Êtres de contes ou de cauchemar? – Grimm (David Greenwalt, Jim Kouf – 2011-2017)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous passez un bel été et que certains d’entre vous ont pu profiter d’un pont ce 15 août. Après une dernière chronique dédiée à un classique de la littérature dystopique, et traversant toujours une phase où j’ai le plus grand mal à lire, je vous propose un nouvel article sous le signe du divertissement avec une série fantastique que j’ai beaucoup aimé suivre ces dernières années.

Vous connaissez peut-être déjà celle dont je vais vous parler, et que j’ai mentionnée il y a longtemps déjà, lors d’une semaine dédiée aux adaptations de contes il y a trois ans, et dans mon dernier bilan: il s’agit de Grimm, dont j’ai enfin pu visionner l’intégralité des six saisons pendant mes sessions de vélo d’appartement ces trois derniers mois. Je tenais à vous en parler, d’autant plus qu’elle me permet de renouer avec l’esprit premier des Mondes de Blanche à l’époque où il y était exclusivement question de SFFF. Je vous invite donc à suivre cette série qui oscille entre le policier et le fantastique, et où le monde se révèle à la fois plus sombre et plus magique qu’on pourrait le penser…

N.B.: S’agissant de vous parler d’une série dans sa globalité, je ne partirai que du postulat de départ dans le pitch et resterai assez générale pour le reste, afin d’éviter les spoilers. Par ailleurs, j’ai peiné à vous trouver des photos biens avec des Wesen, mais je pense que vous vous rendrez mieux compte des choses dans le teaser en fin d’article!

Enquêtes surnaturelles à Portland

La vie de Nick Burkhardt (David Giuntoli) est sur de bons rails. Ce jeune lieutenant de la police de Portland, partage sa vie entre un job dans lequel il excelle, ses collègues Hank Griffin (Russell Hornsby) et Drew Wu (Regie Lee), et sa compagne Juliet Silverton (Bitsie Tulloch) avec qui il file le parfait amour.

Nick et Hank sur une scène de crime – Source: AlloCiné
Nick et Juliet en mode Bisounours avant que « shit happens »! – Source: Imdb

Or voici qu’un jour, le jeune homme commence à voir des choses plus qu’inquiétantes: silhouettes menaçantes et animales dans la pénombre, visages monstrueux croisés dans la rue derrière de jolis minois… Autant de visions cauchemardesques qui le font douter de sa santé mentale. Arrive alors la tante de Nick, Mary Kessler (Kate Burton), gravement malade et aux abois, qui lui révèle un surprenant secret de famille: Nick est l’héritier d’une ancienne tradition familial. Comme sa mère défunte et comme sa tante, c’est un Grimm, à savoir un être doté d’un talent particulier, celui de voir par-delà les apparences et de repérer les Wesen, êtres surnaturels se cachant sous une forme humaine. Sa mission est de traquer et d’éliminer les plus dangereux d’entre eux. Il n’est donc pas fou, et va pouvoir mettre à profit dans son métier de policier ce nouveau pouvoir qui vient de se révéler.

C’est le début d’un grand bouleversement pour Nick, qui doit assimiler des faits surprenants et cacher sa condition à Hank, Wu et Juliet pour ne pas les mettre en danger. Il ne peut alors compter que sur la vieille caravane remplie de vieux manuscrits et d’armes anciennes que lui laisse sa tante à sa mort… et sur Monroe (Silas Weir Mitchell), un Blutbad (une sorte d’homme-loup) rencontré lors de sa première enquête véritablement surnaturelle, qui l’aide à appréhender cette société parallèle formée par les Wesen de Portland, qui craint l’apparition d’un Grimm dans la région. Ainsi, au cours de ses pérégrinations, Nick devra faire face à toutes sortes de créatures et d’êtres étranges, tels que son patron, l’ambigu capitaine Sean Renard (Sasha Roiz), personnage important dans l’univers des Wesen et héritier de vieilles familles européennes versées dans les arts occultes, et à la vénéneuse Adalind Shade (Claire Coffee), une sorcière – ou Hexenbiest – particulièrement puissante et peu encline à laisser un Grimm vivant.

