Porte ouverte sur vos cauchemars – The Hole (Joe Dante, 2009)

Très chers lecteurs des Mondes de Blanche,

Affiche du film – Source: AlloCiné

Nous sommes en plein milieu de semaine, mercredi jour des enfants et des jeunots…

Aussi j’ai décidé de revenir avec une nouvelle chronique film dédié à un plus ou moins revenant: Joe Dante, qui nous a pourtant gratifiés de chefs d’œuvre comme Les Gremlins, Les Banlieusards ou autres comédies SFFF comme L’Aventure intérieure (un film qui me fait beaucoup rire, au passage…).

Mais je vais parler de l’un de ses films un peu plus récents, The Hole, sorti en 2009, que j’ai eu l’occasion de voir par hasard lors d’une diffusion récente sur le câble.Je vous emmène dans la nouvelle maison des jeunes Dane et Lucas, où les deux garçons vont faire une surprenante découverte…

  • Bienvenue dans une nouvelle maison

Susan Thompson (Teri Polo) est une mère célibataire qui trimbale ses deux fils, Dane (Chris Massoglia) âgé de 16 ans, et Lucas (Nathan Gamble), 13 ans. Ils s’installent dans une petite ville de campagne, au grand dam du fils aîné qui pense s’ennuyer après avoir connu New York ou encore Philadelphie. C’est sans compter la présence de la charmante fille des voisins, Julie (Haley Bennett), et sur une étrange trappe dans la cave de la maison.

En effet, alors qu’ils explorent leur sous-sol, ils y découvrent une trappe. En l’ouvrant, il semble aux deux frères que le trou est sans fond. Alors que de mystérieux phénomènes commencent à se produire, les deux ados réalisent qu’ils ont laissé échapper une force démoniaque…

  • Un hommage aux films fantastiques des années 80
Lucas, Haley et Dane, en train de sonder la trappe – Source: AlloCiné

Quel amateur de fantastique ne connaît pas, et n’a pas aimé au moins un film de Joe Dante?… Car l’on compte nombre de classiques à sa filmo, comme Hurlements, Les Gremlins, Explorers, L’Aventure intérieure. Bien qu’ayant vieilli, ces films n’en gardent pas moins un charme indéniable, surtout depuis les quelques mois où l’esthétique eighties revient en grâce, notamment avec la sortie de faux nanar comme Kung-Fury ou des séries comme Stranger Things. Or il semble que The Hole soit passé quasi-innaperçu. Si j’en crois Libération, dont la critique est (à ma grande surprise) plutôt positive, le film n’a pas fait grand bruit dans les festivals où il a été présenté, et est sorti directement en DVD en France, après quelques séances par-ci par-là dans des cinémas comme le Max Lynder à Paris. Et pourtant, ce petit opus est réhabilité par les cinéphiles après sa sortie DVD en 2012.

Il s’avère que Dante ne réinvente pas le genre avec cette histoire somme toute classique: des gamins qui arrivent dans une nouvelle ville, plus ou moins contre leur gré, mais qui découvrent un sombre secret dans leur nouvelle demeure – c’est également le schéma du roman Faërie dont je vous parlais il y a quelques temps. Encore comme dans les films des années 1980, point de gamins branchés sur les réseaux sociaux. À la rigueur, ils jouent à des jeux vidéos, mais ils passent aussi du temps dehors, à se balader ou à plonger dans la piscine de leur ravissante jeune voisine – car oui, il y a toujours une jolie jeune voisine, ou un jeune voisin fort mignon pour les enfants aînés en proie à des tourments hormonaux. Nous avons donc la petite fratrie mal tenue par un parent seul (un peu comme dans Zathura), la jolie fille… et l’élément perturbateur. Ici, il ne s’agit ni d’un jeu ou d’un fantôme, mais d’un étrange trou sans fond où les objets qui tombent n’atterrissent pas, dont la découverte provoque des phénomènes aussi étranges que terrifiants.

