Gamers à la rescousse! – Armada (Ernest Cline)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que vous allez bien depuis la dernière chronique! Comme vous le voyez, les choses reprennent doucement mais sûrement sur le blog, au gré de mon emploi du temps et de mes lectures.

Donc, depuis ma reprise, vous avez affronté des momies et êtes plongés dans les tunnels du métro moscovite dans des chroniques dédiées à mes lectures achevées le mois dernier. Parmi elles, Armada d’Ernest Cline, à qui l’on doit également l’énorme Player One, lu il y a trois ans. J’avais fait l’acquisition d’Armada peu avant la sortie au cinéma de l’adaptation Ready Player One, et après ce que je considère comme un fiasco cinématographique. Aussi, pour me réconforter après ce film qui m’a profondément ennuyée et déçue, et pour m’éclater un peu après l’ambiance dark de Metro 2035, je me suis envolée avec le jeune Zach Lightman pour une aventure hors du commun…

Un gamer à la rescousse du monde

De nos jours, le jeune Zach Lightman ne mène pas la vie rêvée. Vivant avec sa mère infirmière, veuve juste après sa naissance, il la voit au gré de ses horaires décalées, et partage son existence entre exaspération envers le gros dur du lycée, conversations geek avec ses deux uniques potes, et son job dans une boutique de jeux vidéos locale dirigée par Ray, un patron bienveillant qui semble comprendre le jeune homme. Car la véritable passion de Zach, c’est le gaming, avec un jeu en particulier, Armada, qui met en scène une guerre contre des envahisseurs extraterrestres.

Mais quelle n’est pas sa surprise lorsqu’un après-midi, alors qu’il est en cours, Zach aperçoit par la fenêtre, arpentant le ciel, un Chasseur Glaive Sobrukai… soit un vaisseau issu d’Armada! Zach se croit fou, tout comme il croit son défunt père fou. En effet, en voulant plus en savoir sur la personnalité de Xavier Ulysses Lightman, ce père trop tôt parti, il a écumé les affaires de celui-ci. Écoutant en boucle ses vieilles cassettes rock des années 80-90, il a lu ses carnets remplis de notes quant aux films S.F. visionnés et aux jeux joués. Comme s’il avait cru à un quelconque complot lié aux œuvres de la culture populaire… Et si son père avait vraiment mis le doigt sur quelque chose et n’était pas réellement mort dans un accident? Zach aura la réponse à sa questions à peine un jour après l’apparition du vaisseau, une navette ATS-31, elle aussi issue d’Armada, aux couleurs de l’ADT, l’Alliance de Défense Terrienne, se pose dans la cours de son lycée. C’est Ray, son patron, qui en descend pour le faire embarquer et lui expliquer que le jeu n’était qu’une simulation pour recruter les combattants devant sauver la Terre d’une invasion extraterrestre… Pour Zach, c’est le début de l’aventure dont il a toujours rêvé…

Un moment d’éclate

Ça y est! Après presque deux mois, après moult procrastination, vous allez enfin savoir ce que j’ai pensé d’Armada, lu en avril dernier dans la foulée de Metro 2035, histoire de repartir dans un peu plus de légèreté. Et surtout, il fallait que je me remette de ma déception de l’adaptation cinématographique de Ready Player One, qui avait enlevé toute sa substance à l’œuvre originale – en fait, je me suis franchement ennuyée pendant la séance, et j’en suis ressortie encore plus désemparée que de celle du dernier Star Wars (et les dieux savent si j’ai déblatéré sur le sujet avant de me réconcilier avec, mais enfin… Ready Player One n’a pas Kylo Ren) et les visuels de l’Oasis sont selon moi bien surfaits, ça et le gloubi-boulga de nostalgie eighties qui m’a bien gonflée même si de base je suis plutôt bonne cliente de ce genre de trucs.

Donc, je suis partie dans Armada que, sincèrement, je l’ai trouvé bien, voire très bien goupillé – hormis la couverture du livre, franchement cheap.et tape-à-l’œil, qui insiste plus sur Player One que sur l’œuvre concrètement contenue dans le livre, bref la caricature du marketing qui nuit à l’esthétique. On retrouve les ingrédients qui ont fait le charme de Player One, l’un de mes coups de cœur livresques de ces dernières années: un personnage gamer un peu paumé avec des antécédents familiaux pas hyper sympas, et une quête dans un univers virtuel qui a un impact sur la réalité, sens du détail amusant… Au niveau de l’intrigue, j’ai franchement apprécié le rythme, et surtout la prise plus forte avec l’environnement réel et concret des personnages et je l’ai même trouvée un peu plus aboutie que celle du précédent ouvrage. Fallait le faire. Outre le cinéma de SF, j’ai eu le plus grand mal à contenir un éclat de rire lorsque deux des personnages, sur la base lunaire de l’ADT entonnent America, Fuck yeah (ne me dites pas, s’il vous plaît, que je suis la seule à avoir vu Team America, World Police…).

