Remise à plat avec la Force – The Last Jedi (novellisation par Jason Fry)

« The brighter the light, the darker the shadow. »

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

La couv’… qui reproduit mon affiche favorité du film!

Attention, attention… Fangirling: Episode III – Le Retour de la Geek. Et oui, Blanche Montclair la vieille geek a encore frappé. Ah nan! vous entends-je vous exclamer. La revoilà avec son foutu Star Wars! 😉 Et ouais, on ne change pas une équipe qui gagne, mes p’tit Jawas!

Retenez, chers lecteurs, mes adorables petits lecteurs, qu’aujourd’hui est un grand jour! Pourquoi?… Roulement de tambour. Eh bien tout d’abord parce qu’il s’agit ici de ma première lecture commune sur la blogosphère, initiée par Charmant Petit Monstre, que je remercie pour ce moment de lecture sous le signe du fangirling (mon Dieu, qu’est-ce qu’elle m’a faite marrer!). Et d’autre part parce qu’il s’agit de la novellisation officielle du dernier Star Wars, The Last Jedi. Car si je me suis un peu énervée sur le film après sa sortie, il a réveillé la Bête en moi, la fan de Star Wars et de storytelling qui se pose bien des questions sur le devenir des nouveaux personnages. Et aussi parce qu’avouons-le, je suis une grande sentimentale qui ne peut rester très longtemps fâchée avec Star Wars, et qui a nuancé son jugement quant à la chose.

Et c’est lors de ce fameux article dédié à mon shopping geek de janvier, que la rédactrice du blog Les Lectures du Monstre, aussi atteinte que moi (enfin je crois), m’a proposé cette lecture commune. Vous avez sans doute eu un aperçu de ses commentaires dans mes articles dédiés à la Force!  Je ne pouvais qu’accepter… ☺ Je l’en remercie, quand bien même je me sens un peu cruche, déjà que je n’ai pas besoin de ça pour planer à des années-lumières dans d’autres galaxies! À l’heure où l’on commence à parler de la novellisation des Derniers Jedi, qui a provoqué tant de réactions tranchées, sur les sites geek, j’ai décidé d’en parler, non de manière dépassionnée (moi, dépassionnée, la bonne blague!), mais à tête reposée et en mode cool. Je vous ramène donc, encore une fois, dans une galaxie lointaine, très lointaine, pour une chronique un peu plus approfondie et non-entâchée par mon désarroi de décembre… Préparez-vous car tout ce que je n’ai pas pu dire sera ici, ce sera fait avec sincérité et bizarrement, de l’enthousiasme… mais aussi des GIFs!

Et maintenant, unleash the Geek! Vitesse lumière vers une exégèse starwarsienne débridée!

Petit rappel du pitch…

Rien ne va plus pour la Résistance: débusqués par les troupes sur-entrainées et plus nombreuses du Premier Ordre, dirigés par le Suprême Leader Snoke, la générale Leia Organa, le pilote Poe Dameron et leurs compagnons résistants doivent quitter leur base au plus vite. Ils fuient à bord de quelques vaisseaux, mais le vaisseau amiral et la flotte de Snoke, est parvenu à les suivre à travers l’hyper-espace. Tout nouveau saut est impossible, les croiseurs des résistants manquant de carburant et ne pouvant plus compter sur la vitesse lumière pour s’échapper. Snoke espère les anihiler, avec l’aide de son bras armé Kylo Ren, et du commandant de ses armées, le Général Hux, et retrouver Luke Skywalker, le légendaire maître Jedi disparu, sur qui compte la Résistance pour lui redonner espoir…

Pendant que Poe Dameron, Finn l’ancien stormtrooper rallié à la Résistance et leur nouvelle amie Rose, technicienne à bord du croiseur Raddus,  se lancent dans une mission désespérée pour sauver ce qui reste de la Résistance, la jeune Rey est partie rejoindre Luke Skywalker. Afin de le ramener à la Résistance et de mieux comprendre ce pouvoir qui s’est réveillée en elle, qui lui a permis de vaincre Kylo Ren à la fin du précédent opus. Mais à l’arrivée sur Anch-To, la planète océanique où s’est réfugié Skywalker, elle découvre que le maître Jedi s’est fermé à la Force et refuse de la suivre. Insistant auprès de lui, elle parvient à lui soutirer quelques leçons pour mieux appréhender cette Force qui l’habite. Ce faisant, elle découvre une étrange connexion mentale avec son terrible ennemi Kylo Ren, ainsi que le secret qui lie le jeune homme à Skywalker…

Pourquoi l’avoir lu?

Malgré mes réserves quant au scénario du film, j’avais très envie de me coller à sa novellisation, comme je l’avais fait avec celle de l’Épisode VII, qui m’a valu quelques moments sympas, dont quelques révélations, ou autres scènes complétant certaines ellipses du film. Aussi, comme cette première expérience de la novellisation filmesque m’avait bien plu, et comme j’avais très envie d’y voir plus clair concernant l’Épisode VIII, sur lequel je me suis quelque peu radoucie après réflexion… Vous pouvez imaginer le plaisir que m’a fait la proposition de lecture commune de Charmant Petit Monstre. 😃 Et en bonnes fans, pas possible d’attendre la sortie du livre en français: la lecture s’est faite tout en anglais. Tout comme pour le précédent opus, j’ai lu le roman en loucedé, entre minuit et deux heures du matin, ou entre neuf heure et onze heures (sous couvert de grasse mat’) dans ma chambre, ou pendant que le reste de la famille était occupée à regarder du rugby. Un petit goût de transgression – ouais à trente-et-un ans, faut quand même assumer le regain de fangirling devant la famille – qui m’a valu un bon kiffe. 😉

Et je redis sur cette histoire ce que je pense de ce film: même si les personnages secondaires ne sont pas mis en valeur, tout n’y est pas à jeter. Tout d’abord, je n’ai rien contre la nouveauté, au contraire, car au vu du nombre de films prévus, il vaut mieux chercher la nouveauté au risque de tourner en rond… Il y a de très bons éléments dans le dernier Star Wars. C’est juste que c’est mal goupillé, et c’est ce qui me frustre le plus!… Avec des personnages CANONNISSIMES mais mal exploités, des enjeux inédits. Si j’avais peur que Disney édulcore quelque peu cet univers, j’avoue que mes craintes ne sont pas justifiées pour le moment: on n’a certes pas de membres tranchés comme dans les anciens films, mais il reste une noirceur latente (on assiste quand même à un parricide dans l’Épisode VII, faut pas déconner!), et un manichéisme peut-être moins prononcé que dans la vieille Trilogie qu’on aime. Bref, The Last Jedi reste un opus assez sombre dans son genre.

