rédigé par l’auteur britannique Robert Harris, connu pour ses thrillers et romans historiques (dont le très sympathique Pompéi qui m’a agréablement surprise) avant de reprendre son titre original lors d’une réédition.

C’est la toute première uchronie que j’aie lue, alors que je ne connaissais pas le concept, D’abord curieuse, je me suis très vite laissée prendre par l’ambiance et l’intrigue de ce livre…

  • Un monde où les Nazis ont gagné la guerre

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Couverture de l’édition de poche – Source: Amazon.fr

Berlin ou plutôt Germania, 1964. L’Allemagne nazie a gagné la Seconde Guerre mondiale. Le Reich s’apprête à célébrer en grande pompe l’anniversaire du vieil Hitler, toujours Führer, par une visite du président Kennedy – Joseph, le père de John – qui a pour but de mettre fin à la Guerre Froide qui oppose les deux nations. Les journalistes du monde entier se pressent dans la capitale allemande pour couvrir cet événement historique. C’est dans ce contexte que Xavier March, inspecteur de la Kriminal Polizei – la « Kripo » – est chargé d’enquêter sur l’assassinat d’un grand dignitaire nazi, Josef Bühler.

Mais alors qu’il progresse et réalise que Bühler n’est qu’un membre important du parti parmi d’autres à être tué, la Gestapo décide de l’écarter et de prendre le relais. Suite à sa rencontre avec la journaliste d’investigation américaine Charlie Maguire, elle aussi désireuse d’en savoir plus sur ces assassinats, March comprend que l’on cherche à effacer des indices capitaux, afin d’effacer toute trace de l’un des plus grands crimes de l’histoire, à l’heure où le Reich est sous le feu des projecteurs… Et il découvre des vérités qui l’horrifient. C’est une course contre la montre qui s’engage en compagnie de Charlie pour révéler au monde ce que le gouvernement du Reich tente de cacher…

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Entre humour noir et mauvais goût assumé – « Iron Sky » (2012)

Titre: Iron Sky
Année de production: 2012
Réalisation: Timo Vuorensola
Origine: Finlande, Allemagne, Australie
Durée: 1h29
Distribution: Julia Dietze, Götz Otto, Christopher Kirby…

Très chers lecteurs,

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Affiche – Source: Allociné.fr

Ma chronique cinéma de cette semaine, a pour objet un film pour le moins curieux que m’a fait découvrir mon frère il y a environ deux ans, quand je suis rentrée d’Angleterre. Il est vrai que l’un de nos hobbies, quand nous sommes ensemble, consiste à regarder toute sorte de films, du péplum au film de SF en passant parfois par de gros nanars. Ainsi, connaissant mon intérêt pour l’histoire germanique et mon sens de l’humour très sombre, il m’a un soir proposé de regarder Iron Sky, une sorte de comédie d’anticipation où les Nazis revenaient de la Lune pour prendre leur revanche et régner sur le monde…

Avez-vous entendu parler de ces théories fumeuses selon lesquelles les dirigeants nazis, au lieu d’avoir été anéantis à la fin de la Seconde Guerre mondiale, n’avaient que disparu pour préparer en secret leur revanche sur le monde?… En vérité, je me renseigne régulièrement sur les théories du complot, histoire d’avoir matière à des écrits de SF, ou seulement pour me détendre les neurones (quoique j’aime assez celle du « facteur exogène »). N’en déduisez pas que je méprise les « complotistes » – il faut bien que les gens se posent des questions, et j’admire assez ceux qui vont jusqu’au bout pour y répondre. Ceci dit, vous avez peut-être eu vent des « secrets » nazis.

J’ai beaucoup lu dessus pendant que je faisais des recherches pour mon roman: selon « certaines sources », les Nazis auraient ainsi créé des sortes soucoupes volantes, autopropulsées et émettant des lumières colorées, qu’ils auraient cachées dans une base secrète en Antarctique… Un peu flippant quand on y pense. Mais imaginez qu’ils aient pu s’en servir pour partir sur la Lune et y installer une base secrète, où leur communauté aurait pu s’épanouir et leur idéologie se radicaliser davantage (si c’est encore possible!), et puiser leur énergie dans l’Hélium 3 présent sur l’astre… en attendant leur grand retour sur Terre. C’est le postulat sur lequel repose Iron Sky, la comédie de science-fiction finlandaise réalisée par Timo Vuorensola en 2012.