Et alors, avis aux fans de Star Wars – et là, m’accusez pas de vouloir en voir partout, je n’y suis absolument pour rien. Dans les références à la culture pop, la fameuse saga des étoiles tient le haut du panier. Ne serait-ce qu’avec le jeune héros, Zach, qui se sent un peu à la place de Luke Skywalker qui s’emmerde sur Tatooine en attendant que quelque chose d’un peu important se passe – perso, bloquée dans mon trou en ce moment, je me sens aussi un peu comme Skywalker sauf que j’ai trente-et-un ans, donc ça commence à craindre franchement! 😂 Et d’ailleurs, est-ce un hasard si le nom de famille de Zach est Lightman, quand le héros des anciens Star Wars s’appelle Luke – « lumière » en latin?… Maintes fois, il est fait référence  à des paroles de Maître Yoda, de Palpatine, entre autres. Zach et ses autres potes gamers recrutés pour combattre les aliens s’encourager du mythique: « Que la Force soit avec toi! » avant de partir à la bataille. Moi qui souhaitais me calmer avec mon fandom du moment au moment où j’attendais la sortie BluRay du dernier film, ma foi, ça ne m’a pas franchement aidée! 😂 Après, s’il est une chose que j’ai appréciée, surtout après ma mauvaise expérience de Ready Player One au cinéma, c’est que les références étaient un peu mieux intégrées dans l’histoire – contrairement à ce que certaines critiques ont pu en dire sur le net – bien que je déplore que, pendant une partie du livre, la plupart des échanges entre gamers se bornent à des débats culture pop. Merde, je suis une geek mais hormis sur ce blog, je ne parle pas que de Star Wars ou autres, j’ai d’autres centres d’intérêt dans ma vie et je me désole qu’on ne voie chez les geeks que des « machines » à référence. Ceci dit, après la noirceur de Metro 2035, je me suis bien éclatée. Et ce pour différentes raisons.

Le principe d’un jeu créé comme une  simulation en vue de recruter des guerriers n’est pas franchement nouveau, tout comme celui de la culture populaire formatée pour nous préparer à un contact avec les extraterrestres (ici les films de S.F. recensés par le père de Zach, dont Alien ou encore les Star Wars). Quand Zach apprend par Ray que le jeu de combat spatial Armada et son pendant terrestre Terra Firma sont des exercices militaires, et que certaines missions ont même réellement lieu dans l’espace (celle du début avec le forage de la couche de glace sur la planète des Sobrokais), je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec un article lu dans une revue complotiste – no comment, j’en lis de temps en temps, car certaines théories bien ficelées feraient un point de départ idéal à un récit S.F. Cet article revenait sur la vague d’observation d’OVNIs de l’année 1990, et développait la théorie d’un certain « facteur exogène » – à savoir l’apparition de vaisseaux extraterrestres à un moment donné et à certaines fréquences, pour « éduquer » les humains, les préparer à un contact avec une autre forme de vie. C’était pour la petite histoire… Nous découvrons donc, dans la première partie de l’histoire, que Zach participe donc depuis des années à de véritables exercices de combat spatial et a même piloté à distance un vrai drone dans l’espace: car depuis les années 1970, la NASA a découvert une forme de vie sur une lune de Jupiter. La guerre étant déclarée avec cette civilisation depuis les années 70, la Terre a créé une Alliance de Défense, et créé tout un système de robots combattants et de drônes spatiaux, avant d’éduquer les foules à un contact extraterrestre à travers des superproductions SF et les jeux vidéos, pour leur faire accepter l’idée, et pour entraîner des combattants. C’est une idée qui a fait du chemin depuis longtemps mais qui malgré tout entraîne une histoire efficace où action côtoie humour et parfois, émotion.

