Pour les ténèbres et pour le rire (2) – Les valeurs de la Famille Addams (Barry Sonnenfeld, 1993)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Me revoici, me revoilà! Je l’avais évoqué à la fin de la précédente chronique, mais nous y voili-voilou les p’tits loups, je vous parle aujourd’hui du second volet des aventures de notre famille la plus terriblement, la plus cruellement charmante, avec Les Valeurs de la Famille Addams. Ce qui m’arrange en soi, puisque je souffre d’une affreuse panne de lecture… Mais bref!

Je n’ai appris l’existence et visionné Les Valeurs de la Famille Addams que des années après, au détour de bandes annonces au début d’une vidéo (et oui, les VHS… ça ne me rajeunit pas… je vais finir par me demander s’il y avait l’électricité dans mon enfance, dites donc!). Et c’est, comme d’habitude, sur le câble que j’ai fini par voir ce film, que mes parents avaient décidé d’enregistrer. Je vous emmène donc à nouveau au manoir des Addams,  pour une chronique plus brève que la précédente, alors que la famille s’agrandit… Petits spoilers du premier, mais je vous préviens  en général, que vous ne les lisiez pas au cas où.

  • De nouveaux Addams 

Spoiler (si vous ne voulez rien savoir, passez donc au paragraphe suivant!): à la fin du premier épisode, Gordon, censé arnaquer Gomez et sa famille, s’est révélé être le véritable Fester, recueilli amnésique par Abigail Craven. Il retrouve la mémoire en sauvant toute la famille… 

La petite Mercredi aux prises avec son nouveau petit frère, Puberté… – Source: AlloCiné

Les Addams sont réunis et nagent dans leur joyeuse noirceur. Margaret (Dana Ivey), ancienne épouse d’Alford, avocat véreux de Gomez, a rejoint la famille en se mariant avec le Cousin Machin. Gomez (Raúl Juliá) et Morticia (Angelica Huston) continuent de s’aimer passionnément, quand leur vie est chambardée par un heureux événement: la naissance de leur troisième enfant, un poupon brun à la même moustache que son Papa, élégamment baptisé Puberté par ses parents. Mercredi (Christina Ricci) et Pugsley (Jimmy Workman), jaloux des attentions dont fait l’objet le bambin, décide de le supprimer. Leurs tentatives restent infructueuses, mais leurs parents décident d’employer une nounou pour les surveiller. Ils recrutent donc Debbie Jellinsky (Joan Cusack), une nurse qui ne vient pas du monde des Ténèbres. L’aversion de Mercredi pour la jeune femme est immédiate: elle la soupçonne en effet d’intentions peu honorables lorsqu’elle commence à fréquenter de près l’Oncle Fester (Christopher Lloyd). L’idylle entre Fester et la nounou, et le mariage est envisagé… Las! Debbie s’arrange pour que Morticia et Gomez, tout à la joie de la naissance de Puberté, envoient Mercredi et Pugsley en colonie de vacances.

Sitôt les enfants éloignés, il devient clair que ceux-ci avaient vu clair dans son jeu: Debbie est en fait une dangereuse psychopathe, une veuve noire qui compte épouser Fester pour l’assassiner et récupérer sa fortune. Alors qu’elle tente vainement de venir à bout de son jeune et coriace époux, Mercredi et Pugsley, quant à eux, se trouvent environnés d’enfants atrocement normaux au Camp Chipewa…

  • Une suite survoltée

Bien souvent, quand on a aimé un film ou un livre, on attend sa suite avec une curiosité mêlée d’appréhension, de peur d’être déçu. C’est d’autant plus vrai au cinéma, où l’intrigue sent parfois le réchauffé, où le casting change alors qu’on appréciait les interprètes…

Debbie et Fester, qui quitte le monde des ténèbres pour jouer les maris modèles – Source: AlloCiné

À mon humble avis, rien de tel avec Les Valeurs de la Famille Addams! Hormis Grand-Mère, jouée par Carol Kane et non plus par Judith Malina, on retrouve avec plaisir les excellents Angelica Huston, Raúl Juliá, Christopher Lloyd et Christina Ricci… à qui se joignent de nouvelles têtes, comme Joan Cusack, une autre actrice que j’adore, absolument hilarante en serial killeuse hystérique. Vous reconnaitrez peut-être également un tout jeune acteur que vous avez vu plus tard dans la série Numb3rs, David Krumholtz, dans le rôle de Joël Glicker, le petit amoureux de vacances de Mercredi. Tout se joli petit monde semble visiblement s’en donner à cœur joie, et dégagent une belle énergie à l’écran.

Quant à l’histoire, elle est à la fois plus macabre et plus drôle que dans le premier opus. Plus macabre, car la noirceur de la famille est plus assumée, plus décomplexée – cela est notamment visible dans le traitement des enfants et de leur volonté de tuer leur petit frère, ce qui donne lieu à des scènes cartoonesques dignes des poursuites de Beep-Beep par Coyote. Il en est de même avec les tentatives d’assassinat de Debbie sur Fester, qui reçoit avec enthousiasme une bombe en cadeau, de la part de cette peste vêtue de blanc mais à l’âme encore plus noire que les vêtements des Addams.

