Le Quichotte du XXIe siècle – L’Homme qui tua Don Quichotte (Terry Gilliam, 2018)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous allez bien, que vous avez pu ou pouvez profiter de quelques jours de vacances, et de bons visionnages, qu’il s’agisse de sorties récentes ou plus anciennes.

Comme certains d’entre vous vous en souvenez peut-être, je suis devenue une grande, GRANDE fan des deux tomes de la monumentale œuvre de Miguel de Cervantès… j’ai nommé Don Quichotte. Roman lu sous un prétexte assez fallacieux, car il s’agissait d’être préparée au film de Terry Gilliam, avec un casting qui m’alléchait : L’Homme qui tua Don Quichotte.

Voili-voilà, je me suis prise au jeu des aventures de l’ingénieux hidalgo de la Manche, au point d’appréhender le film de Gilliam, jusqu’à la fin du dernier Star Wars où, en manque d’Adam Driver, j’ai finalement décidé de mettre la main sur L’Homme qui tua Don Quichotte. Vous m’avez lu dire depuis des mois que je souhaitais voir le film, c’est chose faite. Attendez-vous maintenant à un rapport circonstancié quant à cette incursion de Terry Gilliam dans l’univers de Don Quichotte.

Le Quichotte du XXIe siècle

De nos jours, sur un tournage, en plein cœur de l’Espagne. Toby Grisoni (Adam Driver), est un réalisateur de publicité blasé, à la botte de Jacqui (Olga Kurylenko), la femme de son Patron (Stellan Skasgård) obsédé par un juteux contrat avec une grande marque de vodka russe. Bref, on peut le dire, Toby est un cynique fini, un peu las… jusqu’à ce que, par le hasard d’une vente à la sauvette, il tombe sur un intéressant DVD pirate: celui de son propre film de fin d’études, une adaptation de Don Quichotte tournée dans un village non-loin de là, avec des acteurs locaux. C’est ainsi que notre réal’ en manque d’inspiration décide de laisser en plan le tournage et  de partir en mobylette au beau milieu de la pampa, prendre des nouvelles des habitants du village où il a mis en scène son Don Quichotte.

Toby et Javier, sapés comme jamais – Source: Imdb

Or, il découvre que cette réalisation a provoqué bien des catastrophes: la jeune Angelica (Joana Ribeiro) qui y apparaissait et qui rêvait de devenir une star, travaille maintenant comme call-girl, et Javier (Jonathan Pryce), le vieux cordonnier qui jouait Don Quichotte, se prend encore pour son personnage. Les retrouvailles avec Toby, qu’il prend pour Sancho Pança, se révèlent mouvementées, et les deux hommes se retrouvent en cavale au fin fond de la cambrousse espagnole…

Le film « maudit »

Projet de longue haleine pour Terry Gilliam, ex-Monty Python, et réalisateur du génialissime Brazil, on peut dire que cette plongée dans l’univers de Cervantès a été une vraie calamité pour le réalisateur. Car quelle histoire que celle de ce projet marqué par la scoumoune!… Ce qui n’a pas dépareillé avec la source d’inspiration de ce film, tant la quête de cette réalisation a pu paraître quichotesque et empreinte de chimère. Tout d’abord, en 1990, il apparaît à Gilliam que les thèmes abordés (l’individu face au reste du monde, folie, imaginaire…) le touchent. En pourparlers avec la société américain Phoenix Pictures, il se voit proposer d’immenses stars pour les rôles principaux de Don Quichotte et de son écuyer Sancho Panza. Le projet capote en 1997, et Gilliam, écœuré de la grosse machine hollywoodienne, recentre sa production en Europe. Se rendant compte que Don Quichotte est difficilement adaptable à l’écran, il attaque l’histoire sous un autre angle avec le scénariste Tony Grisoni. Aussi décide-t-il de l’aborder sous un angle différent: avec un protagoniste principal nommé Toby Grisoni, en hommage au scénariste, homme du XXIe siècle travaillant dans la pub, devait se retrouver au temps de Don Quichotte. Le tournage démarre en 2000 et le casting est prestigieux: Jean Rochefort en Don Quichotte, Johnny Depp en Toby et Vanessa Paradis dans le rôle de son amoureuse. Mais l’affaire tourne court à cause, entre autres, des soucis de santé de Jean Rochefort, qu’une hernie discale empêche de monter à cheval correctement. Au même titre que la titanesque adaptation de Dune voulue par Jodorowsky, le tournage du film de Gilliam a fait l’objet d’un documentaire de Keith Fulton et Louis Pepe sorti en 2002, Lost in la Mancha. Ironie: c’était censé être un making of, qui a pris une autre tournure, tant les catastrophes se sont enchaînées, menant au naufrage du film, qui est annulé.

