Un final lumineux – Le Graal (Stephen R. Lawhead)

« Le lendemain, je me suis mis au travail et j’ai commencé à tracer des plans pour le Temple du Graal. Depuis ce jour, je n’ai plus eu qu’une idée: honorer mon serment pour la gloire de Dieu et le bien de la Bretagne. C’est ce que j’ai fait… » – il se tut, levant brièvement les yeux, pour les détourner aussitôt – « … et pour cela, mon orgueil a été puni. »
Arthur laissa retomber la tête sur sa poitrine et porta une main à son front. « Laisse-moi », dit-il, la gloire de sa vision engloutie par l’abîme de sa résignation.

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Je tiens tout d’abord à vous adresser encore une fois mes excuses pour le rythme haché et le retard accusé sur mes chroniques ces derniers temps. C’est dingue de me dire que l’an dernier, avec des horaires plus contraignants et des devoirs graphiques par-dessus la tête, je faisais mieux… Mais bref, nous y sommes, et je vais entamer ce mois sur une note positive…

C’est avec un immense plaisir, teinté d’une sincère émotion, que je reviens avec, pour la première fois depuis longtemps, une chronique livre digne de ce nom. Car voyez-vous, après avoir dormi plus de deux ans dans ma PAL et tenu une place importante dans ma vie de lectrice ces derniers mois, Le Cycle de Pendragon touche à sa fin avec son cinquième et ultime tome signé Stephen Lawhead, Le Graal, qui revient sur un autre épisode du mythe arthurien. Je n’ai pas pu attendre la semaine prochaine pour vous faire part de mes impressions tant il me tardait de vous parler de cet ouvrage!

Je vous ramène le temps d’un livre en une époque de légendes, pour l’une des plus belles épopées jamais contées….

  • La quête du Graal

Le récit, narré par Gwalchavad (Galahad), reprend directement après la victoire d’Arthur sur les Vandales.

Le roi a certes gagné, mais au prix d’une blessure mortelle, à laquelle il aurait dû succombé si Avallach, grand-père de Myrddin (Merlin, qui dans ce volet retrouve son nom celte), issu du « peuple des Fées », ne l’avait fait boire à une coupe miraculeuse. En effet, Avallach, surnommé le « Roi Pêcheur » en raison de son occupation favorite, est le gardien du Graal, la coupe dans laquelle aurait bu le Christ, ou qui aurait recueilli le sang du Christ à sa mort. Transfiguré par cette guérison miraculeuse, et persuadé qu’exposer la coupe au peuple de Bretagne le soulagerait de ses malheurs, alors que la sécheresse et la peste sévissent encore.

Arthur, tout entier à sa vision, initie pour cela la construction d’un temple à destination des pèlerins, ou serait gardé le Graal, et qui inaugurerait l’âge d’or de son règne. Avallach et Myrdin, ainsi que Gwalchavad, guère convaincus, le laissent néanmoins faire. Au même moment apparaît la mystérieuse et très belle Morgaws (Morgause), qui jette très vite son dévolu sur Llenlleawg (Lancelot), qui s’éloigne peu à peu de ses frères d’arme. Peu après l’inauguration du Temple et l’afflux des premiers pèlerins, Arthur crée avec ses plus proches frères d’armes une garde spécialement dédiée à la protection du Graal. Or une nuit, Llenlleawg est aperçu massacrant ses hommes gardant avec lui la sainte coupe, avant qu’il ne disparaisse avec Morgaws. Comble de l’horreur: le Graal et Caledvwlch (Excalibur) disparaissent également du temple, et la reine Gwenhwyvar (Guenièvre) est enlevée.

Arthur, d’abord dévasté par ces événement, se lance bientôt à leur poursuite, conduisant ses hommes dans le Llyonesse, terre déserte et maléfique sur laquelle règne la puissante Morgian (Morgane)…

  • Différences avec les légendes

Qui n’a jamais entendu parler de Merlin l’Enchanteur, d’Arthur et de ses chevaliers, de la Table Ronde et des amours de Lancelot et de la reine Guenièvre, de la quête du Graal et de la Fée Morgane? La geste arthurienne est popularisée au Moyen-Âge par les romans chevaleresques de Chrétien de Troyes en France et par Wolfram von Eschenbach en Allemagne, et par de nombreuses adaptations romanesques, cinématographiques et télévisuelles. Elle s’appuie sur la « matière de Bretagne », un corpus antérieur mi-historique, mi-mythique, qui revient sur l’histoire de la Grande Bretagne. Il y est question du roi Arthur et de ses batailles. Je vais essayer, de façon aussi simple que possible, de revenir sur les différences existant entre le mythe et les romans de Stephen Lawhead.