  • Le pitch

Tout commence en 2018, quand une expédition est envoyée sur la lune, pour sonder le sol à la recherche de gisements d’hélium 3 (il s’agit d’un isotope, d’une « variante » instable de l’hélium, qui pourrait effectivement devenir une source d’énergie si nous décidions d’exploiter le sol lunaire). Mais tout ne va pas comme prévu, quand l’équipe est décimée pour avoir approché de trop près une étrange base en forme de svastika géant. Le seul survivant du groupe, James Washington (Christopher Kirby), fait face à toute une cité de Nazis avec un calme admirable… Un calme d’autant plus étonnant que Washington est afro-américain – déjà moi, avec tronche qui ne trahit ABSOLUMENT RIEN de mes origines allemandes, je n’aimerais pas rencontrer des Nazis, mais j’ose à peine imaginer si j’avais un teint d’ébène! Bref. James essaie de s’échapper, pourchassé par une troupe menée par un officier très blond du nom de Klaus Adler (Götz Otto). Mais il est sauvé de justesse d’une évasion périlleuse et sans espoir de survie par la jeune et jolie Renate Richter (Julia Dietze), une idéaliste élevée dans le « dogme » nazi, qui enseigne l’idéologie aux enfants de la colonie. C’est également une spécialiste de la Terre, et James Washington, qui en vient, la fascine. Elle l’emmène à son père, le Docteur Richter (Tilo Brückner), et le soumet aux étranges lubies du savant. Celui-ci découvre avec enthousiasme le téléphone portable de Washington, une technologie qui manque au Quatrième Reich – à savoir la cybernétique – pour permettre l’envol du vaisseau de guerre le Götterdämmerung (« Le Crépuscule des dieux », comme l’opéra de Wagner). Mais le pire reste à venir: il teste sur le pauvre astronaute un traitement censé le rendre… blanc et blond.

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Renate Richter, James Washington (après « traitement ») et Klaus Adler de retour sur Terre – Source: Allôciné.fr

Un problème survient cependant: quand Richter présente le mobile de Washington au Führer en exercice Wolfgang Kortzfleisch (Udo Kier), la batterie se décharge, ce qui retarde encore le lancement du Götterdämmerung et l’invasion de la Terre. Des mesures draconiennes sont alors prises. Le gouvernement nazi décide d’envoyer sur Terre, Klaus Adler – destiné à épouser Renate et rêvant en secret de devenir le nouveau Fürhrer – pour collecter des batteries de Smartphone (!). Il se dirige alors vers la Terre avec Washington, censé le guider une fois arrivés, dans une vieille soucoupe volante. Renate se joint clandestinement au voyage. Quant à Adler, il voudrait que Washington, choisi personnellement par la Présidente des Etats-Unis pour aller sur la Lune, la lui présente. Mais le pauvre astronaute, dévasté lorsqu’il réalise qu’il est devenu blanc et blond, prend la fuite. Ce qui n’empêche pas les deux Nazis de la Lune de joindre la Présidente (Stephanie Paul) par le biais de sa responsable comm’, Vivian Wagner (Peta Sergeant). Adler décide alors de se faire un allié des Etats-Unis, en offrant son aide pour faire ré-élire la présidente, pour assassiner le Führer lors de sa prochaine visite sur Terre et devenir le leader sur la Lune.