L’idée d’une virée entre potes pour Monroe et Nick: traquer du Wesen! – Source: Imdb
Sean Renard complotant avec Adalind Shade – Source: Imdb

S’ensuivent nombre d’enquêtes et d’aventures émaillées de situations effrayantes et cocasses, où Nick et Monroe croiseront la route de personnages toujours hauts en couleurs, et souvent inquiétants…

Une ambiance sombre et séduisante

Pour la petite histoire, ma première confrontation avec Grimm s’est faite au printemps 2012, lors de sa première diffusion en France sur SyFy, une chaîne que mes parents et moi regardions beaucoup à l’époque (avant qu’elle soit sucrée du bouquet! Salauds!). La série étant annoncée à grand renfort de bandes annonces, le titre et la thématique avaient gentiment titillé la curiosité de ma mère… puis la mienne. C’est ainsi que chaque semaines, nous nous asseyions devant Grimm pour suivre les péripéties de Nick, Hank, Monroe, Rosalind et consort. Et nul besoin de nous forcer, car nous avions très vite accroché. En même temps, si vous me suivez depuis longtemps, en tant que blogueuse et auteure aspirante, vous ne vous étonnerez pas qu’il n’ait pas fallu plus qu’un cocktail entre enquêtes et surnaturel pour m’allécher!

Grimm, commandée par NBC en janvier 2011, est moins connue qu’une autre fameuse série tirée de l’univers des contes produite et diffusée à peu près en même temps par ABC: Once Upon A Time, série que j’aime bien mais qui malgré tout me laisse l’impression de rester un gros pignolage de Disney sur son propre corpus. Cette seconde série est plus connue que Grimm, qui a reçu des critiques beaucoup plus mitigées. Sans doute parle-t-elle moins au plus grand nombre car si elle s’inspire de l’esprit dark des contes de Grimm, elle s’éloigne quand même sensiblement des personnages et du style de narration des contes en eux-mêmes. Et pourtant, ces dernières années, elle a su s’imposer comme l’une de mes séries fantastiques favorites. Aussi vous la présenter me tient beaucoup à cœur, car je trouve qu’on en parle trop peu par rapport à sa concurrente. Le tournage de la première saison débute à Portland au printemps 2011, et celle-ci ne doit compter que 13 épisode – avant que 9 supplémentaires ne soient commandés. La diffusion commence peu avant Halloween la même année. Bref, au moment idoine pour se caler au chaud dans le canapé avec une ou deux gourmandises et un thé. Six saisons ont été produites, qui ont su me séduire autant dans le fond que dans la forme, où le fantastique et la réalité telle que nous la connaissons coexistent.

Le fait est que les enquêtes, si elles ne sont pas aussi compliquées et tarabiscotées que dans certaines autres productions, restent néanmoins bien ficelées, cohérentes et sympathiques à suivre, même si parfois franchement dégueulasses – Wesen obligent, mais j’y reviendrai. Elles ne sont cependant qu’un enjeu de la série, entre la vie secrète de Nick qui doit apprendre à gérer cette nouvelle perception du monde, son amitié avec Monroe et ses relations avec les autres espèces fantastiques connues, répercussions de cette connaissance et de l’obligation de la cacher à ses proches, comme Hank et Juliet, mais aussi le problème d’instances occultes plus importantes qui font leur apparition au fur et à mesure des saisons (Royauté, Résistance, Wesenrein, Griffe Noire, Mur d’Hadrien, le Destructeur…), parfois en lien avec les enquêtes, et l’évolution des différents protagonistes. J’en parlerai plus loin car chacun a son « petit caractère » et sa saveur.

