Le Chasseur de primes et l’Enfant – The Mandalorian (Saison 1, 2019)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous allez bien! À celles et ceux d’entre vous qui reprenez le boulot, je vous souhaite une bonne reprise… et aux autres de bonnes vacances.

Toujours avec un peu de retard, je vous présente une série vue pendant la saison des Fêtes. En effet, moi qui espérais me calmer un peu avec l’univers Star Wars après la fin de la saga Skywalker, voilà que la Bête est toujours lâchée, comme vous l’avez vu sur les RS. Pour preuve, je n’ai pas pu m’empêcher de suivre la toute dernière sortie de Disney et Lucas Film… j’ai nommé The Mandalorian.

Et c’est reparti pour une galaxie lointaine, très lointaine, au côté d’un chasseur de prime chargé d’un paquet un peu particulier…

Un paquet encombrant

Après la chute de l’Empire, alors que la Galaxie est en pleine pacification, un Mandalorien, dit « Mando » (Pedro Pascal) par son entourage, portant armure à la Boba Fett, gagne sa vie comme chasseur de primes. Ramenant sa dernière livraison à Greef Karga (Carl Weathers… Apollo Creed, ma gueule!), il se voit proposer une mission non-officielle, très risquée pour un « Client » (Werner Herzog) très important, visiblement lié aux loyalistes de l’Empire. Il s’agit d’aller chercher un être de cinquante ans… Partant pour la planète où celui-ci a été localisé, le « Mando » se fait aider par un fermier local, Kuiil (Nick Nolte), pour rallier la planque de sa cible. Mais quelle n’est pas sa surprise lorsqu’il découvre que ce cinquantenaire n’est qu’un bébé… une petite créature verte aux grandes oreilles de la même espèce que Yoda, capable de vivre pendant des siècles et maîtrisant déjà parfaitement la Force.

Après l’avoir ramené à son commanditaire, le Mandalorien se retrouve malgré lui soucieux du sort de l’Enfant. Se ravisant, il retourne attaquer la base du Client, tuant au passage plusieurs stormtroopers, et ne doit son salut qu’à l’intervention d’autres Mandaloriens. Il doit alors prendre la fuite et se cacher avec le petit, avec à ses trousses de redoutables chasseurs de primes…

Le « Mando » qui trouve sa cible, et quelle cible! – Source: Imdb
Un petit western galactique des familles

Je peux vous assurer que, bien que fan de l’univers Star Wars, au vu des coups qu’on nous a faits avec la dernière Trilogie (surtout quand on voyait le potentiel de l’affaire, ruinés par des raccourcis scénaristiques à la con, des morts à la con, du fan service à la con), je suis de plus en plus sceptique quant au management de Lucas Film, et je serre les fesses dès qu’on nous annonce une nouveauté liée à l’univers susmentionné. Donc, j’avoue ne pas avoir abordé The Mandalorian en toute sérénité, malgré mon respect pour Jon Favreau, mon petit quelque chose avec le style mandalorien (à l’heure où je rédige cette chronique, je vous informe, je vous informe que j’ai lu le Tome III de Boba Fett, ça y est!) et mon enthousiasme premier à l’annonce de la série. Et franchement, je dois avouer que c’est une très bonne surprise. Sans que le scénar’ soit très original – c’est comme une transposition d’histoire de papa célibataire, ou de truand endurci attendri par un être innocent, ou encore je ne sais pas si vous connaissez la série de vieux films de sabre Baby Cart, où un ancien samouraï disgracié parcourt le Japon avec son fils dans un landau surarmé – l’ambiance fait que l’histoire est un réel plaisir à suivre. Je me suis régalée.

Tout d’abord, j’aime beaucoup l’exotisme des planètes explorées, même si je trouve qu’il y a quand même beaucoup de déserts, et l’ambiance quelque peu anarchique de la fin de l’Empire aide à créer un contexte bordélique propre aux intrigues et aux coups de putes les plus variés, un peu comme le traficotage de matos spatial dans la Russie de la chute de l’URSS… ce qui nous amène à la mystérieuse commande passée à « Mando ». Si par certains aspects la Postlogie a manqué d’imagination malgré de bonnes idées de départ et quelques protagonistes qui promettaient (d’accord, je ne cite pas de nom! 😎), et si en elle-même, l’histoire de The Mandalorian est assez classique dans son schéma, il semblerait que créativement parlant, quelque chose se soit libéré dans la galaxie lointaine. Une image un peu plus brute, quoique belle, avec des décors aussi présents que les protagonistes, et quelques répliques qui font mouche telles que le tranchant et sans nuance « I have spoken! » de Kuill ou encore la devise mandalorienne « This is the way. » A replacer comme point d’orgue d’une conversation, ou pour éviter la leçon, l’argumentaire de quelqu’un qui vous emmerde. Et même, si j’ose dire, cette série est devenue une vraie mine à memes, certains vraiment tordants, dont j’ai usé et abusé ces dernières semaines, impliquant aussi bien Kuiil, que le Mandalorien lui-même, le Client (« I want to see the baby! »), Greef Karga et surtout, SURTOUT, l’Enfant. C’est qu’il y a vraiment du style dans l’affaire, un gros, gros style. Je suis absolument fan de la musique signée Ludwig Göransson, raison pour laquelle je laissais toujours le générique de fin en entier (oui, bon, j’aimais aussi regarder les artworks). Non mais sérieusement, cette atmosphère… comme je l’ai lu dans le commentaire d’un internaute sur YouTube, c’est comme un mélange d’Ennio Morricone et Basil Poledouris.