Quant à Renate, elle finit par retrouver James Washington, devenu SDF. Les convictions de la jeune femme, déjà ébranlées par un visionnage du Dictateur de Chaplin, vacillent quand elle tombe en pleine rue sur un groupe de néo-Nazis… Elle se lie d’amitié avec Washington, et commence alors une véritable course pour sauver le monde de la destruction…

  • L’humour

Lorsque j’ai visionné Iron Sky, je ne m’attendais pas, et je ne voulais surtout pas voir un film « intello ». Je savais qu’il s’agissait avant tout d’une comédie sur un sujet très, très sombre. La question est donc: peut-on rire de tout? Personnellement, je pense que oui, mais pas avec tout le monde. Donc, un film à prendre avec précaution et à ne pas regarder avec tout le monde, tant certains ressorts comiques reposent sur de véritables clichés. Quelques exemples: James Washington nous est dépeint comme l’Afro-Américain décontracté et empreint de « cool-attitude » qui ne se démonte jamais quelle que soit la situation, Renate est une jeune idéaliste naïve qui croit dure comme fer que le nazisme est une idéologie de paix et d’amour (après tout peut-être, si on ne reste qu’entre blondinets et que l’on peut prouver une ascendance germanique sur plusieurs générations), Klaus Adler un fanatique, le Docteur Richter un fêlé en puissance qui met son savoir au service d’une cause discutable. Quant à la Présidente, c’est un quasi-sosie de Sarah Palin, une caricature de républicaine partisane de la libre circulation des armes à feux, avec son bureau envahi par des bestioles empaillées qu’elle a zigouillées pendant des parties de chasse, et son assistante Vivian Wagner est juste un cliché de salope carriériste en tailleur moulant. Il faut dire que les femmes sont particulièrement insupportables, et qu’il n’y a pas de juste milieu entre une oie blanche comme l’est Renate et une poufiasse comme la Wagner.

Bref, hormis Washington, finalement assez sympa du fait qu’il se trouve pris dans cette histoire alors qu’il n’a rien demandé, ils sont tous assez ridicules. Leurs motivations sont grandioses mais la façon dont ils les mettent en oeuvre sont pathétiques – franchement, récolter des batteries de portable! Finalement, on se moque plus de ces archétypes en eux-même et de leur caractère prévisible que du reste. Pour peu que l’on soit capable de second degré – ce n’est pas le cas de tout le monde, je connais des personnes qui pourraient trouver ce film carrément immonde et offensant – on peut s’amuser des situations absurdes dans lesquelles se mettent les personnages, et des proportions que prend la farce à l’échelle mondiale. Ce n’est donc pas un film d’une finesse extrême, les insultes et les gros mots pleuvent, les bagarres qui tournent de manière inattendue, et même un des personnages qui aura une mort stupide à souhait.

Mais ce qui prête vraiment à sourire, ce sont les « références » culturelles. Pour ma part, je ne suis pas sûre que je me serais autant amusée si je n’avais pas, en plus d’un humour parfois douteux, un solide background de germaniste et une bonne connaissance de l’histoire germanique. Cela m’a probablement aidée à faire preuve de second degré et d’avoir un recul que d’autres spectateurs n’auraient pas forcément. Ce qui est dommage, car l’histoire recèle un réel potientiel.

  •  Des questions pertinentes
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Vaisseaux de guerre au design rappelant des Zeppelins se dirigeant vers la Terre – Source: Allôciné.fr

En effet, tout n’est pas à jeter au milieu de ce fouillis. Quand bien même vous ne seriez pas friand de théories de complot, il était intéressant de partir sur les bases d’un repli des Nazis pour débuter une bonne histoire de science-fiction. Il n’est par ailleurs pas si insensé que cela d’imaginer qu’ils auraient pu se retrancher dans l’espace, puisque comme je le disais dans le post consacré à la BD uchronique Space Reich, les programmes spatiaux des années 1950 et 60 découlent directement des travaux de pionniers de la balistique allemands tels Wernher von Braun. Certains historiens des sciences et techniques, versés dans les réflexions uchroniques, s’accordent à dire que les Allemands auraient sans doute été les premiers sur la Lune s’ils avaient gagné la guerre… Ces théories ont donc un très grand potentiel en termes d’uchronie.

