Dracula chez les ploucs – Salem (Stephen King)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Après vous avoir gratifié d’un petit article déco de Noël, je vais revenir dans l’univers de l’horreur et du macabre, le temps d’un roman. J’ai beau avoir une PAL de compétition, je n’avais pas envie de me plonger dans un truc trop sérieux, j’avais besoin de me changer les idées. C’était peu de temps avant Halloween, alors je me suis dit: « Pourquoi pas un petit Stephen King? » Ni une, ni deux, j’ai fait un petit tour dans la bibliothèque de mon frère pour dégoter dans sa collection de King le volume qu’il me fallait!

Résultat des courses: j’ai opté pour… Salem. Amateurs de fantastique, je vous emmène dans la petite ville de Jerusalem’s Lot, dans le Maine (territoire cher à l’auteur, comme on le sait…) pour une drôle de chasse au monstre…

Une vieille baraque inquiétante

Tout commence lorsque Ben Mears, écrivain veuf en mal d’inspiration, revient à Jerusalem’s Lot, dite Salem, la petite ville où il a passé une partie de son enfance. Le but principal, outre d’écrire au calme, est d’exorciser les images effrayantes qui l’habitent ayant trait à une vieille demeure qui domine la ville: Marsten House. À peine arrivé, il fait la connaissance de la jeune et séduisante Susan Norton, qui rêve de s’en aller de cette bourgade où elle s’ennuie, et ne tarde pas à tomber amoureux d’elle.

Or, à peu près au même moment que Ben, arrive un certain Richard Straker, qui ouvre une boutique d’antiquités avec son associé Kurt Barlow – que personne ne voit jamais. Les deux hommes se sont installés dans Marsten House, ce qui excite les cancans de Salem. Les choses ne s’arrangent pas puisque très vite se produisent des événements inquiétants: un chien est retrouvé éventré, un enfant disparaît, des habitants sont découverts morts et des cadavres disparaissent… Une véritable horreur s’empare de la ville, en proie à une véritable abomination.

Ben Mears va traquer la « Bête » qui rôde, au côté de quelques habitants de Salem: Matt Burke, un vieux professeur au lycée, le médecin Jimmy Cody, le Père Callahan et le jeune Mark Petrie, un gamin féru de fantastique qui leur sera d’un grand secours…

L’histoire de vampire revue par King

Je dois avouer que je ne connais pas trop l’œuvre de Stephen King: Salem n’est que le troisième roman que j’ai lu de l’auteur, avec Dôme et L’Année du Loup-Garou. Si en général je passe de bons moments, ce n’est pas un auteur qui m’ait beaucoup marquée – cela changera peut-être avec d’autres romans, comme Sac d’Os, dont j’ai entendu le plus grand bien! Mais voilà, je ne sais trop pourquoi, mais Salem, sorti en 1975, dans lequel j’ai eu du mal à entrer et que j’ai mis un temps fou à démarrer, me laisse une impression mitigée. Quand bien même il s’agit de l’un des romans favoris de Stephen King…

Pastiche assumé du Dracula de Bram Stocker, il reprend les motifs traditionnels des histoires de vampire – avec morsure, transformation des mordus, crainte de la lumière du jour, des crucifix et de l’eau bénite. Sauf que cette fois-ci, le vampire ne débarque pas dans une grande métropole, mais achète une bicoque malsaine dont le propriétaire s’est pendu, dans une bourgade au fin fond du Maine. Autre chose qui rappelle l’ambiance des romans de Bram Stocker: les motifs de la « fiancée vampirisée », avec l’amoureux qui doit traquer celle qu’il aime pour sauver son âme, du groupe de chasseur avec l’intellectuel – Matt Burke est comparé à Van Helsing. Comme dans Dracula, on assiste à de longs conciliabules entre nos héros chasseurs de vampire, qui font état de leurs connaissances quant aux vampires. Pour ma part, je n’y ai pas trouvé grand-chose de surprenant, mais en même temps, ce n’était pas ce que je cherchais.