L’Arthur historique aurait vécu sur la fin du Ve et le premier tiers du VIe siècle après J.C., et aurait été selon les historien un chef de guerre, probablement chrétien, un peu plus puissant que les autres qui a marqué les esprits à une époque où la puissance de l’empire romain avait sévèrement décliné en Bretagne. Mais ici, ce n’est pas tant ce personnage qui nous intéresse que ce que la légende en a fait. Partie intégrante du corpus légendaire européen, le Roi Arthur y est présenté comme le roi idéal, un être resplendissant de beauté et de bonté, une sorte d’élu appelé à régner, et respectant ses frères d’arme comme des égaux, par la création de la Table Ronde où nul n’a de préséance. Le règne d’Arthur, règne de justice, voit l’établissement d’une cour brillante – qui si elle a existé, ne ressemblait probablement en rien aux cours médiévales que l’on décrit dans les romans de chevalerie. De grands noms émergent parmi les protagonistes de cette histoire, tels Lancelot (Llenlleawg dans le roman), Perceval (Peredur dans le roman), Galahad (Gwalchavad, protagoniste et narrateur du roman de Stephen Lawhead), Bohort (Bors dans le roman).

Dans la légende, Galahad fait partie des plus grands chevaliers, car fils de Lancelot et de la reine de Benoïc Elaine. Stephen Lawhead fait de son Galahad/Gwalchavad le petit-fils du roi Loth d’Orcadie (nord de la Grande-Bretagne) et petit-fils par alliance de la cruelle Morgian qui épouse Loth en secondes noces, et frère du chevalier Gwalmai/Gauvin. On rencontre les deux frères dès Arthur, tome III du Cycle de Pendragon, lorsqu’ils se mettent au service d’Arthur. Dans Le Graal, Gwalchavad fait partie des gardiens du Graal, dont il a la vision, peu après que Morgian lui soit apparue en rêve pour contrôler son esprit et se servir de lui pour introduire sa créature Morgaws dans l’entourage d’Arthur.

Morgian, est l’équivalent de Morgane dans la légende. La fée de la légende est la demi-sœur d’Arthur qu’elle enchante à un moment pour concevoir avec lui Mordred, qu’elle élèvera dans la haine de son père. Et l’on sait comment le mythe se termine… Dans le roman de Stephen Lawhead, Morgian est la demi-sœur de Charis, Dame du Lac et mère de Merlin, fille du roi atlante Avallach – pour les détails de la famille. Elle est motivée par la vengeance envers Charis, celle-ci étant née du premier mariage d’Avallach et préférée par leur père, et s’étant mariée avec Taliesin, barde talentueux doté du pouvoir de clairvoyance, sur qui Morgian avait également des vues. Sur ce point familiale, je vous invite à regarder ma chronique dédiée au premier tome de la saga, Taliesin. Morgian, qui n’était pas apparu dans le tome précédent, revient pour se venger de Charis et Merlin en ruinant les projets de leur « créature » Arthur.

Pour ce faire, elle envoie Morgaws, sa fille née d’une union incestueuse avec son propre fils Lot – celle de la légende est une reine d’Orcadie ou elle aussi sœur d’Arthur avec qui il aurait conçu Mordred, mais rien de cela dans Le Cycle de Pendragon. Dans le roman de Stephen Lawhead, Morgaws est une puissante enchanteresse, comme sa mère, bien que n’en ayant pas la puissance, mais a été élevée dans un esprit de vengeance envers les ennemis de Morgian. Je ne peux trop vous en dire sur elle de peur de gâcher l’histoire, et ses délicieux ressorts. 🙂

Concernant la quête du Graal, elle est selon certaines versions de la légende lancée pour racheter les péchés de la Cour d’Arthur: ce seront l’adultère de Guenièvre avec Lancelot, et l’unique relation incestueuse d’Arthur avec Morgane ou Morgause qui jette la honte sur le royaume. Les vainqueurs de cette quête seront Galahad, le plus pur des guerriers avec Bohort et Perceval. Ce sera effectivement autour de Gwalchavad, Bors et non pas Peredur mais son cousin Gereint qui seront séparés d’Arthur et de son armée, et au centre de la quête. Car celle-ci est traitée d’une façon bien différente…