Un livre infilmable?… – Source: Imdb

D’autres tentatives ont lieu, avec divers changements de casting: Robert Duvall, John Hurt ou encore l’ex-Monthy Python Michael Palin dans le rôle de Don Quichotte, Ewan McGregor, Owen Wilson, Jack O’Connell et enfin Adam Driver pour Toby. En 2016, le producteur Paul Branco propose à Gilliam de financer son film et tout deux annoncent lors du Festival de Cannes leur intention de débuter le tournage en automne pour présenter le film à Cannes en 2017. Cependant les relations de Gilliam et Branco se dégradent vite, leurs visions artistiques étant inconciliables et les différents financiers se retirant peu à peu. Le tournage étant ajourné, Michael Palin décide de se consacrer à ses propres projets. C’est un autre acteur fétiche de Terry Gilliam qui reprend son rôle quichotesque, Jonathan Pryce, que l’on a notamment vu dans Brazil. L’Homme qui tua Don Quichotte est produit par Tornasol Films, et devient co-production internationale. Le tournage commence en Espagne en mars 2017. Cependant, si le projet se concrétise, il est entaché par des problèmes juridiques avec l’ancien producteur Paul Branco, qui estime avoir encore des droits sur le scénario et avoir son mot à dire sur la distribution du film. Celui-ci sera finalement présenté en clôture du Festival de Cannes 2018, le 19 mai (le jour-même où j’ai achevé la lecture du premier tome du roman, hihi!).

Mise en abyme

Ainsi donc, le projet titanesque et de Gilliam s’est concrétisé, le film a bien été achevé et présenté à Cannes. Mais quid du résultat?… Je peux vous dire que j’avais les miquettes quand je me suis installée pour regarder le film. Ouh lala! Car Terry Gilliam et moi, ça ne marche pas toujours. Autant j’ai aimé Brazil et L’Armée des 12 singes, ainsi que Jabberwocky après un temps d’adaptation, autant je me suis royalement emmerdée devant Les Frères Grimm, et carrément été dégoûtée par le malaisant Tideland. Ouh. Bref, malgré la présence de Jonathan Pryce et d’Adam Driver, j’appréhendais méchamment L’Homme qui tua Don Quichotte. Autant vous rassurer de suite: j’ai beaucoup aimé, et je pense que la lecture du roman de Cervantès m’y a beaucoup aidée pour apprécier les références du film. Et puis, pour le plaisir, crotte! Ce roman est tellement… AH! On va arrêter le panégyrique car on en a pour le reste de la journée, sinon. Par contre, je préfère vous prévenir: ce n’est que mon opinion, mais je pense sincèrement qu’il faut avoir adoré Brazil pour adhérer. J’y ferai d’ailleurs plusieurs fois références car je trouve qu’il y a des parallèles.

Javier/Don Quichotte, lors d’une fête en son honneur – Source: Imdb

Comment décrire l’histoire de L’Homme qui tua Don Quichotte?… Celle d’un mec blasé, connard et velléitaire – parce que Toby est en toute franchise un vrai con, paillasson de son patron et à l’occasion gigolo de la femme de celui-ci, qui se confronte aux conséquences de son œuvre des années après, et qui en cours de route, redécouvre l’idéalisme qui le caractérisait alors, et qui se sent soudainement pousser une paire de couilles. Bon, évidemment, comme c’est l’énergique Adam Driver qui joue le rôle de Toby, et que je le trouve indétestable même dans des rôles de con (son personnage dans Girls me fait délirer même si dans la vraie vie j’aurais sans doute plus d’une fois envie de le frapper), il y a quand même un moment où je développe une certaine empathie pour le personnage qui, déjà blasé et agacé, se retrouve embringué dans une histoire pas possible. Le récit développe des thèmes chers à Terry Gilliam, que l’on retrouve dans divers films: folie, lien avec l’imaginaire, individualité face aux autres et à ce que l’on attend de nous… C’est un peu l’étau dans lequel se retrouvent à la fois Toby et Javier:

      • Toby, qui semblait pourtant un réalisateur prometteur, mais qui a renié son idéalisme et qui œuvre à des réalisations qui ne lui plaisent pas, jetant un regard blasé sur ses collaborateurs, au point de devoir les planter pour prendre l’air dans le village où il a mené ses propres projets. Sa créativité est tout juste bonne à servir les intérêts financiers des autres, et il manque d’inspiration. Le début du film laisse tout de même penser que Toby n’en a tout de même pas fini avec cette thématique de Don Quichotte, avec ce défenseur des causes perdues, car son tournage le montre dans un décor qui représente la scène des moulins à vent que le chevalier à la triste figure prend pour des géants, et il éprouve le besoin d’y revenir, quand bien même sa relation avec Javier va se révéler houleuse. Jusqu’à ce qu’il éprouve un réal attachement pour le vieil homme. C’est d’ailleurs amusant de voir Adam Driver, qui nous a habitué à des rôles assez intenses, jouer un gars aussi blasé, au regard sombre et éteint – du moins quand l’histoire commence.
      • Javier, quant à lui, était cordonnier dix ans auparavant, lorsque Toby, en repérage pour son film de fin d’études, ne le repère et décide d’en faire son Don Quichotte. Si Javier a d’abord du mal à se mettre dans la peau du personnage, une intervention en faveur de la jeune Angelica, alors ennuyée par des gars du tournage, le fait se sentir si chevaleresque que son jeu se libère. Problème: dix ans plus tard, il se prend toujours pour le vrai Don Quichotte. Toby a la surprise de le retrouver vivant sur un terrain vague, dans une caravane à peine aménagée, vêtu d’une armure dépareillée, tandis qu’une femme du coin fait payer l’entrée pour voir le fameux Quichotte vivant. Au fur et à mesure de leur folle cavale, Toby va donc réaliser à quel point les habitants du village alentours se jouent de cet homme et s’amusent à ses dépens.
Toby tentant de stopper son copain Javier qui s’auto-flagelle – Source: Imdb

Nous avons donc deux hommes qui ne sont pas en phase avec la réalité – le plus jeune parce qu’elle le gonfle, quand bien même il s’y accroche pour ramener Javier à celle-ci, et le plus vieux parce qu’il la nie en se complaisant dans un univers complètement fantasmé. Ce qui met la puce à l’oreille là-dedans, c’est de voir Jonathan Pryce reprendre le rôle de Javier/Don Quichotte, qui se révèle proche du personnage qu’il incarne dans Brazil: Sam Lowry est un doux rêveur qui s’imagine en chevalier sauvant une jolie demoiselle en détresse, fantasme quichottesque s’il en est, jusqu’au jour où il doit effectivement se lancer à la quête de la vérité dans le monde « réel » et qu’il s’y trouve seul contre tous. Et comme dans Brazil, au final, la réalité est aussi dingue que les personnages, qu’elle broie sans vergogne: si dans la dystopie sortie en 1985, Sam est broyé par les absurdités de la bureaucratie où il œuvre et par les ambitions de sa mère qui souhaite le voir monter dans la hiérarchie, alors que lui s’en fiche royalement, tandis que dans L’Homme qui tua Don Quichotte, nous avons Toby pressé comme un citron pour sa créativité par un patron avide, quitte à tomber en panne d’inspiration et à devenir un vrai lâche, et Javier qui navigue en plein monde imaginaire, mais exploité et raillé par les autres. Au même titre que, comme le tome II de Don Quichotte, sorti dix ans après le premier, l’intrigue du film se passe dix ans après la première incursion de Toby en Espagne, on assiste à une véritable mise en scène similaire à celle du couple noble pour s’amuser de la folie du chevalier. En effet, Toby, lors de sa cavale avec Javier, retrouve non-seulement la belle Angelica, mais également son patron et Jacqui, se pliant aux excentricités de l’oligarque Alexei Miskine (Jordi Mollà) lors d’une soirée déguisée reconstituant les faux exploits mis en scène dans le roman de Cervantès. Et au passage, on apprend qu’Angelica bosse elle aussi pour le magnat russe de la vodka, qui l’humilie volontiers lui aussi, juste pour montrer qui a le pouvoir. Si dans le roman de Cervantès, malgré la portée comique des fausses aventures de Don Quichotte et de Sancho, on ne pouvait que noter la roublardise et la moquerie du Duc et de la Duchesse lors de leurs mises en scènes. Ici, et comme souvent chez Gilliam, malgré le foisonnement et la beauté de la mise en scène, le jeu tourne à la farce cruelle, tant la volonté d’humilier est évidente.