Malgré une écriture qui n’a rien d’exceptionnel, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire The Last Jedi. Il ne m’en reste pas moins quelques petites frustrations, comme le traitement des passages côté Résistance, un peu longuets, et du traitement des personnages de Poe, Finn l’ancien stormtrooper passé à la Résistance et leur nouvelle amie Rose, qui font pâle figure face à des figures charismatiques comme Luke Skywalker, Rey et Kylo Ren, l’antagoniste ambigu de la Postlogie. C’est bien dommage car Poe (quand même irritant de par son arrogance), Finn et Rose prennent de grands risques pour la cause qu’ils défendent, faisant acte d’un réel héroïsme. Après, par goût personnel comme vous vous en doutez, mon intérêt se porte surtout sur le « Triangle de Forceux » (Luke-Rey-Kylo). ☺ Mais tout de même, j’ai apprécié de retrouver tout ce petit monde et cette saga qui me fait rêver depuis l’enfance… d’autant plus que la novellisation, si elle reprend surtout les lignes du film, apporte quand même un approfondissement de ses thématiques, ainsi que quelques petits éléments qui l’éclairent. Il peut paraître malheureux de devoir lire un livre pour apporter des compléments, mais je n’allais pas bouder mon plaisir de fan. 😉

Tout d’abord, quelques scènes en plus au début permettent de savoir ce qui s’est passé entre les deux films: petit hommage funéraire à Han Solo par Leia (ben oui quand même, la Générale est aussi une femme qui vient de perdre l’amour de sa vie, calamiteusement tué par un autre amour de sa vie!), présentation de Paige et Rose, les deux sœurs Pico, et le décollage précipité des vaisseaux de la Résistance avant qu’ils ne puissent refaire le plein… Bref, on peut reconstituer le fil de ce qui s’est passé, tout comme on comprend mieux les liens entre les différents protagonistes – par exemple Poe, dont les parents étaient pilotes dans l’Alliance Rebelle à l’époque de l’Empire, et qui connaît Leia depuis son enfance. Quelques trous sont également bouchés – on comprend que si Rey épargne Kylo Ren à la fin, ce n’est pas uniquement par bienveillance, et j’y reviendrai. En revanche, si on plonge plus en avant dans les émotions de Leia (dont une scène vraiment émouvante), de Rey, ce qui me l’a rendue vraiment plus sympathique que dans le film, de Luke… ma petite frustration à ce niveau est que j’aurais bien voulu voir un peu mieux ce qui se passait dans l’esprit torturé de Kylo Ren.

Bref, un re-visionnage du film va s’imposer quand le Blu-Ray va sortir… Toute seule, dans le noir, en V.O.! 😃 Mais voyons plus en avant de quoi il retourne!

Culte et chute des héros

S’il est une chose à retenir de The Last Jedi, c’est que les héros d’antan y sont particulièrement malmenés, quitte à écorner leur image. Quitte à ce que cela devienne perturbant, même si certain le prennent comme une évolution vers plus de maturité dans la saga. Développons. Dans Le Réveil de la Force, on a vu Han Solo retourner à ses vieux travers pour oublier le retournement de son fils et connaître une fin calamiteuse. Ici, on retrouve une Leia et un Luke vieillissants. Pour la Résistance en butte aux attaques du Premier Ordre, le frère et la sœur restent de véritables héros au passé incroyable, dont la légende est restée avec les années: Luke, le Chevalier Jedi qui a vaincu l’Empire en ramenant à la lumière son père Darth Vador, Leia, l’altesse courageuse entrée dans la Rébellion dès son adolescence, qui a subi des tortures et assisté impuissante à la destruction de sa propre planète.

Il est d’ailleurs intéressant de voir, en début de livre, Mamie Leia réfléchir aux reproches que la Nouvelle République adressait à la Résistance: que celle-ci obéissait à un culte de la personnalité, en somme celle de Leia en tant qu’ancienne héroïne de la Rebellion. C’est que l’Altesse – enfin la Générale, comme elle veut être appelée – en a encore sous le capot! Elle a toujours ce sens de l’humour et de la répartie décapant, envoyant ses petites vannes à Poe ou à ce malheureux C-3PO. C’est ELLE, sa figure, son aura, qui motive ses troupes. C’est un fétiche, la « Maman » des résistants. Quelle pression pour cette femme, certes toujours révoltée et éprise de justice, mais lasse des combats et des pertes. Et surtout, sujette à un profond chagrin en tant qu’épouse et mère: son fils Ben, doté du pouvoir phénoménal de la lignée des Skywalker, qu’elle a eu avec Han Solo, s’est retourné contre sa famille et a basculé du côté obscur, a changé son nom pour Kylo Ren, a détruit le temple Jedi où Luke lui enseignait et assassiné son père. On ne peut que compatir à la peine de Leia qui a perdu son époux et son fils, et qui a éperdument besoin de la présence de son frère exilé.

Je l’ai finalement trouvée plus humaine, plus émouvante (quand bien même on la voit peu dans l’histoire), en découvrant derrière la guerrière fougueuse et bad-ass une personnalité sensible, qui lutte contre le désespoir après avoir perdu ceux qu’elle aime. Une scène dans le film m’avait émue, m’a encore plus serré le cœur dans le livre: celle où sentant sa présence dans le vaisseau de la Résistance, Kylo Ren n’avait pu tirer… Le lien entre la mère et son fils y est plus développé, plus parlant. De quoi me foutre franchement les boules, lorsque Leia, reconnaissant le « soundless scream of rage and need » caractéristique de son fils, se souvient de sa grossesse, de Ben bébé, enfant suivant son père dans le Faucon Millenium et jouant avec ses dés porte-bonheur (je me doutais qu’il y avait un souvenir lié à ça quand à la fin du film, Kylo Ren ramasse les dés de son père! 😢 J’en étais toute retournée!), adolescent sombre et solitaire aux colères dévastatrices. Et maintenant, un jeune homme pour qui elle s’inquiète encore, malgré les atrocités qu’il a commises. Un moment vraiment fort et terriblement touchant. 😭

Autre héros en proie au doute et à la culpabilité, suite à l’éclatement de sa famille et aux conséquences de celle-ci: Luke Skywalker, qui incarne parfaitement la faillibilité du héros. On connaissait le fringuant blondinet désireux de quitter son trou sur Tatooine, pressé d’aller sauver la princesse et d’en découdre avec les troupes de l’Empire, jeune aspirant Jedi persuadé qu’il existe encore une part lumineuse en Vador, et sauveur de la Galaxie… Personnellement, si j’étais amoureuse de Han Solo 😏 j’adorais le p’tit Luke que je trouvais très « jeune héros au cœur pur ». Il incarnait pour moi la coolitude ultime avec son beau-frère Han, et avec le jeune Obi-Wan Kenobi de la Prélogie. Il y avait donc fort à parier, dans Le Réveil de la Force, que Papi Luke était parti pour une bonne raison et n’attendait qu’une autre bonne raison de rejoindre sa frangine Leia et de re-dégainer le sabre laser.