  • Un point de vue intéressant sur le mythe

En effet, le traitement de la quête du Graal est différent, car elle ne suit pas l’âge d’or du règne – elle le précède. Contrairement à des adaptations récentes qui ont « celtisé » un maximum la légende en remontant aux sources de la mythologie celte, qui font du Graal un chaudron d’immortalité, Stephen Lawhead reste dans l’idée de la coupe du Christ, liée au monde céleste et aux anges. À la base, il est à la portée des personnages, bien que jalousement gardé par Avallach dans son palais au bord du Lac: Avallach, affligé depuis son départ de l’Atlantide par une blessure qui ne guérit pas, et qui aime à pêcher sur les eaux calmes du lac, est assimilé au Roi Pêcheur gardien du Graal dans la légende. La véritable quête du Graal consiste à récupérer le précieux artéfact disparu après la trahison de Llenlleawg et de Morgaws, afin de racheter l’orgueil d’Arthur.

À cet égard, Le Graal est bien plus sombre que le tome précédent, épique. L’histoire est narrée par Gwalchavad, hormis quelques introductions de chapitres racontées par Morgian, dont on devine dès le début qu’elle médite un coup fumeux. Il m’arrive de ressentir de l’empathie pour les méchants et les souffrances qui peuvent expliquer leurs actes, mais en l’occurence, Merlin comme Arthur ne sont pas responsable des tourments de Morgian, pas plus que les prétentions de celle-ci au pouvoir sont plus légitimes que celles des autres. Elle est bouffée par une vengeance malsaine, une réelle froideur et un manque de compréhension pour ses propres enfants qui ne sont pour elle que des outils pour ses propres plans.

Bref, je la trouve beaucoup moins intéressante que Gwenivvhar, reine et épouse d’Arthur, femme de caractère, qui paraît d’abord ambigüe lorsqu’on la découvre revendiquant Arthur pour sien dans le Tome III avant de se révéler une excellente conseillère et une combattante courageuse folle de son époux (en même temps, comment résister au Pendragon? 😍 ). C’est dommage qu’elle ne soit pas plus présente dans Le Graal, mais c’est là un bémol moindre dans cette histoire, puisqu’Arthur est lui aussi vu d’un peu plus loin, le récit mettant l’accent sur Gwalchavad et ses compagnons Bord et Gereint.

Cela dit, j’ai beaucoup aimé suivre les tourments d’Arthur. Je m’explique: non pas que je sois une sadique qui aime à voir mon héros favori souffrir, mais en contraste avec la sérénité quasi-mystique du roi au début du Graal, ses moments de détresse le font paraître plus humain, faillible et vulnérable. En effet, Arthur a eu la vision du Graal, mais aussi celle du royaume de l’Été entrevue par Taliesin, puis par Merlin, et a souhaité le rendre accessible armé des meilleurs intentions, pensant qu’il guérirait définitivement les maux de la Bretagne. Las! Après le vol du Graal et de son épée, le roi n’est que l’ombre de lui-même. Dévasté par la trahison d’un frère d’arme et l’enlèvement de son épouse, déshonoré de ne pas avoir été capable de protéger le Graal comme il l’avait promis à Merlin et Avallach et de ne pouvoir offrir guérison à son peuple, il ne se sent plus digne d’être roi. À sa décharge, après des années de guerre et l’espoir d’une paix durement gagnée, cela fait beaucoup pour un seul homme. Notre narrateur Gwalchavad, qui aime profondément son roi, se trouve incapable de le réconforter dans une scène particulièrement émouvante que je cite en haut du post. J’en étais toute bouleversée. Bref, malgré son « orgueil », je reste folle d’Arthur que l’on voit aussi abattu, repentant, choqué devant les corps mutilés de ses amis d’enfance dans sa quête du Graal en Llyonesse, pleurant ses compagnons d’armes. Ce n’est plus un sur-homme mais un homme, toujours aussi beau dehors et dedans, mais capable de se fourvoyer et d’œuvrer à réparer ses fautes. Bref, admirable et émouvant, surtout vu à travers les yeux de ceux qui l’aiment.