J’ai apprécié le fait que les personnages ne soient pas uniquement de jeunes adultes ou des adolescents: si Zach alias IronBeagle de son pseudo a dix-huit ans et qu’un des membres de l’équipe, venu de Chine, est encore mineur, il côtoie des adultes – son love interest, l’excentrique Lex, est une jeune programmeuse visiblement un peu plus âgée que lui, tandis que ses partenaires au combats sont une prof quadra et un quarantenaire geek et gay encore chez ses parents. Bref, les clichés du gamer sont un peu moins – juste un peu, parce que quand même – marqués, on en voit de plusieurs âges et milieux. Ce qui est aussi vrai dans le monde réel car si des moyennes d’âge et de revenu se dégagent des statistiques et recherches sur les joueurs, je pense qu’hormis des caricatures vivantes (et ça, ça existe pour tout!), il n’y a pas vraiment de « joueur type ». En tout cas, j’ai bien aimé le côté « transgénérationnel » de cette histoire, où des persos de tout âge se côtoient. Et d’ailleurs, l’émotion rejoint l’enjeu transgénérationnel avec pour Zach la recherche de son père: ce père qu’il n’a pas connu et dont il a gardé les affaires afin de mieux cerner sa personne, dont il porte tous les jours le blouson orné des écussons de ses jeux favoris… Entre vénération et rejet, l’ami Zach va aller de découverte en découverte concernant son père, et c’est peut-être, avec les réflexions du jeune homme sur les intérêts de ces aliens à n’attaquer que quarante ans après avoir déclaré la guerre, ce que j’ai préféré dans le roman. Ça et ce petit côté bon enfant très esprit années 80 qui ressort de temps à autre, un peu à la façon des Goonies se réjouissant ensemble d’avoir passé une épreuve…

Conclusion – À lire, vraiment, et en même temps…

Donc voilà, après l’exaltation, les retournements et la noirceur de Metro 2035, je me suis éclatée de bout en bout avec Armada, je me suis vraiment attaché au petit Zach, à sa quête héroïque et paternelle, et même à sa famille – mais chut, je vous gâcherais le plaisir sinon. J’ai retrouvé avec un certain enthousiasme certains éléments qui m’avaient charmée dans Player One il y a trois ans. En revanche, même si j’ai complètement adhéré au livre qui m’a bien amusée avec ses références filmiques et musicales de bon aloi, je pense que Cline aurait intérêt à se renouveler un peu à l’avenir, pour ne pas lasser. Le gaming est son créneau, certes, mais peut-être que s’éloigner de la nostalgie eighties ne nuirait pas…

Et même si je suis ravie que ses romans plaisent, l’enthousiasme soulevé par la sortie de Ready Player One au cinéma me pose également question: en effet, je vois de plus en plus de gens qui se foutaient de moi plus jeune parce que j’aimais Star Wars ou Trek, entre autre films SFFF des années 80 qui avaient bercé mon enfance, qui regardaient toute cette pop culture avec condescendance, en parler comme des connaisseurs, comme s’ils avaient toujours adoré ça. Et quelque part, j’aurais peur que l’œuvre de Cline, avec trop de références, n’en néglige la narration et ne vide ces univers de leur substance. Je ne dis pas que le « geekisme d’amateurs des années 80 » devrait rester un club fermé, mais le voir devenir un phénomène de mode m’irrite un peu quand je sais à quel point certains de ses nouveaux tenants ont pu se montrer méprisants avant. Et les voir maintenant biberonner tout ça sans vraiment gratter la surface, ça me… AH! C’est un sentiment personnel, bien sûr, et j’ai beau trouver le corpus cinématographie et musical des eighties fabuleux, tabler sur cette nostalgie sans chercher plus loin risque de se faire au détriment de la qualité, aussi je souhaiterais qu’on s’en éloigne un peu, pour qu’il garde son charme.

Aussi de grâce, Ernie Cline, on est en bonne voie niveau scénar avec Armada, ce qui était déjà le cas avec Player One, essaie de mettre le paquet là-dessus et pas que sur les références (quand bien même j’avoue que les petites références à Yoda et Tante Beru m’ont vraiment faite sourire!) et autres débats geek, un geek n’est pas que geek! Il n’en reste pas loin que j’ai passé un super moment avec cette histoire rythmée où un jeune homme que tous considéraient comme un loser vit l’aventure dont on a tous rêvé à un moment! Sur ce, je vous souhaite une bonne découverte et vous dis à bientôt pour de nouvelles chroniques livresques!

Blanche Mt.-Cl.


P.S.: Je tiens à m’excuser pour la qualité moindre de mes derniers articles, je suis dans une phase de fatigue assez intense, mon rythme du moment et les enjeux dans ma vie ne me laissent pas vraiment en paix. Donc j’espère que les choses vont tourner comme je le souhaite et me permettre de bientôt me détendre…

Le thé idéal: Un earl gray vert plein de peps.

Titre: Armada
Auteur: Ernest Cline
Éditions: Hugo Romans
Collection: Nouveaux Mondes
400 p.
Parution: Mars 2018
Prix: 19,95 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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