Et là… BIM! Cette pauvre Rey est accueillie comme un chien dans un jeu de quilles. L’ignorant ostensiblement ou se montrant sarcastique avec la jeune femme, il dégage une amertume telle que pour ma part j’ai détesté ce côté vieux con fermé comme une huître qui se terre et mène une vie d’ermite-trappeur au sommet de son île. On lui en veut de laisser tomber sa sœur Leia au pire moment pour la Résistance. Contre toute attente, la novellisation The Last Jedi m’a réconciliée avec Luke qui m’avait tant déçue dans le film. Et oui… Même si je trouve indigne de lui de s’être coupé de tout le monde et de ne pas avoir tenté de terminer proprement le boulot avec son neveu, on appréhende mieux son amertume, sa culpabilité, vis-à-vis de sa sœur qui lui avait confié Ben et face à qui il semble avoir trop honte de paraître. Ainsi que sa peur face à la réceptivité de Rey à la Force, qu’il n’avait perçue que chez son neveu. Expérience qui l’a tout de même échaudé, au vu des conséquences terribles que celle-ci a eu auparavant.

La réflexion de Luke se porte ici sur l’orgueil du héros. Luke assène à Rey qui le presse de lui enseigner comment maîtriser son pouvoir et de rejoindre la Résistance, qu’il a échoué parce que justement, il était une « légende », et se croyait assez fort pour atteindre son neveu tourmenté et le ramener sur le bon chemin, et pour éviter une catastrophe. En effet, il a voulu éliminer le garçon dans son sommeil après avoir entrevu un futur sombre de son fait – mais la victime s’est réveillée, et le lui a fait chèrement payer en brûlant le temple avant de s’enfuir. La question est donc la suivante: a-t-il pu, en s’octroyant le droit de tuer Ben et le punir pour des actes non-encore commis, provoquer cette tragédie qu’il voulait absolument éviter?… Plus loin dans le livre, on comprendra, à travers Snoke et à travers Rey, que le futur et les visions sont fluctuantes, fruit des circonstances, des désirs ou des craintes qui agitent celui ou celui qui les a. Ainsi, rien n’est jamais définitif: Luke a peut-être terriblement blessé son neveu pour que dalle, tout comme l’optimisme de Rey l’a amenée à surestimer la capacité lumineuse de Ren et tout comme Snoke s’est peut-être trompé sur le destin grandiose de son apprenti. Nous y reviendrons.

Finalement, cet opus traite nos héros comme des humains, qui s’ils ont réussi en tant que sauveurs de la Galaxie, culpabilisent pour s’être plantés sur un plan personnel: pour l’échec affectif complet avec le gamin et ses conséquences désastreuses. Chacun a géré ça comme il le pouvait… L’une a tout donné dans la Résistance, et l’autre s’est terré sur une île à l’autre bout de la Galaxie. Pourtant, à la lecture et à la redécouverte de l’histoire, je perçois mieux la quête de rédemption de Luke dans la dernière partie. Envers la Résistance (enfin, ce qu’il en reste…), envers sa sœur et dans une certaine manière envers son neveu dont je me demande s’il n’est pas finalement parvenu à l’atteindre. La suite nous le dira.

Mais les vieux héros ne doivent-ils pas chuter pour laisser une place aux nouveaux sur le piédestal?

Une relation forte entre les antagonistes

« I know everything I have to know about you, » she countered, taken aback.
« You do? », he asked, and peered at her, eyes intent. « You do. You have this look in your eyes from the forest, when you called me a monster. »
He came within a meter or two from Rey, and she wondered what would happen if she refused to move and they intersected. Would she find herself in his mind again, and have to endure his presence in hers? Could they actually touch, across a galaxy?
« You are a monster », Rey said, remembering the terror of her paralysis on Takodana.
She stared back at him – and found his eyes full of hurt. Hurt – and conflict.
« Yes, I am, » Kylo said, and there was no menace in his voice – only misery.

S’il est une chose qui marque, une configuration inédite, sans doute l’élément le plus fort de The Last Jedi, c’est la connexion mentale entre les deux jeune antagonistes de l’histoire, à savoir l’héroïne Rey et Ben Solo alias Kylo Ren, véritable phénomène de la Postlogie. En effet, il introduit une figure d’antagoniste un peu plus complexe, personnage charismatique dont beaucoup sont fans malgré son côté foireux et ses coups d’empaffé – mais ça, vous savez déjà que c’est mon chouchou. 😀 Car si j’étais hormonalement attachée à Han Solo, je le suis viscéralement à son fils qui me touche comme jamais aucun personnage de Star Wars ne l’avait fait, au point que ce petit con m’a mis la larme à l’œil à l’occasion (j’ai définitivement un truc avec les Solo, moi…). Et The Last Jedi nous offre quelques moments très forts avec ce lien existant entre la fougueuse et optimiste Rey et cette véritable furie qu’est Ben/Kylo, avec pour point d’orgue ce combat qu’ils mènent côte à côte face aux Prétoriens de Snoke. Je vous présente donc Ben Solo, car c’est bien dans The Last Jedi que l’on fait connaissance avec ce garçon qui se cache sous le masque de Kylo Ren, et la vaillante Rey…

