Devenir un extraterrestre – Dans la combi de Thomas Pesquet (Marion Montaigne)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

C’est qu’on va presque devenir un vrai blog littéraire avec tout ça! Et que j’ai beau avoir diversifié les lectures, en ce moment j’ai des envies de grandeur, d’espace, de voyage intersidéral… et il a bien fallu que je me console de Don Quichotte.

Las! Je me suis précipitée sur de la B.D., en parallèle d’une lecture « sérieuse » dédiée à la vie mondaine sous le nazisme (pas fun mais intéressant) en attendant de trouver un roman sympa dans ma PAL. Et j’ai repensé à un livre qui y dormait depuis l’an dernier, une bande dessinée qui appelle au rêve et aux grands espaces dans le sens littéral… puisqu’il s’agit bien de voyager dans le cosmos avec une personnalité très médiatisée ces dernières années, à savoir Thomas Pesquet, SPATIONAUTE (attention, je tiens à ce terme). Et c’est la bédéaste Marion Montaigne qui nous entraîne dans sa combi…

Le parcours de l’astronaute

Le lecteur suit la trajectoire d’un jeune pilote de ligne originaire de Normandie, un certain Thomas Pesquet, qui depuis l’enfance, rêve de toucher les étoiles. Pour parvenir à exercer ce métier de rêve, il a fallu à Thomas passer toute une série de tests psychologiques et physiques, afin de voir s’il avait « l’étoffe », et apprendre tout un tas de protocoles avant d’avoir le privilège de passer six mois à bord de la Station Spatiale Internationale…

Une BD humoristique et didactique

Vous le savez, l’espace et moi, c’est une immense histoire d’amour: velléités de devenir astrophysicienne quand j’étais lycéenne, je voulais consacrer mon TPE à la terraformation de Mars mais au lieu de ça je me suis retrouvée avec deux greluches qui ne voulaient parler que de cyclones, j’ai pondu mon mémoire de fin d’études en relations internationales dédié à la coopération spatiale internationale et en ai tiré un papier pour l’European Space Policy Institute, j’ai passé des après-midis et des soirées à geeker branchée en streaming sur le centre de contrôle de Darmstadt pour guetter le signal de Rosetta ou d’ExoMars… Bref, même si je suis beaucoup moins ces actualités maintenant pour me consacrer à mes projets créatifs, il y a parfois des choses qui m’y rappellent… comme Dans la Combi de Thomas Pesquet.

Thomas Pesquet est une personnalité visible depuis l’annonce de son départ pour l’ISS. Et c’est rare que je dise ça, mais c’est une figure dont je ne sais trop quoi penser. Sans doute parce qu’on l’a beaucoup, parfois un peu trop vu: je suis très admirative de son parcours brillant et je ne doute pas des capacités du gus, il a une bonne tête sympa de gars comme il faut (en même temps, on ne va pas envoyer n’importe qui sur l’ISS quand on voit les risques induits par la vie dans l’espace!), je suis persuadée qu’il adore ce qu’il fait, c’est le gars qui est à la fois premier de la classe et populaire… et en même temps le côté communicant m’irrite un peu. Et ça c’est hyper con car ce bon Thomas m’a rien fait, mais j’ai dans l’idée que si l’on s’était connus dans la même classe au lycée, ce mec aurait fait partie des gens qui me méprisaient un peu. (Mais ça c’est juste le truc idiot!) Mais l’un dans l’autre, son job dans l’espace fait assez rêver – après tout, comme le dit la pub, nothing can beat an astronaut (quoique je ne suis pas certaine que je voudrais fonder une famille avec un mec qui a été dans l’espace, j’aurais peur qu’avec toutes les radiations qu’il y a là-haut, ses gonades aient sévèrement trinqué!).

Mais pour le coup, la B.D. de Marion Montaigne déglamourise quelque peu le taf. Cette bédéaste est connue pour des bandes dessinées de vulgarisation, et l’adaptation animée de son blog Tu mourras moins bête. Et ça me soulage qu’une illustratrice et bédéaste soit connue pour parler d’autres choses que de « trucs (dits) de nanas ». Dans cette B.D. « astronautique », pour laquelle elle a vraiment suivi Thomas Pesquet à Baïkonour et à Houston, l’illustratrice nous livre un autre point de vue de son parcours, avec ses difficultés, ses situations parfois cocasses… jusqu’à nous faire savoir ce qui se passe littéralement dans la combinaison d’un astronaute – j’avoue que je ne m’étais pas posé la question de la différence de pressurisation entre le corps et la combinaison qui vous fait péter (pourtant les dieux savent si je me pose souvent des questions cons). Le tout sur le ton de la comédie. De mon côté, j’avoue que si son humour fait l’unanimité, ma foi, j’étais un peu moins réceptive au début de l’ouvrage… Je trouvais même le ton un peu relou, pour tout vous dire, avec l’impression d’entendre les explications d’une institutrice qui me prendrait un peu pour une teubé.