 

Niveau ambiance, j’ai beaucoup aimé découvrir les arcanes de l’organisation mandalorienne, plus organisation/civilisation qu’ethnie ou espèce, dans laquelle il est possible de rentrer. Comme cela fut le cas du héros « Mando », de son vrai nom Din Djarin, recueilli par les Mandaloriens qui le sauvent d’un massacre durant la Guerre des Clones lorsqu’il était enfant. Et dès lors qu’il a gagné ses galons et revêtu son armure, personne n’a plus vu son visage. D’ailleurs, pour tout vous dire, je n’ai AUCUNE idée du jeu de Pedro Pascal, puisqu’il porte toujours son masque, mais bon… on va dire que c’est un rôle très, très intérieur, surtout lorsqu’on l’entend soupirer sous son casque en constatant que l’Enfant ne restera pas tranquille malgré ses injonctions. 🙂 En tout cas, le code des Mandaloriens, les armures qui deviennent de plus en plus élaborées avec le butin de Beskar ramené de chaque contrat, ça pète la classe. J’ai trouvé la forgeronne mandalorienne, enfin l’Armurière, absolument fascinante. C’est une culture de l’univers Star Wars que j’aimerais bien mieux connaître, parce que leur culte guerrier envoie assez. Ils ont même, d’après ce que j’ai pu voir en furetant sur le Net, une sorte d’héraldique, comme on le voit aux différentes significations des couleurs choisies pour leurs armures, ou encore à leurs emblèmes, comme celle qu’acquiert Din Djarin à la fin de la saison.

Le « Mando » venant faire customiser son armure, parce que « this is the way » – Source: Imdb

Sans compter que la route de notre Mandalorien croise celle de personnages eux aussi bien présents, dont on apprécie de suivre les aventures. Outre son « contact » Greef Karga, dont on ne sait jamais s’il l’aime bien ou s’il va la lui faire à l’envers, ou encore le Client et l’inquiétant Docteur Pershing (Omid Abtahi) qui s’apprête à faire je ne sais trop quoi à l’Enfant, on croise aussi des truands aux motivations troubles, comme les Twi’lek de l’épisode 6, The Prisoner (un très bon épisode, au passage!), et une tentation romantique avec Omera, une fermière chez qui le Mandalorien et l’Enfant trouvent refuge après leur fuite.

Kuiil et le Mandalorien – Source: Imdb
Cara Dune parce que WOW, cette nana – Source: Imdb

Mais mon cœur va à Kuiil et à Cara Dune. Kuiil est un fermier de l’espèce Ugnaught à l’apparence porcine, qui tient une ferme à eau sur Arvala-7, la planète où le Mandalorien a localisé sa cible dans le premier épisode. Il aide le protagoniste principal à se rendre auprès de sa cible, et réapparaît à plusieurs reprise, et il protège même l’Enfant vers la fin de la saison. C’est un compagnon loyal, même s’il chérit son indépendance depuis la chute de l’Empire, et ne souhaite qu’une vie pacifique et sans histoire. Ce personnage aux goûts simple a particulièrement marqué les fans avec sa phrase fétiche lorsqu’il veut clore un sujet: « I have spoken!« . Quant à Cara Dune, je l’aime bien, vraiment… même si les héroïnes dites bad ass commencent à me courir, celle-ci me fait kiffer de par son style, ce n’est pas juste une gamine rebelle et idéaliste, mais une femme qui a une histoire: ancienne combattante de l’Alliance Rebelle originaire d’Alderaan, elle déteste toujours l’Empire et peine à se ré-adapter à la vie civile. Ce qui ne l’empêche pas de dégager beaucoup d’humanité et de bienveillance. Elle apparaît dans le quatrième épisode où, après une rencontre musclée avec le Mandalorien, elle l’aide à protéger un village de raids, avant de réapparaître dans les épisodes finaux pour aider le héros à aider son mini-pote aux grandes oreilles. Non, vraiment, j’aime beaucoup ce personnage dont l’interprète a une beauté très spéciale.

