Légendes fantômatiques – La Légende de Sleepy Hollow (Washington Irving)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que tout roule pour vous ce week-end et que vous profitez d’un repos bien mérité!

Juin commence bien… Puisque je bouscule un peu mon programme de chroniques, comme ça m’arrive souvent ces derniers temps, pour vous faire un petit coucou sur la blogo… et pour vous parler d’un petit livre lu récemment. Il s’agit d’une lecture commune avec Isa du blog La Chambre rose et noire – je vous invite à aller lire son avis!

Il s’agit ni plus ni moins que de la célèbre nouvelle de Washington Irving, adaptée au cinéma par le non-moins célèbre Tim Burton: La Légende de Sleepy Hollow. Lecture qui nous emmène dans une bourgade des États-Unis de la fin du XVIIIe siècle…

Un instituteur épris de merveilleux

Dans la petite ville de Tarry Town, au milieu du Val Dormant – Sleepy Hollow en anglais, un instituteur de passage, Ichabod Crane, a pris ses quartiers. Consciencieux dans son métier et plutôt apprécié de ses élèves, il vit à tour de rôle chez différents habitants de la ville. D’allure étrange, vaguement ridicule et opportuniste, désireux de mener une vie confortable, il fait la cour à l’adorable Katrina van Tassel, fille d’un riche fermier de la région et convoitée par Brom, le gaillard fort du coin.

C’est sans compter sur les superstitions locales, auxquelles l’enseignant s’intéresse, dont la légende d’un Cavalier sans tête hantant les bois environnants…

Une histoire d’ambiance avant toute chose

Washington Irving (1783-1859), né à New York, est considéré comme l’une des premières grandes plumes de la jeune Amérique. Avocat de formation, mais très tôt passionné de littérature, il voyage en Europe dont les œuvres et les légendes le fascines, et entretient plus tard des rapports cordiaux avec de grands auteurs européens. Il débute sa carrière d’écrivain dans la presse des années 1800. Sa première œuvre, Histoire de New York racontée par Dietrich Knickerbocker, parue en 1819, le fait entrer dans le folklore new-yorkais avec son évocation des premières années de Manhattan au temps des colons hollandais. Mais c’est au début des années 1820 qu’il commet l’une de ses œuvres les plus célèbres, La Légende de Sleepy Hollow. Titre familier pour les fans de Tim Burton qui a adapté cette histoire, sortie sur les écrans en 1999. Alors, alors…

Que vous dire si ce n’est qu’il va vous falloir oublier Tim Burton et Johnny Depp, à l’époque encore jeune et fringuant?… Car s’il est une chose qui frappe dès les premières pages, c’est la description d’Ichabod Crane, et les différentes libertés prises par Burton avec l’œuvre originale.

Déjà, le protagoniste principal est certes de passage, mais instituteur et maître de chant, statut qui loin d’en faire un marginal malgré ses excentricités. Il est donc pleinement intégré dans la société locale, où il goûte particulièrement la compagnie des dames. Ichabod Crane est féru de littérature et aime à s’installer sous un arbre à lire des contes merveilleux, ou à écouter les légendes du coin, dont celles du Cavalier sans tête. Plus qu’un brave rêvant d’aventure, il est plutôt tranquille et rêve d’opulence et de confort au côté de la charmante – et potentiellement riche – Katrina van Tassel. Il n’a rien de la figure vaguement romantique de Depp dans le film, qui se découvre un courage insoupçonné face à des faits qui le dépassent. Et niveau sex appeal, on en est loin: le narrateur le compare à une grue – oui, oui, l’oiseau. Longue silhouette efflanquée, long nez comme le bec d’un oiseau, rêveries con-cons sur un futur confortable avec une petite femme bien riche. Si ses défauts agacent, il est néanmoins rigolo et un peu foufou, et l’auteur m’a mise dans sa poche en le comparant avec Don Quichotte – petite émotion pour moi qui me suis découverte fan de l’œuvre de Cervantès et de son personnage pété du casque… décidément mes fandoms ne me laissent pas en paix! – et en décrivant son cheval Poudre à Canon comme un « rossinante » 😍 (Et si vous avez loupé ma chronique sur « l’ingénieux hidalgo », c’est la fessée!)

