La Belle qui ne l’est pas – Belle (Robin McKinley)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

J’espère que tout roule de votre côté! 🙂 Du mien, c’est une semaine un peu occupée, mais tout va bien! La même routine boulot, trajet, et le petit agrément qui va avec le train: la lecture! Et oui, parce que ça continue à ce niveau!

Je reviens donc aujourd’hui avec une petite chronique toute fraiche sur un tout petit livre… En effet, après une déception livresque (avec un pavé en plus! AH!) j’ai souhaité lire quelque chose de court et tout à fait léger pour me vider la tête et passer le temps. Quoi de mieux pour cela qu’une réécriture de La Belle et la Bête avec Belle de Robin McKinley? Laissez-moi donc vous entrainer, le temps d’une courte chronique, dans un mystérieux château avec une Belle… qui ne l’est pas.

Un voyage extraordinaire

Belle est la plus jeune fille d’un riche marchand. Contrairement à ce que son nom indique, elle n’est ni particulièrement jolie ou gracieuse. Ce sont ses deux sœur aînées, Grace et Espérance, qui ont hérité la beauté, la douceur et la bonté de leur défunte mère. Passionnée par les livres, Belle a un goût certain pour l’étude, et une prédilection particulière pour les poètes grecs ancien. Lorsque leur père est ruiné, les trois filles sont sous le choc. Fort heureusement, Gervain, un jeune forgeron amoureux d’Espérance, se propose de « sauver » la famille de sa bien-aimée, propose de les amener avec lui dans le Nord, près de son village natal, où il a acquis une forge et une petite maison.

Las, voici Belle, son père et ses sœurs partis pour un coin de campagne. Bien accueillis par les habitants du village, désireux de travailler pour améliorer leur ordinaire, Belle, ses sœur et son beau-frère Gervain ne tardent pas à s’adapter à cette vite plus rude. Après trois ans qui les ont vus s’épanouir malgré les regrets de Belle pour ses livres, Belle apprend vaguement par son beau-frère que la forêt des alentours serait hantée par une Bête terrible et qu’il ne faut pas s’y aventurer… Peu de temps après, le père reçoit la nouvelle selon laquelle sa flotte et ses trésors auraient été retrouvés. Interloqué, il entreprend le voyage. Au bout de plusieurs mois, il reparaît épuisé, mais étrangement rajeuni, avec à la main une rose magique qu’il offre à sa fille Belle. Il leur raconte que, pressé de rentrer, il a coupé par la forêt et s’est perdu… jusqu’à tomber sur un immense château, où il est nourri et hébergé, mais rencontre aussi une effroyable Bête au moment où dans le jardin, il cueille une rose pour Belle. Narrant cette histoire, il dit à Belle qu’il devra retourner auprès de la Bête au bout d’un mois ou y envoyer Belle, pour compenser la perte de sa rose. Belle décide d’y aller, pour réparer le tort d’avoir demandé des roses… et parce qu’elle est intriguée par l’étrange occupant du château. Car celui-ci a laissé pour elle, parmi les Trésors dont il a doté son père, un sachet de graines de roses magiques, qui à peine semées, on recouvert tout un pan de mur de la maison.

Et c’est en emportant l’image de sa demeure croulant sous les roses que Belle se met en chemin pour gagner le château de la Bête…

Une réécriture agréable

Il semble que depuis quelques années, le conte de La Belle et la Bête ait le vent en poupe. Christophe nous a infligé Léa Seydoux incarnant une Belle agaçante au possible (navré mais je ne suis pas du tout fan de son jeu), et Disney a réadapté son propre dessin animé en film, à grand renfort de CGI, dans un élan de… je dirais d’autosatisfaction, quitte à me rendre l’adorable Emma Watson insupportable, mais à dire vrai je ne sais pas de quoi il s’agit vraiment. Entre autres ré-éditions des contes de Madame de Villeneuve ou Madame Leprince de Beaumont, que j’ai lues et chroniquées peu après les débuts du blog. Bref, si vous ne connaissez pas La Belle et la Bête, c’est que vous avez passé ces derniers mois sur Mars, les p’tits loups! 🙂

Il semble que tout ait été dit sur cette merveilleuse histoire, l’un de mes contes favoris… Donc que dire sur Belle? Eh bien en soi, pas grand-chose: le roman ne révolutionne pas l’histoire. En lui-même il combine, de manière assez sympathique il est vrai, divers éléments des contes: Belle vit avec sa famille comme dans les écritures du XVIIIe siècle, Belle aime les livres et la Bête porte une veste en velours bleu comme dans le dessin animé de Disney, on retrouve Belle perdue dans un palais enchantée avec une immense bibliothèque, et rêvant, durant ses nuits agitées, d’un magnifique et inquiétant jeune homme… Ces éléments s’assortissent d’arrangements autres: par exemple, la Belle ne subit pas des sœur atroces et oisives, mais a la chance de mener une vie de famille heureuse, même pauvre, avec des aînées qui l’adore, et un beau-frère qui à sa manière un peu brute, la choie. Et dès le début, quand bien même elle a peur, on sent qu’elle éprouve une vraie fascination pour le mystérieux occupant des lieux, qui a décidément de quoi titiller sa curiosité, qui sera d’autant plus piquée une fois qu’elle sera sur place et découvrira dans la bibliothèque de la Bête…

