Les States sauvent le monde – Independence Day (Roland Emmerich, 1996)

Très chers lecteur des Mondes de Blanche,

J’espère que vous allez tous bien, que vous vivez une reprise sans heurt et que vous profitez de la rentrer des enfants pour vous retourner un peu à la maison. Bref, si vous n’avez pas encore lu mon bilan de l’été et ma première chronique de septembre, je vous souhaite une excellente rentrée. Pour ma part, profitant en ce moment d’un repos bien mérité en décalé, j’ai décidé, outre mes occupations du moment, de bloguer un peu, car j’ai quelques idées de chroniques un peu sympathiques, et de lectures.😉

Aussi j’ai décidé aujourd’hui, de nous transporter à nouveau dans les divines nineties, avec un film spectaculaire comme on tente désespérément d’en faire mais comme on ne sait plus du tout en faire depuis bien longtemps: Independence Day, sorti sur nos écrans en 1996 et annoncé à grands renforts de bandes-annonces absolument impressionnantes. Aussi, je vous amène, encore une fois, auprès des héros américains qui se battent contre les méchants aliens…

Destins croisés sur fond d’invasion alien

Tout commence lorsque le SETI capte des ondes émises par un immense OVNI en orbite terrestre, et d’autres vaisseaux ne tardent pas à apparaître au-dessus des grandes villes américaines. David Levinson (Jeff Goldblum), analyste informaticien, capte l’un des messages desdits vaisseaux et comprend qu’il s’agit d’un compte à rebours… Parvenant à se faire introduire auprès du président Thomas Whitmore (Bill Pullman) il lui explique que la Terre est en danger et qu’il faut évacuer les villes. L’ordre est donné d’évacuer, mais trop tard: à peine le président parvient-il à fuir avec son équipe que la Maison Blanche explose et que diverses métropoles sont attaquées.

Allez, avouez que c’est tout de suite l’image qu’on a en tête! – Source: AlloCiné

Du côté de Los Angeles, pile avant l’attaque, le capitaine Steven Hiller (Will Smith) est appelé pour une mission très importante et doit quitter sa petite amie Jasmine (Vivica A. Fox) et Dylan (Ross Bagley), le fils de cellle-ci. La jeune femme parvient à se mettre à l’abri à temps avec son petit garçon et survit à l’attaque. Elle parvient à trouver d’autres survivants et à faire démarrer un camion pour quitter les ruines de Los Angeles et rallier la Zone 51, où sont réunis le président et son Etat-major. Steven Hiller est également présent, et participe à un raid aérien contre les extraterrestres qui se solde par un échec, mais qui lui permet, outre de ramener le corps d’un alien à la Zone 51, de croiser le convoi de réfugié où se trouve sa compagne…

La survie s’organise alors que le président, Hiller et Levinson cherchent une solution pour repousser l’invasion…

Film à grand spectacle à la mode des nineties

Aux fans de blockbusters des nineties, le nom de Roland Emmerich n’est pas inconnu, puisqu’on lui doit également Stargate (une de mes madeleines de Proust cinématographiques!) et Godzilla – les suivants comme  Le Jour d’après ou 2012  m’ont bizarrement 😉 beaucoup, beaucoup moins emballée.

La sortie d’Independence Day nous avait été annoncée par des bande-annonces spectaculaires avec un parfum prophétique, où l’on voyait s’étendre l’ombre d’immenses vaisseaux au-dessus des grandes villes américaines, et où le monde entier vivait à l’heure des States… Bref, le film promettait un futur lourd de menace, avec quand même – hourra! – des héros américains pour nous sauver (ouais, dans les autres pays, il semble que personne n’ait levé le petit doigt… on est un peu mou dans les autres pays, quand même). Et oui, rappelez-vous le cinéma de Guerre Froide assez sombre, avec souvent des méchants russes et la menace d’holocauste nucléaire… Eh bien dans les années 1990, suite à la chute du Bloc de l’Est et la fin de la Guerre Froide, les States, victorieux sur le plan idéologique, ont le vent en poupe et le rêve américain fonctionne à toute blinde. Au cinoche et à la télé, les héros sont américain, on rêve de leur musique et de leur mode de vie, de cette décontraction à toute épreuve qu’ils semblent montrer… Bref, les États-Unis d’Amérique sont sexy et ils le savent. Plus personne ne leur cherche de noises. Du moins sur la planète Terre. 🤠