L’Enfant, dit « Baby Yoda » – Source: Imdb

Et je vais conclure sur les personnages avec l’Enfant, surnommé « Baby Yoda » dans la communauté des fans dont il a volé le cœur… C’était certes un cheap move bien putassier de la part de Disney que de créer ce petit être mignon dont le merchandising ferait gagner plein, plein de sous à la franchise, mais je plaide coupable: J’ADORE CE PETIT BONHOMME. Autant je déteste les Ewoks avec leurs petits yeux vicieux, et les Porgs avec leur morphologie chelou et leurs tronches pas franches du collier, mais j’adore le « mini-Yoda ». J’aimais déjà Yoda que je trouvais trop chou comme petit bonhomme avec ses grandes oreilles (décidément, entre les Yoda et le fils Solo, j’ai un truc avec les grandes oreilles dans Star Wars), alors vous imaginez avec la version bébé. Ouah ce p’tit chou! Et alors ses grands yeux, ses jolies expressions, sa démarche raide dans sa petite robe Jedi, ses petits cheveux chelou et surtout, SURTOUT, ces petites quenottes que l’on voit quand il ouvre le bec… Niveau apparence, on ne peut que louer le sens du détail dans la création du marmot vert. Il est adorable. Enfin il le semble en tout cas, car peut-être que ces petits cheveux sont tout rêches et qu’il pue du bec à force d’avaler des crapauds tout cru, on ne sait pas – et j’avoue que je suis en train de rire aux larmes en écrivant ça.

Enfin, plaisanterie mise à part, ce petit bonhomme est l’enjeu de l’histoire: les loyalistes de l’Empire moribond le veulent, on ignore pourquoi, les chasseurs de prime le pourchassent… Et cela ne peut qu’être lié au pouvoir du gamin: car il semble que cette espèce, celle de Yoda, soit naturellement réceptive à la Force. Et le fait est que l’Enfant, du haut de ses seulement cinquante ans (un bébé, quand on sait que Yoda a environ 900 ans à la fin du Retour du Jedi), maîtrise plus que bien la Force pour un être si jeune. Cet énigmatique petit bout est capable de soigner des blessures en apposant sa main, de soulever du sol de grosses bestioles qui chargent son Mandalorien favori, de faire barrière au feu… il peut même étrangler à distance lorsque, croyant que Cara Dune veut s’en prendre au Mandalorien alors qu’ils ne font qu’un bras de fer, décide de défendre ce papa de substitution. Car c’est un véritable lien d’affection et de protection qui se crée entre ce petit être bien plus fort qu’on le pense, et le chasseur de prime. Mais la présence de l’Enfant ajoute également beaucoup d’humour et de comique de situation grâce à ses habitudes étranges (bouffer des crapauds par exemple), et ses diverses facéties enfantines.

Regardez les quenottes du p’tit dans les bras de la mécano Peli Motto, c’est trop mignon! – Source: Imdb
Conclusion – Un agréable retour dans la galaxie Star Wars

Voili-voilà les copinous, je vous ai enfin parlé de la série The Mandalorian à l’ambiance si dépaysante, qui nous montre bien que, malgré les déceptions suscitées par la dernière Trilogie, il y a toujours de quoi faire avec l’univers Star Wars. Dans cette création originale, Favreau nous entraîne dans un véritable western galactique, parfois lent et contemplatif, parfois plein d’action, assez efficace en termes d’ambiance, et dont les personnages ont un capital sympathie certain. Après cette exposition intéressante, loin de la Nouvelle République, mais toujours en lien avec l’Empire qui recherche l’Enfant, je suis très curieuse de la suite et du fil conducteur de celle-ci. Où Din Djarin et le petit vont-ils trouver refuge? Va-t-on revoir Cara Dune? Va-t-on entendre un peu plus parler de la Nouvelle République? Et quid de cet artéfact que l’on voit dans le dernier épisode de la première saison?… Bref, que de questions auxquelles je voudrais avoir une réponse et j’espère que le management de Lucas Film ne va pas encore nous foutre dans le jus en chiant quelque chose d’intéressant, héhé…

Le « Mando » et son petit protégé – Source: Imdb

J’ignore si vous avez vu vous aussi The Mandalorian, mais je recommande vivement cette série aux belles couleurs de ma saga préférée. Et si ça peut vous donner des idées de visionnage sympa! Je vous dis donc à très bientôt pour de nouvelles chroniques et aventures – sauf The Boys que j’ai finalement décidé de ne pas chroniquer car même si j’ai bien aimé je ne trouve pas grand-chose à en dire – filmesques et livresques, et même dans la galaxie Star Wars, entre autres! Je crois qu’au prochain coup, on va parler cinéma!

Blanche Mt.-Cl.


Titre: The Mandalorian
Créé par: Jon Favreau
Années de diffusion: 2019 pour la saison 1
Saisons: 1 saison – 8 épisodes (en production)
Interprètes: Pedro Pascal, Gina Carano, Nick Nolte, Werner Herzog, Carl Weathers, Giancarlo Esposito, Taika Waititi…

Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse de livres et de films SFFF mais pas que (de tout ce qui raconte de bonnes histoires, en général), auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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