Mercredi et Joël – Source: Imdb.com

Le rythme est très enlevé, il est impossible de s’ennuyer entre différentes intrigues parallèles. Outre Fester qui se débat naïvement avec une épouse folle à lier (enfin, du moins encore plus folle que lui – on assiste aux péripéties de Mercredi et Pugsley au milieu des autres enfants. Imaginez le camp de vacances américain dans toutes sa splendeur, le cliché qu’on imagine avec cabanes en rondins, lac et activités de plein air, ses organisateurs aussi énergiques que bruyants, Gary et Becky Granger (Peter McNicol et Christine Baranski) moralisateurs et gardiens de la norme, qui ne mettent en avant que les parfaits archétypes de parfaits petits Américains. Parmi ces « adorables » enfants, parmi ces belles petites blondes, sportives et parfaites en maillot de bain, Amanda Buckman (Mercedes McNab – que l’on voit déjà en girl scout vendant des cookies dans le premier volet) qui prend tout de suite Mercredi en grippe.

Les deux enfants Addams ont du mal à s’intégrer, évitant les activités sociales avec ces autres enfants qui les méprisent, et préférant rester cachés avec un autre enfant à l’écart, Joël Glicker, un petit gars pas très dégourdi et allergique à tout, qui ne va pas tarder à craquer pour l’adorable Mercredi. On commençait d’ailleurs à voir à quel point la petite Christina Ricci deviendrait jolie (j’aime beaucoup cette actrice, je suis folle d’elle et je trouve qu’elle est devenue éblouissante… Tiens, en parlant de ça, il faudrait que je chronique Pénélope sur le blog), elle est absolument chou dans son costume de petite Amérindienne dans le spectacle du camp de vacances… Bref, Mercredi, son frère et leur nouvel ami se retrouvent brimés, mis à l’écart et enfermés toute une journée dans une cabane pour regarder des comédies musicales et du Disney pour devenir mignons et positifs à leur tour.

Mais leur vengeance, à eux et avec l’aide de tous les enfants boîteux, handicapés ou pas assez beaux pour avoir des rôles principaux dans le grand spectacle donné à la fin de leur séjour, sera aussi terrible que jubilatoire… débouchant sur une scène drôle à souhait que je ne peux vous décrire sans gâcher le plaisir de la découverte! C’est absolument joussif de voir ces bambins issus du monde des Ténèbres se débrouiller face à des petits cons prétentieux, et l’ancienne victime de harcèlement scolaire que je suis n’a pu qu’apprécier de voir des merdeux arrogants et méchants connaître un peu la peur à la place des autres pour changer.

  • Conclusion – Une suite qui décoiffe

En trois mots, amis blogueurs: je suis fan! Les Valeurs de la Famille Addams est tout à fait divertissant, et pousse plus loin que le premier les gags à l’humour sombre.

Je suis encore fan des acteurs et actrices, absolument impeccables dans leurs rôles, et j’ai beaucoup apprécié le fait que l’histoire se concentre un peu plus sur les enfants, en but à l’intolérance des autres au camp de vacances, et à toute sorte de manipulations et méchancetés pour les faire entrer dans le moule. Quant au couple improbable formé à l’écran par Joan Cusack absolument géniale et Christopher Lloyd hilarant en Fester, ils sont atrocement drôles.

J’ai vraiment adoré suivre cette seconde aventure des Addams, qui est pour moi un merveilleux souvenir cinématographique, sans doute parce qu’il est exempt de la gravité du premier et joue à fond dans l’humour noir. D’ailleurs, et j’ai trouvé cela étonnant, j’ai appris en faisant mes recherches que les critiques de ce second opus étaient encore meilleures que pour le premier, alors que les critiques aiment rarement les comédies qui s’assument en tant que tel. Aussi, je vous encourage à profiter de cet été et de vos éventuelles vacances pour redécouvrir l’univers de la famille Addams adapté par Barry Sonnenfeld, entre ténèbres, humour absurdes, qui placarde l’hypocrisie, l’intolérance et cette volonté qu’ont certains de faire rentrer les autres dans le moule. Je dis non, laissons les Addams à leurs « macabreries » qui nous enchantent, et contentons-nous de nous laisser entraîner dans leurs folies… 🙂

Aussi j’espère vous avoir donné envie de vous plonger dans cet univers sombre et sympathique, où les mains bougent toutes seules, où les électrocutions ne tuent pas, et où l’on danse la Mamushka! Je vous souhaite donc à tous une excellente fin de journée, et je vous dis à bientôt pour de nouvelles chroniques! 🙂

Blanche Mt.-Cl.


Titre: Les Valeurs de la Famille Addams
Année de sortie: 1993
Réalisation: Barry Sonnenfeld
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h34
Distribution: Angelica Huston, Raúl Juliá, Christopher Lloyd, Joan Cusack, Christina Ricci…

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Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure en herbe, je viens de lancer mon premier roman "Le Sang des Wolf" en auto-édition chez Librinova! N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

8 réflexions au sujet de “Pour les ténèbres et pour le rire (2) – Les valeurs de la Famille Addams (Barry Sonnenfeld, 1993)”

  1. Ah, j’adore toujours autant ! 🙂 Quand je pense que la première fois que j’ai été mise devant la Famille Addams, c’était au cinéma et c’était la bande annonce des Valeurs ^^ J’avais rien compris à cette main qui bougeait seule, mais quand j’ai vu le film en entier j’ai tout de suite adhéré ! 🙂
    D’ailleurs, je sais pas si tu as remarqué, mais on retrouve Mercedes McNab dans un autre rôle de peste dans Buffy – elle y interprète le personnage de Harmony, meilleure copine de Cordelia 😉

    Encore une chouette chronique en tout cas, merci ! 🙂
    Je vais me revisionner les films pendant les vacances, tiens, tu m’as donné envie de les revoir ^^

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