Toby demandant secours à Jacqui en pleine reconstitution quichottesque voulue par l’oligarque Alexei Miskin… Il ignore dans quel guêpier il s’est fourré! – Source: Imdb

C’est ce qui « réveille » Toby, qui a commencé à s’attacher au vieux Javier et qui se sent de plus en plus responsable de sa folie, ainsi que de la situation professionnelle d’Angelica. En effet, celui-ci se rappelle que dix ans auparavant, il avait poussé à fond Javier dans son rôle, et convaincu Angelica qu’elle pourrait devenir une star pour la convaincre de jouer dans son film. C’est ainsi qu’au fur et à mesure que l’histoire avance, Toby prend une dimension quichottesque lui aussi: raillé par Javier qui le prend pour Sancho à cause de son égocentrisme, il en vient peu à peu à s’inquiéter pour le vieil homme et à être révolté par les traitements dégradants dont celui-ci fait l’objet lors de la soirée déguisée donnée par Miskin, et à se voir comme cette image surannée du chevalier qui doit sauver la belle Angelica de sa condition de call girl. C’est une sorte de nouvel idéalisme qui le gagne, certes démodé, mais profondément sincère à en voir l’émotion de Toby en fin de film, dont on se demande si, comme celui de son modèle Javier/Quichotte, qui tient à faire vivre éternellement le chevalier à la triste figure, il ne flirterait pas avec une sorte de sagesse. Dans cette mesure, j’ai vraiment retrouvé l’esprit du roman de Cervantès, plein d’énergie, de poésie et même d’émotion tant, j’ai moi aussi eu de la peine pour le vieux Javier et compris son amour pour la figure de Don Quichotte. Il semble même que Javier comme Toby soient interchangeables, car quand bien même le second fait office de Sancho, il est lui-même le sujet de scènes qui évoquent plus celles du Chevalier dans le livre: je pense à l’épisode de la grotte où il tombe sur Angelica qui profite de la solitude des lieux pour danser. Est-ce le moment où, parcourant le ventre de la terre il en ressort comme renaissant en un futur Don Quichotte?… (Et ma pauvre Blanche, tu as fini d’enculer les mouches?…)

Toby, se rêvant chevalier des temps anciens, prêt à tout pour la belle Angelica et pour son nouvel ami Javier – Source: Imdb