Le côté sombre vient non-seulement de l’incertitude d’Arthur, troublante de la part d’un héros qui d’habitude ne connaît pas la peur, mais aussi de l’atmosphère, plus pesante. Car même si au début du Graal la paix semble acquise, les interventions de Morgian dans la narration laissent déjà entrevoir des désagréments et créent une véritable tension. Pour tout vous dire, j’avais si peur de ce qui pourrait arriver à Arthur et ses potes que j’ai commencé par lire Le Graal à reculons! 😉 Les scènes se déroulant dans le Llyonesse dans la seconde partie du livre m’ont parfois fait froids dans le dos: entre esprits et monstres, Arthur, Merlin, Gwalchavad et leurs hommes évoluent dans une forêt compacte et humide, plongée dans les ténèbres, où le temps ne passe pas normalement. Mais ce qui frappe par rapport au mythe, c’est que, si les enjeux de la quête sont autres et interviennent à un autre moment du règne, on renoue avec le merveilleux des romans de chevalerie. Outre les monstres, les non-vivants ou autres créatures répugnantes recrutées par Morgian, on assiste à de véritables phénomènes extraordinaires induits par la foi des héros malgré leurs situations désespérés. Leur cœur est pur, leurs motivations nobles… et quelque part, cela fait rêver, car on sait que le genre humain n’est pas vraiment comme cela. Je suis littéralement fascinée par ces amitiés, par la dévotion de Gwalchavad et des autres chevaliers pour ceux qui les entourent, par leur bonté et leur volonté de se surpasser pour retrouver le Graal et sauver leur roi. Là encore, je ne veux pas vous parler de tout car certaines scènes de la quête du Graal sont si belles, si fantastiques que l’on a parfois l’impression de nager en plein rêve… En même temps, c’est la quête du Graal et celle-ci ne peut qu’avoir une dimension mystique! 😉 Bref, c’est grandiose, je ne peux vous en dire plus, si ce n’est de lire.

  • Conclusion – Une saga absolument magnifique

Voilà, vous l’aurez compris, Le Graal, cinquième et dernier tome du Cycle de Pendragon, m’a plus que conquise. Tout au long de la saga – Taliesin, Merlin, Arthur, Pendragon, Le Graal – j’ai été fascinée par cette grandeur et cette foi inébranlable des personnages en leur destin, à l’amour qu’ils se portent les uns aux autres, par les différents enjeux et le traitement intéressant de la geste arthurienne par Stephen Lawhead. Son Cycle devait normalement s’achever avec Arthur, mais la fin de ce livre pourtant merveilleux étant trop abrupte, Stephen Lawhead a choisi de compléter la saga avec deux tomes. Et franchement, c’est très bien comme ça. Pendragon était assez extraordinaire, et Le Graal offre un final lumineux à la saga qui a le mérite de ne s’arrêter qu’à l’aube de l’âge d’or de son règne. Je suis sous le charme de cette ambiance entre surnaturel, moments oniriques et irréels, et histoire en filigrane, et de ces personnages lumineux prêts à se battre les uns pour les autres. Le héros des trois derniers tomes, Arthur, est véritablement charismatique et fascinant, et explique largement l’amour et la dévotion que les autres lui portent.

Pour moi qui ne suis pas une fan de fantasy (sauf Conan le Cimmérien.😉 ), Le Cycle de Pendragon revient sur une mythologie qui me fascine sans tomber dans l’esthétique médiévale des anciennes adaptations ou dans une historicisation à outrance, et sans oublier la dimension légendaire et extraordinaire du récit. Il est à la fois ce que j’avais envie de lire et bien plus encore, et aura représenté un épisode important de ma vie de ma vie de lectrice, et j’accuse le plus énorme book hangover depuis bien longtemps tant cette saga a été pour moi un coup de cœur. À présent j’ai vraiment peur de trouver mes autres lectures ennuyeuses. J’espère que ce ne sera pas le cas, mais il n’en reste pas moins que Myrddin,  Avallach, Llenlleawg, Guenivvhar, Cai, Bedwyr, Bors, Gwalchavad et surtout le lumineux Arthur vont me manquer un moment! ❤️

Voici une très belle fresque légendaire et épique que je vous recommande vivement! Je vais mettre du temps à m’en remettre!… En attendant je vous souhaite un excellent dimanche et vous dis à très bientôt pour de nouvelles chroniques!

Blanche Mt.-Cl.


Le thé idéal pour accompagner cette lecture: Un Genmaïcha – thé vert au riz torréfié – à l’arôme subtil et terreux pour vous replonger dans l’ambiance terrifiante de la forêt du Llyonesse… Et si je peux me permettre une suggestion, lors de l’aventure de Gwalchavad dans le Llyonesse, ajoutez-vous en fond sonore l’ouverture du Parsifal de Wagner. De préférence la version sous la direction de Georg Solti, bien meilleur que Karajan pour diriger du Wagner. 😉

Titre: Cycle de Pendradon, tome 5 – Le Graal
Auteur: Stephen R. Lawhead
Éditions: Livre de Poche
Collection: Livre de Poche
478 p.
Parution: Novembre 2007
Prix: 7,60 €

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

2 réflexions au sujet de « Un final lumineux – Le Graal (Stephen R. Lawhead) »

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