Commençons par les points communs entre les deux principaux protagonistes de cette PostlogieD’une part, ils sont jeunes, représentent l’avenir, et j’avoue m’y être attachée. Ce n’est pourtant pas facile de passer après Luke, Han 😍 (arrête de te laisser déconcentrer, Blanche) et Leia. Un point qui les lie, et non des moindres, est leur immense pouvoir. Ben Solo alias Kylo Ren a appris à le maitriser, tandis que Rey le découvre en elle, brut… ce qui suscite en lui cette fascination dès l’Épisode VII (c.f. novellisation). Après tout, comment ne pas respecter un minimum celle qui lui a collé une déculottée en pénétrant dans son esprit et en lui refaisant le portrait?
Également, une grande opiniâtreté… Ils ont certes des motivations différentes, mais s’il est une chose qu’on doit leur reconnaître, à l’un comme à l’autre, c’est que lorsqu’ils ont une idée en tête, eh bien… ils ne l’ont pas ailleurs. Ce qui est parfois assez amusant quand ils essaient de ramener l’autre à ses vues, et ce qui est plus tragique quand cela mène à tuer Han Solo – même pas par haine!
Autre chose, une profonde solitude. Rey n’a pas été gâtée niveau affection puisque ses parents l’ont abandonnée petite fille sur Jakku, ce qui l’a condamnée à faire ferrailleuse pour survivre… Elle n’en a donc jamais rien attendu, tout en souhaitant éperdument leur retour avant de finalement rallier la Résistance… et de chercher des guide en Han Solo, puis en Luke Skywalker, afin de trouver sa place et appréhender un pouvoir qui l’effraie. Quant à Ben, passé du Côté Obscur, il en a gros sur la patate. Outre le conflit avec son oncle Luke qui a été révélé dans le film, cette scène qui m’a tant émue, lorsqu’il n’arrive pas à tirer sur sa mère, revient sur les pénibles souvenirs d’enfance de Ben Solo: la puissance de son pouvoir qui effraie ses parents, et ses colères dévastatrices, les conversations secrètes de Leia et Han ne sachant que faire de lui qui l’ont fait se sentir comme un monstre, le sentiment de trahison lorsque ceux-ci, se sentant incapables de le gérer, l’envoient chez Luke qui tente de le tuer. Pas cool.
En quelque sorte, avec Rey et Ben, ce sont deux solitudes qui se trouvent dans cette connexion mentale, à un moment où l’un et l’autre ont besoin d’une oreille attentive: elle car elle cherche à décrypter le comportement de Luke qui la rejette ainsi que celui de Ren qui a tué un père qui l’aimait, lui à un moment de vulnérabilité extrême où il est dévasté par le terrible acte commis.

L’intimité qui s’établit entre eux est d’autant plus étonnante que malgré leurs points communs, ils offrent un contraste saisissant au début de The Last JediRey est combattive, optimiste et pleine d’espoir lorsqu’elle arrive sur Anch-To pour trouver Luke, désireuse d’apprendre et d’aider la Résistance. Elle est pleine d’une énergie qui fait plaisir et ne se laisse pas démonter par le rejet de Luke. Rien n’émousse sa détermination, qu’il s’agisse de vouloir maitriser son pouvoir ou d’en savoir plus sur ce qui a amené Ben Solo à basculer.
Ben Solo. Notre « biche aux abois »: cette personnalité détruite en proie à des conflits, gibier de choix, l’animal de race, que tous s’arrachent du fait de son potentiel supérieur, qu’il s’agisse de Snoke ou de Rey. Au début de The Last Jedi, et pendant une bonne partie de l’histoire, notre longue carcasse ténébreuse aux grands yeux tristes n’est qu’une loque, un enjeu plus qu’un acteur des événements. À sa décharge, il s’est mangé un carreau d’arbalète (explosif) dans le buffet, a subi un lifting au sabre laser… et il a tué son père, ce qui, quoi qu’on en dise, l’a anéanti, d’autant plus qu’il ne l’a pas fait par haine. « The deed split your spirit to the bone », comme lui dit Snoke. Symboliquement, c’est une part de lui-même qu’il a tuée, et sans doute a-t-il plus envie de chialer sous son masque que de retourner au combat. Dans le roman, on parle de Ren de plusieurs façons. Pour Luke, « Kylo Ren was just a shell around the same broken boy he had tried to reach ». Rey qui combat à ses côtés, le voit comme « a beast finally freed to confront its tormenters » (ma description favorite😍). Et c’est un fait: Ben Solo / Kylo Ren est une bête blessée, dont la force brute et la rage aveugle n’ont d’égales qu’une vulnérabilité qui fait mal. Instinctif et impulsif, l’animal cherche à se venger, quitte à péter un câble pour rien et à se laisser déconcentrer. C’est la bête de Snoke, qui n’hésite pas à le rabaisser, voire à utiliser la violence physique pour mieux le garder à sa botte. C’est peut-être pour ça que Ben Solo a tant de fans: il n’y a rien de calculé chez lui, il agit à l’instinct et à l’instant.

Autre différence notable entre nos deux jeunes Forceux, leurs motivations. Rey, si elle aimerait savoir qui elle est et la façon d’utiliser son pouvoir, poursuit des buts altruistes: car elle espère, avec l’aide de Luke, aider la Résistance en lui ramenant son héros et son espoir… et sauver Ben Solo du côté obscur, dès lors qu’elle perçoit en lui une lumière que personne ne voyait plus. Là encore, elle ne le fait pas seulement par compassion, mais parce qu’elle pense que son éventuel retournement contre Snoke pourrait marquer un tournant dans la guerre opposant la Résistance au Premier Ordre, et en bonne chasseresse, se lance à la poursuite de la biche. 😎 Ben Solo, lui, poursuit sous le masque de Kylo Ren une quête égoïste de revanche sur tous ceux qu’il accuse de l’avoir fait souffrir – ses parents, son oncle, et même Snoke, son suzerain, lorsqu’il comprend que celui-ci s’est joué de lui – pour rompre avec son identité de Ben Solo, un garçon selon lui trop faible pour faire face à ses souffrances et réaliser son potentiel. Son leit motive: rompre avec le passé, même s’il faut pour cela rompre de manière radicale ses liens affectifs avec autrui.
Enfin, Rey, parce qu’elle a toujours dû ne compter que sur elle-même, est auto-suffisante, et quand bien même elle s’est attachée à des figures paternelles comme Han Solo ou Luke Skywalker, elle donne l’impression de réaliser qu’elle n’a besoin de personne. Et son pote en noir, lui… c’est un dépendant affectif, en quête de reconnaissance depuis que ses parents l’ont largué chez Luke. C’est la brèche dans laquelle s’est engouffré Snoke pour en faire sa créature. Surtout que l’affection semble marcher sur lui, c’est ce qui semble encore le lier, de façon ténue, à la lumière: je reste persuadée que dans l’Épisode VII, touché par son approche, il avait l’intention de rendre son sabre à son père et de repartir avec avant que ce BEEP de soleil se cache. Et puis zut, quoi, en sentant sa mère si inquiète à son sujet, il n’a pas pu tirer sur elle! Aussi, à certains moment, je me suis vu regretter que Rey n’aie pas eu les mots assez justes pour le faire fondre.