Et puis si nous aimons la SF, c’est parce que nous aimons aussi nous faire peur. Avouez! Elle nous met en garde en dépeignant le plus souvent des futurs effrayants – alors pourquoi pas le retour des Nazis? De plus, on pourrait être curieux de voir quelle réaction auraient les chefs d’Etat vis-à-vis de cela…

Partir dans les méandres de la communication politique était une pure bonne idée, puisque le spectateur contemporain peut s’y retrouver. A notre époque où médias et médias sociaux sont omniprésents, nous vivons déjà un peu dans Iron Sky. Nous faisons tous les jours l’expérience de la dictature de l’image et du paraître, du matraquage médiatique permanent,. Quant aux dirigeants d’états démocratiques, ils mettent le paquet pour communiquer et tenter de nous rallier à leurs vues – avec succès ou non, avec plus ou moins de ridicule que les Etats totalitaires, cela est une autre histoire. Nous voyons sans arrêt des présidents et des ministres condamner l’action de tel ou tel dictateur dans un pays lointain, ce qui ne les empêche pas d’accueillir en grande pompe lesdits « monstres », de s’exhiber fièrement avec eux lors de la signature d’un accord ou d’un contrat juteux, ou de leur vendre des armes. Donc… sans vouloir faire trop de politique, force nous est de constater, que nous entendons en permanence un double discours. Qu’en serait-il s’il y avait sur Terre si apparaissait un pouvoir aussi inquiétant que celui des Nazis (n’oublions pas que quand Hitler a commencé à ré-armer la Ruhr, puis à réclamer des territoires, nul chef d’Etat européen n’a, à cette époque, bougé le petit doigt!) avec des moyens colossaux pour se faire entendre? Nos dirigeants seraient-ils assez burnés pour les envoyer paître en face, ou se rallieraient-ils par intérêt comme la Présidente, avec les terribles conséquences que cela implique? Bien que nous n’ayons pas affaire à un film d’auteur ou à une oeuvre de reflexion, il n’en reste pas moins que la question mérite tout de même d’être posée.

Par ailleurs, nous voyons se jouer dans Iron Sky une énorme farce à échelle mondiale, quand les Nations Unies s’entredéchirent et se disputent le monopole de l’exploitation de l’hélium 3 sur la Lune une fois le projet d’invasion nazie sur la Terre éventé. Finalement, alors qu’ils devraient faire front uni face à une terrible menace, ils ne pensent chacun qu’à leurs propres intérêts. Constat amer et sans appel, quand on sait par exemple que dans le monde réel, à l’heure du réchauffement climatique qui nous concerne tous, certains Etats refusent de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre, arguant que cela freinerait leur développement et en jetant à la figure des autres qu’ils souhaitent ainsi les garder dans une position subalterne sur la scène internationale. Donc là encore, le film met en lumière une certaine hypocrisie de ceux qui ont le pouvoir et la bassesse humaine, sur fond de guerre pour les matériaux rares.

Sachant cela, mon jugement sur la « bêtise » du film est plus nuancé. D’autant plus qu’il a un autre atout: son atmosphère.

  • L’esthétique
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L’atmosphère confinée du laboratoire de Richter sur la Lune – Source: Allôciné.fr

S’il est une chose que j’ai appréciée dans Iron Sky, c’est son esthétique, son ambiance. L’atmosphère confinée et sombre de cette base lunaire qui, vue du bord du cratère où Washington et son équipe la découvrent, a la forme d’un svastika géant, m’a carrément emballée tant elle pouvait faire froid dans le dos. Il semble que tous les efforts des metteurs et scènes et décorateurs aient été faits pour donner à l’ensemble un air « germanique » et « dictatorial ». Il n’y a qu’à voir les uniformes sombres et inquiétant des troupes d’assaut, avec leurs soldats dont on ne voit pas les visages, dissimulés derrière des masques à gaz. Il semble que parmi ces Nazis exilés volontairement sur la lune, le temps se soit arrêté sur un décor pour le moins rétro-futuriste: les lignes des vaisseaux spatiaux rappellent celles des zeppelins géants des années 1930, et sur la base, des câbles trainent dans tous les sens pour maintenir des machineries et des mécanismes de survie complexes occupant des pans de mur entiers, et on écrit à la craie sur des tableaux noir en classe… Alors qu’entretemps, sur Terre, on vit à l’heure de la miniaturisation et du Smartphone. Autre petit détail vintage savoureux: Renate écoute du Wagner sur un grammophone. (D’ailleurs, avez-vous noté que dans les films se passant durant la Seconde Guerre mondiale et impliquant les Nazis, ceux-ci écoutent toujours, soit de la musique de fanfare, soit du Wagner?)