Quant à l’intrigue, vous vous en doutez: s’agissant d’un format court, elle est beaucoup moins fouillée que dans le film de Burton. Il s’agit de ce que je qualifierais d’une nouvelle « d’ambiance ». Je m’explique: il y a au final très peu d’action, au profit de description, des lieux et des gens. Pour les alentours, la forêt qui a un profond et la fin reste très ouverte, et cette atmosphère très feutrée, distille une atmosphère très mystérieuse, qu’on affectionne dans le gothique, avec ces ombres indistinctes et ces langues de brumes qui ne sont pas sans rappeler les décors de la littérature romantique européenne. C’est assez séduisant, voire berçant, à l’image des impressions que l’auteur a voulu donner de la magie des lieux. Et parfois, c’est aussi flippant – expérience cruelle pour ce pauvre Ichabod chevauchant de nuit sur Poudre à Canon.

Pour ce qui est des habitants des lieux, on est toujours dans des caractéristiques de la veine romantique, avec cet amour du « pittoresque » – presque anthropologique, quand j’y pense: en effet, on entre dans une communauté spécifique, celle des colons hollandais avec leurs us et coutumes, leur style de vie et leurs tenues un peu surannées, leur richesse simple et proprette, leurs traditions et leurs légendes locales… dont celle du fameux Cavalier sans tête, fantôme d’un mercenaire hessois débarqué pendant la Guerre d’Indépendance,  mort décapité, qui reviendrait voler des têtes dans l’espoir de retrouver la sienne. Bref, une histoire de fantôme comme on les aime dans ce qui ressemblerait presque à un huis clos, tant cette communauté semble hors du temps et de l’évolution du monde. Et cependant, je suis un peu restée sur ma faim concernant la légende en soi, car le Cavalier sans tête n’y est pas très présent.

Conclusion – Intéressant… mais un peu sur ma faim!

Voici un récit court, à l’ambiance assez séduisante, sur lequel Tim Burton a beaucoup brodé – avec le brio qu’on lui connaissait. Mon petit regret, qui vient sans doute de la « courtesse » du récit, et de mes goûts personnels, est que j’aurais peut-être aimé voir l’intrigue de La Légende de Sleepy Hollow un peu plus fouillée et dark. Après, il faut savoir qu’on est en plein XIXe siècle et que les goûts et les attentes des lecteurs n’étaient pas les mêmes. J’aurais également aimé en savoir plus en introduction, sur la vie de l’auteur et le contexte de l’écriture de sa nouvelle, ainsi que sur ses œuvres. Aussi, je trouve assez dommage que le récit n’ait pas plutôt figuré dans un recueil de nouvelles, dans lequel on aurait pu le replacer, plutôt que d’être édité tout seul. Car je suis persuadée d’être passé à côté de quelques subtilités. Par ailleurs, je reste partagée concernant la fin: est-ce vraiment un récit fantastique? 😑 Après, si Washington Irving voulait qu’on se titille le cerveau à la fin pour le savoir, il a bien réussi son coup!

Ceci dit, La Légende de Sleepy Hollow est très agréable à lire et m’a fait passer un moment assez agréable malgré ces quelques petits regrets. J’espère donc vous avoir donné l’envie de faire un petit tour du côté du Val Dormant, en attendant ma prochaine chronique! ☺ Excellent dimanche à tous et bonne lecture! Et merci beaucoup à La Chambre rose et noire pour ce moment de lecture partagée!

Blanche Mt.-Cl.


Le thé idéal: Un earl gray à la bergamote de mamie pour aller avec le calme propret des sauteries chez les van Tassel.

Titre: La Légende de Sleepy Hollow
Auteur: Washington Irving
Éditions: Folio
Collection: Folio 2€
94 p.
Parution: Janvier 2018
Prix: 2,00 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

3 réflexions au sujet de “Légendes fantômatiques – La Légende de Sleepy Hollow (Washington Irving)”

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