La relation entre Ben Solo/Kylo Ren et Rey est absolument détectable à suivre, et on en aurait bien repris quelques morceaux. Même si d’aucuns jugent que Kylo Ren a tenté plus d’une fois de manipuler Rey, qu’il ait pu lui mentir sur son ascendance, je ne peux m’empêcher de penser que leurs échanges sont la plupart du temps sincères – en témoigne ce terrible aveu de Ben qui reconnaît être un monstre, ou à mots couverts, qu’elle compte pour lui, chacun d’entre eux attendant quelque chose de ce lien particulier. Après tout, ils ont eu accès à l’esprit de l’autre, et l’estime, voire une certaine affection, n’est pas à exclure. Cerise sur le gâteau: dans la novellisation, on voit Ren SOURIRE lorsqu’il accueille Rey sur le Supremacy, et lorsqu’elle le taquine! Sérieusement! Elle a fait sourire Kylo Ren, le mec le plus désespéré de la Galaxie! ( 🎉 Champagne! 🎉 Bière corellienne! C’est le moment de se mettre une bonne grosse race!)

« You have no place in this story, » he said. « You come from nothing. You are nothing. »
And then his eyes softened.
« But not to me. Join me. Please. »

(L’une de mes répliques FAVORITES dans le livre, et dans le film! 😍 Il me demande ça, en me regardant comme il la regarde, je le suis DIRECT 😍 en me réservant le droit de le briser d’un mot, question de survie quand on saute dans un trou noir…)

Ceci dit, il semble que chacun d’eux ait à la fois eu raison et tort l’un sur l’autre: oui, Ben s’est retourné contre Snoke, son maître et tourmenteur, et Rey s’est battue à son côté, mais cela ne les amène pas à s’allier à long terme. Ren refuse à nouveau Ben, ce gamin faible qui s’est fait avoir sur toute la ligne, et affiche une volonté farouche de rompre avec le passé – avec son identité, avec ces souvenirs qui le font souffrir, avec ces gens et ces institutions si décevantes qui ne lui apportent rien – mais nulle froideur quand il demande à Rey de le rejoindre. De quoi désarçonner le spectateur ou le lecteur, surtout lorsqu’il jure à Luke de la détruire – en fait, pour moi, il lui en veut plus pour l’avoir laissé tomber lui (ah cette dépendante affective, elle lui a juste touché la main et il s’y croit déjà!), de l’avoir laissé seul, que pour avoir rejoint la Résistance.
Il est un point-clé de cette histoire que le film n’a pas développé, mais qui éclaire quelque peu les choix de Ben et de Rey dans la dernière partie. Dans une longue scène de réflexion de la part de Snoke, dont on apprend plus ou moins les origines et les motivations, et dans cette scène où Rey, après avoir abandonné Ren à son sort, décide de ne pas le tuer. Il y est question des visions d’avenir liées à la Force, du Côté Lumineux ou Obscur – les visions fluctuantes auxquelles je faisais allusion dans la partie dédiée à Luke, du rôle et du futur incertain de Ren, qui est né avec un don exceptionnel: une propension égale à l’Obscur et au Lumineux. Il est possible que Luke ait eu de terribles visions du futur de Ben à cause de ses craintes et à cause de ce qu’il s’apprêtait à lui faire, tout comme Rey l’a vu se dresser contre Snoke parce qu’ils étaient en osmose à ce moment-là, et qu’il était assez malheureux d’être un monstre pour désirer ne plus en être un. Quid s’il n’avait pas appris que cette connexion mentale n’était qu’un coup pendable de Snoke?… Rey sort de cette épreuve en phase avec elle-même, sentant que Ren comprendra lui aussi qu’il n’a pas à faire de la Force un outil à plier à sa volonté, mais qu’il en est l’instrument. Aussi un espoir semble permis… même s’il a été plus facile de se défaire de l’emprise de Snoke que de celle du Côté Obscur, où Ben a plongé à cause de « his own furies », comme dirait sa mère! Ah reprends-toi mon gars! 😣

Ceci dit, il est possible qu’il est d’autres chats à fouetter que Rey pour son début de règne. Et sur ce point, je vous gardais le meilleur pour la fin dans les révélations de cette novellisation! Parce que pour le coup…

Un génie du Mal sans la Force?

Je me devais de vous garder cette surprise, de vous en parler, car c’est peut-être « une nouvelle qu’elle est bonne ».

Entre Snoke qui est mort et Kylo Ren qui a pété un méchant boulon, on pourrait avoir l’impression que le Côté Obscur a du plomb dans l’aile, et qu’il ne nous reste aucun méchant digne de ce nom qu’on aimerait, qu’on ADORERAIT détester. Eh bien au final, je crois qu’on le tient. Car il est une chose CAPITALE sur laquelle le film nous a baladés, voire complètement trompés: non, le général Armitage Hux n’est pas un bouffon. Et celle-là, avouez qu’on l’avait pas vue venir! Allez, on se lève tous pour le Général! Hux aura donc droit lui aussi à son GIF du kiff! 🎉 Bienvenue parmi mes GIFables, mon Hux, tu l’as mérité! 🎉

Mais qui est vraiment cet enfoiré d’Hux? Armitage Hux commande les armées du Premier Ordre, sous les ordres directs du Suprême Leader Snoke, dont il méprise la créature, Kylo Ren. S’il n’est pas un militaire de talent, c’est un adepte de la force brute (tiens, tiens, ça ne vous en rappelle pas un autre?), du surnombre et des applications technologiques de folie comme la base Starkiller ou le traçage des vaisseaux à travers l’hyperespace, débordant d’une ambition et d’un orgueil démesuré. Des défauts qui plaisent à Snoke qui, s’il n’a pas une grande opinion du bonhomme, tout comme les autres militaires du Premier Ordre, y voit une aubaine pour parvenir à ses fins (comme les défauts de tout le monde d’ailleurs). Eh bien finalement… l’ami Hux est certes un sale con suffisant qui a fait le geste de tuer Ren inconscient (décidément ce mec ne peut pas pioncer tranquille!), mais il en a bien plus dans le citron qu’on le pensait.

Outre son cursus et son appartenance à une ancienne famille militaire de l’Empire, Armitage Hux et son père ont participé à l’élaboration politique et technologique du Premier Ordre. Le vaisseau Supremacy, véritable capitale volante avec ses soixante kilomètres d’envergure, avec ses ateliers, ses hangars à vaisseaux, ses laboratoires de recherche et son armement de ouf, c’est en partie leur œuvre. Hux a une vision politique à long terme. Le plus grand rêve de Hux, c’est de rompre avec le passé, en faisant du  Premier Ordre une entité forte, plus forte que l’Empire en lui évitant ses faiblesses. Et comme de juste, il est persuadé de savoir comment faire, et est prêt à tout pour y arriver. À écarter ses rivaux, s’il le faut – ce qu’il ne s’est pas gêné pour faire, même avec son père. Entre ce parricide et cette envie de rompre avec le passé, il pourrait être copain comme cochon avec Kylo Ren, s’il n’y avait une grande différence de style. 