Les survivants face à l’invasion extratrerrestre – Source: Imdb.com

Nous en arrivons à la sortie d’Independence Day. S’il fait un carton au box office et devient l’un des films catastrophes les plus connus de la décennie 1990, la plupart des critiques françaises le démontent (Télérama dit que c’est un ramassis de « connerie » – en même temps, on n’en attend pas moins de ladite revue). D’autres mettent en avant la niaiserie du scénario qui n’est certes, je l’admets volontiers, pas très subtil, avec sa foule de situations complètement téléphonées, mais également sa valeur symbolique et sociologique: j’invoquais plus haut la confiance états-unienne sans borne de l’après-Guerre froide, ici incarnée par des mecs comme Steven Hiller (Will Smith), et le « génie » de ce pays par David Levinson (Jeff Goldblum). Ils sont jeunes, à l’image de la nation américaine, ils sont beaux gosses (aller, avouez que Smith était au summum de sa coolitude, et Goldblum de son sex appeal),  ils ont le sens de la formule et sont tous les deux doués dans leur domaine. Gamins, on était impressionnés… Adultes, si l’on veut continuer d’apprécier ce film comme un putain de divertissement et de nous marrer un bon coup en le visionnant, bien nous prendra de le prendre au second degré tant le rêve américain a pris du plomb dans l’aile cette dernière quinzaine d’années.

Les deux BGs en action parce que c’est connu qu’on a toujours un cigare dans la poche pour botter les culs aliens – Source: Imdb.com

Oui, oui. Car on en prend plein les yeux, les oreilles et le bon sens. Le film a été écrit par Roland Emmerich et Dean Devlin, directement après leur succès de Stargate et poussés par leurs producteurs. La Fox ne les limitant pas pour les moyens, Emmerich parvient à imposer son choix avec Will Smith qui voit par la suite sa carrière décoller. Le film est tourné en un temps record pour un blockbuster, en 72 jours à New York, dans l’Utah, dans le Nevada et à  Los Angeles. Will Smith, pour être crédible dans son rôle, s’entraîne avec les Marines, et l’Armée est même prête à coopérer au film… si le scénario ne fait plus mention de la Zone 51. Las! Heureux de son scénario, Emmerich se passe d’eux et reconstitue la Zone 51 dans d’anciens hangars de la Hughes Aircraft près de Los Angeles. Hangar où sont également placé les maquettes des bâtiments détruits dans le film, comme la Maison Blanche lors de cette scène célébrissime.

L’intérieur du vaisseau-mère extraterrestre – Source: Imdb.com

Niveau scénario, on est dans la simplicité. Roland Emmerich dit s’être inspiré des vieux films de guerre et de S.F. des années 1950. L’histoire est incontestablement aussi épaisse q’une feuille de papier à cigarette, et pourtant, elle se laisse suivre, parce que rythmée, pour aussi improbables que soient les péripéties vécues par les protagonistes – et le plus drôle là-dedans c’est qu’au vu de la bande-annonce, ça se prend vachement, VACHEMENT au sérieux même quand nous, spectateur, avons arrêté de le faire depuis fort longtemps 😉. Tout d’abord, on est visuellement subjugué par l’arrivée de ces vaisseaux titanesques dont l’ombre peut couvrir une métropole comme Los Angeles ou New York. Et alors avec l’esthétique des vaisseaux extraterrestres et leurs drôles de tête, à défaut d’être innovant, le visuel  signé Patrick Tatopoulos est absolument plaisant, aussi relaxant que déroutant et menaçant. Les aliens en eux-mêmes avec leurs tentacules ont de vraies sales gueules de méchants entre Prédator et Ursula… de quoi vous faire exploser de rire quand Steve Hiller, se trouvant face à l’un d’entre eux, lui fiche son poing dans la figure au lieu de fuir en courant. Avec un naturel à vous rendre vert d’envie…

Le président Whitmore et sa bande, avec un David Levinson médusé – Source: Imdb.com

Et justement, puisqu’on en est là, parlons des personnages et des situations complètement FOLLES qu’ils vivent – raison pour laquelle j’enclenche mon « mode second degré » quand j’ai l’occasion de revoir ce film.