Une fois cette impression passée, il faut bien se dire qu’elle s’adresse à un lectorat parfois beaucoup moins renseigné que je le suis, et je me suis bien vite laissée prendre au jeu des aventures spatiales de Thomas. J’ai même appris quelques trucs, concernant la partie dédiée à Houston. Certaines scènes m’ont vraiment plu, et je me suis surprise à rire de bon cœur, dans ce récit émaillé de références à l’histoire de la conquête spatiale, ou encore aux films américains comme L’Étoffe des héros ou Apollo 13 (deux films que bien évidemment j’adore),  Star Wars (pour mon plus grand plaisir, comme vous vous en doutez, avec Thomas qui compare son parcours d’entraînement avec celui d’un aspirant Jedi) et séries de S.F. La rencontre avec Luca Parmitano, notamment, qui donne l’impression que Thomas et lui jouent sans arrêt à qui pisse le plus loin lorsqu’ils se croisent – en plus le Luca, ils lui ont fait une de ces tronchasses… 😂 Mention spéciale aux trips de Thomas qui s’imagine, lors de ses sessions d’oxygène pur, plus vieux, dirigeant une mission vers Mars et faisant part de ses souvenirs aux futurs colons de Mars…

Conclusion – Sympathique

Voili-voilà, une petite bande dessinée instructive et intéressante, qui m’a fait passer un très bon moment après la fin de Don Quichotte (snif, j’en pleure encore! 😢), où l’image glamour des astronautes est un peu écornée, au profit de leur quotidien, du recrutement au retour sur terre. Une B.D. que je vous recommande si vous vous posez des questions sur la vie des astronautes. Quant à moi, outre pour d’autres moments starwarsiens entre deux lectures sérieuses, vous me retrouverez pour d’autres moments spatiaux puisque L’Étoffe des héros de Tom Wolfe et l’autobiographie de l’astronaute Scott Kelly attendent encore dans ma PAL.

Je vous laisse donc le plaisir de la découverte de Dans la Combi de Thomas Pesquet, à savourer les situations loufoques qui font le quotidien de ces gens somme assez courageux pour s’asseoir le cul sur une poudrière, rien que pour pouvoir s’affranchir de la pesanteur terrestre et faire progresser la science… et qui, malgré les difficultés – et peut-être aussi grâce à ces mêmes difficultés – vivent une aventure extraordinaires. Je vous souhaite une excellente lecture et je vous dis à très bientôt.

Blanche Mt.-Cl.


Le thé idéal: Du thé noir en brique bien fort, tamponné en russe, voire estampillé de la faucille et du marteau – on en trouve encore en Mongolie, mon frère nous en a ramené – pour embarquer dans Soyouz ou envoyer sur un Progress, un ATV, ce que vous voulez, pour ravitailler l’équipe de l’ISS. Par contre, je sais pas comment on prépare le thé en micropesanteur. Une question à laquelle n’a, malheureusement, pas répondu Dans la Combi de Thomas Pesquet!

Titre: Dans la combi de Thomas Pesquet
Auteur: Marion Montaigne
Éditions: Dargaud
208 p.
Parution: Novembre 2017
Prix: 22,50 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

6 réflexions au sujet de “Devenir un extraterrestre – Dans la combi de Thomas Pesquet (Marion Montaigne)”

    1. Remarque, pour ne pas entendre parler de Thomas Pesquet je pense que (ironiquement!) il aurait fallu vivre sur Mars! 🙂 Comme j’habitais en Normandie jusqu’à récemment, et que le monsieur est originaire de là-bas, j’en ai avalé jusqu’à indigestion! Ce qui ne m’a pas empêché de regarder en streaming sur la web TV de l’ESA son arrivée à bord de l’ISS en novembre 2016! 😉

      Aimé par 1 personne

  1. Je suis toujours admirative des lecteurs qui lisent plein de choses ultra différentes et de manière rapprochée, mais tu fais fort en alternant Don Quichotte, une BD sur un spationaute et un livre sur la vie mondaine sous le nazisme ahah Sinon, mon chéri est plutôt fan de Thomas Pesquet je suis sure que cette BD peut lui plaire ^^

    Aimé par 1 personne

    1. Que veux-tu, je m’intéresse à tant de trucs que je manque parfois m’y perdre… 😉 Oui, je pense que la BD peut vraiment lui plaire, quand bien même elle explore des aspects un peu plus « terre à terre », si j’ose dire, de l’entraînement et de la vie sur l’ISS. Pour des anecdotes sympas mais sur un ton moins humoristique, « L’Histoire de la Conquête spatiale », un peu moins récent mais toujours d’actualité: https://lesmondesdeblanche.wordpress.com/2016/11/21/en-marge-de-lactualite-spatiale-lhistoire-de-la-conquete-spatiale-j-f-clervoy-f-lehot/
      Ce n’est pas spécialement sur Thomas Pesquet, mais ça reste très intéressant pour faire un cadeau. 🙂 Merci pour ton commentaire, et bonne nuit à toi!

      J'aime

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