Car autant Ren se laisse facilement déconcentrer par ses émotions et buts personnels, autant Hux est – cerise sur le gâteau 🎉 – un p****n de politicard et de sociopathe de haut vol, un animal à sang froid. On pensait que Ren le méprisait car c’était une petite merde incompétente. En fait, Ren s’en méfie car il le sait capable de tenter quelque chose contre lui dès qu’il en aura l’occasion – ce qui est quand même rassurant quant à la lucidité de Ren… l’honneur est sauf pour ses fans. Celui qui méprise le plus l’autre est Hux, qui ne supporte pas la créature trop émotive de Snoke, et ne se sent lié par aucune loyauté une fois Ren devenu Suprême Leader, sur un bobard pondu en vitesse pour s’en sortir. Et ça, ça risque d’être savoureux si les scénaristes le prennent en compte dans le prochain opus… d’autant plus que nous aurions notre premier vrai Génie du Mal sans Force! 🎉 Avec derrière lui une armée, des moyens, des idées… Ça mériterait de sabrer (au laser, mouhahahahaha!) le champagne. Ce serait tout de même innovant et « mature », que d’admettre que le Mal n’a pas besoin d’un potentiel surnaturel pour se manifester, mais qu’il peut émaner d’un être ordinaire, pour peu qu’il soit méthodique est froid. Tout comme il n’a pas besoin de masque ou de grande capuche.

Pour ma part, je pense qu’au vu de l’état de Ben Solo/Kylo Ren à la fin de l’histoire, plus désemparé qu’autre chose, il serait facile de profiter d’un de ses petits moments d’inattention pour se glisser derrière son dos et lui tirer dessus à bout portant… Ça rajouterait un peu de piquant… 😏 J’dis ça, j’adore Ren, hein, mais enfin, malgré son pouvoir il n’a pas toujours des choix heureux et pour le moment il n’a rien fait qui prouve qu’il ferait un bon leader. S’il n’avait pas une idée grandiose, il pourrait ruiner la vision de son général. Et ça, Hux ne le supporterait pas.

Un tel  rififi entre Ren et Hux, c’est peut-être le répit dont la Résistance aurait besoin pour se refaire, l’impulsivité de Kylo Ren freinant la redoutable efficacité de Hux. Ou le coup de pied au cul dont Ben Solo aurait besoin pour reprendre ses esprits et briser la carapace Kylo Ren… Prions donc pour qu’Hux nous mette un peu d’ambiance prochainement.

D’ailleurs, qu’attendre d’un prochain épisode? Attention, c’est le quart d’heure spéculation!… Et croyez-moi, je suis très, très forte à ce jeu!

Quelles perspectives scénaristiques?

À la fin de cet opus, de nombreuses questions se posent… Le problème principal étant que malgré quelques petits éléments qui pourraient ou non nous donner de l’espoir, on a l’impression que trop de choses sont en suspens, que l’histoire commence à peine et j’ai terriblement peur que le final soit bâclé et que tout arrive trop vite! Maintenant il serait temps que les personnages et les configurations cessent de « promettre » pour démarrer vraiment. Bon Dieu, offrez-nous un final de folie! Qui nous bluffe! À la hauteur des personnages et des enjeux!

Commençons avec deux-trois éléments glanés sur le net… Avant la sortie de la novellisation, d’aucuns prédisaient un affrontement épique entre de nouveaux Jedi formés par Rey et les hordes terribles des Chevaliers de Ren (en fait j’avoue que je m’en fous de ceux-là – surtout qu’ils doivent être six à tout péter) sous l’égide de Kylo Ren complètement sombré et irrécupérable, le tout assorti d’une romance entre Rey et Poe. Non mais au secours, merde! Poe est un kéké qui peut être très sympa, je le reconnais, mais… mais… NAN! Je m’y refuse corps et âme! Il est trop lisse! D’autres prédisent aussi un retour de Snoke. Personnellement, je pensais que ça redonnerait du souffle à l’histoire (eh pourquoi pas, n’oubliez pas que Darth Maul n’était pas mort!) et permettrait de sauver les meubles, mais au vu de ce qui s’est dit dans le livre, je n’en suis plus si sûre maintenant. En espérant que les scénaristes de l’Épisode IX en tiennent compte!

Pour résumer, on nous laisse à la fin de l’histoire avec:

  • La Résistance qui tient dans le Faucon Millenium, en route vers la bordure extérieure,
  • Ren, devenu Suprême Leader, à genoux parterre regardant les dés de son père se volatiliser dans sa main,
  • Hux qui médite fort probablement un coup fumeux, une mutinerie et pourquoi pas une nouvelle arme… (tiens, une arme qui fonctionne à la Force?…)

Que faire avec ça?… Dans la configuration la plus simple (je pense aux élucubrations d’Hitek), Ren est effectivement irrécupérable – ce qui serait dommage au vu du potentiel du personnage. Hux devient son allié de circonstance, et tous deux cherchent à détruire ce qui reste de la Résistence, avec Rey au passage parce que la donzelle n’a pas voulu rester. Ou bien au dernier moment, genre cinq minutes avant de crever, Kylo Ren nous fait un coup d’éclat en réalisant à quel point il s’est fourvoyé, en mode Vador. Un peu dommage, un peu facile. Surtout que malgré ses défauts, la Postlogie a quand même fait montre d’un certain désir d’innovation, après qu’on ait reproché au scénar de l’Épisode VII de trop ressembler à celui du IV.

Quant à la Résistance… à dire vrai, j’ai du mal à imaginer ce qu’ils pourraient devenir, et comment on va nous expliquer l’absence de Leia, puisque la divine Carrie Fisher est retournée à la Force. Et j’imagine très mal les gus vivant pendant deux ou cinq ans dans la clandestinité, sur des mondes exotiques, enterré dans des grottes ou au fin fond de la jungle. En vrai, je me demande si, comme pour The Last Jedi, la suite ne devrait pas se passer peu de temps après, histoire de rester cohérente avec le reste… et parce qu’il y a une foutue tension, ça va péter, ça doit péter. Mon manque d’imagination à ce niveau me navre… En fait, non: en bonne adepte de storytelling et de « fusil de Tchekhov », j’ai dans la tête un scénario tellement, tellement idéal sur un rebondissement qui pourrait leur donner de la ressource!
Mais bon, ma foi, je sais qu’Hollywood ne viendra pas me demander mon avis. Quant à ce qui se joue sur la Bordure extérieure, et dans des territoires inconnus auxquels Snoke fait allusion… je me demande si la clé du déblocage du conflit ne viendrait pas de là. De là et des saloperies qui se jouent du côté du Premier Ordre, à ces frictions que je pressens entre Kylo Ren et son second, Armitage Hux qui a intérêt à devenir un méchant à la hauteur. 👊 Aller, Hux, mets le paquet, et si besoin est, deviens un p****n d’adversaire pour Ren/Ben! 👊