En fait, ce qu’il y a d’intéressant et de rafraichissant est le point de vue de la narration: l’ouvrage est rédigé à la première personne, par Belle elle-même. Belle qui a son petit caractère, ses passions pour la littérature de la Grèce antique… Et qui n’est pas à proprement parler belle ou gracieuse: elle se décrit elle-même comme petite et frêle pour des mains et des pieds démesurément grands, boutonneuse pendant l’adolescence, maladroite et plus branchée livres et galops sur son fidèle cheval Grandcœur, que belles toilettes… Le début du récit Belle est narré avec fraicheur et humour, et c’est ce qui m’a séduite dans le premier chapitre. Le point de vue de cette jeune fille maladroite m’a (très, très) vaguement rappelé le personnage de Daria. Le livre en lui-même ne me marquera pas à vie car au final il n’y a pas grand-chose d’innovant, mais il aura au moins le mérite de m’offrir de jolies images pleines de livres, de forêt, de château et de roses, mais son héroïne aura également su s’attirer ma sympathie.

Et quelque part, c’était assez drôle de voir la Belle comme une fille ordinaire, à la fois autant en accord avec elle-même, courageuse, mais également complexée, ne serait-ce que dans sa certitude de ne pas être belle, et de ce fait, de paraître ridicule dans les somptueuses toilettes offertes par le château plein de murmures, imaginant plus volontiers ses sœurs plus jolies dans ces robes… Pas mal de filles, moi comprise (et la première… on m’a encore dit il y a quelques jours que j’avais une piètre opinion de moi-même 😉 ) peuvent se reconnaître dans cette façon de penser. Une ou deux fois, cela m’a même fait mal au cœur pour elle, car je ne connais que trop ce sentiment, lorsqu’elle rejette rageusement robes, bijoux et chaussures dont la parent ses servantes invisibles, et n’ouvre pas la porte à la Bête dont elle ne souhaite pas être vue ainsi… Mais on ne vire pas non-plus à la tragédie grecque ou à la pure romance, donc l’ensemble reste léger, et ne se veut pas plus profond que ça ne l’est. Tout baigne!

Conclusion – Un petit moment léger pour passer le temps…

Donc voili-voilà, ça n’était pas bien long, mais en même temps il n’y avait pas grand-chose à dire, hormis que c’était justement le livre dont j’avais besoin. Rapide, facile à lire et qui ne restera pas forcément dans mes annales, mais somme toute agréable si l’on a envie de se vider la tête. J’ai passé un agréable moment et à défaut de le recommander, je vous dirais de le tester à un moment où vous auriez besoin de décompresser. Vous y trouverez de belles images – rien que ce départ de la Belle regardant sa maison à moitié couverte de roses enchantées en partant de chez elle me laisse rêveuse – et une héroïne sympathique, le tout sans longueur inutile… ni moins, ni plus non-plus, c’est juste le stricte nécessaire. 🙂 Cette chronique aurait pu paraître pauvre, mais j’avais envie de mentionner ce livre car c’est parfois le genre de lecture qui fait du bien, et après le bouquin trop long que je venais de lire, il me fallait bien ça! 🙂 Et vous donc, avez-vous lu Belle?

Sur ce, j’espère vous avoir fait passer un petit moment agréable, et je vous dis à très bientôt pour ma prochaine chronique, et je me vois déjà lire quelque chose d’un peu plus corsé! 🙂 Très bonne fin de journée à vous, et à bientôt sur la blogo!

Blanche Mt.-Cl.


Le thé idéal pour accompagner cette lecture: Un thé rouge à l’agrume… Il réchauffe, il ensoleille, il fait du bien. Et Belle aime le thé au zeste d’orange, donc il faut se mettre au diapason que diable.

Titre: Belle
Auteur: Robin McKinley
Éditions: Pocket
Collection: Fantasy
256 p.
Parution: Juin 2015
Prix: 7,40 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

6 réflexions au sujet de “La Belle qui ne l’est pas – Belle (Robin McKinley)”

    1. C’est sympa, mais la morale un peu datée. 🙂 Et pas très romantique en fait, mais ça se laisse vraiment lire, pour le coup! 🙂 Si tu peux, essaie de trouver une édition avec les deux versions du conte, Madame Leprince de Beaumont et Madame de Villeneuve pour comparer. C’est bien mieux! 🙂
      Sinon, en termes de réécriture fascinante et intéressante, il y a les versions d’Angela Carter, comme « La jeune Madame Tigre » dans son recueil « La Compagnie des loups ». 🙂 Bonne journée à toi! 🙂

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