Nick en train de faire son job de Grimm – Source: Imdb

S’il y donc a une chose que je retiens avant tout concernant Grimm, c’est sa grande cohérence concernant les différents enjeux de l’intrigue. Aucun détail n’est laissé de côté, qu’il s’agisse de la fameuse clé héritée par Nick de sa tante, entre autres artéfacts, poisons et archives familiales, objet de convoitise de la Royauté dans les deux premières saisons, qui retrouve toute son importance dans la cinquième saison, des manigances d’Adalind tour à tour pion et en cheville avec la Royauté, pour combattre et ensuite se venger du Grimm, la lutte de celle-ci pour retrouver sa fille prise par la Résistance (et un protagoniste dont je ne peux rien dire sans spoiler) dans la saison trois qui voit également l’apparition d’une nouvelle Grimm, Teresa Rubel dite « Rebelle » – « Trubel » en V.O. sans doute parce qu’elle a d’abord un méchant grain (Jaqueline Toboni), la quête de Nick pour retrouver ses pouvoirs et lutter contre le Wesenrein qui persécute Monroe pour avoir épousé une femme d’une autre espère que la sienne, le combat contre la Griffe Noire et une découverte fabuleuse qui pourrait aider Nick dans la saison cinq et la « lutte finale » avec une jeune protagoniste inattendue dans la sixième et dernière saison. Il y aurait des tas de choses à dire et à raconter, tant les aventures de notre Grimm et de ses comparses sont pleines de rebondissements, dans des épisodes qui trouvent un assez bon dosage entre action – jeu de pétard typique d’une intrigue policière, ou combats avec armes anciennes ou poison face à des créatures effrayantes aux intentions mauvaises, etc… – et passages plus fun ou intimistes. D’ailleurs, chaque épisode débute avec une citation de conte, qui prend tout son sens avec les éléments de l’enquête en cours, les manigances des instances contre lesquelles Nick se bat, voire avec les événements en cours dans sa vie.

Wu, Hank et Nick sur les traces d’un cafard géant – Source: Imdb
Juliet en extase devant la décoration de Noël de Monroe – Source: AlloCiné

Au niveau de la forme, ma foi, j’aime assez le visuel. Il n’y a rien de particulièrement révolutionnaire, mais je trouve que l’image est agréable, les couleurs font plaisir à l’œil sans que j’arrive à savoir pourquoi. Autant les extérieurs sont assez beaux, présentant Portland de manière assez attrayante ou des forêts absolument magnifiques – de « contes de fées » pourrait-on dire – qui distillent une certaine magie, autant les intérieurs sont toujours assez feutrés et chauds. Sans compter la somptuosité de châteaux ou de grands hôtels européens lorsqu’il s’agit de la Royauté (d’ailleurs, Adalind occupe longtemps une suite du Sacher à Vienne!), ou l’excentricité de certains intérieurs Wesen – mention spéciale à Monroe qui décroche la palme de la décoration de Noël la plus kitsch. Quant aux créatures, si les effets spéciaux n’ont rien d’exceptionnel, il y en a de parfaitement inattendues – je pense aux Fuchsbau, un genre de « renard-garou » ou encore les Eisbiber, excellents artisans qui ne sont rien de moins que des humains-castors. Oui, oui, oui, vous avez bien lu! Et je ne vous ai sélectionné que les plus sympas car il y en a de parfaitement répugnants, comme vous allez bientôt le voir!

des personnages hauts en couleurs

Si j’aime Grimm, outre pour le postulat de départ, c’est aussi pour ses personnages:

  • Cependant, malgré mon intérêt pour Grimm et son histoire, j’ai commencé par être un peu sceptique concernant Nick Burkhardt (David Giuntoli) le super flic sympa auquel, malgré ses capacités « grimmesques », je ne trouvais rien de bien intéressant. Pourtant, si Nick devient un super combattant doublé d’un super guerrier, un genre de Buffy mâle et adulte, il paraît de plus en plus attachant avec les épisodes qui passent, de par son histoire de famille (orphelin à 12 ans, élevé par sa tante avant de découvrir que l’accident qui a coûté la vie à ses parents n’en était pas un, et que sa mère, comme sa tante, était une Grimm), et les liens d’affection qu’il entretient avec les différents protagonistes, qu’il défendrait bec et ongles. Mais son parfait amour avec sa Juliet (Bitsie Tulloch) me le rendrait un brin peu cucul-la-praline, jusqu’à ce que les tensions liées au job et aux secrets de Nick ne suscitent des tensions entre eux. Il a d’ailleurs été appréciable de suivre l’évolution de Juliet, une fois mise au courant des aptitudes de son compagnon après moultes péripéties qui l’ont mise, elle et sa santé mentale, en fâcheuse posture. En effet, la dame se fait très vite à l’existence des Wesen, avec l’enthousiasme d’un petit lutin, et accepte tout de suite Monroe (Silas Weir Mitchell), sa compagne Rosalee (Bree Turner) ou Bud, le plombier Eisbiber (Danny Bruno), et voue bientôt une haine sans nom à Adalind (Claire Coffee) après les quelques coups pendables que celle-ci leur aura faits par vengeance. En même temps, comment ne pas bicher comme un malade quand on découvre une réalité aussi déroutante et merveilleuse que l’existence des Wesen? Donc, la Juliet se « dé-sale » et apprend à se défendre après que les activités de Nick lui aient valu des ennuis.
Hank, Nick et Wu ne pouvant sans doute pas s’empêcher de lâcher un petit mot d’esprit sur le modus operandi… – Source: Imdb.com
  • Côté police, j’aime assez les collègues de Nick, Hank (Russell Hornsby), le coéquipier cool moult fois marié et surtout loyal, ainsi que Wu (Reggie Lee) dont aucune scène de crime ou sortilège ne viennent à vous des mots d’esprit (dans l’épisode « Le Joueur de violon », lors de l’arrestation: « Encore un qui va se retrouver au violon…/T’as osé. /Ouais, j’ai osé… »). Outre l’atout charme ou comique de l’équipe, ils ne sont pas tout de suite mis au courant de la condition de Nick et de l’existence des Wesen, ce qui crée une tension dans les deux premières saison: leur dire ou pas? parler à Hank lorsque celui-ci commence à voir des choses étranges et se croit fou? et quid de Wu qui donne de sa personne, lorsqu’il est victime d’un sort d’Adalind (oh lala ces épisodes sont juste ÉNORMES! Je le revois chez lui en caleçon, à quatre pattes en train de brouter son tapis… 😂) initialement destiné à Hank mais destiné à atteindre Nick?… Au fur et à mesure, le partage de son secret soulagera Nick et resserrera les liens avec ses collaborateurs et amis.

Quand nous passons aux personnages Wesen, les choses deviennent encore plus intéressantes. Et là je suis en plein kiffe:

  • La première Wesen que nous voyons, en même temps que Nick, n’est ni plus ni moins qu’une Hexenbiest (une « sorcière »), en la personne d’Adalind (Claire Coffee), que Nick voit prendre son apparence de « créature » alors qu’il la croise par hasard. Il ne se doute pas qu’il vient de croiser une adversaire redoutable, qu’il reverra tentant de tuer sa Tante Mary à l’hôpital et qu’il devra interroger lors d’une enquête peu après. Adalind c’est un peu la super nana de la série: blondinette mignonne, juriste talentueuse, occupant un poste dans un prestigieux cabinet d’avocats (essentiellement composé de Wesen, comme nous le saurons plus tard), elle est redoutablement retorse et proche de la Royauté, dont elle ne va pas tarder à se servir dans son intérêt, leur monnayant l’enfant qu’elle porte pour récupérer ses pouvoirs perdus… avant de, contre toute attente, s’attacher au bébé et lutter pour le reprendre. Malgré toutes les saloperies qu’elle complote contre Nick et ses potes, s’il y a une chose qu’on peut lui reconnaître, c’est son opiniâtreté alors qu’elle va prendre réellement cher en étant abandonnée de ses proches quand les choses ne tournent pas comme ils le souhaitent. Bref, plus que la détester, on aime la détester car c’est une ennemie à la hauteur, à l’évolution assez… agréable, je dois dire.
Adalind en pleine réflexion quant à son prochain coup fumeux… – Source: Imdb
Renard… chenapan! (Désolée, elle était facile!) – Source: Imdb
  • Dans la même veine, nous avons le patron de Nick, Sean Renard (Sasha Roiz), sans doute l’un de mes personnages favoris de par son ambiguïté. Lié à la Royauté, organisation occulte rassemblant d’anciennes familles d’Europe, en cheville avec des Wesen, par le sang, c’est un bâtard dont la mère est une Hexenbiest, ce qui en fait un Zauberbiest: très cultivé, partageant un passé tumultueux avec sa famille, il n’est jamais aisé de deviner ses intentions, ni de quel côté il se trouve, aidant parfois Nick ou le traitant comme un parfait ennemi, donnant pas mal de sa personne quand il le faut, se trouvant ou mettant les autres en fâcheuse posture… Et puis je ne sais pas comment ils ont choisi l’interprète, Sasha Roiz, mais il a franchement, FRANCHEMENT la gueule de l’emploi (si vous aimez la SF, vous l’avez sans doute vu dans le rôle de Sam Adama dans la série Caprica). Bref, c’est le parfait antagoniste qu’on aime également détester. Mais je me tais le concernant avant de trop en dire car de ce personnage découlent de nombreux enjeux et subplots intéressants.
Rosalee Calvert, apothicaire et Fuchsbau, et Monroe, Blutbad, deux âmes phénoménales qui se sont trouvées – Source: Imdb
  • J’en arrive enfin avec mon préféré: Monroe (Silas Weir Mitchell), le Blutbad, découlant du loup. Il a ceci d’extraordinaire que c’est un Wesen rangé des voitures, qui ne chasse plus et s’est converti au végétalisme, et qui canalise ses instincts par le sport, la pratique du violoncelle et de nombreux hobbies. Le mec est donc fortiche et a une volonté de fer qui force mon admiration. Il est par ailleurs horloger de métier, parle allemand et connaît le folklore germanique par cœur, comme tout ce qui concerne les Wesen et les Grimm, et en parle avec un véritable enthousiasme. Il a une petite maison douillette, aime les bons vins et Noël qu’il fête à la germanique. Lorsqu’il rencontre Nick lors de sa première enquête, celui-ci le prend pour un suspect, mais les deux hommes vont assez vite sympathiser, au point que ce pauvre Monroe recevra régulièrement des coups de fil de Nick en pleine nuit pour lui demander conseil ou, le cas échéant, l’envoyer en infiltration. Il devient pour ainsi dire consultant officieux en « trucs de Wesen« . Ce qui donne souvent lieu à des situations cocasses ou des remarques désopilantes de Monroe. Pour autant, sa vie n’est pas un fleuve tranquille, son passé le rattrapant régulièrement, son amitié avec un Grimm lui valant l’inimitié de nombreux Wesen à Portland, et son mariage avec une Fuchsbau lui attirant de graves ennuis avec le Wesenrein. Bref, force (car il faut maitriser ses instincts de loup, bordel!), excentricité et courage sont les maîtres mots de ce Blutbad pas comme les autres.
  • Et puisque nous parlions de Fuchsbau, je vais vous présenter Rosalee Calvert (Bree Turner), personnage récurrent lors de la première saison, et principal dès la seconde. Elle apparaît dans la série lorsque Nick enquête sur le meurtre de son frère lors du cambriolage de sa boutique. D’abord effrayée par le Grimm, elle va finalement aider à coincer les assassins de son frère, avant de reprendre son affaire, une apothicairerie new age spécialisée dans les plantes magiques et remède à destination des Wesen, ce qui en fait un membre respecté de sa communauté. Fine connaisseuse du folklore, tout comme Monroe, et de la préparation de philtres et potions, elle est aussi très au fait des institutions Wesen et de leurs procédures en tas de crise. Elle aidera aussi Nick et Hank sur leurs enquêtes, ainsi que sur divers envoûtements et charmes pour neutraliser des Wesen, et deviendra très proche de Juliet. Comme Monroe, Rosalee a un passé chargé: ancienne droguée, elle a fait de la prison et entretenu des rapports houleux avec sa famille. L’assassinat de son frère par des Wesen drogués réveille de douloureux souvenirs et lui fait faire la connaissance de Monroe, dont elle devient le love interest, avant d’entamer une relation sérieuse avec lui. Ils forment un couple complice et excentrique (la déco de Noël ne s’arrange pas chez Monroe), et la jeune femme pètera toujours les plombs dès lors que l’on s’en prendra à celui qu’elle aime. Je l’adore, elle est fantastique.
Quand Nick prend « Rebelle », une jeune Grimm seule au monde, sous son aile – Source: Imdb