Le tout, bien évidemment, mis en scène dans le plus pur style Terry Gilliam, tout sauf sobre, comme vous vous en doutez. En même temps, quand on s’inspire d’un truc aussi foisonnant que Don Quichotte, difficile d’opter pour la simplicité pour le traduire visuellement. Il avait déjà fallu débroussailler le pitch, pour arriver à un parti pris narratif intéressant: plutôt qu’une simple adaptation, exercice risqué s’il en est, d’autant plus quand on s’attaque à un classique, Terry Gilliam y crée une sorte d’histoire dans l’histoire où fiction et réalité, XXIe siècle et idéaux quasi-médiévaux se télescopent à travers les personnages de Javier, qui donne vie à un personnage fictif devenu mythique, et Toby, un mec blasé qui s’est nié. Le réalisateur joue avec la folie et l’illusion, entre le début sur un tournage au décor fort kistsch qui évoque les moulins à vent et les géants en carton pâte, et la suite dans les paysages lunaires et brûlés de l’Espagne, rocailleux et lumineux, et débauche de brillance et de couleurs dans les épisodes inspirés du roman de Cervantès. Outre la fameuse affaire des moulins à vent (qui à mon humble avis n’est qu’une goutte d’eau dans la mer cervantine des épisodes loufoques des aventures de Don Quichotte), sont évoquées la scène de l’auberge où le chevalier se bat contre des outres à vin, sise dans un camp de réfugiés que Toby prend pour des terroristes au prix d’une grosse frayeur, la grotte de Montesinos lorsque Toby rencontre Angelica devenue adulte qui devient son love interest, la rencontre avec le Duc et la Duchesse en pleine partie de chasse lorsque Toby tombe sur Jacqui et les hommes d’Alexei Miskin qui chevauchent la Manche en costume d’époque, et divers épisodes mis en scènes aux dépens de Don Quichotte comme celui de la princesse et de ses duègnes devenues barbues, ou le voyage à cheval vers la Lune. C’est une véritable débauche de couleurs, de costumes flamboyants (Adam Driver en tenue XVIIe est juste… ouh lala!). C’est sans cesse un jeu avec le spectateur et les protagonistes, dont le principal, Javier, n’est plus conscient. Le tout est exacerbé par le jeu des deux acteurs principaux, Jonathan Pryce et Adam Driver, tour à tour théâtral et appuyé dans les épisodes comiques, et plus nuancé dans des scènes plus sérieuses. Nos deux interprètes campent des personnages aussi agaçants que touchants, désireux d’être, l’un ce qu’il n’est pas, l’autre ce qu’il n’est plus.

Conclusion – Un voyage en pleine folie « gilliamienne »

Alors au final… L’Homme qui tua Don Quichotte se révèle autant un film sur Don Quichotte que sur Terry Gilliam, tant le parti pris narratif et visuel reprend, à travers le thème cervantin, les thèmes chers au réalisateur. L’histoire de cet hidalgo désireux de faire revivre la chevalerie, seul contre tous dans un monde hypocrite où l’on s’amuse à ses dépens et à ceux de Sancho, ne pouvait que séduire un réal’ qui confronte souvent l’individualité aux normes sociales. Projet qui a traîné, sans cesse réécrit, film maudit, qui a failli ne pas être montré à Cannes. Si les critiques sont assez mitigées, je pense que c’est à cause du style très marqué du réalisateur, qui semble encore le même que pour des films tournés il y a des années. Et pourtant, le récit fonctionne très bien, entre moments poétiques et touchants, et de véritables situations comiques (la scène où Javier attaque la voiture de flics qui embarque Toby et un vendeur à la sauvette est assez drôle, je trouve!), qui mettent en lumière les défauts de Toby en regard de l’idéal fou de Javier, qui lui, ne renonce à rien quand son Sancho de substitution a complètement lâché l’affaire, jusqu’à en perdre l’inspiration. J’en suis même à me demander si à travers cette rencontre entre Toby et Javier, Gilliam ne parle en fait pas plus de lui-même et du travail de création, que de Don Quichotte en soi.

Mais au fond, l’histoire de Don Quichotte, passée du livre au terrain du véritable mythe, touche de façons tellement différentes, que bien des aspects du personnage et de ses aventures nous parlent. Car au cours du temps, il est devenu plus qu’un personnage comique, passant peu à peu à messager d’un idéal, d’une individualité qui ne renonce pas face aux hypocrisies et aux cruautés des autres. À ce titre, je vous conseille l’excellent essai Don Quichotte du livre au mythe de Jean Canavaggio, qui retrace les différentes lectures et la postérité de l’œuvre de Cervantès. Je vous laisse donc avec la bande annonce de L’Homme qui tua Don Quichotte, et je vous souhaite un excellent visionnage en attendant de vous retrouver pour de nouvelles chroniques.

Blanche Mt.-Cl.


Titre: L’Homme qui tua Don Quichotte
Année de production: 2018
Réalisation: Terry Gilliam
Origine: Espagne, Portugal, Royaume-Uni, Belgique, France
Durée: 2h12
Distribution: Jonathan Pryce, Adam Driver, Stellan Skasgård, Olga Kurylenko, Joana Ribeiro, Jordi Mollà…

Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse de livres et de films SFFF mais pas que (de tout ce qui raconte de bonnes histoires, en général), auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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