Pour ma part c’est surtout l’ambiance de Salem qui m’a intéressée, enfin du moins fascinée: une bourgade d’Amérique profonde où tout le monde se connaît, avant les réseaux sociaux et les téléphones portables. En effet, on entre dans les pensées de chaque personnage du coin: chacun correspond à un archétype – mais je crois, si je ne me trompe pas, que c’est voulu de la part de King qui a une théorie bien à lui de l’écriture. Si certaines personnes sont probablement inoffensives et relativement respectables comme le jeune médecin Jimmy Cody, le professeur Burke apprécié de ses élèves ou encore la veuve Eva Miller qui tient la pension de famille où vit Ben, la narration se concentre sur certains individus peu recommandables. L’un bat et viole sa femme après avoir découvert qu’elle a un amant, l’une frappe et secoue son bébé pour le faire taire, l’une espionne ses voisins avec des jumelles pour alimenter les cancans de la ville… D’autres encore sont – pardonnez-moi le terme – de foutus ploucs obtus et campés sur leurs positions. Je pense par exemple à Ann, la mère de Susan, qui dès le début déteste Ben et lui préfère un gars du coin, Floyd Tibbits à qui elle souhaite voir sa fille mariée… A mon humble avis, Ben tire son capital sympathie du fait qu’il est un étranger à Salem – ça et son veuvage tragique, comme le jeune Mark Petrie, un gamin arrivé depuis peu avec ses parents: ils apportent un peu de sang neuf (sans mauvais jeu de mot) à ce patelin endormi. C’est assez étouffant, et j’imagine la terrible pression pesant sur les êtres dans ce genre de communauté très restreinte: peur des cancans, secrets pour garder la face, histoires locales et difficultés à faire évoluer les mentalités dans ces bleds paumés…

Au final, je dois avouer le plaisir coupable de voir le quotidien de quelques crétins obtus et d’une bassesse sans limite perturbé par l’arrivée de nouveaux éléments. Les voir morts de trouille, eux qui n’ont jamais peur de juger leur voisin ou les jeunes parce qu’ils pensent autrement, qui nuisent aux leurs… c’est peut-être ce qu’il y a de plus jouissif dans cet ouvrage fantastique sur fond de bourgade d’Amérique profonde. Au moins pour avoir donné un coup de pied dans cette fourmilière et avoir permis aux héros de s’affirmer, je dis merci aux vampires de Salem! 😃

Conclusion – Un récit divertissant

J’ai certes mis du temps à démarrer cet ouvrage pour diverses raisons. Salem ne restera pas dans ma mémoire comme LE LIVRE à lire absolument, mais il m’a permis de passer agréablement mes trajets pendant quelques temps. Après, je ne suis peut-être pas à même d’apprécier plus cet ouvrage, car je sais que sur la blogosphère, la plupart d’entre vous aimez Stephen King… Donc voilà, c’était assez divertissant, et mon sens de l’humour sombre a été titillé par les déboires des ploucs de Salem.

De mon côté, je pense qu’après ça – et un long temps d’hésitation devant ma PAL, je vais repartir sur de la S.F. Nous verrons bien! En tout cas, je vous souhaite une belle journée à tous et je vous dis à bientôt pour de nouvelles chroniques film et livre!

Blanche Mt.-Cl.


Le thé idéal pour l’accompagner: Un thé Lipton Yellow… Pourquoi?… Pour aller avec le peu de raffinement des habitants de Salem, pardi! À déguster avec une bonne paire de jumelle pour espionner vos voisins depuis votre fenêtre! 😂

Titre: Salem
Auteurs: Stephen King
Editions: Le Livre de Poche
Collection: Fantastique
827 p.
Parution: Février 2009
Prix: 8,90 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

4 réflexions au sujet de “Dracula chez les ploucs – Salem (Stephen King)”

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