Donc, les personnages principaux: Steven « Steve » Hiller aka Will Smith et David Levinson aka Jeff Goldblum. Alors bon, à l’époque, ces deux interprètes attiraient TOUJOURS ma grande sympathie. J’avais un petit béguin pour Will Smith malgré ses oreilles, et j’étais, dès très jeune, littéralement sous le charme du sourire de Jeff Goldblum depuis Jurassic Park. Les deux gars présentent dans Independence Day tous les archétypes du cinéma américain, le cocktail censé en faire un duo sympa – un duo est toujours sympa dès qu’intervient Jeff. 😉 Bref, on a le militaire américain qui a forcément du style et de la classe, qui est décontracté en toute circonstance, et qui ferait un papa idéal pour le gamin de sa petite amie, qui a une paire de burnes en bétons pour aller, comme il le dit « botter le cul de E.T. » avec tant d’assurance et de décontraction. Il est évidemment affublé d’un romantisme à deux balles qui plait à sa petite amie que – comble du coup de bol! – il retrouve et demande en mariage sur la Zone 51. Sortez les confetti. C’est au côté de ce mal alpha qui sort un cigare façon vieille école pour fêter les victoires que le scientifique par excellence, hyper futé dans son labo mais maladroit dans la vraie vie, qui a quand même une ex-femme conseillère à la Maison Blanche (quel coup de bol, putain… mais bon ça reste une ex parce qu’évidemment ce genre de mec ne peut jamais rester en couple longtemps!), va enfin se dessaler et utiliser ses connaissances dans un domaine vraiment pratique. Et si c’est pour sauver le Monde, ça vaut bien le coup d’essayer, non?… Duo improbable que l’on retrouve évidemment en première ligne même si dans la vie concrète, ce ne serait pas franchement une évidence… 😂

Niveau personnages principaux et secondaires, on est également bien servi en matière d’héroïsme, parce que pas de scènes de pillages ou de coups de pute par un quelconque traitre qui voudrait négocier avec les Aliens. QUE NENNI, MANANT! Parce que tous les survivants semblent animés d’intentions grandioses et fichtrement altruistes: la belle Jasmine qui en se sauvant pense quand même à sauver son chien des flammes en plus de son fils pour le moment émotion, ou encore, parmi les survivants, ce mec un peu loser de Russell Casse (Randy Quaid), qui vit dans une caravane avec ses mioches, pilote des avions d’épandage et que tout le monde prend pour un fada lorsqu’il dit qu’il a été enlevé par les extra-terrestres, mais qui fera preuve d’une réelle abnégation. Et clou du spectacle, le président Thomas Whitmore lui-même, pilote de formation et vétéran de la Guerre du Golfe, qui remonte dans l’avion pour des raids aériens dantesques. Surtout que c’est quand même hyper contraire aux procédures en vigueur: dans le cadre d’une catastrophe, en général, le gouvernant est le premier que l’on protège afin qu’un État garde sa structure et un pouvoir décisionnaire pour ne pas amplifier le bordel… ce serait hyper contre-productif d’envoyer un président au casse-pipe. Mais c’est là toute la magie d’Hollywood! 😂

Ensuite, eh bien regardons un peu les grosses ficelles scénaristiques, les situations improbables et les coïncidences hyper balèzes et commodes qui fond le « charme » d’Independence Day. Le plus grand exemple: imaginez Will Smith, crashé dans son avion après un raid aérien, qui en ressort sans la moindre petite commotion, qui ouvre le vaisseau alien lui aussi écrasé et se trouve nez à nez avec un extra-terrestre tout plein de tentacules, qu’il baffe avant de l’envelopper dans son parachute pour le trainer en plein désert. Moment qui me tord de rire à chaque fois, lorsque je vois ce militaire évidemment stylé dans son Marcel noir, transbahuter un E.T. massif et bien assommé, et déblatérer tout seul sur ce « gros cul » qu’il doit traîner, et filer un coup de pied dans la marchandise en se plaignant de « cette odeur de merde ». Bref, le gars se balade tranquille, bras et tête nus sous un soleil écrasant, sans une bouteille d’eau, traînant un poids lourd sans tomber dans les pommes! Sérieusement! 😂 Et en plus il tombe pile poil avec le convoi de survivant avec sa meuf dedans! 👏