Parmi les récurrents, on retrouvera également Bud Wurstner (Danny Bruno), un Eisbiber qui aura d’abord peur de Nick avant de devenir un indéfectible soutien du Grimm auprès des autres créatures de Portland, et Theresa Rubel alias « Rebelle » (Jacqueline Toboni), une jeune Grimm seule au monde qui va apprendre à maitriser son pouvoir avec Nick – je suis d’ailleurs assez attachée à cette jeune fille solitaire qui va se découvrir une vraie famille dans la bande à Nick. Vous croiserez aussi divers parents et cousins de Sean Renard au sein de la Royauté, mais il serait vraiment long d’évoquer tout le monde ici. Je vais donc m’attarder un peu plus sur l’univers Wesen sur lequel repose la série.

Un univers foisonnant

S’il est une chose qui marque dans la série, ce sont ses termes et son bestiaire foisonnant inspirés du folklore germanique – en témoignent des termes et noms qui sonnent très allemands (vous imaginez que ça me plait!) , également mâtiné d’autres cultures au fur et à mesure que la série avance: on croisera notamment El Chupacabra de l’Amérique Latine, ou encore l’Aswang, démon de la mythologie philippine qui sera le premier choc surnaturel de Wu dans la série. Je vais vous faire une rapide présentation de ce petit monde, à commencer par les Grimm.

Au fil des épisodes, alors que Nick plonge dans les archives familiales et les complète avec ses diverses découvertes, il apprend que les Grimms étaient déjà en exercice au temps des Croisades, mais désignés sous le nom de decapitares. C’est en ce temps qu’ils auraient caché quelque chose dans la Forêt Noire, sur un endroit indiqué par une carte qu’il faut reconstituer à partir de plusieurs clés, dont deux possédées par Nick et Rebelle (voir la saison 5). Le nom de Grimm est pris au XIXe siècle, d’après celui des deux frères qui ont fixé les contes issus du folklore germaniques, et dotés de ce fameux dont: celui de repérer les créatures – Wesen – derrière leur apparence humaine, lorsqu’ils Woge (à prononcer « Vogueuh »), c’est-à-dire lorsqu’à la suite d’une émotion ils perdent le contrôle. En effet, un être humain normal ne peut les voir ainsi, sauf s’ils décident de se montrer pour leur faire peur. Ainsi les relations entre ces êtres étranges et les humains ont été conflictuelles au cours des siècles, entre affrontements quand les Blutbad comme Monroe chassaient de l’humain ou quand des villageois se lançaient à leur poursuite avec fourches et torches ou les envoyaient au bûcher sans plus de procès. Aussi le Grimm qui détecte les Wesen doit les observer et consigner ce qu’ils apprennent, de leurs comportements à la façon de les tuer, pour la postérité. Ainsi Nick hérite-t-il, dans la caravane de sa tante qui lui sert presque de bureau et de « centre de documentation », de vieux manuscrits où ses ancêtres ont décrit leurs rencontres et affrontement avec différentes créatures à travers le monde, et ce en différentes langues, d’où parfois le recours à Monroe et Rosalee, plus exceptionnellement à Sean Renard pour les traductions. On peut d’ailleurs voir Nick compléter à son tour les informations dans ces manuscrits, à la fin de ses enquêtes. C’est qu’il en voit du monstre, et qu’il explore diverses manières de les empêcher de nuire!