Concernant Rey, je n’ai aucun doute quant à la place qu’elle se fera dans la Résistance, et qu’elle sera très heureuse de retrouver son pote Finn, et de faire la connaissance de Rose. Mais de grâce, ne nous la maquez pas avec Poe! 🙏 Pitié, pitié, pitié… 🙏 Quant à ses origines, ma foi, maintenant que l’idée qu’elle n’est pas la fille de Luke est lancée, ça m’emmerderait qu’on revienne en arrière. Seule chose qui me chagrinerait dans tout ça, c’est qu’en zigouillant Ben/Ren, elle mettrait fin à la lignée des Skywalker/Organa/Solo. Inutile de dire pourquoi ça m’arrangerait, Charmant Petit Monstre pensera probablement la même chose que moi à ce sujet… 😏 Mais c’est surtout l’équilibre de la Force qui me préoccupe, moi, là-dedans… 😏 (Bon avouez, vous êtes plus dupes des raisons de mon intérêt pour la chose… #Reylo💗 N’empêche que j’ai quand même une théorie sur l’équilibre qui impliquerait les deux personnages…)

Je pense en tout cas que s’il est une chose que je risque de regretter, car elle a débranché les ondes, c’est sa connexion mentale avec Ben Solo, devenu le Suprême Leader Kylo Ren. Et en même temps, je me dis que ça ne peut pas disparaître comme ça, d’un claquement de doigts, ce serait dommage. À ce niveau, je me pose bien des questions qui ont trait aux réflexions de la jeune femme lorsqu’elle choisit de ne pas le tuer, à savoir sur le fait que le choix que fera Ben Solo entre la Lumière et les Ténèbres ne dépendra pas d’elle: je pense que le regard qu’elle lui lance lors de leur dernière connexion lui dit de se démerder tout seul. Après, s’il doit clamser, j’espère qu’elle sera triste. 😜 Sinon, ça n’est pas drôle. 😜 (Ah mon Dieu, rien qu’à cette pensée, je suis déjà malade…)

« I held hope for so long, but now I know. My son is gone. » (…)
« No one’s ever really gone », he said quitely, leaning forward to kiss her on the forehead as he took her hands in his.

Et très, très important, le TRUC auquel on n’allait pas couper ici. Quand même, l’institution, le running gag de mes articles Star Wars: le Bonus Solo. C’est un souhait que je formule quant au personnage de Ben/Kylo dans le prochain opus: que notre petit Bambi aux abois devienne un foutu cerf de la forêt, un grand garçon auto-suffisant. Plus (seulement) un enjeu mais un acteur. Qu’il lui en pousse une paire!
Je ne sais plus où je lisais ça, mais le fait qu’il détruise son masque au début de l’histoire est parfois interprété comme une évolution vers plus de maturité: il faut finir de se déguiser et de jouer à quelqu’un d’autre, de se cacher. Une fois son masque détruit, c’est Ben Solo qui ressort derrière Kylo Ren, avec sa cicatrice et la tristesse qui se lit sur sa tronche, ses choix foireux qu’il lui faut assumer comme un grand. Qu’il lui faut être lui-même et se réaliser, pas forcément de la façon dont d’autres l’ont pressenti. Qu’il trouve une autre façon de kill the past. Personnellement, je l’imagine très mal se complaire dans la noirceur jusqu’au bout, ce serait gâcher le potentiel d’un personnage qui apporte autant d’émotion, en en faisant un méchant classique. En faire un « gentil classique » n’est pas non-plus la solution, même si au final on lui souhaite de s’apaiser un peu car le gars doit être fatigué nerveusement. Le métier de méchant n’est décidément pas facile! 😉
Il devra forcément y avoir un point de rupture – une rupture qui pourrait selon moi être consommée très vite, sans Rey, sans Luke, surtout maintenant qu’il a pu cracher sa rage à la face de son oncle. Peut-être par Hux (genre tentative d’assassinat qui le laisse pour mort?). Car c’est un fait, Ben Solo n’est pas un leader – c’est plus un poète qui aime bien regarder la beauté de l’Espace (tellement kiffant dans la novellisation de l’Épisode VII, ce moment), un mec que je verrais bosser en indépendant, genre tueur à gages ou consultant free-lance pour la future école Jedi de Rey (parce qu’il est un point sur lequel je suis d’accord avec Palpatine, c’est que les Jedi devraient aussi apprendre de l’Obscur – Lumière, Obscur, on s’en fout, c’est juste la façon de s’en servir… et de se saper parce que niveau look, les fringues de Ren, je les lui piquerais bien), parcourant l’espace en solitaire, un peu comme son père, mais plus dans le style quête de rédemption. Lui qui enfant voulait devenir pilote comme Papa! Pas un Solo pour rien! 😉 Ah mais quelle famille, quels mecs ces Solo! 😍
En parlant de Solo. Je ne m’en suis pas rendu compte au premier visionnage du film, mais l’ombre de Han Solo plane du début à la fin du livre. Elle hante Ben jusqu’à la fin, avec ces dés du Faucon Millenium. Sans doute l’un des détails qui me touchent le plus. Je me suis demandé si ces dés qui se dématérialisaient symbolisaient la rupture totale avec la Lumière… Mais aussi ce qu’il avait perdu en rompant avec sa famille et Rey qu’il a juré de détruire. Ou bien s’ils étaient le signe que c’est peut-être le chagrin, la culpabilité d’avoir tué son père, d’avoir ainsi renoncé à toute chance de réconciliation avec lui, qui ramènerait peu à peu Ben vers la Lumière. Aussi Solo ne serait pas mort pour que dalle (Ben, petit fumier, tu as tué l’amour de ma vie, pourquoi je te kiffe comme ça! 😭 ), et son ami Luke ne se serait pas trompé en disant que personne ne disparaît jamais totalement. Alors qu’il admettait ne pas pouvoir sauver son neveu. Parce que si Ben Solo est sauvé, ce devrai être de son propre fait. (On croise les doigts?)
Je reconnais que je suis un peu neuneu, mais j’aimerais tellement voir le fils  Solo remonter dans le mythique Faucon Millenium, sans colère, s’asseoir à la place du pilote et récupérer ces fameux dés dorés. Ou bien les tenir en mains quand on l’exécutera pour ses crimes contre la Galaxie, en mode « Papa, j’arrive… ». 😢 Et j’ai hâte de voir aussi ses retrouvailles explosives avec Rey que, m’est d’avis, il n’a pas si envie que ça de détruire au fond. Oh lala j’aurais tellement voulu le voir retrouver sa mamaaaaan, aussi… 😭
Mais quand bien même il retrouverait la Lumière (et se faisait cette saloperie de Hux au passage! YEAH!), pourrait-il vivre avec les atrocités et les crimes commis? Serait-il d’ailleurs juste qu’il vive encore à la fin?… Malgré ses défauts, malgré le fait qu’on aurait pu mieux le réussir, l’effort d’avoir intégré une telle figure dans l’univers de Star Wars, est tout à fait louable. C’est un des persos les plus intéressants, je persiste et je signe à ce sujet, je fais comme lui, je suis mon idée! 😉 Ah bon sang, qu’on ne lui rate pas son final, même si ça me fait mal d’avance de me dire qu’il ne reverra Luke que quand il deviendra un fantôme tout blanc comme lui à la fin de l’Épisode IX! 😭

