Folie et vieux manoirs – La Chute de la maison Usher (Edgar Poe)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Si je ne me trompe pas, Halloween approche. 🙂 J’ai donc décidé de revenir sur l’un des maîtres du fantastique: le célébrissime et tourmenté (et ma foi, malsain) Edgar Poe.

Il y a quelques temps, j’ai repensé à un récit de sa plume que je n’avais pas encore lu, et ai fait l’acquisition d’un petit livre de la collection Librio, La Chute de la maison Usher (et autres nouvelles), qui comprend le récit-titre, ainsi que Manuscrit trouvé dans une bouteille, Bérénice et William Wilson. Une occasion en or pour se plonger dans une ambiance sombre et mélancolique à souhait… Je vais d’abord revenir sur leurs résumés avant d’approfondir brièvement l’univers d’Edgar Poe.

Des récits d’ambiance empreints de folie

Dans La Chute de la Maison Usher, le narrateur, après avoir reçu une lettre de son ami Roderick Usher le pressant de venir, découvre le vieux manoir de famille de son ancien camarade d’études: la maison, située au bord d’un étang est singulièrement lugubre, tandis que son propriétaire n’est plus que l’ombre de lui-même. Issu d’une famille dont les membres connaissent le plus souvent un destin tragique, Roderick et sa sœur jumelle, lady Madeline, sont atteints d’un étrange mal qui les fait décliner physiquement et mentalement. C’est alors que Madeline meurt et que la folie prend définitivement le pas chez son frère, s’accompagnant de phénomènes inexpliqués…

Quant aux trois récits suivants, j’ai dû les lires il y a longtemps, mais je ne m’en souvenais plus. Ainsi, j’ai pu me rafraichir la mémoire avec:

  • Manuscrit trouvé dans une bouteille – Cette nouvelle suit un rythme de narration très haché, puisqu’il s’agit, comme le titre l’indique, d’un manuscrit jeté à la mer par un voyageur. En effet, celui-ci, issu d’un bon milieu mais atteint de bougeotte, a souhaité voyagé autour du monde. En Indonésie où il reprend la mer, son navire croise la route d’une sombre tempête. Au milieu avance un navire ténébreux et fantomatique sur lequel notre narrateur se retrouve plus ou moins par hasard en voulant échapper à la mort. Il découvre un vaisseau vermoulu, normalement incapable de voguer, et transportant un équipage épuisé qui ne semble guère le voir…
  • Bérénice – Ici, le narrateur est semble-t-il, un jeune homme issu d’une famille aisée, qui vit dans un manoir, avec sa ravissante cousine Bérénice. Si lui est de constitution fragile et s’abandonne à toutes sortes de rêveries à travers ses livres, Bérénice est une jeune fille gaie qui aime rire et courir la campagne. Lorsqu’un mal mystérieux l’affecte gravement, son cousin décline en même temps qu’elle. Il devient le sujet d’étranges obsessions. Une en particulier: les dents de Bérénice.
  • William Wilson – William Wilson est un jeune homme gâté qui ne supporte pas qu’on lui résiste, d’une intelligence supérieure qu’il aime à faire valoir, et ce jusqu’à la manipulation. Au pensionnat, il fait la connaissance d’un étrange camarade qui de par son intelligence égale, devient son rival: une sorte double lui aussi nommé William Wilson, qui le suit jusqu’à l’université où il fait déjoue ses plans. Alors que le premier William Wilson tente d’escroquer ses amis au jeu, le second déjoue ses plans et le fait tomber en disgrâce. De simple rival, il passe à ennemi juré, qui poursuivra le narrateur dans toutes ses pérégrinations à travers le monde…
L’univers d’Edgar Poe

Ah Edgar Poe! Quel amateur de littérature de l’imaginaire ne connaît pas Edgar Poe, l’un des maîtres du fantastique, mais aussi précurseur de la SF et du roman policier – notamment avec Double assassinat dans la rue Morgue. Né en 1809, Poe est non-seulement nouvelliste, mais aussi romancier, poète, critique littéraire et éditeur. Son univers est empreint d’une noirceur poétique, avec un style très « pictural » qui met l’accent sur les ambiances, le tout concourant à produire un effet des plus frappants sur les lecteurs. Doué d’une grande intelligence, comme nombre de ses narrateurs, il est peu doué avec les gens et se met plusieurs amis à dos. Il est aussi d’un naturel assez tourmenté, mais contrairement au mythe répandu, il n’est pas alcoolique – même s’il a pu parfois s’enivrer – car il ne supportait pas l’alcool, et sa théorie de l’écriture impliquait qu’il devait garder intactes ses capacités. On peut d’ailleurs voir dans les quatre nouvelles présentées plus haut le motif de la folie, de la dégradation mentale… Je ne connais pas Edgar Poe personnellement, mais peut-être le glissement vers la folie faisait-il partie de ses angoisses… Allez savoir!

La Chute de la maison Usher met en scène une demeure délabrée, en pleine déliquescence, à l’image de ses habitants, diminués physiquement et mentalement, hantés par une étrange fatalité, par la certitude que leur lignée va s’éteindre. Roderick Usher, comme sa sœur Madeline, pâles comme des morts, ne sont plus que des apparitions, de vrais fantômes… comme déjà morts. Roderick, de constitution maladive, hypocondriaque, voit ses peurs se réaliser comme une sorte de prophétie auto-réalisatrice. Une nuit de tempête et la présence de la mort complètent ce décor, où la psyché tourmentée d’Usher donne corps à ses peurs jusqu’au désastre final.

On retrouve différents thèmes en rapport avec diverses pathologies mentales, telles le dédoublement de personnalité dans William Wilson, les obsessions dans Bérénice qui vont jusqu’au morbide et à l’irréparable, ainsi que d’autres thèmes récurrents du fantastique tels le double maléfique, l’enterrement vivant et la résurrection, la profanation des tombes, etc. Ce sont ces ambiances sombres et macabres qui vont durablement influencer les futurs auteurs de fantastique tels que Lovecraft. Et comme je l’écrivais lorsque je chroniquais les Histoires extraordinaires, si les intrigues ne sont pas complexes, il n’en ressort pas moins que Poe distille une ambiance tout à fait extraordinaire et dresse de véritables tableaux qui rendent son œuvre véritablement unique, ses récits flirtant, à mon sens, avec la poésie..

 

Conclusion – À redécouvrir pour Halloween

Comme je le disais, avec Halloween qui approche, il fait bon redécouvrir de vieilles histoires qui font encore frissonner aujourd’hui comme celles d’Edgar Allan Poe, l’un des maîtres du fantastiques, mais aussi un des fondateurs de la littérature américaine. Les décors ont certes vieilli, mais il n’en reste pas moins qu’ils continuent de titiller l’imaginaire du lecteur du XXIe siècle qui n’a pas assez d’irrationnel et de merveilleux dans sa vie emplie de froide raison… Ainsi je vous laisse et vous souhaite un excellent week-end, en vous disant à bientôt pour de nouvelles chroniques spécial Halloween! À très vite sur la blogosphère!

Blanche Mt.-Cl.


Le thé idéal pour l’accompagner: Un thé blanc de Ceylan.

Titre: La Chute de la maison Usher et autres nouvelles 
Auteurs: Edgar Allan Poe
Editions: J’ai Lu
Collection: Librio Imaginaire
92 p.
Parution: Août 2004
Prix: 2,00 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

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