L’ami Monroe farfouillant dans la caravane aux malices de Nick – Source: Imdb
Nick et Monroe en pleine virée dans la Forêt Noire, à la recherche d’un puissant artéfact… – Source: Imdb

Parmi les Wesen, je mentionnais dans la liste des personnages, mais je vais vous faire un rapide petit catalogue:

  • L’espèce des Sorciers/Sorcières, à savoir les Hexenbiest (« bête sorcière ») pour les femmes et Zauberbiest (« bête magique ») pour les hommes, dotés de puissants pouvoirs magiques, experts en charmes, sortilèges et potions. Ils en préparent de sévèrement corsées, parfois pour changer d’apparence. Lorsqu’ils Woge, ils sont moches. On dirait de vieux corps à moitié décomposés, avec les dents qui grincent. Je peux vous dire que sur Adalind et Renard qui présentent plutôt pas mal et sont toujours tirés à quatre épingles, le choc est rude quand on les voit dans cet état!
  • Parmi les loups, on compte les Blutbad (« bain de sang ») comme Monroe et certains de ses amis de jeunesse, qui chassent et dont les yeux deviennent rouges, et dont le visage et les corps se couvrent de poils, lorsqu’ils Woge. Ils couvent une haine millénaire avec les Bauerschwein, qui eux sont des cochons… ça ne vous rappelle pas un petit conte connu? Cependant les Blutbad, s’ils rappellent les loups-garous, n’en sont pas, car ça ne marche pas avec la pleine lune. Ils sont capables de se contrôler. Mais il existe chez eux une mutation génétique, une maladie appelée la lycanthropie qui fait des porteurs de celles-ci de vrais loups-garous tels qu’on les connaît.
  • Les renards, comme Rosalee et sa famille, sont les Fuchsbau (de Fuchs, « renard » en allemand). Ceux-ci ont la réputation d’être des roublards et de tremper dans divers trafics plus ou moins légaux. Si Rosalee est une renarde posée après diverses mésaventures, elle a côtoyé divers dealers et un trafic d’organes humains, considérés comme ayant des vertus thérapeutiques pour les Wesen, ont même alimenté certains remèdes vendus sous le manteau par son frère avant qu’elle ne reprenne la boutique à sa mort. En mode Woge, les oreilles deviennent pointues, et le visage se couvre d’une fourrure rousse et blanche, tandis que le nez, noir, devient plus pointu et que les yeux deviennent dorés. Rosalee est d’ailleurs adorable lorsqu’elle a cette apparence.

Ce n’est qu’une partie des espèces croisées dans Grimm, où l’on rencontre: les Eisbiber comme Bud – à savoir des castors doués pour le bricolage et la cuisine, les Loeven – lions narcissiques attirés par le pouvoir, les Klaustreich – chats sauvages violents avec leur entourage (en même temps, il faut voir que les vrais chats nous prennent souvent pour des cons), les Steinadler  – aigles réputés pour leur courage souvent présents dans les forces armées, les Dämonfeuer (« demons de feu ») – des dragons humains amateurs de métaux précieux, les Seelengut (« bonnes âmes ») des moutons naïfs et doux plus à l’aise en groupe… La liste est encore longue, mais c’est autant de figures pittoresques que l’on croise dans les six saisons de Grimm. Vivant à la fois intégrés parmi et cachés des humains, les Wesen ont peur des Grimms et redoutent que ceux-ci ne les tuent. A raison, comme l’histoire l’a montré, et Nick se heurte souvent à leur hostilité durant ses enquêtes, devant continuellement faire acte de bonne foi pour ne pas effaroucher ceux qui pourraient l’aider à résoudre des affaires, et de bienveillance envers ceux qui sont en souffrance. Tout comme Nick est chamboulé par la révélation de son pouvoir, son apparition agite la communauté Wesen. Celle-ci a différentes institutions qui édictent des règles de vie et de bonne conduite avec les humains « normaux », comme le Conseil dont le frère de Rosalee était membre. Nick devra s’en faire connaître et accepter. Ceci dit, certaines organisations Wesen sont plus inquiétantes, telles le Wesenrein mentionné plus haut, dont l’esthétique et la symbolique ne sont pas sans rappeler celles des Nazis, et les procédés ceux du KKK, et dont le but est de maintenir la pureté de chaque espèce en évitant les Mischehe (littéralement « mariage mêlé »), unions entre différentes espèces comme ce sera le cas de Monroe et Rosalee. Emerge également, dans la saison 5, la Griffe Noire, société secrète visant à hisser les Wesen au pouvoir pour dominer l’humanité… Voici ce contre quoi Nick devra se battre tout au long de la série, ainsi que contre les préjugés entre créatures et Grimms.