J’espère que vous n’avez pas peur des clowns… – Source: AlloCiné

En effet, chacun de nos jeunes protagonistes se voit confronter à l’une de ses plus grandes peurs, qu’elle soit irrationnelle, ou qu’il s’agisse d’un souvenir douloureux. Ce qui donne lieu à des scènes fleurant bon le cinéma à l’ancienne: je pense notamment au jeune Lucas poursuivie par une infâme marionnette de clown qui a l’air sorti des Contes de la Crypte, dont les effets spéciaux n’ont pas l’air de provenir d’un ordinateur, si vous voyez ce que je veux dire. Il y a un côté exagéré, exacerbé dans la mise en scène des peurs des différents protagonistes: je mentionnais la marionnette de clown diabolique pour Lucas, mais Haley se retrouve confrontée au fantôme d’une ancienne amie morte durant leur enfance, qu’elle n’avait pu sauver, dans un parc d’attraction abandonné… Le spectateur n’apprend la véritable peur de Dane, à la fois plus ancrée dans le concret et dans l’irrationnel, que dans le dernier tiers du film, où l’esthétique, un peu moins eighties rappelle surtout des films de Tim Burton ou des plans biscornus à la Sam Raimi dans Evil Dead 2. Quant à l’ « affreux Karl », ancien propriétaire de la maison à qui les enfants vont rendre visite, il se terre dans une usine désaffecté au milieu de centaines d’ampoules allumées par peur du noir, après avoir fui sa demeure et condamné la trappe de la cave… C’est assez fascinant à regarder, avec ces contrastes entres tons froids de la nuit ou de la cave, et des tons très chauds, là pour rassurer, mais également annonciateurs de danger, ou des scènes nocturnes inquiétantes qui alternent avec des extérieurs très lumineux et chaud… On retrouve donc une esthétique chaleureuse, une image qui séduirait quelques nostalgiques des vieux films de notre enfance.

Nos trois jeunes explorateurs des ténèbres face à l’affreux Karl – Source: AlloCiné

Autre point sympathique: les relations entre les frères. Au début, Dane, l’aîné montre clairement son ennui de se trouver là, quitte à paraître irrespectueux envers une mère, ou à se montrer désagréable envers son petit frère… La seule présence apte à le dérider est celle de la charmante Haley, à qui il n’aurait jamais dit un mot, si l’espiègle Lucas n’avait pas engagé la conversation avec la jeune fille par-dessus la clôture du jardin. Il apparaît pourtant clairement que Dane a peut-être des peurs bien plus profondes que celles des autres protagonistes, liées aux gens qu’il aime. Ainsi, au fur et à mesure que l’histoire évolue, il se révèle très attaché et protecteur vis-à-vis de sa mère et du petit Lucas, pour des raisons que je ne mentionnerai pas ici, au risque de vous gâcher le plaisir de la découverte. On assiste donc au fil de l’intrigue à une relation d’abord conflictuelle qui se solde par une réconciliation dans l’adversité, à un moment où le grand frère se doit de sauver le petit – pour ce faire, il plonge dans la trappe au risque de se dissoudre dans sa peur.

Enfin, outre une esthétique chaleureuse et une histoire classique que les nostalgiques du cinéma de Dante apprécieront, il y a dans ce film un petit clin d’œil amusant: une apparition brève mais remarquée d’un acteur des Gremlins, Dick Miller, qui incarnait MurrayFutterman, le voisin de Billy attaché aux valeurs et aux biens américains qui voit son chasse-neige piloté par de petits monstres verts finir dans son salon! 😉 Je ne vous dis pas de quoi il s’agit, mais je laisse les cinéphiles trouver ce petit moment!

  • Conclusion – Une bonne petite surprise

Vous l’aurez remarqué, avec son scénario classique d’histoires fantastiques, et malgré sa mise en scène agréable, The Hole n’est pas le film du siècle. Et pourtant, il en émane une sorte de charme délicieusement vintage. Par ailleurs, je suis toujours toujours très attendrie par les relations entre frangins, je trouve ça tellement chou… Aussi je vous le conseille pour une petite soirée film DVD entre potes ou en famille, car il y a de quoi passer un moment vraiment agréable. Je crois même que ça doit être un film sympa à regarder en automne ou en hiver, sous la couette ou le plaid… Mmmmm… 🙂 Ça me fait bien rêver comme ambiance! Pas vous?

J’espère donc vous avoir donné envie d’y regarder d’un peu plus près! Je vous souhaite donc une bonne fin de journée, et je vous dis à très bientôt pour de nouvelles chroniques!

Blanche Mt.-Cl.


Titre: The Hole
Année de sortie: 2009
Réalisation: Joe Dante
Origine: Etats-Unis
Durée: 1h30
Distribution: Teri Polo, Chris Massoglia, Nathan Gamble, Haley Bennett, Bruce Dern, Dick Miller…

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Publicités

Publié par

Blanche Mt.Cl.

Blogueuse, artiste autodidacte et graphiste, amoureuse des littératures de l'imaginaire et auteure sur WattPad (Le Sang des Wolf, La Nuit de Wolf et Pourquoi les Vampires aiment Paris Plage). N'hésitez pas à vous laisser entrainer dans mon univers!

3 réflexions au sujet de « Porte ouverte sur vos cauchemars – The Hole (Joe Dante, 2009) »

Vos réflexions sont les bienvenues...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s