Mais qu’ils sont forts! Bref, vous voyez que tout le monde parvient à retrouver tout le monde malgré le bordel ambiant, le premier clampin a une chance de se faire tapoter l’épaule et donner des paroles encourageantes par le président des États-Unis himself, ou avoir une ex-femme qui bosse à la Maison Blanche… Un véritable festival de WTF! Mais comme je le disais, c’est la magie d’Hollywood avec ses poncifs qui parviennent tout de même à « faire pas trop mal », pour peu que le spectateur ne le prenne pas au sérieux, et qu’il ne se prenne pas lui-même trop au sérieux.

Conclusion – Une bouffée de nostalgie

Et oui, il faut bien avouer ce qui est, même si je l’assume moyennement. Sans que je trouve qu’Independence Day soit un chef d’œuvre il m’éclate encore, avec ses effets spéciaux dantesques sur fond d’invasion alien, avec tous ses clichés sur les méchants extraterrestres et sur l’héroïsme à l’Américaine, où l’on pardonne aux héros de zigouiller les envahisseurs à tour de bras en toute décontraction. Et puis 😍Jeff Goldblum😍 en jeune, fringant et brillant informaticien, quoi, on ne va pas cracher dans la soupe. C’est certes extrêmement manichéen, mais il faut bien reconnaître que les acteurs, décors et effets sont loin d’être à chier, et qu’on peut facilement se laisser piéger par le rythme et parfois, par l’humour de l’histoire, qui nous présente des situations cocasse bien qu’invraisemblables (Will Smith qui traine son macchabée d’alien dans un parachute au beau milieu du désert reste pour moi un cas d’école en la matière!).

Quand même le président des États-Unis met lui aussi les mains dans le cambouis au combat… – Source: Imdb.com

Si je reste fan de certaines « œuvres » des eighties et nineties, la veine nostalgique de ces derniers temps (qui a atteint des sommets avec la navrante adaptation de Ready Player One) tend à me gonfler après m’avoir un peu plu, et je préfère me faire un bon vieux film dit « con » de quand j’étais gamine que d’essayer d’avaler ce qui essaie de les imiter maintenant. Loin de moi l’idée d’idéaliser un « bon vieux temps » en matière de cinéma, mais je pense juste que les mentalités ne sont plus les mêmes que dans les nineties et les eighties, que le public actuel ne peut pas l’apprécier de la même façon qu’un spectateur d’il y a vingt ou trente ans, et que très bientôt, celles et ceux qui se sont mis aux diapason de cette veine nostalgique ne tarderont pas à s’en moquer à nouveau quand ce ne sera plus à la mode. Independence Day fait un peu partie de ces choses pour moi, que plus personne n’assume d’avoir aimé, jusqu’à ce que sorte la suite (bizarrement pas si déconnante pour ce que j’en ai vu, il faudrait que je m’y penche plus en détail). Alors que franchement, quelle honte y a-t-il à ça? Quel gamin de ma génération n’a pas été, à un moment, dingue de Will Smith et ravi de le voir baffer de l’extraterrestre pour sauver le monde?…😉 Donc un film à apprécier avec un bon second degré et un gros seau de pop-corn. 😎 Et pour les plus téméraires, avec un cigare pour mieux savourer ce moment de « magie d’Hollywood ».

Je vous laisse méditer là-dessus avec la bande-annonce ô combien spectaculaire d’Independence Day que j’étais censée aller voir pour mes dix ans mais qu’il m’a fallu attendre des mois pour la sortie en VHS (c’était y a plus de vingt ans quand même!). Il n’est pas exclus que je reparle d’un ou deux films un peu vieux pour le fun (Indiana Jones, La Momie…) dans les mois qui vont venir.

Ça pourrait être amusant, non? Sur ce, je vous souhaite une merveilleuse soirée et je vous dis à bientôt pour une prochaine chronique, en espérant vous avoir rappelé de bons souvenirs.

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Independence Day
Année de production: 1996
Réalisation: Roland Emmerich
Origine: États-Unis
Durée: 2h25
Distribution: Bill Pullman, Will Smith, Jeff Goldblum, Judd Hirsch, Mary McDonnell…

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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