La bande – Rebelle, Nick, Hank, Rosalee et Wu – en train de potasser les archives de Nick – Source: Imdb
Quand vous êtes Blutbad et expliquez à vos parents que votre meilleur pote est un Grimm, ce genre de type dont on vous racontait qu’il allait vous couper la tête si vous n’étiez pas gentil… – Source: Imdb
Conclusion – Magie derrière les apparences

Voili-voilà, vous connaissez l’essentiel de ce qu’il y a à savoir sur Grimm, une série dont je peux dire qu’elle m’a réellement plu ces dernières années. Outre le principe très séduisant de départ (« et si les contes avaient dit vrai? ») où le surnaturel teinté de folklore germanique s’intègre agréablement à une réalité familière. C’est toute la spécificité et le charme de la série, qui reste assez agréable malgré des crimes parfois vraiment sordides. Hormis Star Wars et Stargate, c’est peut-être un des univers fictifs où j’aimerais vraiment vivre, où je pourrais boire une bière ou un thé avec Rosalee et Monroe (si j’avais un couple d’amis, je voudrais que ce soient EUX) après avoir traqué un « homme-ours » qui a enlevé deux adolescents pour en faire les proies lors d’un rite initiatique avec Nick, Hank et Wu, ou avoir tapé sur la gueule de Wesen néo-nazis qui auraient osé s’en prendre à mon pote loup-garou. Il y avait tout ce qu’il fallait pour me plaire là-dedans, et me faire passer de bons moments devant mon écran. Par ailleurs, Grimm a su s’arrêter avant de tourner en rond (sur une séquence finale assez amusante, mais chut!), et c’est peut-être la raison pour laquelle mon intérêt ne s’est pas relâché au long des six saisons, et pour laquelle j’en gardais et en garderai longtemps un bon souvenir.

Entre personnages auxquels on s’attache ou qu’on aime détester, entre humour et enquêtes parfois franchement peu ragoutantes, recherches dans la « caravane-bibliothèque »  de feu Tante Mary pour mettre un nom sur la créature aperçue non-loin d’une scène de crime, elle est la série idéale pour la période automnale, et je ne peux que vous la recommander si vous cherchez de quoi binge-watcher pendant vos week-ends au chaud! J’espère en tout cas vous avoir donné, avec cette longue chronique, l’envie d’y regarder d’un peu plus prêt et de découvrir toutes les créatures fantastiques qui pourraient se cacher derrière le visage de vos voisins. Enfin… si le monde était aussi magique que dans Grimm! J’ai d’ailleurs eu vent de rumeurs autour d’un spin off, et je me dis: « Pourquoi pas? »

Je vous laisse avec un teaser – notamment le premier Woge d’Adalind – de la première saison, et je vous retrouve bientôt pour de nouvelles aventures livresques et cinématographiques!…

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Grimm
Créé par: Jim Kouf, David Greenwalt
Années de diffusion: 2011-2017
Saisons: 6 saisons – 123 épisodes
Interprètes: David Giuntoli, Russell Hornsby, Reggie Lee, Bitsie Tulloch, Silas Weir Mitchell, Sasha Roiz, Claire Coffee, Bree Turner, Mary Elizabeth Mastrantonio…

Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse de livres et de films SFFF mais pas que (de tout ce qui raconte de bonnes histoires, en général), auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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