Conclusion – On attend, on attend, on attend…

Bon voilà où on en est du côté de la Force, avec une novellisation que j’ai vraiment apprécié de lire. Et en lecture commune, ce fut pour moi une expérience de fangirl vraiment sympa! Encore une fois, un grand merci à toi, Charmant Petit Monstre, pour tes nombreux commentaires dans mes articles starwarsiens et nos échanges si fun! Ça m’a vraiment faite marrer! ☺ Et en plus, grâce à cette proposition, je me suis même réconciliée avec Luke! 😉 Et pour ça, il fallait faire fort! Quoique, tu pourrais m’expliquer le prologue chelou du roman?… Ou c’était juste un trip de la Force sous acide?… 😂 En attendant, je suis aussi vidée qu’après ma chronique dédiée au film! Pour un retournement, ça y est, je suis du Côté Obscur!

La chose que je regrette vraiment avec The Last Jedi, c’est que juste pour servir d’alibi à l’action et au spectacle, les personnages secondaires ont été mal exploités, alors qu’ils sont somme toute sympas. Les scènes côté Résistance m’ont parfois un peu gonflée – alors qu’on aurait pu faire un film plus sombre et intimiste, comme pour L’Empire contre-attaque. Sans copier-coller le scénar’, on est d’accord… « Je suis ton père » et « Je t’aime… – Je sais. » resteront des grands moments de folie inégalables! 😄 Aussi, si j’ai apprécié cette lecture, c’est surtout pour les spéculations qu’elle a excitées dans mon cerveau, pour avoir retrouvé quelques personnages (surtout deux), pour avoir pu renouer avec la saga et partager avec une autre fan… Et je recommande en premier lieu ce passe-temps aux fans, car pour le coup, je ne suis pas certaine que les non-initiés y trouvent leur compte. 😄 Ceci dit, au moment où j’ai commencé ce livre, j’accusais une panne de lecture monumentale, et The Last Jedi aura eu le mérite de me remettre sur les rails!

J’aimerais vraiment être bluffée sur l’Épisode IX, qu’après la déception de la Prélogie, après que l’Épisode VII et l’Épisode VIII aient peiné à trouver une cohérence, le IX finisse en beauté. Il y a des éléments intéressants, les prémisses de quelque chose, et c’est là le souci, ça semble seulement démarrer, et j’ai peur que maintenant tout s’enchaîne trop vite et qu’on se retrouve avec un bâclage comme pour l’Épisode III. Donc, suite à cette lecture, j’ai envie de dire: que la Force soit avec les scénaristes! (Et s’ils sont en manque d’idées, j’ai le scénario tout prêt dans ma tête! Si, si, les gars, je vous assure!) Que ces mois d’attente ne soient pas déçus! ☺ Pour Rey, pour Ben Solo bien sûr, un peu pour Hux quand même, pour la Résistance! Que Luke ait raison, que « the brighter the light, the darker the shadow », et que si son neveu se décidait à affirmer son côté lumineux, on aurait intérêt à prévoir les lunettes pour le flash atomique!

Et je vous demande à tous de me pardonner pour ce moment de geekisme ultime. ☺ Je vous promets que ça va se tasser – il va rester l’article illustré sur Star Wars (j’ai dû changer deux-trois choses car la lecture du livre m’aura au moins donné quelques idées! 😏), mes très beaux art books et la Trilogie Yan Solo dans ma PAL! Pardonnez-moi… Et ne vous en faites pas car j’ai d’autres lectures en perspective, et j’en ai commencé une vraiment exaltante!… Alors je vous dis à très vite pour de nouvelles chroniques, quand bien même un petit break va s’imposer d’ici peu tant j’aurai de choses à faire! Mais je vous en reparlerai sous peu. J’espère en tout cas vous avoir fait passer un bon moment avec cette chronique sous le signe du fun!

À très bientôt!

Blanche Mt.-Cl.


Le thé idéal pour l’accompagner: Il y en aura deux.
Tout d’abord, un putain de thé de Ceylan de chez Twinnings, celui que je buvais en lisant Liens du Sang,  que je surnomme mon « thé du contrebandier », celui dont il faut surveiller l’infusion au poil près, tant la frontière entre super bon et super dégueulasse (mais dégueulasse à vous dissoudre l’estomac, je ne plaisante pas!) est mince. Tout à fait le genre de chose qu’on trouverait dans une gargotte de Tatooine ou autre bouibouis de la bordure extérieure… et que je vais m’empresser d’arrêter car je suis en train de souffrir avec cette chose!
Et ensuite, ma foi… parce que je reste touchée par la souffrance de Ben Solo, et que nulle déprime ne résiste à un Genmaïcha, je vous conseille cette boisson si réconfortante! Je lui en proposerais bien une tasse au p’tit…

Titre: The Last Jedi: The Expanded Edition
Auteurs: Jason Fry
Editions: Del Rey
Collection: Star Wars
336 p.
Parution: Mars 2018
Prix: 15,44 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

3 réflexions au sujet de “Remise à plat avec la Force – The Last Jedi (novellisation par Jason Fry)”

  1. Je ne suis pas une Geek Blanche… J’ai tout lu… Mais je n’ai toujours pas vu , ni rien lu de Star Wars! C’est grave docteur ? Pourquoi je coince… au grand désespoir de mon Jules !

    Aimé par 1 personne

    1. Après moi je suis une grande enfant (et j’ai craqué sur les Solo, donc ça biaise! 😉 ), mais ne te force pas. Parce que tu ne rentreras jamais dedans en te forçant… Il suffit d’attendre le bon moment. 🙂

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