Transition pour en arriver à un point que je trouve particulièrement réussi: l’utilisation de la musique. Les morceaux de Wagner ont été ré-arrangés de manière parfois surprenante mais toujours seyante. J’ai souvenir d’un extrait (en revanche impossible de me rappeler de quel opéra il s’agissait) joué au saxophone lors d’une scène un peu hot impliquant Klaus Adler et Vivian Wagner. Mais si vous aimez Wagner – le compositeur, pas l’autre poufe du film – vous pourrez aisément reconnaître le prélude de Perceval arrangé au piano lors des séquences romantiques impliquant Renate. Et vous reconnaîtrez sans doute la « Marche funèbre de Siegfried » extraite du Crépuscule des Dieux lorsque la base est découverte au début du film. Vous savez, le morceau que l’on entend au début, puis à la fin d’Excalibur, quand Perceval rend l’épée à la Dame du Lac après la mort du roi Arthur (tiens, tiens, une idée de film à présenter prochainement)…

  • Conclusion
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Les troupes de choc – Source: Allôciné.fr

La plupart des critiques d’Iron Sky ont été assez, voire très mauvaises, décrivant le film comme un véritable nanar à regarder seulement après avoir bu plusieurs litres de bières. Pour ma part, je dirais qu’il faut effectivement être en conditions pour le regarder – en bonne compagnie, surtout. Pour ma part, je l’ai regardé avec mon frère et un saladier rempli de M&M’s, et en prenant la chose avec humour. Je ne vais pas prétendre être une intello qui n’aime que les films d’auteur et qui intellectualise autour du moindre film fantastique un peu chiant en le qualifiant de « cinéma de genre », et honnêtement, j’ai donc passé un très bon moment en regardant Iron Sky. J’ai beaucoup ri, je le reconnais. En revanche, même si sa connerie et son mauvais goût assumé confinent presque au génie, je ne dirais pas qu’il soit très bon.

Je m’explique. Il y a de très bons points dans le postulat de départ et dans l’histoire, dans l’ambiance créée et dans la critique assez acerbe du monde qui nous entoure. Mais Iron Sky m’a laissé une impression mitigée. En effet, si la première heure du film voit nombre de gags et de situations loufoques à la South Park, la fin du film – ALERTE spoiler – prend une tournure vraiment sombre. Voire très sombre, car si les personnages principaux s’en sortent, le sort de la Terre est peu enviable. Aussi, j’y vois un certain manque de cohérence qui me laisse penser qu’un tel sujet aurait pu être traité autrement. Soit en assumant jusqu’au bout le côté comédie avec un joyeux bordel final, soit en ayant fait du film quelque chose de sombre dès le début. D’ailleurs, je pense que si la réalisation avait pris le parti d’un vrai film de science-fiction, sans la dimension parodique, et en étoffant les personnages, il y avait de quoi créer un univers réellement fascinant et s’attacher à certains protagonistes. Et peut-être de quoi faire un film culte et vraiment dérangeant.

Je vous le recommande tout de même si vous passez une soirée entre amis ou en famille (j’entends frangins, frangines et cousins, cousines), parce que je trouve que l’ambiance vaut à elle seule le déplacement et parce que rire ne fait pas de mal. Et si vous avez un jour encore du temps, figurez-vous qu’une suite est en cours de préparation, Iron Sky: The Coming Race. Je ne vois pas ce qu’on pourrait raconter de plus, mais je suis tout de même assez curieuse. Et qui sait si ce second opus ne nous réservera pas une agréable surprise?

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse méditer sur le sujet et vous souhaite une agréable séances, si le coeur vous en dit!

Blanche Mt.-Cl.